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  • il y a 2 semaines
En direct, Gilles Perret, réalisateur entre autres films des « Jours heureux » et de « la Sociale », engagé depuis 2007 pour faire connaître l’action du Conseil National de la Résistance (CNR), réagit aux propos d'Emmanuel Macron : "Nous retrouverons les Jours Heureux".

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Transcription
00:00Gilles Perret, bonjour.
00:01Bonjour.
00:02Alors, merci de nous accueillir chez vous.
00:05On est où exactement là ?
00:08Dans le plus beau village du monde.
00:09Tiens, si, c'est un petit amour.
00:12On est 60 habitants.
00:12C'est là où je suis né, en fait, et où j'ai tout le temps vécu.
00:15Donc, c'est en Haute-Savoie, dans la vallée du Gifre,
00:20du côté de, pour ceux qui connaissent,
00:22Samoins, Légers, par là, quoi.
00:24Alors, derrière vous, c'est une photo de la montagne,
00:27c'est ça, qu'on aperçoit ?
00:29Oui, c'est une photo de montagne qui est prise dans la cible du Mont-Blanc.
00:32Mes premiers films, d'ailleurs, étaient des films de montagne.
00:34J'ai commencé plutôt comme ça, sur des films d'alpinisme et d'escalade.
00:38Et vous avez commencé à faire des films aussi dans votre village,
00:41très proche de chez vous ?
00:42Oui, mon premier film long, c'était en documentaire.
00:48Avant, je faisais plutôt de l'actualité ou du magazine.
00:51Et puis là, j'avais décidé de filmer mes voisins sur un an.
00:55Trois frères agriculteurs à côté de qui j'ai grandi.
00:58J'étais sur des tracteurs avec eux quand j'étais tout petit
01:00et qui étaient en train de passer la main
01:02avec un regard très lucide sur leur vie
01:03qui a été un succès économique
01:05parce qu'on est dans une zone...
01:07Bon, déjà, c'était des gros travailleurs,
01:09mais on est dans une zone reblochon, zone d'AOC,
01:11donc où il y a une plus-value quand même sur les produits.
01:14Mais qui était un échec sur le plan humain
01:16parce qu'ils sont restés célibataires,
01:17ils sont restés dans la même maison.
01:19Et voilà, ce film m'avait été primé dans pas mal de festivals.
01:22Et du coup, c'est ce film-là qui m'a permis
01:24de faire des suivants, en fait.
01:26Alors là, on était en quelle année ?
01:292000, à peu près.
01:311999, je crois qu'il est sorti.
01:33Avec l'idée, en fait, que finalement,
01:35on n'est pas obligé d'aller à l'autre bout de la planète
01:36pour trouver des gens intéressants
01:38et qu'en regardant un peu ce que mes voisins ont à raconter,
01:42on raconte aussi un peu l'histoire du monde
01:45sur des façons de vivre,
01:47sur des histoires économiques,
01:48mais aussi sur de belles histoires humaines.
01:50Du local au global, en fait.
01:52Le local nous éclaire sur le global.
01:55Ouais, ouais, moi j'aime bien.
01:56Enfin, j'ai souvent...
01:58Mes films parlent souvent du village
02:00ou en tout cas de la région où j'habite.
02:01C'était vrai pour ma mondialisation,
02:03pour la sociale, pour Walter,
02:05évidemment, qui était un voisin.
02:06Walter, avec une résistance.
02:08J'ai travaillé avec John Berger,
02:09qui est quelqu'un...
02:10Je pense à l'humanité,
02:11il y a des gens qui connaissent,
02:13mais c'était mon voisin
02:15puisqu'il est décédé il y a deux ans.
02:18Et puis en fait, en disant,
02:19finalement, dans mon coin, je connais,
02:21je raconte pas trop de conneries.
02:22Donc autant essayer de...
02:26Puis on a moins le droit à l'erreur
02:27qu'on travaille sur notre territoire
02:28parce que finalement,
02:29si on raconte des bêtises
02:30ou si on arrange un peu la réalité,
02:32les voisins nous font vite remarquer.
02:34Alors justement, ça me permet de rebondir.
02:36Arranger la réalité.
02:38Bon, on vous contacte évidemment
02:40parce que...
02:40Enfin, notamment,
02:41en réaction aux annonces faites
02:45et aux discours
02:46faits par Emmanuel Macron lundi soir
02:48où il convoque
02:49le Conseil national de la résistance
02:52en parlant, en évoquant
02:53les jours heureux.
02:54Alors, vous avez réagi dans la presse
02:55depuis.
02:57Évidemment, c'est une citation
03:00qui n'est pas passée inaperçue.
03:02Emmanuel Macron dit
03:03« Nous retrouverons les jours heureux ».
03:05Alors, qu'est-ce que ça vous évoque ?
03:08L'a-t-il fait sans savoir de quoi il parlait ?
03:12Et est-il légitime pour convoquer les jours heureux ?
03:17La réponse est un peu dans la question.
03:20Je pense que quelqu'un comme lui
03:21ne peut pas ignorer
03:23le titre du programme du Conseil national de la résistance,
03:25d'autant qu'on l'a quand même bien remis
03:27sur le devant de la scène ces dernières années.
03:29Donc, je ne pense pas qu'il le fasse par hasard.
03:31Après, je pense que...
03:33Je pense qu'il l'évoque de la manière
03:35dont les centristes,
03:37ou en tout cas les gens
03:39qui aiment bien l'histoire,
03:41mais qui l'ont dépolitisé,
03:42la racontent.
03:43C'est-à-dire que finalement,
03:45les jours heureux,
03:45le CNR,
03:46c'est une belle histoire de notre vie.
03:48Donc, c'est plutôt glorifiant
03:49de mentionner la résistance.
03:51Et donc, du coup,
03:52lui, il le mentionne plutôt sur le côté...
03:54Vous voyez, il y avait l'Union nationale,
03:56tous les partis politiques étaient autour de la table,
03:58tous les syndicats,
03:59tous les mouvements.
