- il y a 1 semaine
« Le programme du NFP n'est pas applicable », c'est la rengaine des macronistes et de la droite pour tenter de disqualifier le NFP.
Éric Coquerel, Député LFI du 93, président de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire, Eva Sas, députée de Paris, groupe Écologiste et Social, Karine Lebon, Anne-laure Delatte et Frédéric Boccara démontrent que non seulement le programme est applicable mais qu'il est bon pour la France.
Éric Coquerel, Député LFI du 93, président de la Commission des finances, de l'économie générale et du contrôle budgétaire, Eva Sas, députée de Paris, groupe Écologiste et Social, Karine Lebon, Anne-laure Delatte et Frédéric Boccara démontrent que non seulement le programme est applicable mais qu'il est bon pour la France.
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00:0014 tranches seraient du matraquage des classes moyennes ou que rétablir l'ISF serait confiscatoire.
00:07Alors, le programme du non-fonds populaire est-il applicable ?
00:12Cette question-là, nous allons débattre avec Frédéric Boccarat, économiste du Parti communiste français,
00:19Éric Coquerel, député de la France insoumise, Karine Lemont, députée GDR et Eva Sasse, députée les écologistes.
00:27Un débat animé par Cyprien Boganda, le chef adjoint de la rubrique éco-sociale de l'humanité.
01:00Je sais, je sais, je sais.
01:30Allô, allô ?
01:33Bonjour à tous...
01:36Vous m'entendez, là ?
01:39Oui ?
01:40Bon.
01:41Bonjour à toutes et tous.
01:43Merci d'être venus aussi nombreux à ce débat.
01:45Alors, aujourd'hui, je suis en compagnie de gens dangereux qui pourraient bien ruiner la France s'ils arrivaient au
01:50pouvoir.
01:51C'est en tout cas ce qu'on a entendu sur la plupart des plateaux de télévision pendant la campagne
01:56des législatives.
01:57Ah, je crois qu'il y a un petit problème technique.
02:00Vous entendez pas bien ?
02:01On entend pas ?
02:03On entend pas, non.
02:05Il y a pas de recours, là.
02:10Il y a un petit problème de son, visiblement.
02:18On entend pas ?
02:20Ah, bon, ben...
02:23Donc, par contre, c'est les invités qui m'entendent pas.
02:26Mais c'est moins grave.
02:27Donc, ben, je disais, des gens dangereux, en tout cas, c'est ce qu'on a beaucoup entendu sur les
02:31plateaux de télévision,
02:32à chaque fois qu'on discutait du programme économique du Nouveau Front Populaire.
02:36Beaucoup de choses ont été dites.
02:37Bruno Le Maire, par exemple, estimait que c'était, je cite, un délire total, 1981 puissance 10.
02:43Et dans sa bouche, je peux vous dire que la référence à 80 n'est pas très positive.
02:47Le Figaro a même parlé de suicide économique, je crois.
02:50Donc, aujourd'hui, les accusés vont pouvoir répondre et nous expliquer pourquoi ce programme est cohérent selon eux
02:55et comment ils comptent l'appliquer.
02:56Et comme on trouvait que ce plateau manquait un peu de contradicteurs,
02:59c'est moi qui vais jouer le rôle de journaliste de droite,
03:01qui a un rôle que j'affectionne particulièrement.
03:04Et donc, évidemment, mes invités vont répondre à ces arguments qu'ils ont beaucoup entendus.
03:08Je vous présente les invités.
03:10Donc, il y a Karine Lebon, qui est députée du groupe GDR de La Réunion.
03:13Éric Coquerel.
03:20Éric Coquerel, qui est député LFI de Seine-Saint-Denis.
03:27Éva Sass, députée du groupe Écologiste et Social de Paris.
03:35Et Frédéric Boccarat, économiste et membre du Conseil national du PCF.
03:44Alors, ce débat va être structuré en deux parties.
03:46On va faire simple.
03:47Première partie, ça coûte trop cher.
03:48Et deuxième partie, de toute façon, ça ne marchera pas.
03:51L'idée étant de couvrir, évidemment, tout le champ des critiques
03:53qui ont été formulées à la contre de ce programme.
03:56Alors, on va commencer par le fait que ça coûte très cher.
03:58C'est 150 milliards d'euros, je crois.
04:00C'est les sommes qui ont été annoncées.
04:01Ça coûte très, très cher.
04:02Première question à Éric Coquerel, qui a participé au chiffrage.
04:05Où trouvez-vous un tel argent ?
04:08Ben, écoutez, justement, on s'est fait fort de répondre
04:13en disant que, en tout cas dans le programme,
04:16tout ce que nous mettions en dépenses supplémentaires,
04:19donc vous avez raison de dire, au bout de 3 ans,
04:22ça s'accumule à 150 milliards d'euros,
04:24eh bien, on se fait fort de trouver les recettes équivalentes.
04:28Voilà.
04:29C'était ça qu'on s'était fixé comme objectif,
04:31pour une bonne raison, c'est que vous avez raison de souligner
04:35qu'on a tout eu de la part du gouvernement
04:37et des médias, on va dire, mainstream, bourgeois,
04:40appelez-les comme vous voulez,
04:42mais avec des critiques qui sont un peu fortes de café.
04:45Parce que quand on a un gouvernement,
04:48quand on a un ministère des Finances,
04:51qui, à chaque fois qu'il fait des prévisions économiques,
04:54deux mois après, c'est complètement affirmé par les faits,
04:57par le chiffre de déficit, par le chiffre de croissance,
05:01etc., déjà, une première chose, on ne donne pas de leçons.
05:05Et puis la deuxième raison, c'est qu'aujourd'hui,
05:09tout le monde est d'accord,
05:11quand je dis tout le monde est d'accord,
05:12c'est y compris les économistes libéraux,
05:15que la question du déficit dans ce pays,
05:18ça ne vient pas de dépenses supplémentaires,
05:21je dis ça parce qu'il faut bien comprendre,
05:22ça a un lien avec notre programme,
05:24ça vient de recettes insuffisantes et en diminution.
05:29En 2023, les dépenses publiques par rapport au PIB,
05:33c'est toujours par rapport au PIB qu'il faut regarder,
05:35pour avoir un peu une comparaison,
05:37elles ont baissé de 1,5%.
05:41Les recettes ont baissé de 2%.
05:44Il n'y a pas très longtemps à l'Assemblée nationale,
05:47avant dissolution, il y a eu une commission d'enquête
05:49qui s'est faite sur la dette,
05:51et il y a un économiste,
05:53Frédéric ne va pas me contredire,
05:55qu'on ne peut pas vraiment qualifier
05:57de nouveau Front Populaire,
05:58qui est François Eccal.
06:00Et François Eccal dit très clairement
06:01la raison pour laquelle le déficit explose depuis 2017,
06:06on va dire hors dépenses exceptionnelles du Covid,
06:09c'est qu'il y a moins de recettes.
06:11Donc nous, ce que nous répétons,
06:13c'est que ces recettes, on va les récupérer.
06:16Et c'est ça le fond de notre programme.
06:18Comment on les récupère ?
06:19On les récupère à peu près un tiers,
06:22en allant reprendre au capital tout ce que Macron lui a donné
06:25depuis 2017,
06:28et qui est quelque chose de tellement historique,
06:34que ce n'est pas seulement le creusement des inégalités
06:37qui est en question,
06:38c'est aussi le creusement des inégalités,
06:41mais c'est aussi et surtout des dizaines de milliards d'euros
06:45qui se perdent au profit de quelques centaines de personnes.
06:49C'est ça la réalité.
06:51J'ai sorti lundi, en commission des finances,
06:54des chiffres impressionnants.
06:55On pourrait en prendre plein, mais j'en donne un.
06:58Les 500 plus grandes fortunes de ce pays
07:01ont vu depuis 2017
07:04la part de leur richesse,
07:05c'est-à-dire la part de leur richesse
07:09par rapport au PIB doublé.
07:11C'est-à-dire qu'en 2017,
07:13ils possédaient 20% du patrimoine français.
07:16Aujourd'hui, rendez-vous compte,
07:17500 personnes en possèdent 45%.
07:22C'est ça la réalité.
07:23Et là, comprenez une chose,
07:24c'est que cet argent qui leur a été donné
07:27était des dizaines de milliards d'euros.
07:28Donc première chose,
07:30avec des réformes fiscales sur le capital,
07:32on récupère au moins un tiers de budget.
07:34Le reste, c'est une réforme fiscale
07:37sur l'impôt sur le revenu plus juste.
07:39Le reste, c'est aller récupérer
07:41des niches fiscales,
07:42des dépenses fiscales inutiles.
07:43Et on sait qu'ils sont en nombre.
07:46Et le reste, c'est effectivement aussi
07:48pouvoir faire en sorte que
07:50la différence de financement des entreprises,
07:55selon non pas leur taille,
07:56mais selon qu'elles soient des multinationales ou pas,
08:00eh bien, mérite une taxation particulière
08:02et notamment d'aller, par exemple,
08:04taxer les entreprises
08:06qui déclarent en France très peu de bénéfices
08:08pour la déclarer dans des pays
08:10à fiscalité privilégiée.
08:12C'est Gabriel Zuckman qui l'a proposé,
08:15c'est 26 milliards.
08:16Donc, pour vous répondre,
08:17c'est ça le cœur du projet.
08:18Toutes nos dépenses sont engagées par des recettes
08:21et nous ne tenons pas compte,
08:22et je conclue là-dessus,
08:24on y reviendra,
08:24mais nous ne tenons pas compte en plus
08:26de ce que va rapporter notre politique.
08:28C'est-à-dire que quand vous augmentez les salaires,
08:30quand vous augmentez tous les revenus venant du travail,
08:34vous augmentez les rentrées fiscales
08:36et les rentrées de cotisation.
08:37Et donc, en plus,
08:38c'est un effet multiplicateur
08:39qui fera que l'équilibre budgétaire
08:42s'en portera mieux
08:43et les investissements en matière de santé,
08:46d'éducation, d'écologie également.
08:48C'est ça le programme du nouveau Front populaire.
