- il y a 1 semaine
Chaîne : M6
Contenu : Le documentaire sur Kalthoum Sarraï alias ''Super Nanny'' intitulé ''Super Nanny, la nounou préférée des français''
Moyen de diffusion : TNT
Qualité d'enregistrement : DVD
Pour toute question en rapport avec l'archive ou si vous souhaitez donner votre avis, n'hésitez pas à laisser un commentaire !
Contenu : Le documentaire sur Kalthoum Sarraï alias ''Super Nanny'' intitulé ''Super Nanny, la nounou préférée des français''
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00:00:02Super Nani était la nounou préférée des Français.
00:00:05En cinq ans seulement, elle a réussi à laisser une trace indélébile à des millions de familles.
00:00:12Si tu chemines, tu restes ici.
00:00:14Un, deux, tu ne vas pas venir à la table avec nous.
00:00:19Viens, bravo Mathieu.
00:00:21Avec du bon sens, du tact et du savoir-faire,
00:00:24elle est devenue une véritable référence en matière d'éducation en France,
00:00:28mais aussi en Tunisie, son pays d'origine où l'émission avait été adaptée.
00:00:36Ce succès s'est brutalement arrêté le 19 janvier dernier.
00:00:41Atteinte d'un cancer, Super Nani nous a quittés à 47 ans,
00:00:45laissant derrière elle 35 émissions et des millions d'orphelins.
00:01:10Pour nous permettre de découvrir qui se cachait derrière cette super nounou,
00:01:14ces trois enfants nous ont ouvert toutes les portes.
00:01:17De Paris à Tunis, en passant par Amamet,
00:01:20ils rendent un dernier hommage à leur maman trop tôt disparue.
00:01:22C'est pour montrer aux gens aussi qui est vraiment maman.
00:01:26Maman, ce n'est pas simplement Super Nani.
00:01:29Super Nani, c'est 2%, voire 3% de maman.
00:01:33Pour la première fois, son fils, ses filles,
00:01:36les sœurs de Cathy, ses frères et son mari témoignent dans ce documentaire.
00:01:40Moi, si je pouvais avoir la vie de maman et mourir à son âge,
00:01:44je prends tout de suite.
00:01:51La famille de Cathy, mais aussi ses collaborateurs,
00:01:54des anonymes et des personnalités vous livrent ce soir des témoignages insolites,
00:01:59souvent émouvants, parfois bouleversants.
00:02:02C'est ce regard qui me reste plus, en fait.
00:02:06Vous découvrirez aussi que derrière le chignon,
00:02:09le costume strict et les lunettes,
00:02:10se cachait une toute autre personne, drôle, pleine d'humour et même un peu folle.
00:02:14Embrasse-moi.
00:02:16Si vous avez besoin de conseils pour le plebs.
00:02:19Je fais dans le chien aussi.
00:02:22Je fais dans les hommes aussi.
00:02:23Je fais dans tout.
00:02:26Je fais dans tout.
00:02:29Grâce à des documents personnels et des images inédites,
00:02:32vous allez suivre ce soir le parcours extraordinaire de cette femme ordinaire.
00:02:37J'espère qu'à 60 ans, je danserai encore à poil.
00:02:48Qu'il aurait cru que moi, petite Maghrébine, partant d'un pays,
00:02:54n'avais aucun bagage, mariée à l'ancienne, casée d'office,
00:02:59j'étais destinée à venir en France pour...
00:03:02Il n'y a pas de sous-métier, mais pour faire comme ma belle famille,
00:03:10faire du ménage à droite et à gauche.
00:03:12J'aime bien ce que je suis devenue.
00:03:16J'aime bien ce que je suis devenue.
00:03:19Le 21 janvier dernier, Supernani, Kaltoum Sarai de son vrai nom,
00:03:24a été inhumé à Tunis, sa terre d'origine.
00:03:27Une disparition vécue comme un deuil national par les Tunisiens
00:03:30qui la considèrent comme une véritable icône.
00:03:54Si Cathy est tant aimée en Tunisie,
00:03:56c'est grâce à l'émission Supernani,
00:03:58un programme diffusé pour la première fois sur M6 en 2005.
00:04:02Pendant 12 jours, Cathy se rendait chez des familles
00:04:05pour les aider à résoudre les problèmes d'éducation
00:04:08qu'ils rencontraient avec leurs enfants.
00:04:10Tu t'assoies correctement.
00:04:12Tu t'assoies correctement.
00:04:13Une fois, deux fois, zou, ta chambre.
00:04:17Des enfants récalcitrants,
00:04:19Cathy en a aidé plus d'une centaine dans son parcours de Supernani.
00:04:27Certains étaient plus difficiles que d'autres,
00:04:29comme la petite Marwa,
00:04:30qui n'avaient aucune notion en matière d'autorité parentale
00:04:33ou de respect des adultes.
00:04:35Et bon, essaye donc de lever la main sur moi.
00:04:38C'est un cacaboudin.
00:04:42Hé, oh, est-ce que tu sais à qui tu parles ?
00:04:47Je ne te permets pas de me parler de la sorte.
00:04:54Je ne suis pas ta copine.
00:05:01Cathy était là pour aider les enfants,
00:05:03mais surtout pour conseiller leurs parents dépassés.
00:05:06Parfois, Supernani ne prenait aucune pincette
00:05:08pour mettre le doigt sur leurs erreurs en matière d'éducation.
00:05:11C'est vrai que quand elle arrive,
00:05:12elle dit, je ne vais pas dans la douceur,
00:05:15mais j'ai un grand cœur.
00:05:17Et quand elle est arrivée,
00:05:19on sentait qu'avec un personnage comme ça,
00:05:21ou ça passait, ou ça cassait.
00:05:24Maman, écoute-moi.
00:05:26Je reste ici à ma place, d'accord ?
00:05:28C'est ma nouvelle place.
00:05:28On ne lui demande pas si elle est d'accord.
00:05:30Maman, écoute-moi.
00:05:31Mais je me mets ici maintenant, d'accord ?
00:05:34Non, on ne lui dit pas si elle est d'accord ou pas.
00:05:37Alors, regardez.
00:05:38Lilou, Lilou, écoute ma douce.
00:05:41Écoute mon cœur.
00:05:42Maman va manger là.
00:05:44Et elle ne changera pas de place.
00:05:46Ni maintenant, ni ce soir, ni demain.
00:05:49Lilou, Lilou s'assoit là.
00:05:52À côté de son frère.
00:05:55Oui.
00:05:56Vous allez voir,
00:05:58même si je hausse le temps avec Lilou,
00:06:00même si je paraîtrai sévère avec elle,
00:06:02elle ne me détestera pas.
00:06:04Parce que c'est rassurant pour elle.
00:06:07Il n'y a qu'elle qui pouvait nous aider comme ça.
00:06:10Toute cette autorité qu'elle dégage,
00:06:12elle le fait avec amour.
00:06:13Et sans amour,
00:06:17elle n'y arriverait pas.
00:06:19Cathy ne jouait pas de rôle.
00:06:21Elle ne faisait jamais semblant,
00:06:23jusqu'à en oublier parfois la présence des caméras.
00:06:25Certaines des images qui suivent
00:06:27n'ont jamais été montrées dans les émissions.
00:06:29Ce jour-là, Cathy regarde le portrait de Marois.
00:06:32Choquée par les gros mots de la petite,
00:06:34elle s'adresse à la productrice de l'émission.
00:06:44Elle l'a traité de...
00:06:48Je peux te parler, Virginie, ou pas ?
00:06:52Oui !
00:06:53Elle l'a traité de putain.
00:06:56Non, c'est vrai ?
00:06:58D'accord.
00:07:00Et vous voulez que moi, j'aille là-dedans ?
00:07:04Oui.
00:07:04Euh, oui.
00:07:09Je suis une nounou, je ne suis pas une magicienne, moi.
00:07:15Cathy donnait beaucoup d'amour aux parents et aux enfants.
00:07:18Fréquemment, il lui arrivait de craquer,
00:07:20souffrant des situations auxquelles elle était confrontée.
00:07:23Bon.
00:07:26Tu ressembles quoi à la petite ?
00:07:27Oh, je suis...
00:07:28Je suis...
