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  • il y a 1 semaine
L’objectif du Grand Paris Express est clair : désengorger les transports saturés d’Ile-de-France et réduire significativement la saturation routière qui pollue la vie des Franciliens, générant nuisances sonores et risques sanitaires. Où en est-on ? Avec :
- Pierre Garzon, maire de Villejuif (Val-de-Marne)
-Thierry Dallard, président du directoire de la Société du Grand Paris
- Jacques Baudrier, administrateur d'Ile-de-France Mobilités
- Marc Pélissier, président de l'Association des usagers des transports (FNAUT Ile-de-France)

Le Grand Paris, la promesse d’une métropole du 21e siècle ? Un territoire immense, sur lequel vivent et travaillent 7 millions de personnes, couvrant 123 communes des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val de Marne et 7 communes de la grande couronne dans l’Essonne et le Val-d’Oise. Au cœur d’un territoire dynamique et en plein essor, les réseaux de transports en commun franciliens, saturés et sous-dimensionnés, voient défiler chaque jour, 8,5 millions d’usagers. Épine dorsale du Grand Paris, le Grand Paris Express est le plus grand projet urbain d’Europe. Connecté au réseau actuel, il prévoit la construction de 200 km de lignes automatiques et de 68 gares. En plus de quatre nouvelles lignes de métro : 15, 16, 17 et 18, l’actuelle ligne 14 sera prolongée au Nord jusqu’à Saint-Denis Pleyel et au sud jusqu’à l’aéroport d’Orly. Le projet comporte également la modernisation des RER, le prolongement de la ligne 11 du métro et du RER E.

C’est la Société du Grand Paris, créée en 2010 qui chapeaute l’immense chantier. Coût total de l’enveloppe : 35 milliards d’euros.
Initialement prévue en 2019, l’ouverture des premières nouvelles lignes n’aura lieu qu’en 2024, à l’heure où la métropole accueillera les jeux olympiques.

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Transcription
00:46Bonjour Pierre Garzon et merci d'avoir accepté notre invitation.
00:49Vous êtes maire de Villejuif et nous sommes aujourd'hui sur votre territoire, mais où très exactement ?
00:55On est dans le parc départemental des Hautes-Bruyères, mais plus symboliquement que ça, on est au pied de la
01:00future gare très emblématique,
01:02Institut Gustave Roussy, et qui va être une gare d'interconnexion entre la future ligne 14 Sud et la future
01:08ligne 15 Sud,
01:09donc deux lignes nouvelles du Grand Paris Express, et les deux surtout premières lignes de ce réseau à voir le
01:15jour à horizon des quelques années qui viennent.
01:16Cette bataille de ce que l'on a appelé historiquement le métro de banlieue à banlieue, c'est d'abord
01:20une première vertu écologique,
01:23c'est-à-dire rendre possible l'injonction légitime faite par l'histoire de notre société,
01:30qui est de réduire absolument l'empreinte carbone de nos déplacements.
01:32Le deuxième enjeu, il est celui de la vie sociale, économique.
01:36Concevoir la région, non pas avec des pôles de spécialité, à l'ouest on y travaille, à l'est on
01:41y dort,
01:42mais repenser la ville avec une mixité logement, emploi, commerce, services publics, et le réseau de transport va permettre cela.
01:50L'enjeu, c'est effectivement de rapprocher les territoires, petits et grands, riches et moins riches,
01:55d'organiser un rééquilibrage économique et social de la région.
02:08Thierry Dallard, bonjour, merci d'avoir répondu présent à notre invitation.
02:13Vous êtes président du directoire de la société du Grand Paris.
02:17Comment qualifieriez-vous l'ampleur du projet du Grand Paris Express ?
02:20Bonjour, l'ampleur du projet du Grand Paris Express est majeure.
02:25Les mots et les qualificatifs utilisés régulièrement par la presse en son illustration,
02:31ça va réellement modifier les relations territoriales, ça va totalement faire basculer tous ces territoires
02:40dans une autre, dans une donne dynamique, et c'est souvent ce que j'appelle d'ailleurs l'acte 2
02:45du Grand Paris Express,
02:47c'est qu'il y a le métro d'abord, mais il y a aussi toutes ces conséquences d'un
02:49point de vue urbain
02:50qui seront probablement encore beaucoup plus fortes.