08:56Mais enfin, quand même,
08:57vous parlez beaucoup d'impôts
08:58dans votre programme,
09:00alors même que la France
09:01a l'un des taux de prélèvement obligatoires
09:03les plus élevés du monde,
09:04en tout cas d'Europe,
09:05qu'est-ce que vous dites aux contribuables
09:06qui ont peur qu'avec la gauche au pouvoir,
09:08ils paieront plus d'impôts ?
09:09Eric, peut-être pour poursuivre là-dedans.
09:14Je dis aux 90% des contribuables aujourd'hui
09:17qu'à 90% des contribuables,
09:21que leur situation va plutôt s'améliorer.
09:24Voilà.
09:27Globalement, parce que, par exemple,
09:29la réforme de l'impôt sur le revenu
09:30que nous proposons,
09:31qui est de rendre progressif la CSG
09:35et de mettre 14 tranches
09:36sur l'impôt sur le revenu,
09:37ça a déjà été fait en 80, c'était le cas,
09:39eh bien, permettra, a priori,
09:41d'après nos calculs,
09:42à quelqu'un qui gagne
09:43moins de 4 000 euros par mois
09:45de s'en sortir mieux.
09:46Par contre, on en prendra plus aux autres.
09:47Donc, voilà, ma première réponse,
09:49elle est là-dessus.
09:50Et je dirais aussi,
09:51de ne pas l'oublier,
09:52c'est qu'on oublie rarement
09:54quand on parle des contribuables,
09:56on pense tout de suite à l'impôt sur le revenu.
09:58Mais n'oubliez pas que plus de la moitié français
10:00ne payent pas l'impôt sur le revenu
10:01parce qu'ils ne sont pas assujettis.
10:03Par contre, ils payent beaucoup de TVA,
10:05qui est l'impôt le plus injuste,
10:07qui prend une part de plus en plus grandissante
10:08dans les budgets de l'État.
10:09Là, maintenant, on a un gouvernement,
10:11aussitôt qu'on supprime un impôt,
10:13un impôt de production sur les collectivités
10:16ou la taxe d'habitation,
10:18hop, la TVA.
10:19Redevance télé, hop, la TVA.
10:22Exonération de la sécurité sociale,
10:24hop, la TVA,
10:25qui en plus a le défaut de fiscaliser
10:27la protection sociale,
10:29ce qui est un problème de fond.
10:30Donc là-dessus aussi,
10:31c'est des politiques qui vont revenir
10:33en question là-dessus
10:34et qui vont permettre, au contraire,
10:36non seulement d'avoir plus de recettes,
10:38mais une plus grande justice fiscale
10:39redistributive pour les Français.
10:45Applaudissements
10:46Alors, dans votre programme,
10:49Karine Lebon,
10:50vous promettez l'abrogation
10:52de la réforme de la retraite à 64 ans.
10:54Mais cette annulation,
10:56elle coûterait très cher aux finances publiques.
10:58Le gouvernement le chiffrait, je crois,
11:00à 15 milliards d'euros.
11:01Et il y a un institut Montaigne,
11:03quand même composé de gens extrêmement objectifs,
11:05neutres, comme chacun sait,
11:07qui pensait que ce coût était encore largement supérieur.
11:09Comment est-ce que vous financez
11:10l'abrogation de la retraite à 64 ans ?
11:13Alors, bonjour à tous.
11:15D'abord, je pense que l'annulation immédiate,
11:18elle ne coûterait pas tant que ça.
11:19Et je crois que c'est très important qu'on le dise.
11:22Parce que la réforme,
11:23elle va se mettre progressivement en place.
11:25Elle a juste commencé à s'appliquer.
11:26Donc, plus tôt on l'abroge,
11:28mieux c'est pour les finances.
11:29Et elle ne va générer des économies
11:36qu'à partir de 2030,
11:38de vraies économies importantes.
11:40Et le corps le disait,
11:42il n'y a pas de dérapage des dépenses,
11:44il y a un manque de recettes.
11:45Éric Coquerel vient de nous le redire.
11:48Et la question de la retraite,
11:49en fait, c'est une question de justice sociale.
11:52Justice sociale pour les plus impactés
11:54par cette réforme injuste.
11:56Les femmes, notamment.
11:57Les travailleurs des métiers pénibles.
12:04Et les populations des Outre-mer.
12:06Moi, je suis députée de La Réunion.
12:07Je suis élue du département de France
12:10où on touche les retraites
12:12les plus faibles de France,
12:13hors Mayotte.
12:16Je crois que c'est important de le dire
12:18parce qu'on a été complètement oubliés
12:20de la réforme de 2023.
12:22Alors oui, on a un rapport actif retraité
12:24qui se détériore.
12:25Mais en réalité, il y a trois chemins possibles.
12:29Soit on recule l'âge de départ de la retraite.
12:31C'est ce qu'a choisi le gouvernement macroniste.
12:35Soit on réduit les pensions.
12:37Soit on trouve d'autres financements.
12:40Et le nouveau Front populaire,
12:41c'est plutôt attaché à cette troisième solution.
12:44Alors, par exemple,
12:46comme solution, il y aurait d'augmenter les cotisations.
12:50Michael Zemmour disait
12:51qu'augmenter de 0,8 point
12:54les cotisations retraite,
12:55ce qui représenterait environ
12:5714 euros par mois pour un SMIC
12:59ou 28 euros pour un salaire moyen,
13:02eh bien, ça suffirait
13:04à financer cette réforme.
13:06Évidemment, ce serait à répartir
13:08entre les patrons et les salariés.
13:10Un tiers au niveau des salariés,
13:11deux tiers au niveau des patrons,
13:12dans l'idéal.
13:15Et nous avons
13:16de nouvelles pistes de financement
13:18par l'impôt,
13:20avec notamment une ISF climatique
13:21et une taxe sur les super-profits,
13:2315 milliards chacun.
13:27C'est important parce que
13:28la retraite,
13:29il faut qu'elle soit
13:30une nouvelle étape de la vie
13:31et non pas l'antichambre de la mort.
13:34Et aujourd'hui,
13:35c'est ce qu'on tend à nous dire.
13:37C'est ce qu'on tend à nous dire.
13:38Travaillez jusqu'à ce que vous n'en puissiez plus
13:41et jusqu'à ce que vous ne soyez plus utile
13:43à la société.
13:44Mais à la retraite,
13:45on peut faire encore plein de choses.
13:47Et je crois que c'est ce que
13:47le nouveau Front populaire
13:48tient à faire passer comme message.
13:58Carine Lebon,
13:59dans le programme
14:01Frédéric qui va intervenir déjà,
14:03dans le programme du NFP,
14:05évidemment,
14:06vous réaffirmez l'objectif commun
14:08du droit à la retraite à 60 ans.
14:09Mais sans fixer de calendrier.
14:11Est-ce que ce n'est pas un peu facile finalement ?
14:13Est-ce que ce n'est pas une promesse en l'air
14:14qui est faite aux travailleurs ?
14:15À quel moment est-ce qu'ils pourront
14:15vraiment partir à 60 ans ?
14:17Alors, le programme du NFP,
14:19il est en trois parties.
14:21La première partie,
14:22c'est les 15 premiers jours,
14:23la rupture,
14:24les 100 jours,
14:26l'été de toutes les bifurcations,
14:27puisque normalement,
14:28on était appelés à gouverner
14:29dès cet été,
14:30je le rappelle.
14:32Et l'étape 3,
14:34c'était les transformations.
14:35Et la retraite à 60 ans,
14:37elle s'inscrit dans les transformations.
14:41Il n'y aura pas d'explosion des dépenses,
14:43en tout cas,
14:43il n'y aura pas d'explosion des dépenses
14:45du jour au lendemain,
14:45surtout pas.
14:46Surtout pas.
14:48Et je pense que c'est Macron
14:51qui a eu très très peur
14:52que nous arrivions à mettre en place
14:56ces réformes que nous avions proposées
14:58dans le programme.
14:59C'est pour ça qu'il a tenté,
15:00par tous les moyens,
15:02de nous voler l'élection
15:04et d'empêcher Lucie Casté
15:06d'être à Matignon.
15:11Comment ça va se passer ?
15:12Eh bien, nous organiserons une conférence,
15:14nous organiserions une conférence
15:16avec les partenaires sociaux
15:17pour déterminer les conditions
15:19de cette retraite à 60 ans,
15:20avec une prise en compte
15:21de la pénibilité,
15:22des maladies professionnelles.
15:24Il y aura évidemment
15:25un attachement très fort
15:26à l'emploi des seniors,
15:28parce que si à partir de 50 ans,
15:29on a du mal à trouver du travail,
15:32eh bien, la retraite à 64, 67, 70 ans,
15:36ça reste très compliqué d'être actif.
15:39Il y aura aussi une réflexion
15:41sur les accidents du travail,
15:42puisque la France occupe
15:44la première place
15:45en termes d'accidents du travail
15:46au niveau de l'Europe
15:47et la quatrième en termes
15:48de mort au travail.
15:50Et une réflexion autour
15:51des départs en incapacité.
15:53Vous savez, on connaît tous
15:54quelqu'un qui n'a pas pu profiter
15:58véritablement de sa retraite,
16:00soit parce qu'il était
16:02en trop mauvaise santé,
16:03soit parce que, malheureusement,
16:04il est mort avant.
16:05Et moi, ça me fait toujours penser
16:07à la phrase d'Odiard
16:08qui dit, la retraite,
16:10il faut la prendre jeune,
16:11mais il faut surtout
16:11la prendre vivant.
16:22Alors, tout à l'heure,
16:24Éric Coquerel disait
16:25que tout s'équilibrait dans le programme,
16:26que les recettes
16:27et les dépenses équilibrées.
16:28Mais est-ce que c'est pas
16:29un peu irresponsable, finalement,
16:31quand on sait que la dette publique
16:32de notre pays
16:33attend 110% de notre PIB,
16:35ce qui est historique ?
16:36Est-ce que c'est pas irresponsable
16:37comme ça de prendre le risque
16:38de laisser filer les déficits ?
16:41Frédéric Boccarat,
16:42qu'est-ce que vous pensez
16:43de cet argument
16:45de la dette publique
16:45qui est réel ?
