- il y a 12 heures
EN DIRECT - Oakland, Californie. Bernie Sanders en route vers la victoire lors de la primaire démocrate puis face à Trump ?! Le point avec notre envoyé spécial de l'Humanité, Christophe Deroubaix, depuis le QG de Bernie Sanders, avec les militants de la campagne des primaires démocrates.
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00:00:08Bonjour, il est 10 heures du matin, nous sommes à Auckland, en Californie.
00:00:13Vous reconnaissez ces lettres, ces cinq lettres, qui disent un mouvement assez unique et assez historique dans l'histoire politique
00:00:22des Etats-Unis,
00:00:23qui est le mouvement créé autour de Bernie Sanders.
00:00:28Aujourd'hui, nous avons à la veille du Super Tuesday, on va vous expliquer ce qu'est le Super Tuesday.
00:00:34Nous allons vous expliquer aussi les enjeux de ce Super Tuesday.
00:00:38Nous avons choisi d'être en direct de la permanence de Bernie Sanders à Auckland.
00:00:47Alors, on va aussi vous dire pourquoi Auckland, pourquoi la Californie.
00:00:49Mais on va d'abord rentrer un peu dans cette permanence.
00:00:53Je vais vous guider un peu, vous allez voir évidemment plein d'affiches qui vous sont familières.
00:01:00On va prendre le temps, on va se retrouver ensemble pendant peut-être une heure.
00:01:04Là, il y a une réunion.
00:01:06Voilà, on me remercie à Alex, merci à Alex de nous recevoir.
00:01:09Alex, c'est le field organizer, c'est un peu le responsable du bureau ici.
00:01:13Ils ont une réunion.
00:01:14Merci, bonne réunion.
00:01:15Bonne réunion.
00:01:16Merci.
00:01:17Voilà.
00:01:19Donc, je vous fais un peu découvrir les lieux en même temps.
00:01:27Voilà, donc c'est une permanence qui est à Auckland.
00:01:33et c'est la huitième ville de Californie.
00:01:40Alors, en même temps que je suis en direct avec vous, j'essaye de trouver les bonnes fonctions.
00:01:47C'est ma première Facebook live.
00:01:49J'essaye de trouver la fonction où on va se retrouver.
00:01:53Voilà, exactement, c'est ça.
00:01:56Donc, pour que vous me voyez un peu.
00:01:57Bonjour, je suis Christophe de Roubaix, je suis l'envoyé spécial de l'humanité en Californie.
00:02:02On va vous expliquer donc pourquoi l'humanité a décidé d'envoyer quelqu'un en Californie.
00:02:09Nous allons rencontrer des militants qui sont ici, ils sont en train de parler.
00:02:15Ils sont derrière nous.
00:02:17Voilà, ils sont trois, ils seront bientôt quatre.
00:02:20Alors, figurez-vous que lorsque j'ai demandé à Alex la permission de faire le direct depuis Auckland,
00:02:29j'ai demandé si éventuellement quelqu'un parlait français.
00:02:31C'est plus simple pour la traduction, pour éviter de perdre du temps.
00:02:35Et puis, il a lancé un appel.
00:02:37Et figurez-vous qu'il y a eu quatre personnes qui ont répondu positivement.
00:02:40Donc, il y a quatre Français, quatre Américains de la campagne de Mary Sanders qui parlent français.
00:02:45Ils vont nous expliquer quel est leur engagement.
00:02:47Bon, déjà, ça casse un petit cliché quand même sur ces Américains qui ne parlent aucune autre langue que l
00:02:54'anglais.
00:02:55Voilà.
00:02:57Donc, pour commencer peut-être pourquoi le moment historique dans lequel on se trouve.
00:03:02Nous sommes donc à la veille du Super Tuesday.
00:03:05Le Super Tuesday, c'est le premier gros rendez-vous des primaires du parti démocrate.
00:03:11Il y aura 14 États qui vont voter demain.
00:03:14Des dizaines de millions d'électeurs sont appelés aux urnes.
00:03:19Des électeurs démocrates, mais aussi des électeurs indépendants.
00:03:23Et demain soir, un tiers des délégués à la convention du parti démocrate qui se tiendra à Milwaukee en juillet,
00:03:30un tiers des délégués seront attribués.
00:03:32Donc, on va déjà savoir assez clairement demain quel est le rapport de force au sein du parti démocrate.
00:03:39Pour l'instant, c'est Bernie Sanders qui fait la course en tête.
00:03:42Il a remporté le vote populaire de trois des quatre premières primaires.
00:03:47Joe Biden est revenu dans la course samedi avec une victoire en Caroline du Sud où l'électorat africain-américain
00:03:54est très important.
00:03:57Et donc, c'est plutôt un duel Biden-Sanders qui s'annonce, sachant que demain, donc 14 États, dont la
00:04:06Californie et le Texas, les deux gros États.
00:04:09La Californie, c'est l'État le plus peuplé du pays.
00:04:12C'est aussi maintenant le plus progressiste.
00:04:13On vous expliquera pourquoi ce qui s'est passé en Californie depuis Reagan.
00:04:19Et donc, il y a 415 délégués en Californie.
00:04:21Les derniers sondages ce matin donnent Bernie Sanders entre 35 et 40 % avec 15 à 20 points d'avance
00:04:29sur le deuxième qui serait ou Joe Biden ou Elisabeth Warren.
00:04:32Donc, évidemment, il se joue gros aujourd'hui et demain en Californie, mais dès aujourd'hui parce que les militants,
00:04:39vous voyez là, il est 10 heures du matin.
00:04:41Donc, il n'y a pas grand monde, mais il n'y a pas grand monde aussi parce qu'ils
00:04:44sont sur le terrain en fait.
00:04:45Ils ne sont pas tellement dans les bureaux, ils sont sur le terrain et pour… voilà, on va vous montrer
00:04:49aussi.
00:04:52Hop.
00:04:56Voilà.
00:04:57Ça, c'est le tableau des portes à portes.
00:05:03On appelle ça ici le « Convacing ».
00:05:05Voilà.
00:05:05Donc, il y a le porte-à-porte de l'ensemble du district autour d'Auckland avec les horaires et
00:05:13chacun a une tâche bien définie.
00:05:16Donc, les militants sont plutôt au porte-à-porte que dans le bureau.
00:05:23Hop.
00:05:23On revient ici.
00:05:25Alors, peut-être un petit point sur la ville d'Auckland.
00:05:28Donc, c'est la huitième ville, je disais, la huitième ville de Californie.
00:05:32Elle a près de 400 000 habitants.
00:05:34C'est une ancienne ville portuaire et industrielle.
00:05:38Elle fait juste face à San Francisco.
00:05:40San Francisco est en face.
00:05:41Et un historien que j'ai rencontré samedi soir, Tyler Stovall, qui est un historien africain-américain,
00:05:47mais qui travaille sur les banlieues françaises, me disait qu'Auckland, c'est un peu Brooklyn et San Francisco, c
00:05:52'est Manhattan.
00:05:52Donc, il y a une sorte de rapport un peu de « je t'aime » moi non plus entre
00:05:55les deux.
00:05:55Auckland, c'est une ville populaire.
00:05:57C'est une ville qui compte beaucoup dans l'histoire africaine-américaine.
00:06:01C'était le berceau des Black Panthers.
00:06:03Quelques décennies avant, un écrivain américain qui était socialiste,
00:06:07qui a été membre d'un parti socialiste ici, à Auckland, qui s'appelle Jack London, évidemment, vous connaissez,
00:06:12a été arrêté dans l'une de ses rues lors d'une manifestation.
00:06:17Et Auckland est une ville qui s'est diversifiée démographiquement,
00:06:23un peu comme l'ensemble de la Californie, ses 20-30 dernières années.
00:06:28Aujourd'hui, la population est composée de 34% de Blancs, de 28% d'Africains-américains,
00:06:3325% de Latinos et 15% d'Asiatiques.
00:06:39Sur l'ensemble de la Californie, c'est un peu plus.
00:06:42Les Latinos représentent 40% de la population de la Californie.
00:06:46Bernie Sanders a mis un accent particulier sur les Latinos.
00:06:50Et on va vous expliquer aussi pourquoi les Latinos.
00:06:52Ce n'est pas un choix communautariste ou communautaire,
00:06:55mais c'est un choix de stratégie politique.
00:06:58Voilà, donc on va vous expliquer beaucoup de choses, en fait.
00:07:00On va essayer de vous expliquer beaucoup de choses avec des militants.
00:07:04Pour dire une chose sur le Super Tuesday, quelque chose se joue évidemment sur la nomination du Parti démocrate,
00:07:09mais quelque chose se joue aussi évidemment sur l'élection du mois de novembre.
00:07:13Si demain Bernie Sanders prend un avantage décisif, ça le mettra en position de naviguer directement vers le 3 novembre.
00:07:22Alors je sais qu'il se dit beaucoup de choses en France sur le fait que Sanders ne pourra pas
00:07:27battre Donald Trump.
00:07:28J'ai sélectionné les 6, 7 derniers sondages qui sont souvent dits, on verra ça tout à l'heure, des
00:07:35face à face entre Trump et Sanders.
00:07:38Dans les 7 ou 8 derniers, Sanders bat Trump entre 3 et avec 3 à 7 ou 8 points d
00:07:46'écart.
00:07:49On expliquera aussi comment ça peut advenir, quelles sont les difficultés auxquelles Bernie Sanders devra faire face,
00:07:58et aussi pourquoi de cette façon ces sondages ne veulent rien dire puisque tout va se jouer dans un certain
00:08:03nombre d'états.
00:08:05Voilà, donc écoutez, je pense qu'on a fait un peu le tour de tout ce qu'on va aborder
00:08:10pendant ce moment qu'on va passer ensemble.
00:08:13Peut-être qu'on va commencer directement par un entretien avec une militante de la campagne Sanders.
00:08:21Oui, ils sont en train de discuter ici.
00:08:25Voilà, alors on est un peu à contre-jour, on va passer ici.
00:08:28Emilienne, bonjour. Est-ce qu'on peut venir par ici ?
00:08:32Voilà, on va se mettre comme ça.
00:08:33OK.
00:08:35Voilà.
00:08:36Bonjour.
00:08:37Merci, bonjour Emilienne.
00:08:38Merci de répondre à notre invitation.
00:08:40Donc je disais quand j'ai demandé à Alex de voir si des militants pouvaient parler français dans un Facebook
00:08:49live de l'humanité,
00:08:50je crois que tu étais la première à répondre positivement, en disant voilà.
00:08:54Alors peut-être la première question est simple, c'est un peu de te présenter, de nous dire qui tu
00:08:57es et comment tu en arrivais à faire la campagne pour Sanders.
00:09:01Ah bon ? D'accord.
00:09:02Bon, je m'appelle Emilienne, j'ai 32 ans et ça fait deux ans que j'habite en Californie.
00:09:08Avant, j'ai fait mon licence aux États-Unis, mais ma matière secondaire était français et je voulais vachement avoir
00:09:17une grande expérience en échanger.
00:09:19J'ai fait une petite expérience sept mois à Pise en Italie avant, mais par mon français vaut mieux que
00:09:25mon italien.
00:09:26J'ai cherché le financement pour ma thèse en France et j'avais la chance de trouver une source de
00:09:33financement pour M2 et toute la thèse à Paris.
00:09:36Donc j'ai pu faire des études à l'UQMC et à l'Institut Pasteur.
00:09:42Et bon, voilà, j'ai passé six ans à Paris, après j'ai fait une poste d'autorat au Danemark.
00:09:47J'ai passé un peu plus d'un an au Royaume-Uni et finalement on a décidé de, moi et
00:09:53mon mari français, on a décidé de déménager aux États-Unis.
00:09:57Et bon, comme quelqu'un qui a vécu pas mal de temps en Europe, dans des sociétés où j'avais
00:10:02jamais m'inquiéter pour ma santé,
00:10:04pour me traiter pour quoi qu'il soit, si jamais j'étais malade, où j'ai pu profiter du système
00:10:11d'éducation français,
00:10:12où c'était pas impossiblement cher, tout le monde avait accès, qui en voulait, qui pouvait.
00:10:19Ça me semble tellement normal, tellement mieux pour une société de soutenir tout le monde, de permettre tout le monde
00:10:25d'avoir accès à l'éducation, à la santé.
