1
1
- il y a 2 heures
Pierre MARTOT - BFM TV Normandie émission "Nous les normands" (septembre 2026).
Catégorie
✨
PersonnesTranscription
00:00Beaucoup l'ont découvert dans la série Plus belle la vie dans les années 2000.
00:03Pierre Marteau est notre invité cette semaine.
00:06Né à Ifteau, il a connu beaucoup de premières en Normandie.
00:09Entre le cinéma, la télé et le théâtre, on refera le film de sa carrière bien remplie.
00:16Bonjour Pierre Marteau.
00:17Bonjour, enchanté.
00:18Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:20Je suis ravi de vous recevoir.
00:21Je dois dire que j'ai grandi un petit peu avec vous dans la télévision de mes grands-parents,
00:25notamment.
00:26Comment s'est arrivé cette envie de devenir acteur ?
00:29On va parler Plus belle la vie dans un instant, mais comment ça a commencé ?
00:33Alors, on va faire toute l'émission là-dessus.
00:36Non, comment ça a commencé ?
00:37Moi, j'ai fait des études de psycho que j'ai commencées à Romand.
00:41Oui, ce n'était pas du tout la même voie au départ.
00:42C'est-à-dire qu'il y a quand même un élément commun, c'est la curiosité pour la condition
00:46humaine.
00:48Et ça, je l'ai découvert.
00:49En fait, ce qui m'a amené à être acteur, c'est que j'ai exercé en tant que psy.
00:53Et autant les études m'avaient passionné, autant quand j'ai eu le diplôme pour exercer,
00:58j'avais 23 ans et je ne me sentais pas à la maturité pour faire ce travail.
01:03D'autant que je travaillais avec des gens dont certains sortaient de prison, d'autres étaient dans la rue.
01:07Bon, voilà, moi, avec mon profil de petit bourgeois du Pays de Caux, j'avais du mal à pouvoir les
01:13accompagner.
01:15Et donc, après un remplacement que j'ai fait d'un an, je me suis orienté autrement.
01:20J'ai fait de la radio à radio éphémère à Romand et j'ai découvert le théâtre par ça.
01:24Et puis, je vais le dire complètement naïvement, l'envie d'être acteur, c'est venu de mon envie d
01:31'être reconnu, en fait.
01:33Et votre premier rôle au cinéma, c'était en 1987, c'était à Dieppe ?
01:37Oui.
01:37Avec Claude Chabrol ?
01:39Avec Claude Chabrol, oui. J'avoue que commencer l'expérience d'acteur avec Claude Chabrol, c'était quelque chose d
01:43'impressionnant.
01:46J'étais mort de trouille, en fait.
01:48Et je jouais un soldat allemand, en plus, dont j'avais un mot à dire.
01:52Mais ce mot-là a eu des répercussions, parce qu'en fait, Chabrol a voulu retravailler avec moi à plusieurs
01:56reprises.
01:56Ça m'a permis de trouver un agent.
01:58Et là, ma carrière était lancée.
02:01Premier rôle aussi que vous avez eu à partir d'une annonce dans un journal local.
02:05Anne, racontez-nous un peu cette anecdote.
02:07Alors ça, c'est ma toute première expérience d'acteur.
02:09J'habitais à Rouen, et je vois une annonce dans un journal qui, à l'époque, s'appelait Le 76.
02:18Cherche personne pouvant prendre un accent de la campagne pour jouer des textes en français du 18e siècle.
02:26Moi, il se trouve que ma grand-mère est du Pays de Côte, toute ma famille est originaire du Pays
02:30de Côte.
02:30Dans l'accent, je peux le prendre un petit peu plus difficilement aujourd'hui, mais à l'époque, c'était
02:34très facile.
02:35Donc, j'ai répondu à l'annonce, et j'ai été choisi.
02:39Et en fait, ça m'a donné à penser que c'était hyper facile de trouver du travail comme acteur.
02:43Il suffisait de répondre aux annonces.
02:44Et puis voilà, c'était avec France Culture en plus.
02:47Donc bon, voilà, il y a quand même un certain niveau d'exigence à France Culture.
02:50Et puis ça s'est très bien passé.
02:52Et je pense que sans cette expérience-là, qui était un peu due au hasard, je ne serais pas devenu
02:58acteur.
02:58Donc votre carrière, elle est un peu due au hasard ? C'est ce que vous nous dites ?