16:46C'est une réalité économique,
16:47aujourd'hui.
16:48Alors, d'abord,
16:49je voudrais vous remercier
16:50d'organiser ce débat
16:51et dire que je suis très heureux
16:53qu'on fasse ce débat.
16:54On est dans un contexte
16:55d'une union qui se construit,
16:57qui doit s'élargir.
16:58Et qui a besoin de débat
16:59pour se renforcer,
17:01pour s'élargir,
17:02et aussi pour l'intervention populaire
17:05de chacun là où il est,
17:06jusqu'au sommet.
17:07C'est fondamental.
17:11Donc, enfin, on décloisonne.
17:14Décloisonner, c'est pas fusionner.
17:15Décloisonner, c'est ce dont on a besoin.
17:17Et on a besoin d'une cohérence nouvelle,
17:19effectivement.
17:20Et donc, cette question de la dette,
17:21on a besoin d'idées nouvelles
17:22face à la dette.
17:24Je pense qu'il ne faut pas avoir
17:25une vision purement statique.
17:26Les dépenses équilibrent les recettes.
17:29En réalité, déjà dans le programme,
17:31il y a une vision dans le temps.
17:32Puisqu'on dit dépenses tout de suite,
17:35transformation de structure
17:36avec les bifurcations,
17:37et ça viendra ensuite progressivement.
17:39parce que nous voulons conjurer 1981
17:44et les échecs de la gauche
17:46depuis un certain temps, on va dire.
17:49Alors la dette.
17:49La dette, c'est quelque chose de sérieux.
17:51Mais elle est utilisée pour faire peur
17:53et pour tétaniser.
17:56Comment dire ?
17:57Le péril, c'est la finance.
18:00C'est pas la dette.
18:02Parce que ce qui est grave,
18:04c'est que la dette,
18:06c'est de l'argent qu'on n'a pas
18:08pour faire des dépenses
18:09qui sont éventuellement nécessaires.
18:11Donc on emprunte.
18:12Mais on emprunte en se mettant
18:14dans les mains des marchés financiers.
18:15Ça, c'est le problème.
18:16Parce que ça a deux conséquences.
18:18Ça a une conséquence
18:19sur la façon dont on utilise la dette.
18:21Parce que du coup,
18:22les marchés financiers disent
18:23pas pour les services publics,
18:24mais pour le capital,
18:26pour les profits,
18:27pour ce qui est rentable,
18:28pour les délocalisations.
18:29Donc il impose
18:30une orientation de la dette.
18:31Ou même pour le béton.
18:33Parce que je ne sais pas
18:34dans combien de régions,
18:35au lieu d'embaucher
18:36des soignants à l'hôpital,
18:38on détruit deux hôpitaux
18:39pour en fusionner un
18:40et faire du béton
18:41avec moins de soignants.
18:42Non, il faut
18:43des dépenses publiques
18:44et une dette
18:45pour des recrutements
18:46et des pré-recrutements
18:47et de la formation
18:48à l'hôpital,
18:49dans l'éducation,
18:50dans la santé,
18:50dans le frais de ferroviaire,
18:51dans les services publics.
18:52Donc c'est l'utilisation.
18:57Le deuxième problème
18:58que pose la dette,
18:59c'est que comme c'est
19:00dans les mains
19:01des marchés financiers,
19:02il impose des taux
19:03d'intérêt considérables
19:04et il vampirise
19:06toutes les richesses
19:07qu'on crée.
19:09C'est,
19:09nous payons des taux
19:11d'intérêt,
19:11c'est pas la masse
19:12de la dette,
19:13c'est, vous savez,
19:13il y a le principal
19:14et l'intérêt dans la dette.
19:15Comme dans la cigale
19:16et la fourmi,
19:17l'intérêt est principal.
19:19L'intérêt,
19:20s'il était à 0%,
19:22il disparaîtrait.
19:23On paye aujourd'hui
19:2450 milliards environ
19:26de charges d'intérêt,
19:28uniquement d'intérêt
19:29sur la dette.
19:30C'est autant
19:31qu'un budget
19:31d'éducation primaire
19:32plus secondaire.
19:34Si on finançait à 0%,
19:35ces 50 milliards,
19:37on pourrait les utiliser
19:38pour autre chose.
19:39Et demain,
19:40enfin dans 2-3 ans,
19:41il est prévu
19:42qu'on paye à 70 milliards.
19:44Donc il faut financer
19:45autrement à 0%.
19:47Et donc ça,
19:48ça ouvre sur,
19:49bien sûr,
19:50la question européenne,
19:51mais depuis la France,
19:52nous pouvons faire ça
19:53avec le pôle public bancaire.
19:54Et je pense qu'il faut voir
19:55la cohérence,
19:56la nouvelle cohérence
19:57entre les objectifs,
19:58les moyens et les pouvoirs
20:00qui est présente
20:01dans le programme
20:02et dont nous avons discuté ensemble
20:03le chiffrage
20:04avec un texte
20:04que je vous conseille.
20:06Il est publié
20:06dans la revue
20:06Économie et Politique.
20:08Donc,
20:10le pôle public bancaire,
20:12depuis la France,
20:13peut financer
20:14à 0%
20:14des dépenses nouvelles.
20:16Parce qu'il faut
20:16de quoi on crève,
20:18y compris pour la retraite,
20:19d'un pays
20:20qui ne se développe pas.
20:22Il n'y a pas de recette
20:23avant tout
20:23parce que le pays
20:24ne se développe pas.
20:25Donc il faut tout de suite
20:26une impulsion de demande.
20:27C'est ça la logique du programme
20:29du nouveau Fonds populaire.
20:30Une impulsion de demande
20:32pour que ça crée
20:34une nouvelle activité,
20:35une nouvelle offre
20:36grâce à des réformes
20:37de structure.
20:38Et donc pour que la dette,
20:39elle puisse être bien utilisée,
20:41il faut des réformes
20:41de structure.
20:42Donc on a un enjeu
20:43des réformes de structure.
20:44J'en listerai cinq.
20:46La première,
20:47il faut d'abord
20:48dépenser,
20:49comme je l'ai dit,
20:50non pas pour le capital,
20:51même uniquement
20:52pour le béton,
20:53mais avant tout
20:53pour la formation
20:54et l'emploi.
20:55Ça c'est la première chose.
20:56Formation, emploi,
20:57embauche de pré-recrutement
20:58dans la fonction publique.
21:01Deuxièmement,
21:03il faut changer
21:04tout le système
21:05des aides publiques.
21:08200 milliards d'aides publiques
21:10d'après la CGT,
21:10100 milliards d'après les néolibéraux,
21:12c'est considérable.
21:13Il faut changer,
21:14il faut mettre des critères
21:15écologiques et sociaux
21:16qui vont changer
21:17les modes de production
21:18et les modes de consommation.
21:20Par exemple,
21:21la moitié des aides,
21:22c'est les exonérations
21:22de cotisations sociales.
21:25Ça veut dire
21:26qu'en réalité,
21:27il y a des conditions.
21:28Attention.
21:29Ça veut dire
21:29que vous recevez des aides
21:31si vous faites des bas salaires.
21:32Ça doit être l'inverse.
21:34Au contraire,
21:34on doit appuyer
21:35le développement des salaires
21:36en baissant les coûts du capital.
21:38Donc,
21:40deuxièmement,
21:40les aides publiques.
21:43Troisièmement,
21:43et les aides publiques,
21:44c'est important,
21:45c'est ce qui a fait
21:45le ciment d'unité intersyndicale
21:47au départ,
21:48avant même les retraites.
21:50Troisièmement,
21:51il nous faut des pouvoirs nouveaux.
21:53Et nous l'avons inscrit
21:54dans le programme
21:55du Nouveau Fonds Populaire,
21:56mais il faut voir l'importance
21:57que ça a.
21:57Il faut le revendiquer
21:58à partir des luttes
22:00quotidiennes dans les territoires,
22:01des pouvoirs nouveaux,
22:02des salariés,
22:03des travailleurs,
22:03sur leur entreprise,
22:04avec leurs nouveaux projets,
22:05effectivement,
22:06ou face au licenciement,
22:08et des pouvoirs nouveaux
22:09dans les territoires,
22:12des institutions
22:13de planification écologique
22:14et sociale.
22:15Le mot est un peu caché
22:16dans le programme,
22:17mais je pense que nous serons
22:18d'accord pour dire
22:18que c'est très important
22:19des nouvelles institutions
22:20de planification.
22:20C'est l'URSS que vous voulez
22:22recréer, en réalité ?
22:24On a eu de la planification
22:25en France,
22:26donc c'est la France aussi.
22:28Non, il faut une planification
22:29stratégique,
22:30pas chaque bouton de guettre.
22:31Il faut une planification
22:32où on prend des engagements
22:33et où on suit,
22:35mais non pas par un État central,
22:36mais avec les citoyens
22:37des conférences citoyennes,
22:38le respect des engagements.
22:40Où dans les conférences citoyennes,
22:41il y a aussi bien les citoyens,
22:42les salariés,
22:43les élus,
22:44les banques sont là
22:45pour prendre des engagements,
22:46les patrons, l'État
22:46sont là pour prendre des engagements
22:47et on suit.
22:48Et surtout,
22:49on va pouvoir,
22:50manier,
22:51si j'ose dire,
22:51la carotte et le bâton.
22:52C'est-à-dire,
22:53on peut faire des incitations,
22:55on vous appuie,
22:56on baisse le coût du capital
22:57si vous développez les salaires
22:59ou on vous tape dessus
23:00si vous ne faites pas ce qu'il faut.
23:02Donc il faut entrer
23:03dans une autre relation
23:04avec les entreprises.
23:05C'est d'ailleurs
23:05un grand enjeu
23:06par rapport à 1980-82
23:08où on n'a pas touché
23:09aux entreprises,
23:10on a nationalisé
23:11et on les a laissé faire
23:12comme elles faisaient.
23:12Or, il faut changer complètement
23:14leur façon de faire,
23:15aussi bien sur l'écologique
23:16et sur le social
23:17et ça marche ensemble.