00:07:29Non, franchement, Virginie, je suis triste.
00:07:33Je...
00:07:33Pourquoi ?
00:07:35Parce que, voilà, parce que j'ai de la peine,
00:07:36j'ai de la peine pour cette petite,
00:07:38j'ai de la peine pour la maman.
00:07:40Et...
00:07:41Je suis...
00:07:42Je tombe de haut, quoi.
00:07:44Je n'ai jamais été confrontée à ça.
00:07:46Je n'ai jamais vu des images pareilles.
00:07:48C'est horrible, quoi.
00:07:50Comment on peut en arriver là ?
00:07:52Comment on peut en arriver là ?
00:07:54Je...
00:07:55Je m'attendais...
00:07:56Je ne m'attendais pas à ça, quoi.
00:07:58Arrête !
00:07:59T'as tout cassé de ton frère !
00:08:02Euh, on se dit bonjour ?
00:08:03Bonjour, excusez-moi.
00:08:04Bonjour, madame.
00:08:05Oui, bah...
00:08:05Oui.
00:08:07Viens là, tu la laisses pas,
00:08:08elle prend des trucs à son frère.
00:08:09Pour ne pas montrer sa détresse aux familles,
00:08:11chez qui elle arrivait,
00:08:12Cathy avait un véritable don,
00:08:14son humour et sa répartie.
00:08:16On va faire vite, hein ?
00:08:17Je suis Cathy.
00:08:18Merci d'avoir fait appel à moi.
00:08:21Euh...
00:08:21Écoutez, je...
00:08:23C'est...
00:08:24C'est...
00:08:25Où je suis ?
00:08:29Là...
00:08:30Vous voyez, je suis décoiffée.
00:08:32Un petit peu.
00:08:32C'est pas le Mistral, madame.
00:08:34C'est pas...
00:08:35Madame, je n'ai pas le Mistral qui m'a décoiffée.
00:08:37Pourtant, il y a du vent dehors.
00:08:38Oui, je sais.
00:08:39Il y a beaucoup de vent.
00:08:40C'est ce que j'ai vu.
00:08:42C'était...
00:08:43rigolo,
00:08:45parce que...
00:08:46Cathy, elle a dit,
00:08:47j'ai amené un casque,
00:08:50j'ai amené des bottes.
00:08:52Moi, j'ai amené un Cyril,
00:08:53j'ai amené des...
00:08:53J'ai amené des bottes.
00:08:56J'ai amené un casque.
00:08:58Bien, je te dis...
00:08:59Bien, je te dis...
00:09:00Bien, je te dis...
00:09:01Comment allez-vous ?
00:09:03Arrête.
00:09:03Ça va.
00:09:04Fatiguée, mais ça va.
00:09:04Ça va ?
00:09:05Ça va, oui.
00:09:06Oui, ça va.
00:09:07Un.
00:09:08Oui.
00:09:09Un.
00:09:09Depuis 6 heures et demie, mais ça va.
00:09:11Non, non, non, non, non.
00:09:12Ne me dites pas que ça va.
00:09:13Si, ça va.
00:09:13Alors, moi, ça ne va pas du tout.
00:09:15Ça ne va pas du tout, moi.
00:09:17À la maison, avant, c'était la tempête.
00:09:20Mais il n'y a jamais...
00:09:20Comme on dit, le proverbe,
00:09:22après la pluie, vient le beau temps.
00:09:23À la maison, on avait toujours la pluie.
00:09:25Mais le beau temps n'arrivait jamais.
00:09:26Cathy est arrivée.
00:09:28Elle a...
00:09:28Elle est arrivée, c'était un...
00:09:29Aujourd'hui, elle a laissé le soleil.
00:09:32À travers ses émissions,
00:09:34elle a apporté des choses aux familles.
00:09:38Et ça, j'en suis plus que certain.
00:09:40Plus que certains des conseils.
00:09:42Et pas qu'aux adultes, aux enfants aussi,
00:09:44puisque les enfants regardent ses émissions aussi.
00:09:49Je sais que si je ne suis pas gentille,
00:09:52eh bien, je serais punie.
00:09:56En 5 ans, Super Nanny a tourné 35 émissions,
00:10:00donc autant de familles,
00:10:01chez qui elle a réussi chacune de ses missions.
00:10:03Elles ont aussi apporté à Cathy
00:10:05une notoriété qu'elle n'imaginait pas.
00:10:07Je pense qu'on a pris conscience
00:10:09que les gens la reconnaissaient vraiment
00:10:10quelques mois après la première exposition.
00:10:14de ma maman à la télé.
00:10:16On en a pris conscience
00:10:17lorsqu'on a décidé de se déplacer
00:10:19dans un centre commercial
00:10:20pour s'acheter de quoi déjeuner, tout simplement.
00:10:25On s'est vraiment rendu compte
00:10:27qu'il y avait un problème
00:10:28parce que les gens nous regardaient
00:10:31avec beaucoup d'insistance.
00:10:32Et lorsqu'ils se sont rendus compte, finalement,
00:10:35que maman était Super Nanny,
00:10:39on s'est fait courser, en fait, dans les rayons.
00:10:42Mais c'était inimaginable.
00:10:44Je me souviens ça comme c'était hier.
00:10:45C'était Super Nanny,
00:10:48c'était les parents, c'était les enfants,
00:10:50c'était les caissières
00:10:51qui avaient arrêté de travailler,
00:10:53c'était les filles qui travaillaient
00:10:55dans la galerie marchande, finalement,
00:10:56les vendeuses.
00:10:57Mais c'était terrible.
00:10:59Le supermarché avait arrêté de fonctionner.
00:11:01Le directeur a dû descendre.
00:11:02On lui a offert le caddie de course pour l'anecdote.
00:11:06Et on a dû se faire évacuer
00:11:08par le service de sécurité du supermarché
00:11:11parce qu'il n'était plus possible d'avancer.
00:11:13Et puis, les gens avaient envie de la toucher,
00:11:15avaient envie de l'embrasser.
00:11:17Et puis, au bout d'un moment,
00:11:18ce n'était plus possible.
00:11:19On est rentrés à la maison.
00:11:21Elle était dans un autre monde,
00:11:23c'est-à-dire qu'elle n'a absolument pas compris
00:11:24ce qui lui est arrivé, nous non plus, d'ailleurs.
00:11:27Et ce qui est drôle,
00:11:28c'est qu'au départ,
00:11:30on n'avait même quasiment pas mis ça
00:11:32sur le compte de l'émission
00:11:33qui était passée la veille.
00:11:43Maman a très, très bien vécu sa célébrité.
00:11:47Elle en jouait.
00:11:48Ça lui a ouvert des portes.
00:11:52Ces deux dernières années,
00:11:54Cathy croulait sous les propositions professionnelles.
00:11:56Elle en a refusé beaucoup,
00:11:57mais elle a tout de suite accepté
00:11:59celle de Christophe Willem
00:12:00lorsqu'il lui a offert un petit rôle
00:12:02dans l'un de ses clips.
00:12:04La toute première fois que je l'ai rencontré,
00:12:06c'était quand j'étais en train
00:12:06de réfléchir, en fait,
00:12:07à l'idée du clip.
00:12:09On était en train de délirer
00:12:10comme ça avec des amis.
00:12:11Je dis, il faudrait vraiment
00:12:11qu'il y ait une chef de chœur
00:12:12s'il y a une chorale,
00:12:13mais quelqu'un que le public connaît bien.
00:12:15Et à ce moment-là, en fait,
00:12:16j'étais chez moi
00:12:17et j'ai eu la télé,
00:12:18je tombe sur le générique
00:12:19de Super Mamie.
00:12:20Donc là, je pars dans un fou rire,
00:12:21je dis, mais ce serait énorme,
00:12:23mais absolument que ce soit elle,
00:12:24je vais lui demander et tout.
00:12:26Mais je pensais vraiment...
00:12:27Honnêtement, je pensais pas
00:12:28qu'elle accepterait.
00:12:29Et le premier truc qu'elle m'a dit,
00:12:30c'était, ah, ma grande tortue !
00:12:33Donc là, je suis partie dans un fou rire,
00:12:34je dis, mais alors, c'est parfait,
00:12:35elle est exactement comme j'imaginais,
00:12:37elle a énormément d'humour et tout.