03:01Ah ouais, c'est complètement un hasard. Même Plus Belle la Vie.
03:04J'ai rencontré... J'avais tourné dans PJ, qui était une série policière, et je rencontre dans la rue une
03:10personne à...
03:12Je traverse la route avec mon fils, qui avait 7 ans à l'époque.
03:16Une voiture passe un peu vite, et quelques mètres plus loin, elle s'arrête.
03:20Et dans cette voiture-là, il y avait la fille de l'une des productrices de Plus Belle la Vie,
03:24qui, à l'époque, n'avait pas encore commencé mal, elle est commencée quelques semaines plus tard.
03:28Et il se trouve qu'elle était aussi productrice de PJ, une série sur France 2.
03:33Et donc, voilà, je parlais avec elle. C'était une période très difficile pour moi, en tant qu'acteur.
03:39Et elle me dit, écoute, il faut que je vais parler de toi à ma maman.
03:43Elle commence une série à Marseille.
03:46Et donc, c'est complètement le hasard.
03:48J'emmenais mon fils au train à 2 minutes près, je n'aurais jamais fait Plus Belle la Vie.
03:52Et en tant qu'acteur, Plus Belle la Vie a sauvé ma carrière, en fait.
03:55Ça a été un tournant. 2004, c'est ça ?
03:57Vous apparaissez dans le petit écran, dans le rôle du flic, Léo Castelli.
04:01Oui.
04:01Ça a tout changé ?
04:03Ah ben, complètement.
04:04C'est-à-dire, même actuellement, que je fais du théâtre,
04:08c'est la notoriété de Plus Belle la Vie.
04:11Je dois l'avouer aussi, l'argent que j'ai gagné à la télévision,
04:13qui me permet de financer mon spectacle.
04:16Et c'est vrai que d'apparaître tous les soirs chez les gens,
04:22avec un programme dont les personnages étaient très proches de la vie quotidienne des gens...
04:27On vous analysez, finalement, ce Plus Belle la Vie.
04:29Honnêtement, très...
04:30C'est un concept ?
04:31Oui, c'est-à-dire qu'à l'époque, France 3 avait un slogan qui s'appelait
04:37« Plus près, on se comprend mieux ».
04:39Oui, c'est vrai.
04:40Et je crois que le succès de Plus Belle la Vie, c'est ça.
04:43C'est-à-dire proposer au public des gens qui leur ressemblent.
04:46Il y a toute une partie de la population qui est quasiment jamais représentée.
04:50Dans les films, voire dans les romans, c'est des gens simples, en fait.
04:54C'est juste le coup de génie, en fait.
04:55Oui, oui, c'est une idée...
04:57Le coup de génie, c'est plus compliqué que ça.
05:00Parce que c'est quand même des choses qui sont très, très étudiées.
05:03Je crois qu'ils avaient reçu plus de mille propositions, France 3.
05:06Et puis, c'est celle-là qui a été choisie parmi trois autres, au final.
05:10C'est aussi beaucoup de travail.
05:11C'est-à-dire essayer de comprendre quelles sont les attentes des gens.
05:14Et je crois que les gens, on le voit aujourd'hui, ils ont besoin d'être présentés.
05:18Et c'était une usine un peu à tournage, parce qu'il fait des produits.
05:20Oui, c'était...
05:22On tournait 20 minutes de film, ce qu'on dit de film utile par jour.
05:25C'est-à-dire qu'on faisait 20 minutes d'images qui étaient destinées à passer à l'écran.
05:33D'habitude, dans une télé, on fait 5-6 minutes utiles par jour.
05:37Au cinéma, on fait entre 1,30 et 2 minutes.
05:39Oui, ça tournait très, très vite.
05:41Et dans des hangars.
05:43Et dans...
05:43Le tournage était dans des hangars.
05:44Oui, oui, c'était dans des hangars à côté de...
05:46Bon, qui avaient été aménagés, quand même, pour...
05:48Ça veut dire constituer la Victorine de Nice à Marseille.
05:51Oui, c'est ça.
05:51C'est un peu ça, c'est ça.
05:52Oui, oui, oui.
05:53C'est un peu ça, c'est ça aussi.
05:53D'ailleurs, il y avait des accords avec la région, avec la ville.
05:59C'est une grosse machine, effectivement.
06:00En fait, les gens ne le savent pas et, quelquefois, peuvent être un peu critiques à l'égard des acteurs,
06:06ne plus elles l'avent.