23:19Quatrièmement,
23:21il faut...
23:22Merci pour les applaudissements,
23:24mais...
23:25Pour les nouveaux pouvoirs,
23:26c'est fondamental.
23:28Quatrièmement,
23:29il faut toucher aux banques.
23:31Nous proposons
23:32un pôle public bancaire.
23:33Voilà un élément fondamental
23:35face à cette question
23:36de la dette.
23:37C'est-à-dire un financement
23:38par un pôle public bancaire.
23:40Il faut toucher aux banques.
23:41On ne parle pas des banques.
23:42Or, le capitalisme
23:43d'aujourd'hui,
23:44c'est les banques.
23:45Donc, on sait où l'attraper.
23:47C'est la banque du coin de la rue.
23:49Donc, avec un pôle public bancaire,
23:50il faudrait plus.
23:51Mais je ne suis pas le monsieur plus
23:52dans l'union du nouveau Fonds populaire.
23:55Mais à partir du pôle public bancaire,
23:57il faut développer un financement
23:58à 0% des dépenses publiques.
24:00Et tout un chemin,
24:01peut-être on aura le temps
24:02de parler de l'Union européenne.
24:04Et enfin,
24:04une nouvelle fiscalité.
24:06Et il faut une nouvelle fiscalité
24:08sélective
24:08et qui taxe les revenus du capital.
24:10Mais si vous touchez
24:11les revenus par travail,
24:12on appuie, on développe.
24:13Alors, ce n'est pas une histoire
24:14de riches, pauvres,
24:15mais de capital
24:16ou pour les entreprises,
24:18de mettre une modulation.
24:21Les entreprises
24:22qui développent l'écologie,
24:23qui développent l'emploi,
24:24on va leur faire un taux normal.
24:26Celles qui cognent dans l'emploi,
24:27on va leur faire un taux plus élevé.
24:28Et de même pour les cotisations sociales.
24:30Et je conclue là-dessus.
24:32Nous proposons,
24:33et c'est dans le programme
24:34du Fonds populaire,
24:34alors il y a des contradictions.
24:35Parce qu'il y a à la fois
24:36l'augmentation de la CSG,
24:37je pense que c'est une très mauvaise idée
24:39de consolider la CSG,
24:41mais il y a le développement
24:41des cotisations sociales.
24:43Et les deux propositions
24:43que je vais dire
24:44sont dans le programme
24:45du Fonds populaire
24:45et sont importantes.
24:46La première,
24:47c'est qu'on pourrait taxer tout de suite
24:49les revenus financiers
24:50des entreprises,
24:51la finance des entreprises.
24:52Ça, on peut le faire.
24:53Et ça rapporterait 30 milliards
24:55immédiatement.
24:57La deuxième,
24:58parce que c'est énorme
24:59la finance des entreprises,
25:00et la deuxième,
25:01c'est d'établir
25:03une modulation
25:04des cotisations sociales,
25:05c'est-à-dire avancer
25:06pour développer
25:06les cotisations sociales.
25:08Si une PME,
25:09elle embauche,
25:10elle développe l'emploi,
25:10on fait un taux de cotisation
25:12plus faible.
25:13C'est-à-dire,
25:13elle augmente l'emploi,
25:14elle paiera un peu plus cher,
25:15mais on l'incite
25:16à augmenter l'emploi.
25:16Parce que le plus important,
25:18c'est qu'on développe
25:19la base emploi.
25:20La base emploi,
25:21c'est à la fois
25:21la vie des gens,
25:22c'est l'apport aux richesses,
25:24et c'est même l'apport
25:25aux transformations écologiques,
25:26parce que c'est les salariés
25:26qui inventent les solutions.
25:28Donc une modulation,
25:29et par contre,
25:29celle qui taille dans l'emploi,
25:31on doit faire
25:32un taux de cotisation
25:32beaucoup plus fort
25:33avec une pénalisation.
25:35Et donc,
25:35entrer comme ça
25:36dans une autre relation
25:37avec les entreprises,
25:38c'est ça ce qui permet
25:39de conjurer le passé.
25:43Alors Eva,
25:43Eva Sasse.
25:48Bon,
25:48vous pouvez applaudir,
25:49mais je trouve ça quand même
25:49très inquiétant,
25:50parce qu'on a l'impression
25:51que la dette publique,
25:51quelque part,
25:52vous vous en fichez un peu.
25:53Est-ce que vous êtes d'accord
25:54avec ça, Eva Sasse ?
25:55La dette publique,
25:56on s'en fiche ?
25:56Non,
25:57je ne crois pas du tout.
25:58Je crois qu'au contraire,
25:59ceux qui ont fait exploser
26:00la dette,
26:01ceux qui ont creusé
26:02les déficits,
26:03Eric l'a dit,
26:04c'est bien les macronistes,
26:05avec leur baisse d'impôt
26:07de 62 milliards d'euros,
26:08et puis aussi des dépenses,
26:10parfois,
26:11de pognon de dingue
26:12pour certaines dépenses,
26:13en particulier l'open bar
26:15pour les entreprises,
26:16où il y a eu des dépenses
26:17qui ont explosé.
26:19Donc ceux qui sont sérieux,
26:21en fait,
26:21c'est le nouveau Front populaire,
26:23parce que nous,
26:24nous mettons des recettes fiscales
26:25en face des dépenses.
26:27Oui,
26:27nous voulons mieux financer
26:28les services publics,
26:30oui,
26:30nous voulons prendre des mesures
26:31pour pouvoir d'achat,
26:33mais nous les finançons,
26:34nous les finançons avec
26:36de nouvelles recettes fiscales,
26:38on a parlé de l'ISF climatique,
26:40on a parlé de la taxe
26:41sur les super profits,
26:42mais nous les finançons aussi
26:44en faisant des économies
26:45sur toutes ces dépenses
26:47qui sont totalement inutiles.
26:49Il y a eu les grands projets inutiles,
26:51et bien,
26:52il y a aussi les grandes dépenses inutiles.
26:53La première chose,
26:55c'est de mettre fin
26:56à l'open bar
26:57pour les entreprises,
26:58parce qu'avec l'ère macroniste,
27:00les dépenses
27:01pour les aides aux entreprises
27:03ont explosé.
27:04Les exonérations
27:05de cotisations sociales,
27:06par exemple,
27:07rien que ça,
27:08c'est 80 milliards d'euros,
27:10est-ce que c'est justifié ?
27:11On sait bien
27:12qu'au-delà de 2 fois le SMIC,
27:13même 1,5 fois le SMIC,
27:15ça a un effet très limité
27:17sur l'emploi.
27:18Donc nous,
27:19nous estimons
27:19qu'on peut faire
27:20au moins 8 milliards d'euros
27:22d'économies
27:22sur les exonérations
27:24de cotisations sociales.
27:25Un autre exemple,
27:27l'aide à l'apprentissage.
27:29Alors c'est très bien
27:30l'apprentissage,
27:31mais est-ce qu'il faut dépenser
27:3322 à 25 milliards d'euros
27:35pour l'apprentissage,
27:36dépenser 26 000 euros
27:37par apprenti,
27:38c'est 2 fois plus
27:39qu'un étudiant
27:41dans l'enseignement supérieur moyen.
27:43Donc est-ce qu'il faut dépenser
27:45autant pour cette politique
27:47pour faire plaisir
27:47à Emmanuel Macron
27:49pour qu'il respecte son slogan
27:511 million d'apprentis ?
27:53Eh bien nous,
27:53nous pensons qu'il faut
27:54recentrer les aides
27:55à l'apprentissage,
27:56notamment jusqu'au Bac plus 2
27:59et sur les PME.
28:00Et là aussi,
28:01on pourrait faire
28:02au moins 8 milliards d'euros
28:03d'économies.
28:04Donc vous voyez,
28:05ceux qui dépensent moins,
28:07c'est bien le nouveau
28:07franc populaire.
28:09Un autre exemple,
28:10des dépenses que je qualifierais
28:11d'idéologiques,
28:12le SNU.
28:14Le SNU,
28:15c'est au moins 200 millions d'euros,
28:17déjà.
28:18Et ça pourrait coûter
28:192 à 3 milliards d'euros.
28:21Est-ce qu'on veut mettre
28:222 à 3 milliards d'euros
28:23pour mettre nos enfants
28:26avec une petite casquette
28:27à chanter la marseillaise ?
28:28Eh bien je ne crois pas.
28:29Je crois qu'on a besoin
28:30de faire des économies
28:31sur ces dépenses
28:32qui sont,
28:33à mon sens,
28:34tout à fait idéologiques.
28:36C'est le cas aussi
28:37pour l'uniforme.
28:38Alors l'expérimentation
28:39de l'uniforme
28:40en milieu scolaire,
28:41on ne sait pas, là,
28:42pour le coup,
28:42combien ça va coûter,
28:43parce qu'il n'y a pas
28:44de ligne budgétaire,
28:46mais on sait
28:46que la généralisation,
28:48ça serait 1 milliard
28:50pour l'État
28:51et 1 milliard
28:52pour les collectivités locales.
28:53Est-ce qu'on a envie
28:54de dépenser 2 milliards d'euros
28:56de finances publiques
28:57pour mettre un uniforme
28:58dans les établissements scolaires ?
29:01Je ne crois pas.
29:01Là encore,
29:02des dépenses
29:04qui sont idéologiques.
29:06Et dernier point
29:09sur lequel on pourrait faire
29:10beaucoup d'économies,
29:12les niches fiscales
29:13et budgétaires
29:15néfastes au climat,
29:1622 milliards d'euros.
29:18Je pense qu'en particulier
29:19sur le trafic aérien,
29:20on doit pouvoir taxer
29:22le kérosène
29:23sur les vols intérieurs,
29:24on doit pouvoir mettre
29:26les billets d'avion
29:28au taux normal de TVA.
29:30C'est anormal
29:31que le trafic aérien
29:33soit sous une forme
29:34de petits paradis fiscales
29:36en France.
