00:02Je vais prendre deux Big Mac, un Big Cheese et deux Coca.
00:07Tu sais Isabelle, maintenant à ton âge, tu peux mettre un soutif.
00:11Où ?
00:12T'es ta première ?
00:14Oui.
00:16Gandhi, t'as oublié d'enlever tes capotes ?
00:18Oui !
00:24Voilà ce qui arrive quand on pète dans le sable.
00:30J'adore votre vitrine.
00:35Attention, elle fait ventouse avec sa bûche.
00:37Jean-Yves Lafayette, bonjour.
00:39Bonjour.
00:39Alors on vient de vous croiser dans la rue là, et puis vous nous avez dit que vous serez peut
00:44-être à la fête de l'Humanité ?
00:45Oui, je vais à la fête de l'Humanité, parce qu'il y a des concerts que j'ai vraiment
00:50envie de voir,
00:51puis j'ai envie de manger, de retrouver des copains là-bas.
00:54Mais on nous a dit aussi que vous alliez jouer à la fête de l'Humanité.
00:57Ah oui, oui, c'est vrai.
00:59Oui, je vais jouer mon spectacle.
01:02J'avais oublié.
01:05Mais c'est grave ou...
01:06Je ne sais pas ça, on vous le dira après.
01:08Mais alors, moi je sais que ça se passe sous le chapiteau de l'espace dédié aux arts vivants.
01:11Comment s'appelle ce spectacle ?
01:13Il s'appelle Pour de vrai.
01:15Sept ans ?
01:16C'est la première fois que tu amènes tes parents au spectacle ?
01:18Elle m'a appris aussi la devise de la banque du sperme.
01:22C'est de Céline Dion, après sa cinquième tentative d'assimilation.
01:26À la banque du sperme, l'espoir renaît.
01:29L'amour avec Robert.
01:32C'était comme la coloscopie.
01:34Une fois que c'était fait, j'étais tranquille, débarrassée pour un an.
01:36On vous a connu dans la rue.
01:38Vous aimez dire que vous avez fait le trottoir pendant des années.
01:41On vous a connu au téléphone.
01:43Donc à chaque fois, avec une forte interaction avec le public, une forte improvisation.
01:47Parce que ce n'est pas trop difficile d'être dans une salle.
01:49J'imagine que vous faites interaction avec le public.
01:53Mais quand même, il y a quelque chose d'un petit peu écrit.
01:56Vous n'êtes plus dans l'improvisation.
01:57Ce n'est pas trop dur, ce n'est pas trop enfermant pour vous ?
02:00Si, ça a été un chemin de croix.
02:04Un calvaire.
02:04Mais nous, les Bretons, on est en granit.
02:08Même si c'est un calvaire.
02:10En fait, c'est compliqué pour moi.
02:12C'est vrai, parce que je me retrouve coincé.
02:14Je sais qu'il y a des portes de secours et tout ça.
02:18Mais je ne les emprunte pas.
02:19Parce que quand on rentre sur scène, c'est comme une arène.
02:22On arrive dedans, on n'a pas le droit de se barrer.
02:25Donc je reste et je raconte un peu l'histoire.
02:28Pourquoi je suis arrivé sur scène ?
02:30Comment je suis arrivé sur scène ?
02:31Et surtout, le gros problème que j'ai sur scène.
02:33Et c'est délicat quand même.
02:34Parce que c'est vrai que je suis né dans l'improvisation.
02:37Je suis tombé dans cette marmite-là.
02:40Et là, je me retrouve avec un texte.
02:42Un texte d'une heure et demie.
02:44Enfin, ça dure un peu plus longtemps, vous verrez.
02:47Mais pour moi, ça revêt tout l'aspect.
02:50Au départ, ça a revêtu l'aspect que je n'aimais pas.
02:53L'aspect scolaire.
02:55C'est-à-dire répétitif, tous les soirs.
02:57Et donc, il a fallu que je trouve les solutions
03:00pour ne pas avoir à le redire, à l'anonner tous les soirs.
03:06Donc, c'est complexe, mais ça fonctionne maintenant.
03:11Il y a toujours l'interactivité.
03:13Il y a toujours aussi un personnage de cette femme
03:16que vous avez inventé pour vos canulars téléphoniques
03:18et qui vous accompagne sur scène.
03:19C'est le problème.
03:21C'est tout le problème.
03:22Je suis habité par une dame qui, maintenant, n'a plus d'âge.
03:27Elle est hors d'âge en été.
03:28Et qui se manifeste au moment où on s'attend le moins.
03:31Et dès qu'elle arrive, évidemment...
03:33Je l'encombre.
03:35Je le plie, vous voyez, dans tous les sens.
03:37J'en fais une petite poule là, une petite cocotte minute,
03:40d'où il ne peut pas ressortir.
03:41Je pose le couvercle dessus.
03:43Et ensuite, c'est à moi, libre à moi.
03:47Voilà le problème.
03:49Je ne peux pas m'en sortir, en fait.
03:51Je suis coincé.
03:52Alors, je compte sur les spectateurs pour m'aider.
03:56On va leur dire, l'appel est lancé.
03:58La Fête de l'Humanité, c'est un lieu que vous connaissez.
04:01Vous nous l'avez dit.
04:02Un lieu que vous appréciez.
04:04Y jouer, c'est une première pour vous.
04:06Comment vous abordez, le fait d'y jouer ?
04:09J'y pense, en fait, tout le temps.
04:10Puisque là, j'ai joué dimanche.
04:13Et avant, on démarre la tournée le 13.
04:16Donc, l'Human, c'est le rendez-vous et le 11.
04:19Moi, en moi, c'est plus qu'un souvenir.
04:22Ça a toujours été un grand moment de joie, de fête.
04:25Je me suis toujours amusé.
04:26À la fête de l'Human, on ne rencontre que des gens sympas.
04:29Et puis, il y a tous ces concerts.
04:31La première fois, j'avais 21 ans, je crois, 22 ans.
04:34J'étais venu voir Genesis avec les copains.
04:36On était monté de Bretagne en deux chevaux.
04:38D'ailleurs, c'est marrant parce qu'on s'est évoqué ce souvenir-là l'autre jour.
04:41Et c'était magnifique.
04:43On les avait vus sur le mur, sur un mur d'un bâtiment.
04:46On était au toit, sur le toit.
04:48C'était magnifique, extraordinaire.
04:50Puis, il y a une ambiance.
04:51C'est encore, je pense, un des derniers lieux.
04:55Un des derniers lieux où on se sent français.
04:59Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire.
05:01C'est-à-dire qu'on conserve cette vertu simple de l'échange et de la convivialité.
05:09Et du vrai dialogue où on met les yeux dans les yeux.
05:12On n'est pas en train de…
05:15Moi, je me sens bien là-bas.
05:16Quand je dis français, ça veut dire…
05:17C'est cette universalité-là, quoi.
05:20Cette normalité-là.
05:22Donc, elle me fait énormément plaisir.
05:24Et je ne voudrais pas mon plaisir.
05:26Ça, c'est sûr.
05:26J'ai hâte d'y être.
05:28Nous aussi.
05:29Merci.