06:06Par exemple, moi, je peux vous le dire, qui est quand même une longue expérience d'acteur,
06:11tourner à la télévision dans une série comme ça, c'est ce qu'il y a de plus difficile à
06:14faire pour un acteur.
06:15Pourquoi ?
06:16Pourquoi ? Parce qu'on tourne très vite.
06:19Je vous disais tout à l'heure, par rapport au cinéma, on tourne 12 à 13 fois plus vite.
06:24Il n'y a pas le droit à 10 prises, on n'a pas le temps, quoi.
06:26Il y a deux prises, trois prises, au maximum.
06:30Les textes, on les avait peu de temps à l'avance.
06:32C'est à la fois très agréable, parce qu'il y a ce contact avec le grand public qui est
06:37irremplaçable.
06:38Vraiment, parce qu'on reçoit beaucoup d'amour.
06:43À tel point que ce personnage, il vous colle à la peau, encore aujourd'hui, j'imagine.
06:47Ah ben oui, je sors du restaurant en venant ici.
06:49Bon, évidemment, c'est des castelliers, quoi.
06:51Oui, bien sûr.
06:52J'avais parlé de Blousons.
06:53Des fois, j'ai des Blousons.
06:54C'est une sitcom, en fait.
06:56Oui, c'est différent, parce que sitcom, c'est plutôt orienté.
07:02C'est vers le rire.
07:03Dans Plus Belle la Vie, ça s'est orienté un petit peu plus vers la comédie.
07:06Mais il y avait quand même aussi beaucoup de policiers.
07:08Et tout ce qu'on appelle des problèmes de société était abordé.
07:11Et puis, il y a des choses sur lesquelles Plus Belle la Vie a été le premier.
07:15L'homosexualité, deux hommes qui s'embrassent à la télévision.
07:17C'est la première fois qu'on voyait ça.
07:19Et c'est vrai que je pense que la condition de beaucoup de gens homosexuels,
07:25s'est arrangée grâce à Plus Belle la Vie.
07:28Laurent Caruzoré, qui jouait le personnage de Thomas,
07:32recevait énormément de courriers bouleversants de gens qui le remerciaient, en fait.
07:35Parce que les gens s'identifiaient.
07:37Oui, je crois que ça a été...
07:40Alors, sur ce point-là, c'est incontestable.
07:42Plus Belle la Vie a joué un rôle social.
07:44On revient à votre parcours.
07:45On a parlé de Plus Belle la Vie, il y a un instant,
07:47de ce rôle qui vous colle à la peau, toujours aujourd'hui.
07:51Est-ce que finalement, vous avez eu aussi envie de faire autre chose après,
07:54parce que c'est difficile aussi de se détacher d'un rôle dans lequel on s'installe ?
07:57Oui, c'est-à-dire, quand on est à la télévision, dans une machine comme Plus Belle la Vie,
08:02il y a énormément de monde autour de nous.
08:04Il faut que ça soit dans Plus Belle la Vie, il y avait 200 personnes qui travaillaient à la semaine.
08:08Des techniciens, preneurs de son, maquilleuses, services administratifs.
08:11Voilà, on est un peu le centre du monde.
08:13Et moi, j'avais envie de retourner à l'origine de mon métier.
08:17C'est-à-dire, un texte, un public, un acteur.
08:21Et c'est sans filtre dans le spectacle, le mine de Sisyphe, on en parlera peut-être.
08:25C'est une relation directe avec le public.
08:27J'avais besoin de ça.
08:28J'avais besoin d'un grand texte comme celui de Camus.
08:31J'avais besoin de retrouver cette simplicité, ce dénouement.
08:34Vous aimez les classiques ?
08:36Oui, moi, je suis arrivé assez tard à la culture.
08:38Je suis dans une famille de gens très simples.
08:43Et donc, forcément, c'est à travers les classiques que j'ai découvert la littérature et le théâtre.
08:50Il faut avoir, pour s'intéresser à l'écriture moderne, il faut peut-être déjà venir un petit peu d
08:55'un milieu éduqué.
08:56Mes parents étaient éduqués.
08:57C'était des gens très...
09:00Enfin, c'était des belles personnes.
09:02Mais ce n'était pas des gens qui avaient de culture du tout à me transmettre.
09:05Je n'ai jamais vu ni mon père ni ma mère.
