- il y a 2 semaines
La députée européenne Virginie Rozière ( S et D ) analyse les circonstances du siphonnage des données personnelles Facebook par Cambridge Analytica, ses conséquences, et comment la loi européenne pourrait protéger les citoyens.
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00:11Virginie Rosière, bonjour, vous êtes députée européenne, socialiste et démocrate.
00:16On va revenir avec vous sur le scandale Facebook Cambridge Analytica,
00:20c'est le nom de la boîte par qui ça le scandale arrive,
00:24qui prend aussi une dimension européenne.
00:27Le Parlement en débat d'abord, le Parlement européen.
00:30Et puis les députés ont demandé, je le rappelle, on en reparlera tout à l'heure d'ailleurs un peu
00:33plus en détail,
00:34au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de venir s'expliquer devant le Parlement européen.
00:41Alors peut-être est-ce qu'on peut rappeler quelques mots sur l'affaire elle-même, en deux mots.
00:46Un cabinet britannique en gros, Cambridge Analytica on vient de le dire,
00:49a siphonné par l'intermédiaire d'un de ses sous-traitants, pour être plus précis,
00:54les données personnelles d'utilisateurs Facebook et des amis de ses utilisateurs,
00:59ce qui est tout simplement interdit pour l'instant.
01:03Utilisation donc abusive de données personnelles qui concernent au bas mot,
01:06on dit on parle de 87 millions, mais on serait sans doute très loin du compte.
01:12C'est au moins, au moins 87 millions.
01:15Évidemment, les personnes concernées ne le savaient pas.
01:18Facebook reconnaît qu'en plus les informations potentiellement de tous les utilisateurs de Facebook,
01:25de plus de 2 milliards de personnes sur la Terre,
01:27à un moment ou à un autre, auraient pu être utilisées,
01:32sans l'avis des titulaires du compte, pour être utilisées par un organisme tiers.
01:38En deux mots, quand même, à quoi ça sert, cette masse incroyable de données
01:44que certaines boîtes siphonnent et mettent à gauche ?
01:49Qu'est-ce qu'on en fait ?
01:52La principale utilité, que ce soit par Facebook lui-même ou par d'autres entreprises,
01:56c'est ce qu'on va appeler le profilage.
01:58C'est-à-dire qu'en récoltant un maximum de données sur vous,
02:01sur vos relations, sur vos contacts, sur vos activités,
02:04on peut se faire une idée précise de qui vous êtes,
02:08quelles sont vos habitudes de consommation,
02:10quelles sont vos opinions politiques,
02:12qu'est-ce que vous aimez faire, quels sont vos loisirs,
02:14quels sont vos centres d'intérêt.
02:16Et du coup, la première des utilisations,
02:19c'est pour faire de la publicité ou du placement de produits.
02:23Ça va être d'abord pour Facebook, pour analyser votre profil
02:27et permettre ensuite de vous faire apparaître des publicités
02:31qui correspondent à vos centres d'intérêt pour qu'elles aient le plus de chances
02:34d'avoir un impact positif.
02:35Mais plus largement, en vendant ces profils,
02:39ça permet à des entreprises, ensuite, d'aller chercher d'autres clients
02:43qui cherchent à toucher des publics,
02:44en les ayant préalablement identifiés et caractérisés,
02:47que ce soit pour une activité commerciale ou pour une activité politique,
02:51comme on l'a vu d'ailleurs avec les utilisateurs,
02:53enfin les clients de l'Anetica.
02:56On parle de l'emploi commercial, rappelons que Facebook, c'est gratuit
03:00et que donc l'argent, il le récupère de cette manière-là,
03:05par l'activité commerciale.
03:06Et ce sont des sommes colossales.
03:08Voilà, ce sont des sommes colossales et que du coup,
03:11voler ces données-là, entre guillemets, les siphonner en tous les cas,
03:14ça permet également de faire la même chose que Facebook autrement.