29:37Donc vous voyez,
29:38ceux qui font des économies,
29:39qui arrêtent l'open bar
29:40pour les entreprises,
29:41qui arrêtent les dépenses idéologiques,
29:42c'est le nouveau front populaire
29:44et je crois qu'on peut
29:44nous faire confiance
29:45pour gérer au mieux
29:46les finances publiques
29:47et bien mieux
29:48que les macronistes en vérité.
29:55Alors, vu qu'à gauche
29:56vous aimez quand même
29:57beaucoup les impôts,
29:58vous en inventez de nouveau.
30:00J'ai lu quelque chose
30:01qui s'appelle
30:02l'ISF climatique.
30:03Une bizarrerie.
30:04Est-ce que vous pourriez
30:04nous expliquer un peu
30:05comment ça fonctionnerait ?
30:07Alors, l'ISF climatique
30:09qui est effectivement
30:09dans notre programme,
30:11c'est pas seulement
30:11rétablir l'ISF
30:13comme avant 2018.
30:15C'est d'une part,
30:17lui, adosser
30:18une composante climatique
30:19en fonction
30:19de l'empreinte carbone
30:21du patrimoine financier
30:23et immobilier
30:23des plus riches
30:24parce qu'on sait
30:25que le patrimoine financier
30:26des plus riches,
30:27il a un impact
30:28très important
30:29sur nos émissions
30:30de gaz à effet de serre.
30:31Donc, il faut les responsabiliser
30:32sur les conséquences
30:35du dérèglement climatique.
30:36Ça, c'est une chose.
30:37Mais surtout,
30:38c'est une assiette différente.
30:39C'est-à-dire qu'on ferait
30:40rentrer les biens professionnels
30:42à partir de 10 millions d'euros
30:45et on ferait rentrer
30:46aussi les oeuvres d'art.
30:47On sait qu'auparavant,
30:49l'ISF avait une assiette fiscale
30:51qu'on appelait MITÉ.
30:53C'est-à-dire qu'il y a eu
30:54beaucoup de trous,
30:54beaucoup de niches fiscales.
30:55Nous, nous voulons vraiment
30:57un ISF qui rapporte
30:5915 milliards d'euros
31:00et qui englobe
31:01tout le patrimoine
31:03des plus aisés.
31:05Après, est-ce que ça va
31:07faire fuir les plus riches ?
31:10C'est la question
31:11qu'on nous pose à chaque fois.
31:13Avec, vous allez surtaxer
31:14les plus riches,
31:15ils vont s'enfuir.
31:17Alors d'abord,
31:17oui, c'est un peu vrai.
31:19Effectivement,
31:19quand il y avait l'ISF,
31:20il y avait plus de gens
31:22qui partaient,
31:23plus d'exilés fiscaux
31:24que de gens qui revenaient.
31:26Mais la vérité,
31:28c'est qu'en fait,
31:28c'est infinitésimal.
31:30Quand on a remis,
31:32on a transformé l'ISF en IFI,
31:34en vérité,
31:35il y a 0,25 % des plus riches
31:38qui sont revenus en France.
31:39Donc c'est totalement à la marge.
31:42Et surtout,
31:43on voit bien qu'avec tous les rapports
31:44qu'a fait France Stratégie,
31:46il n'y a aucun impact
31:48sur l'économie
31:48qui est prouvé
31:49ni dans un sens
31:50ni dans l'autre.
31:51quand on a transformé
31:53l'ISF en IFI,
31:54il n'y a eu aucun impact
31:56sur l'investissement
31:57dans les entreprises,
31:58aucun impact positif
31:59pour l'économie
32:01qui est éprouvé.
32:02Alors nous,
32:02nous assumons,
32:03oui,
32:03nous voulons faire payer
32:04les plus riches,
32:05nous en avons besoin
32:07et c'est juste
32:07et nous en avons besoin
32:09pour financer
32:09les services publics
32:11et les besoins
32:12sociaux et écologiques
32:13en France.
32:22Alors je vais reprendre
32:22la formule
32:24de notre ancien
32:25ministre de l'économie,
32:26Bruno Le Maire,
32:26qui disait
32:27le NFP,
32:28c'est 1980 puissance 10.
32:29Ce qu'il nous dit
32:30finalement à travers
32:31cette phrase,
32:31c'est que la politique,
32:33on va dire keynésienne,
32:34la politique par la relance
32:36de la demande,
32:37on a essayé en 1980,
32:38ça n'a pas vraiment marché.
32:40Frédéric Boccarat,
32:41qu'est-ce que vous répondez
32:42à cet argument ?
32:42Pourquoi est-ce qu'en refaisant
32:43la même chose,
32:44ça se passerait mieux
32:45cette fois-ci ?
32:46Alors précisément,
32:47l'idée c'est de ne pas
32:48refaire la même chose
32:49et le débat d'idées
32:51est nécessaire,
32:52nous voulons dépasser
32:53le keynésianisme
32:53et les marxistes,
32:54nous avons essayé
32:55d'apporter au même au-delà.
32:57Donc,
32:59on apporte,
33:00on dit,
33:00la gauche,
33:01c'est la demande,
33:02l'augmentation des revenus
33:03et la droite,
33:04c'est l'entreprise,
33:05la production.
33:07Et même,
33:08on vient de faire
33:10une petite erreur
33:10sur les entreprises.
33:11Bon.
33:13Il y a un petit désaccord
33:14entre vous quand même.
33:15Une petite erreur
33:16parce qu'on se fait avoir
33:17dans les mots
33:17et dans les chaustrates
33:18de nos adversaires.
33:20Je vais y venir.
33:21Mais en fait,
33:24sur quoi repose
33:25le raisonnement de Lemaire
33:25pour le comprendre ?
33:26C'est,
33:27on va augmenter les revenus,
33:28les gens vont consommer,
33:29ça va faire des importations,
33:30on aura augmenté
33:31les déficits
33:32et en plus les importations,
33:33donc on va plonger
33:34comme en 83-84.
33:36Nous sommes certains
33:37d'avoir vécu
33:37cette période-là
33:38et c'est là-dessus
33:39que le PEN s'est nourri
33:40dès 84 aux européennes.
33:42Il passe de 0 à 10.
33:44Mais l'offre,
33:45c'est quoi ?
33:46Parce que c'est le problème
33:47de l'articulation
33:47entre la demande
33:48et l'offre.
33:49Et il faut des réformes
33:50de structure
33:51pour articuler autrement
33:52demande et offre.
33:53Et c'est ça qui est présent
33:54dans le programme,
33:54mais il faut en avoir conscience
33:55pour le porter fort
33:56et voir l'importance
33:57des transformations proposées
33:59et pas rabattre.
34:01Parce que même les autres
34:01vont nous pousser à rabattre.
34:03Donc il y a un enjeu politique
34:05dès maintenant.
34:07Donc l'offre,
34:08la droite dit c'est nous,
34:09c'est la production,
34:10l'entreprise, c'est nous.
34:11Et alors on va jusqu'à dire
34:12au BNBAR pour les entreprises.
34:13Il faut faire attention.
34:14C'est OpenBAR pour le capital.
34:17Tu seras d'accord.
34:18C'est pour ça que je dis
34:18elle tombe dans une sauce trap,
34:19nous on est d'accord.
34:20Mais en réalité,
34:21au nom des entreprises,
34:22on fait profit et capital.
34:25Et on dit
34:25la politique de l'offre,
34:26c'est la politique du profit.
34:27Mais nous,
34:28qu'est-ce qu'ils font ?
34:29En réalité,
34:29ils détruisent l'offre.
34:30C'est-à-dire qu'on n'a plus de production.
34:31Sanofi,
34:32on ne fait plus de médicaments,
34:33on délocalise
34:34et on fait de la finance.
34:36Donc en réalité,
34:37la grosse différence
34:38par rapport à 81,
34:39si on y arrive,
34:40et donc le grand enjeu,
34:42c'est un tout autre type d'offres
34:44en contenu
34:45et de baisser d'autres coûts
34:46qu'au-dessus du travail.
34:48Donc de relever le défi
34:49de la compétitivité.
34:50Quelques mots,
34:50si j'ai quelques minutes,
34:52parce que c'est des questions
34:53qu'il faut s'approprier
34:55de façon populaire
34:56et on doit faire des débats
34:57dans toutes les régions,
34:58dans tous les départements,
34:59sur ces questions-là.
35:00Il faut une élévation
35:02du niveau de conscience
35:03de tous nos citoyens
35:05sur les questions économiques.
35:06Parce que tous les jours,
35:08ils ont la télé
35:09avec des gens très calés
35:10qui leur surignent dans l'oreille.
35:11On sera d'accord là-dessus tous aussi.
35:13Donc,
35:16comment dire ?
35:20Le grand enjeu,
35:22c'est donc des dépenses massives,
35:24ce qu'on a dit avant,
35:25parce que ça ne marche pas
35:25si on ne fait pas des dépenses massives.
35:27L'hôpital, ça ne marchera pas mieux
35:28si on n'embauche pas massivement des gens,
35:31on ne changera pas le travail.
35:32Donc, il faut des embauches massives,
35:34des dépenses massives tout de suite.
35:35Les souffrances sociales sont terribles.
35:36Il faut augmenter les salaires massivement,
35:38le salaire d'un fonction public,
35:40le point d'indice de 10%,
35:41le SMIC, etc.
35:42Ça, c'est fondamental.
35:44Et pas que le SMIC,
35:46l'ensemble des salaires.
35:48L'ensemble des salaires.
35:49Mais,
35:51vous voyez bien déjà,
35:52sur quoi on bute
35:54dans la fonction publique ?
35:56La formation.
35:57Mais même,
35:58dans le privé,
35:59on n'a plus de soudeurs.
36:00Les centrales nucléaires étaient à l'arrêt.
36:01On a un petit débat sur les centrales nucléaires.
36:03Mais elles étaient à l'arrêt
36:04parce qu'on n'avait plus de soudeurs.
36:06Il a fallu faire venir 100 soudeurs
36:08par avion des Etats-Unis.
36:11Le frais de ferroviaire,
36:12il bute parce qu'aussi,
36:13on manque d'emploi,
36:14de soudeurs,
36:16de matériel ferroviaire.
36:18Or, c'est fondamental,
36:19le frais de ferroviaire développé.
