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  • il y a 20 heures
A la veille de l'acte XII de la mobilisation des gilets jaunes, quelle attitude avoir face au grand débat mené par Macron ? Quelle est l'étape suivante pour faire avancer le mouvement ?
Débat avec Priscillia Ludosky, co-fondatrice du mouvement des gilets jaunes, Mathieu Viellepeau secrétaire UL-CGT Fontenay sous Bois et Patrice Leclerc, maire PCF de Gennevilliers

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Transcription
00:00Bonjour, bienvenue à cette nouvelle émission de Libre Parole.
00:03Le thème de l'émission aujourd'hui, les Gilets jaunes, les syndicats et la gauche,
00:08avec trois invités, Priscillia Ludoski, Mathieu Vieille-Pau, qui est secrétaire générale de l'Union locale CGT,
00:18Priscillia Ludoski, vous êtes une des cofondatrices du mouvement des Gilets jaunes,
00:23et Patrice Leclerc, qui est maire de Gennevilliers. Merci à tous les trois.
00:26Première question, je me retourne vers vous Priscillia.
00:30Je dis cofondatrice parce qu'en fait, vous avez lancé une pétition au mois de mai de l'an dernier,
00:38qui se terminait comme ça.
00:40Il est tout à fait honorable que nous cherchions des solutions pour circuler en polluant le moins possible notre environnement,
00:47mais la hausse des taxes imposées par le gouvernement n'est pas la solution.
00:51Je vous invite à signer cette pétition pour permettre le franchissement d'une étape allant vers le dialogue.
00:57Plus d'un million deux cent mille personnes ont signé, et le Président de la République a fini par vous
01:04répondre à la fin décembre de l'année dernière.
01:08Alors je vous poserai à vous d'abord cette première question.
01:12Qu'est-ce que c'est pour vous qui en êtes partie prenante, le mouvement des Gilets jaunes ? Qu
01:15'est-ce que ça signifie ?
01:17Pour moi, c'est une très grosse remise en question du système tel qu'il est actuellement.
01:24C'est des comptes qui sont demandés, et des réponses qui sont attendues, et des vraies réponses qui permettent d
01:30'avancer.
01:32Des questions qui sont posées par une partie de la population ?
01:37Oui, par une partie de la population, notamment en ce qui concerne le pouvoir d'achat principalement, et puis le
01:42système de représentativité tel qu'il est aujourd'hui.
01:44D'accord. En fait, une partie de la population qui est toujours quand même soutenue par une majorité de la
01:49population.
01:49Donc en fait, ça concerne le plus grand nombre.
01:51Ça concerne le plus grand nombre. Alors après, c'est vrai que c'est une chose d'aller manifester, et
01:55puis c'en est une autre de soutenir d'une autre manière.
01:57Donc effectivement, je pense que ce questionnement qu'on a concerne la majorité de la population, et que les gens
02:03se retrouvent dans les questions qu'on pose.
02:05On est bien d'accord que c'est quand même un mouvement dont on n'a pas vu des comme
02:10ça depuis très longtemps en France.
02:12Oui, je pense que ça révèle qu'il y avait quand même un profond malaise, et aujourd'hui, il se
02:18traduit par ces mouvements-là, par ces manifestations, ces actions.
02:22Et je pense que oui, même si ça fait un moment que ça n'a pas été... Enfin, ça s
02:27'est fait quand même dans les Outre-mer en 2009.
02:29C'est quand même la France, les Outre-mer. Donc c'était quand même un premier signal, parce que ça
02:33fait écho tout à fait à ce qui s'est passé.
02:35Ça avait commencé de la même manière avec l'attraction carburante. C'est dommage que dix ans après, on ait
02:40le même type de problème.
02:41D'accord. Mathieu Vieillepeau, vous êtes donc à la CGT.
02:47Comment vous le définiriez, le mouvement des Gilets jaunes ? Vous nous direz après votre expérience ?
02:54Comme un mouvement citoyen populaire, un mouvement qui résulte justement de la colère des salariés, la colère du fait d
03:03'un manque de pouvoir d'achat, d'un manque de reconnaissance au niveau du salaire.
03:10C'est vraiment à ce niveau-là que, pour moi, je trouve que le mouvement des Gilets jaunes, il est
03:15né. C'était vraiment le pouvoir d'achat.
03:18Pour moi, c'était vraiment la question du pouvoir d'achat avec la baisse des taxes des carburants. Mais c
03:22'était qu'on voit en province ou qu'on voit en région parisienne.
03:25C'est le manque de pouvoir d'achat. C'est le fait de travailler tous les mois et de ne
03:30pas pouvoir finir la fin de mois.
03:33C'est d'être à la fin de mois, le 5 du mois. Ça, c'est vraiment le mouvement des
03:36Gilets jaunes. C'est le reflet du mouvement des Gilets jaunes.
03:38Après, au niveau du mouvement des Gilets jaunes, on le voit bien. Je veux dire, que ce soit pour la
03:42loi El Khomri ou la loi Macron,
03:44c'est aussi, ça fait partie des, je dirais, une sorte de continuité, même si ce n'est pas une
03:51continuité syndicale.
03:52Parce qu'il y a eu, pas forcément un rejet, parce que ce n'est pas le bon terme.
03:58Aujourd'hui, on voit bien, quand on va au niveau de la CGT, quand on va manifester avec les Gilets
04:04jaunes,
04:05moi, on a toujours eu un très bon accueil. On a toujours eu un très bon accueil, qu'on soit
04:09en train de tracter ou quoi que ce soit.
04:11Les Gilets jaunes ne sont jamais mal accueillis. Je veux dire, la majorité des Gilets jaunes ne sont jamais mal
04:16accueillis.
04:16Bien. Patrice Leclerc, alors vous, vous êtes maire de Gennevilliers.
04:21C'est une ville dont la population appartient quand même majoritairement aux couches populaires.
04:27Donc vous avez l'habitude de vivre avec les couches populaires. C'est quoi pour vous le mouvement des Gilets
04:35jaunes ?
04:35Et puis, comment ça s'est exprimé, si ça s'est exprimé dans votre ville ?
04:39Alors, pour moi, le mouvement des Gilets jaunes est un mouvement salutaire, un mouvement populaire de révolte contre la malvie,
04:46les difficultés de vie.
04:49Et en même temps, un mouvement qui aspire à être respecté, c'est-à-dire à être respecté dans sa
04:55dignité, à être reconnu.
04:56D'ailleurs, c'est ce qui fait que ce sont des gens ordinaires qui deviennent extraordinaires dans ce mouvement,
05:01parce qu'ils exigent, en gros, ils disent assez de ce mépris.
05:05Ça s'est exprimé sur l'essence, mais l'essence, c'était la goutte d'eau qui a fait déborder
05:09le vase.
05:10Mais face à toutes les phrases du président Macron, il faut se rappeler qu'Hollande avait parlé des descendants aussi.
05:16Et donc, c'est toute une succession de faits.
05:18Et enfin, les gens réagissent. Alors, ils réagissent avec leurs moyens, leur façon de faire.
05:23Mais c'est un mouvement qui pose une certaine détermination aussi.
05:29Moi, c'est ce qui me fascine le plus, c'est que ce sont des personnes déterminées à ne plus
05:33se laisser faire.
05:33Et ça, je trouve que c'est une bonne chose pour moi.
05:36Donc, en fait, ça rejoint un peu ce que disait Simone Veil, la philosophe.
05:40Il y a la souffrance, mais il y a l'humiliation.
05:42Et donc, il y a ces dimensions-là aussi.
05:44Oui, et ça me permet aussi de répondre complètement à votre question, ce que je n'avais pas fait.
05:48À Gennevilliers, il n'y a pas énormément de gilets jaunes en tant que tel.
05:51C'est-à-dire qu'il n'y a pas de mouvement de gilets jaunes structurés.
05:53Il y a une réunion prochainement, mais c'est petit.
05:55Je considère qu'il y a peut-être 200 personnes à Gennevilliers qui vont dans les manifestations.
05:59J'y suis allé moi-même un samedi.
06:02J'ai mon frère qui, lui, tient son rond-point, mais il est près de Chartres, tous les soirs.
06:07Et le samedi, il vient sur Paris.
06:10Donc, votre frère qui a un gilet jaune, près de Chartres.
06:12Oui, il a un gilet jaune, comme les autres, pas connu, mais il fait ce qu'il a à faire.
06:18Et pour répondre à votre question, en banlieue, dans la banlieue parisienne, la population a subi une double humiliation.
06:25Et la même humiliation que celle que manifestent les gilets jaunes aujourd'hui, c'est celle de couches populaires qui
06:31n'apparaissent plus dans les médias,
06:32qui n'apparaissent plus dans les films, qui sont...
06:34Le président Macron parle des premiers de cordée en méprisant le peuple et ceux qui n'ont que leur travail
06:42et leur tête et leurs jambes pour vivre,
06:44et qui ont un salaire ou pas, d'ailleurs.
06:47Et la deuxième humiliation, ce sont ces jeunes qui sont souvent d'origine étrangère,
06:52où leur papa et leur maman sont d'origine étrangère, parce que maintenant, on est sur 3-4 générations,
06:55mais à qui on rappelle tous les jours, comme je viens de le faire, qu'ils ne sont pas bien
06:58français.
06:59Et ça, c'est la double humiliation qui est faite.
07:01Et ça, ces jeunes-là ne souhaitent pas non plus aller en manifestation,
07:04parce qu'il y a eu le mouvement de 2005, où personne ne les a aidés, ne les a soutenus.
07:09Et aujourd'hui, ils regardent les autres faire.
07:11Il y a un soutien populaire, massif, mais il n'y a pas la volonté encore d'y aller,
07:16y compris par la peur de se prendre des balles, parce qu'il y a la peur de la répression
07:19qui est extrêmement forte dans les quartiers populaires.
07:21J'entends des gens dire, et de plusieurs personnes différentes, qui ne se sont pas concertées,
07:27pour les gilets jaunes, c'est les balles en plastique, pour nous, ça peut être des balles réelles.
07:31Donc il y a cette crainte.
07:33D'ailleurs, ça marque bien la violence de la société aujourd'hui sur les gens dans les quartiers populaires.
07:39Donc en fait, les couches populaires, évidemment, rayées de l'écran depuis quelques temps déjà.
07:44On verra tout à l'heure si ces couches populaires sont rayées de l'écran.
07:47Peut-être pas des syndicats, mais en tout cas des partis politiques et de la gauche.
07:51Donc Priscillia, vous, le président de la République, a fini par vous répondre,
07:57et vous lui avez dit, vous lui avez écrit, votre réponse ne répond pas à l'ensemble des questions que
08:02pose cette pétition.
08:03Et vous en avez lancé une le 16 janvier, on verra après.
08:08Vous avez quand même été auditionné par le Conseil économique, social et environnemental,
08:13dans le cadre d'un travail sur fracture et transition, réconcilier la France.