02:52Les seuls facteurs qui déterminent la date de mise en service, c'est premièrement les difficultés techniques,
02:59et je range malheureusement le Covid dans les difficultés techniques.
03:02Le deuxième sujet, ce sont les moyens que l'on peut mobiliser sur les chantiers,
03:06et puis le troisième, c'est le côté humain au sens large, c'est-à-dire l'acceptabilité par les
03:11riverains,
03:12et c'est ça qui fait virer le calendrier final.
03:15Sur le projet final, certains déplorent un certain déséquilibre d'aménagement
03:19entre l'est et l'ouest de la région.
03:21Le Grand Paris Express en soi est une des réponses apportées par la puissance publique,
03:27le gouvernement et le Parlement, à la question du déséquilibre.
03:30Alors c'est toute la question de l'interopérabilité, de la multimodalité, des gares,
03:36n'ont pas vocation à être un lieu de convergence de voitures,
03:40n'ont pas vocation à être un lieu de création de méga-parkings pour faire des parkings-relais.
03:46Et donc il faut aussi être modeste dans la conception des aménagements
03:49et garder beaucoup de souplesse pour que ces derniers soient adaptables dans le temps.
03:53Est-ce qu'on peut résumer le Grand Paris à un agrandissement du territoire de la ville capitale ?
03:58C'est plus que ça, je crois.
04:00On n'est pas en train de penser une extension de Paris
04:03où Paris garderait tout son pouvoir de centralité
04:06et où le reste ne serait que le énième arrondissement rajouté à la ville existante.
04:13On est en train de parler d'un territoire
04:15qui représente une fois et demie celui de la capitale
04:19et qui va rentrer dans une logique de pluricentralité,
04:23un autre fonctionnement urbain.
04:27Et ça, c'est absolument révolutionnaire.
04:29Merci beaucoup Thierry Dallard.
04:39Alors, j'ai le plaisir d'accueillir Jacques Baudrier.
04:41Vous êtes administrateur d'Ile-de-France Mobilité
04:44et Marc Pellissier, vous êtes président de l'association des usagers des transports.
04:48Que représente pour vous ce projet
04:49et qu'est-ce que ce Grand Paris Express va changer concrètement
04:53dans la vie des millions d'usagers quotidiens des transports franciliens ?
04:56On voit bien qu'on a un réseau en Ile-de-France
04:59qui a peu bougé depuis la création des RER dans les années 60-70
05:05et on avait un manque de liaisons, notamment de banlieue-banlieue.
05:09C'est un projet qui aurait dû être réalisé il y a 30 ans, en fait.
05:12On a 30 ans de retard.
05:14Ce projet devrait être en service depuis au moins 1990.
05:17Ce projet, c'est une grande victoire pour nous.
05:19Ça fait 16 ans de bataille.
05:20Je tiens à saluer Marc, qui a aussi été de ces batailles,
05:23qui a été une cheville ouvrière de ce projet pendant 15 ans aussi.
05:25Et au début, vraiment, on nous riait au nez parce qu'on disait
05:28« il n'y a pas d'argent ».
05:28Je pourrais dire que c'est vraiment une victoire totale.
05:31Et heureusement pour les usagers, heureusement pour l'Ile-de-France,
05:34heureusement pour les franciliens.
05:35Parce que globalement, l'investissement public en France depuis 15 ans
05:38l'a cessé de baisser du fait de politiques libérales.
05:41Et le seul secteur où il y a eu une augmentation,
05:45c'est les transports en Ile-de-France.
05:46Et c'est grâce à la bataille de beaucoup de gens,
05:48mais beaucoup des élus communistes.
05:49Je me rappelle avoir rédigé un document pour les élus communistes
05:52en Ile-de-France en 2005.
05:54On disait « il faut créer des recettes dédiées de l'argent
05:56qui va directement au transport ».
05:58Et c'est ce qu'on a fait, ce qui a permis de multiplier
06:01par 30 les investissements.
06:02Là, c'est les plus riches qui ont payé.
06:04Et ça a permis de multiplier par 30 les investissements.
