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  • il y a 19 heures
Niki Demiller, lauréat du Grand Zebrock 2009, nous raconte avec émotion la violence de son parcours professionnel, qu'il lie avec une belle interprétation du titre "Il ne rentre pas ce soir" d'Eddy Mitchell.

7 artistes du Grand Zebrock se prêtent au jeu des reprises et réinterprètent des chansons du répertoire français. De « l’aigle noir » de Barbara à « Macumba » de Jean-Pierre Mader, en passant par « Il ne rentre pas ce soir » d’Eddy Mitchell, autant de tubes qui ont marqué leur époque.

Et auxquels l’Humanité à consacré une série d’articles cet été, "On connaît la chanson, pas les paroles", à retrouver ici : https://www.humanite.fr/etiquettes/connait-la-chanson-pas-les-paroles

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Transcription
00:00Niki de Miller, bonjour.
00:02Bonjour.
00:02Donc, vous, vous êtes lauréat 2009 du Grand Zébrock
00:06et vous avez même été sur la scène Zébrock, la fête de l'Humain 2019.
00:11On va commencer par faire une petite carte d'identité.
00:14Oui.
00:14Pour les gens qui ne vous connaîtraient pas encore, d'où venez-vous, Niki de Miller ?
00:19Je suis originaire de Bordeaux, je vis en région parisienne.
00:23Voilà.
00:24D'accord, et vous avez commencé à faire de la musique à Bordeaux, à Paris ?
00:27Vous pouvez nous raconter un petit peu les débuts ?
00:28J'ai commencé la musique dans le Val de Marne, en 1994, à Champigny-sur-Marne,
00:34lorsque j'avais 14 ans.
00:36J'avais un groupe qui s'appelait Les Bratz, qui faisait partie du mouvement des Baby Rockers,
00:40avec lequel on a fait beaucoup de concerts avant la majorité.
00:44Et voilà.
00:46Ensuite, on a fait la première partie d'Iggy Pop quand j'avais 17 ans.
00:49Et ça m'a dégoûté du monde de la musique et du show business.
00:52Donc, j'ai complètement arrêté la musique pendant 10 ans ensuite.
00:55Et puis après, vous avez repris.
00:56Et là, je reprends depuis 5-6 ans, via la musique de cinéma surtout,
01:01et via ce projet que je défends, mon premier album en fait, à ce moment.
01:05D'accord, un solo.
01:06Donc, j'ai lu sur votre profil Facebook que vous faisiez du blues du tertiaire.
01:13Alors, le tertiaire, il faut comprendre le secteur d'activité, pas à l'époque, je suppose.
01:16Est-ce que vous pourriez un petit peu nous expliquer ce que c'est que vous êtes le tertiaire ?
01:20Alors, en fait, comme je le disais, à 17 ans, j'arrête la musique et je prends un boulot.
01:26Et je me mets à travailler sur les bases de données dans une entreprise dans la publicité et l'événementiel.
01:33Mais je suis resté 10 ans.
01:35Et du coup, ces 10 années en boîte, d'abord au service base de données,
01:39et ensuite au service commercial, je suis devenu VRP après pendant 5 ans,
01:43j'ai sillonné l'Île-de-France en Autolib.
01:45Ça a l'air de vous passionner !
01:47Oui, c'était pas passionnant, mais justement, je tenais à raconter d'un point de vue artistique
01:52quelque chose qui n'a absolument rien d'artistique, à savoir cette vie-là.
01:55Alors justement, bon là, ça se voit maintenant, ça se lit, ça s'entend dans vos textes, dans votre musique.
02:02Tout ça souligne une certaine violence, on va dire, de la société moderne.
02:08Donc c'est votre aventure professionnelle, ces années passées à la Défense, autour de la Défense,
02:13si j'ai bien compris, cette prison pour cadre sup, un petit peu, qui a guidé...
02:19Est-ce que c'est ça qui a guidé votre choix de ce soir ?
02:22Vous pensez que la chanson d'Eddie Mitchell, il ne rentre pas ce soir, vous allez nous interpréter,
02:27vous pensez qu'elle est toujours à l'actualité ?
02:29Ah ouais, complètement, ouais, ouais.
02:31Lorsque j'étais en entreprise, et c'est un peu ce que je vais raconter dans mon album
02:35et dans l'autre titre que je vais chanter ce soir,
02:38j'ai été formé par des gens qui bossaient dans la boîte depuis 20 ans
02:41et qui, à la fin, ont été licenciés.