08:18Donc qu'est-ce qui fait, à votre avis, que les Gilets jaunes sont éloignés, pour le moins,
08:25sont méfiants, défiants vis-à-vis des syndicats et de la gauche ?
08:30Et vous-même, c'est quoi votre expérience ?
08:32Alors, je ne dirais pas défiants spécifiquement de la gauche, mais des politiques en général.
08:36Des politiques en général, d'accord.
08:38Pourquoi ? Parce que c'est vrai que dès le départ, lorsque le mouvement est né,
08:42on a beaucoup été approchés par des politiques, très rapidement, très rapidement par les plus gros partis.
08:48Et il y avait cette volonté de récupérer un peu le mouvement et d'en faire ce qu'on ne
08:53sait pas qu'il pourrait en faire.
08:55Donc on avait bien précisé que c'est un mouvement citoyen et qu'on voulait que ça le reste,
08:58parce que c'était important que les gens s'expriment en leur propre nom.
09:01Et c'est ce qu'on a pu voir au fil des semaines, parce que dans les médias, tout le
09:05monde a pu s'exprimer librement.
09:07Là, il y a eu une première porte ouverte, notamment, vous parlez des médias qui ne donnent pas la place
09:11à la classe populaire.
09:13Et effectivement, là, on a pu voir ces dernières semaines que les gens pouvaient s'exprimer enfin.
09:16Et étaient visibles du reste de la population via les médias, chose qu'on n'a pas l'habitude de
09:21voir.
09:22Et oui, il y a cette méfiance-là vis-à-vis des politiques déjà, parce que lorsqu'on...
09:26J'ai souvent entendu, oui, mais vous votez, il y a des gens qui sont élus pour vous représenter.
09:30Et c'est vrai que quand on ne se sent pas forcément bien représenté partout,
09:33parce qu'il y a des personnes qui s'engagent en politique et qui font les choses bien,
09:36mais elles sont noyées dans la masse des gens qui font n'importe quoi pour moi.
09:39Donc malheureusement, on met tout le monde dans le même sac et il y a cette grosse méfiance-là.
09:41Vis-à-vis des syndicats, là où aussi on a eu quelques petites difficultés,
09:45c'est simplement que le sujet principal, je vous rejoins, c'est le pouvoir d'achat.
09:50Et donc ça concerne aussi le salarié qui touche ses sous à la fin du mois.
09:54Mais on ne voulait pas mettre le centre de l'intérêt sur les problèmes, entre guillemets, du salarié.
10:00Parce que ce que rencontre comme problème le salarié, c'est ce que rencontre le citoyen, entre autres.
10:05Et il ne fallait pas que ce soit focalisé que sur ça.
10:07Voilà pourquoi au départ, il y a eu ce...
10:09Oui, on peut appeler ça un rejet. Au départ, c'était clairement un rejet.
10:12Ça a évolué depuis quand même.
10:13Ça a évolué dans le sens où maintenant, on sait ce que c'est le mouvement.
10:16On sait que c'est un mouvement citoyen.
10:18On sait que tout le monde est concerné.
10:19Et on a toujours dit même en tant que politique, citoyen, ça, il n'y a pas de souci,
10:23mais qu'il n'y ait pas de volonté de s'approprier le mouvement pour en faire quelque chose de
10:28différent.
10:29De le récupérer en quelque sorte pour l'emmener ailleurs, le confisquer.
10:31C'est ça.
10:32Alors vous avez à côté de vous un syndiqué qui est syndicaliste.
10:36D'ailleurs, comment vous êtes devenu secrétaire général de l'Union locale ?
10:41Vous me l'avez dit tout à l'heure, là.
10:42En fait, c'est dans la lutte.
10:43C'est ça, c'est dans la lutte.
10:44Moi, j'ai été pendant 15 ans, j'étais à Cenexi, anciennement Roche.
10:48C'est une entreprise de fabrication de produits pharmaceutiques.
10:52On a fait une grève pendant 5 jours.
10:54Forcément, ça n'a pas plu à la direction.
10:57J'étais l'un des derniers CGTistes dans l'entreprise.
11:01Donc ils ont entamé une procédure de licenciement contre moi,
11:04qui a été refusée par l'inspecteur du travail,
11:06qui a été refusée par le ministère du travail.
11:08Donc après, on a été obligés de négocier une rupture conventionnelle
11:11parce qu'au bout de 18 mois, c'était très compliqué de pouvoir tenir encore dans l'entreprise.
11:16C'est pour ça qu'au niveau des difficultés, par exemple, des gilets jaunes,
11:19des gilets jaunes, les difficultés de tout le monde,
11:22que ce soit des salariés, des retraités, des citoyens en général,
11:26c'est une chose qu'on ressent bien.
11:28Au niveau de la CGT, aujourd'hui, en aucun cas, on souhaite récupérer le mouvement.
11:32Le mouvement des gilets jaunes existe.
11:34Il est là, il restera.
11:37Il n'est plus récupérable.
11:38Il ne sera pas récupérable.
11:39Il ne faut pas qu'il soit récupérable.
11:40Et ça vous réjouit, ça, que ce mouvement existe, bien sûr ?
11:42Tout à fait.
11:43Par contre, moi, je suis pour la convergence des luttes.
11:46C'est-à-dire que gilets rouges, gilets jaunes, qu'on soit tous ensemble.
11:49Aujourd'hui, voilà, on voit, il y a un appel qui est le 5 février à la grève générale,
11:52en espérant qu'il y ait une continuité derrière aussi.
11:55Mais voilà, justement, aujourd'hui, on voit qu'il y a une vraie convergence,
11:58que ce soit au niveau des idées, au niveau de la lutte, au niveau des moyens,
12:01au niveau de tout, il y a une vraie convergence.
12:03Et ça, c'est très intéressant.
12:03Donc, Mathieu, vous êtes un syndicaliste CGT, vous avez subi la répression patronale.
12:10Tout à fait.
12:10Et à votre avis, pourquoi il y a eu ce que je continue d'appeler une défiance au départ,
12:16ou une méfiance, ou un éloignement entre ces citoyens gilets jaunes et les syndicats ?
12:20Aujourd'hui, on peut dire que le...
12:22Priscilla a donné sa vision, son expérience, mais du côté syndical, c'est étonnant quand même, normalement.
12:29Enfin, je ne sais pas, non ?
12:30Tout à fait. Malheureusement, aujourd'hui, aussi, le discours qui est répété par les médias des syndicats
12:37n'est pas le vrai discours.
12:40Aujourd'hui, si on regarde BFM ou CNews ou n'importe quoi,
12:45jamais, depuis le 17 novembre, ils ne montrent la convergence qu'il y a eu entre gilets rouges et gilets
12:51jaunes.
12:52Jamais, ils ne montrent qu'on est sur les mêmes idées.
12:55Jamais, ils ne montrent qu'on aspire aux mêmes volontés.
12:58En aucun moment, c'est montré ça.
13:01Aujourd'hui, sur le terrain, on peut le voir, il y a énormément de villes, énormément de villes,
13:06où les gilets jaunes se sont réunis devant les bourses du travail pour rappeler les syndicats,
13:10pour justement qu'il y ait une convergence de luttes.
13:12Aujourd'hui, on a bien compris que les gilets jaunes ou les gilets rouges, peu importe qui,
13:17il y a les gilets roses aujourd'hui, il y a les stylets rouges, il y a les gilets blancs,
13:21etc.
13:22Aujourd'hui, c'est la convergence des luttes.
13:24Aujourd'hui, c'est le tous ensemble.
13:25Si on est tous ensemble, là, on sait qu'on pourra peser.
13:27Mais Mathieu, quand même, au niveau confédéral, par exemple, il y avait quand même une certaine méfiance,
13:34en disant qu'on ne va pas aller...
13:37Je lis, la CGT argumentée, on ne peut pas se rallier à des individus qui réclament la suppression des cotisations
13:43sociales,
13:44qui sont notre sécurité sociale.
13:46Or, vous, vous dites, là, je vous cite vous, la couleur n'a pas d'importance, le but, c'est
13:51la convergence des luttes,
13:52c'est ce pourquoi on se bat.
13:54Tout à fait.
13:55Donc, en fait, à la CGT, on est... c'est le pluralisme aussi, la pluralité.
14:01Oui, et aujourd'hui, on vient...
14:01Mais ce qui l'emporte...
14:02La CGT, c'est la base, c'est les syndicats, ça vient d'en bas,
14:04et ce qui vient d'en bas, ce qui est pulsé aujourd'hui, par la base, c'est justement, c
14:08'est ça, c'est la convergence des luttes.
14:10On vous a entendu.
14:11Voilà.
14:13Monsieur Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, je dis ça pour ceux qui nous prennent en route.
14:17Donc, comme le disait Priscilia tout à l'heure, en fait, c'est regroupé...
14:20Ça rejoint ce que dit un sociologue, Yann Nelan, sur le rejet des politiques, qu'elles soient de gauche ou
14:25de droite,
14:25mais pour la gauche, parce que vous êtes un homme de gauche.
14:29Donc, dans une étude, Luc Rouban nous dit que seuls 12% des Français ont confiance dans la gauche pour
14:37gouverner le pays,
14:38et 61% disent avoir confiance ni dans la gauche ni dans la droite pour le faire.
14:42Or, on sait aujourd'hui que le mouvement des Gilets jaunes porte quand même des idées de gauche.
14:50Enfin, il faut faire payer les riches, il faut rétablir l'ISF.
14:54En décembre, il y a un sondage qui dit que 70% des Français sont favorables, justement, au rétablissement de
15:00l'ISF,
15:01et 78% dans les classes populaires.
15:03Alors, qu'est-ce qui s'est passé, pas qu'entre les Gilets jaunes et la gauche,
15:07mais depuis quand même quelques dizaines d'années, entre la gauche et le peuple, ou les couches populaires ?
15:13Ce qui s'est passé, c'est que la gauche a failli.
15:15La gauche gouvernementale a trahi les idées de gauche,
15:19et la gauche dont je fais partie, parce que je me suis dans la mouvance France Insoumou,
15:23c'est parti communiste, on a été mauvais.
15:27Donc, pour parler clair, on est dans cette situation-là aujourd'hui.
15:30Vous parliez tout à l'heure de défiance, et la défiance a été de notre côté aussi.
15:35Moi, la première manifestation des Gilets jaunes, j'y suis pas allé,
15:38et je l'ai regardé en me disant, est-ce qu'il n'y a pas des gens un peu
15:40fascistes là-dedans ou d'extrême droite ?
15:42Et le mouvement des Gilets jaunes a fait la démonstration que c'était un mouvement authentiquement populaire,
15:46et maintenant je n'ai plus aucune défiance, c'est un mouvement qui est pluraliste,
15:50d'ailleurs il y a des gens de gauche, mais il y a aussi des gens de droite.
15:52Le débat doit se faire avec le mouvement des Gilets jaunes, on doit refaire de la politique.