06:06Vous avez une inquiétude quant à l'ouverture de ces nouvelles lignes ?
06:10Certes, il y a un certain nombre de chantiers
06:13qui sont en place depuis plusieurs années.
06:16Mais on a malgré tout des inquiétudes.
06:19Parce qu'on sait que ce sont des chantiers
06:23où il y a des aléas techniques.
06:25Et puis, il y avait eu, je dirais, de façon un peu imprudente,
06:28des dates promises de mise en service
06:31qui n'ont cessé de reculer.
06:34– Les calendriers politiques, plus que techniques ?
06:36– Oui, évidemment.
06:39Les mandats des présidents de la République, c'est 5 ans.
06:42Donc voilà, au début du mandat, on a lancé un calendrier.
06:44Puis c'est la dérive, jamais on ne le réactualise.
06:46Donc probablement, ça sera en 2022
06:48qu'on aura un nouveau calendrier.
06:49Parce que je peux vous dire, c'est qu'aujourd'hui,
06:51de façon certaine, la ligne 14 au sud jusqu'à Orly,
06:53on a bon espoir que le calendrier annoncé de 2024 soit respecté.
06:57Moi, je suis plus inquiet sur la ligne 15 au sud,
06:59où 2025 pourrait être dépassé d'un an ou deux.
07:02Et là, je suis encore beaucoup plus inquiet
07:04sur les lignes 15 est ou les lignes 15 ouest
07:07qui vont boucler la ligne.
07:08Il faut que la boucle soit bouclée.
07:10Et là, moi, j'ai bien peur, quand on dit 2030,
07:12j'y crois pas une seconde, que ce soit 2035, voire même 2040.
07:16Et ça, il y a des mesures d'urgence à prendre
07:17parce que ça veut dire 10 ans de plus à attendre.
07:20C'est une catastrophe pour plein de secteurs.
07:21Il faut de la transparence.
07:23La Société du Grand Paris, c'est un conseil de surveillance
07:26présidé par un élu, mais où c'est l'État
07:29qui a l'essentiel des votes et qui décide ce qu'il veut.
07:32Rien n'est public, aucune des déclarations de ce public.
07:34Tout ça, c'est de l'argent public.
07:36On a le métro, c'est bien.
07:37Il y a tout ce qui est autour du métro,
07:40les connexions avec les pistes cyclables,
07:42probablement la possibilité de garer sa voiture
07:44dans des parkings relais,
07:45qui permettent ensuite de prendre les transports en commun.
07:47Est-ce que tout ça fait partie du projet du Grand Paris Express ?
07:50Est-ce que c'est assez avancé, selon vous, Marc Pellissier ?
07:52Alors ça, effectivement, c'est aussi un point d'inquiétude.
07:55C'est-à-dire que la Société du Grand Paris,
07:57son objectif, c'est de construire un métro.
08:00Elle le fait plutôt bien,
08:03mais elle s'occupe assez peu de ce qui se passe autour.
08:07Mais il y a énormément d'intervenants,
08:10énormément, mais malheureusement,
08:12pas les associations d'usagers,
08:15qu'ils soient des transports en commun ou les cyclistes,
08:17nous ne sommes pas invités.
08:18On sent qu'il y a des intérêts contradictoires
08:20et qu'un certain nombre de maires
08:24préfèrent construire peut-être des immeubles
08:27plutôt que de laisser de la place pour les bus ou les vélos.
08:30Je pense que les choses sont encore plus graves
08:31que ce qu'il a décrit.
08:33Parce que là, Valérie Pécresse nous a fait voter un schéma
08:36qui va, par exemple, c'était sur le stationnement vélo,
08:38qui, aujourd'hui, il y a 20 000 places stationnement vélo
08:41auprès des Garniers de France.
08:42C'est ridicule, c'est minable.
08:43Et il en faudrait au moins 10 fois plus.
08:45Et nous a fait voter un schéma avec 140 000 places.
08:48Alors, ce n'est pas 10 fois plus, c'est 7 fois plus en 2030.
08:50Mais le problème, c'est qu'il n'y a aucun des moyens sérieux
08:52pour réaliser cet objectif.
08:53La SGP n'a pas le droit d'apporter assez de financement.
