00:02J'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle.
00:06Si on est au bout d'une histoire et la décision de François Hollande le montre,
00:12il faut donc qu'à gauche nous passions à autre chose, que nous construisions un nouveau projet.
00:16C'est un énorme aveu d'échec et je crois qu'il ne faudrait pas que ça fonctionne comme une
00:23amnistie
00:24pour tous ceux qui ont participé à cet échec. Bon, il me semble que compte tenu de ce qu'il
00:29avait dit,
00:29on ne voyait plus très bien ce qu'il pouvait faire puisque, alors qu'il est, la totalité des candidats
00:34issus du PS,
00:35en tout cas pour ce qu'on peut en voir dans les sondages, sont à la moitié des scores qui
00:39me sont attribués.
00:40Bon, donc je vois que pour lui, c'eût été une espèce de crucifixion pendant cinq mois.
00:45C'est une décision évidemment éminemment respectable. Elle ouvre la voie au premier ministre qui avait jusqu'ici beaucoup joué
00:52des coudes pour en arriver là.
00:56Il porte un projet que tout le monde connaît. Il est celui qui a théorisé les gauches irréconciliables,
01:00c'est-à-dire le refus de s'opposer comme au cœur de la gauche, de rassembler la gauche du
01:06gouvernement
01:06et celle qui a une tradition plus forte dans la radicalité.
01:10Je pense que c'est une décision qu'il a prise en conscience, qu'il a mûri.
01:15Je pense que ce que le président de la République a annoncé aux Français cet après-midi est une décision
01:22éminemment difficile à exprimer.
01:24Et compte tenu du contexte, je crois que c'était une décision courageuse à prendre et il l'a prise.
01:30Voilà.
01:31J'en ressors avec l'impression que c'est la décision la plus lucide de son quinquennat, pour les raisons
01:37qu'a dit Nathalie Saint-Cricq.
01:39Certains diront, ah mais c'est proche, c'est aussi les dirigeants du Parti Socialiste qui n'en voulaient plus.
01:45Moi, je crois que c'est les Français qui n'en voulaient plus.
01:47Voilà, les Français, ils le disaient à travers le sondage, ils le disaient de différentes manières.
01:49Ils le disaient sur les marchés, ils le disaient entre eux, ils n'en voulaient plus.
01:53Et donc, bon, cette décision, c'est une forme de lucidité.
01:55Une lucidité d'ailleurs qu'il faut tempérer par le début de son intervention, parce qu'au début de son
01:58intervention, on a eu un interminable plaidoyer.
02:01On se demandait d'ailleurs un peu ce qu'il allait annoncer, tellement son propre jugement sur son propre bilan
02:07était positif.
02:07On a eu un interminable plaidoyer pour son quinquennat.
02:11Nous nous retrouvons aussi, et je veux vous parler très directement, au lendemain de cette déclaration très forte du Président
02:21de la République.
02:21Avec ces mots, avec émotions, et une émotion qui est aussi la nôtre, la mienne, avec beaucoup de vérité, le
02:33chef de l'État a expliqué à nos compatriotes son choix.
02:38Un choix, un choix, mûrement, longuement réfléchi.
02:45Personne ne peut en douter.
02:48Un choix qui n'était pas facile, et un choix qui force le respect par sa dignité.
02:55...