04:00Donc, finalement,
04:01tout le monde était copain,
04:02puis finalement,
04:03quand tout le monde est copain,
04:04on arrive à écrire un programme sympathique.
04:06Sauf que l'histoire du Conseil national
04:08de la résistance,
04:08ce n'est pas ça du tout.
04:09C'est une grosse histoire
04:10de rapports de force,
04:11de batailles,
04:12y compris armées,
04:14de luttes armées,
04:14notamment par les communistes,
04:17principalement par les communistes
04:18sur le sol français,
04:19qui fait qu'ils sont légitimes
04:21et ils sont forts
04:22dans la négociation
04:23autour de la table du CNR
04:24pour finalement arriver
04:26à faire signer des gens
04:27qui sont plutôt placés à droite,
04:29même si c'était difficile
04:30de trouver des gens de droite
04:31pour appartenir au Conseil national
04:33de la résistance
04:33puisque la droite avait collaboré
04:36très majoritairement.
04:38Et donc, du coup,
04:38finalement,
04:39le rapport de force fait
04:40qu'à la lecture,
04:42au regard d'aujourd'hui,
04:43ce programme est un programme
04:45qui serait classé quasiment
04:46à l'extrême gauche.
04:47Donc, c'est une histoire
04:48de bataille et de rapports de force
04:49et aussi de bataille armées.
04:52Il faut le répéter,
04:53c'est pas...
04:54S'il n'y avait pas eu
04:54la bataille sur le sol français,
04:56jamais on n'aurait pu signer
04:57et mettre en application
04:58en grande partie
05:00en tout cas un programme
05:01de ce type.
05:02Donc, il y a deux possibilités.
05:04Soit, voilà,
05:05on peut dire
05:05qu'il est vraiment naïf
05:06et puis finalement,
05:07le titre
05:08« Les jours heureux »,
05:08ça peut être sympa
05:09parce que c'est joli
05:10et c'est porteur d'espoir.
05:12Et puis, voilà,
05:13je ne crois pas
05:14à cette solution-là.
05:14Je pense plutôt
05:15qu'il le mentionne
05:16avec la méconnaissance
05:18du rapport de force
05:19ou en tout cas
05:20en voulant essayer
05:20de se grandir
05:21et Dieu sait
05:22s'il en a besoin.
05:23Dieu, je ne sais pas
05:24s'il y a quelque chose
05:26là-dedans,
05:26mais en tout cas,
05:26il en a peut-être besoin
05:27et c'est vrai
05:28que mentionner la résistance,
05:29c'est toujours bien.
05:30Alors, une de vos réactions,
05:32ça a été tout de suite
05:32de lui envoyer
05:33votre film
05:34« Les jours heureux »
05:36par courrier.
05:38Alors, c'était
05:39une manière
05:39de le prendre au mot
05:41et de lui dire
05:41« Chiche, vous voulez
05:43« Les jours heureux »
05:43mais voici ce qu'il faut faire.
05:45Alors, qu'est-ce
05:45qu'il faudrait faire
05:46pour « Les jours heureux » ? »
05:49Ben, non, mais
05:50oui, oui, c'était ça.
05:51C'était de dire
05:51« Bon, ben, allons-y,
05:52puisque vous le mentionnez,
05:54allez-y, référez-vous
05:57au CNR.
05:58Et en fait, finalement,
05:59globalement,
05:59qu'est-ce que ça voudrait dire ?
06:01c'est faire une politique
06:02qui est à 180 degrés
06:03l'inverse de ce qu'il a fait
06:04depuis qu'il est au pouvoir.
06:06C'est-à-dire qu'on a
06:07le président le plus libéral
06:09qui soit,
06:10qui a détruit...
06:11Bien sûr que les autres
06:11s'y sont attachés
06:12depuis le début
06:13des années 80,
06:14mais enfin,
06:14Macron a donné
06:15un coup d'accélérateur,
06:16d'autant plus
06:16qu'il était ministre
06:17de l'économie
06:18sous le mandat de Hollande.
06:20Et en fait,
06:21sa vision est complètement
06:22l'inverse
06:22de celle du CNR
06:24qui voulait
06:25projeter les gens
06:26et installer les gens
06:27dans la sécurité,
06:28la sécurité sociale,
06:29si on pense à ce que ça veut dire,
06:31et puis aussi
06:31d'organiser,
06:33remettre l'État
06:34au centre des décisions.
06:36C'est-à-dire que c'est le peuple
06:37avec ses représentants
06:38et l'État
06:39qui devait maîtriser
06:40les grands secteurs
06:41de l'économie,
06:42qui devait reprendre la main
06:44sur les questions
06:45de liberté,
06:46sur les grandes questions
06:47qui nous préoccupent.
06:48Et on voit bien
06:49que Macron, lui,
06:50n'a fait que détruire,
06:51détricoter,
06:52détruire tout ça.
06:53Et donc,
06:54c'était pas légitime.
06:55Et pour répondre
06:56plus précisément
06:57à votre question,
06:58je pense qu'aujourd'hui,
06:59visiblement,
06:59même Macron,
07:00parce qu'en fait,
07:01on dit,
07:02ça nous surprend
07:02qu'il ait mentionné
07:03les jours heureux
07:03à la fin de son discours.
07:04Mais si on ferme les yeux
07:05et qu'on écoutait son discours,
07:07finalement,
07:07c'était l'avenir en commun.
07:12Et donc, du coup,
07:13pourquoi pas citer
07:13les jours heureux
07:14à la fin ?
07:15Donc, ça veut dire
07:17redonner du pouvoir
07:18à l'État
07:19et tout ça,
07:19mais il a juste fait l'inverse
07:21pendant trois ans.
07:22Alors, quand Macron dit
07:24« Je vais me réinventer,
07:26il faut se réinventer »,
07:28jusqu'où pensez-vous
07:30que la sincérité
07:31de sa volonté
07:33est exacte
07:34ou c'est juste
07:35de la rhétorique ?