08:57L'île de France Mobilité n'a plus de sous.
08:58Les communes sont exsangues, n'ont plus de sous.
09:00Donc, en gros, là, aujourd'hui, c'est parti
09:02pour que les gares du Grand Paris Express
09:04arrivent autour de Champs-de-Patates.
09:06D'ailleurs, les lignes 14 ont été inaugurées au nord, là.
09:09Il n'y a pas un stationnement vélo autour.
09:11Voilà, c'est nul.
09:12C'est vraiment nul.
09:13Il faudrait y avoir 300 ou 400 places stationnement vélo
09:15auprès de 7 gares.
09:15Marc Félicier, lorsqu'on est usagé d'un transport en commun,
09:18ce qui est très important aussi,
09:19c'est le prix de l'abonnement, le coût.
09:22Certains, dont Jacques Baudrier fait partie,
09:24plaident pour la gratuité des transports en commun.
09:26Quelle est votre position sur cette question ?
09:29Alors, effectivement, le tarif est un des éléments
09:34qui incite ou pas à utiliser les transports.
09:38On l'a vu, il y a un besoin d'investissement important
09:41et pas seulement sur le métro du Grand Paris.
09:44Et donc, c'est vrai que ça nous paraît difficile, en parallèle,
09:47de trouver des financements pour la gratuité.
09:51Et à ce stade, si jamais il y avait transfert modal,
09:54je dirais que ça nous poserait des problèmes supplémentaires
09:57puisque, hors pandémie, on a quand même un réseau très chargé.
10:01Et donc, on voit aussi pas mal d'effets pervers
10:05que pourrait avoir la gratuité.
10:07On peut citer également le risque de transfert
10:09de la marche et du vélo vers les transports en commun
10:12pour des petits trajets.
10:14On a gagné en 2005-2006 la gratuité
10:18pour tous les allocataires du RSA.
10:20Il y a 500 000 personnes qui ont la gratuité,
10:21des personnes à faibles ressources.
10:23On a gagné le pass unique.
10:25On a gagné à Paris, c'est le communiste parisien,
10:27on a gagné la gratuité pour tous les moins de 12 ans
10:29et maintenant tous les moins de 18 ans à Paris.
10:31Et dans le Val-de-Marne, il y a aussi le pass Navigo
10:34imaginaire à demi-tarif.
10:36Donc, on a plein de victoires qui concernent déjà
10:39près de 2 millions de personnes.
10:41Et donc, c'est déjà très important.
10:43Alors, il faut aller plus loin.
10:44Après, je dirais pourquoi je suis pour la gratuité totale à terme.
10:47Mais il faut aller plus loin progressivement.
10:48Je partage l'avis de Marc Pellissier que la gratuité...
10:51Si on a accepté le sujet des financements,
10:53qui est assez facile à régler en Ile-de-France,
10:54parce qu'il y a énormément de richesses,
10:55donc c'est facile de trouver des financements en Ile-de-France.
10:58Mais, excepté le problème des financements,
11:00aujourd'hui, s'il y a la gratuité totale,
11:01il y aura une surcharge complète du réseau hors pandémie,
11:03donc ce n'est pas raisonnable du tout
11:04de le faire tout de suite maintenant.
11:06D'accord.
11:06La gratuité totale, c'est possible que,
11:08quand il y aura le réseau du Grand Paris-XS,
11:09entièrement réalisé en 2030-2035.
11:12Mais, à court terme, ce qu'on va proposer aux élections régionales,
11:14c'est la gratuité pour toutes les personnes à bas revenus,
11:17tous les allocataires des CMU,
11:18donc ça va dans le sens,
11:19et je pense que, sur une mesure comme ça,
11:21on se retrouvera avec l'association des usagers de transport,
11:24c'est la proposition de fait qu'elle émise aussi Marc Pellissier,
11:29et tous les gens aussi à l'AME ou à des niveaux,
11:33donc tous des minima sociaux, faibles ressources,
11:36au-delà de ceux aux RSA.
11:37Et puis, pour tous les jeunes de moins de 25 ans,
11:39parce qu'ils ont aussi massivement très peu de revenus.
11:42Donc voilà, on veut des gratuités pour des...