15:57C'est pour ça que l'indépendance du mouvement des Gilets jaunes est extrêmement importante,
16:00mais la capacité des militants au syndicalisme, et comme des militants de gauche,
16:04à aller discuter en toute liberté, et les Gilets jaunes ne rejettent pas le débat, au contraire, est déterminant.
16:10Parce que par exemple sur la hausse du pouvoir d'achat, est-ce que la hausse du pouvoir d'achat
16:14se fera en sacrifiant les cotisations sociales,
16:17et donc en sacrifiant la sécu, en sacrifiant plein d'aspects de la solidarité nationale ?
16:23Ça, le gouvernement va peut-être en profiter.
16:25Et donc il y a un débat à voir sur ce qui est la totalité du salaire, le salaire différé,
16:31le salaire net que l'on touche.
16:33Ce débat-là, on peut l'avoir aussi sur les élus.
16:37Le gouvernement peut profiter de se faire un référendum pour dire,
16:40vous voyez, les Gilets jaunes, il y a trop d'élus, ils sont trop bien payés, si on les supprime,
16:43ça ira mieux.
16:44Ça, c'est la technocratie, la technostructure au pouvoir, elle veut diminuer les élus,
16:48parce qu'à chaque fois qu'il y a des élus, c'est aussi un moyen de pouvoir pour les
16:51habitants.
16:51Moi, mon expérience de maire, ils veulent supprimer les communes.
16:55Pourquoi ? Parce que les maires sont en lien direct avec les habitants.
16:58Moi, je me fais tirer les oreilles régulièrement dans la rue par les habitants, qui me disent, ça, ça va
17:02pas, ça, ça va pas.
17:02Il y a un contact direct.
17:04La démocratie à bonne proximité.
17:05Voilà. Et c'est 500 000 élus.
17:07Ils ne roulent pas sur l'or, ces élus-là.
17:09Il y a ceux des très grandes villes, peut-être.
17:11Mais les trois quarts des élus, ils mettent plus souvent de leur poche que ce qu'ils n'encaissent.
17:18Et ce sont des...
17:18C'est de la démocratie.
17:20Que 500 000 personnes dans un pays soient élues, chacun voit bien l'expérience démocratique que ça peut faire et
17:26qui peut tourner.
17:28Et ça, Macron, il peut profiter de ce mouvement de gilets jaunes.
17:31Et s'il n'y a pas le débat sur cela, on peut tomber dans des pièges assez facilement.
17:36Il y a plein d'autres exemples de ce type.
17:39Donc moi, je suis pour le débat avec les gilets jaunes, la confrontation de points de vue, et travailler à
17:45chercher des solutions.
17:46C'est là où les forces politiques doivent s'améliorer.
17:50Je dois dire aussi sur la défiance, il y a un aspect qui n'a pas été évoqué là, les
17:54gouvernements successifs sont aussi responsables.
17:57Les gilets jaunes ont tiré une leçon, alors ils ne l'expriment peut-être pas comme ça, mais ils ont
18:01tiré une leçon de l'échec des syndicats et des partis politiques.
18:04Les gouvernements, que ce soit le gouvernement précédent comme celui-là, a fait la démonstration que même quand 80%
18:09d'une branche comme la SNCF,
18:12des salariés luttent contre un projet de loi, les gouvernements ne cèdent pas et ça passe quand même.
18:19Ils ont décrédibilisé tout ce qu'étaient les corps intermédiaires, ça fait une décennie où on décrédibilise les syndicats et
18:26les corps intermédiaires.
18:27Il ne faut pas s'étonner si aujourd'hui des personnes se mobilisent, s'organisent entre eux et trouvent d
18:33'autres formes.
18:34Aujourd'hui, le gouvernement paye ou les gouvernements payent ce qu'ils ont, une forme de pédagogie qui a passé
18:40son temps à expliquer que les syndicats ça ne sert à rien,
18:42les partis politiques sont désuets.
18:44Aujourd'hui, il y a des gens qui en tirent des leçons et qui s'organisent entre eux.
18:47Donc, à nous d'essayer de retravailler et au parti politique de s'améliorer pour rentrer dans des dialogues, du
18:53conflit politique, pour trouver des nouvelles solutions.
18:57Donc, en fait, une pédagogie du renoncement et de la fermeture du point de vue de l'exécutif au service
19:04du capitalisme, il faut bien appeler ça par son nom.
19:08Mais, simplement, quand même, on y reviendra tout à l'heure, la gauche doit s'améliorer, mais peut-être qu
19:14'il y a aussi une petite révolution opérée pour arriver à être en phase et être utile.
19:19Mais, on y reviendra tout à l'heure. Alors, sur les élus, Priscillia, dans une pétition que vous lancez, enfin,
19:28à votre initiative le 16 janvier, vous demandez un baisse sérieuse,
19:32vous me dites si je me trompe, baisse sérieuse de toutes les taxes, impôts sur les impôts et sur les
19:37produits de première nécessité, baisse significative de toutes les rentes, salaires, privilèges et retraites courantes et futures des élus et
19:45hauts fonctionnaires.
19:45Donc, là, vous mettez les élus et les hauts fonctionnaires. Et, instauration d'un référendum d'initiative citoyenne. Est-ce
19:54que, par rapport à ce que vient de dire Patrice Leclerc sur les élus,
20:00parce qu'il y a les hauts fonctionnaires, mais les élus, l'élu qui est maire d'un village de
20:04300 habitants ou, comme Patrice, qui sont des gens qui sont en état de responsabilité et qui ne sont pas
20:10ni hauts fonctionnaires,
20:11ni... Il y en a besoin, quand même. Est-ce que là, il n'y a pas un... D'abord,
20:17on parle des élus et des hauts fonctionnaires. Et on s'adresse beaucoup aussi aux représentants de l'État,
20:22mais pas tellement aux entreprises. Vous voyez ce que je veux dire ? Pourquoi focaliser là-dessus, en quelque sorte,
20:30même si, effectivement, il y a des choses à faire ?
20:33Alors, grande question. Alors, pour ces trois grosses revendications, ce ne sont pas les miennes, hein ?
20:39Oui, oui, j'ai le détail, il s'agit, bien sûr.
20:40Voilà. Pour ce qui concerne la première, au niveau des taxes de première nécessité, c'est quelque chose qui existe
20:46déjà dans d'autres pays.
20:47Et c'est... Lorsqu'on propose ça, en face, on propose des choses qu'on ne devrait pas proposer, parce
20:52que ce n'est pas notre métier.
20:53Mais on propose quand même des fois qu'ils ne sauraient pas comment faire. Mais voilà. La grosse proposition en
20:58face, ce qui va avec, c'est d'aller récupérer des sous là où on est censé pouvoir en récupérer
21:02habituellement.
21:03Donc, j'ai déjà cité les GAFA qui ne sont pas taxés. On se pose la question de si on
21:06va les taxer à hauteur de 3% quand une TPE est taxée à 33%.
21:09Donc voilà, il y a plusieurs choses à faire pour aller récupérer des sous ailleurs et renflouer les caisses de
21:13l'État, de manière tout à fait légale et légitime,
21:17pour pouvoir compenser cette baisse de taxes sur les produits de première nécessité.
21:20Et pour ce qui concerne la baisse des salaires, des rentes et pour les élus, en fait, il y a
21:26beaucoup de maires aussi qui ont réagi à ça en province.
21:29Et en fait, c'est une mesure plutôt, enfin une mesure, une revendication plutôt symbolique qu'autre chose qui dit
21:34en fait, c'est en façade, c'est ce qui est demandé.
21:39Mais ce qu'il y a derrière la vitrine, c'est voilà, on aimerait que vous travailliez pour les bonnes
21:43motivations.
21:44Voilà, c'est plutôt symbolique. Ce n'est pas une mesure, ce n'est pas ça qui va faire, ce
21:47n'est pas ça qui va renflouer les caisses de l'État de faire des économies là-dessus.
21:49C'est peut-être plus simple s'ils ne travaillent pas pour des bonnes motivations, de ne pas voter pour
21:53eux.
21:53Alors tout à fait, mais moi personnellement, je vote blanc ou je ne vote pas. Mais tout le monde ne
21:57fait... Il y a peut-être des personnes qui se sentent obligées de voter.
22:00C'est les seuls en votant qu'on peut se débarrasser tous les 4 ou 5 ans, enfin tous les
22:045 ou 6 ans, 6 ans pour les maires.
22:07Il faudrait poser cette question-là plutôt à titre individuel, parce que moi personnellement...
22:10Les maires, les petites villes ne touchent rien.
22:12Mais tout à fait, mais après je pense que si...
22:14Et sinon, s'ils n'ont pas d'indemnité, c'est laisser la place qu'aux gens riches.
22:16C'est-à-dire que c'est revenir comme avant la Révolution française, il n'y a que les notables...
22:20Vous me laissez finir ?
22:21Il n'y a que les notables qui pourraient...
22:23C'est mon côté gilet jaune, vous m'excusez, un peu rouge.
22:26On a conscience de ça, mais en fait, quand on annonce comme ça une revendication qu'il faut qu'elle
22:30tienne en une phrase,
22:31on se doute bien que derrière, il y a du bon sens derrière.
22:33On ne va pas aller baisser le salaire de quelqu'un qui vienne 500 euros.
22:35Si c'est fait, c'est qu'il y a un problème encore.
22:37Mais bon, je pense que c'est sous-entendu.
22:39On pourrait développer davantage sur chacun des sujets, mais ce sont des sujets qui, derrière,
22:45chacun sait ce qu'il a à faire, chacun sait comment il doit le faire.
22:47Et c'est vrai que moi, je suis beaucoup confronté quand je suis en débat avec des personnes en plateau,
22:50où ils nous demandent, mais alors vous proposez quoi ?
22:52Qu'est-ce que vous voulez quoi ?
22:54Mais vous êtes payé pour faire ce que vous êtes censé faire.
22:57Donc moi, j'alerte entre guillemets en tant que citoyenne, et ça vaut ce que ça vaut.
23:00Les syndicats alertent sur des choses, les politiques alertent sur des choses,
23:03mais concrètement, on sait ce qu'il y a à faire, soit pour redonner du pouvoir d'achat.
23:06Donc moi, quand j'entends le grand débat,
23:08le gouvernement n'a pas besoin de débattre pour savoir comment redonner du pouvoir d'achat.
23:12Et voilà, après, la question du RIC, c'est autre chose.
23:14C'est encore quelque chose qui nécessite effectivement discussion, débat, travail,
23:18parce que c'est plus complexe.
23:20Mais pour la question du pouvoir d'achat, pour la question des rentes des élus, etc.,
23:24ce qui est dénoncé, c'est plutôt aussi les rentes qui sont plutôt données après le mandat.
23:28C'est ça qui fait plutôt polémique.
23:30En l'occurrence, le salaire d'un élu d'une province qui ne gagne pas grand-chose,
23:34c'est pas ça qui est visé, c'est plutôt symbolique.
23:37Bon, ça va mieux en le disant.