07:37Se réinventer aujourd'hui
07:38en 2020
07:38pour sortir de la crise
07:40et construire le monde
07:41d'après,
07:42qu'est-ce que ça nécessiterait
07:43en réalité ?
07:46On voit bien
07:46que c'est ce qui était
07:48déjà dans le programme
07:49du CNR,
07:49mais qui était déjà
07:50une préoccupation
07:51en 1936,
07:52qui était déjà
07:52une préoccupation
07:53à la Révolution,
07:54c'est qu'il y a des secteurs
07:55de l'économie
07:56qui doivent échapper
07:56au marché,
07:57il y a la finance
07:58qui doit être bridée.
07:59Dans le programme du CNR,
08:00c'était clairement dit
08:01que les féodalités économiques
08:03devaient être écartées
08:04du pouvoir politique.
08:06On voit à quel point
08:07le monde de Macron,
08:08à quel point
08:08les passerelles
08:09et les passages
08:10du privé au public
08:11et le copinage
08:12avec tous les grands groupes
08:13et tous les multimilliardaires
08:16étaient encore omniprésents.
08:19Donc, aujourd'hui,
08:20ça veut dire effectivement
08:22sortir du marché
08:23certains secteurs,
08:24reprendre la main
08:24sur la finance,
08:25sur un secteur
08:26qui vous préoccupe,
08:27la presse.
08:28Le programme du CNR
08:29me disait
08:30qu'il fallait séparer
08:30la presse
08:31des pouvoirs d'argent
08:32à l'époque,
08:33des forces de l'argent.
08:34On voit bien
08:35dans quel état
08:36on est aujourd'hui.
08:37Donc, pas besoin
08:39de faire un tableau.
08:41Donc, je pense
08:41que ces décisions-là
08:43reviennent
08:43à l'heure du jour
08:44et je crois
08:44qu'on peut lui accorder
08:46le crédit
08:47que même des macronistes,
08:48même des gens comme lui,
08:50en fait,
08:50ils savent
08:51qu'il va falloir passer par là
08:52parce que les problèmes
08:54environnementaux,
08:54les problèmes
08:55d'inégalité sociale,
08:56ça va péter
08:57à la figure
08:58de tout le monde
08:59mais à eux aussi.
08:59Donc, du coup,
09:00on sait bien
09:01que si on veut donner
09:01un petit peu
09:02d'espérance,
09:04des jours heureux,
09:04il va falloir organiser
09:05le partage,
09:06il va falloir organiser
09:08la question
09:09de la tranquillité sociale
09:10et puis surtout
09:11se peut occuper
09:12largement des questions
09:13environnementales.
09:14Donc, ça,
09:15ça ne peut se faire
09:15que par la force publique.
09:17Il ne faut pas compter
09:18sur la bonne conscience
09:19des individus
09:20en fermant l'eau du robinet
09:21et puis en se lavant les dents
09:23et puis que la société
09:24va s'arranger comme ça.
09:25Donc, du coup,
09:26je crois qu'inconsciemment,
09:27tout le monde le sait,
09:28sauf qu'il y a trop de gens
09:28qui ont des choses à perdre
09:29et puis finalement,
09:31ce n'est pas très confortable
09:32de remettre en cause
09:33ce qui nous a mené,
09:36nourri et grassement
09:38nourri pour certains.
09:39Alors, depuis 2007,
09:41vous êtes engagé
09:42pour la mémoire
09:43du travail du CNR
09:45et pour faire connaître
09:46cette histoire-là.
09:47Vous ne l'avez pas fait
09:48simplement, j'imagine,
09:50dans un souci mémoriel,
09:51mais parce que vous aviez
09:53le sentiment que c'était
09:54au cœur des enjeux
09:56de notre époque,
09:57de 2020,
09:58que de se replonger
10:00dans ce contexte-là,
10:01dans cette histoire-là
10:02et que quelque part,
10:05des choses du CNR
10:06se jouaient encore aujourd'hui,
10:08c'est ça ?
10:09Bien sûr, oui, oui.
10:10Je ne sais pas
10:11ce qu'il en est de votre côté,
10:13mais en tout cas,
10:14moi, quand j'ai découvert
10:14ce programme du CNR,
10:16j'étais abasourni.
10:18C'est-à-dire que
10:21je ne m'étais pas imaginé
10:22que les résistants
10:23pouvaient avoir
10:24une pensée politique,
10:25en gros,
10:25si je caricature.
10:27Parce qu'on ne m'a pas
10:28raconté l'histoire comme ça,
10:29c'est-à-dire que
10:29quand on m'a parlé
10:30de la résistance,
10:31on nous a toujours parlé,
10:32en plus,
10:33en Haute-Savoie,
10:34où on est une terre
10:35de résistance,
10:36une collaboration
10:36beaucoup au début
10:37de la guerre,
10:38mais de résistance
10:39sur la faim,
10:41eh bien,
10:42on nous parlait
10:42des héros,
10:43de ces hommes,
10:45principalement,
10:46même si, évidemment,
10:46il y avait beaucoup
10:47de femmes dans la résistance,
10:48mais on parlait
10:48beaucoup des hommes
10:49qui avaient pris
10:49des armes
10:50pour se battre
10:52et qui étaient courageux,
10:53mais on ne parlait
10:53que des faits d'armes
10:54et on ne parlait jamais
10:54de la pensée politique.
10:55Pourquoi ils ne les ont pris ?
10:57Donc, du coup,
10:57quand j'ai découvert
10:58ce programme du CNR,
10:59je me suis dit,
10:59mais oui,
10:59bien sûr,
11:00on ne se réveille pas
11:01le matin comme ça,
11:02tout d'un coup,
11:02en disant,
11:02tiens,
11:03je vais prendre un fusil,
11:03mais c'est pas...
11:04Voilà,
11:05c'était la question,
11:05c'est...