11:43En gros, les personnes qui ne vont pas dans les gros zones d'emploi
11:46et de bureaux à l'heure de pointe du matin.
11:48Mais après, progressivement, on pense qu'on peut aller
11:50sur la gratuité pour tous.
11:52Alors, pourquoi la gratuité pour tous ?
11:53Déjà, c'est un avantage social essentiel.
11:56Ça pousse à l'utilisation des transports en commun,
11:59c'est très écologiste.
12:00Et on pense que l'effet écolo est encore plus fort
12:03sur les questions d'aménagement.
12:04En contraire, la gratuité, ça pousse les gens
12:06à ne plus avoir de voiture,
12:07mais à habiter près d'endroits de transport en commun.
12:10Donc, c'est la meilleure façon d'avoir une ville
12:11un peu plus compacte.
12:12Marc Pellissier, quand on se place du côté des usagers,
12:15ça fait une différence ou pas, finalement,
12:17d'avoir des opérateurs privés en concurrence
12:18avec l'opérateur public historique ?
12:20Il faut que ça ne soit pas l'occasion
12:22de diminuer le service,
12:24mais peut-être au contraire de proposer des améliorations.
12:28C'est vrai qu'il y a des transporteurs en grande couronne,
12:32à une époque, en tout cas,
12:34dont on aurait souhaité pouvoir les échanger
12:37et on ne pouvait pas.
12:40Quelque part, ça peut être un aiguillon.
12:46Mais nous, en revanche, on est un peu plus réservé
12:50à ce stade sur le ferroviaire,
12:53parce qu'effectivement, la mise en concurrence
12:55dans le ferroviaire, c'est plus complexe,
12:57et on n'a pas beaucoup de retours d'expérience en France.
13:02Il nous semble que le calendrier de Valérie Pécresse
13:04est un peu prématuré.
13:07En tout cas, il va falloir étudier ça de façon très fine
13:10pour ne pas rajouter de la complexité
13:12à notre système ferroviaire qui est déjà complexe.
13:15Il y a déjà eu des mises en concurrence,
13:16cinq ou six réseaux de gants de couronne,
13:18quand on est mis en concurrence.
13:19Il faut voir le bilan.
13:20Madame Pécresse l'a appelée Madame Thatcher Pécresse
13:22lors du dernier conseil d'Ideo France Mobilité,
13:23parce que là, elle est de droite.
13:26Ce n'est pas une surprise,
13:27mais là, ça devient une droite ultra-libérale,
13:29c'est une dérive complète.
13:29On nous disait que ça allait être l'occasion
13:31d'améliorer l'information aux voyageurs,
13:33la qualité de service,
13:34toutes les demandes justifiées et légitimes
13:36des associations d'usagers et des usagers.
13:38La vraie vie, c'est quoi ?
13:39C'est que systématiquement,
13:41ceux qui ont remporté l'appel d'offres,
13:42c'est les mêmes entreprises,
13:43mais qu'elles ont baissé les coûts.
13:45Donc, c'est du dumping social.
13:46Donc, aujourd'hui, la mise en concurrence des bus
13:48en grande couronne, c'est ça,
13:49ce que fait Valérie Pécresse.
13:50C'est des gens moins payés, moins de bus.
13:52Pour le réseau ferroviaire,
13:53c'est déjà compliqué sur un réseau ultra-dense
13:56avec des trains qui se suivent les uns après les autres.
13:58Comment envisager qu'avec 8-10 opérateurs différents
14:03et des opérateurs différents
14:04qui auront des trains sur les mêmes voies,
14:06sur les mêmes rails,
14:07il y aura un jour, à un moment,
14:08la ligne D, puis la ligne R,
14:10ou la ligne E, puis la ligne J,
14:13qui vont être deux opérateurs concurrents.
14:16Ils n'auront pas intérêt à assurer
14:18un service homogène pour les usagers.
14:19Ils auront intérêt à se piquer les usagers
14:21et comment réguler quand il y a des pannes, etc.,
14:24quand le réseau dysfonctionne,
14:26qui est malheureusement assez courant,
14:27tout ça va créer un merdier pas possible.
14:29On est en train de démolir
14:30et la RATP et la SNCF.
14:31Comment vous rêvez la mobilité de demain dans la région ?