23:40En attendant, Priscilia, sur le débat national,
23:45est-ce que, d'abord, dans la pétition dont vous étiez à l'initiative,
23:49il y a l'instauration d'un référendum d'initiative citoyenne,
23:53et là, il y a ce débat national qui vient de l'Élysée directement.
24:00vous en pensez quoi, de ce débat national, de la manière dont il s'opère,
24:08et qu'est-ce que vous voudriez par rapport à ce débat national ?
24:13Est-ce qu'on n'a pas...
24:14Enfin, moi, mon impression, c'est que le président de la République a repris la main,
24:18et en fait, il n'y a plus que lui et les gilets jaunes, enfin bon, voilà.
24:24Voilà, et c'est peut-être pas ça que vous vouliez, vous ?
24:27Ben écoutez, quand on voit la réponse qu'il a apportée à la pétition,
24:29qu'il pose un certain nombre de questions,
24:31et que lorsque je lis sa réponse, pour moi, ça ressemble à une réponse de SAV,
24:34parce que ça répond absolument à rien.
24:36Quand je vois que Benjamin Griveaux se permet de citer mon nom en disant
24:39que je ne souhaite pas participer au grand débat,
24:41en précisant que, voilà, c'est le dialogue et c'est ce qu'il faut faire,
24:45effectivement, consulter les gens, c'est tout à fait ce pour quoi on milite aussi,
24:49parce qu'on ne nous donne pas la parole, donc.
24:50Sur le principe, oui, sauf que le grand débat a été organisé de manière un peu malsaine,
24:55puisqu'on l'a su il n'y a pas longtemps,
24:56que tout ce qui tournait autour de l'organisation
24:58n'allait pas dans le sens des processus de consultation
25:01établis par la Commission nationale du débat public,
25:04et c'est pour ça qu'ils se sont retirés.
25:06Et jusque-là, on s'en doutait, mais il n'y a pas si longtemps,
25:09on a eu, du coup, la confirmation de la présidente de la commission.
25:12Donc, on peut se poser la question de,
25:14est-ce que vraiment ils voulaient aller vers le dialogue ?
25:16Est-ce que vraiment ils voulaient débattre ?
25:17Est-ce que vraiment ils voulaient nous consulter ?
25:18Tous les sujets ne pouvaient pas être abordés,
25:20c'est limité avec des questionnaires,
25:22tout est très orienté, et le président se...
25:24Alors, une des préconisations de la commission,
25:26c'était de ne pas se mettre au centre,
25:28avec un micro, et de s'exprimer devant des maires
25:30comme un one-man show, parce que ce n'est pas le but d'un débat,
25:32le débat, c'est à l'horizontale,
25:34et le président est en train de faire du one-man show en ce moment,
25:36en allant voir tous les maires.
25:37Donc, pour moi, oui, il est clairement en campagne,
25:39et dans une reconquête de je ne sais quoi, d'ailleurs.
25:42Donc, Mme Joano a raison en disant que c'est de la com,
25:44et pas du débat.
25:45Pour moi, oui, tout à fait. Et puis même pour la restitution des résultats,
25:47on ne sait pas vraiment comment les résultats seront restitués,
25:50comment ils seront traités, retraités,
25:51et les personnes qui organisent le débat à la place de la commission
25:53ne sont pas des personnes indépendantes de l'État.
25:56Donc, voilà, on peut se poser
25:57beaucoup de questions là-dessus, et moi, je m'en méfie beaucoup.
25:59C'est pour ça, d'ailleurs, qu'il y a
26:02le collectif qui a mis en place la plateforme,
26:03et qui était aussi dans cette démarche
26:06d'avoir un processus neutre,
26:08exemplaire,
26:10et qui allait dans le sens
26:11de la démocratie participative,
26:13c'est aussi dirigé vers les gilets jaunes
26:16ensuite pour proposer la plateforme
26:18et pour la mettre à disposition des gilets jaunes.
26:20Donc, du coup, hier, il y a une plateforme
26:21qui s'appelle Le Vrai Débat qui a été lancée
26:23et qui est complètement ouverte,
26:25comme c'était censé être le cas,
26:27mais que le gouvernement a verrouillé
26:28pour orienter les questions sur la plateforme du Grand Débat.
26:31Donc, voilà, c'est...
26:32Si on ne voit pas les manœuvres qu'il y a derrière,
26:35c'est que...
26:38Et donc, en fait,
26:39bon, on en parlait tout à l'heure,
26:41il y a eu l'Assemblée de Commercy,
26:43le 26 et le 27 janvier,
26:46où des gens sont venus un peu de toute la France.
26:51Vous ne savez pas trop ce qui s'y est passé ?
26:53Non, j'ai...
26:54Vous n'avez pas eu de retour, si ?
26:54Vous avez eu des retours ?
26:55Non, de loin...
26:56De loin...
26:56Visiblement, ça s'est bien passé,
26:57d'après ce que j'ai compris.
26:58C'était pas mal.
27:00Mais je pense que c'est quelque chose
27:02qui a été fait à l'initiative
27:04de Gilets jaunes
27:04qui voulait simplement se coordonner,
27:07réunir les personnes
27:08qui sont dites référentes dans des régions
27:10et qui se ramenaient à s'organiser
27:11de manière plus coordonnée.
27:12Je pense que c'est ça, le but.
27:13Après, je ne peux pas m'avancer là-dessus
27:15parce que je ne connais pas du tout
27:16les personnes qui ont organisé cette assemblée.
27:19Mais il y a beaucoup d'assemblées
27:20qui se font, même à échelle plus petite,
27:22dans les villages,
27:24dans certaines petites villes.
27:25Il y a comme ça des assemblées
27:26qui se font pour ne serait-ce qu'informer
27:28les gens sur le RIC, par exemple,
27:29ou sur d'autres choses,
27:30qui débattent entre elles.
27:31Et c'est quelque chose aussi
27:32qu'on ne voyait pas avant.
27:34Les gens ne se parlaient pas,
27:34on ne se préoccupait pas de son voisin.
27:36Et tout à l'heure,
27:36on parlait des politiques,
27:38mais les politiques, en fait,
27:41discutent partout.
27:41C'est quelque chose qu'on ne voyait pas.
27:43Le dialogue avec des politiques
27:44dans la rue, dans les ronds-points.
27:45Ça, c'est clair.
27:46C'est quelque chose qu'on ne voyait pas.
27:47Même défiler à côté de quelqu'un
27:48qui n'a pas du tout
27:50la même couleur politique,
27:51c'est quelque chose
27:51qu'on ne voyait pas non plus.
27:52Donc, effectivement,
27:54ça remue beaucoup de choses.
27:56Non, mais c'est pour ça
27:56qu'on peut dire
27:57que c'est quand même
27:57un mouvement historique
27:59qui est quand même propre
28:00à notre pays,
28:01qui a quand même une tradition,
28:03qui est un pays très idéologique,
28:04très politique.
28:05Alors, ce référendum
28:06d'initiative citoyenne,
28:08pour vous,
28:08c'est la solution,
28:09en quelque sorte.
28:10Enfin, ce n'est pas la solution
28:11avec un grand S,
28:11mais qu'est-ce qu'on fait ?
28:13Alors, pour débattre,
28:15pour que ces débats
28:17aient lieu,
28:17ils ont lieu,
28:18mais pour que ça débouche
28:19sur quelque chose
28:21d'un peu sérieux,
28:22qui ne soit pas cadenassé, quoi.
28:24Alors, premièrement,
28:25je pense qu'il faut en discuter.
28:26Il faut que les gens
28:27apprennent à savoir ce que c'est,
28:27s'ils comprennent ce que c'est,
28:29s'ils adhèrent au concept,
28:31on va dire.
28:33Pour moi,
28:33ce n'est pas la solution,
28:34mais c'est un outil
28:35qui permet,
28:36en tant que citoyen,
28:37de s'exprimer plus
28:38et de pouvoir participer
28:39à la vie politique
28:41sans pour autant
28:42être encarté, par exemple.
28:43Et du coup,
28:44je trouve, moi,
28:45que c'est un bel outil.
28:46Après, effectivement,
28:46je pense qu'il faut le cadrer
28:47avec des règles
28:48qui permettent
28:49que ça n'aille pas
28:49dans tous les sens.
28:50Mais je pense que
28:51c'est une belle initiative
28:53que de proposer ça.
28:54Et ça peut donc apporter,
28:55on peut se dégager
28:56des solutions durables,
28:57des propositions, etc.,
28:59qui tiennent la route.
29:00Pourquoi pas ?
29:00Ça pourrait éventuellement éviter
29:01qu'on arrive au stade
29:03des manifestations, par exemple.
29:04Je pense que les manifestations,
29:05ça devrait être réservé
29:06à vraiment des gros sujets
29:12et on ne devrait pas être
29:13dans la rue
29:13juste pour avoir
29:14un peu plus de pouvoir d'achat,
29:15par exemple.
29:16On devrait pouvoir porter
29:17ces mesures-là
29:17en tant que citoyen
29:18de manière un peu plus démocratique.
29:19Donc là, vous pointez
29:20une défaillance politique,
29:24une défaillance de la démocratie,
29:26en quelque sorte.
29:26Oui, parce que, par exemple,
29:27lorsqu'on a été à la rencontre
29:29du ministre de la Transition
29:30écologique fin novembre,
29:32moi, je lui ai posé la question,
29:32je lui ai dit
29:33quand il y a des gens
29:33comme ça qui font des pétitions
29:34et que ça arrive
29:35à un certain seuil de signature,
29:36est-ce qu'il n'y a pas
29:36une veille qui est faite
29:37au niveau du gouvernement
29:38qui dit attention,
29:38là, il y a quand même
29:39un million de personnes
29:39qui ont signé ça.
29:41Bon, d'accord,
29:41c'est pas la population,
29:42mais quand même,
29:43les citoyens,
29:44on n'est pas rien.
29:45Si on a quelque chose
29:46à dire ou quelque chose
29:46à revendiquer
29:47ou des comptes qu'on demande,
29:49on a quand même le droit
29:50d'avoir un retour
29:51d'un éventuel cabinet
29:52ou d'un organe
29:55qui serait dédié
29:55à ce que les citoyens
29:56soient consultés sur ça
29:57et c'est pas le cas.
29:59Donc, c'est ça
30:00qui est bien dommage,
30:00c'est qu'on n'ait jamais consulté
30:01et voter pour un élu,
30:03un maire ou quoi que ce soit,
30:04c'est pas suffisant
30:04quand ensuite le mandat est lancé.
30:08On n'a pas forcément
30:09mot à dire sur la suite
30:10et c'est ça qui est dommage.
30:11C'est ce qui me fait dire
30:12que c'est un philosophe
30:13qui s'appelle Gérard Bras
30:14qui dit que, en fait,
30:16dans l'Antiquité,
30:18le peuple était défini
30:19comme celui qui doit
30:21reconnaître les principes du droit
30:22et on dit qu'après,
30:24dans la modernité,
30:25il dit que le peuple
30:26c'est celui qui fait le droit.