00:12:44Et je lui dis, on va tout faire
00:12:45pour que les gens voient
00:12:46que t'es complètement fun
00:12:47et que tu vas jusqu'au bout.
00:12:48Elle me dit, ah bon, mais raconte.
00:12:49Alors, je dis, moi,
00:12:50le premier truc que je trouverais énorme,
00:12:51c'est que tout le monde te voit
00:12:52habiller en noir,
00:12:53je te verrais bien habillé en fuchsia.
00:12:55Alors là, l'éclate de rire,
00:12:56elle dit, moi, je fais tout ce que tu veux.
00:12:57Elle dit, je vais du fuchsia,
00:12:59je vais avec des tongs,
00:13:00je viens comme tu veux.
00:13:01On est parti dans un fou rire, vraiment.
00:13:03Et je dis, bon, bah écoute,
00:13:04ça roule, pas de souci, voilà.
00:13:15Quand il y en avait qui écoutait,
00:13:16paf, hé, on tourne.
00:13:18Mais tu sais, mais moi,
00:13:20si tu veux, elle me regardait,
00:13:21parce que moi, j'étais en face,
00:13:22je me suis dit, je partais dans un fou rire,
00:13:24mon regard a fait.
00:13:25Je suis complètement dans le rôle, quoi.
00:13:28Et souvent, entre deux,
00:13:29on s'envoyait un regard, en fait.
00:13:30Et dans son regard,
00:13:31il y avait une telle tendresse,
00:13:33c'était vraiment,
00:13:34vraiment énorme.
00:13:35Il y avait ce côté très maternel.
00:13:37c'est ce regard qui me reste plus, en fait.
00:13:43Malgré le succès que Cathy rencontrait,
00:13:45et une certaine aisance financière,
00:13:46ses habitudes de vie n'avaient absolument pas changé.
00:13:49Elle habitait un appartement modeste,
00:13:50dans une cité HLM.
00:13:52Son fils, Amadi,
00:13:53a accepté de nous laisser entrer
00:13:54dans l'univers éprivé de sa maman.
00:13:56Il n'y a jamais eu un journaliste,
00:13:58jamais un photographe,
00:13:58jamais un ami,
00:13:59une connaissance,
00:14:00jamais quelqu'un d'extérieur à la maison,
00:14:02au secteur familial,
00:14:04qui venait ici.
00:14:04C'était vraiment notre univers à nous,
00:14:06notre monde à nous.
00:14:08C'est ici qu'on a vécu
00:14:10ces huit dernières années,
00:14:13avec mes soeurs,
00:14:14avec mes parents,
00:14:15avant que mes soeurs se marient,
00:14:16avant que ma mère nous quitte.
00:14:18Donc voilà,
00:14:18à chaque fois que maman rentrait de tournage,
00:14:20c'est ici qu'on se retrouvait,
00:14:21c'est ici qu'elle venait se reposer,
00:14:23qu'elle se changeait et tout.
00:14:25C'est chez nous.
00:14:27C'est chez nous,
00:14:27on est à Rennes-la-Maison,
00:14:29en banlieue,
00:14:30dans le 92.
00:14:32Et voilà,
00:14:33ça a été...
00:14:34Même après que maman soit devenue
00:14:36quelqu'un de connu et de médiatisé,
00:14:39on a souhaité garder cet appartement
00:14:41et ça a été important pour nous
00:14:43de rester ici,
00:14:43parce que ça nous...
00:14:45Maman nous disait,
00:14:45ça nous rappelle d'où on vient.
00:14:47Ça nous rappelle d'où on vient.
00:14:48J'ai grandi toute ma vie dans une cité
00:14:50et pour rien au monde,
00:14:51je serais parti,
00:14:52même maman.
00:14:53C'est pas parce que du genre l'un,
00:14:54on travaille à la télé,
00:14:55qu'on a une aisance financière
00:14:56qui n'était pas présente avant,
00:14:58qu'on doit quitter ici.
00:15:01Originaire de Tunisie
00:15:02et de confession musulmane,
00:15:03Cathy s'appelait en réalité Kaltoum.
00:15:05Aujourd'hui,
00:15:06Amadi nous emmène à Tunis
00:15:07sur les pas de sa mère.
00:15:09Il va nous permettre
00:15:10de connaître la vraie Cathy,
00:15:11sa personnalité
00:15:12et son besoin de donner
00:15:13de l'amour aux autres.
00:15:14Toutes les années,
00:15:15je pars en Tunisie avec maman
00:15:16et là,
00:15:17c'est la première année
00:15:18où je pars sans elle.
00:15:20C'est la première année
00:15:21où je prends l'avion
00:15:22où je sais que je n'ai pas
00:15:22la retrouver là-bas.
00:15:25Ouais.
00:15:35C'est la maman.
00:15:37Il y en a qui me met
00:15:38des photos de stars,
00:15:39il y en a qui me met
00:15:39des photos de voitures.
00:15:41Où je mets ma mère ?
00:15:42Ça me dérange pas.
00:15:45Ça me dérange pas.
00:15:49Bon, allez,
00:15:50c'est parti.
00:16:03Je n'en veux même pas,
00:16:04tu vois.
00:16:04Je n'en veux même pas de maman,
00:16:05mais on va encore plus
00:16:06se rapprocher de lui qu'avant.
00:16:08Pour avoir la vie
00:16:08qu'elle a eu maintenant,
00:16:09il faut avoir une bonne étoile.
00:16:12Même si elle est partie
00:16:13comme elle est partie,
00:16:15c'est la vie,
00:16:16c'est le destin,
00:16:16comme on dit chez nous.
00:16:17mais je suis conscient
00:16:21de la chance qu'elle a eue.
00:16:23C'est pour ça que même
00:16:24dans ce malheur-là,
00:16:26j'ai cherché le sourire
00:16:26parce qu'il faut deux vies
00:16:28pour vivre ce que maman
00:16:30elle a vécu,
00:16:31pour voyager
00:16:31comme elle a voyagé
00:16:32pour tous ces moments de joie.
00:16:38Elle a bien vécu.
00:16:40Elle a bien vécu.
00:16:42Ce vol Paris-Tunis,
00:16:43sa mère l'a fait
00:16:44des dizaines de fois.
00:16:45Elle usait parfois
00:16:46de sa notoriété
00:16:47pour se rendre
00:16:48dans le cockpit,
00:16:49un lieu normalement interdit
00:16:50mais plein de magie pour elle.
00:16:52Je comprends maintenant
00:16:52pourquoi elle est montée
00:16:54toujours ici.
00:16:55J'ai l'impression
00:16:56d'être le plus près d'elle.
00:17:00En l'étant aussi
00:17:01au Bacarab,
00:17:01j'ai vraiment l'impression
00:17:04d'être encore plus près d'elle.
00:17:09Encore plus près d'elle.
00:17:10Je vois ce qu'elle voit.
00:17:13De là où je suis,
00:17:14je vois ce qu'elle peut voir.
00:17:23D'accord,
00:17:23vous voyez au fond,
00:17:24au fond,
00:17:24on va commencer
00:17:25à voir l'école du 19ème.
00:17:30À son arrivée,
00:17:32Amadi est accueillé
00:17:33par sa sœur Eptisem,
00:17:34par son cousin
00:17:35et par la meilleure amie
00:17:36de Kaltoum,
00:17:37Alem,
00:17:38devenue au fil des années
00:17:39une tante d'adoption.
00:17:42Ça va, tata ?
00:17:45Ça va, sœurette ?
00:17:48Ça te fait du bien.
00:17:49Ça te fait du bien.
00:17:51Comment ça va ?
00:17:52Ça va.
00:17:53Cousin,
00:17:54comment ça va ?
00:17:55Tu vas bien ?
00:17:58Alhamdoulilah.
00:18:01Vous avez du bien
00:18:01de vous voir.
00:18:20Amadi arrive maintenant
00:18:22dans les quartiers chics
00:18:22de Tunis,
00:18:23chez sa tante Samia,
00:18:24une des deux sœurs
00:18:25de Kaltoum.