00:10:28Donc c'est vraiment normal pour moi de soutenir un candidat qui veut donner accès à tous ses doigts à
00:10:35mes co-citoyens.
00:10:37Est-ce qu'avant de partir à l'étranger, de vivre cette expérience en Europe,
00:10:40tu avais déjà un peu cette idée que quelque chose n'allait pas dans la société américaine ?
00:10:45Ben oui, quand j'étais au lycée, mon père avait la mauvaise chance d'avoir perdu un boulot,
00:10:53il a mis pas mal de temps à trouver un nouveau et finalement il a trouvé un boulot dans une
00:10:57agence de comptable qui passait pour Enron.
00:11:01Et quelques mois après qu'on a déménagé dans un nouveau état pour son nouveau boulot,
00:11:05le scandale d'Enron est arrivé et il a perdu son boulot parce que l'entreprise a été dissolue par
00:11:10l'environnement américain
00:11:11et on a perdu presque tout notre argent.
00:11:15Ça s'est tombé au bon moment pour moi personnellement,
00:11:20parce que vu que j'avais la chance d'être acceptée dans une université particulièrement riche aux États-Unis,
00:11:26eux, ils ont une politique de donner toutes les finances nécessaires aux familles ayant vraiment besoin.
00:11:33Donc, par une drôle de chance, j'ai vu ma famille perdre tout leur argent,
00:11:38mais après j'avais le droit à une éducation à MIT, presque complètement gratuit.
00:11:43MIT, c'est à Boston, c'est la grande université des sciences et des techniques à Boston.
00:11:47Justement, et vu que c'est une université riche, j'ai eu le droit à une des meilleures éducations possibles
00:11:52aux États-Unis,
00:11:54sans paix, presque rien, mais c'était parce que ma famille a dû perdre, je crois.
00:11:58Oui, c'est ça.
00:11:59Et j'ai vu plein de personnes qui avaient légèrement plus que moi,
00:12:03et qui étaient considérées comme capables de paix et qui souffraient de beaucoup de dettes.
00:12:07C'est pas normal, quoi.
00:12:09Alors, pour moi, dès cette expérience au lycée, à l'université, je me suis rendu compte que c'était pas
00:12:15correct.
00:12:16Alors, à ce moment-là, reste avec nous, Emilie.
00:12:18Non, non, c'est pas terminé.
00:12:19Juste pour faire un petit point sur l'une des propositions phares de Bernie Sanders,
00:12:23Il y a deux propositions, enfin plusieurs propositions.
00:12:26Vraiment, la proposition signature de Bernie Sanders, c'est ce qu'on appelle le Medicare for all.
00:12:30Medicare, c'est un système de santé qui a été créé dans les années 60 par le président Johnson,
00:12:35qui assure une couverture maladie pour les plus de 65 ans.
00:12:39Et Bernie Sanders propose de l'élargir à l'ensemble de la population.
00:12:43En fait, c'est ce qu'on a appelé avant aux États-Unis.
00:12:46Alors, il y a plusieurs façons, plusieurs variantes, si je puis dire.
00:12:49Mais ça s'appelle le single payer. En gros, c'est un système qui repose sur les cotisations sociales salariales
00:12:55et patronales,
00:12:56un peu comme en France.
00:12:58Et donc Bernie Sanders propose de passer l'ensemble des habitants des États-Unis
00:13:02sous cette couverture maladie universelle, qui était un peu la promesse que Barack Obama avait fait en 2008,
00:13:07qu'il n'avait pas tenue pour des raisons sur lesquelles on ne reviendra pas.
00:13:10Et la deuxième proposition signature phare de Bernie Sanders, c'est la gratuité des études supérieures,
00:13:19Bac plus 4, dans les universités publiques.
00:13:21En moyenne, dans une université publique, des études coûtent en droit d'inscription entre 10 et 15 000 dollars.
00:13:28C'est à peu près ça, dans les universités publiques ?
00:13:30Les universités publiques, je crois que ça peut même être plus que 20 000.
00:13:33Ah oui, les plus prestigieux, ça peut être 20 000 dollars, oui.
00:13:37Les publics, je crois. Enfin, les prix changent si on vient de l'État même ou de notre État.
00:13:43Alors genre, si on habite à Washington, mais on veut étudier à Berkeley,
00:13:46qui est une université publique très prestigieuse, ça va coûter encore plus cher.
00:13:50Et voilà, il ne faut pas oublier non plus que si on a la chance d'être accepté dans une
00:13:55grande école américaine,
00:13:57genre Harvard, MIT, Princeton, ça peut coûter jusqu'à 60 000.
00:14:01Et là, c'est une décision très dure parce que c'est une université, un diplôme qui peut vraiment changer
00:14:06la vie,
00:14:06qui peut vraiment créer des connexions professionnelles, qui transforment les possibilités professionnelles.
00:14:12Alors, c'est une dette qui, souvent, vaut la peine de considérer, mais qui rend la vie vachement difficile après.
00:14:21Oui, l'endettement étudiant, c'est une des grandes questions posées aux États-Unis.
00:14:28C'est-à-dire que les étudiants, parce qu'évidemment, il y a les frais d'inscription, mais il y
00:14:31a aussi,
00:14:31il faut payer le logement quand on est dans un État différent.
00:14:35Et donc, ça peut monter à 50 000, 60 000 dollars par an.
00:14:38Donc, les étudiants, la plupart du temps, s'endettent et sortent avec, en moyenne,
00:14:43chaque étudiant des États-Unis qui est endetté a un endettement à moyen de 50 000 dollars.
00:14:48Donc, il doit rembourser 50 000 dollars.
00:14:49Et ce qui s'est passé un peu après la crise de 2008, le grand krach de 2008, c'est
00:14:53que,
00:14:55tu viens de le dire un peu, ça vaut la peine d'être considéré,
00:14:58parce que c'était considéré comme un investissement, un investissement sur l'avenir.
00:15:02Or, la crise de 2008 a tassé tous les salaires et les premiers qui ont été les victimes de ça,
00:15:07ont été les millenials, dont tu es, puisque tu as 32 ans.
00:15:10Oui, justement, j'ai fini les études de licence en...
00:15:12Ah ben voilà, exactement.
00:15:14Justement le moment.
00:15:15Une millenial qui est tombée en plein krach de 2008.
00:15:18Et ça a aussi amené beaucoup de...
00:15:20Alors, les millenials, c'est la génération qui est née entre 1980 et 1997,
00:15:26donc qui a aujourd'hui entre 22 et 37 ans, et qui est un peu la nouvelle génération
00:15:29sur laquelle s'appuie Bernie Sanders.
00:15:32C'est à la fois la génération qui a vécu le krach de 2008,
00:15:34et puis c'est la première génération post-guerre froide.
00:15:37Donc, le thème du socialisme ne leur fait pas peur.
00:15:39On va d'ailleurs tout à l'heure parler avec Andrew, qui est un militant de la campagne Sanders,
00:15:44et qui est membre du DSC, l'Organisation des socialistes aux États-Unis.
00:15:50Raconte-nous un peu la campagne, ce que tu fais dans cette campagne,
00:15:53est-ce que tu fais du porte-à-porte, des appels...
00:15:56Un peu de tout.
00:15:57Je fais un peu de travail en arrière, qui n'est pas vu,
00:16:01qui est une question de couper tous les territoires,
00:16:03pour que les gens qui veulent frapper des portes
00:16:05reçoivent des listes de 50 portes, plus ou moins.
00:16:09Et puis moi aussi, j'ai frappé sur les portes,
00:16:12j'ai parlé avec des gens sur plein de sujets de Bernie,
00:16:17de la politique en général, et j'ai fait des appels aussi.
00:16:22Après ce mardi, j'imagine que je vais devoir continuer avec juste des appels,
00:16:25vu qu'il n'y aura plus de campagne en Californie.
00:16:27Mais bon, il faut faire le tout possible, quoi.
00:16:30Il ne faut pas perdre cette opportunité unique,
00:16:32avec un candidat qui inspire tellement.
00:16:37Quand tu as fait du porte-à-porte,
00:16:40quelle était la réaction des personnes avec lesquelles tu as parlé?
00:16:44Oui, il y avait plein de types de réactions.
00:16:48Certaines qui sont moins enthousiastes,
00:16:49mais puis il y a certaines qui ne savent pas forcément comment voter,
00:16:52mais qui veulent voter pour Bernie.
00:16:55J'ai passé un week-end même à Nevada,
00:16:58où j'ai rencontré un homme qui est récemment devenu citoyen,
00:17:02qui n'était pas conscient qu'on avait des primaires.
00:17:04Et quand je lui ai dit que j'étais là pour faire des Bernie,
00:17:07il a dit, je l'aime bien lui, je veux voter pour lui.
00:17:09Mais en novembre, j'ai dû lui expliquer,
00:17:12il était vachement intéressé à prendre.
00:17:14En fait, il fallait d'abord assurer qu'il soit le candidat démocrate en novembre.
00:17:19Il a pris toutes les informations et il nous a confirmé qu'il a voté dans tel et tel bureau
00:17:25à telle date.
00:17:27C'était vraiment des expériences importantes pour assurer qu'on fasse tout le monde voter.
00:17:34C'est l'un des aspects importants de la campagne de Bernie Sanders,
00:17:36c'est cette campagne de terrain directe d'information et d'éducation populaire.
00:17:43L'un des paris de Bernie Sanders, c'est de ramener dans le processus électoral des gens qui soit en
00:17:49été sortis,
00:17:51soit n'y étaient jamais rentrés, notamment la jeunesse.
00:17:53Donc évidemment, ça demande, on ne peut pas compter sur, pour ce genre de campagne,
00:17:57on ne peut pas compter sur la télévision ou sur les grands journaux.
00:17:59Ça ne se passe pas comme ça, ça ne se passe jamais comme ça.
00:18:01Donc ça, c'est le contact direct.
00:18:02C'est dans les conversations.
00:18:05Tout le monde a des questions différentes, soit la santé, soit les dettes, les dettes médicaux, les dettes d'études,
00:18:13comment on va payer pour tout ça.
00:18:15Il y a plein de questions différentes que des gens.
00:18:18Et ayant des conversations personnelles, c'est plus important, c'est plus humain,
00:18:23ça répond à des questions précises au lieu de juste être plus général.
00:18:27D'accord. Très bien. Merci beaucoup, Emilienne, pour ce direct.
00:18:30Merci. Merci pour ton français.
00:18:32Voilà. Je vais me poser deux minutes, là, pour vous dire un peu deux, trois choses
00:18:38en lien avec ce que vient d'exprimer.
00:18:41Emilienne, d'abord sur la question de la santé et de l'éducation.
00:18:47Si vous regardez, au premier abord, les salaires aux États-Unis,
00:18:51ils peuvent apparaître flatteurs.
00:18:53Un professeur est payé 4 000 dollars, 4 500 dollars, plutôt 4 000 d'ailleurs.
00:18:59Une infirmière peut être payée 3 000 dollars.
00:19:01Mais quand vous rajoutez les coûts de la santé,
00:19:05pour l'instant, le système fait que c'est un système de franchise.
00:19:10C'est très bien expliqué, d'ailleurs, par Gabriel Zuckman, l'économiste français,
00:19:14qui enseigne pas loin d'ici, à Berkeley.
00:19:16C'est à une petite dizaine de kilomètres.
00:19:17Et qui a accordé une interview à l'Humanité, qui est publiée dans le journal de vendredi dernier,
00:19:23qui explique le projet de Medicare for All.
00:19:27Plus largement, il dit aussi quelque chose de super intéressant,
00:19:29que moi j'ai trouvé super intéressant, donc j'espère que vous partagerai ça.
00:19:31C'est que les propositions fiscales de Sanders et Warren
00:19:38ne sont pas des corps étrangers comme greffés sur le site américain.
00:19:41Ils rappellent que, en termes de progressivité fiscale,
00:19:44les États-Unis ont toujours été pionniers.
00:19:46Ils ont créé l'impôt sur le revenu qu'en 1913.
00:19:49Mais dès 1917, le taux marginal, c'est-à-dire qui s'appliquait au plus haut revenu,
00:19:53était de 67%.
00:19:54Et ça s'est monté jusqu'en moyenne pendant les 50 ans, on va dire du consensus du New Deal,
00:19:59du New Deal des années 30 à la révolution Reaganienne qui a fait baisser tous les taux,
00:20:03à une moyenne de 80%.