30:28Donc, en fait,
30:28c'est ce que vous proposez
30:29avec cette manière de faire,
30:31qui est une manière
30:32en fait tout à fait moderne.
30:34Voilà, il faut que la...
30:35Si on veut que la démocratie existe
30:38pour part et pour le peuple,
30:39il faut effectivement
30:40que ce soit lui
30:41qui fasse le droit.
30:42Mais qu'il y ait le droit
30:43au moins de participer à ça.
30:44Effectivement,
30:44parce que lorsque...
30:46En fait, il y a la méfiance
30:48vis-à-vis des politiques
30:50très haut placées
30:52qui donc entraînent
30:54la prononciation de mesures
30:55qui ne nous semblent pas justes.
30:57Parce qu'il y a aussi
30:57cette question de justice.
30:59Et du coup,
30:59il y a beaucoup le sujet
31:00de la justice fiscale
31:01qui a été posé sur la table aussi.
31:03Parce que, justement,
31:04on a l'impression
31:04qu'en tant que citoyen,
31:05déjà, on participe.
31:06Moi, j'ai beaucoup entendu
31:06« Oui, mais vous essayez
31:07de grappiller 3 centimes
31:08sur l'essence. »
31:09Non, le fond du problème,
31:09c'est pas ça.
31:10Donc, si en lisant la pétition,
31:11on comprend ça,
31:11c'est qu'on a un problème
31:12quand même d'interprétation.
31:13Mais l'idée,
31:15c'est de dire
31:15« Voilà, on paye des impôts. »
31:16On n'est pas contre
31:17le fait de payer des impôts.
31:18On sait à quoi servent les impôts.
31:19C'est pas ça l'objet du débat.
31:21C'est de dire
31:21« Ok, on paye.
31:22On aimerait aussi savoir
31:24à quoi servent
31:24les taxes qu'on paye
31:27et si elles financent
31:28oui ou non
31:28telle ou telle chose. »
31:30Et en l'occurrence,
31:30pour la taxe sur le carburant,
31:31on nous avait beaucoup servi
31:32que c'était pour financer
31:32la transition.
31:33Et quand on apprend
31:34fin de l'année
31:35que finalement,
31:35c'était pour couvrir
31:36le CICE,
31:37cadeau fiscal aux entreprises,
31:39ce sont des choses
31:40qui accroient la méfiance
31:42vis-à-vis des politiques.
31:43Et là, on se dit
31:43« Mais en tant que citoyen,
31:44peut-être qu'il faut
31:44qu'on réagisse
31:44et qu'on participe
31:45à la mise en place
31:46des mesures
31:47pour qu'elles soient plus justes. »
31:49Et voilà ce que je pense.
31:50Non, non, mais c'est très bien.
31:51Donc vis-à-vis des politiques
31:53et peut-être d'une politique.
31:55Alors, Mathieu,
31:58la CGT,
32:00c'est d'abord
32:00les syndicats de base.
32:02Et en fait,
32:03il y a un appel
32:04qui a été lancé
32:08à grève.
32:08à une grève
32:09et une manifestation
32:10mardi prochain,
32:115 février,
32:13partout en France.
32:14Urgence sociale,
32:16hausse des salaires,
32:17minima sociaux,
32:18réforme de la fiscalité.
32:21Alors vous,
32:22je sais que vous,
32:24dans le Val-de-Marne
32:25où vous êtes,
32:25vous avez une expérience
32:26avec des gilets jaunes
32:28d'un rond-point,
32:29enfin peut-être que vous en parlez,
32:29mais comment ils réagissent
32:31par rapport à ça,
32:32à cet appel
32:32de la CGT
32:34le 5 février ?
32:35Il y a des forces
32:36qui s'y agrègent,
32:38mais c'est quoi ?
32:39Comment ça se passe
32:39chez vous,
32:40la voix ?
32:40On voit bien
32:41qu'aujourd'hui,
32:41il y a aussi
32:42une volonté des gilets jaunes,
32:43que le mouvement
32:44ne s'arrête pas
32:45qu'au rond-point.
32:46On voit bien
32:47qu'il y a une vraie volonté
32:48et là,
32:49je m'apprécie là,
32:50même sur le débat national,
32:51aujourd'hui,
32:52on voit que c'est une tromperie.
32:54Il n'y a pas de débat,
32:55le débat,
32:56il est orienté,
32:56c'est demain,
32:57je ne vais pas choisir
32:57quel service public
32:58je vais supprimer.
33:00Je vais augmenter
33:01les services publics,
33:02je vais les développer,
33:03mais je ne vais pas
33:03en supprimer.
33:04En aucun cas,
33:05je ne veux en supprimer.
33:06À partir du moment
33:07où la question est orientée,
33:08il n'y a plus de débat.
33:09Ce qui est intéressant,
33:10à la limite,
33:10pas sur le débat,
33:11mais ce qui est intéressant
33:12avec le mouvement
33:12des gilets jaunes,
33:13c'est qu'on a remis aujourd'hui
33:14l'éducation populaire
33:16en première place,
33:17ça c'est très important.
33:19Sur le 5 février,
33:20sur le 5 février,
33:21aujourd'hui,
33:21on appelle à la grève générale
33:22parce qu'on est persuadé
33:23que sur le...
33:24et les gilets jaunes,
33:25pour avoir discuté,
33:27on a fait des...
33:28Moi, j'ai participé
33:29à des blocages
33:29de Hauchamp,
33:31par exemple,
33:31à Fontenay-sous-Bois,
33:33justement,
33:33avec les gilets jaunes,
33:34les gilets jaunes,
33:35les gilets rouges,
33:35on était dans la...
33:35Mais voilà,
33:36c'est vraiment le blocage
33:37de l'économie.
33:38Aujourd'hui,
33:38on sera plus entendus,
33:39on a encore plus de poids
33:41si demain,
33:42on arrive à bloquer l'économie.
33:43En bloquant l'économie,
33:45en faisant des grèves générales,
33:48en installant
33:48le mouvement des gilets jaunes
33:50et justement
33:51l'éducation populaire
33:52qu'a lancé
33:52et le débat
33:53qu'a lancé
33:54les gilets jaunes
33:55au sein des entreprises,
33:59là...
34:00On va pouvoir passer
34:01à un stade supérieur.
34:03Tout à fait.
34:04Et à partir du moment
34:04où il y aura
34:05un vrai blocage
34:06de l'économie,
34:08on aura peut-être
34:09cette fois-ci droit
34:10à un vrai dialogue.
34:11Un vrai dialogue, oui.
34:12Donc en fait,
34:12le rapport de force,
34:13il faut le créer.
34:14Tout à fait.
34:14On ne devrait pas avoir
34:15en arriver là, en fait.
34:17C'est ça que moi,
34:18je trouve dommage.
34:19C'est ça que je trouve dommage,
34:21c'est qu'on ne devrait pas avoir
34:22à manifester
34:25à avoir à faire
34:26des blocages
34:26pour être entendu.
34:27Parce que j'ai souvent
34:27entendu ça aussi,
34:29mais pourquoi vous vous bloquez ?
34:31Enfin, on ne s'est pas
34:31arrivé un matin
34:32en se disant
34:32on va tout bloquer
34:33parce que c'est sympa.
34:34C'est parce que
34:34quand on fait une pétition,
34:36ça ne marche pas.
34:36Je veux dire,
34:36le président a répondu
34:377 mois après
34:38et parce que j'ai dû
34:39faire des plateaux
34:39et des plateaux.
34:40Il y a des personnes
34:41qui vont au CESE
34:42se faire auditionner
34:43pour d'autres sujets.
34:44Il y a plein de sujets
34:44au niveau du CESE,
34:45ils ne sont pas écoutés non plus.
34:46Il n'y a rien qui marche.
34:47Il n'y a rien qui marche.
34:49Et sur l'évasion fiscale,
34:51on voit bien aussi
34:51aujourd'hui
34:52que l'évasion fiscale,
34:53l'utilisation du CICE,
34:55rien qu'avec
34:55ces deux sujets-là,
34:57je veux dire,
34:58on demande
34:59où est-ce qu'on pourrait
35:00récupérer l'argent.
35:01Avec ces deux sujets-là,
35:02l'argent,
35:03on l'a où on veut,
35:03il n'y a pas de souci.
35:04L'évasion fiscale,
35:05l'utilisation du CICE,
35:06il faut vraiment
35:08qu'on revienne dessus.
35:09Bien.
35:10Alors,
35:11toujours le même chapitre,
35:15débat national,
35:16Patrice Leclerc.
35:19Débat national,
35:20peut-être que je vais mettre
35:21l'accent...
35:21Alors bon,
35:22il y a la lecture
35:23qu'en ont donnée
35:25Priscidia et Mathieu.
35:27Vous avez la voie...
35:27Que je partage, d'ailleurs.
35:28Que vous partagez, bien sûr.
35:30Peut-être que je mettrai
35:31un peu l'accent
35:31sur mon dada,
35:33vous le savez.
35:34La nation,
35:35parce que le 15 décembre 2018,
35:37à la place de l'Opéra,
35:39trois gilets jaunes
35:40ont lu une allocution
35:43au peuple de Français
35:44et au président de la République,
35:45Emmanuel Macron.
35:46Et le texte disait
35:47« Ce mouvement n'appartient
35:49à personne et à tout le monde.
35:50Il est l'expression
35:51d'un peuple
35:52qui, depuis 40 ans,
35:53se voit dépossé
35:54de tout ce qui lui permettait
35:57de croire à son avenir
35:58et à sa grandeur. »
36:00Donc, la France,
36:01ce n'est pas l'Allemagne,
36:03ce n'est pas l'Angleterre,
36:04c'est un pays un peu particulier.
36:06Priscidia disait à l'instant
36:07« C'est dommage d'en venir là
36:08pour arriver à ça. »
36:09Mais la France,
36:10dans son histoire,
36:11elle est coutumière de ça.
36:13Prenons le XXe siècle,
36:14les garçons de café,
36:16ils ont dû mener des luttes
36:17pour avoir un salaire de bas.
36:19Sinon, ils n'avaient que des pourboires.
36:20Je prends cet exemple-là,
36:21mais je ne pourrais pas
36:21en prendre 10 000 autres
36:23parce que je fréquente
36:23beaucoup les cafés.
36:24mais ce débat national,
36:28comment on essaie
36:29de sortir du piège ?
36:30Alors, moi, je ne rentrerai pas
36:33sur la question
36:33de grandeur de la nation
36:34parce que ça fait toujours...
36:35Non, je ne parle pas
36:35de la grandeur,
36:36je parle peut-être
36:37de cette exception.
36:38C'était dans l'incitation,
36:39donc je pense que je fais attention à ça.
36:40Par contre, je pense
36:42qu'avec les Gilets jaunes,
36:43on redécouvre la beauté
36:44de la politique
36:44et de la grande politique.