00:18:26C'est dans cette maison
00:18:27que la famille
00:18:28s'est toujours réunie,
00:18:29un lieu symbolique
00:18:30pour Amadi
00:18:31où il a fait rapatrier
00:18:32le corps de sa maman
00:18:33décédée en France
00:18:34afin qu'elle y passe
00:18:35une dernière nuit
00:18:36avant les funérailles.
00:18:37Ça va être
00:18:38le 40e jour
00:18:41qui succède
00:18:42l'enterrement de maman
00:18:43et selon notre tradition,
00:18:45on se réunit tous,
00:18:45toute la famille
00:18:46se réunit pour le 40e jour
00:18:52pour passer un dernier,
00:18:53pas un dernier moment ensemble
00:18:54mais pour définitivement
00:18:56passer une dernière soirée
00:18:59en son honneur,
00:19:00en sa mémoire.
00:19:02Ça me fait quand même
00:19:03un peu bizarre
00:19:04de revenir ici
00:19:05parce qu'à la fois
00:19:05que je suis venu ici,
00:19:06elle était déjà endormie.
00:19:20Ce soir,
00:19:21toute la famille
00:19:22de Khaltoum
00:19:23se réunira
00:19:24de nouveau ici,
00:19:25une façon
00:19:25de lui rendre
00:19:26un dernier hommage.
00:19:29Pour Amadi
00:19:30et sa tante Samia,
00:19:32les retrouvailles
00:19:3240 jours seulement
00:19:33après le décès
00:19:34de Khaltoum
00:19:35sont très émouvantes.
00:19:41ça fait bizarre
00:19:41de revenir ici
00:19:42quand même.
00:19:46En visage,
00:19:46je vais te montrer
00:19:47quelque chose.
00:19:50Elle est là.
00:19:52Elle est du salut
00:19:54à la porte déjà.
00:20:02T'as vu qu'est-ce que j'ai fait ?
00:20:04Ouais,
00:20:04elle est belle.
00:20:10Elle est belle, ouais.
00:20:14Qu'est-ce qu'on a fait
00:20:14comme bêtises avec elle
00:20:16dans cette maison ?
00:20:16Je te rappelle
00:20:17quand elle est rentrée
00:20:17en gueulant,
00:20:18tout le monde courait
00:20:19en haut pour aller se cacher
00:20:20parce qu'on n'avait pas
00:20:21fait les courses,
00:20:22parce qu'on avait laissé,
00:20:22parce qu'on avait foutu
00:20:23le bordel, quoi.
00:20:26Elle est rentrée,
00:20:27elle disait
00:20:27« Je veux tout le monde
00:20:28en bas,
00:20:28que tout le monde descend. »
00:20:29Et tout le monde courait
00:20:30en haut parce qu'on savait
00:20:31que la première personne
00:20:31qu'elle a attrapé,
00:20:33elle allait...
00:20:34Non, mais c'est que du bonheur
00:20:35de revenir ici.
00:20:36C'est que des bons souvenirs.
00:20:44Il y a ses frères,
00:20:49ses sœurs,
00:20:49les enfants de mes cousins
00:20:51et à mon père.
00:20:52On est facile,
00:20:53une trentaine, quoi.
00:20:57Et ma mère tenait
00:20:58toute cette famille
00:20:59d'une seule main.
00:21:00Il suffisait qu'elle dise
00:21:01oui pour que tout le monde
00:21:02dise oui,
00:21:03il suffisait qu'elle dise non
00:21:03pour que tout le monde
00:21:04dise non.
00:21:05Samia et Kauter,
00:21:06les deux sœurs de Kaltoum
00:21:08s'affairent à la cuisine.
00:21:10La maison est en effervescence,
00:21:11toute la famille est arrivée.
00:21:13Les oncles,
00:21:13tantes,
00:21:14cousins,
00:21:14cousines,
00:21:15grand-mères,
00:21:15tous sont venus
00:21:16pour honorer
00:21:17la mémoire de Kaltoum.
00:21:19Fidèles à la tradition,
00:21:21les femmes mangent ensemble.
00:21:22Pendant ce temps,
00:21:23Lotfi,
00:21:23l'un des deux frères de Kaltoum,
00:21:25se souvient de sa grande sœur
00:21:26lorsqu'elle était petite.
00:21:28Les petites,
00:21:29elles sont très méchantes
00:21:30et elles n'aiment pas
00:21:31l'école beaucoup.
00:21:33Même dans la classe,
00:21:34elles frappent les enfants.
00:21:37les garçons,
00:21:38elles font le bagarre.
00:21:39Elles sont tout le temps en jean.
00:21:44Ce n'est pas une femme,
00:21:46c'est un homme.
00:21:47Ce n'est pas une femme.
00:21:48Elles font le bagarre.
00:21:52Elle était agréable.
00:21:54Elle était...
00:21:55Comment je te dis ?
00:21:56Elle était...
00:22:00Elle donne.
00:22:00Elle donne.
00:22:01Elle toujours donne.
00:22:02Elle prend pain.
00:22:03Elle donne.
00:22:03Elle donne à tout.
00:22:05Regarde-moi.
00:22:06Cathy,
00:22:06elle a tout donné.
00:22:07Dans la famille,
00:22:08tout elle a donné.
00:22:09Tout, tout, tout.
00:22:10Je sais tout, moi.
00:22:11Tout.
00:22:13Ce qui caractérisait Kaltoum,
00:22:15c'était sa grande générosité.
00:22:17Aujourd'hui,
00:22:18ses frères ont perdu
00:22:19plus qu'une sœur.
00:22:21Kaltoum,
00:22:22quand même,
00:22:22on dit
00:22:23c'est un frère,
00:22:25un père,
00:22:26un père.
00:22:27C'est tout pour nous.
00:22:28Il y a des choses
00:22:29que je ne peux pas...
00:22:50Le lendemain matin,
00:22:51Samia et Kauter,
00:22:52accompagnés de Najwa,
00:22:53la deuxième fille de Kaltoum,
00:22:55ont souhaité nous montrer
00:22:56la maison dans laquelle
00:22:57elles ont passé leur enfance.
00:22:58Là, on est dans la maison
00:23:00où maman a vécu
00:23:01toute son enfance
00:23:03avec ses frères et sœurs.
00:23:05La passion de Kaltoum
00:23:06pour les enfants
00:23:06est née très tôt.
00:23:07À 12 ans déjà,
00:23:09elle savait ce qu'elle voulait.
00:23:10Je suis une fille
00:23:11et elle a fait des invitations.
00:23:16Elle garde les enfants,
00:23:18les petits-enfants.
00:23:19Elle a 10 ans,
00:23:20elle a 12 ans d'année.
00:23:21Quand je me suis une fille,
00:23:23je me suis une fille.
00:23:27Je ne fais rien,
00:23:28mais je garde les petits.
00:23:30Elle a l'âge de 12 ans.
00:23:35Kaltoum
00:23:35était une enfant
00:23:36assez différente
00:23:37de ses frères et sœurs.
00:23:39Blonde aux yeux verts,
00:23:40elle attirait inévitablement
00:23:42les regards
00:23:42et les garçons.
00:23:44Elle était rebelle,
00:23:45oui.
00:23:45Elle était rebelle
00:23:46et puis finalement,
00:23:47elle avait une espèce
00:23:48de beauté
00:23:48qui n'est pas très commune.
00:23:50les blondes aux yeux verts
00:23:52finalement ne sont pas
00:23:55si fréquents que ça.
00:23:57Et donc,
00:23:57sa mère était encore plus dure
00:23:58avec elle qu'avec les autres.
00:24:00Et elle finissait par se faire la belle
00:24:01et grimper sur le jasmin.
00:24:04Et puis,
00:24:05elle partait.
00:24:10Nous avons suivi
00:24:11Samia,
00:24:11Kauter et Najwa
00:24:12à quelques pas
00:24:13de la maison familiale.
00:24:15Nous sommes dans l'école
00:24:16où Kaltoum
00:24:17était scolarisé.
00:24:18Très bonne élève,
00:24:19son comportement
00:24:19était pourtant désastreux.
00:24:21Là aussi,
00:24:22les anecdotes
00:24:22sur ses bêtises
00:24:23ne manquent pas.
00:24:25bureau du directeur.
00:24:27Elle devait être souvent là,
00:24:28mon ami.