11:06OK,
11:06on se débarrasse
11:07de l'occupant,
11:07mais ce qui était brillant
11:08dans le programme du CNR,
11:09c'est de se dire,
11:10qu'est-ce qu'on fait après ?
11:11Et donc là,
11:11on voit toute la pensée politique
11:13qui ne vient pas de nulle part.
11:14Encore une fois,
11:15on n'est pas très loin
11:15de 1936,
11:17mais aussi,
11:18on est aussi là
11:19pour endiguer les phénomènes
11:20qui ont amené
11:20à la catastrophe de 1940.
11:23C'est-à-dire que
11:24les années 30
11:25sont très proches,
11:26la trahison des élites
11:28était monumentale,
11:30abjecte,
11:32la finance avait...
11:33la crise financière
11:35avait engagé
11:36l'ensemble du monde,
11:37la société occidentale
11:38dans le marasme,
11:40donc il fallait reprendre
11:40la main sur la finance.
11:42C'était déjà le règne
11:43des 200 familles
11:44avant,
11:44il faut vous dire
11:45que la concentration
11:46des richesses
11:46était déjà
11:48très, très prononcée,
11:49donc il fallait endiguer ça.
11:50La presse
11:51s'était votrée
11:51dans la collaboration,
11:52mais la honte totale,
11:54donc il fallait
11:55prendre des amendements
11:56sur la presse.
11:57Donc c'est un programme
11:58qui est circonstancié
12:00par rapport
12:00à ce qu'ils ont
12:01de la mémoire.
12:02J'espère que nous,
12:02on en aura aussi
12:03parce que les discours
12:04de Macron
12:05et les bons mots,
12:07je crois que le hashtag
12:08« on n'oubliera pas »
12:09fonctionne bien,
12:09mais je crois que c'est
12:10un vrai, vrai,
12:11vrai gros travail.
12:11Alors moi,
12:12je l'ai fait
12:12avec ce programme du CNR
12:14aussi pour que ça serve
12:16le futur.
12:17Je ne suis pas historien
12:18à la base
12:20et moi,
12:21faire des films
12:21pour faire des films,
12:24c'est bien,
12:24mais moi,
12:25si ça ne sert pas
12:25à quelque chose,
12:27si ça ne sert pas
12:27de sujet de réflexion
12:28et si on n'est pas
12:28dans l'aujourd'hui
12:30et pourquoi pas le demain,
12:31je pense que je ferai autre chose.
12:32Oui,
12:33c'est-à-dire la vraie utilité
12:34de l'histoire,
12:34c'est d'interroger le présent
12:36et d'être subtil
12:37à aujourd'hui.
12:39Oui,
12:40surtout,
12:40c'est toujours
12:41quand on fait
12:42un peu d'histoire sociale
12:43et quand on se replonge
12:44un peu dans ces histoires-là,
12:45on voit à quel point
12:47les lignes d'histoire
12:48ne se renouvellent pas tellement,
12:48finalement.
12:50La réaction
12:50des groupes,
12:51des groupes de pression,
12:53des hommes,
12:53comment ils s'organisent
12:54collectivement ou pas,
12:55quelles opportunités
12:56ils saisissent.
12:58Voilà,
12:58ce n'est pas parce
12:58qu'on est en 1940,
13:011944,
13:011946
13:02qu'on est plus bêtes
13:03qu'aujourd'hui
13:04et qu'on n'a pas
13:05les mêmes instincts,
13:06les mêmes réflexes
13:07qui sont parfois
13:08porteurs d'espoir,
13:09parfois porteurs
13:10de belles choses
13:10collectives,
13:11mais parfois
13:13porteurs d'horreur.
13:15Alors,
13:16on le rappelle,
13:17oui,
13:17tout à fait,
13:18alors on le rappelle,
13:18tout votre travail
13:19dans ce sens-là
13:20a eu un impact énorme
13:21avec beaucoup de diffusion
13:22à travers la France
13:23et des débats,
13:25notamment
13:27les jours heureux,
13:29évidemment,
13:29mais aussi
13:30le film sur
13:31la sociale,
13:32le film sur
13:33la sécurité sociale
13:34et qui réhabilite
13:35d'une certaine manière
13:35tout l'engagement
13:37et tout le travail
13:37d'Ambroise Croizat.
13:40Est-ce que
13:41vous comptez,
13:42alors où vous en êtes
13:43aujourd'hui ?
13:44Est-ce que vous comptez
13:46poursuivre ce travail-là ?
13:47Est-ce que la situation
13:48actuelle vous inspire ?
13:50Est-ce que vous avez
13:50des projets en cours ?
13:52Déjà,
13:53par rapport
13:53à mon travail,
13:55je voudrais associer
13:55aussi tous ceux
13:56avec qui j'ai travaillé,
13:57que ce soit
13:58Michel Etiéran
13:58sur la sociale,
13:59mais aussi...
14:01L'écrivain,
14:01on rappelle que c'est
14:02l'historien
14:03qu'on voit
14:04tout au long du film
14:05et qui aide
14:06à raconter ce récit
14:07et qui vient
14:08de cette histoire-là
14:09puisqu'il est enfant
14:11de femme de ménage
14:13et il dit
14:13grâce à la sociale,
14:14grâce à la sécurité sociale,
14:15je suis ce que je suis
14:16aujourd'hui,
14:17donc je veux le rendre
14:18à Ambroise Croizat.
14:20Oui,
14:20et il est né
14:20dans la même cité
14:21qu'Ambroise Croizat
14:22et c'est vrai
14:22que sans le travail
14:23de Michel Etiéran,
14:24je crois qu'Ambroise Croizat
14:25serait passé un peu
14:26aux oubliettes
14:26aussi de l'histoire.