36:46C'est ça qui est beau
36:47et intéressant.
36:49Et il faut sortir,
36:50et c'est pour ça que je disais
36:51que j'étais d'accord
36:52avec les deux précédents interlocuteurs,
36:54c'est que Macron tend un piège
36:55avec son débat
36:56qui est un grand moment
36:57de communication.
36:58Par contre, il faut
36:59qu'il y ait du débat dans le pays
37:00et il faut qu'il y ait
37:01de la confrontation d'idées
37:03dans ce pays
37:04et certainement que ce soit
37:05aux Gilets jaunes
37:06avec toutes les autres forces
37:07qui sont autour,
37:09qui viennent individuellement,
37:10qu'ils l'organisent.
37:11Moi, j'ai refusé comme maire
37:12d'organiser le grand débat
37:13dans le cadre
37:14de ce que veut faire Macron.
37:16Par contre, on a mis
37:16des cahiers de doléances
37:17à disposition des habitants
37:18et j'organise
37:20une réunion publique
37:21le 21 février
37:22où je propose
37:23à tous les habitants
37:24de venir voir
37:25si la synthèse
37:26que l'on organise
37:26autour des cahiers de doléances
37:28est juste ou pas.
37:29Et on portera ça
37:32en délégation
37:32à la présidence
37:33de la République
37:34quand on aura fini
37:36ce travail de synthèse
37:37avec eux.
37:38Il y a besoin
37:39de cette confrontation
37:41d'idées,
37:41elle est extrêmement importante
37:43parce que la politique,
37:44c'est ça,
37:44c'est cette détermination.
37:46Vous aviez raison,
37:46on dirait,
37:47il y en a qui n'ont pas
37:48la solution à tout,
37:49on se lance une idée,
37:50elle n'est peut-être pas bonne,
37:51mais en tout cas,
37:51c'est de la confrontation
37:52qu'on sortira
37:53une bonne idée.
37:55Par contre,
37:55est-ce qu'on est obligé
37:56de manifester ?
37:56Les Gilets jaunes
37:57pourront peut-être
37:57redécouvrir aussi
37:58ce qu'est la politique
37:59en France
38:00et ce qui impose
38:01des politiques progressistes.
38:02C'est-à-dire qu'il n'y a jamais
38:03eu d'avancées
38:04dans notre pays
38:04qui n'ont pas articulé
38:06et des luttes,
38:07des manifestations
38:08et des mesures politiques
38:10avec des lois.
38:11Ça a toujours été dit,
38:12on revient sur le Front populaire,
38:13on revient sur après
38:14la résistance,
38:15sur l'invention
38:16de la sécurité sociale.
38:17Il y a toujours eu
38:17une articulation
38:18entre des gens
38:19dans les rues
38:20et des politiques
38:21qui créaient
38:23à partir de là
38:24des lois
38:25qui permettaient
38:25de donner satisfaction
38:26aux habitants.
38:27Aujourd'hui,
38:28on en est là.
38:29Ça fait 20 ans
38:30qu'on nous met
38:30une politique ultra-libérale.
38:32Dans le mouvement
38:33du Gilet jaune,
38:34mais comme dans la population,
38:36dans son ensemble,
38:37tout le monde
38:37n'est pas d'accord sur tout.
38:39On est dans une période
38:40d'effervescence
38:41où on est au moins sûr
38:42d'une chose,
38:43c'est que ça ne peut pas durer
38:43comme ça.
38:44C'est sûr que tout le monde
38:45est d'accord chez les Gilets jaunes
38:46pour dire que ça ne peut pas
38:47durer comme ça.
38:48Et deuxièmement,
38:49il faut trouver des solutions.
38:50Il y a des pistes
38:51qui sont dites
38:51avec lesquelles je ne suis pas d'accord.
38:53Il y a des pistes
38:53avec lesquelles je suis d'accord.
38:54Tout ce que vous avez dit,
38:55ce n'est pas mon avis d'ailleurs,
38:56mais dans ma formation politique,
38:57moi je compte assez peu non plus,
38:59mais suppression de toutes ces taxes,
39:02parce que c'est très inégalitaire.
39:03Il y a la question
39:04de où est-ce que ça va,
39:05mais il y a aussi la question,
39:06c'est toujours les plus pauvres
39:07qui payent plus de taxes.
39:10Les pauvres payent plus de taxes
39:11que les plus riches.
39:12Et donc il faut créer
39:14des tranches supérieures
39:14sur l'impôt.
39:15Il faut effectivement
39:16que les GAFA payent
39:18ce qu'ils aient à payer.
39:20D'ailleurs ce matin,
39:21la députée de Gennevilliers
39:22était avec attaque
39:24pour demander à ce que Google
39:26paye ses impôts en France.
39:31Donc on est dans une période
39:32où peut-être, moi je rêve un peu
39:34que les Gilets jaunes
39:35appellent à tout le monde,
39:37partout, mais ils le font.
39:38Vous avez raison, mon frère
39:39quand il me raconte,
39:39je sais que tous les vendredis
39:40ils se retrouvent à plusieurs
39:41pour décider de ce qu'ils vont faire,
39:43de ce qu'ils vont...
39:43Alors ils sont plus,
39:44pour l'instant,
39:45sur ce qu'ils me disent,
39:46en rencontre pour se dire
39:47ce qu'ils vont faire
39:48que de discuter des solutions possibles.
39:50Et bien peut-être qu'il faut
39:51que les Gilets jaunes,
39:52avec toutes celles et ceux
39:53qui veulent bien se joindre à eux,
39:56polémiques, se disputent
39:57pour essayer de trouver
39:59des solutions
40:01qu'on pourrait transformer
40:02d'un point de vue législatif.
40:03Et puis il y a plein de gens
40:04qui ont réfléchi,
40:04il y a des partis politiques
40:05qui ont des propositions
40:06qui ne sont pas entendues aujourd'hui.
40:07Je pense de cette tranche supérieure
40:09sur l'impôt sur la fortune.
40:11Il peut y avoir aussi des questions
40:12sur les échelles de revenus.
40:13Est-ce que c'est normal
40:15qu'il y ait des gens
40:16qui gagnent en une journée
40:17plusieurs centaines de fois le SMIG ?
40:19Est-ce qu'il ne faut pas revenir
40:20à des différences de salaire
40:21entre 1 et 4,
40:22ou 1 et 5,
40:22ou 1 à 20 ?
40:23Il faut trouver...
40:25On trouvera un moyen,
40:26mais de remettre de la justice
40:27dans ce pays
40:30et que les gens se sentent considérés aussi.
40:34Merci.
40:35Alors, dernier chapitre,
40:36mais c'est un chapitre
40:37qui est ouvert sur l'avenir.
40:41Comme disait un écrivain,
40:44Louis Aragon,
40:44dans un nouvel des jeunes gens,
40:46rien dans cette vie
40:47n'est comme on l'imagine.
40:49Au mois de janvier,
40:49l'an dernier,
40:50à cette époque-là,
40:50on ne pensait pas
40:51que ça allait y aller.
40:53Et comment on peut avancer ?
40:56Comment on peut avancer
40:57pour ce que ce mouvement
40:59a déclenché,
41:00ce qu'il porte ?
41:02Ce qu'il porte d'ailleurs
41:04pas que d'un point de vue économique,
41:05c'est aussi d'un point de vue
41:07civilisationnel quand même.
41:08Parce que, Priscillia,
41:11dans l'appel que vous avez lancé
41:13au mois de mai,
41:13il y a la question de l'écologie.
41:16Parce que vous dites
41:16comment on peut...
41:18On a fait le rapproche
41:19aux Gilets jaunes,
41:20mais c'est faux.
41:21D'entrée de jeu,
41:21vous l'avez posé.
41:23et comment on peut avancer
41:26là, maintenant,
41:26et puis à moyen terme ?
41:29Est-ce qu'on peut...
41:30Enfin, comment on peut avancer ?
41:31Est-ce qu'on peut se passer
41:32de la politique ?
41:32Est-ce qu'on peut se passer
41:33des syndicats ?
41:34Là, je ferme un peu.
41:35Enfin, je ne ferme pas.
41:36Mais comment on peut avancer ?
41:38On peut avancer tous ensemble.
41:40Tout simplement.
41:41Ça, ça me rappelle là.
41:42Non, mais c'est vrai.
41:43Là, vous évoquez l'écologie.
41:45Effectivement,
41:46on a beaucoup discuté
41:47avec des associations
41:49de défense
41:49de l'environnement, etc.
41:51Et c'est vrai que là,
41:53l'urgence,
41:54c'est le pouvoir d'achat.
41:55Mais il faut pouvoir
41:56vivre de son salaire,
41:57tout simplement.
41:58J'ai entendu beaucoup
41:59« Vous voulez être riche ? »
42:00Non.
42:01Ce n'est pas être riche,
42:02c'est pouvoir vivre
42:03de son salaire
42:03et de pouvoir consommer sainement.
42:06On ne souhaite pas
42:07acheter des conneries
42:08parce qu'on nous a accusés
42:10aussi de vouloir
42:10consommer et surconsommer.
42:11Ce n'est pas du tout ça.
42:12D'ailleurs, vous êtes
42:13entretramponneuse en bio,
42:13vous, c'est ça ?
42:14En cosmétique bio.
42:15Et l'idée,
42:16c'est de pouvoir
42:17vivre de son salaire
42:18et pouvoir acheter
42:19des produits de qualité.
42:20Et dans cette proposition
42:23qui est faite
42:23sur la baisse des taxes
42:24de première nécessité,
42:24il y a une gilet jaune
42:25qui proposait quelque chose
42:26de très bien,
42:26c'est qu'il y a un effort
42:27supplémentaire au niveau
42:28de la baisse des taxes
42:28sur les produits bio et français.
42:30Elle disait bio
42:31et j'ai rajouté français
42:32parce que consommer local,
42:34consommer sainement
42:35et consommer mieux.
42:36Mais qu'on ait accès
42:38à ces produits.
42:40Et du coup,
42:41tout est lié.
42:42Et puis du coup,
42:42la santé,
42:43forcément,
42:44il y a un impact
42:44pour une meilleure santé.
42:46Et lorsque,
42:47dans la pétition,
42:48je parlais de mesures
42:49qui traitent de l'écologie
42:49au niveau des taxes
42:50sur le carburant,
42:54les bateaux de croisière
42:55qui ont du fuel
42:56de mauvaise qualité
42:56qui rejettent du soufre
42:57qu'on n'interdit pas
42:59alors qu'on pourrait
42:59leur demander
43:00de prendre du carburant
43:01plus propre,
43:02on se demande effectivement
43:03si le gouvernement
43:05veut vraiment aller
43:05dans le sens
43:06de la transition écologique.
43:07Et moi,
43:07c'est la question
43:08que je posais
43:08dans la pétition.