00:24:32Il y a un trait là.
00:24:34Il y a un trait blanc là.
00:24:36Je ne sais pas
00:24:36s'il ressort bien,
00:24:37si on le voit bien.
00:24:37Il y en a un autre là.
00:24:39D'accord ?
00:24:39Au milieu,
00:24:40c'est là où on fait le chant
00:24:42le matin,
00:24:42le chant national.
00:24:43On monte le drapeau.
00:24:47Et là,
00:24:47c'était la cour des filles
00:24:48avec la classe des filles
00:24:50et la cour des garçons
00:24:51avec la classe des garçons.
00:24:52Et finalement,
00:24:52on n'avait pas trop
00:24:53le droit de se mélanger.
00:24:56Les filles avaient
00:24:56un tablier rose,
00:24:57les garçons avaient
00:24:58un tablier bleu.
00:24:59Et donc,
00:25:00le rose dans le bleu
00:25:00s'identifie très clairement
00:25:02finalement
00:25:02par l'ensemble des surveillants.
00:25:04Elle allait se battre.
00:25:06Ah ouais ?
00:25:07Ah bah oui,
00:25:08elle allait se battre.
00:25:09Elle allait ramasser
00:25:10ses bis,
00:25:11ses bis,
00:25:11le ballon
00:25:12avec les garçons.
00:25:14Reste pas avec les filles.
00:25:15Alors là,
00:25:16jamais.
00:25:16Ça partait de rien ?
00:25:18N'importe quoi.
00:25:19Les jouets,
00:25:20les...
00:25:21N'importe quoi.
00:25:21Des mots
00:25:22qui pouvaient l'énerver.
00:25:24Des mots peut-être.
00:25:26N'importe quoi.
00:25:26N'importe quoi.
00:25:27N'importe quoi.
00:25:38T'amal-li-y-a-tini
00:25:39le nacle à l'e-ke.
00:25:40Ati le nacle à l'e-ke.
00:25:41Qu'ulte-le-ha non.
00:25:43Le mara l'oula
00:25:44héte le nacle non.
00:25:46Non.
00:25:47La troisième fois.
00:25:48Qu'abal,
00:25:49n'a-t'o-t'o-t'o-t'o-t'o-t'o-t'o-t'o-t'o
00:25:52-t'o-t'o-t'o-t'o-t'o.
00:26:07Elle a l'âge de 9 ans.
00:26:08J'ai l'âge de 9 ans.
00:26:10Elle a l'âge de 10 ans.
00:26:12Elle m'a tâteauée.
00:26:16C'était une bonne élève.
00:26:17Elle était très, très bonne en expression orale.
00:26:22Elle avait des qualités indéniables en mathématiques.
00:26:27Ma mère était quelqu'un de très intelligente.
00:26:30Je pense que ma maman a quand même énormément souffert
00:26:35qu'on ne lui ait pas laissé la possibilité de faire des études.
00:26:39À l'âge de 13 ans,
00:26:41Kaltoum obtient son certificat d'études avec de brillants résultats.
00:26:44Ce qu'elle aimerait, c'est poursuivre son cursus.
00:26:47Malheureusement, le destin va en décider autrement.
00:27:23Alors, elle a l'âge de 19 ans.
00:27:30Sley, le futur époux de la petite Kaltoum, va nous raconter sa première rencontre avec celle qui sera sa femme.
00:27:36Nous l'avons sous-titrée, car suite à un accident cardiovasculaire, il ne s'exprime pas comme il le souhaiterait.
00:27:43Ma mère a décidé qu'on doit se marier et marier mon frère, donc elle cherche des filles.
00:27:51C'est dire, oh, se marier à l'ancienne, c'est pas une chose qui me souviens, mais c'est
00:27:54les parents.
00:27:56J'en ai vu neuf à voir Cathy, neuf filles, j'ai jamais voulu me marier, parce que moi, dans
00:28:04ma tête, moi j'ai voulu me marier une française.
00:28:08J'ai jamais voulu me marier, parce que j'ai jamais voulu me marier, j'ai jamais voulu me marier,
00:28:27j'ai jamais voulu me marier.
00:28:35J'ai jamais voulu me marier, j'ai jamais voulu me marier.
00:28:37Et quand j'ai vu Cathy, c'est le... c'est la place, quoi.
00:28:45J'ai rien à voir, mais si j'ai verre, ça m'a fait 6.
00:28:49J'ai aimé, je suis dit d'accord.
00:28:52Je suis d'accord, ça marche.
00:28:57Le 14 juillet, le 14 juillet, le 14 juillet, le 13 juillet, en France.
00:29:09Kaltoum n'avait que 15 ans.
00:29:11Pour valider ce mariage arrangé avec une si jeune fille,
00:29:15la loi imposait l'avis d'un juge qui, naturellement, a refusé cette union.
00:29:18Sley, le fiancé de Kaltoum, vivant déjà en France à ce moment-là,
00:29:22a dû repartir chez lui sans elle.
00:29:32Les gens n'ont pas de contact, mais c'est comme ça.
00:30:06Puis, le jour du mariage est arrivé.
00:30:09Kaltoum avait à peine 17 ans, son mari 30.
00:30:12Dix jours seulement après la noce, elle suit son époux en France,
00:30:15où elle va découvrir un monde qui n'est pas le sien.
00:30:18Elle a eu un destin pas comme tout le monde.
00:30:20Donc, se retrouver à 16 ans mariée, 17 ans, sainte de sa fille,
00:30:27dans un pays où elle a été arrachée de son pays natal,
00:30:31pour être posée en France.
00:30:38Donc, elle ne parlait pas français quand elle est arrivée.
00:30:40Elle est arrivée dans sa belle-famille qu'elle ne connaissait pas du tout,
00:30:44puisqu'elle ne connaissait même pas son mari.
00:30:48Donc, c'est pas...
00:30:49Je veux dire, elle a eu un début pas facile du tout.
00:30:53Chez la belle-famille de mon papa, c'était un studio qui était très petit.
00:30:56Ma mère était déjà enceinte de moi.
00:30:59Je suis arrivée au monde et ma mère est tombée enceinte très, très rapidement de Najwa.
00:31:06L'histoire que vous allez maintenant découvrir est peut-être la plus grande blessure de Kaltoum.
00:31:11Après la naissance de sa fille Najwa, c'est un drame qui se noue autour de la garde de la
00:31:15petite-fille.
00:31:17Quand ma mère est tombée enceinte de Najwa, il n'y avait plus de place à la maison.
00:31:23Il était impossible pour nous d'aller chercher un appartement,
00:31:26parce que mes parents n'avaient pas les moyens de louer un appartement.
00:31:30Donc, une décision horrible a été prise à ce moment-là.
00:31:36Il fallait effectivement que l'une des deux aille en Tunisie chez la maman de ma maman,
00:31:44chez ma grand-mère maternelle, temporairement,
00:31:47le temps finalement que mes parents puissent trouver un appartement un petit peu plus grand.
00:31:52Donc c'est Najwa, qui finalement a été envoyée en Tunisie.
00:31:57Moi, malheureusement, je suis partie en Tunisie, j'avais six mois,
00:31:59donc je suis restée là-bas.
00:32:03Au bout de dix mois, ma mère et mon père ont trouvé un petit appartement.
00:32:06Ils étaient super contents, parce qu'ils se sont dit
00:32:08« C'est génial, on va aller récupérer Najwa chez la grand-mère. »
00:32:12Sauf que le problème qui s'est posé, c'est que lorsque ma mère est venue récupérer Najwa,
00:32:15elle l'a récupérée, elle l'a ramenée en France.
00:32:18Deux jours après, on a reçu un coup de téléphone.
00:32:22Ma grand-mère est tombée dans le coma.
00:32:26Si la mère de Kaltoum tombe dans le coma,
00:32:28c'est parce qu'elle a tenté de mettre fin à ses jours.
00:32:31L'absence de sa petite-fille lui est insupportable.
00:32:34Pour sauver sa mère, Kaltoum prend une terrible décision.
00:32:37Elle ramène Najwa en Tunisie.
00:32:39Elle me disait « Tu sais, ma maman,
00:32:41essayez de mettre fin à ses jours,
00:32:44le jour où j'allais te reprendre.