00:20:05L'impôt sur les sociétés était à 50%.
00:20:07L'impôt sur les associations à 80%.
00:20:09Donc quand on entend dire, parfois en France ou parfois aux États-Unis,
00:20:13« Non, mais en fait, c'est simplement des idées étrangères, crypto-communistes que vous voulez appliquer. »
00:20:17Non, c'est des idées qui sont enracinées dans l'histoire des États-Unis.
00:20:25Et donc Gabriel Zuckmann rappelle ça de manière fort brillante
00:20:30et rappelle aussi que, pour l'instant, le système d'assurance santé repose sur l'emploi,
00:20:38pour ceux qui en ont donc.
00:20:40Et donc c'est l'employeur qui donne, enfin qui donne d'ailleurs.
00:20:47On a son système d'assurance santé via l'emploi et c'est forfaitaire.
00:20:53C'est-à-dire que le cadre supérieur qui gagne 10 000 dollars paye 1 300 dollars par mois
00:20:56et la secrétaire qui gagne 4 000 dollars en paye 1 300 aussi.
00:21:03On voyait un peu une sorte de régressivité absolument incroyable.
00:21:08Ça, c'était pour la partie impôts et santé.
00:21:13Et donc une famille qui gagne bien sa vie de classe moyenne,
00:21:17il faut qu'elle pense à sa santé.
00:21:20Et en plus, ça ne couvre pas toujours tout.
00:21:23Donc par exemple, là on parle de coronavirus,
00:21:26et bien ça ne couvre pas les tests pour le coronavirus.
00:21:28Si vous voulez faire un test pour le coronavirus, ça coûte 3 000 dollars d'un coup d'un seul.
00:21:31Et puis évidemment les études pour les enfants.
00:21:34Donc quand vous êtes un couple de classe moyenne avec deux enfants,
00:21:35c'est un peu l'archétype, voilà.
00:21:37Et vous gagnez 8-10 000 dollars par mois, vous n'êtes pas super riche.
00:21:42Parce que la santé, parce que l'université.
00:21:44Bernie Sanders a vraiment compris que c'étaient les deux grands thèmes principaux
00:21:50pour les classes moyennes et les classes populaires.
00:21:53Et on a fait deux propositions majeures assez simples.
00:21:57Certains disent qu'elles sont ici radicales et compliquées.
00:22:00Mais assez simples dans le fait qu'elles se sont appropriées par l'électorat.
00:22:04Voilà, donc ça c'était pour la partie.
00:22:08On dira peut-être un peu plus tard pourquoi la Californie.
00:22:12Ce que je vous propose c'est de faire un petit tour,
00:22:16de nouveau un petit tour des lieux ici.
00:22:21Allez, on repart.
00:22:23Alors du coup je vais me mettre, hop, vous n'allez plus voir ma tête.
00:22:39On a une petite coupure de réseau, on est à 10 000 km.
00:22:46Voilà, donc je vais vous montrer un peu à quoi ressemble un lieu de campagne de Sanders.
00:22:51Donc là on voit les lettres, on est un peu à contre le jour, mais les lettres Bernie.
00:22:56Voilà, donc ça c'est Bernie façon Hulk.
00:23:00Alors il y a quelque chose qui est assez paradoxal dans ce mouvement.
00:23:04C'est un mouvement dont le mot d'ordre est not me, us.
00:23:09C'est-à-dire c'est pas moi, nous.
00:23:10Mais qui en même temps joue dans...
00:23:13On voit, hein.
00:23:15Qui joue aussi, certains disent le culte de la personnalité,
00:23:18je ne dirai pas jusque là, mais qui joue sur la personnalité en tout cas de Bernie Sanders.
00:23:23Donc là on voit des images qui sont liées à l'histoire africaine-américaine
00:23:29qui est forte à Auckland, on l'a dit tout à l'heure.
00:23:31Martin Luther King, Rosa Parks.
00:23:33Donc je rappelle qu'on est ici en direct des bureaux de Bernie Sanders à Auckland,
00:23:36huitième ville du pays en face de San Francisco.
00:23:40Une ville très diverse démographiquement.
00:23:46Et on voit d'ailleurs, hein, on parle aussi espagnol.
00:23:49Et on va le voir, donc là c'est le mur des artistes.
00:23:55Ici, on a un petit... sur le mur, on a un petit panneau sur une présentation sur l'histoire du
00:24:00militantisme de Bernie Sanders et de sa défense de la justice sociale.
00:24:05On le voit notamment ici arrêté, dès les années 60, alors qu'il était étudiant à l'université de Chicago.
00:24:13Arrêté lors de manifestations contre la ségrégation.
00:24:15On le voit ici parler, toujours à la même université de Chicago, s'opposant à la ségrégation sur le campus,
00:24:24dans les logements.
00:24:25Et c'est encore lui ici qui est arrêté par la police du campus.
00:24:30Voilà. Et donc là, maintenant, on a les...
00:24:35On a le matériel de campagne de Bernie Sanders.
00:24:39Et alors, je vais vous montrer des choses, si je trouve ça.
00:24:44Voilà. Alors, on a le track de Bernie Sanders en espagnol.
00:24:57Voilà. Donc après, je pourrais vous trois dire, s'il me reste un peu d'espagnol.
00:25:02Et ici, nous avons le même, mais a priori en Mondarin et plus d'autres langues selon les villes.
00:25:14Vous voyez ?
00:25:16Alors, je sais qu'en France, cet aspect-là peut renvoyer à l'idée d'une sorte de communautarisme.
00:25:23D'abord, sur cette question, elle est directement liée au mouvement des droits civiques et à la loi de 1965,
00:25:32qui, afin d'assurer que tous les citoyens américains, quelle que soit la langue qu'ils parlent...
00:25:37Il n'y a pas de langue officielle aux États-Unis. L'anglais n'est pas langue officielle. Elle ne
00:25:39l'a jamais été.
00:25:41Puissent voter. Les bureaux de vote acceptent les bulletins de vote dans toutes les langues,
00:25:49à partir du moment où une fraction de la population suffisante, je crois que c'est 5%, parle cette langue.
00:25:57Donc, dans certaines villes, on parle... Il y a des bureaux de vote où il y a des bulletins en
00:26:03vietnamien, en indien, en mandarin...
00:26:06Bon, évidemment, en espagnol. Ça, c'est un peu partout maintenant en Californie.
00:26:12Ça, c'est le premier aspect. Le deuxième aspect, c'est que...
00:26:20Je vais vous laisser le... Voilà. Je vais vous laisser les deux comme ça pendant que je parle.
00:26:26Le deuxième aspect, c'est que... La question n'est pas d'une langue contre l'autre.
00:26:33Ça, ça a été... Et donc du danger d'une sorte de balkanisation linguistique.
00:26:37Les États-Unis deviendraient une tour de Babel où on parlerait dans tel quartier espagnol, dans tel autre mandarin, dans
00:26:45un troisième Somalie.
00:26:47Pas comme ça que ça se passe. En fait, ce qui est en train de se développer aux États-Unis,
00:26:49c'est plutôt le bilinguisme.
00:26:51Et des études récentes ont montré, très sérieuses, réalisées par des universitaires d'Harvard, me semble-t-il, ont montré
00:27:00que les latinos qui étaient bilingues
00:27:03avaient un taux de participation plus élevé aux élections que les latinos qui ne parlaient qu'anglais.
00:27:09C'est-à-dire que, pour une raison assez simple, en parlant et anglais et espagnol, ils ont la possibilité
00:27:16d'avoir une source d'information qui est diversifiée,
00:27:19donc d'être mieux informés et donc de plus facilement aller voter.
00:27:23Donc c'est contre-intuitif par rapport à ce qu'on pourrait penser.
00:27:25Donc vous parlez une autre langue que la langue commune du pays, donc vous êtes moins citoyen.
00:27:29Au contraire, vous n'êtes plus citoyen. Donc ça, c'est un aspect qui est assez important.
00:27:33Alors, si on veut regarder un peu le contenu de ce tract de Bernie Sanders.
00:27:48Donc vous voyez, c'est à la fois écrit en anglais et en espagnol.
00:27:51Donc là, c'est sans prendre aux intérêts spéciaux.
00:27:55Les intérêts spéciaux ici, c'est les intérêts des grandes firmes, des grandes entreprises pharmaceutiques ou capitalistes.
00:28:04Là, ici, nous avons un défenseur de la jeunesse. On va y revenir sur la question de la jeunesse.
00:28:12Et un pays sûr pour tout le monde.
00:28:15Alors, je serais bien en peine de vous traduire la même chose en mandarin, si tant est que ce soit
00:28:22du mandarin.
00:28:22En anglais, on voit là, il y a le Medicare for all.
00:28:29College for all, c'est l'université pour tous et le logement pour tous.
00:28:31Voilà.
00:28:32Je crois que c'est vraiment quelque chose d'important sur la question.
00:28:35Est-ce que Bernie Sanders...
00:28:36Quelle est la proposition politique de Bernie Sanders ?
00:28:38Est-ce qu'elle est vraiment radicale ? Est-ce qu'elle est social-démocrate ?
00:28:41Pour la première fois dans l'histoire des États-Unis, un candidat pose le sujet en termes de droits.
00:28:47Alors, il y a les premiers droits, c'est les droits politiques, la déclaration des droits qui sont liés à
00:28:54la Constitution, donc à la fin du XVIIIe siècle.
00:28:57Il s'appelle le Bill of Rights.
00:28:58Et Bernie Sanders, de toute façon, propose un nouveau ensemble de droits, des droits économiques et sociaux.
00:29:05Et il dit d'ailleurs, il dit, c'est pas...
00:29:07La santé est un droit humain pour tous.
00:29:10D'ailleurs, pour l'anecdote, c'est le mot de passe du Wi-Fi ici.
00:29:14C'est la santé est un droit humain.
00:29:17Voilà.
00:29:20Pour cette partie-là, on va retourner peut-être...
00:29:25Justement, puisqu'on a évoqué la question de savoir si Bernie Sanders était un radical ou pas.
00:29:32On va parler un peu avec Andrew.
00:29:35On va se mettre ici. Bonjour, Andrew.
00:29:38Alors, Andrew, tu vas te présenter un peu.
00:29:41Et après, on va parler de ce qu'il y a sur ton t-shirt.
00:29:46Je suis Andrew. J'ai 32 ans. Je fais la campagne pour Bernie Sanders depuis juin, juillet.
00:29:56Mais aussi, j'étais très inspiré par son campagne en 2016 aussi.
00:30:04Quel genre d'études tu as faites ? Quel est ton boulot ?
00:30:07Ah bon, je fais la communication pour une boîte française basée à Paris, mais qui a un bureau ici à
00:30:16San Francisco.
00:30:18Et j'ai étudié le français à l'université, mais aussi un peu la littérature aussi.
00:30:26C'est un peu de mes études.
00:30:28D'accord. Qu'est-ce qui t'a amené à...
00:30:32Déjà, on va parler directement avant de parler de ton investissement pour la campagne de Sanders.
00:30:36Le fait que tu sois membre du Democratic Socialist of America, c'est-à-dire que c'est l'organisation
00:30:41des socialistes américains.
00:30:43Il y a eu plusieurs partis socialistes dans l'histoire aux États-Unis.
00:30:45Et là, c'est une organisation dont le nombre d'adhérents a explosé après l'élection de Donald Trump.
00:30:53Je crois qu'aujourd'hui, au niveau national, il doit avoir 60 à 70 000 adhérents.
00:30:57Donc ça commence à compter. C'est encore faible à l'échelle du pays, mais ça commence à compter.
00:31:00Et surtout, les adhérents sont très, très jeunes.
00:31:03Et d'ailleurs, à 32 ans, tu dois quasiment faire partie des plus vieux, non ?
00:31:08Ouais, ouais, ouais. Il y en a des vieux qui étaient là devant l'explosion après l'élection de Donald
00:31:16Trump.
00:31:16Mais ouais, je suis un des plus vieux, en fait, à 32 ans.
00:31:20D'accord. Et depuis quand tu es membre du DSA ?
00:31:21En fait, depuis janvier 2017. Donc, juste après l'élection de Donald Trump, je me suis pensé que je dois
00:31:31faire quelque chose.