36:20Donc,
36:21il faut transformer profondément les choses
36:23et commencer par l'emploi.
36:25L'emploi, la formation,
36:26c'est le cœur,
36:27c'est à la fois le but
36:28et le moyen de la transformation sociale et écologique.
36:36Et donc,
36:36l'emploi de qualité,
36:38c'est ce qu'il faut
36:39et c'est ce qui va faire baisser les coûts autrement.
36:41Mais pourquoi on ne le fait pas ?
36:42Parce qu'on rencontre le capital.
36:44Parce que les profits disent
36:45« Ah mais non, cet argent,
36:46il faut qu'il aille à nous,
36:47il faut qu'on puisse délocaliser ».
36:48Ce n'est pas seulement les riches,
36:49c'est toutes les institutions financières
36:51et les banques.
36:52Les riches,
36:52c'est le XXe siècle,
36:53même le XIXe siècle.
36:55La question des banques,
36:56c'est considérable.
36:58Et c'est des institutions
37:00qui relaient
37:01tous les critères
37:03de rentabilité
37:04et les critères antisociaux.
37:05Donc,
37:06par rapport à 1981,
37:07nous voulons pratiquer
37:08un autre crédit bancaire.
37:09En 1980,
37:10on avait nationalisé les banques,
37:11elles avaient fait comme avant.
37:12Et il faut faire un autre crédit bancaire.
37:14Ça veut dire quoi ?
37:15Les PME,
37:16si,
37:17on ne veut pas leur prêter,
37:18elles ne peuvent pas se développer.
37:19Mais par contre,
37:20nous,
37:20ce qu'on propose,
37:21et c'est dans le programme
37:22que nous avons construit ensemble,
37:26pour les PME
37:27qui augmentent les salaires,
37:29on leur fait des avances à 0%.
37:30Et si elles se développent,
37:32on fait un crédit à 0%
37:33et on reprend même
37:34leur charge d'intérêt.
37:35C'est-à-dire,
37:35on baisse leur coût du capital
37:36si elles développent
37:37l'emploi,
37:38la formation
37:38et si elles rentrent
37:39dans une logique écologique.
37:41Voilà ce qu'il faut faire.
37:42Parce que,
37:44on parlait du budget.
37:46Les dépenses du budget,
37:47c'est 400,
37:47400 milliards à peu près.
37:49Mais les banques,
37:50c'est 2 000 milliards.
37:51Et c'est un effet multiplicateur,
37:53énorme,
37:53un effet levier.
37:54Et si,
37:55d'un côté,
37:56on fait quelque chose
37:56avec le budget
37:57et que les banques
37:58démolissent de l'autre côté,
37:59ça ne marchera pas.
38:00Donc,
38:00il faut prendre le pouvoir
38:01sur les banques.
38:02Voilà la deuxième chose
38:03face au défi
38:05de ne pas faire
38:06comme en 80 à 82.
38:07Donc,
38:08les 3 choses,
38:08en réalité,
38:09c'est effectivement
38:09changer l'offre
38:13en baissant le coût du capital
38:15et en développant l'emploi.
38:16Deuxièmement,
38:17s'occuper des banques.
38:18Et troisièmement,
38:18des pouvoirs nouveaux
38:19des travailleurs,
38:20des citoyens
38:20qu'on n'a pas développés
38:21en 80 à 82.
38:22Et enfin,
38:23d'autres relations internationales.
38:25Il faut ouvrir
38:25les négociations internationales
38:26en Europe et dans le monde.
38:27Mais je crois savoir
38:28qu'on va en parler après.
38:30Alors,
38:32Eric Coquerel,
38:33vous savez que
38:35vous savez très bien
38:35ce qu'on vous reproche souvent
38:36quand même à la gauche,
38:37c'est de ne pas tenir compte
38:38de la réalité économique.
38:40Et j'en rencontre
38:41des électeurs de gauche
38:42qui me disent
38:43qu'effectivement,
38:44sur le principe,
38:44ils sont plutôt d'accord
38:45avec vos propositions.
38:46C'est très bien
38:46augmenter le SMIC,
38:47les salaires, etc.
38:48Mais ils se posent la question
38:49de savoir
38:50quelles sont les réparcutions
38:51économiques
38:52d'une telle politique ?
38:53On va prendre le SMIC,
38:54par exemple.
38:55Vous dites
38:56qu'on augmente le SMIC
38:56très bien.
38:57Mais quand on augmente
38:58le coût du travail,
38:59on peut comprendre
38:59que les multinationales
39:01arriveront à l'absorber
39:02sans difficulté.
39:03Mais qu'est-ce qu'il en est
39:03de toutes les petites PME
39:05de ce pays
39:06qui ont déjà du mal
39:06à s'en sortir aujourd'hui
39:07si demain,
39:08vous leur dites,
39:09le SMIC,
39:10on l'augmente de 15%.
39:11Qu'est-ce qui va se passer
39:12d'après vous ?
39:14Bon, déjà,
39:15on a compris
39:15à travers les différentes interventions
39:17que nous,
39:19on nie le fait
39:20que le problème
39:22de notre économie
39:23serait
39:24que le travail
39:24coûte trop cher.
39:26Voilà.
39:27C'est ça,
39:28l'alpha-oméga
39:29de ce que nous proposons
39:30au niveau économique.
39:31En finir
39:31avec cette affirmation
39:33qui fait qu'en gros,
39:35depuis une trentaine d'années,
39:36dans la richesse produite,
39:39la part du travail
39:39a diminué
39:40et la part du capital
39:41a augmenté.
39:42Donc,
39:43on le redit,
39:43on vient de le dire
39:45chacun à notre manière,
39:45mais ce qui nous coûte
39:47trop cher,
39:48ce qui coûte
39:48un pognon de dingue
39:49dans ce pays,
39:50c'est le capital.
39:52Nous n'avons plus
39:53les moyens
39:53du coût du capital
39:54et plus particulièrement
39:56du coût du capital
39:57financiarisé.
39:58Et comme tout bon marxiste,
40:00nous savons très bien
40:02que la question
40:03du partage
40:04de la richesse,
40:05elle se situe justement
40:06dans le partage
40:08de la plus-value
40:09entre le travail
40:09et le capital.
40:11Donc,
40:12l'idée qu'à un moment donné,
40:14il va falloir redistribuer
40:16les richesses,
40:17nous l'avons dit,
40:18d'une part par la fiscalité,
40:20mais d'autre part
40:21par l'augmentation
40:22des salaires,
40:23c'est quelque chose
40:24d'absolument indispensable
40:26si nous voulons faire en sorte
40:28que non seulement
40:29notre activité économique,
40:31j'allais dire,
40:31se relance
40:32de manière écologiquement soutenable,
40:34mais aussi que l'égalité
40:36redevienne quelque part
40:38une promesse réelle.
40:41Donc,
40:42pour répondre
40:42à votre question,
40:44vous remarquerez
40:44que les mêmes
40:45qui nous disent ça aujourd'hui
40:46ne se posent absolument
40:48aucun problème
40:49sur le fait
40:50que depuis 2017,
40:51les dividendes
40:52dans ce pays
40:53ont été multipliés
40:54par deux.
40:55Vous m'entendez bien ?
40:56Multipliés par deux.
40:58Ça leur pose
40:59un problème
41:00qu'on imagine
41:00augmenter le SPIC
41:01de 14%,
41:03puisque 1 600 euros net,
41:04c'est 14%,
41:05mais que les dividendes
41:07étaient multipliés par deux,
41:08pas de problème.
41:09Donc,
41:10c'est une question idéologique,
41:11enfin,
41:12plus exactement.
41:13C'est une question
41:14de l'endroit
41:15où vous vous situez
41:16dans le rapport
41:16de confrontation
41:17capital-travail.
41:19Alors,
41:19pourquoi c'est possible
41:20d'augmenter le SPIC,
41:21et non pas seulement
41:22pourquoi c'est possible,
41:23mais pourquoi c'est soutenable ?
41:26C'est que,
41:27si demain,
41:29les salaires,
41:30et notamment les bas salaires,
41:31gagnent plus,
41:33inévitablement,
41:34il y a la question
41:35d'une relance
41:36de la consommation populaire.
41:39L'an dernier,
41:40par exemple,
41:41parce qu'on n'est quand même
41:42pas au même point
41:43que l'Allemagne,
41:44quand vous avez eu
41:44un reflux
41:45de l'activité internationale,
41:47tous les économistes
41:48pensaient qu'en France,
41:49on allait rentrer
41:50en récession.
41:51Et Bruno Le Maire
41:52a eu,
41:53j'allais dire,
41:54a expliqué,
41:55a dit,
41:55vous voyez que non,
41:56finalement,
41:56on est à 1%,
41:57alors que les Allemands
41:58étaient en récession.
41:59Pourquoi croyez-vous
42:00que la France,
42:01à ce moment-là,
42:02n'est pas rentrée en récession ?
42:03C'est que nous avons
42:04quand même un reste
42:06d'état social dans ce pays
42:07qui fait que vaille que vaille,
42:09eh bien,
42:10il y a un matelas social
42:11qui fait que,
42:12j'allais dire,
42:15la consommation populaire,
42:16notamment,
42:16prenne le relais
42:17des baisses d'activité.
42:19C'est ça qui s'est passé.
42:20Et c'est ça,
42:21aujourd'hui,
42:21d'ailleurs,
42:22paradoxalement,
42:22que Bruno Le Maire
42:23veut attaquer.
42:24Donc, oui,
42:25augmenter les salaires,
42:26c'est bon pour l'activité.
42:28Alors, il y a effectivement,
42:29après la question
42:30que posait Frédéric,
42:31oui, mais d'accord,
42:32mais si les gens
42:33consomment des choses
42:34qui se produisent
42:35à l'extérieur ?
42:36Bon, je crois que
42:37dans notre programme,
42:38et nous le mettons,
42:38on ne peut pas exclure
42:40de cette question
42:40la question d'un protectionnisme
42:43écologique et social,
42:44c'est-à-dire,
42:45notamment,
42:45de taxer au kilomètre
42:46tout ce qui est fabriqué
42:47à l'extérieur
42:49du continent européen,
42:51mais pas que,
42:52à des coûts écologiques
42:53et sociaux
42:53qui rendent scandaleux
42:55la concurrence
42:55qui est faite
42:56sur nos marchés.