00:32:48Je n'aurais pas pu vivre avec ça.
00:32:50C'était la solution la moins catastrophique pour tout le monde. »
00:32:55Il y a une image, en fait, qui m'a terriblement bouleversée.
00:32:58C'est cette image, finalement, de revoir ma mère revenir quand même sans ma sœur.
00:33:04Ça a été un drame pour ma mère.
00:33:07Ça a été un drame pour tout le monde.
00:33:09Je pense que c'était un grand regret pour maman.
00:33:13Je pense que vraiment, c'est quelque chose qu'elle a très mal vécu.
00:33:17Et jusqu'au bout, elle ne m'a demandé pas pour ça.
00:33:22Ce n'est qu'à l'âge de 17 ans que Najwa rentre de Tunisie pour vivre en France,
00:33:26chez sa mère, après le décès de sa grand-mère.
00:33:29Cette distance pendant 17 ans a créé quelque chose d'unique entre nous.
00:33:34C'est-à-dire qu'au lieu que ça devienne un handicap,
00:33:37c'est vraiment devenu une force.
00:33:39C'est-à-dire qu'on avait énormément de choses en commun.
00:33:42Elle m'a laissé un héritage physique.
00:33:44J'ai quand même une certaine ressemblance avec elle.
00:33:46Un héritage au niveau du caractère.
00:33:48Et puis aussi, au niveau des souvenirs, on a beaucoup de choses en commun.
00:33:52Et aujourd'hui, j'ai ça en plus.
00:33:55Et ça m'apporte énormément.
00:33:59Quatre ans après la naissance de Najwa,
00:34:01Amadi vient agrandir le cercle familial.
00:34:04Le salaire de Slea étant insuffisant pour nourrir tout le monde,
00:34:07Kaltoum décide alors de travailler.
00:34:10Elle trouve des petits boulots de serveuse, de femme de ménage,
00:34:12puis se fait embaucher dans un supermarché du 20e arrondissement de Paris.
00:34:16C'est ici qu'elle rencontre Alem, qui est sa responsable.
00:34:20Cathy, pourtant musulmane, s'occupe alors du rayon charcuterie.
00:34:24Comment ça s'est passé pour le moment le fait de travailler ici ?
00:34:27Elle avait du mal à accepter qu'elle arrive dans un endroit comme ça.
00:34:32En plus, le poste, c'était tout ce qui est jambon à la coupe, charcuterie à la coupe.
00:34:39Donc, Amadi, on est mal barrés ici.
00:34:43C'est de là que tout est parti.
00:34:44On s'est changé nos coordonnées.
00:34:46Vraiment, on ne s'est plus lâché depuis.
00:34:49Rapidement découragée par la découpe du jambon,
00:34:51Kaltoum retourne à sa première passion, les enfants.
00:34:54Elle travaille pour des particuliers jusqu'au jour où elle décide de se stabiliser professionnellement.
00:34:59Elle passe alors des diplômes de puériculture
00:35:01et s'inscrit dans une grande agence parisienne
00:35:03qui recrute des nurses suffisamment bien formées pour travailler chez des personnalités.
00:35:07Des aristocrates, des gens de la haute, comme elle disait.
00:35:10Elle a passé un diplôme d'aide de puériculture,
00:35:13ce qui lui a donné aussi un statut de qualité pour nos clients
00:35:19qui recherchent vraiment la nurse, la nanny,
00:35:22comme on peut l'imaginer de manière traditionnelle dans les familles aristocratiques.
00:35:28Ma mère avait une spécialité, c'était la sortie de maternité.
00:35:33C'est-à-dire qu'elle allait effectivement aider les mamans
00:35:36dès lors qu'elle sortait de l'hôpital, de la clinique.
00:35:38Jusqu'alors 2, 3, 4 mois.
00:35:41Il m'arrivait de ne pas voir ma mère pendant 2, 3, 4 mois.
00:35:46Je me souviens avoir eu les résultats de mon bac
00:35:50et de devoir courir à la première cabine téléphonique
00:35:56à appeler ma maman en lui disant
00:35:58« Maman, maman, j'ai eu mon bac. »
00:36:02Voilà.
00:36:02Donc effectivement, c'était quand même assez dur
00:36:05parce qu'en la voyant partir, on savait très très bien
00:36:07qu'il y avait un bébé qui était né
00:36:10et qu'elle allait s'en occuper jusqu'à ce qu'il fasse ses nuits.
00:36:15À partir du moment où elle quittait ses enfants,
00:36:18elle devenait une autre personne,
00:36:20mais elle avait besoin aussi de travailler,
00:36:24elle avait besoin de se positionner dans le monde du travail.
00:36:28Elle a travaillé pour des rois.
00:36:32Elle a été baignée dedans.
00:36:34C'est-à-dire qu'elle a gardé effectivement les enfants de grande personnalité,
00:36:41même au niveau politique, sans rentrer dans le détail.
00:36:44Elle a gardé les enfants d'un président de la République.
00:36:48Et je pense que c'était sa grande fierté, quelque part.
00:36:51Parce qu'il faut le faire.
00:36:54Il faut le faire.
00:36:56À l'époque où Kaltoum travaille pour cette agence,
00:36:59elle devient Cathy.
00:37:00Franciser son prénom lui permet alors d'accéder
00:37:02aux hautes sphères de la bourgeoisie française.
00:37:05Elle s'est toujours présentée comme étant Cathy,
00:37:07même si son CV faisait apparaître son prénom.
00:37:10Kaltoum, c'était son prénom.
00:37:13Elle le donnait, mais jamais on l'a appelée Kaltoum.
00:37:16On l'a appelée, en tout cas à Paris, on l'a appelée Cathy.
00:37:22En 1999, la comtesse et le comte de Mestre font appel à l'agence de Nurse.
00:37:27C'est Cathy qui est envoyée chez eux pour s'occuper du nouveau-né de leur fille.
00:37:31Ils se souviennent de son grand professionnalisme.
00:37:35Pour Cathy, il ne s'agissait pas de faire des tentatives et puis de baisser les bras.
00:37:42Non, il fallait que la réussite soit totale, complète.
00:37:46Et la réussite a été extraordinaire.
00:37:49Elle a su immédiatement cadrer le nouveau-né
00:37:53de façon à lui donner une discipline de vie
00:37:58qui l'a marquée, je suppose, pour sa vie.
00:38:01Quand Cathy est arrivée, nous lui avons dit
00:38:02« Alors, où voulez-vous coucher ? Où est-ce que le bébé va coucher ? Comment faire ? »
00:38:06Alors, elle m'a dit « Il faut que vous me trouviez si vous avez une chambre pour le bébé
00:38:11et moi, une chambre à côté, qui donne dans cette chambre-là. »
00:38:15Et moi, je ne me lèverai pas volontairement pour m'occuper du bébé,
00:38:18sauf si je vois que c'est grave.
00:38:20Je veux donner au bébé, dès le départ, l'idée que lui doit s'occuper de lui-même.
00:38:27La sœur, qui avait trois ans de plus que le bébé, était enthousiasmée par Cathy, enthousiasmée.
00:38:33Cathy disait « Allez, toi, je te fais jouer.
00:38:35Allez, tu montes sur le billard, là, à côté.
00:38:37Allez, tu enlèves tes chaussures, tu montes sur le billard,
00:38:39et je te fais danser. Allez, va ! »
00:38:42Il fallait qu'elle apporte le bien, vraiment un don d'elle-même.
00:38:47C'était ça qui la motivait.
00:38:52Maman, on l'envoyait pas seulement dans le sud de la France,
00:38:55mais elle pouvait avoir des missions en Australie, en Angleterre, aux États-Unis.
00:39:00Et elle s'est fait un tel nom, finalement,
00:39:03que lorsque M6 a décidé de faire cette émission,
00:39:06il était bien évident qu'M6 allait faire une enquête
00:39:10pour finalement rechercher la personne qui allait pouvoir être à la hauteur des ambitions d'M6.
00:39:18Il était inévitable que ce soit ma mère qui soit sélectionnée.
00:39:26Alors qu'elle est toujours en poste dans l'agence de nurse,
00:39:29Cathy est appelée pour passer un casting.
00:39:31C'est parmi des centaines de candidates qu'elle accède au titre très prisé de Super Nanny.
