00:00Le premier tour des législatives a rendu son verdict ce dimanche 12 juin.
00:03Le premier fait majeur, c'est que moins d'un électeur sur deux s'est déplacé,
00:07ce qui constitue un nouveau triste record.
00:10C'est également un nouveau signe de la crise démocratique que nous traversons
00:12et de la décrypitude des institutions.
00:14A n'en pas douter, la majorité qui sera élue au second tour
00:17aura cette reconstruction démocratique dans sa feuille de route.
00:20Mais quelle majorité ? C'est toute la question.
00:21Puisque pour la première fois dans la Ve République,
00:24le président fraîchement élu et sa coalition n'arrivent pas en tête du premier tour des législatives.
00:28Malgré les dénégations du mystère de l'intérieur,
00:31c'est bien la gauche qui est arrivée en tête avec un petit peu plus de 26% des voix.
00:35Ce qui constitue donc une première.
00:37La gauche est en tête au premier tour dans 194 circonscriptions,
00:40la majorité dans 203 et le Rassemblement National dans 110.
00:43Ce sont 417 candidats de la majorité qui seront au deuxième tour,
00:48ce qui constitue 100 candidatures de moins qu'en 2017.
00:51La gauche, au contraire, avec 386 prêts en second tour,
00:54améliore très nettement son score de 2017
00:56puisqu'elle n'avait que 142 candidatures à l'époque.
00:59A noter également, le Rassemblement National,
01:01qui était au deuxième tour de la présidentielle,
01:03améliore son score de 2017
01:04puisqu'il a 208 présents au deuxième tour contre seulement 118 en 2017.
01:08La droite, pour sa part, qui avait une centaine de députés sortants,
01:11ne pourra défendre ses chances que dans 91 circonscriptions.
01:14Ce sont également quelques symboles qui sont sortis des urnes ce dimanche
01:16puisque le candidat de reconquête à la présidentielle, Éric Zemmour,
01:21qui a fait grand bruit médiatique pendant des mois,
01:24échoue ne serait-ce qu'à se qualifier au deuxième tour sur la circonscription
01:27qu'il avait choisie pour se parachuter.
01:29C'est aussi un échec pour Jean-Michel Blanquer,
01:31très impopulaire ministre de l'Education Nationale,
01:33qui est battu dans le Loiret par un candidat communiste
01:35qui sera au second tour face au Rassemblement National.
01:37Il y a aussi d'autres ministres en difficulté,
01:39des vrais piliers de la Macronie,
01:40on pense à Amélie de Montchalin dans l'Essonne,
01:42ou Clément Beaune, ou Stéislas Guérini à Paris.
01:44Autre signe un petit peu plus ironique que celui-là,
01:47c'est une communiste qui arrive en tête sur la circonscription,
01:49très bourgeoise de la boule.
01:51Quand on regarde qui a voté quoi,
01:52à ce premier tour de l'inislative,
01:53on s'aperçoit que la gauche a très largement reçu les voix des jeunes,
01:56secteur dans lequel elle est très largement en tête
01:58sur toutes les autres coalitions.
02:00La gauche fait également jeu égal avec le Rassemblement National
02:02sur les classes populaires,
02:04ce qui constitue un début de reconquête d'un électorat essentiel pour elle.
02:08Après ce premier tour historique,
02:09rien n'est joué pour le second tour
02:11et pour l'élection d'une majorité.
02:13La particularité d'un nouveau paysage politique constitué de trois blocs
02:16est qu'il n'y a pas de report naturel des voix au second tour.
02:19Une grande incertitude plane donc sur l'issue des urnes ce dimanche 19 juin.
02:23Les résultats du premier tour ont fait souffler un vent de panique dans la majorité,
02:26comme en Teng Wang par exemple,
02:28l'extrême difficulté qu'ils ont eu à définir une ligne
02:30en cas de second tour,
02:32gauche contre Rassemblement National,
02:33pour finalement décider que pas une voix ne devait aller au RN.
02:37Pour ce deuxième tour,
02:38les jeux ne sont absolument pas faits.
02:39La structuration du paysage politique en trois blocs
02:41en rend les reports de voix assez illisibles.
02:44Après le premier tour,
02:45le président Macron n'est pas du tout assuré
02:47d'obtenir une majorité absolue.
02:49Et si l'hypothèse d'une majorité relative
02:51reste assez crédible,
02:53les jeux ne sont pas faits.
02:54On sait que les mesures contenues dans le programme de la gauche,
02:56comme la retraite à 60 ans,
02:57le gel des prix ou la hausse du SMIC,
02:59sont très largement soutenues dans l'opinion.
03:01Si cette adhésion se transforme en participation au second tour,
03:04alors tout devient possible.