42:57Donc,
42:58l'augmentation du SPIC,
42:59elle est nécessaire
43:01pour cette question.
43:02Alors maintenant,
43:02vous me dites,
43:03oui, mais d'accord,
43:04mais comment on fait
43:05pour les PME
43:06qui vont endosser le choc ?
43:07Nous, nous avons une réponse.
43:09D'abord,
43:09il n'y en a pas tant que ça.
43:10Quand on regarde
43:11en réalité les choses,
43:12on s'aperçoit
43:13que,
43:14finalement,
43:15il y a certains secteurs,
43:16je pense notamment
43:17au commerce,
43:18qui, effectivement,
43:18sont tributaires.
43:19Nous, ce que nous disons,
43:21c'est que,
43:21dans ces cas-là,
43:21on va regarder
43:22toutes les aides
43:23aux entreprises
43:23qui sont aujourd'hui
43:25faites en France.
43:26En gros,
43:27pour aller vite,
43:28entre les exonérations
43:29de 80 milliards
43:30et les aides directes,
43:31il y a quasiment
43:32200 milliards par an.
43:34Et on peut peut-être
43:35se demander
43:35si ça sert vraiment
43:36à quelque chose
43:37d'aller aider
43:38les entreprises
43:39qui, ensuite,
43:40recyclent ces aides
43:41en dividendes,
43:43alors même
43:44qu'il y a des entreprises
43:45qui auraient besoin d'aide
43:46pour augmenter les salaires,
43:47pour créer de l'emploi,
43:48pour favoriser
43:49l'égalité salariale
43:50hommes-femmes,
43:51etc.
43:51Autrement dit,
43:52ces entreprises
43:53qui vont peut-être
43:53avoir un problème
43:55le temps que,
43:56quelque part,
43:57le choc de la politique
43:58de la demande
43:59fasse ses effets.
44:00On parle souvent
44:01par exemple d'un traiteur,
44:02un traiteur qui aurait
44:03des problèmes
44:03parce qu'effectivement,
44:05il a plusieurs personnes
44:06au SMIC,
44:06il va augmenter le SMIC,
44:07et puis,
44:08en attendant que les gens
44:10qui ont vu
44:10leur salaire augmenter,
44:11parce qu'on ne parle pas
44:12d'augmentation seulement
44:13du SMIC,
44:13on parle aussi
44:14de négociations salariales
44:15qui pourraient permettre
44:17d'augmenter
44:18les salaires
44:18de manière générale
44:19en France
44:19et puissent du coup
44:21consommer un peu plus
44:22ces produits de traiteurs.
44:23En attendant,
44:24oui,
44:24nous assumons
44:25que nous allons aider
44:26spécifiquement
44:27ces entreprises.
44:28Voilà,
44:28c'est réalisable
44:29puisque nous aidons
44:30aujourd'hui les entreprises
44:31qui,
44:32en réalité,
44:32n'en ont pas besoin
44:33sauf à distribuer ça
44:34aux actionnaires.
44:35Voilà comment
44:36se situe
44:37le « réalisme »
44:39de notre politique économique.
44:41Tout vers les salaires,
44:43tout vers les revenus
44:44du travail
44:45et un peu moins
44:46vers la venue du capital,
44:47je pense que c'est ça.
44:48à la fois
44:48dans le mauvais sens
44:50l'alpha-oméga
44:50de la politique de Macron,
44:52c'est l'inverse
44:52et ça sera l'alpha-oméga
44:54en faveur du travail
44:55de la politique
44:56du Front populaire.
45:03Carine Lebon,
45:06Eric disait
45:07tout pour les salaires
45:08mais c'est aussi
45:08beaucoup tout
45:09pour les services publics
45:09dans votre programme.
45:11D'où vient
45:11cette obsession
45:12comme ça
45:12que les services publics
45:14qui nous coûtent
45:15déjà très cher
45:15devraient encore
45:17obtenir davantage
45:18d'argent public ?
45:20Parce que les services publics,
45:22c'est le patrimoine
45:22de ceux qui n'en ont pas.
45:24Alors Macron,
45:25vous dirait,
45:25c'est le patrimoine
45:26des gens qui ne sont rien.
45:28Et Michel Barnier,
45:29vous dirait,
45:29c'est le patrimoine
45:30des gens d'en bas.
45:31Moi, je préfère dire
45:32vraiment que c'est le patrimoine
45:33des gens qui n'en ont pas
45:34et on veut continuer
45:36à le préserver.
45:37C'est un investissement
45:39pour l'avenir.
45:40Quand on ouvre une école,
45:42on dit souvent
45:42qu'on ferme une prison.
45:44Le taux de dépense publique,
45:47oui, il est élevé.
45:48Mais en fait,
45:48ce n'est pas entendable
45:49qu'on nous dise
45:50de le réduire.
45:51Ce n'est pas entendable
45:52pour les gens
45:52qui meurent dans les brancards,
45:54dans les couloirs d'hôpitaux.
45:56Ce n'est pas entendable
45:57pour les gens
45:57qui sont dans des écoles
45:59qui sont de plus en plus abîmées,
46:02notamment dans le 93.
46:04Ce n'est pas entendable
46:05pour les citoyens
46:06des Outre-mer
46:09Je discutais
46:10avec des économistes
46:11sur la place
46:13des Outre-mer,
46:14le déficit
46:15des Outre-mer
46:16en termes
46:16de services publics
46:18et ils me disaient
46:18que le département
46:19le plus avancé
46:21en termes
46:22de services publics,
46:23en termes d'économies
46:24au niveau des Outre-mer
46:25accuse un retard
46:26de 15 ans
46:27sur l'Hexagone.
46:28On part de loin.
46:30À Mayotte,
46:30il n'y a tellement
46:31pas d'écoles
46:32qui sont obligées
46:33de se répartir
46:34les journées de classe.
46:35Il y en a qui font
46:36école le matin
46:36et il y en a d'autres
46:37qui font école
46:37l'après-midi
46:38dans la même classe
46:39parce qu'il n'y a pas
46:40d'école.
46:41Elle est où,
46:41la promesse républicaine ?
46:42Le taux de pauvreté
46:44à Mayotte,
46:45il est de 77%.
46:46On compte sur le privé ?
46:48On compte sur le privé
46:49pour nos citoyens
46:50des Outre-mer ?
46:52Le programme du NFP,
46:53il vise à garantir
46:55l'accès aux services publics
46:57à tous,
46:58sur tout le territoire,
46:59qu'on soit tous
47:01à moins de 30 minutes
47:03d'un accueil physique.
47:05Et Lucie Casté,
47:07on ne l'a pas choisie
47:08par hasard.
47:09C'est la cofondatrice
47:11et la porte-parole
47:12du collectif
47:14Nos Services Publics.
47:15Et elle a un attachement
47:16très très fort
47:17aux services publics.
47:19Et encore une fois,
47:20les dépenses,
47:22moi,
47:22elles ne me choquent pas
47:23si on a des recettes
47:25en face
47:26qui sont importantes.
47:28Donc il faut se donner
47:29les moyens
47:30d'avoir un service public
47:31qui réponde
47:31aux besoins des gens.
47:32Et le problème,
47:33c'est qu'aujourd'hui,
47:34les besoins,
47:35ils augmentent
47:37et ils ne sont pas
47:38en adéquation
47:39avec les moyens
47:40qu'on accorde
47:41aux services publics.
47:42On veut des transports
47:43publics de qualité,
47:44on veut des écoles
47:45de qualité,
47:45on veut des hôpitaux
47:46de qualité,
47:47on veut des EHPAD
47:47de qualité,
47:48des crèches de qualité,
47:49on veut des places
47:50en crèche aussi d'ailleurs
47:51avec un personnel formé.
47:53Aujourd'hui,
47:54il y a une crise
47:55des vocations.
47:56On trouve
47:57de moins en moins
47:58de gens
47:58pour passer des concours,
47:59pour s'engager
48:01dans le service public.
48:03Pourquoi ?
48:03Parce qu'il y a
48:05des rémunérations
48:05qui sont souvent inférieures,
48:07il y a des conditions
48:09de travail
48:10qui ne sont pas
48:11formidables
48:12et puis on a aussi
48:13une perte de sens.
48:15Comment,
48:16quand vous travaillez
48:16dans un hôpital
48:17et que vous êtes obligés
48:18de maltraiter vos patients
48:19parce que vous n'avez pas
48:20le temps
48:21qu'il faut
48:23à leur consacrer
48:24pour avoir
48:24un temps de qualité,
48:25comment vous rentrez
48:26chez vous
48:27et vous vous dites
48:27que ça y est,
48:29j'ai passé une bonne journée
48:30où j'ai aidé les gens
48:31dans ma vie.
48:32Ben non,
48:32quand on maltraite
48:33les patients,
48:33on n'est pas...
48:34Et je vous parle
48:35en connaissance de cause
48:36parce que j'étais 13 ans
48:38professeure des écoles
48:38dans le public.
48:41Et j'ai vu
48:42pendant 13 années
48:43des écoliers
48:44se succéder
48:45dans un département
48:46où il y a 36%
48:47de taux de pauvreté,
48:49donc des enfants
48:51qui n'étaient pas
48:52d'un milieu social
48:53forcément favorisé.
48:55et je les ai vus
48:56devenir des citoyens
48:58au fur et à mesure
48:59des années.
49:00Et c'est une question
49:01qui me tient à cœur
49:02parce que c'est une vision
49:04d'une société.
49:06En réalité,
49:07cette question
49:08des services publics,
49:09elle est très,
49:10très importante à gauche
49:11parce qu'elle dit
49:12quelle société nous voulons.
49:15Et aujourd'hui,
49:17c'est absolument,
49:20absolument essentiel.
49:22Voilà ce que je voulais dire
49:23pour les services publics.