43:10Et malheureusement,
43:11tout de suite,
43:12on nous a opposés
43:12pour nous faire croire
43:13qu'en gros,
43:14on ne voulait pas payer de taxes
43:15parce qu'on ne voulait pas
43:15financer la transition écologique.
43:17Et c'est ça que je trouve dommage.
43:19politique que moi,
43:19je dénonce aussi.
43:21Politicienne.
43:22Politicienne,
43:22parce que ce sont des manœuvres
43:23qui visent à orienter
43:24l'opinion publique
43:24comme quoi, en gros,
43:25elle a fait une pétition
43:26parce qu'elle ne veut pas
43:26payer 3 centimes de plus.
43:27Elle ne veut pas participer
43:28à ce que le monde respire mieux.
43:30Alors que ce n'est pas du tout ça.
43:32Et je trouve ça très mesquin
43:33de la part du gouvernement
43:34d'avoir joué au départ
43:36sur ce truc-là.
43:38Alors donc,
43:39comment...
43:40Au-delà de ça,
43:41ça, c'est bien
43:42que vous le disiez
43:43parce que
43:44ce n'est pas bien
43:45que ceux qui nous gouvernent
43:48prennent des gens
43:48pour des imbéciles.
43:49Mais comment avancer alors ?
43:52Comment vous pourriez...
43:52Oui, donc,
43:53pour la deuxième partie
43:53de la question,
43:55on travaille ensemble
43:56avec certaines associations
43:59de défense de l'environnement
44:00parce que ce sont aussi
44:01des personnes
44:01qui défendent la démocratie
44:02et qui aussi sont des citoyens
44:04qui veulent avoir
44:05plus de pouvoir d'achat.
44:06Donc, c'est pour ça
44:06qu'on est tous
44:07plus ou moins d'accord
44:07sur des grosses questions.
44:09Et donc, du coup,
44:10on avance au moins
44:11pour pouvoir
44:13renseigner les gens
44:14au niveau du RIC,
44:17pouvoir travailler ensemble
44:18sur des mesures
44:18qui traitent de l'écologie.
44:19Moi, j'ai beaucoup
44:20d'associations
44:20qui me contactent
44:21pour qu'on puisse
44:21travailler ensemble
44:22et on travaille ensemble
44:23et c'est juste
44:23que ça ne se voit pas
44:24parce que c'est du travail
44:25de fond.
44:26Et du coup,
44:27c'est important
44:27que ce travail-là
44:28soit fait pour que,
44:30malheureusement,
44:30que ce soit les associations
44:32de défense de l'environnement,
44:33que ce soit les syndicats
44:35ou certains politiques,
44:37comme personne n'est écouté,
44:39aujourd'hui,
44:39on se retrouve à se dire
44:40bon, vous ne nous écoutez pas,
44:41on travaille tous ensemble.
44:43Et voilà ce qui se passe
44:43en ce moment.
44:44Donc oui, en ce moment,
44:45on travaille avec les personnes
44:46qui sont dans la défense
44:46de l'environnement
44:47et qui se tournent,
44:48mais c'est malheureux,
44:49vers les gilets jaunes.
44:52Donc ça veut dire
44:52que c'est des personnes
44:53qui travaillent depuis des années
44:54sur des solutions alternatives
44:55quand même.
44:56Et c'est prouvé,
44:57pardon, je vous coupe,
44:59mais ils sont sur des études
45:00qui ont été étudiées,
45:02prouvées,
45:02il y a des résultats,
45:03il y a des pays
45:04qui ont peut-être testé
45:06certains trucs,
45:07donc on peut se dire
45:07on a vu le résultat,
45:08on était un petit peu frileux
45:09de tester,
45:09mais maintenant qu'on sait
45:10que ça marche,
45:10pourquoi on ne l'utilise pas ?
45:11Et ce sont des personnes
45:12qui sont mises sous silence
45:13parce que ça n'arrange pas
45:14que ces mesures-là
45:15soient portées
45:16parce qu'elles ne vont pas
45:17dans le sens des lobbies,
45:19des grands industriels
45:20et que par contre,
45:21elles vont dans le sens
45:21de consommer sainement,
45:22de respirer mieux,
45:24mais c'est moins important
45:25que de faire des sous.
45:26Donc voilà.
45:28Non mais écoutez,
45:29donc ce que vous dites
45:30est plutôt rassurant,
45:33enfin c'est plutôt encourageant
45:34parce que la surdité,
45:36alors au début on disait
45:37c'est une grogne,
45:38non c'est pas une grogne,
45:39c'est une remise en question,
45:41même une remise en cause
45:42d'un certain système
45:43qui pratique la surdité
45:45et qui nous emmène
45:46dans le mur
45:47dans bien des domaines.
45:48Donc c'est engagé,
45:51ça travaille,
45:52on n'est pas là
45:53uniquement pour vitupérer
45:54l'époque,
45:55on travaille
45:55et on avance ensemble.
45:56C'est ça.
45:58Mathieu,
46:01comme syndicaliste,
46:03vous savez qu'il y a
46:04peut-être un danger aussi
46:06en ce moment en Europe,
46:07je parlais de la France
46:08tout à l'heure,
46:08alors la France a toujours
46:09échappé à ça
46:10parce qu'il y a eu
46:11le Front Populaire
46:12en 1936 qui a empêché
46:13que l'extrême droite
46:15prenne le pouvoir,
46:15elle est venue
46:16avec les armées étrangères
46:18et il y a un pays
46:20comme l'Autriche
46:20par exemple
46:20où c'est 60 heures
46:23par semaine,
46:24il y a des pays
46:25comme la Hongrie
46:26où on travaille
46:27pendant 2-3 ans
46:28en heures supplémentaires
46:29et il sera payé
46:31quelques années après.
46:32Donc il y a un danger
46:33de l'extrême droite
46:36qui n'est pas qu'un danger
46:38de racisme,
46:39etc.
46:39qui est aussi un danger social
46:41parce que là où
46:42ils prennent le pouvoir,
46:44comment dire,
46:45Bolsonaro,
46:45il ne va pas faire
46:46que...
46:48comment dire,
46:48que des dégâts
46:49dans la forêt amazonienne
46:50et tuer peut-être
46:51les derniers indiens
46:51qui restent,
46:52il va aussi s'attaquer
46:53directement au social.
46:55Comment on avance
46:58à partir
46:59grâce au mouvement
47:00des gilets jaunes ?
47:01Non, pas que grâce à eux
47:02parce que la CGT
47:03n'a pas attendu,
47:04etc.
47:04Mais quand même
47:05c'est ce qui a déclenché
47:07le tout.
47:08Aujourd'hui,
47:09on le voit bien,
47:10je veux dire,
47:10que ce soit au niveau
47:11du Rassemblement national,
47:13en aucun cas
47:16les décisions,
47:17les votes qui sont faits,
47:18ne sont faits
47:19comme tu le dis,
47:19pour le social.
47:20On ne veut pas de social,
47:21ils ne font pas de social.
47:23Aujourd'hui,
47:24les gilets jaunes,
47:25ce qui s'est passé
47:26avec les gilets jaunes,
47:26c'est qu'on a réussi
47:27à remettre le citoyen
47:28au cœur de la cité.
47:29Et ça,
47:30c'est super important.
47:31Je veux dire,
47:31on a réussi enfin
47:32à faire en sorte
47:33que le citoyen soit écouté,
47:36que le citoyen soit
47:37pris en compte,
47:39obligé de prendre en compte.
47:40Exactement.
47:40Et ça,
47:41ça permet de porter
47:42et de faire avancer
47:43énormément de choses.
47:44Aujourd'hui,
47:45oui,
47:46l'importance que la CGT
47:47ou que d'autres syndicats
47:48ou que d'autres partis
47:49politiques progressistes
47:51soient dans le mouvement
47:52est très important.
47:53Parce que justement,
47:55si on laisse la place,
47:56on sait très bien
47:56qui c'est qui la prendra.
47:57La nature a horreur du vide.
47:59Et ceux qui viendront,
48:01on l'a vu,
48:02il y a eu quelques polémiques
48:03sur le service d'ordre
48:04des Gilets jaunes
48:05dernièrement,
48:06avec énormément
48:06de bérets rouges
48:07ou de personnes
48:09qui étaient quand même
48:10très proches,
48:11enfin,
48:11pas très proches,
48:12qui étaient des fachos,
48:12il faut dire les mots
48:13comme ils le sont.
48:14Donc aujourd'hui,
48:15il y a eu une vraie volonté
48:16aussi des Gilets jaunes
48:17de se débarrasser
48:19de ces personnes-là.
48:20On se bat beaucoup.
48:21Il y a beaucoup
48:21de combats internes.
48:23C'est facilement d'ailleurs.
48:24On peut le voir,
48:25même si ce soit,
48:25moi je vois les AGT
48:26sur Révolution permanente,
48:27les AGT qui est à Montreuil
48:28ou quoi que ce soit,
48:29la vraie volonté
48:30des Gilets jaunes,
48:31justement,
48:31c'est de dégager
48:32ce service d'ordre,
48:33de dégager ces fachos.
48:34Ce n'est pas dégager
48:34un service d'ordre
48:35parce qu'on ne veut pas
48:36de service d'ordre.
48:37C'est de, voilà,
48:38de...
48:39Non, parce que bon,
48:40il y a beaucoup de sujets
48:41sur la sécurité
48:42ou comme quoi
48:43on ne veut pas de sécurité.
48:43Ce n'est pas le cas.
48:44Mais voilà,
48:45il y a eu beaucoup
48:45de polémiques là-dessus
48:46et le problème,
48:46c'est qu'on ne peut pas,
48:47étant pas structuré du coup,
48:48excuse-moi,
48:49étant pas structuré
48:57peut manifester
48:58et on n'a pas la main
48:59sur qui vient,
49:00qui ne vient pas, quoi.
49:01Et on n'a pas la volonté
49:02de mettre des frontières
49:02aux manifs en disant
49:03mais toi,
49:03tu es encarté,
49:04tu n'es pas encarté,
49:04donc tu ne rentres pas,
49:05ce n'est pas le but.
49:06Et du coup,
49:07autant c'est une force
49:08de ne pas être structuré,
49:08autant ça peut être une faiblesse.
49:10Enfin, c'est aussi une faiblesse.
49:12C'est exactement,
49:13c'est les deux.
49:14Mais on voit aussi
49:15qu'il y a quand même
49:15une véritable...
49:16Aujourd'hui,
49:17moi, je ne suis pas d'accord
49:18sur...
49:18Enfin, les médias
49:19ont cette grosse tendance
49:20à dire, oui,
49:21c'est un mouvement
49:22qui est quand même
49:23imprégné de fachos.
49:25Non, moi,
49:25pour y être allé
49:26quand même énormément de fois,
49:27non, ce n'est pas vrai.
49:29Ce n'est pas vrai.
49:29Je veux dire,
49:31la CGT a été très frileuse,
49:34on va dire.
49:35Le 17 novembre,
49:37aujourd'hui,
49:38il ne faut plus être frileux,
49:39je veux dire,
49:39il ne faut pas se voiler la face.