09:08Ah non, je n'en ai pas souffert.
09:09Non, non, non, je n'en ai pas souffert.
09:10Mais moi, j'étais comme eux, je jouais au foot, en fait.
09:12Je me permets de revenir sur un centre qu'on évoquait avant l'émission,
09:16le centre du Moulin Nandé, dans le département de l'Or.
09:19C'était aussi une famille pour vous, Suzanne Ipinska, Maurice Ponce et toute la bande,
09:23parce que les plus grands sont passés par là.
09:25On parlait de Rapneau, notamment.
09:27Truffaut, Alain Cavalier.
09:29Il y a des séquences des 400 coups qui sont tournées là-bas, le premier film de Truffaut.
09:34Je dirais que c'est plus qu'une famille, c'est un être au monde qu'on partage là-bas.
09:39C'est-à-dire qu'il y a une écoute de l'autre, puis la nature est magnifique,
09:44on est en bord de Seine, les bâtiments ont quelque chose d'un peu désuet,
09:51mais le charme de ce qui peut être désuet, c'est une façon d'être qu'on partage là-bas.
09:57Oui, plus que pitant, c'est plus profond que ça.
10:00C'est difficile à raconter, parce qu'il y a quelque chose d'intime qui se passe là-bas,
10:05une rencontre avec soi-même et avec les autres,
10:07que le lieu favorise à être vraiment belle.
10:12Cinq questions pour vous, Pierre Marteau, pour apprendre un peu à mieux vous connaître,
10:16un lieu normand qui vous ressemble, qui vous inspire.
10:19Moi, j'adore la côte entre Dieppe et Volette.
10:23J'y passe très souvent, à chaque fois que j'ai une décision importante à prendre,
10:26je l'ai fait d'ailleurs il n'y a pas très longtemps.
10:28J'adore, je passe la nuit à Dieppe et je descends la côte,
10:31je passe par la descente de Pourville et je vais jusqu'à Volette par là, j'adore.
10:37Ça vous coupe, c'est votre bulle ?
10:39Oui, c'est-à-dire que là-bas, la lumière grise, la mer verte, ça me bouleverse.
10:45Un souvenir marquant en Normandie,
10:47alors on va parler de votre enfance, de votre famille dans un instant,
10:50mais il y a beaucoup de choses qui vous restent en mémoire de cette période ?
10:54Oui, ce que j'ai appris en Normandie, c'est à regarder.
10:59Mon regard, il est né dans les campagnes du Pays de Côte,
11:02vous voyez, j'en parle avec émotion.
11:07La douceur des paysages couchois, les petites côtes comme ça,
11:11les champs de blé, les prairies, les vaches,
11:13bon, c'est irremplaçable pour moi.
11:16Un Normand ou une Normande qui vous inspire ?
11:20Je trouve que le parcours d'Annie Arnaud est assez formidable.
11:23Partir de ce petit commerce Yves Tautet
11:26et réussir à avoir le prix Nobel de littérature un jour,
11:33il faut avoir beaucoup travaillé.
11:35Que le font, oui.
11:37Oui, oui.
11:38Et Justine Trier aussi, vous nous avez...
11:40Oui, Justine Trier, là, c'est différent.
11:43Enfin, je ne connais pas le parcours individuel de Justine Trier,
11:46mais j'aime beaucoup la position qu'elle a dans le cinéma.
11:49Elle propose à la fois un cinéma que je trouve exigeant et populaire,
11:52un anatomie d'une chute, un enfant de 12 ans peut l'en regarder.
11:56Oui, c'est une belle personne.
11:57Et puis, j'aime aussi son scénariste, Arthur, je ne sais plus, je ne sais jamais si c'est Harari
12:01ou Hariri.
12:02C'est des gens vraiment importants dans le cinéma français
12:05qui portent avec eux le souci du public de les emmener sur des choses profondes.
12:12C'est beau.
12:13Votre plat normand préféré ?
12:17Pommes de terre à la crème avec des oeufs, mais ça, c'est ma grand-mère.
12:20C'est un plat tout simple.
12:21C'est cochois, ça.
12:22Oui, ça, c'est très cochois.
12:24Oui, de toute façon, les pommes de terre, elles venaient de son jardin et les oeufs, elles venaient de ses
12:27poules.
12:27Donc, on ne peut pas faire plus naturel.
12:29Et la crème de ses vaches, donc on ne peut pas faire plus naturel.