00:39:37Mais pour Cathy, accepter cette émission ne coule pas immédiatement de source.
00:39:42Au début, quand vous l'avez sélectionnée, quand vous avez dit c'est elle,
00:39:47elle est revenue ici, à l'agence, et elle a dit
00:39:49« Mais attendez, il n'y avait pas de question, moi je ne veux pas faire actrice,
00:39:54moi je suis une nanny, je suis une nounou,
00:39:57je ne veux pas qu'on me fasse jouer un rôle.
00:40:00Avant tout, je suis et je veux conserver mon rôle. »
00:40:05D'autant que les tournages se font sur une période courte,
00:40:08et le reste du temps, qu'est-ce que je vais faire ?
00:40:09Et quand ils vont en avoir fini deux mois,
00:40:11parce qu'elles ne s'imaginaient pas que ça allait durer,
00:40:13quand ils auront fini de m'utiliser, je voulais devenir quoi, moi ?
00:40:19Moi, de mon côté,
00:40:20et petit Sam et Amadi et papa,
00:40:22et tous les gens à qui elle racontait ça,
00:40:24je me disais « Mais attends, mais c'est génial,
00:40:26mais tu te rends compte, tu vas passer à la télé,
00:40:28on va te voir à la télé, c'est exceptionnel,
00:40:31tu vas être traité comme une star. »
00:40:33Enfin forcément, on voyait ça.
00:40:35Donc nous, l'approche de la télé qu'on avait,
00:40:37c'est vraiment les gens qu'on voyait, qu'on reconnaissait dans la rue,
00:40:40être populaires, etc.
00:40:41Mais c'est vraiment pas ce qui l'a tirée,
00:40:44c'est-à-dire que si elle pouvait faire Super Nanny,
00:40:48sans les caméras, sans que ça passe à la télé,
00:40:51ça l'arrangeait.
00:40:52Finalement, Cathy accepte d'endosser le costume de Super Nanny.
00:40:55Ce qui la motive, ce n'est pas la télé,
00:40:57c'est simplement de pouvoir continuer à exercer son métier.
00:41:01Cathy était elle-même, c'est-à-dire qu'avec les enfants,
00:41:04elle était comme ça et elle ne pouvait pas être autrement.
00:41:06C'était quand elle voyait un enfant dans la rue
00:41:09et qu'on ne tournait pas, elle était pareille.
00:41:11Regarde-moi.
00:41:13Tu sais pourquoi je suis fière de toi ?
00:41:14Oui.
00:41:14Tu dors où maintenant ?
00:41:16Dans ton lit.
00:41:18Est-ce que tu voudrais repartir dans le lit de papa et maman ?
00:41:21Oui.
00:41:22Un, un.
00:41:24Un, un, un, un.
00:41:25Pâpe Brunel, tu veux faire de dos dans le lit de maman ?
00:41:29Non.
00:41:29Non, pourquoi ?
00:41:32Parce que tu as ton lit.
00:41:35Oui.
00:41:35Tu as ta chambre.
00:41:37Oui.
00:41:39Je peux avoir un câlin.
00:41:42Elle est qu'elle se trouve autre chose qui est très grande.
00:41:45Oui.
00:41:50On a fait la boule,
00:41:55c'est une chose qui a加ac statewide.
00:42:18Si le passage de Cathy sur le petit écran est une fierté pour ses soeurs, il en est tout autrement
00:42:24pour ses enfants.
00:42:33Je la voyais finalement s'occuper des autres enfants. On a un petit sentiment de jalousie qui est, je pense,
00:42:39complètement naturel.
00:42:42Quant aux collaborateurs de Cathy, travailler avec elle sur l'émission Super Nanny n'a pas toujours été simple.
00:42:49Je me suis fait des trouilles avec Cathy, et jusqu'à la fin, parce que j'ai un souvenir de
00:42:55la dernière émission,
00:42:56où on était chez une famille où il y avait six enfants, et le père ne comprenait pas ce qu
00:43:01'il fallait faire.
00:43:01« Donnez-moi envie de continuer de vous aider. Parce que là, je n'ai plus envie, moi. Pourquoi je
00:43:12me prendrais la tête ? Je vous parle, monsieur. »
00:43:16« Je vous écoute. »
00:43:16« Mais répondez-moi. »
00:43:18« Est-ce que vous voulez que je vous réponde ? »
00:43:19« Dites-moi, Cathy, je suis désolée, je vais m'y mettre. Donnez-moi l'espoir que vous allez y
00:43:23arriver. Donnez-moi quelque chose. »
00:43:25« J'ai juste été un petit peu vexé, c'est tout. »
00:43:27Elle ne comprenait pas, pendant quatre jours, ça a été comme ça. Et le cinquième jour, elle a pété un
00:43:31câble.
00:43:31« Si je pouvais vous secouer et vous dire, mais sortez de là-dedans ! Et où êtes-vous ?
00:43:37Il est où le papa ? Il est où ? »
00:43:40« Est-ce qu'il va sortir ? »
00:43:42« Non ? »
00:43:43« Je ne sais pas. Je vous l'ai dit, on verra bien. »
00:43:48« C'était tellement difficile parfois, les cas étaient tellement difficiles, qu'elle avait besoin de décompresser. Et la façon
00:43:55de décompresser de Cathy était un peu particulière. »
00:43:58« Hop ! Embrasse-moi ! Embrasse-moi ! »
00:44:02« Dès qu'on éteignait la caméra, en fait, c'était des fous rires, c'était des moments de folie.
00:44:06»
00:44:07À la fin des tournages, lorsque les problèmes des familles étaient réglés, l'ambiance était très détendue.
00:44:12À tel point que les parents de la petite Lilou avaient endossé le costume de Cathy, enchantée de se prendre
00:44:17au jeu.
00:44:17« C'est très sérieux. »
00:44:19« Oui, je vous écoute. »
00:44:23« Monsieur. »
00:44:27« Les objectifs. »
00:44:31« Accorder du temps à mon mari. »
00:44:35Cathy riait beaucoup sur les tournages. En revanche, elle perdait toute forme d'humour lorsqu'il s'agissait de petites
00:44:41bêtes.
00:44:42« Je ne sais pas, il y a une guêpe dans le... »
00:44:44« Il y a quoi ? »
00:44:45« Non, non, non ! Non, non, non, elle ne fait pas de cette arme ! »
00:44:49« Attends. »
00:44:49« Ah ! Enlève-toi, s'il te plaît ! »
00:44:53« Alors, ça y est. »
00:44:55« Elle grattait, elle n'est rien. »
00:44:58« Pardon, Cathy. »
00:45:00« Elle est où ? Elle n'était pas là. »
00:45:02« C'est pas vrai. »
00:45:06« Dans ces moments-là, c'était vraiment la vraie Cathy que les gens ne connaissent pas. »
00:45:09« Et je pense que tout le monde aurait aimé rencontrer aussi. »
00:45:24« Supernanny » a beaucoup apporté à Cathy.
00:45:26Les émissions étaient diffusées dans le monde entier, et notamment en Tunisie, où c'était un vrai carton.
00:45:31Lorsqu'une société de production l'a appelée pour adapter le programme français en Tunisie, elle a tout de suite
00:45:36accepté.
00:45:37C'est à Tunis qu'Amadi a rencontré la productrice de l'émission tunisienne.
00:45:42Eva Broussou se souvient de son premier contact professionnel avec Cathy.
00:45:47« Comment tu as été amenée à la rencontrer et à travailler avec elle sur ce genre d'émission ?
00:45:52»
00:45:52« Ça va te faire rigoler parce que tu vas retrouver ta mère tout de suite quand je vais te
00:45:55raconter ça. »
00:45:56« Donc elle travaillait déjà sur M6, etc. »
00:45:59« Je l'ai appelée. Ta mère m'a planté cinq fois en me disant « Oui, oui, j'arrive
00:46:03au rendez-vous. »
00:46:04« Je me rendais au rendez-vous. »
00:46:07« Et ta mère m'a planté cinq fois de suite. »
00:46:09« Donc à la sixième, j'ai pris mon téléphone en me disant « Dites-moi oui, dites-moi non,
00:46:14dites-moi je ne veux pas, dites-moi si ça ne m'intéresse pas, mais donnez-moi une réponse ferme.