14:28Mais aussi,
14:28je voudrais juste dire
14:29qu'on a fait un gros travail
14:30quand je dis on,
14:31c'est avec
14:31Citoyens Résistants
14:32d'hier et d'aujourd'hui
14:33qui est l'association
14:34qui organise depuis 2007
14:35les rassemblements
14:36de Plateau-des-Glières
14:37sur cette question
14:38du Conseil National
14:39de la Résistance
14:39et justement
14:40pas dans un but mémoriel
14:41mais dans un but
14:42d'actualisation.
14:43Donc ce sont des rencontres
14:44avec des sociologues,
14:45des économistes,
14:46des philosophes,
14:47des grandes figures
14:48de la Résistance,
14:49des résistants d'aujourd'hui
14:50lanceurs d'alerte
14:51et je crois que tout le travail
14:52qui a été fait
14:53maintenant depuis 2007
14:54puisque c'est devenu
14:54un événement important
14:55a bien contribué
14:57à remettre cette histoire
14:58sur le devant de la scène
14:59et à montrer à quel point
15:00cette histoire doit encore
15:02être présente
15:02et doit éclairer l'avenir.
15:04Donc voilà,
15:05on va continuer
15:06dans ce sens-là.
15:06Alors cette année,
15:07on ne peut pas faire
15:08le rassemblement a priori
15:10puisque c'était prévu
15:11le 29, 30 et 31 mai.
15:14On va préparer quelque chose
15:16quand même
15:17avec nos intervenants
15:18qui étaient prévus
15:18pour faire quelque chose
15:19en ligne
15:20sur ces questions-là
15:21justement sur le jour d'après.
15:23soit les jours heureux
15:24et puis il y a pas mal
15:25d'initiatives
15:26qui se mettent en place
15:26par divers journaux,
15:29divers personnalités
15:30pour voir comment réfléchir
15:31à ces questions-là
15:32en s'inspirant
15:32du Conseil national
15:33de la Résistance
15:34et puis éviter
15:34les escroqueries historiques
15:36et politiques
15:37des Macron et compagnie.
15:39Alors depuis,
15:40vous avez réalisé
15:41d'autres films
15:42et notamment
15:42Je veux du soleil
15:45sur les gilets jaunes.
15:46Vous avez suivi
15:48le député Ruffin
15:50dans ses déplacements
15:53sur les ronds-points
15:54qui donnent la parole
15:56en fait
15:57aux gilets jaunes.
15:58Quels sont
16:00les projets
16:01sur lesquels
16:02vous travaillez aujourd'hui ?
16:04En fait justement
16:05avec François Ruffin
16:07en fait
16:07on se connaît
16:07depuis 2003
16:08ou 2004
16:09on ne se fait pas
16:09une rencontre
16:10uniquement sur les gilets jaunes
16:11et je parle de François
16:13parce qu'en fait
16:14on avait fait
16:14en 2013
16:15ou hier
16:15puisqu'il est venu
16:16assez souvent
16:16à notre rassemblement
16:17déjà à l'époque
16:18on avait fait
16:19un CNR 2.0
16:22qui on avait fait venir
16:23un représentant politique
16:24un représentant syndical
16:25un représentant des mouvements
16:29évidemment plutôt progressistes
16:31et chacun venait
16:32défendre un projet de loi
16:33on s'était projeté
16:34en se disant
16:35voilà on a un gouvernement
16:36issu du Conseil national
16:37de la Résistance
16:37maintenant
16:38on oublie les gilets jaunes
16:39ça va pas
16:40qu'il y a au couloir
16:41qu'il y a au couloir
16:42qu'il y a des mieux
16:43projet de loi
16:43attendez
16:44stop pardon
16:45on a un problème
16:47de son
16:48est-ce que vous pouvez
16:49coucher votre téléphone
16:52je pense qu'il y a
16:53un problème
16:53je pense qu'il y a
16:55ah oui
16:55je ne sais pas
16:56là ça va mieux
16:58d'accord
16:58alors attendez
16:59je peux peut-être
16:59essayer de bouger un peu
17:02bon c'est les aléas
17:03du direct
17:04on est désolé
17:04vous êtes nombreux
17:05à suivre ce live
17:06on le rappelle
17:07donc on est
17:08avec Gilles Perret
17:09réalisateur notamment
17:10de la sociale
17:11des jours heureux
17:12de je veux du soleil
17:14en direct
17:15depuis sa maison
17:18voilà
17:18ça passe beaucoup mieux
17:19on va pouvoir reprendre
17:20donc j'en profite
17:21pour vous dire
17:22n'hésitez pas à poser vos questions
17:23et aussi à partager ce live
17:24et donc on reprend
17:26donc sur le travail
17:28on n'a jamais travaillé ensemble
17:30mais il est venu souvent
17:31au rassemblement
17:32des Glières
17:32et on avait fait un CNR 2.0
17:35on avait invité
17:36un représentant
17:37de partis politiques
17:37un représentant
17:38de syndicats
17:39un représentant
17:39de mouvements
17:40alors dans la tendance
17:41plutôt gauche
17:43écolo
17:44au sens
17:45assez large
17:46et chacun
17:47était ministre
17:48de ce gouvernement
17:49du conseil national
17:49de la résistance
17:50et venait déposer
17:51le premier projet de loi
17:52qui est si on arrivait
17:54au pouvoir
17:54il allait déposer
17:56devant l'assemblée
17:57et l'assemblée
17:57des spectateurs
17:58qui étaient là
17:59étaient les députés
18:00qui votaient pour ou contre
18:01donc voilà
18:02ce travail là
18:02on avait déjà
18:03un petit peu débuté
18:04et mes projets
18:06du coup
18:06on a un autre projet
18:07avec François Ruffin
18:08suite à Jeveux du Soleil
18:10qui avait quand même été
18:11qui a bien fonctionné
18:12puis qu'on est très content
18:13d'avoir fait ce film là
18:14parce que moi
18:15ça avait son trace
18:16de cette histoire là
18:16et puis donner un peu
18:18d'humanité à ces gens
18:19qui ont été quand même
18:20injustement traînés dans la loup
18:21et traités de tous les noms
18:23et qui étaient déjà
18:25un peu les prémices
18:25de ce qui nous attend
18:27à mon avis
18:27et donc là
18:29on avait
18:29comment débuter
18:30un film
18:32sur sa mission
18:32d'information parlementaire
18:34sur les métiers du lien
18:35donc toutes ces personnes
18:36qui étaient
18:38les riens
18:39vous savez
18:40ceux que Macron
18:41ne voyait pas
18:42et qui aujourd'hui
18:44sont
18:44je ne sais pas comment
18:45il dit
18:45en première ligne
18:46ou sont au front
18:47enfin elles sont devenues
18:48des héros
18:48l'espace d'une semaine
18:49dans sa bouche
18:50et donc du coup
18:51on avait commencé
18:51un film
18:52qu'on va continuer
18:53et donc du coup
18:54la crise actuelle
18:56va rentrer
18:57de plein fouet
18:58dans ce film là
18:58et on est bien dans la tendance
19:01en ce moment
19:02pour remettre
19:02sur le devant de la scène
19:03les gens
19:05qui sont devenus
19:06les héros de la nation
19:07en ce moment
19:08alors ces héros de la nation
19:10ce sont les soignants
19:12et pas seulement
19:13ou ?