03:18Alors, on dit, attention, également, possibilité,
03:22l'implication politique de cette affaire, des données, d'après ce qu'on dit,
03:26auraient été utilisées pendant la campagne présidentielle américaine.
03:30Et la campagne du Brexit.
03:31Et la campagne du Brexit, c'est ça.
03:34Ajoutons que le Cambridge Analytica en question,
03:38elle, entreprise, a travaillé pour la campagne présidentielle de Trump, quand même.
03:42Donc, l'implication, elle est...
03:43Bon.
03:44Alors, l'implication politique, c'est aussi extrêmement important,
03:47puisque c'est quand même l'un des débats mondiaux à l'heure actuelle.
03:50Comment est-ce qu'on peut, par l'intermédiaire de ces fameuses données qu'on vole,
03:55qu'on siphonne à un moment donné, qu'on analyse,
03:58et auxquelles on envoie un certain nombre de messages,
04:00comment on peut modifier l'opinion, finalement ?
04:02En tous les cas, travailler l'opinion.
04:03C'est un des moyens de travailler l'opinion politique,
04:06notamment au moment des élections.
04:07Oui.
04:08La question se pose même à deux niveaux.
04:09Évidemment, il y a le niveau le plus brutal,
04:12et le plus insupportable, le plus visible,
04:15qui est, on vend vos données
04:17pour que des entreprises, enfin, des entreprises ou des organisations
04:20qui ont un objectif politique bien précis, d'influence,
04:24les utilisent pour agir sur vous.
04:27Et là, on est sur quelque chose qui est insupportable.
04:29On vous livre à de la manipulation.
04:32On donne à des organisations dont l'objectif est clairement
04:36de manipuler vos opinions politiques,
04:38on leur donne les moyens de le faire.
04:40Big Brother is watching you, on est dedans.
04:43Mais la question se pose, je dirais, presque de manière plus souterraine,
04:46de manière moins clairement affichée,
04:48parce qu'aujourd'hui, Facebook, de manière illégale,
04:52va collecter les données, les vendre,
04:53pour qu'on puisse vous influencer, vous manipuler de manière directe.
04:56Mais quand vous êtes sur Facebook,
04:58et que Facebook collecte vos données,
05:00mais il collecte vos données en vous présentant des choses,
05:03en vous amenant, à mon avis, abusivement du contenu,
05:08mais des articles, des publications,
05:10en créant de la relation avec des amis, des contacts,
05:14des personnes, différents interlocuteurs,
05:17quel est l'objectif de Facebook en faisant ça ?
05:21On va vous dire, maintenant, c'est juste un fournisseur de services,
05:23neutre, d'une part, sans intention,
05:27sans intérêt direct,
05:28sans intention, sans finalité, et sans responsabilité.
05:31C'est quand même quelque chose qui est très questionnable aujourd'hui,
05:33parce que même si ce qui vous est présenté
05:37n'est pas organisé par une activité humaine
05:39qui va choisir, comme pourrait le faire un responsable éditorial
05:42d'un journal, par exemple.
05:44Mais c'est fait quand même avec des choix,
05:45simplement, ces choix sont automatisés,
05:47avec une intention.
05:48L'intention, elle va être de collecter le maximum de données,
05:51de vous faire rester le plus longtemps possible
05:54sur la plateforme,
05:55donc de vous présenter des contenus
05:56qui sont ceux qui vous correspondent,
05:58mais ce n'est pas neutre,
05:59ce n'est pas vrai que c'est neutre.
06:00Il y a une intention, il y a un objectif,
06:02qui est de maximiser les conditions
06:03dans lesquelles Facebook va pouvoir développer son activité.
06:05Pourtant, tout est paramétré par quelqu'un au départ.
06:07De toute façon, les algorithmes,
06:08ils sont bien programmés par quelqu'un, c'est sûr.
06:10Alors, le Parlement européen,
06:12on le disait tout à l'heure,
06:13a demandé au patron de Facebook
06:14de venir s'expliquer devant les députés européens.