12:32Trois mots qui résument pour vous la Normandie ?
12:36Mélancolie, évidemment.
12:37Évidemment, douceur et beauté.
12:41C'est un beau résumé.
12:42Écoutez, c'est le mien.
12:44Alors, venons-en à justement votre Normandie, vos liens avec la région.
12:48Vous êtes né à Ifteau, on l'a dit.
12:50Vous gardez toujours un attachement avec cette commune aujourd'hui ?
12:52Oui, bien sûr.
12:54Ça fait partie de ma balade.
12:55Quand je fais Dieppe-Volette, je repasse à Ifteau pour reprendre la route sur Paris.
13:00Oui, c'est les rues de mon enfance.
13:03Elles n'ont pas tant changé que ça.
13:06Oui, c'est irremplaçable.
13:08Il y a une histoire familiale, on le disait, très forte avec la région.
13:13Vous avez même demandé à votre père de vous raconter son enfance.
13:17Oui, mon père, c'était un taiseux.
13:19Et donc, quand je suis devenu père à mon tour, j'ai eu envie qu'il me raconte.
13:24Je lui ai dit, papa, je voudrais que tu me racontes ton enfance,
13:26ses premières années avec maman et tout ça.
13:28Et c'est là que j'ai pris conscience de l'importance de l'histoire en Normandie.
13:33En fait, mon père a grandi à Ourville-en-Caux.
13:35Et dans sa ferme, il y avait un soldat allemand pendant la guerre.
13:40Il y avait deux soldats allemands à Ourville.
13:42Et l'un de ces soldats était dans la ferme de mon père.
13:46Et donc, comment c'était quotidien pour eux, l'occupation allemande.
13:52Et puis, évidemment, à travers les plages du débarquement,
13:57cette épopée bouleversante des soldats américains qui viennent libérer l'Europe.
14:04Je suis très, très attaché à cette terre.
14:07Oui, et ça se sent quand vous en parlez.
14:09L'émotion.
14:10Oui.
14:11Il y a aussi eu vos premiers rôles au théâtre en Normandie.
14:13Oui, alors mes premiers rôles, ça s'appelait La Noche chez les petits bourgeois,
14:18que j'ai joué à Mont-Saint-Aignan, parce que je faisais partie du TUR,
14:21Théâtre Universitaire de Rouen.
14:23Et puis après, on l'a joué à Yveto.
14:25Et même, je me souviens d'avoir mon premier rôle professionnel au théâtre,
14:30c'était à Vilquier, dans la maison Victor Hugo.
14:33On parlait d'Yveto, on y revient, parce que parmi vos souvenirs que vous nous avez confiés,
14:37vous nous avez parlé de mai 68 à Yveto.
14:39Oui, alors ça, c'est une chose dont les gens ne peuvent pas avoir idée.
14:44Mai 68 à Yveto, il y avait tous les jours des centaines de personnes qui manifestaient
14:48et qui se retrouvaient le soir sur la place de la mairie,
14:51avec le maire de l'époque qui s'appelait Pierre Bobet,
14:54qui faisait des grands discours politiques enflammés.
14:57Et les gens d'Yveto, beaucoup travaillaient à ce qu'on appelait les chantiers navals d'Utrait,
15:02et tout ça, donc il y avait une population ouvrière très forte.
15:05Et c'était, je me souviens d'un jour, quand il y a eu la manifestation des gaullistes,
15:12qui était organisée par Malraux pour soutenir De Gaulle,
15:14je crois que c'était le 31 mai ou quelque chose comme ça,
15:16il y a eu les deux manifs en même temps, ils se sont retrouvés à la mairie d'Yveto,
15:19je peux vous dire que ça chauffait très fort, on était au bord de la bagarre.
15:23Et moi, à l'époque, j'étais très impressionné par ça, très intéressé par ça,
15:29parce que, bon, Yveto est quand même une ville très calme,
15:32et d'un seul coup, c'était plus calme du tout, c'était très très chaud.
15:36Et moi, j'ai toujours été intéressé par le mouvement, par l'épique, par l'héroïsme,
15:41il y avait une envie de vivre tellement forte chez ces gens-là,
15:46de faire entendre leur voix, que ça m'a passionné.
15:49C'est une ville ouvrière, Yveto ?
15:50Oui, c'est une ville ouvrière, monsieur.