19:14oui pas seulement
19:15pour l'instant
19:16nous on était parti
19:16sur les métiers du lien
19:17donc c'est à dire
19:18les gens
19:19qui s'occupent
19:20des personnes âgées
19:21les AESH
19:22qui s'occupent
19:23des enfants handicapés
19:24à l'école
19:25les accompagnements scolaires
19:26enfin tout
19:28les métiers
19:28ce que François
19:29qualifie
19:30de métiers du lien
19:31maintenant c'est vrai
19:32qu'à voir
19:33on s'adapte aussi
19:34à ce qui va se passer
19:35ce qui se passe
19:36mais effectivement
19:36je crois qu'on est
19:37un peu obligé
19:38de profiter
19:40de l'opportunité
19:41et puis d'écouter
19:42ce qui se passe
19:43pour effectivement
19:44remettre
19:46les soignants
19:47les rentiers
19:48tous ceux
19:49qui font fonctionner
19:49l'économie
19:50et qui sont
19:51très actifs
19:52en ce moment
19:52les intégrer peut-être
19:54à cette histoire
19:55mais pour l'instant
19:55on va voir
19:56on s'adapte
19:57un petit peu
19:57à ce qui se passe
19:58alors Monique nous dit
19:59en commentaire
20:00ils sont devenus
20:01les premiers de cordée
20:03c'est ça
20:04voilà
20:05pour le montagnard
20:06que vous êtes
20:07ça doit vous parler
20:08vous qui aimez la montagne
20:09moi les premiers de cordée
20:11ça m'a toujours fait marrer
20:12parce que
20:12je ne sais plus
20:13comment il avait dit
20:13si on jette des pierres
20:14sur le premier de cordée
20:15c'est toute la cordée
20:16qui dévisse
20:17bon voilà
20:18moi ce n'est pas tout à fait
20:19comme ça que je conçois
20:20la cordée en montagne
20:21la cordée c'est parce
20:22qu'on est ensemble
20:23et qu'on monte ensemble
20:25et que le premier de cordée
20:28quand on grimpe
20:29et quand on fait de l'escalade
20:30on peut grimper aussi
20:30en alternance
20:31c'est que le premier grimpe
20:32le deuxième le rejoint
20:33le deuxième grimpe
20:34le premier
20:35enfin vous voyez
20:35donc ça change
20:36les premiers de cordée
20:37mais dans la bouche de Macron
20:38aussi visiblement
20:40donc voilà
20:41en montagne
20:42la solidarité
20:43la solidarité pour le coup
20:44en montagne
20:44est essentielle
20:45oui bien sûr
20:46bien sûr
20:46de toute façon
20:47le premier ne peut pas grimper
20:48s'il n'y a pas de second
20:49donc
20:51et bien
20:51l'économie aussi
20:52donc après
20:53voilà
20:54moi c'est une belle déclaration
20:55de Macron
20:55je crois que l'enjeu
20:56aujourd'hui
20:57c'est la mémoire
20:58c'est il ne faut pas oublier
20:59c'est lui ressortir
21:01son discours
21:01c'est ne rien lâcher
21:03sur leur nullité
21:06dans cette gestion
21:07de la crise
21:07sur ces aléas
21:09et surtout
21:09voilà j'espère
21:10qu'on en tirera
21:11des conclusions
21:12et qu'on aura
21:13de la mémoire
21:13la mémoire
21:14c'est fondamental
21:15c'est fondamental
21:16sur le CNR
21:17mais c'est fondamental
21:17aussi dans cette histoire-là
21:19et eux
21:20leur travail aujourd'hui
21:21on voit bien
21:21que tout leur travail
21:22consiste à effacer
21:23déjà cette mémoire-là
21:24en disant
21:25qu'il faut penser
21:26à l'après
21:26que c'est pas le moment
21:27de discuter
21:28que tout le monde
21:29de l'union nationale
21:30et que les discours
21:33aujourd'hui
21:33hier
21:34c'était déjà
21:35de dire
21:35qu'il n'y avait pas
21:36de problème
21:36à l'hôpital
21:37finalement
21:37l'hôpital est passé
21:38donc du coup
21:39tout le boulot
21:40des macronistes
21:41va être dépassé
21:42ces problèmes-là
21:43dans les semaines qui viennent
21:44dans les mois qui viennent
21:45à nous de les rappeler
21:47et puis à nous de rappeler
21:47les mots forts
21:48qu'il a pu tenir
21:50et qui tiennent ses engagements
21:51là il y a un vrai bel enjeu
21:54et alors votre nouveau film
21:56donc avec François Ruffin
21:58sur les personnes du lien
22:01vous avez commencé à tourner
22:03ou comment ça va se passer
22:04vous allez le faire une fois
22:04le confinement terminé
22:05on a commencé à tourner
22:07il y a longtemps déjà
22:09mais après
22:10bon voilà
22:10pour l'instant
22:11comme c'est un projet
22:11qui se dessine
22:13je ne vais pas en parler
22:14beaucoup plus
22:15il y a un peu de surprise
22:16mais on a déjà commencé
22:17de tourner
22:17bien avant la crise
22:22et puis sinon
22:22j'ai un autre projet
22:23de fiction
22:24pour le coup
22:25je pense que les gens
22:26qui regardent ce live
22:28ne connaissent pas forcément
22:29mon premier film
22:30sorti au cinéma
22:31mais c'était
22:31Ma Mondialisation
22:32c'est une histoire
22:33dans la Vallée de l'Arbre
22:35en bas de chez moi
22:36sur plein d'entreprises
22:37qui travaillent
22:38dans la mécanique de précision
22:40pour l'automobile
22:40donc c'est de l'industrie
22:41plutôt high tech
22:43et c'est une histoire
22:44une fiction
22:45qui parle un petit peu
22:46de constat
22:47que j'avais fait
22:47pendant qu'il avait fait
22:48ce documentaire
22:48Ma Mondialisation
22:49c'est une fiction
22:50qui se met en route
22:52et qui devrait se tourner
22:54normalement
22:54l'an prochain
22:55Alors on a
22:57une question de Patricia
22:58qui nous dit
22:59Gilles
22:59comment voyez-vous
23:00l'avenir proche
23:01le peuple
23:02va-t-il devoir
23:03reprendre le pouvoir
23:04de force
23:04pour éviter la dictature ?