06:17Il a dit qu'il n'avait pas pu venir à cette session-là,
06:20aujourd'hui ou hier.
06:22Il s'est déjà exprimé devant le Congrès américain,
06:25il a présenté ses excuses,
06:26mais ça ne suffit pas pour vous.
06:28Non.
06:29Pourquoi il doit venir ici, finalement ?
06:30Non, il doit venir ici pour plusieurs choses.
06:32Déjà, pour présenter la réalité des choses.
06:37Là, les informations qu'on a,
06:38c'est par la presse,
06:40en écoutant l'audition qu'ils donnent
06:43devant les représentants des citoyens américains.
06:47Mais les citoyens européens sont concernés.
06:49C'est presque 3 millions d'Européens,
06:51plus de 200 000 Français,
06:53au minimum,
06:55dont les données ont été compromises.
06:56Donc, il doit bien, déjà,
06:57une explication aux représentants des Européens.
07:00Ensuite, il ne vous a pas échappé qu'on a...
07:03Donc, ensuite, on a le contexte politique,
07:07particulièrement avec la campagne du Brexit.
07:09De la même manière qu'il a pu être questionné
07:10sur les implications
07:12et les possibles distorsions
07:14pendant la campagne présidentielle américaine,
07:16la question se pose aussi
07:17pour la campagne du Brexit en Europe.
07:20Et enfin, on a un nouveau cadre législatif
07:25très ambitieux,
07:26quasiment unique en son genre,
07:28qui est, je pense,
07:29assez visionnaire et précurseur
07:30pour la protection des données personnelles
07:32des Européens
07:33qui entre en vigueur dans un mois.
07:36Alors, c'est la question que j'allais vous poser.
07:38Concernant les lois européennes
07:40et celle qui va entrer en vigueur,
07:42on en est où ?
07:42Il y a quoi dans cette loi ?
07:43Quel en est exactement le contenu ?
07:45Pour la protection, bien sûr,
07:46des données personnelles ?
07:47Alors, justement, ce règlement dit
07:49règlement de protection des données personnelles
07:51ou RGPD entre en vigueur en mai
07:54et c'est, on va dire, une première,
07:57un cadre unique, unifié, harmonisé européen
07:59pour la protection des données
08:00et donc qui s'applique partout en Europe
08:02de la même manière.
08:03En fait, il y a quatre grands principes
08:05pour protéger les données personnelles
08:07des Européens.
08:08Le premier principe, c'est le consentement.
08:11C'est-à-dire que lorsque l'on collecte vos données,
08:13déjà, on vous demande votre accord pour le faire
08:15et on vous demande votre accord
08:17pour les éventuelles utilisations
08:19qui vont en être faites.
08:20Rien ne peut être fait
08:22sans qu'on appuie à un moment donné
08:23sur un bouton.
08:24Exactement.
08:25Vous avez votre mot à dire
08:27sur le fait qu'on collecte vos données
08:29et la manière dont on les utilise ensuite.
08:31La deuxième chose, c'est la transparence
08:33qui va avec le consentement.
08:34C'est-à-dire que pour que vous puissiez
08:35donner un consentement libre et éclairé
08:37sur la collecte et le traitement de vos données,
08:40on doit vous exposer de manière claire,
08:42précise et compréhensible
08:44comment les données sont stockées
08:46et manipulées et traitées par la suite.
08:50La troisième chose, c'est le droit des personnes.
08:53C'est-à-dire que c'est bien de dire
08:55que vous êtes d'accord,
08:55c'est bien qu'on vous explique
08:56ce qui va se passer,
08:57mais c'est que si jamais vous n'êtes pas d'accord
08:59ou votre situation change
09:01ou que vous voulez modifier les choses,
09:02exercer votre droit sur la manière
09:04dont les données sont utilisées,
09:06vous pouvez le faire.
09:07Donc c'est vraiment renforcer cette idée
09:10que chacun doit pouvoir faire valoir ses droits
09:12sur ces données,
09:13les modifier, les rectifier,
09:14demander à ce qu'elles soient effacées,
09:15demander à les récupérer.