00:31:31Je dois être engagé dans la politique. Je dirais que j'étais socialiste depuis longtemps, mais que jusqu'à ce
00:31:41moment-là,
00:31:41en fait, jusqu'à la campagne de Bernie Sanders en 2016, je n'ai pas vraiment mis ma politique en
00:31:51action.
00:31:53Donc, c'est un peu la première campagne de Bernie Sanders qui m'a inspiré à devenir un parti de
00:32:00s'engager, de cet engagement politique dans la société.
00:32:04D'accord. Et alors, il y a une question qu'on se pose en France, parce qu'en France, on
00:32:08a eu aussi, on a encore, même s'il est un peu résiduel,
00:32:11un parti socialiste qui a exercé le pouvoir. Et il est résiduel parce qu'il l'a exercé d'une
00:32:16certaine façon.
00:32:17Bon, ça, c'est un débat franco-français. Je reste aussi sur les États-Unis. Qu'est-ce que ça
00:32:20veut dire pour toi, être socialiste, être adepte du socialisme démocratique aux États-Unis ?
00:32:26Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire la construction d'un mouvement pluriracial pour un mouvement
00:32:39de classe ouvrière qui soit capable d'inspirer un peu les gens à être engagés dans la politique dans toute
00:32:51partie de leur vie.
00:32:54Est-ce que ça serait l'équivalent pour toi d'être social-démocrate ? Parce qu'il y a ce
00:32:58débat, social-démocratie européenne.
00:33:00Tout à l'heure, on a eu une petite discussion avant de commencer autour de ça.
00:33:02Non, je pense que ce n'est pas la même chose. Je dirais que les social-démocrates, pour eux, il
00:33:11y a une limite. Il y a une limite à ce qu'on peut faire exactement.
00:33:17Et cette limite est un peu la politique qu'on voit avec une plateforme comme celle de Bernie Sanders, peut
00:33:24-être un peu plus loin dans les pays comme la Norvège, la Suède, tout ça.
00:33:29Mais je dirais que la différence, c'est que pour nous, c'est vraiment un mouvement de grassroots.
00:33:37Grassroots, c'est enraciné dans le terrain, vraiment.
00:33:40Il ne s'agit pas de se négocier avec les grands capitalistes, mais d'agrandir le pouvoir des gens de
00:33:51la classe ouvrière aussi grand que possible, je dirais.
00:33:55D'accord. Alors, parle-nous un peu de la campagne maintenant. Comment tu mènes une campagne ? Qu'est-ce
00:34:00que tu fais ? Quel est l'écho rencontré ?
00:34:03Ouais, ouais. Donc, en fait, l'organisation Democratic Socialists of America, de laquelle on vient de parler, c'est une
00:34:13organisation qui fait une campagne indépendante pour Bernie Sanders, pour les raisons légales.
00:34:19Mais aussi, j'essaie de partager mon temps un peu entre cette campagne indépendante et cette campagne ici, on dirait
00:34:28la campagne officielle.
00:34:30Donc, moi, je fais le canvassing, c'est-à-dire aller aux portes des gens.
00:34:35C'est un peu le porte-à-porte.
00:34:36Le porte-à-porte, exact, c'est exact. Mais aussi, il y a le canvassing, on dirait le canvassing des
00:34:43gens dans la rue.
00:34:45Donc, on passe les flyers à des gens. Et puis, ici, dans le bureau de la campagne officielle, j'ai
00:34:56aussi fait plusieurs fois, j'ai appelé à des votants pour se demander de faire un plan pour comment ils
00:35:05vont voter, tout ça.
00:35:08Quel est l'écho ? Quel est le retour des gens auxquels tu parles dans la rue ou au téléphone
00:35:13?
00:35:14C'est assez fort, je dirais. Mais ce n'est pas tout à fait universel quand on se soutient à
00:35:22Bernie Sanders, bien sûr.
00:35:22Mais oui, hier, j'étais dans le quartier latino, à Fruitvale, et là, les gens sont vraiment, ils soutiennent vraiment
00:35:37Bernie Sanders.
00:35:39Il y a quelque chose qui leur parle dans la campagne de Bernie Sanders.
00:35:43Peut-être que c'est le sentiment de solidarité qu'il amène à sa campagne, qui est assez particulier dans
00:35:50la politique américaine, je dirais.
00:35:54D'accord. OK. Merci beaucoup. Merci encore une fois, Andrew. Bonne campagne, bonne continuation.
00:36:00Et puis, justement, ça va me permettre de faire un petit point. On se verra après.
00:36:06Ah, oui, oui.
00:36:06Oui, oui. Il y a Mélanie qui est là, qui va nous rejoindre aussi tout à l'heure.
00:36:12Et moi, je voudrais faire un petit point en profiter. Je me repose à mon poste d'observation à côté
00:36:18de l'adbitre.
00:36:20Andrew vient de souligner quelque chose d'assez important, c'est sur les latinos.
00:36:24Alors, je disais tout à l'heure, Bernie Sanders a fait de son directeur de campagne dans le Californie, le
00:36:29dit, a fait des latinos la pierre angulaire de sa campagne.
00:36:33Alors, il ne faudrait pas se méprendre en pensant que Bernie Sanders va voir les latinos en leur parlant espagnol
00:36:38et en leur disant, je vous représente parce que vous êtes latino.
00:36:42À travers les latinos, en fait, c'est deux questions que Bernie Sanders adresse.
00:36:47C'est la question de la jeunesse et la question des classes populaires à l'échelle du pays.
00:36:54Mais alors, la Californie est un laboratoire en l'occurrence.
00:36:57Donc, je disais 40% de la population de la Californie sont latinos.
00:37:03Et il s'est passé quelque chose en 1994 extrêmement important dans l'histoire politique du pays et de la
00:37:09Californie.
00:37:10C'est que donc jusqu'en 1965, les robinets de l'immigration étaient fermés depuis les années 20 à peu
00:37:16près.
00:37:16Et donc, la réforme de l'immigration par le président Johnson a ouvert de nouveau ses voies.
00:37:22Et donc, beaucoup de latinos sont arrivés en Californie, juste à côté.
00:37:26Et puis, la Californie a été...
00:37:28Il y a...
00:37:30Ce n'est pas un dicton, mais c'est une formule qui dit, on n'a pas traversé la frontière,
00:37:33c'est la frontière qui nous a traversés.
00:37:35Jusqu'en 1848, la Californie était...
00:37:38Elle appartenait au Mexique.
00:37:40Et d'ailleurs, la Californie est aujourd'hui un état des États-Unis.
00:37:43Mais la Basse Californie, la Baja California, est au Mexique.
00:37:47Bref.
00:37:48Et donc, il y a beaucoup de latinos.
00:37:50Et puis, le gouverneur républicain, qui s'appelait Pete Wilson en 1994,
00:37:58a voulu...
00:37:59était en difficulté dans les sondages et a voulu jouer sur ce sentiment,
00:38:01qu'on appelle ici un sentiment nativiste,
00:38:05c'est-à-dire d'extrême droite,
00:38:08qui est assez récurrent dans l'histoire des États-Unis à chaque phase d'immigration.
00:38:12Il y a ce genre de réaction épidermique et politique qu'on appelle le nativiste.
00:38:16C'était le cas avec l'arrivée des Irlandais au milieu du XIXe siècle.
00:38:21D'ailleurs, le film de Martin Scorsese, Gangs of New York, le montre très bien.
00:38:25Donc, ce n'est pas nouveau.
00:38:26Ça ressurgit à chaque fois.
00:38:28Il y a aussi ça avec l'arrivée des Italiens et donc des Latinos.
00:38:30Et donc, en 1994, il est en difficulté dans les sondages pour l'élection de gouverneur.
00:38:36Et il dit, je vais soumettre à référendum une proposition
00:38:39qui interdira aux sans-papiers et à leurs enfants d'avoir accès à la santé et à l'éducation.
00:38:47En fait, il fait un pari à la Trump avant l'heure.
00:38:50C'est l'un des éléments que vous retrouverez dans l'Humanité dimanche de jeudi.
00:38:54J'ai fait un sujet un peu sur comment le laboratoire du Reaganisme, parce que Reagan a été gouverneur de
00:39:01Californie dans les années 60,
00:39:03puis du nativisme dans les années 90.
00:39:05C'est devenu aujourd'hui un laboratoire du progressisme.
00:39:08Et donc, la date pivot, c'est 1994.
00:39:11Donc, il gagne avec 59%.
00:39:15Il gagne, il est élu gouverneur.
00:39:17Il soumet à référendum cette loi qui est adoptée, 59%.
00:39:22Et donc, il fait le pari de jouer sur les peurs et les ressentiments de la population blanche.
00:39:27Et à partir de ce moment-là, il y a une sorte de contre-attaque qui est organisée à partir
00:39:32des syndicats
00:39:33et d'un homme qui s'appelle, qui est central dans l'histoire politique du Californie, qui s'appelle Miguel
00:39:36Contreras.
00:39:37Donc, je dévoile un peu ce qu'il y a dans le papier.
00:39:39Les rédacteurs en chef de l'Humanité dimanche m'en excuseront.
00:39:43qui, d'abord, contrairement à la tradition des syndicats aux États-Unis,
00:39:47n'ont pas toujours été très claires sur la question de l'immigration,
00:39:50dit on va syndiquer les immigrés, qu'ils soient avec ou sans papier.
00:39:56Donc, c'est la grande campagne, notamment Justice for Janitors, dans les années 90-2000,
00:40:00qui a donné lieu au film de Ken Lodge.
00:40:03Les films, c'est toujours bien pour essayer de comprendre la réalité sociale et politique d'un pays,
00:40:07qui s'appelle Bread and Roses.
00:40:10Et il dit, on ne va pas seulement les syndiqués, on va aussi les inscrire sur la liste électorale.
00:40:14On va dire aux étrangers qu'ils doivent se naturaliser, devenir citoyens américains.
00:40:18Et on va demander à ceux qui sont citoyens américains, mais d'origine immigrée,
00:40:22ça n'existe pas d'origine immigrée, on s'est compris, de s'inscrire sur la liste électorale.
00:40:27Et les organisateurs, les militants syndicaux, par la suite, sont devenus des militants politiques.
00:40:34Et ce nombre de lois très progressistes qui ont été votées aux États-Unis,
00:40:39ont été rédigées par des anciens dirigeants syndicaux.
00:40:41Je prends une seule, la dernière en date, c'est la loi AB5,
00:40:45qui est la loi qui contraint Uber et Lyft à considérer ces chauffeurs,
00:40:48non pas comme des auto-entrepreneurs, mais comme des salariés.
00:40:52Et bien c'est Lorena Gonzalez, je crois son nom,
00:40:54qui est l'ancienne responsable de la Fédération syndicale de San Diego,
00:40:57qui a fait cette loi.
00:40:58Donc on voit l'articulation, mouvement syndical, politisation,
00:41:03et au cœur la population latino.
00:41:05De la même manière, ça c'est dans l'interview,
00:41:10enfin c'est pas dans l'interview, c'est dans l'article que je publie demain
00:41:13en événement de l'humanité sur la Californie.
00:41:17Je fais parler à un chercheur qui raconte comment la politisation
00:41:22de l'ensemble de la communauté latino passe par la jeunesse latino.
00:41:26Il dit habituellement en sciences sociales, et historiquement d'ailleurs,
00:41:29dans l'histoire des immigrations, ce sont toujours les parents
00:41:32qui ont socialisé et politisé leurs enfants, ont voté comme son père.
00:41:38Là, de plus en plus, ce sont les parents qui votent comme leurs enfants,
00:41:42parce que leurs enfants, on en a parlé, il y a des éléments liés à la dette étudiante,
00:41:46liés à la situation après le krach de 2008, où les salaires ont été écrasés,
00:41:54et notamment les plus jeunes ont été les premières victimes de cela.
00:41:59Et donc il y a tout un mouvement autour de la mobilisation de la jeunesse.
00:42:03Le grand pari de Bernie Sanders, c'est ça.
00:42:05C'est que la jeunesse énerve tout le processus électoral et politique,
00:42:13et puisse renverser la table de l'ordre de la primaire du Parti démocrate,
00:42:18et de l'élection générale.
00:42:21C'est un pari objectivement risqué, parce que les jeunes votent moins que les plus âgés,
00:42:29donc ça on le sait.