49:33Vous, finalement,
49:34vous préconisez tous
49:35de mener une politique,
49:36alors c'est très généreux,
49:37bien sûr,
49:37mais ça va à rebours
49:38de tout ce qu'au fond
49:39les autres pays européens.
49:41Est-ce qu'il n'y a pas
49:41un risque finalement
49:42à mener tout seul
49:43dans un seul pays
49:44une politique de gauche
49:46alors que tout autour
49:47on est entouré de gens
49:48qui mènent plutôt
49:48des politiques libérales ?
49:49Frédéric,
49:49qu'est-ce que vous répondez
49:50à cet argument-là ?
49:51Alors, bien sûr,
49:53il faut traiter
49:54la question européenne,
49:55il faut changer
49:55les choses en Europe.
49:56Mais il y a un chemin,
49:58ça commence par quelque chose.
50:00On peut commencer en France.
50:02Bien sûr, fondamentalement,
50:03il faudra changer les traités.
50:04Mais on peut commencer
50:06à partir de la France.
50:08Alors, d'abord,
50:09la perspective, par exemple,
50:10pour les services publics,
50:12qui sont au cœur
50:14de l'efficacité nouvelle,
50:16de la nouvelle société,
50:17en réalité,
50:17y compris parce que
50:18c'est un développement
50:19écologique que portent
50:20les services publics.
50:21Parce que développer
50:21la santé, la formation,
50:23la culture,
50:23c'est pas la même chose
50:24que développer le béton,
50:25la finance, etc.
50:26Donc, tout un contenu différent,
50:28une façon de se penser
50:29autrement dans la société.
50:46Nous, pour...
50:47qui financerait à 0%
50:47les services publics
50:48intercalés entre
50:49la Banque Centrale Européenne
50:51et les États.
50:52On a appris
50:53que la Banque Centrale Européenne
50:55ne peut pas financer
50:55directement les États.
50:56Mais elle a le droit
50:57de financer
50:58une institution financière publique.
51:00Et donc,
51:01on créerait en Europe
51:02cette institution financière publique
51:04qui serait financée
51:05à 0% par la Banque Centrale Européenne
51:07et qui financerait les États
51:08s'ils développent
51:10les services publics.
51:11Pourquoi je dis ça ?
51:12Parce que maintenant,
51:12le chemin à partir de la France.
51:15Nous pouvons commencer en France
51:16à faire ça
51:17par le pôle public
51:18bancaire français.
51:19Casé-Dépôt,
51:20BPI,
51:21Banque Postale
51:21et qui finance à 0%
51:23une partie des dépenses
51:24des services publics
51:26et qui met la pression
51:28sur la BCE
51:28pour être elle-même
51:30refinancée
51:30par la Banque Centrale Européenne.
51:32Deuxièmement,
51:32nous nous adressons
51:33aux autres pays
51:34parce qu'il n'y a pas
51:35que la France,
51:35l'Italie, l'Espagne,
51:36les pays du Sud
51:37qui ont besoin
51:37de services publics.
51:38L'Allemagne,
51:38tu en parlais,
51:39ils ont besoin
51:40de services publics.
51:41Dillingke dit
51:41nous avons besoin
51:42de 100 000 soignants
51:43à l'hôpital en Allemagne.
51:44Même en Allemagne.
51:46Il nous manque
51:4614 000 enseignants
51:47en Allemagne.
51:48Donc l'Allemagne
51:49a besoin de services publics.
51:50C'est pour ça que Draghi,
51:51d'ailleurs,
51:52prétend faire un pas
51:53contre l'austérité
51:54en disant qu'il faut
51:55des dépenses.
51:55Vous avez vu,
51:56Mario Draghi.
51:57Bon,
51:58donc,
51:58nous pouvons dire,
52:00nous mettons ensemble
52:01les caisses des dépôts,
52:02les caisses d'épargne,
52:02les banques publiques
52:03d'Allemagne,
52:04d'Italie,
52:05d'Espagne,
52:05de France,
52:05on ouvre une négociation
52:06internationale
52:07en parlant au peuple,
52:08pas seulement aux dirigeants
52:09et en disant
52:10avec vos outils publics,
52:11on peut se mettre ensemble
52:12pour financer ensemble
52:13avant qu'il y ait
52:14un fonds européen.
52:15Et ensuite,
52:16on mène la bataille
52:17pour un fonds européen,
52:18non pas renverser la table,
52:19mais tout de suite
52:20faire obéir
52:21à une autre logique.
52:22Et ce fonds européen,
52:23si c'est plus simple,
52:24on le commence
52:24sur deux sujets.
52:26La santé
52:26et le frais de ferroviaire.
52:28Ça va déjà déménager
52:29beaucoup de choses.
52:30Donc on peut faire des choses.
52:32Donc c'est très important
52:33parce que la dette,
52:34il y a de la bonne
52:35et de la mauvaise dette.
52:35C'est comme le cholestérol.
52:37Et la bonne dette,
52:38c'est celle qui développe.
52:39Elle développe tellement
52:40qu'on finit par avaler la dette.
52:41C'est ce qu'on a fait après-guerre.
52:43Il a fallu une dette énorme.
52:44On a nationalisé les banques,
52:46on a fait des dépenses considérables
52:47et on s'est tellement développé
52:48qu'on a avalé la dette.
52:49Le problème,
52:50c'est qu'on n'a pas mis
52:50des critères,
52:51ni écologiques,
52:51ni sociaux.
52:52Donc on a développé
52:53la crise suivante.
52:54Et donc là,
52:54on veut conjurer
52:55la crise suivante
52:56en faisant autrement.
52:57Donc voilà un petit peu
52:58pour la question européenne.
53:00Mais je voudrais souligner
53:02ce qu'a dit Draghi
53:03et ce qu'on dit Barnier.
53:04Barnier,
53:05il dit service public en premier.
53:06Il faut prendre au défi.
53:08Mais alors si c'est service public,
53:10alors c'est emploi
53:10dans le service public.
53:11C'est dépense massif.
53:13Ce n'est pas des petites
53:14réorganisations bidons
53:15pour faire croire
53:15qu'on fait des services publics
53:16dans les territoires.
53:17Draghi,
53:17il vient de dire
53:18qu'il faut dépenser plus en Europe.
53:20Et je ne sais pas
53:20si vous avez dit,
53:21Piketty qui fait une page
53:22dans Le Monde,
53:23interviewée par Le Monde,
53:24pour dire
53:25« Formidable, Draghi ».
53:26Attention !
53:27Draghi,
53:28il est obligé de concéder
53:28qu'il faut faire plus de dépenses,
53:30mais il propose
53:31de les faire par emprunt
53:32sur les marchés financiers,
53:34donc l'accord de coût.
53:36Et deuxièmement,
53:37je pense que c'est pour
53:38les dépenses de guerre
53:39et les dépenses du capital
53:40et donc l'austérité
53:41pour le social.
53:42Alors qu'il faut
53:43toute autre chose
53:43et avec la récession qui vient,
53:45c'est ces dépenses-là
53:45qui vont permettre.
53:46Donc l'Europe,
53:47en plus avec la récession
53:48qui lui arrive,
53:49elle a besoin de faire autrement.
53:50Et enfin sur l'international,
53:52parce qu'il n'y a pas
53:52que l'Europe.
53:53Et Eric en a touché un mot.
53:55Il y a la question
53:55des négociations internationales.
53:57Il faut d'autres relations
53:58internationales dans le monde.
53:59D'abord, nous devons renégocier
54:01les traités libre-échange.
54:02C'est ce qui est
54:03dans notre programme.
54:05Nous proposons des traités
54:07de maîtrise des échanges
54:08entre les pays.
54:10C'est-à-dire,
54:10on fait des échanges
54:11des investissements communs
54:12si ça développe l'emploi,
54:14les biens communs.
54:15Donc si c'est gagnant-cognant
54:16des deux côtés
54:17et donc des institutions
54:18pour vérifier
54:19que vraiment on développe
54:20des deux côtés.
54:21Donc une autre démocratie
54:22et d'autres relations internationales
54:23jusqu'à la question des BRICS
54:26avec le Brésil, la Chine,
54:28l'Afrique,
54:28une partie de l'Afrique.
54:29Les BRICS
54:30et la transformation
54:31du système monétaire international.
54:33Est-ce que vous savez
54:33que le Fonds monétaire international,
54:35il n'en a pas parlé tout à l'heure
54:36de Villepin
54:37qui a fait des belles envolées
54:39et des choses justes,
54:40mais il n'a pas parlé du dollar.
54:42Est-ce que vous savez
54:42que le Fonds monétaire international,
54:44qui est l'argent du monde,
54:45entre guillemets,
54:46les Etats-Unis ont un droit de veto dedans.
54:49Est-ce que vous savez
54:50que ce n'est même pas
54:51sous contrôle de l'ONU ?
54:53Nous voulons faire sauter
54:53le droit de veto
54:54des Etats-Unis au FMI.
54:56Nous voulons développer
54:57une monnaie commune mondiale.
55:02Une monnaie commune mondiale
55:04vraiment partagée
55:05pour le développement des peuples
55:06au lieu de l'hégémonie du dollar.
55:08Et pour ça,
55:09avec des négociations
55:10avec l'Afrique,
55:11le Sud global,
55:12comme on dit,
55:12et les BRICS,
55:13nous pouvons avancer.
55:14Et c'est aussi une responsabilité.
55:15et c'est fidèle
55:17à toute la tradition de la France,
55:18de l'universalisme
55:19et de l'humanisme.
55:20Je vous remercie.
55:25J'espère qu'ils ont réussi
55:27à vous convaincre malgré tout.
55:29Il est 16h,
55:30ça va être le moment
55:30de conclure ce débat.
55:32Je vais remercier nos invités
55:33qui nous ont fait le plaisir
55:34de venir.
55:35Et puis,
55:36je remercie à tous,
55:38à vous tous,
55:38d'être venus l'assister.
55:49Merci, Cyprien.
55:51Merci, Karine Lebon.
55:53Merci, Eva Sasse.
55:54Merci, Éric Coquerel
55:55et Frédéric Boccarat
55:57pour ce débat.
55:59Donc,
56:00s'il en était besoin,
56:02oui,
56:02le programme du...