23:08Alors là
23:08on n'est pas couché
23:09ça tombe bien
23:10c'est pas l'heure
23:10d'aller se coucher
23:11mais
23:12bon j'en sais rien
23:13je ne suis pas voyant
23:15tout ce que je sais
23:16c'est que
23:19ça mérite de travailler
23:20en ce moment
23:22les libéraux
23:23s'ils nous ont créé
23:24le monde
23:24qu'ils nous ont créé
23:25c'est parce qu'ils ont
23:25travaillé
23:26et qu'il n'y a pas eu
23:26forcément de force
23:28suffisamment forte
23:29pour contrer
23:30leur idéologie
23:32donc voilà
23:32moi je ne sais pas
23:33ce que ça deviendra
23:34après
23:35il ne faut pas rêver
23:36l'histoire sociale
23:37ce n'est pas
23:37un non-fleuve tranquille
23:38ça ne se fait pas
23:39dans la joie
23:40et la bonne humeur
23:41donc on voit bien
23:42d'ailleurs
23:44moi des gilets jaunes
23:44on était l'incarnation
23:46même
23:47sans casse
23:48sans violence
23:50et sans tout
23:50ce qui s'est passé
23:51il n'y aurait pas eu
23:52mine de rien
23:53Emmanuel Macron a eu peur
23:55il a divaché
23:56quand même quelques milliards
23:56qui ont d'ailleurs
23:57servi à la croissance
23:58de la France
23:59l'année dernière
23:59puisque leur sacro-saint
24:01croissance est important
24:02aussi pour eux
24:03donc on voit bien
24:04que ça ne se passe pas
24:05forcément dans la joie
24:06et la bonne humeur
24:07et qu'il ne va pas
24:08falloir lâcher
24:09après il faut garder
24:10de l'énergie
24:11et c'est vrai
24:11que des occasions
24:13comme ça
24:13et ça c'était la théorie
24:14de Naomi Klein
24:15sur la stratégie du choc
24:16c'est quand même
24:16une occasion rêvée
24:17pour Castaner
24:19Macron
24:19et tout ça
24:20d'expérimenter
24:21des choses
24:21qui sont liberticides
24:24et donc il va falloir
24:25se débarrasser
24:25le plus vite possible
24:26mais ils auraient tort
24:27de se priver
24:28l'occasion est rêvée
24:29donc à nous aussi
24:30encore une fois
24:31là aussi
24:31de ne pas oublier
24:32de ne pas les laisser
24:34faire ce qu'ils veulent
24:36on apprend là
24:37à l'instant
24:38le décès
24:38de l'écrivain chilien
24:39Louis Sepulveda
24:41qui est décédé
24:43donc du Covid-19
24:44est-ce que ça vous inspire
24:47quelque chose
24:48enfin encore
24:49une victime
24:51de plus
24:53de la pandémie mondiale
24:57ouais non
24:57pas plus
24:59que
25:00ma voisine
25:01qui est en train
25:02de décéder
25:02bon voilà
25:04maintenant
25:05honnêtement
25:05je connais pas
25:06l'écrivain chilien
25:07donc
25:07mais
25:08non
25:09après
25:09il y a un côté
25:10quand même
25:11dans cette crise là
25:11qui redonne aussi
25:12un petit peu
25:12d'humanité
25:13dans le sens
25:14où finalement
25:14on est un peu
25:15tous logés
25:15à la même enseigne
25:16et que
25:17qu'on soit
25:18sud-américain
25:20africain
25:22la crainte
25:23de cette pandémie
25:24le rapport
25:26à la mort
25:26et tout ce que ça peut
25:28ça nous rapproche
25:29les uns des autres
25:30après on n'est pas tous
25:31armés
25:32de la même manière
25:33sur l'hôpital
25:34public français
25:35même avec son démantèlement
25:38et les hôpitaux
25:39et le système médical
25:40en Afrique
25:40on n'est pas tout à fait
25:41égaux
25:41c'est sûr
25:42mais en tout cas
25:43le fait d'imaginer
25:44rien que de s'éloigner
25:46de la Terre
25:47et d'imaginer
25:47que la quasi-totalité
25:48de l'humanité
25:49est confinée aujourd'hui
25:50c'est quand même
25:51pas banal
25:52et j'ai l'impression
25:53que ça devrait
25:54nous rapprocher
25:54d'un traitement
25:55Est-ce que justement
25:56cette crise mondiale
25:57totalement inédite
25:59ne va pas
26:01être l'occasion
26:02d'une prise de conscience
26:03d'une remise en question
26:05en tout cas
26:05du modèle
26:06dans lequel on vit aujourd'hui
26:07est-ce que ça peut
26:10porter de l'espoir
26:10dans ce sens là
26:11Ah bah oui
26:12de toute façon
26:13sinon on ne ferait pas
26:13tout ça
26:14s'il n'y a pas d'espoir
26:16on va se coucher
26:17on ne fait rien
26:17on ne se parle pas
26:18ça ne sert à rien
26:18de discuter entre nous
26:19ce matin
26:21donc moi je pense
26:23que c'est des moments
26:24comme ça
26:24qui nous peuvent
26:25accélérer la discussion
26:26mais en même temps
26:27on sait qu'il y a
26:28beaucoup de gens
26:29beaucoup à perdre