00:42:30C'est un pari qui n'est pas tout à fait réussi dans les premières primaires.
00:42:36Il y a plus de votes de jeunes et de catégories populaires,
00:42:40mais pas encore suffisamment pour vraiment renverser la tendance,
00:42:45et puis renverser la montagne de l'establishment,
00:42:48qui a tout prix arrêté Bernie Sanders dans sa course à la nomination.
00:42:53Bon voilà, on a fait un peu l'histoire du pari de la jeunesse et des latinos.
00:42:58Vous en lirez plus demain matin dans l'Humanité, avec le reportage que j'ai écrit.
00:43:06Maintenant, on va parler à une autre militante.
00:43:14Donc je vais me lever.
00:43:17On va se remettre ici, Mélanie.
00:43:19On va se mettre ici.
00:43:21Voilà, comme ça on est bien.
00:43:22On a de la lumière.
00:43:25Bonjour, je m'appelle Mélanie.
00:43:26Oui, j'ai fait du travail bénévole pour la campagne de Bernie Sanders.
00:43:32Je parle de mon parcours.
00:43:34Oui, par exemple.
00:43:36Donc, j'ai fait des études de littérature anglais et français,
00:43:43ici aux Etats-Unis et en France.
00:43:45Et j'ai travaillé un peu partout dans le monde,
00:43:47en France, en Angleterre, en Inde, avant de retourner aux Etats-Unis.
00:43:52Et ça m'a donné une expérience vraiment multiculturelle,
00:44:00qui m'informe un peu ma perspective.
00:44:04Et ce que je veux...
00:44:13Pourquoi je travaille pour cette campagne et peut-être trois inspirations.
00:44:20Je veux briser l'idée reçue un peu qu'on a ici aux Etats-Unis,
00:44:26qu'on ne peut pas avoir une société plus égale pour tout le monde.
00:44:33Parce qu'on a vu en Europe que ce n'était pas facile
00:44:37à obtenir quelques protections sociales.
00:44:42Et en France, par exemple, il y avait des luttes pendant les premières décennies du 20ème siècle.
00:44:48Et oui, c'est difficile, mais il y a des ressources pour ça.
00:44:54Et on peut avoir plus des opportunités.
00:45:02Et ça m'énerve un peu qu'on a déjà accepté.
00:45:08Il y a tellement de gens qui ont accepté déjà que c'est trop difficile.
00:45:11On ne peut pas faire ça. On peut.
00:45:14Et c'est pour ça que je travaille pour Bernie Sanders.
00:45:18Et aussi pour l'idée un peu informée par mes expériences et aussi par ma jeunesse.
00:45:26Je suis sortie d'un foyer catholique.
00:45:32J'ai eu une éducation catholique.
00:45:36Et maintenant, j'assiste à une paroisse anglicaine, voire épiscopalienne, ici à Auckland,
00:45:45qui est très, très diverse, une paroisse très diverse qui n'est pas souvent le cas aux États-Unis.
00:45:50Et ces expériences de jeunesse et dans ma paroisse actuelle, pour moi, renforcent l'idée
00:45:59qu'on a tous une valeur en tant qu'être humain.
00:46:03Et je crois que les politiques de Bernie Sanders affirment ça et insistent que tout le monde peut continuer
00:46:16et a une valeur et que notre société nie vraiment cette valeur.
00:46:25Et donc, je travaille pour ça aussi.
00:46:28Quels sont les échos que tu rencontres quand tu parles avec la famille ou avec les amis?
00:46:36Comment ça se passe?
00:46:37Ça varie beaucoup.
00:46:40Dans ma famille, il y a des opinions très diverses.
00:46:44Par exemple, mon frère, que j'aime bien et que j'aime les deux,
00:46:50lui, il va voter pour Trump.
00:46:52Ah oui, d'accord.
00:46:54J'essaie de lui convaincre de faire le contraire.
00:46:59Mais bien sûr, on s'entend bien toujours.
00:47:02C'est mon frère.
00:47:04J'ai perdu mes deux parents déjà.
00:47:06Et donc, mon frère et ma soeur, ils sont n'importe quel, ils sont importants.
00:47:12Mais j'essaie de montrer aux gens.
00:47:21J'essaie de changer les idées des gens.
00:47:24Dans la rue et quand je fais du phone banking pour Bernie, c'est…
00:47:29Le phone banking, c'est les appels téléphoniques.
00:47:31Oui, c'est pas téléphoniques ou la porte-porte aussi.
00:47:33Oui, ça dépend.
00:47:34Et je parle aux gens avec des opinions très, très variées.
00:47:40Et pour moi, l'important est d'écouter et juste de leur dire pourquoi moi, je fais ça.
00:47:48et de ne… n'appuie pas trop, d'être… d'être fort dans mon expression, mais de n'appuie pas
00:47:58trop parce que ça… ça repousse les gens.
00:48:02Mais c'est vrai, et ici en Californie, c'est vrai, c'est plutôt vers la gauche en Californie, mais
00:48:09on trouve des opinions fortes tout au long du…
00:48:23Du spectre politique, oui, oui.
00:48:26Je vais faire… reste avec nous, j'ai encore une question à poser peut-être sur la Californie, ce que
00:48:30vient de dire Mélanie, c'est que…
00:48:31La Californie est devenue un bastion progressiste, juste pour donner une idée.
00:48:3646 des 53 députés à Californie sont démocrates, avec de plus en plus de démocrates élus qui sont progressistes.
00:48:44Sur la primaire du Parti démocrate, donc il y a lieu demain, donc je rappelle qu'on est ici dans
00:48:48le bureau de…
00:48:49La permanence de Bernie Sanders à Auckland, l'un des 22 bureaux que le sénateur du Vermont a ouvert en
00:48:55Californie.
00:48:57C'est ici, nous sommes dans la huitième ville de l'État.
00:49:01Les sondages… deux sondages ont été publiés ce matin qui donnent une avance de 15 ou 19 points pour Bernie
00:49:06Sanders.
00:49:06Donc il est quasiment acquis que Bernie Sanders va remporter la primaire de la Californie.
00:49:11Alors ceci dit, les militants vont continuer de travailler jusqu'au dernier moment, à la dernière seconde, parce que c
00:49:16'est important d'avoir le plus de voix possible pour l'attribution des délégués.
00:49:20C'est-à-dire que dans le système des primaires, n'ont des délégués que les candidats qui ont dépassé
00:49:27les 15%.
00:49:27Alors ça se joue en Californie à la fois par circonscription et aussi sur l'ensemble de l'État, pour
00:49:36faire simple.
00:49:39Donc un candidat ne peut ne pas avoir 15% sur l'ensemble de l'État, mais avoir 15%
00:49:44dans telle circonscription.
00:49:45Donc circonscription par circonscription, l'objectif de la campagne de Bernie Sanders, c'est d'être le plus haut possible
00:49:49et que les autres candidats soient éventuellement à moins de 15% pour pouvoir prendre l'ensemble des délégués.
00:49:55Je rappelle qu'on joue gros demain en Californie, c'est 415 délégués qui sont en jeu, c'est-à
00:50:00-dire plus de 10% du total. C'est normal, c'est proportionnel à la population et la Californie, c
00:50:04'est 38-39 millions d'habitants pour un pays qui en compte 325.
00:50:11Et voilà, donc le candidat qui est donné deuxième pour l'instant dans les derniers sondages, c'est Elisabeth Warren
00:50:16avec sûrement une remontée de Joe Biden étant donné le retrait de Pete Buttigieg qui a eu lieu hier soir.
00:50:24Donc voilà, ça c'était un peu le point sur l'état de la Californie qui est très progressiste.
00:50:29Et alors les républicains ont quasiment disparu du paysage politique.
00:50:33qui sont, avant c'était coupé nord-sud, au nord c'était plus progressiste et au sud de l'état,
00:50:39vers Los Angeles, un peu plus conservateur.
00:50:41Et notamment le berceau du parti républicain qui est le comté d'Orange, sur lequel j'écris aussi dans l
00:50:47'Humanité dimanche de jeudi,
00:50:49et qui part, qui vote depuis 2016, qui vote démocrate.
00:50:52Et aujourd'hui on est plus sur un rapport cote intérieure.
00:50:55Donc l'intérieur vote plutôt républicain et les cotes votent plutôt pour les démocrates progressistes.
00:51:00Mais il reste encore quelques républicains, très peu.
00:51:04La Californie va voter pour le candidat démocrate.
00:51:07Donc le candidat démocrate, que ce soit Biden ou Sanders, remportera les 53 grands électeurs de Californie.
00:51:14Donc il y a plus d'enjeux dans la primaire que dans l'élection générale.
00:51:18Et juste une question sur ton frère.
00:51:21Vous avez grandi dans le milieu familial.
00:51:25Tes parents étaient plutôt démocrates, plutôt républicains ?
00:51:27Ma mère était démocrate, mais mes parents n'étaient pas très actifs dans la politique.
00:51:34Et en fait mon frère et ma soeur, ils sont tous les deux dans le militaire.
00:51:39Mon frère est dans l'armée, ma soeur est dans la marine.
00:51:43Ma soeur est plutôt démocrate, mon frère est républicain.
00:51:49Et moi aussi, je suis entrepreneuse.
00:51:51Donc j'ai des expériences qui m'informent un peu des perspectives diverses.
00:51:59Pourquoi les gens ont telle ou telle opinion ?
00:52:02Pour mon frère, moi je crois qu'il a tort, mais c'est son avis.
00:52:10Et pourquoi on est tellement différent, je ne sais pas.
00:52:13Il vote pour Trump.
00:52:13C'est intéressant de comprendre les ressorts.
00:52:15Pourquoi il vote pour Trump ? Sur quelle idée ?
00:52:18Moi il dit, il m'a dit qu'il aime, il a l'impression que Trump accomplit des choses.
00:52:34Il arrive à mettre en oeuvre des choses.
00:52:38Et moi je lui ai dit, ben, quoi ?
00:52:41Et c'est vrai, on dispute ça.
00:52:46Mais pour lui, c'est peut-être sa motivation.
00:52:51Le caractère ?
00:52:53Et il n'aime pas trop, comme beaucoup de gens, et moi j'essaie de comprendre mieux comment les gens
00:53:04réconcilient ça.
00:53:07Parce qu'il n'aime pas les tweets et la manière publique de Trump qui est vulgaire.
00:53:16Il dit sans cesse des bêtises, il ment.
00:53:21Et mon frère, comme beaucoup de gens, il sait ça.
00:53:26Mais il garde son impression et ses idées que, oui, je vais voter pour Trump.
00:53:35Et de comprendre ça et de peut-être changer ça, c'est énormément difficile.
00:53:41Il y a des gens vraiment enracinés dans cette idée.
00:53:49Et de présenter les faits ou la vérité, ça c'est déjà compliqué, c'est quoi la vérité, et difficile.
00:54:03D'accord. Merci, merci beaucoup, Mélanie.
00:54:05Merci beaucoup.
00:54:06Merci.
00:54:06Et justement, ça nous fait une transition un peu sur une autre question.
00:54:09Là, on va se projeter un peu plus vers l'élection générale du mois de novembre.
00:54:14Alors, on est en train de parler des primaires.
00:54:27D'accord.
00:54:29Merci beaucoup.
00:54:29Merci.
00:54:29Merci, Alex.
00:54:30Alex vient de me dire qu'il y a des questions sur le stream sur le socialisme démocratique.
00:54:37Donc, j'ai plusieurs choses à vous dire.
00:54:41J'essaye de poser ça comme ça.
00:54:43Voilà.
00:54:45La première chose, c'est...
00:54:48Alors, la transition avec ce que vient de nous dire Mélanie sur son frère Trumpy, c'est
00:54:54que c'est très difficile de déraciner et de le convaincre de voter pour quelqu'un d'autre.
00:54:58En fait, les États-Unis sont en train de vivre une période très particulière de leur histoire.
00:55:05Le pays est dans un état de polarisation qu'il n'a, à mon sens, pas connu depuis la guerre
00:55:13de sécession.
00:55:13Le pays est extrêmement divisé.
00:55:15Trump a été l'accélérateur de ça.
00:55:17Il n'a pas été le déclencheur.
00:55:18C'est un mouvement qui s'est déclenché il y a 40 ans et que Trump a accéléré pour faire
00:55:23vite.
