00:00C'est un soulagement en demi-teinte, on va dire, parce que d'un côté, on n'a pas Le
00:03Pen au pouvoir,
00:03donc on sait que l'extrême droite, quand elle a le pouvoir, elle ne le rend pas.
00:06Donc dans tous les pays, ça s'est vu, soulagé par rapport à ça, mais déçu quand même,
00:11parce que forcément, on se retrouve avec 5 ans en plus de Macron, et on sait très bien ce que
00:16ça a donné.
00:16Donc forcément, on ne peut pas être content aujourd'hui quand on est de gauche,
00:19on ne peut que être déçu et par contre avoir la niaque et avoir envie de se battre, parce qu
00:22'il n'y a que ça à faire en fait.
00:34On vit une période qui n'est vraiment pas facile pour la gauche, de façon générale,
00:38parce que d'un côté, la montée du Front National et de ses idées rancent,
00:42et de l'autre côté, encore un quinquennat Macron, sur lequel on sait qu'on se prépare déjà à être
00:46dans la rue,
00:47parce que les 5 dernières années, on montrait l'incapacité de Macron à tenir une politique sociale,
00:52donc ceux qui pensaient qu'il était de gauche, désolé, non, depuis longtemps on le savait,
00:57mais on le sait encore mieux après 5 ans de mandat.
00:59Simplement montrer que même s'il a gagné ce présidentiel, il n'a pas gagné déjà sans rien,
01:03il a gagné avec l'aide de la gauche, et qu'il doit rendre des comptes, en fait, clairement,
01:07parce que voilà, tout ce programme qu'il a présenté, et tout ce qu'il a annoncé sur la réforme
01:12des retraites,
01:1365 ans, sur la réaction de l'université, sur les différentes réformes, en fait,
01:17qui vont venir casser encore plus le service public et nos conquêtes sociales,
01:20ben juste, non, on n'est pas d'accord, et on s'opposera pendant tout son quinquennat là-dessus,
01:25en espérant aussi qu'il y ait l'union de la gauche pour l'élicitative,
01:27histoire d'avoir un vrai contre-pouvoir.
01:29Parce que je pense qu'on a une responsabilité collective sur les épaules,
01:31que ce soit tous les partis de gauche, du PS à la LFI, au Parti communiste, au NPA, aux écolos,
01:36enfin, au moment où on a tous une responsabilité, c'est, en fait,
01:38de ne pas laisser le peuple de gauche dans la merde pendant encore 5 ans.
01:41Il y a des gens qui, vraiment, en fait, souffrent des politiques qui sont mises en place par le gouvernement,
01:44qui souffrent de la priorité, de plein de choses, en fait.
01:47Et si on n'arrive pas à tenir la barre et à vraiment incarner un contre-pouvoir, en fait,
01:51ben, simplement, toutes ces personnes-là, on leur dit qu'elles n'ont pas d'importance et qu'on ne
01:54les écoute pas.
01:58Et je suis désolée, quand Sarkoël était élu,
02:00et ben, il y avait de la colère, ça veut dire qu'il y avait de la vie,
02:03ça veut dire qu'on était vraiment dans notre chair, en colère,
02:06contre tout ce que la campagne de Sarkoël avait généré,
02:08et que maintenant, on se paye des Le Pen à je ne sais pas combien.
02:11Et quand on se paye ça, et ben, voilà, il y a quoi ?
02:13Il y a nous, on vient là, quoi, pour sauver l'honneur.
02:15Mais vous voyez bien, il ne va rien se passer.
02:17Il y a des flics partout.
02:18Ils s'attendent à quoi ?
02:19Ils s'attendent à ce qu'il y ait le bordel, mais ils vivent où ?
02:21Ils ont gagné.
02:22Il n'y a plus de colère.
02:23Après, c'est ce qu'on se disait tout à l'heure avec Sandra.
02:25La magie de l'événement, on ne sait pas quand elle arrive.
02:28On ne sait pas quand elle arrive.
02:29Et on peut avoir l'impression qu'il ne se passe rien,
02:32et que les gens sont déprimés, et résignés.
02:37Et en fait, on ne sait pas pourquoi, d'un coup, la colère, elle va revenir.
02:40Peut-être.
02:41Ça fait chier depuis le début, parce qu'on est allé voter,
02:43parce qu'on a eu la trouille que ce soit plus serré.
02:46Et finalement, on ne s'était pas si serré, on aurait aimé ne pas voter.
02:49Enfin, quel soulagement, de toute façon.
02:51Bien sûr, c'est un soulagement qui a duré une demi-seconde, quoi.
02:56Parce qu'on parle de barrage, mais on n'a jamais vu un barrage
02:58qui faisait gagner 11 points au Front National en 5 ans, en fait.
03:01C'est le contraire d'un barrage.
03:03Moi, j'aimerais bien qu'il ait une opposition partout, en fait.
03:07Dans la rue, dans les lieux de travail, dans les grèves, à l'Assemblée, partout.
03:11Et qu'on fédère notre colère, et qu'on recommence à mettre en dialogue espoir et colère.
03:17C'est-à-dire qu'on transforme notre colère dans quelque chose de constructif, de collectif.
03:28On est tous là pour montrer à Macron qu'on est remonté contre lui.
03:32Peu importe le résultat, on s'attendait à l'un des deux, et les deux sont très mauvais.
03:36Il y a 15% de budget en moins dans les universités françaises depuis le mandat de Sarko.
03:41C'est clairement une volonté de mettre à mal aussi l'enseignement supérieur public et de la recherche français.
03:47Et ça au profit des écoles supérieures privées.
03:51Aujourd'hui déjà, les universités de Assas et de Nice ont le statut d'université expérimentale.
03:56On sait déjà qu'est-ce qu'il veut expérimenter.
03:57C'est la privatisation de certaines formations en les rendant payantes, en les rendant sélectives, etc.
04:03C'est massacrer l'enseignement secondaire, les collèges et les lycées,
04:07en par exemple dégradant le système de remplacement des professeurs, etc., des titulaires.
04:14Ça annonce que du mauvais.
04:15Eux, ils sont très bien organisés, à nous, nous organiser.