49:40Ils ont bien travaillé
49:41pour empêcher les gens
49:42de venir le 17 novembre.
49:43C'est ça,
49:43non, mais tout à fait.
49:45Tout à fait.
49:45Mais je veux dire,
49:46aujourd'hui,
49:46il n'y a plus d'excuses,
49:47il n'y a plus de...
49:48On sait très bien
49:49dans quelle direction on va.
49:50Il n'y a plus de barrière.
49:50Il n'y a plus de barrière.
49:51Les revendications
49:52des Gilets jaunes
49:53sont communes
49:53avec les nôtres.
49:54On est dans le tous ensemble
49:56et on avancera vraiment
49:57dans le tous ensemble.
49:59Donc, Mathieu,
49:59comme Priscillia,
50:00comment avancer ?
50:01Ensemble.
50:02Ensemble, tout à fait.
50:03Patrice Leclerc,
50:04alors, il y a un philosophe
50:06qui s'appelait,
50:07parce qu'il est mort,
50:10Cornelius Castodiaris,
50:10qui, dans les années 70,
50:12disait,
50:13il était encore temps
50:14d'éviter le chaos climatique
50:16et beaucoup ressentent
50:17l'effondrement
50:18anthropologique.
50:19Et il dit,
50:19parce qu'on est en train
50:20de détruire les êtres humains
50:22qui sont transformés
50:23en bêtes productrices
50:25et consommatrices
50:26en zappeurs abrutis.
50:27Il écrivait ça
50:28en 70.
50:30Tout ça pour essayer
50:32de ramener peut-être
50:33à...
50:35Comment dire ?
50:36Comment avancer ?
50:37Quelle visée ?
50:38Parce que,
50:40bon, moi,
50:40ce qu'on appelle
50:41le bien commun,
50:42la retraite,
50:44les services publics,
50:45la santé,
50:47le bien commun,
50:48que certains appellent
50:49du communisme.
50:50Il y a du communisme
50:51qui a été gagné,
50:52que les...
50:53Comment dire ?
50:54Que le capital,
50:54évidemment,
50:56est en train d'attaquer
50:56depuis quelque temps.
50:57Il a gagné des batailles.
50:59Comment on peut avancer
51:01pour...
51:02comme maire,
51:03mais aussi comme communiste,
51:05aujourd'hui ?
51:06Qu'est-ce que vous diriez ?
51:07Bon, alors...
51:08C'est une bonne question.
51:11Non, je...
51:12Moi, j'espère que le mouvement
51:14des gilets jaunes
51:14n'est qu'à son début.
51:16Et c'est un début prometteur
51:18parce qu'il a fait redresser
51:18la tête à des gens
51:19qu'il a courbés.
51:21Et ça commence
51:23à ouvrir des oreilles.
51:25Et si on veut recréer,
51:28justement,
51:29réavancer pour regagner
51:30des choses,
51:31il faut que collectivement,
51:32c'est pour ça que le Tous Ensemble,
51:34on s'interroge sur
51:35pourquoi on vit en société.
51:37Et moi,
51:38je fais le pari
51:39de cette intelligence collective.
51:41Mais il faut qu'on aille
51:42jusqu'au bout.
51:43Il faut qu'on passe
51:44d'Assemblée Générale
51:45dans les localités,
51:46d'Assemblée Générale
51:47de gilets jaunes,
51:48à des Assemblées Générales
51:49pour se dire
51:50pourquoi on est
51:50dans cette situation
51:51et quelles sont les solutions
51:52qu'il faut avancer aujourd'hui.
51:55Et quand on creuse,
51:56on s'aperçoit
51:57qu'il y a peut-être
51:57un système à changer.
51:58C'est pour ça que c'est important
52:00et c'est-à-dire
52:00que le communisme,
52:01peut-être à l'ordre du jour,
52:03ou du communisme en tout cas,
52:05en tirant les leçons du passé
52:07parce que les communistes
52:10ont à s'interroger
52:10sur des choses
52:12qu'ils ont faites
52:13qu'il ne faudrait absolument
52:14pas reproduire.
52:16Mais par contre,
52:16on pourrait,
52:17plutôt que de parler
52:18de communisme directement,
52:19on pourrait se dire
52:20travaillons à refaire du commun.
52:22Pourquoi on ne crée
52:23jamais la France
52:24et jamais le monde
52:25n'a créé autant de richesses
52:27qu'aujourd'hui ?
52:28On crée plus de richesses,
52:29par notre travail,
52:30qu'il y a 10 ans,
52:31qu'il y a 20 ans,
52:32qu'il y a 50 ans,
52:33qu'il y a 100 ans.
52:34Et pourtant,
52:35les inégalités perdurent,
52:36se développent.
52:38Il y en a même
52:38qui ont le sentiment
52:39de vivre de moins bien
52:39qu'avant,
52:40dans ma génération,
52:42certainement, d'ailleurs.
52:43On a même peur pour nos enfants,
52:45certains parlent de déclassement.
52:47Et donc,
52:47la question,
52:48pour parler trivialement,
52:50comme l'a fait
52:51le président de la République,
52:52où se barre le pognon
52:53si on crée plus de richesses
52:55qu'avant ?
52:55Donc,
52:56ça nécessite effectivement
52:57qu'on se réinterroge
52:58sur les impôts,
53:00leur justice,
53:01comment elles sont réparties,
53:02où vont les richesses
53:03créées dans les entreprises,
53:04est-ce qu'elles doivent être
53:05accaparées que par quelques-uns ?
53:07Il y a la planète
53:09qui est posée
53:09parce qu'on détruit des hommes,
53:11mais on détruit la planète.
53:12Enfin,
53:13c'est pas qu'on détruit la planète
53:14parce que la planète
53:14n'est pas en danger.
53:15Elle survivra,
53:16elle a survécu
53:17à plein de choses,
53:18mais c'est l'humanité
53:19qui va disparaître.
53:22Et donc,
53:23de notre modèle de consommation,
53:24de transport,
53:25quand on se rend compte
53:26qu'on est incapable
53:27en région Île-de-France
53:28de faire ce qui a été fait
53:30il y a 100 ans
53:30pour construire le métropolitain,
53:32il y a 100 ans,
53:33on a fait un emprunt
53:34sur 100 ans,
53:35pour ne pas que ce soit
53:36la génération de l'époque
53:37qui paye le métro
53:38et qui nous fait
53:39ce magnifique métro
53:40dans Paris
53:41suffisamment dense
53:42pour qu'on puisse
53:43se passer de voiture.
53:44Et aujourd'hui,
53:45pour faire la société
53:46du Grand Paris,
53:46pour faire un malheureux métro
53:47qui fait le tour,
53:49on se fait qu'un emprunt
53:50sur 30 ans,
53:50on se dit
53:50on ne peut pas sortir
53:51ces milliards-là
53:52parce qu'on est incapable
53:53de respecter
53:54les critères de Maastricht,
53:55etc.
53:56C'est une ineptie
53:57dans le développement
53:58et ça pousse les gens
54:00à prendre leur bagnole,
54:01ça fait qu'il y a des cadres
54:02qui rentrent chez eux
54:03à 22h,
54:04qui ne voient pas leurs enfants.
54:05On dit à des gens
54:06surveillez-vous
54:07dans les quartiers populaires,
54:08on essaye de culpabiliser
54:09les gens,
54:10surveillez vos gamins
54:11mais on les fait bosser
54:12jusqu'à 22h, 23h.
54:13On les fait partir
54:14à 6h du matin,
54:15il n'y a pas de moyens
54:15de transport
54:16pour aller d'une banlieue
54:17à une autre.
54:19Donc si on se réinterroge
54:20sur tous ces aspects-là
54:21qui font la vie quotidienne
54:22des habitants
54:23et en se disant
54:25aujourd'hui,
54:26il y a suffisamment
54:27de richesses créées
54:28pour répondre à ça.
54:30C'est juste un système
54:31à changer
54:31pour que les richesses
54:32aillent au bon endroit.
54:33Et ça,
54:34moi,
54:35je crois que si partout
54:36il y avait des militants
54:38de gauche,
54:41mais qui,
54:41ce n'est pas la gauche morale seulement,
54:43c'est la gauche
54:44qui va rencontrer le peuple.
54:45C'est pour ça que moi,
54:45je crois que sur le champ politique,
54:47il ne faut pas opposer
54:48le rassemblement de la gauche
54:50et de discours populistes.
54:53Une gauche sans le peuple,
54:54c'est rien,
54:55et du populisme sans valeur de gauche,
54:57c'est dangereux.
54:58Et donc,
54:59il faut qu'on arrive
54:59à relier les deux,
55:00c'est-à-dire d'avoir
55:01une gauche populaire
55:03qui se remette en marche.
55:05Merci,
55:06Patrice Leclerc.
55:06Eh bien,
55:07écoutez,
55:07vous vouliez ajouter un mot ?
55:09Non.
55:10Président,
55:11alors écoutez,
55:12Priscillia Ludowski,
55:14cofondatrice
55:14du mouvement des Gilets jaunes,
55:16Mathieu Veillepot,
55:18secrétaire générale
55:19de l'Union locale CGT
55:20de Fontenay-Sous-Bois,
55:22Patrice Leclerc,
55:23maire de Gennevilliers,
55:25merci d'avoir répondu
55:27à l'invitation de l'Humanité.
55:30Je veux juste ajouter une chose,
55:32c'est,
55:33vous savez que le journal Humanité,
55:35alors c'est pas d'aujourd'hui,
55:36il est en danger,
55:38en grande difficulté,
55:40il s'est mis sous la protection,
55:42il s'est passé sous la protection
55:43du tribunal de commerce de Bobigny,
55:44et évidemment,
55:46il en va de l'existence
55:47de ce journal,
55:49c'est un des plus vieux journaux
55:50de France,
55:51avec la Croix et le Figaro.
55:54Comme le dit Eric Toussaint
55:57de la formation Attaque,
55:59aucun autre quotidien
56:00ne peut remplacer
56:01l'action d'information
56:02réalisée par l'humanité.
56:04Donc,
56:05j'en profite
56:06pour vous rappeler,
56:07pour vous dire
56:08qu'il y aura une grande soirée
56:09de mobilisation
56:09le 22 février
56:10à la Bellevilloise
56:11et que de très nombreuses
56:13personnalités
56:14y ont annoncé leur présence.
56:16Évidemment,
56:17n'hésitez pas
56:18à envoyer vos messages,
56:20vos dons
56:21et vos abonnements,
56:22papier ou numérique,
56:24au journal de l'humanité
56:25parce que c'est qu'avec vous,
56:27comme dans l'histoire
56:28de ce journal,
56:30que l'humanité
56:31vivra.
56:32Merci
56:33à mes trois invités
56:35et à la prochaine fois.
56:36Sous-titrage Société Radio-Canada
56:43Sous-titrage Société Radio-Canada

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