00:55:24Les républicains sont de plus en plus à droite et les démocrates de plus en plus à gauche.
00:55:27Donc, on l'a vu avec Trump qui a gagné en 2016 et qui a assuré son emprise sur le
00:55:32parti républicain.
00:55:33Et on est en train de le voir, c'est ce qui est en train de se jouer au sein
00:55:36du parti démocrate.
00:55:40On voit clairement le virage à gauche qui a été effectué au sein du parti démocrate.
00:55:45Mais la question est de savoir si le plus à gauche des candidats va porter le drapeau du parti démocrate.
00:55:50Je prends un exemple pour montrer le virage à gauche.
00:55:53On peut le quantifier ou le voir de plein de façons.
00:55:59Je prends Pete Buttigieg qui est considéré comme un candidat centriste avec lequel Bernie Sanders s'est beaucoup opposé et
00:56:05qui s'est retiré pour favoriser un front anti-Sanders.
00:56:10La plateforme de Pete Buttigieg est beaucoup plus à gauche que celle de Hillary Clinton en 2016 et beaucoup plus
00:56:15à gauche que celle de Barack Obama en 2008 sur le SMIC à 15 dollars, sur l'allaudissement des impôts.
00:56:21Lui, il est aussi pour le Medicare for all, mais pour ceux qui le souhaitent, c'est-à-dire de
00:56:25créer un système d'une certaine façon optionnel.
00:56:29Donc c'est beaucoup plus à gauche. Il est quand même considéré comme un centriste au sein du parti démocrate.
00:56:37Donc la polarisation politique, elle veut dire aussi une chose, à mon sens, c'est partagé par un nombre de
00:56:46professeurs de sciences politiques et par Bernie Sanders.
00:56:52C'est-à-dire que la question n'est pas d'aller convaincre des électeurs de Trump de revenir ou
00:56:58de ne plus voter pour lui et de voter pour le candidat démocrate.
00:57:01Ça, ça peut jouer à la marge. Il y en a toujours une partie, bien sûr. Mais au contraire, de
00:57:04mobiliser sa base naturelle.
00:57:06Et la base naturelle du parti démocrate, ce sont les jeunes, dit Bernie Sanders, les jeunes, les minorités, les Africains
00:57:16-américains et les latinos qui sont la nouvelle minorité émergente et les classes populaires.
00:57:20Alors tout ça se recoupe un peu. On l'a vu tout à l'heure avec la Californie, latinos, classe
00:57:24populaire et jeunesse. Ça se recoupe.
00:57:28En fait, si vous regardez les grandes enquêtes de sciences politiques, entre les démocrates et ceux qui penchent pour le
00:57:37parti démocrate,
00:57:38qui se disent indépendants parce qu'ils ne se reconnaissent pas dans les deux grands partis, mais qui penchent du
00:57:41parti démocrate, ils sont plutôt à gauche,
00:57:43et les républicains et ceux qui penchent républicains, on a un rapport de force qui est à peu près à
00:57:4748%, 39%.
00:57:49Les vrais indépendants, entre guillemets, c'est-à-dire les fameux centristes dont on parle à chaque élection et qui
00:57:55ont plutôt tendance à disparaître,
00:57:57sont 7%. C'est-à-dire qu'il y a vraiment 7% d'Américains qui ne savent pas s
00:58:01'ils sont républicains ou démocrates, plutôt de gauche ou de droite,
00:58:04et qui peuvent voter une fois pour un démocrate, une fois pour un républicain.
00:58:07Mais si les démocrates font le plein avec 48%, ces 7% deviennent secondaires.
00:58:12Imaginons même que les républicains fassent le total de ces 7%, 39 et 7, 48, 46.
00:58:18Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça. Ça fonctionne en partie comme ça, ça fonctionnerait comme ça en France,
00:58:22mais ça ne fonctionne pas comme ça aux États-Unis parce que nous avons le système du collège électoral.
00:58:29Donc on le sait, Hillary Clinton a remporté 3 millions de voix de plus que Donald Trump en 2016 et
00:58:36elle a pourtant perdu le collège électoral.
00:58:39Donc la question centrale, c'est celle du collège électoral.
00:58:41Alors sur la perspective d'un duel Trump-Sanders, il y a quelques mois, tous les opposants à Bernie Sanders
00:58:52disaient
00:58:53qu'il ne faut pas voter pour lui parce que ça va être une catastrophe face à Donald Trump.
00:58:58Depuis trois semaines, un mois, tous les sondages montrent que Bernie Sanders fait aussi bien,
00:59:04si ce n'est mieux que les autres candidats démocrates face à Donald Trump au plan national.
00:59:11J'en avais un sur mon ordi tout à l'heure, je ne sais pas si je vais pouvoir vous
00:59:14le montrer.
00:59:14J'essaye de rallumer mon ordinateur.
00:59:16Les huit derniers sondages donnent Bernie Sanders devant.
00:59:20Mais encore une fois, encore une fois le collège électoral.
00:59:24Donc c'est important de regarder état par état.
00:59:26Etat par état, Bernie Sanders fait encore une fois les sondages.
00:59:32Ceci dit, vous savez, les sondages ne se sont pas beaucoup trompés en 2016.
00:59:38Ils donnaient un résultat final qui était à quelques points près, même pas quelques points près.
00:59:48Les dernières moyennes de sondage étaient 48-46.
00:59:51Et c'est à peu près ce qui s'est passé.
00:59:53Hillary Clinton a fait 48% et Donald Trump 46.
00:59:58Sauf qu'ils avaient un peu mal mesuré ce qui se passait dans les trois états que Trump a fait
01:00:06basculer du Midwest.
01:00:09Donc Sanders fait de très bons scores.
01:00:12Je vous parle, même temps j'essaye de rallumer mon ordinateur pour vous montrer les derniers sondages.
01:00:17Ici, Bernie Sanders se comporte très bien dans les sondages face à Trump dans ces trois états.
01:00:26Il est même donné devant.
01:00:27C'est plus compliqué pour lui en Floride, qui est une population plutôt vieillissante,
01:00:32une population de Cubains américains dont les plus de 35-40 ans sont plutôt très très républicains.
01:00:39Ces derniers commentaires sur Cuba ont été utilisés par ses adversaires.
01:00:44Donc la floride, c'est vraiment plus compliqué.
01:00:45En revanche, les trois états du Midwest, Pennsylvania, Wisconsin et Michigan, il fait de très bons sondages.
01:00:53Justement, mon ordinateur s'est rallumé, donc je vais vous montrer.
01:01:02Voilà, alors il y a un peu de reflet. Désolé.
01:01:05Voilà, ça c'est les derniers sondages.
01:01:08Il y en a 2, 4, 6, 8.
01:01:11Trump contre Sanders.
01:01:13Sanders plus 7, Sanders plus 6, plus 3, plus 6, plus 2, plus 4, plus 3, plus 8.
01:01:17C'est-à-dire qu'au vote populaire, Sanders serait devant.
01:01:22Encore une fois, ce qui compte, c'est les états.
01:01:25Il y a la question du Texas qui est intéressante parce qu'on verra la primaire à lieu demain.
01:01:30Sanders est donné aussi devant tous les autres candidats, entre 5 et 10 points devant.
01:01:37Sachant que le Texas est plutôt un état républicain avec une très forte proportion de population latino.
01:01:44c'est la même proportion que la Californie, 40%.
01:01:47Sauf que le paysage politique est différent parce qu'il n'y a pas eu de travail politique des syndicales.
01:01:50Toutes les syndicalisations en Californie sont de 15%.
01:01:52Au Texas, il est de 4%.
01:01:54Et le Parti démocrate n'a jamais fait un travail d'inscription des latinos sur les listes électorales.
01:01:59Bernie Sanders a commencé ce travail.
01:02:01Encore une fois, les latinos, la jeunesse et les classes populaires.
01:02:03On retrouve là ce carrefour.
01:02:06Il est donné devant.
01:02:07Et ça pourrait rendre le Texas compétitif, comme on dit ici.
01:02:09C'est-à-dire que peut-être que le Texas pourrait basculer du côté des partis démocrates.
01:02:13Et Bernie Sanders pourrait en être l'agent de cela.
01:02:18Voilà.
01:02:18Bon, on s'est dit beaucoup de choses.
01:02:20Il y a des questions qui viennent.
01:02:22Alex vient de m'en faire partager une.
01:02:24Donc Alex est le responsable de ce bureau qui nous a gentiment autorisé à organiser le live depuis ici sur
01:02:33le socialisme démocratique.
01:02:35Alors, Andrew, tout à l'heure, a un peu répondu.
01:02:39Bon, c'est une longue histoire.
01:02:40Donc on va essayer de la faire un peu courte.
01:02:42Il y a une tradition socialiste aux États-Unis.
01:02:44Ça peut paraître bizarre ou contre-intuitif, là encore.
01:02:47Mais il y a une tradition socialiste aux États-Unis.
01:02:49Le Parti républicain, qui a été fondé par Abraham Lincoln en 1856, sur la base de l'abolition de l
01:02:57'esclavage.
01:02:58Parmi les fondateurs du Parti républicain, il y avait des socialistes européens, dont des socialistes utopistes français,
01:03:06des fouriéristes qui étaient partis en exil après la répression du printemps des peuples en 1848,
01:03:13et qui sont venus pour certains aux États-Unis.
01:03:15Les fouriéristes ont fondé quelque chose qui s'appelle la Réunion à côté de Dallas.
01:03:19L'un des premiers chérifs de Dallas.
01:03:21Le premier chérif de Dallas était un fouriériste.
01:03:23Le premier fondateur de la brasserie de Dallas.
01:03:25C'est quelque chose qui est absolument méconnu aujourd'hui, évidemment.
01:03:28Si vous êtes ça un texan de base, il va vous regarder avec des grands yeux.
01:03:32Il me dit de quoi tu me parles, un socialiste.
01:03:33Et en effet, les socialistes ont participé à la création du Parti républicain.
01:03:40D'ailleurs, Karl Marx a échangé des lettres avec Horace Grulli,
01:03:44qui était un autre journaliste américain.
01:03:46Marx regardait de près ce qui se passait aux États-Unis,
01:03:49notamment autour de la question de l'esclavage et du Parti républicain.
01:03:51Il y a eu un candidat socialiste à l'élection présidentielle aux États-Unis au début du XXe siècle.
01:03:57Il s'appelle Eugène Debs, qui est d'ailleurs un peu la figure tutélaire de Bernie Sanders.
01:04:02Bernie Sanders, pendant quelques années, à la fin des années 1970,
01:04:06avant de devenir maire de Burlington dans le Vermont,
01:04:12a été un peu producteur.
01:04:14Il a fait un documentaire sur Eugène Debs,
01:04:16donc une grande figure du mouvement syndical et politique américain.
01:04:20Il y a eu aussi des socialistes dans l'histoire.
01:04:23ensuite, je veux dire, l'un des principaux conseillers de Martin Luther King,
01:04:28qui s'appelait Randolph Philippe, était socialiste.
01:04:31Et d'ailleurs, l'idée de la marche même sur Washington, c'était lui,
01:04:35et il avait dit à Roosevelt dans les 42-43,
01:04:40si tu ne fais pas passer cette loi, c'était une des lois de ségrégation dans l'armée,
01:04:46on organisera une marche à Washington pour l'obtenir.
01:04:49Et 20 ans après, il y a eu cette marche à Washington pour obtenir les droits civiques,
01:04:54avec ce fameux discours de Martin Luther King, évidemment,
01:04:56et qui a été sanctionné par le vote de deux lois sur les droits civiques et les droits électoraux de
01:05:021964 et 1965.
01:05:05Donc il y a une tradition socialiste aux États-Unis, ça c'est la première chose.
01:05:09On l'a vu aussi avec Gabriel Zuckman, tout à l'heure on parlait d'une interview,
01:05:12qu'il y a une tradition de progressivité fiscale.
01:05:15Et aujourd'hui, dans cette époque d'ultra-inégalité, où les inégalités explosent
01:05:21et la réforme des impôts de Donald Trump votée il y a deux ans en rajoute une couche,
01:05:27il y a une demande, clairement, de justice fiscale,
01:05:30qui s'enracine politiquement dans le parti démocrate
01:05:36et qui s'incarne dans la proposition de Bernie Sanders, donc de socialisme démocratique.