02:44Et moi, j'ai formé le call center qui les a remplacés.
02:47D'accord.
02:48Et c'est à ce moment-là que j'ai arrêté de travailler dans la boîte
02:50parce que j'étais en burn-out et en dépression.
02:53Et c'est l'histoire de « Il ne rentre pas ce soir ».
02:55C'est vrai que c'est toute cette histoire un peu d'aliénation
02:58où l'individu se retrouve écrasé par sa fonction dans la boîte
03:04et n'arrive pas à exister en dehors de ça.
03:06Ouais, ouais, cette chanson me parle beaucoup.
03:08Alors, c'est des thèmes qu'on développe pas mal chez nous,
03:12que ce soit dans les colonnes du journal ou à la fête de l'humain.
03:15Ce sont des thématiques aussi qu'on retrouve beaucoup à la fête de l'humanité.
03:18Vous, ce n'est pas la première fois que vous y jouez.
03:21Quelle signification a cette fête pour vous, même sous cette forme ?
03:24La fête de l'humanité, c'est unique.
03:27Moi, je suis un fidèle de la fête de l'humain depuis 10 ans, je crois.
03:31J'ai fait la fête avec mon meilleur ami chaque année.
03:35C'est unique, quoi.
03:37Je ne sais pas, même sur le plan international.
03:39Je ne sais pas s'il y a d'autres rassemblements populaires comme ça
03:42où on peut rencontrer des gens qui viennent de toute la France,
03:45s'échanger, boire un coup et puis manger du chèvre frais.
03:51Moi, j'adore.
03:52J'y vais chaque année.
03:53Un amateur de chèvre frais.
03:55Oui, oui, oui.
03:56Outre « Il ne rentre pas ce soir », vous nous disiez.
03:59Donc, vous alliez interpréter un autre titre.
04:00Vous pouvez nous en dire un petit peu plus ?
04:02Absolument.
04:03Cette autre chanson s'appelle justement « Call Center »
04:05et raconte une conversation fictive entre un cadre du réseau d'Île-de-France
04:15et un agent de Call Center basé au Maghreb.
04:18Parce que voilà, moi, c'est vrai que par mon boulot,
04:20je me suis retrouvé là-bas à former un plateau entier de Tunisiens.
04:25C'était vraiment un truc hyper bizarre à vivre.
04:29C'est des gens qui nous appellent parfois pour nous vendre des solutions viagées.
04:32C'est complètement à côté de la plaque.
04:34Et en même temps, c'est des gens qui sont au bout du téléphone.
04:37C'est de ça que parle l'autre chanson que je vais chanter.
04:39Je vais vous demander, pour aborder notre dernière séquence,
04:42de choisir entre ces cartes et de répondre à la question qui est inscrite au dos.
04:51La personne qui a cru en toi.
04:53Waouh, c'est chaud ça.
04:55Alors, quelqu'un qui vous aurait mis le pied à l'étrier en musique,
04:58quelqu'un qui vous aurait confié...
05:02Ma mère.
05:04C'est toujours bien d'avoir le soutien des proches.
05:07Non, honnêtement, c'est vrai que la musique, comme pas mal de disciplines artistiques,
05:11c'est des chemins de longue haleine.
05:13Moi, j'ai commencé à 14 ans, j'en ai 32 maintenant.
05:16Je ne suis pas vieux, mais ça fait déjà un moment que j'essaye de faire de la musique.
05:19Et je suis intermittent depuis un an seulement.
05:22Donc, c'est vrai que d'avoir un soutien familial, ça change tout.
05:25Donc, ouais, je suis ma mère.
05:26D'accord, c'est bien.
05:28Votre actualité, Andomo, est-ce qu'il y a un album de préparation ?
05:32Vous êtes en train de travailler en ce moment ?
05:33Oui, mon premier album qui s'intitulera Autopsie de l'homme qui voulait vivre sa vie.
05:38Et donc, c'est une compilation de chansons qui parlent du milieu du tertiaire.
05:42Sortira en mars.
05:43On se produira, si tout va bien, et si Godzilla ne sort pas de terre d'ici là,
05:48on se sortira le disque avec un concert au point éphémère le 18 mars 2021.
05:56Et le premier single sort en octobre pour le MAMA Festival.
06:00D'accord.
06:00En attendant, on se retrouve là-bas.
06:02Donc, on va vous retrouver sur scène tout à l'heure.
06:04Oui, ça fait plaisir de rejouer.
06:06Ça fait longtemps et ça va faire vraiment du bien.
06:08Bon, on attend avec impatience.
06:10Merci beaucoup, Miki de Miner.

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