09:16C'est un peu dans l'idée
09:17de ce qu'on voit avec les mentions CNIL,
09:19vous pouvez exercer votre droit
09:20de consultation de modification
09:22à telle adresse.
09:23C'est un peu cette idée-là.
09:25Et le quatrième principe,
09:27et justement,
09:27c'est intéressant dans le contexte Facebook,
09:29c'est la responsabilité.
09:30C'est-à-dire que l'entreprise,
09:32elle vous demande votre avis,
09:33elle dit ce qu'elle va faire,
09:35elle vous permet d'exercer vos droits,
09:36et puis si les choses ne se passent pas comme prévu,
09:37elle est responsable.
09:39En cas de problème,
09:40en cas de fuite,
09:41en cas de piratage,
09:42elle doit informer les utilisateurs
09:44de ce qui s'est passé,
09:45des conséquences.
09:47Et si jamais,
09:48de toute façon,
09:49il y a des problèmes et un préjudice,
09:50elle est aussi tenue pour responsable
09:51et elle doit être en mesure
09:52de réparer ce préjudice.
09:53Alors, est-ce que ces précautions-là,
09:56et cette loi-là,
09:57est suffisante, à votre avis ?
09:59Est-ce que ces éléments-là
10:00sont suffisants
10:00pour protéger les données personnelles
10:03des utilisateurs, à votre avis ?
10:04Sur le plan du droit,
10:06oui.
10:06C'est évidemment...
10:09Enfin, honnêtement,
10:10on est à un niveau de protection
10:11qui fait de l'Europe, je pense,
10:13un continent pionnier en la matière,
10:15et je pense qu'on peut être
10:16un exemple pour le monde,
10:17et on peut ouvrir une nouvelle phase
10:20et un nouveau rapport
10:21aux géants du numérique,
10:23dans lequel on serait
10:23beaucoup plus respectueux
10:24de la personne et de ses droits.
10:26Maintenant, ça,
10:27c'est sur le plan du droit.
10:28La question, elle est
10:29comment concrètement,
10:31matériellement,
10:31on va faire en sorte
10:33que ces droits soient...
10:35Il y a une question
10:36d'échelle, clairement,
10:36et de surveillance,
10:38entre guillemets.
10:38de surveillance,
10:41de simplicité aussi,
10:42de contrôle,
10:43de comment les choses sont appliquées,
10:45et aussi de donner aux Européens
10:48les moyens,
10:49s'ils ne sont pas satisfaits
10:50ou si les choses
10:51ne sont pas correctement
10:52mises en œuvre,
10:53de se retourner
10:54contre les entreprises.
10:55Je pense que là-dessus,
10:56on va avoir à creuser
10:57aussi sur la question
10:58des recours collectifs,
10:59parce que c'est la force.
11:01Pourquoi est-ce que
11:01c'est une grande avancée ?
11:02Parce que sur le plan du droit,
11:03ce sont des droits très avancés,
11:05mais aussi parce que
11:06c'est à l'échelle d'un continent.
11:07Et dans le rapport de force,
11:08avec des géants numériques
11:09qui sont mondiaux,
11:10vous l'avez dit,
11:10plus de 2 milliards d'utilisateurs
11:11pour Facebook,
11:12on peut se douter
11:13qu'un pays seul
11:14n'aurait pas et ne serait pas
11:15en mesure d'instaurer
11:17un rapport de force suffisant.
11:18L'Union européenne,
11:19c'est 500 millions d'Européens,
11:22la plus grande puissance économique mondiale,
11:24le plus grand marché mondial.
11:25Donc le rapport de force
11:26devient intéressant,
11:27surtout si après,
11:28on permet aux Européens
11:29de se saisir collectivement
11:30de ces droits
11:31pour eux-mêmes rentrer
11:35dans les faire valoir
11:36dans leurs relations
11:37collectivement
11:37avec les géants du numérique.