01:05:42Donc Andro a déjà un peu donné son point de vue sur le sujet.
01:05:45Moi le mien, il est, puisque vous me le demandez,
01:05:49je refuse de comparer la proposition politique de Sanders, de socialisme démocratique, à la social-démocratie.
01:05:55La social-démocratie européenne est un objet bien spécifique, bien déterminé,
01:06:01en lien avec la classe ouvrière née de la révolution industrielle et des syndicats,
01:06:07et la mise en œuvre ensuite de l'État-providence après la Seconde Guerre mondiale.
01:06:12Toutes choses qu'on ne retrouve pas aux États-Unis.
01:06:16On n'est pas dans la Suède de 1945, même pas dans l'Angleterre de 1945.
01:06:22On est dans les États-Unis de 2020, de l'après-guerre froide, du capitalisme triomphant mais défaillant.
01:06:30On est dans une société avec forte immigration, latino mais aussi asiatique.
01:06:38D'ailleurs, on le souligne assez peu aussi, il y a parfois quelques articles ou quelques déclarations sur le fait
01:06:48que les Asiatiques seraient une minorité modèle.
01:06:54Je ne veux pas rentrer dans ce débat, ce que je sais c'est que cette minorité, très diverse d
01:07:00'ailleurs, entre les femmes de ménage philippines d'un hôtel à Las Vegas,
01:07:07et l'ingénieur qui vient de Bangalore, qui travaille dans la Silicon Valley, il n'y a pas grand-chose
01:07:12à voir.
01:07:12Il y a une histoire commune des latinos. Les Asiatiques, c'est quand même un peu plus diversifié, il y
01:07:18a moins d'unités.
01:07:19Mais enfin, ils votent tous majoritairement pour le Parti démocrate.
01:07:21Dans les élections, c'était deux tiers, un tiers. En général, c'est ça aussi.
01:07:24Et on en retrouve beaucoup aussi dans la campagne de Bernie Sanders, qui est vraiment une campagne très diverse.
01:07:28Alors ici, ils disent « multiracial », on ne supporte pas ce terme de multiracial en français,
01:07:34mais en tout cas qui est très diverse et très représentative des États-Unis.
01:07:39C'est un peu la différence avec la campagne de Sanders de 2016.
01:07:42Sanders, en 2016, sa campagne reposait beaucoup sur les jeunes étudiants et les jeunes diplômés.
01:07:48Aujourd'hui, c'est beaucoup plus divers, comme je l'ai dit avec les latinos, et aussi beaucoup plus d
01:07:54'éléments de la classe ouvrière.
01:07:57Je dévoile un peu ce qu'il y a dans mon reportage demain sur la Californie.
01:08:02J'ai rencontré, il y avait une marche, à partir d'ici samedi, pour aller au bureau de vote,
01:08:07donc pour mettre son vote de manière anticipée, on peut voter de manière anticipée ici.
01:08:11J'ai parlé avec un plombier, parlé avec une infirmière.
01:08:14Il y avait, vous voyez, Andrew est dans la communication.
01:08:16Il y a Mélanie qui est entrepreneuse.
01:08:18Donc c'est vraiment très diversifié socialement, mais plus ancré qu'en 2016 autour des classes populaires
01:08:24et des classes, des petites classes moyennes, disons, et beaucoup plus anglais, beaucoup plus diversifiées,
01:08:31avec une très forte proportion de latinos.
01:08:35Tout à l'heure, je ne sais plus qui disait qu'elle fait du porte-à-porte dans le quartier
01:08:38latino d'Oakland,
01:08:39ça s'appelle Food Whale, où les militants vont au porte-à-porte, et parfois en espagnol, parfois en anglais,
01:08:45décrivent le programme de Sanders.
01:08:48Donc pour revenir au socialisme démocratique, c'est beaucoup plus radical de proposer aujourd'hui
01:08:53un système de santé universel public dans les États-Unis inégalitaire de 2020
01:09:02que dans l'Europe de 1945.
01:09:06Si on prend une autre question pour revenir à ce que dit Gabriel Zuckmann sur l'impôt,
01:09:12la proposition de Bernie Sanders est de créer un impôt sur l'ISF, en fait, un impôt sur la fortune,
01:09:22qui n'a jamais existé aux États-Unis, sauf, rappelle l'économiste français, un peu au XVIIIe siècle.
01:09:29Il y avait déjà des embryons d'impôt sur la fortune, quand nous on était encore à la gabelle
01:09:35et au droit d'octoire, rappelle Gabriel Zuckmann.
01:09:38Mais ça n'a jamais existé au niveau fédéral.
01:09:41C'est une proposition de Bernie Sanders.
01:09:42Et sa proposition, si on l'appliquait à la France, ça reviendrait, si on compare au défunt ISF français,
01:09:50à cinq fois le niveau de ce que cet ISF était en France.
01:09:55C'est-à-dire qu'on est tout de suite sur une proposition de super ISF.
01:10:00C'est social-démocrate, ça ? Franchement, je pense que si on s'enferme dans les débats autour de social
01:10:06-démocratie, pas social-démocratie,
01:10:07on risque de ne pas comprendre ce qui est en train de se jouer ici.
01:10:09Et ce qui me semble important, c'est la radicalité du mouvement, à la fois par les propositions et à
01:10:16la fois par le mouvement lui-même.
01:10:17Bernie Sanders n'arrête pas de le répéter. Il l'a encore dit hier, il y a eu deux gros
01:10:21meetings en Californie, un à Sandroze, à une heure d'ici,
01:10:26et un à Los Angeles en fin d'après-midi, avec le groupe pionnier de rap Public Enemy.
01:10:32Et 25 000 personnes au total qui sont venues.
01:10:34Et Sanders a rappelé, tout seul, si je suis élu président, je n'y arriverai pas.
01:10:39Nous ne pouvons y arriver que s'il y a, d'abord je ne peux être président que s'il
01:10:43y a un taux de participation absolument historique dans l'histoire du pays, premièrement.
01:10:50Et deuxièmement, on arrivera à mettre en œuvre notre programme que si, pareil, il y a un grand mouvement qui
01:10:57s'appelle la révolution politique.
01:11:01Alors, évidemment, le mot fait peur et on l'utilise, enfin, il ne fait pas peur à tout le monde.
01:11:07Autrement, Bernie Sanders ne serait pas en tête des sondages et en données favoris pour les élections de Super Tuesday
01:11:14demain.
01:11:14Donc, manifestement, ça ne fait pas peur à une frange qui n'est pas encore assez déterminante pour faire basculer
01:11:19la vie politique, à mon sens.
01:11:21qui est croissante, qui est en train de se renforcer, qui est beaucoup plus forte qu'en 2016, mais qui
01:11:27n'est pas encore au point où les choses vont basculer.
01:11:32On verra demain les résultats.
01:11:33D'ailleurs, ça me donne l'occasion de vous dire que nous serons de nouveau en direct d'ici, a
01:11:40priori, mercredi matin, à la même heure, 19h heure française, 10h heure locale,
01:11:44pour décrypter les résultats de ce Super Tuesday.
01:11:52Donc, sur l'idée du Bernie Sanders social-démocrate, bon, je vais vous donner quelques éléments de réponse.
01:12:00Je ne vais pas faire 10 minutes sur le sujet non plus.
01:12:04Ceci dit, voilà, donc, vous avez compris mon point de vue.
01:12:07Évitons de nous enfermer dans le débat sur social-démocrate.
01:12:09J'ai entendu qu'un éditorialiste sur une radio publique disait que Bernie Sanders serait à la droite du PS
01:12:19s'il était français.
01:12:21Mais je n'ai pas vu que la droite du PS proposait un supérieur ISF dont le rendement est cinq
01:12:26fois supérieur à l'ISF défunt.
01:12:29Je n'ai pas vu ça ou alors je me suis trompé.
01:12:30Donc, il faut vraiment faire très attention avec les clichés.
01:12:34On le voit, ça commence à apparaître.
01:12:37Mais l'histoire des États-Unis est une histoire qui est beaucoup plus complexe, simplement, que le récit riganien qui
01:12:44s'est imposé.
01:12:45Ça a été d'ailleurs une grande force de ce récit riganien, il faut lui reconnaître ça,
01:12:50d'avoir imposé une espèce de vision unilatérale et éternelle des États-Unis, anti-impôts, pro-arme à feu, anti
01:12:58-abortement, religieuse.
01:12:59Et on découvre un pays qui, d'abord, qui dans son histoire a aussi une histoire de grande progressivité fiscale,
01:13:05un pays qui a une histoire où la gauche a un rôle important, où l'idée socialiste a aussi eu
01:13:13un rôle important.
01:13:14Et puis, il y a un pays où il y a une jeunesse qui est en train de bousculer.
01:13:20Elle ne révolutionne pas le pays comme elle est en train de le bousculer, le pays très clairement.
01:13:25On voit aussi que cette jeunesse, elle a des expériences.
01:13:29Le fait que beaucoup des jeunes qui nous ont parlé aujourd'hui, il y a Robin qui devait nous rejoindre.
01:13:35Et je pense qu'il a été bloqué dans les embouteillages, comme souvent dans les grandes villes des États-Unis.
01:13:39Et une expérience à l'étranger compte aussi dans la formation idéologique et politique de leur conception.
01:13:49Et cette génération, c'est la plus mondialisée, pas seulement par la technologie, mais elle a beaucoup plus.
01:13:55D'abord, c'est la plus diplômée, donc elle a beaucoup plus tendance à aller faire des stages à l
01:13:59'étranger,
01:14:00donc à voir autre chose et à revenir avec d'autres conceptions.
01:14:02Elle est aussi mondialisée de par sa composition, avec beaucoup de jeunes latinos,
01:14:09beaucoup de jeunes asiatiques, beaucoup de jeunes africains américains.
01:14:12Beaucoup de jeunes, et aussi très importants, qui se considèrent de plus en plus comme ni latinos ni blancs,
01:14:18mais comme des américains aux origines diverses.
01:14:22Et donc dans le recensement, on voit de plus en plus cocher la case,
01:14:26encore cette fameuse case que je n'aime pas, multiracial, mais qui dit quelque chose,
01:14:30qui dit qu'on ne veut pas se laisser enfermer dans les assignations résidences identitaires,
01:14:37et on développe une autre conception de l'identité avec tous les guillemets possibles.
01:14:45Et ce qui prédomine, c'est la construction d'une identité sociale et politique.
01:14:49Donc on voit que des choses sont en train de changer,
01:14:53et que finalement cette jeunesse, elle aussi, elle reprend en compte et à sa charge une des traditions des États
01:15:06-Unis,
01:15:08qui est une tradition de demande d'égalité, de demande de...
01:15:16Le mot égalité, c'est un mot qu'on utilise beaucoup en France et qui n'est pas utilisé aux
01:15:21États-Unis,
01:15:21mais qui compte beaucoup dans l'histoire américaine.
01:15:26Et la gauche américaine a joué un rôle central.
01:15:29C'est un historien de New York qui s'appelle Elie Zaretsky, qui en parle beaucoup,
01:15:34et qui dit que le problème de la gauche aux États-Unis, c'est qu'elle n'a pas de
01:15:37permanence historique,
01:15:39elle disparaît, puis elle revient, mais elle revient dans les moments centraux.
01:15:41Et il en cite trois, donc les années 60, le New Deal, et l'abolition de l'esclavage.
01:15:48Et c'est très important cette dimension-là.
01:15:53Notamment sur l'abolition de l'esclavage, on est un peu oublié,
01:15:54donc je parlais de la gauche et des éléments socialistes qui étaient dans la constitution du parti républicain,
01:16:01mais c'est très important l'histoire de la gauche.
01:16:04D'abord, il y a une gauche américaine, oui, ça peut vous étonner, mais il y a une gauche américaine.
01:16:07Et cette gauche américaine, elle a joué un rôle, parce qu'au moment où on a aboli l'esclavage,
01:16:12pour des raisons qui n'étaient pas seulement des raisons morales,
01:16:16qui étaient aussi des raisons d'impératifs industriels,
01:16:20la gauche a joué un rôle dans le sens où il y a eu un débat pour savoir si on
01:16:23abolissait simplement l'esclavage,
01:16:25ou si on vendait les anciens esclaves, on les considérait comme des citoyens.