14:34Il y a encore beaucoup de besoins
14:35sur le reste du réseau.
14:37Il y a des sites prop bus,
14:40des TN, comme on les appelle,
14:42qui manquent de crédit.
14:43Il y a des projets de tramway,
14:45des prolongements de tram-train.
14:46Puis il y a surtout
14:48tout notre réseau RER transilien
14:50qui a aussi des besoins d'investissement.
14:53On a l'impression qu'aujourd'hui,
14:54on n'avance pas sur tous ces sujets
14:56de façon vraiment décidée.
15:00Et le risque qu'on a,
15:02c'est de voir dans 10 ans
15:06une bonne partie du grand Paris Express,
15:08mais connecter avec des lignes
15:09qui fonctionnent encore mal.
15:11Aujourd'hui, on estime
15:12qu'il y a 6 000 à 8 000 morts par an
15:14du fait de la pollution de l'air.
15:15Beaucoup du fait des voitures.
15:17Ce qu'on pense, c'est que l'essentiel,
15:18c'est de baisser de façon assez conséquente
15:21la part de la voiture.
15:22Ça passe parce qu'il y a une augmentation
15:24très forte de la part des transports en commun
15:25qui commence à progresser
15:27avec toutes nos nouvelles infrastructures,
15:29le pass sudique, etc.
15:30Il faut encore aller beaucoup plus loin,
15:31encore 50 % de plus
15:33de déplacements en transport en commun.
15:34Et puis on pense aussi
15:35qu'il y a les 10, 20 prochaines années,
15:38ça va être vraiment la révolution du vélo.
15:40On ne voit que ce n'est qu'un début.
15:42On pense qu'avec le vélo assistance électrique,
15:44en particulier, le vélo qui aujourd'hui
15:46fait 2 % des placements,
15:48ça pourra être multiplié par 5, 10
15:49et devenir un peu comme Paris
15:52est une ville très dense,
15:53c'est-à-dire un peu comme Copenhague
15:54ou Amsterdam.
15:55Donc on pense qu'il faut investir
15:56beaucoup plus que ce qu'on le fait actuellement
15:58pour les aménagements cyclables.
15:59Je suis conseiller délégué
16:01de la métropole du Grand Paris
16:02aux aménagements cyclables.
16:03On va bientôt sortir un plan vélo métropolitain,
16:05d'ailleurs, au début de l'année 2021.
16:08Et il faut beaucoup investir aussi
16:10pour le stationnement vélo.
16:11Donc on pense que l'axe,
16:14avec les transports en commun,
16:15sans opposer aux transports en commun,
16:16et souvent en intermodalité,
16:18vélo-transport en commun,
16:19il y a beaucoup de trajets qui utilisent les deux.
16:21Au Pays-Bas, 50 % des trajets en train,
16:24les gens arrivent à la gare en vélo.
16:25Donc voilà, ce n'est pas le vélo contre le métro,
16:27c'est le vélo et le métro.
16:29Donc on pense que la grande révolution est là,
16:30et malgré, moi je suis élu à Paris,
16:33je coordonne les travaux sur l'espace-lui,
16:34qu'on fait plein de coronapistes,
16:35on est très volontariste,
16:36mais il y a un manque de financement,
16:38il faudrait encore quelques centaines de millions d'euros
16:41de plus par an pour le vélo,
16:42et pour l'instant, on est en dessous de la demande
16:46justifiée des franciliens,
16:47et c'est pour nous la révolution principale
16:50dans les mobilités en Ile-de-France,
16:51et ça fait au moins plus de 10 ans
16:53qu'on dit qu'il faudrait que ce soit ça,
16:54c'est en train d'arriver,
16:56et il faut qu'on se batte pour ça,
16:57et moi je suis pour vraiment qu'il y ait une convergence
16:58des associations d'usagers,
17:00des associations de cyclistes,
17:01parce que leurs batailles sont les mêmes.
17:04Merci beaucoup à tous les deux,
17:05merci vraiment d'avoir répondu présent
17:06à ce débat autour des mobilités
17:09et du Grand Paris.
17:10Merci beaucoup, bonne fin de journée.
17:12Sous-titrage Société Radio-Canada
17:18...

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