26:30dans cette histoire-là
26:31si jamais on met en cause
26:32le fonctionnement
26:33du monde
26:33tel qu'il fonctionne
26:35et donc ça veut dire
26:36qu'en face
26:37pour protéger
26:38les privilèges
26:39et l'organisation
26:39de la société
26:41la répression
26:42et la force
26:42va être là
26:43avec tous les moyens
26:44mis à disposition
26:45et c'était
26:46encore une fois
26:47le cas avec des gilets jaunes
26:48si la police a tapé aussi fort
26:51si Castaner et Macron
26:52ont tapé aussi fort
26:53ont éborgné autant de gens
26:55et il y a eu une telle violence
26:57c'est qu'ils ont eu peur
26:58et que finalement
26:58il y avait un édifice à protéger
27:00et donc du coup
27:01il fallait que la violence
27:02soit là
27:03pour maintenir l'État
27:04donc une violence
27:05et l'État finalement
27:07n'a tenu qu'avec ce pouvoir
27:09macroniste
27:10et la police
27:12pendant un petit moment
27:12donc du coup
27:14on sait bien que
27:17Ambroise Croizat
27:17disait toujours
27:18qu'il faut parler
27:19de conquis sociaux
27:20et pas d'acquis sociaux
27:21on sait bien que
27:21rien n'est jamais gagné
27:23et que c'est une histoire
27:24perpétuelle
27:25de bataille
27:27pour essayer
27:27d'acquérir
27:29des droits nouveaux
27:29et de changer les choses
27:30ça se fait pas
27:31ça se fait pas tout seul
27:32et bien merci
27:33peut-être qu'on peut s'arrêter
27:34sur ces mots d'espoir
27:38juste un dernier commentaire
27:41de Laurence
27:41qui dit
27:42bonjour et merci
27:42le CNR 2.0
27:44super idée
27:45pourquoi ne pas l'élargir
27:46sur Internet
27:48oui ben en fait
27:49j'ai été un petit peu surpris
27:51parce que
27:51c'est ce que je disais
27:52tout à l'heure
27:53en fait
27:54cette idée là
27:55je sais pas
27:56c'est le fait
27:56d'avoir envoyé
27:57des remarques
27:58des choses comme ça
27:59sur les réseaux sociaux
28:00mais il y a beaucoup de gens
28:01qui réfléchissent à ces questions-là
28:02donc effectivement
28:04essayer de grouper
28:05un petit peu
28:05toutes ces forces
28:06tous ces gens
28:07qui ont envie
28:07et qui ont en plus
28:08un peu de temps
28:09en ce moment
28:09pour réfléchir
28:11essayer de grouper
28:12tout ça sur une plateforme
28:14nous on va essayer
28:15d'y contribuer
28:15en tout cas
28:16avec citoyens résistants
28:17d'IRA d'aujourd'hui
28:17et puis des sollicitations
28:18que je peux avoir
28:19par ailleurs
28:20j'ai déjà commencé
28:21à mettre les gens en lien
28:22pour essayer
28:22d'inventer quelque chose
28:25et puis d'avoir
28:26voilà
28:26une envie commune
28:27parce que
28:28c'est pas le tout
28:29d'avoir un programme
28:30et peut-être qu'on peut
28:31finir là-dessus
28:31un programme
28:32on peut l'écrire
28:33tous les matins
28:34parce qu'il va y avoir
28:35des belles idées
28:36c'est bien
28:37mais s'il n'y a pas
28:37le rapport de force
28:38pour l'imposer
28:39on peut en écrire
28:39tous les jours
28:40il ne se passera jamais rien
28:41et la force du Conseil National
28:43de la Résistance
28:43c'est que le programme
28:44est beau
28:45mais c'est surtout
28:46que le rapport de force
28:47a permis de l'installer
28:48et le rapport de force
28:49c'était
28:51les 30%
28:53du parti communiste
28:54aux premières élections
28:55et c'était
28:555 millions
28:56d'adhérents à la CGT
28:57donc du coup
28:58quand on est dans
28:58ce rapport de force là
29:00c'est sûr que
29:01ça change un petit peu
29:02la ligne
29:02donc tout ça
29:03ça s'organise
29:04mon ami Ruffin
29:05dirait
29:06la rue et les urnes
29:08très bien
29:09la rue et les urnes
29:10le rapport de force
29:11et merci beaucoup
29:12pour ce long entretien
29:15on va vous laisser
29:16je crois
29:18repartir
29:18vous occuper
29:19de vos ruches
29:20de vos abeilles
29:20ouais mais j'ai deux ruches
29:26c'est quand même
29:27un joli symbole
29:28aussi les ruches
29:29ouais c'est pas mal
29:30pour prolonger
29:32un petit peu la vie
29:32c'est pas mal
29:34ok bah merci beaucoup
29:35Gilles Perret
29:36puis à très bientôt
29:38merci bonne journée
29:39et puis courage à l'humain
29:41et à toute l'équipe
29:41à bientôt
29:42merci beaucoup
29:43au revoir
29:43au revoir
29:44merci à tous

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