15:52Alors, aujourd'hui, je ne sais pas trop ce qu'il y a aujourd'hui,
15:55parce que moi, je l'ai connu avec les Renault à Sandouville,
16:00les chantiers navals du Très, j'avoue, je connais moins aujourd'hui,
16:04et j'imagine que ça l'est encore.
16:05Quand je vais à Yveto, les gens que je rencontre,
16:09il y en a quand même beaucoup qui sont d'origine ouvrière.
16:12Un mot sur le stade d'Yochon à Rouen, c'est aussi un lieu qu'a compté pour vous,
16:16parce que vous vouliez être footballeur à l'époque.
16:18Évidemment que je voulais être footballeur.
16:21Oui, oui, ça, je me rappelle.
16:22Je me rappelle la première fois où mon père m'a emmené là-bas.
16:26J'avais 5 ans, j'étais assis au bord du terrain,
16:28il y avait mon frère qui m'expliquait tout.
16:30Oui, à chaque fois qu'il y avait un match, on y allait avec mon père.
16:33Et je vous avoue que je sais que Rouen est actuellement premier de ligne 3,
16:37que Caen est deuxième, et que là, on est 16e.
16:40Oui, oui, oui, ça m'intéresse toujours.
16:43Allez, histoire de Normand avec Pierre Marteau.
16:46On revient au théâtre avec vous, votre pièce en ce moment.
16:48Vous allez d'ailleurs la reprendre au Festival d'Avignon l'année prochaine ?
16:52Oui, oui, oui, je dois la reprendre.
16:54Je suis en discussion aussi pour des dates en Normandie.
16:58Oui, ce n'est pas exactement une pièce.
17:00En fait, c'est le texte d'Albert Camus,
17:02le mythe d'Ossisif, que j'ai adapté pour le théâtre.
17:04Quand je dis que j'ai adapté, c'est que j'ai juste fait des coupes.
17:08Tout le texte est de Camus, je n'ai rien inventé.
17:12J'ai déjà joué 107 fois, et c'est une très belle aventure.
17:16Il y en a d'autres, d'autres spectacles en écriture, en réflexion ?
17:19Alors, j'ai consacré cette année à cette réflexion-là,
17:24et ça commence à se dessiner un peu le spectacle suivant,
17:27mais je ne peux pas trop en parler, parce qu'il y a des histoires de droits.
17:31Mais dans les prochains mois, prochaines années ?
17:32Ça sera plutôt les prochaines années.
17:35Là, je vais consacrer cette année à écrire, à l'écriture,
17:40et puis à monter ce spectacle.
17:44Il faudra que je fasse une adaptation aussi du texte auquel je pense,
17:47que j'ai l'autorisation des ayants droit, de l'éditeur.
17:51Ça prend du temps, oui.
17:53Monter un texte, ça prend du temps.
17:54Il faut choisir les bons endroits pour faire bien entendre la pensée de l'auteur.
18:01Ça prend du temps.
18:02Est-ce qu'on vous reverra à la télé aussi ?
18:04Alors, écoutez, j'en sais rien.
18:08Je ne suis pas forcément en recherche,
18:10mais j'ai même quitté mon agent, en fait,
18:14quand je suis passé au théâtre.
18:16Si ça se présente, je le ferai.
18:18Oui, je le ferai, mais je ne sais pas.
18:20Vous préférez le théâtre aujourd'hui, ou la télé, c'est complémentaire ?
18:24En fait, il y a une chose que les acteurs ne disent jamais,
18:26c'est que quand on est acteur, on est toujours au service d'un projet qu'on n'a pas
18:29choisi.
18:29Quand on est à la télévision, c'est souvent le projet,
18:33du producteur ou du réalisateur.
18:35Et moi, ce que j'avais envie de faire avec le mythe de Sisyphe,
18:39c'est de choisir le texte, de choisir mon metteur en scène,
18:43et de choisir ce que je dirais dans le texte.
18:45Et c'est très agréable.
18:46Et faire plaisir au public aussi, enfin, sans prétention,
18:51c'est-à-dire que je voulais partager avec le public
18:53le questionnement et la belle langue de Camus.
18:57C'est bien l'essentiel.
18:59Merci beaucoup, Pierre Manteau, c'était un plaisir de vous recevoir
19:01sur BFM Normandie dans l'émission Nous les Normands.
19:04Merci beaucoup.
19:04Merci beaucoup.
19:04Merci beaucoup.