01:16:30Il y a une partie du mouvement abolitionniste qui dit qu'on arrête de les considérer comme des produits,
01:16:37mais pas comme des citoyens.
01:16:38La gauche l'a emporté à ce moment-là, la conception de la gauche l'a emporté,
01:16:42et donc, ça fait partie des épisodes totalement méconnus, oui, en France,
01:16:51et pas seulement en France d'ailleurs, de l'histoire américaine,
01:16:54c'est que les libérés, les esclaves, sont devenus des citoyens,
01:16:57et qu'il y a eu des élus africains-américains, noirs, de 1865 à 1877, dans le sud.
01:17:06Ils étaient tous républicains, parce que c'est le parti républicain qui avait voté l'abolition de l'esclavage.
01:17:13Et en fait, en 1877, quand l'armée de l'Union, quand les Yankees se sont retirés,
01:17:18le sud a mis en œuvre des mesures de ségrégation qui sont connues sous le nom de la loi Jim
01:17:24Crow,
01:17:25Jim Corbeau, qui était un personnage joué de théâtre, un minestrelle, à connotation,
01:17:31pas à connotation, ouvertement raciste.
01:17:34Et ces lois de ségrégation ont été mises en place, et petit à petit, on a empêché les Noirs de
01:17:37voter.
01:17:37Il y a eu des élus, les Noirs ont voté entre 1865 et 1877,
01:17:44et il y a eu des élus, des sénateurs en Mississippi, en Caroline, des députés aussi.
01:17:50Voilà, donc la gauche a eu un rôle important, et donc Elisaradsky dit maintenant,
01:17:53on est arrivé à un, peut-être, il le pose en termes de problématiques,
01:17:56à un quatrième moment central de l'histoire des États-Unis, où la gauche va jouer un rôle central.
01:18:01Voilà, et donc au-delà du débat socialisme démocratique, social-démocrate,
01:18:07je pense que ce qui est important, c'est le retour de la gauche sur la scène politique des États
01:18:13-Unis.
01:18:14C'est le retour en partie, en partie, d'une forme de conscience de classe politique.
01:18:24Là aussi, demain, l'universitaire que je viens d'interview pour le reportage,
01:18:28qui s'appelle Cris Zepeda Milan, qui est un spécialiste de la question latino,
01:18:32dit que clairement, à travers la classe ouvrière latino, il y a un retour de la conscience de classe.
01:18:39Donc c'est le retour des catégories populaires dans le jeu politique,
01:18:42ce qui fait un peu peur à l'establishment républicain, mais ce qui fait aussi peur à l'establishment démocrate.
01:18:50On voit régulièrement Bernie Sanders taper les uns et les autres,
01:18:55l'establishment républicain et l'establishment démocrate.
01:18:58Et l'ancien chef de cabinet de Barack Obama, qui s'appelle Rahm Emmanuel,
01:19:02a dit que le pari de Bernie Sanders était de l'emporter par la mobilisation de la jeunesse et des
01:19:10classes populaires.
01:19:10Il dit chose qu'on n'a pas vu depuis 1964, et donc c'est une stratégie risquée.
01:19:15Alors c'est en partie vrai, mais c'est aussi en partie faux,
01:19:18parce que sans la jeunesse, Barack Obama n'aurait pas été élu.
01:19:21Donc lui, qui était directeur de cabinet de Barack Obama, devrait le savoir.
01:19:23Mais en revanche, l'idée que les classes populaires doivent être de retour dans le jeu électoral,
01:19:29et pas seulement le jeu électoral, le processus politique est l'idée centrale de la campagne de Bernie Sanders.
01:19:38Classe populaires, pour ce qu'elles sont aujourd'hui, c'est-à-dire très diverses,
01:19:43avec la classe ouvrière blanche, avec la classe ouvrière latino,
01:19:49avec tous ces métiers qui se développent autour du soin à la personne.
01:19:55Le fait qu'ici, par exemple, le syndicat des infirmières soit à la pointe de la bataille pour le Medicare
01:20:01for All
01:20:01et de la bataille pour Bernie Sanders.
01:20:04Bernie Sanders a reçu officiellement le soutien de ce syndicat,
01:20:08qui est l'un des plus grands syndicats de Californie.
01:20:10Il a aussi reçu le soutien du syndicat des enseignants à Los Angeles.
01:20:15Aux Etats-Unis, ça se fait, on appelle ça des endorsements, donc c'est les soutiens officiels.
01:20:21Donc on voit bien qu'Elisabeth Warren a reçu, avec Bernie Sanders, le co-soutien du syndicat des personnels de
01:20:32restaurants et des hôtels.
01:20:33Et sur le plan national, contrairement à 2016, les grandes centrales syndicales sont bien gardées d'apporter un soutien à
01:20:40l'un des candidats.
01:20:40En 2016, c'était tous donner leur soutien à Hillary Clinton assez rapidement, pensant qu'à partir du moment où
01:20:50c'était elle qui allait être élue,
01:20:51il fallait être du bon côté du Manche, mais pour certains, pensait-il pour la bonne cause.
01:20:56Et là, il n'y a pas eu de soutien officiel apporté cette année des syndicats nationalement, à part un
01:21:05ou deux syndicats,
01:21:06les pompiers pour Joe Biden et le syndicat des électriciens pour Bernie Sanders.
01:21:10Et surtout, en Californie, Bernie Sanders avec les infirmières et les enseignants.
01:21:15Les enseignants à Los Angeles, c'est 34 000 adhérents, donc c'est quand même une grosse force de frappe.
01:21:21Voilà, je crois qu'on a fait un peu le tour, à moins qu'il y ait d'autres questions.
01:21:26Je ne sais absolument pas l'heure qu'il est.
01:21:29Je pense que ça fait peut-être plus d'une heure qu'on est ensemble, sûrement d'ailleurs.
01:21:33Vous avez peut-être trop parlé, vous avez peut-être permis de vous endormir un peu.
01:21:38Bon, voilà, écoutez, en tout cas, on va refaire un petit dernier tour de ce lieu,
01:21:46et puis on va se quitter comme ça en résumant.
01:21:48Donc voilà, on parlait du renouvellement de la vie politique.
01:21:57Alexandria Ocasio-Cortez en est l'exemple archétypal.
01:22:03C'est une milléniole, donc elle est née trois semaines avant la chute du mur de Berlin.
01:22:09Donc politiquement, elle n'a jamais été, elle n'a jamais baigné dans le bain idéologique de la guerre froide.
01:22:15Elle est aujourd'hui députée de New York, elle se déclare socialiste.
01:22:21Elle est d'origine puertoricaine.
01:22:25Elle est Bac plus 4 et puis elle a dû travailler comme bartender dans un bar,
01:22:32ce que moque beaucoup d'ailleurs la droite républicaine en disant retourner dans votre bar,
01:22:36comme si les classes populaires ne pouvaient pas accéder aux fonctions politiques.
01:22:39Voilà, c'est un peu la nouvelle égérie de la gauche américaine.
01:22:42Elle ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle parce qu'il faut avoir plus de 35 ans.
01:22:47Donc ça nous permet d'avoir aussi un regard sur la constitution originelle et les pères fondateurs,
01:22:56et la façon dont ils considéraient l'investissement dans la vie politique.
01:23:01C'est-à-dire que pour être président, pour eux, à la fin du XVIIIe siècle, il fallait avoir plus
01:23:05de 35 ans,
01:23:06ce qui nous plaçait quand même chez des gens très âgés.
01:23:09Il fallait être blanc, puisque seuls les blancs pouvaient voter.
01:23:11Il fallait être rome, puisque seuls les hommes pouvaient voter.
01:23:13Et en plus, comme on était dans ces frères régions censitaires, on pouvait être riche.
01:23:16Donc forcément, un président ne pouvait être qu'un vieux mâle blanc.
01:23:19C'est ça que dit la constitution.
01:23:21Voilà, donc aujourd'hui, Alexandre Rio Caso-Cortez ne peut pas se présenter à l'élection présidentielle,
01:23:26mais elle inspire et elle incarne tout le renouveau dont on est en train de parler, qu'on appelle le
01:23:32mouvement Sanders.
01:23:33Au-delà de Bernie Sanders, la question, c'est le mouvement Sanders, c'est ça qui est vraiment en jeu.
01:23:42C'est ça qui va se jouer demain dans les urnes.
01:23:45Si Joe Biden, pour faire simplement de la petite analyse électoraliste, ça peut aider aussi parfois.
01:23:52Si demain, Joe Biden profite de sa victoire en Caroline du Sud et du retrait de Pete Buttigieg pour plutôt
01:23:58recoller,
01:24:01demain, il va remporter les États du Sud, mais il ne remportera pas la Californie et peut-être pas le
01:24:05Texas.
01:24:06Sûrement pas le Texas, d'ailleurs.
01:24:08Mais ça va être plus compliqué pour Bernie Sanders de percer, parce qu'il va y avoir une sorte d
01:24:13'alliance, un front contre Sanders.
01:24:16Après, il faut voir ce que fait Elisabeth Warren, qui était plutôt alliée de Bernie Sanders, mais qui a eu
01:24:20des propos peu amènes dans son rencontre ces derniers jours.
01:24:24Est-ce qu'un front contre Sanders n'est pas en train de se dessiner ? C'est la question.
01:24:27Et la question, elle se règle en partie demain dans les urnes. Plus Sanders sera haut dans les États qui
01:24:34sont vraiment en jeu, plus la course vers la nomination pour lui sera peut-être pas un chemin de rose,
01:24:41mais en tout cas, elle sera pour être couronnée de succès.
01:24:47Donc ça se joue demain dans les urnes. Ça se joue demain en Californie, dans 14 États. Ça se joue
01:24:51ici à Auckland. Et on va laisser... Alors il n'y a personne, vous voyez.
01:24:56Ils sont tous partis, ils sont tous sur le terrain en train d'essayer de convaincre les électeurs d'aller
01:25:02voter pour Bernie Sanders. Ils sont tous dans les bureaux de vote aussi.
01:25:05Et nous, on va s'arrêter là, je pense. Voilà. Écoutez, merci de nous avoir suivis. On se dit donc
01:25:11mercredi, même lieu, même heure, même interlocuteur, j'espère.
01:25:20Et puis... Alors il y a une question. Warren est-elle la rivale de Sanders ou est-ce plutôt Biden
01:25:26?
01:25:26Alors pour l'instant, c'est plutôt Biden. Il faudra voir aussi ce que fait Mike Bloomberg, le milliardaire qui
01:25:33a mis 500 millions d'euros dans la course pour venir exister.
01:25:36Les sondages ne donnent pas très haut. Je pense que Biden, c'est maintenant... Encore, ça dépendra du vote de
01:25:42demain.
01:25:45Mais... Et le recours officiel contre Sanders. Donc Buttigieg s'est retiré. Clau Bouchard continue parce qu'on vote dans
01:25:54son état du Minnesota.
01:25:56Mais elle risque de se retirer après et de se rallier à Biden. Warren, c'est une question. On pensait
01:26:03jusque-là qu'elle ferait alliance avec Sanders.
01:26:06C'est de moins en moins sûr. Elle peut jouer le recours de la convention. Mais ça, on en parlera
01:26:11peut-être plus mercredi, la question de la convention.
01:26:13Il va un peu plus clair dans les résultats et un peu comment la suite peut s'annoncer. La convention
01:26:19qu'il y a eu à Milwaukee ou à Wisconsin en juillet.
01:26:22Donc pour l'instant, en Californie, c'est la rivale parce que Sanders va gagner la Californie. La question, c
01:26:29'est ce qu'il va gagner avec 20, 15 ou 10 points d'avance.
01:26:3110 points d'avance, ce ne sera pas une victoire. 20 points d'avance, c'est un triomphe. Bon, on
01:26:36verra plus clair mercredi matin et on se retrouvera ici dans les locaux de Bernie Sanders à Auckland, la ville
01:26:47des Black Panthers de Jack London.
01:26:52Et voilà, je crois que c'est à peu près tout dit. Merci de nous avoir suivis. On a une
01:26:57bonne soirée. Et pour nous, c'est la journée.
01:26:59Donc on va continuer à aller suivre les militants et voir comment ça se présente avec les électeurs. Merci. À
01:27:04bientôt.
01:27:04Merci.