11:39Donc fondamental
11:39que le patron de Facebook,
11:41Mark Zuckerberg,
11:43vienne ici,
11:44s'expliquer un peu
11:44quand même devant les représentants.
11:45Il le doit bien aux Européens
11:46et à leurs représentants.
11:47devant les représentants
11:47des pays européens.
11:49J'allais dire,
11:50quels sont les points
11:51très précis quand même
11:52sur lesquels
11:53vous allez le titiller ?
11:55Parce qu'il faut des réponses
11:55quand même
11:56à ce qu'on est en train
11:57de dire là.
11:58Il ne suffit pas simplement
11:59de dire on fait les lois.
12:00Il faut qu'en face de vous,
12:01l'un des géants du numérique mondial
12:04dise,
12:04bah oui,
12:04je le fais,
12:05je ne le fais pas.
12:05Comment vous voyez les choses ?
12:07Quel précisément
12:07sur quoi vous allez lui demander ?
12:09Je pense qu'on va l'attendre
12:10effectivement
12:10et on va vouloir
12:11des réponses précises
12:12et concrètes
12:13sur la mise en œuvre
12:13du règlement de protection
12:15des données personnelles.
12:16D'ailleurs,
12:17il s'est déjà exprimé
12:18là-dessus ou pas ?
12:19Non, pas directement.
12:21Simplement,
12:21ce qu'on voit,
12:21c'est que
12:23on est toujours
12:24dans la même rhétorique,
12:25le même discours
12:26qui est en oui,
12:27on est désolé.
12:28Effectivement,
12:29on a fait une erreur
12:30mais on va la corriger.
12:31Mais simplement,
12:32ce n'est pas le premier scandale,
12:33ce n'est pas le premier problème
12:33avec Facebook.
12:34Ça fait depuis le début
12:35des années 2000
12:35que régulièrement,
12:37tous les deux,
12:37trois ans,
12:37il y a un problème,
12:38il y a des fuites,
12:39il y a des questions
12:40d'atteinte
12:41à la protection
12:43des données personnelles
12:43et à chaque fois,
12:44c'est ah oui,
12:44on est désolé
12:45mais on va s'améliorer.
12:46On apprend nos erreurs,
12:47on s'améliore.
12:48Il faut croire que non.
12:49Donc là,
12:49on a besoin de rentrer
12:50quand même
12:50dans une autre logique
12:52qui est un peu moins complaisante
12:58donc on attendra
12:59des réponses concrètes
13:00et puis maintenant,
13:00on a un instrument juridique
13:01qui permet d'aller
13:03le cas échéant
13:04jusqu'à la sanction.
13:04Et je pense que ce sera
13:05un message très fort
13:06à faire passer.
13:07Il faudra derrière
13:07que les gouvernements
13:09et la commission
13:10soient fermes aussi.
13:11On sera intransigeant
13:12et tout ce qui ne respectera
13:14pas le droit européen
13:14fera l'objet
13:16de sanctions,
13:17le cas échéant
13:18si jamais c'est nécessaire.
13:19Ce n'est pas une bataille
13:20perdue donc selon vous
13:22parce que les gens
13:23se posent la question
13:23en disant
13:24le nombre de données
13:25qui circulent est-elle
13:26et ça circule
13:27par tellement de canaux
13:29que ça paraît strictement
13:31on le disait presque
13:32tout à l'heure
13:32ça paraît strictement
13:33impossible de contrôler
13:34tout ça
13:34vu l'échelle numérique
13:36à laquelle on se situe.
13:37On parle de Facebook
13:37il y en a d'autres.
13:39Ce n'est pas une bataille perdue.
13:40On peut vous penser...
13:42C'est une bataille difficile
13:43mais on n'a pas
13:47des tonnes de leviers
13:48pour faire bouger les choses.
13:50On a le droit
13:52et quelque part
13:53la force de l'argent.
13:54Et les deux vont ensemble
13:55c'est-à-dire qu'on crée du droit
13:58donc déjà
13:58on fixe un cadre
13:59on fixe des règles
14:00et ça permet de dire
14:01de quel côté
14:02vous vous trouvez
14:02par rapport à la règle
14:03du bon ou du mauvais.
14:04Ce qui est déjà quelque chose.
14:05C'est pas pour ça
14:06que les règles...
14:06Je vous rejoins
14:07une règle en soi
14:08ne garantit pas
14:08qu'elle l'est appliquée
14:09mais après
14:10ça donne aussi des leviers
14:11et c'est pour ça
14:12que moi je pense
14:12qu'il faut vraiment aussi
14:13qu'on travaille
14:13sur des questions
14:15de recours collectifs
14:17européens
14:17pour que
14:19si la règle
14:20n'est pas respectée
14:21derrière
14:21l'impact financier
14:23et l'impact d'image
14:24soient plus forts
14:25que ce qu'il a pu être
14:26aujourd'hui
14:26puisqu'on a bien vu
14:27jusqu'à présent
14:27que des infractions
14:28n'ont jamais été suivies
14:29de sanctions
14:30ou de conséquences
14:30financières suffisantes
14:31là
14:32on doit pouvoir
14:34déplacer le curseur
14:35du rapport de force
14:35pour que
14:36ce ne soit pas uniquement
14:37une exigence juridique
14:38qui fasse changer les choses
14:39mais aussi quelque part
14:41les géants du numérique
14:42qui intègrent d'eux-mêmes
14:43ces exigences
14:44parce que
14:45ils ont plus à y perdre
14:46à ne pas les respecter
14:47qu'à les contourner
14:49ou à les enfreindre
14:49ça nous dit aussi
14:50cette affaire
14:51vous êtes en train de le dire
14:52d'une certaine manière
14:53ce que sont devenus
14:55les fameux GAFA
14:57leur puissance
14:58on parle souvent
14:58de leur puissance économique
14:59etc
15:00mais la puissance
15:01sur les opinions
15:02sur les gens
15:03sur les points de vue
15:04ça nous dit
15:04quelque chose
15:05du monde
15:06ça c'est un sujet plus vaste
15:07je pense
15:07on est presque philosophique
15:09mais qui aujourd'hui
15:10on doit vraiment se pencher
15:11je pense
15:12aujourd'hui
15:13sur comment
15:14comment exercer
15:15nos libertés fondamentales
15:16dans le monde numérique
15:18le consentement
15:20l'exercice
15:21de sa liberté
15:22de conscience
15:24comment est-ce qu'on peut
15:24avoir un choix éclairé
15:25comment est-ce qu'on peut
15:26accéder à une perspective
15:28d'émancipation
15:29comment est-ce qu'on fait
15:30ses propres choix
15:31qu'est-ce qu'est-ce qu'est-ce
15:32de la propagande
15:32voilà
15:32l'exercice de ces libertés
15:34individuelles
15:34dans le monde numérique
15:35face à des puissances
15:37qui ne sont plus
15:38des états
15:38qui ne sont plus
15:39des puissances
15:40à proprement parler
15:42politiques même si on peut
15:43questionner justement
15:43leurs intentions
15:44et qui sont des puissances
15:45économiques mondiales
15:47sans réel contrôle
15:49sans réel levier
15:50mais ça je pense que
15:51c'est un débat
15:51qui nous entraînerait loin
15:53et qui va un peu plus loin
15:55que la protection
15:55des données personnelles
15:56mais je pense que
15:56ce premier pas
15:58est une brique importante
15:59justement pour construire
16:00sa liberté fondamentale
16:00la prophétie d'Oruel
16:01dont on parlait tout à l'heure
16:02on n'en est pas loin
16:03on est en plein dedans
16:04mais il y a une prise de conscience
16:05je trouve
16:05et donc peut-être qu'on
16:06de sa part aussi d'ailleurs
16:08on est là
16:08tout à fait
16:09Gégi Léozière
16:10merci beaucoup
16:10merci à vous
16:11au revoir