00:46:19»
00:46:20« Et là, elle m'a rappelée en me disant « Cette fois-ci, je vous donne ma parole, je
00:46:23viens. »
00:46:24« Je n'ai jamais pu lui raconter le projet. »
00:46:27« Elle m'a vu dix minutes. »
00:46:28« Elle m'a dit « Je te sens. »
00:46:29« T'appeler, on travaillera ensemble. »
00:46:31« Je travaillerai avec toi sur le Maghreb. »
00:46:34« Je veux que je m'a mis l'ordinateur, je veux que je m'a mis l'ordinateur, je
00:46:38veux que je m'a mis l'ordinateur, je veux que je m'a mis l'ordinateur, je veux que
00:46:42je m'a mis l'ordinateur, je veux que je m'a mis l'ordinateur. »
00:46:49« Le seul changement de maman pendant cette émission, c'était sa tenue vestimentaire. »
00:46:52« Sa tenue et puis aussi le côté. »
00:46:54« Nous ne voulais pas du tout le côté strict. »
00:46:56« On avait vraiment le côté Cathy dans son pays, avec tout ce qu'elle avait appris, son vécu. »
00:47:01« Et on ne voulait surtout pas la figer ou l'arrêter dans un rôle précis. »
00:47:31Et le fait qu'elle ait réussi en France et qu'en plus elle soit revenue ici,
00:47:36ça a été très très fort pour les Tunisiens.
00:47:38Et en plus elle touche à l'enfance.
00:47:39Et l'enfance ici, c'est la chose la plus importante.
00:48:19C'est contente de l'avoir connue, ça sent.
00:48:21C'est pas contente, c'est une jolie rencontre.
00:48:25Et humainement, elle m'a donné tellement.
00:48:27Tu sais que moi, je voulais pas d'enfant.
00:48:28Je voulais pas d'enfant.
00:48:30Et c'est suite à cette émission, on en a parlé plein de fois.
00:48:32Et aujourd'hui, je suis enceinte.
00:48:34Donc c'est en train de me dire, c'est quelque part que si ce petit bout de chou est
00:48:37là,
00:48:38c'est grâce à ma mère.
00:48:39Ouais, ça a été le déclencheur.
00:48:41Elle m'en a parlé pendant très longtemps.
00:48:44Donc c'est là directement qui a donné envie d'être maman.
00:48:46Qui m'a débloquée, on va dire.
00:48:49Donc tu vois, elle est vraiment importante dans ma vie.
00:48:52Bah moi, c'est le genre de propos qui réduit mon chagrin.
00:48:56Sincèrement.
00:48:57Merci Eva.
00:48:58Merci à toi.
00:49:00Merci.
00:49:02A l'issue de l'entretien avec Eva, une surprise de taille attend Amadi.
00:49:06La maman des deux jumelles que nous venons de voir dans l'émission tunisienne
00:49:10l'attend pour le remercier de ce que sa mère a fait pour elle et pour sa famille.
00:49:26C'est gentil.
00:49:29C'est gentil.
00:49:42C'est gentil.
00:49:44C'est gentil.
00:50:05Je ne comprends pas comment on peut autant aimer cette femme en si peu de temps.
00:50:10Je ne comprends pas.
00:50:13Je comprends qu'elle vienne, qu'elle fasse plaisir, qu'elle soulage les gens, qu'elle
00:50:16donne des conseils.
00:50:18Mais qu'une femme comme ça, qui restait si peu de temps avec elle, et qu'elle impose
00:50:22des mots si forts à son égard, en disant que c'est comme ma sœur et qu'elle a l
00:50:25'arme
00:50:26aux yeux, je ne comprends pas.
00:50:28Qu'est-ce qu'elle a vu de maman d'aussi spéciale ?
00:50:37Toutes les personnes qui ont croisé Cathy ont immortalisé leur rencontre avec elle.
00:50:41Magloire fait partie de ces privilégiés qui ont pu lier une grande amitié avec cette
00:50:45femme.
00:50:46Ils se sont rencontrés il y a des années, bien avant qu'ils ne se croisent sur M6.
00:50:50Superdany était le personnage, comme Magloire à la télé, le personnage, mieux que ce soit
00:50:57assez semblable, mais bon, on en fait toujours un peu beaucoup.
00:51:00Non, c'est à Cathy, c'est à cette femme qui a traversé la Méditerranée, adolescente
00:51:05ou quasiment, mère de famille, adolescente ou quasiment, qui s'est battue.
00:51:10Il faut avoir des couilles, quoi.
00:51:12Vous ne savez pas ce que c'est que l'exclusion dans un pays que vous aimez, dans lequel vous
00:51:20habitez ? Et elle s'est battue pour ne pas avoir à faire subir ça à ses enfants.
00:51:26Être exclue, elle ne le voulait pas, elle ne le voulait plus, donc elle s'est battue.
00:51:31Elle a élevé ses enfants fièrement et elle a fait ce qu'il fallait pour les assumer.
00:51:39En dix ans, d'une femme adolescente et enceinte, d'une jeune fille adolescente et enceinte,
00:51:44elle est passée, elle est devenue une star de télévision.
00:51:49Je me rappelle qu'il y a dix ans avant, elle ne savait pas parler français.
00:51:54C'est beau.
00:51:59Cathy a eu une vie bien remplie.
00:52:01Ces cinq dernières années, elle les a vécues intensément.
00:52:04Lorsqu'elle éprouvait le besoin d'échapper à la pression médiatique, elle s'envolait
00:52:08vers la Tunisie, à Clibia, presque un lieu de pèlerinage pour elle, un lieu où elle
00:52:12se sentait revivre et où ses souvenirs avaient toute leur place.
00:52:15Aujourd'hui, Eptisem et Amadi retournent pour nous dans ce sublime endroit.
00:52:23Assez sur les rochers, elle le choisissait en fonction de la position du soleil et elle
00:52:30s'installait.
00:52:31Elle ne bougeait plus.
00:52:32Regardez devant elle, pendant des heures et des heures.
00:52:38Je pense que c'est l'endroit où elle sentait plus près de sa mère.
00:52:41C'est ici qu'elle venait lui parler et qu'elle venait lui demander si elle faisait les bons
00:52:44choix.
00:52:45Elle venait ici pour parler à sa mère et moi, maintenant, je vais venir ici pour lui parler.
00:52:52Elle nous protégeait beaucoup.
00:52:53Elle nous disait souvent, je n'ai aucun point faible.
00:52:56Mon seul point faible, c'est vous.
00:52:58Même quand elle a commencé à être énormément médiatisée, c'est là où elle a d'autant
00:53:03plus fait attention à ce qu'on puisse continuer à avoir une vie normale.
00:53:09J'en ai joué, moi.
00:53:12Elle ne me dit jamais non.
00:53:13Elle ne me dit jamais non.
00:53:15Elle me dit, mais je suis ton fils, maman, pourquoi tu...
00:53:17Et elle me dit, arrête de me dire ça.
00:53:18Mais je suis ton fils.
00:53:19Elle me dit, d'accord, d'accord.
00:53:19Je suis la seule personne qui pouvait lui dire, qui pouvait lui faire changer d'avis.
00:53:25C'était son principal point faible.
00:53:26Oui, je sais.
00:53:29Pour Amadi, le fils de Cathy, le souvenir de sa maman est gravé, ici.
00:53:36Vous avez des canins devant ça ?
00:53:39Non, mais je ne pleure pas parce que je suis triste, tu vois.
00:53:42Je pleure parce que je prends conscience de tout ce qu'elle nous a laissé.
00:53:47Je suis tellement fier d'elle.
00:53:50Tu vois, et là, j'ai envie de dire qu'elle me manque.
00:53:52Ça me manque beaucoup.
00:54:05C'est à quelques kilomètres de là, à Hamamette,
00:54:08que Cathy louait chaque été la même villa pour partager des moments en famille.
00:54:17Ça ne va pas bouger d'un point, ça ne va pas changer.
00:54:24Ah ouais, putain.
00:54:26Il y a juste la décoration qui a changé.
00:54:28Nous, les garçons, on était dans cette pièce-là parce qu'il y avait la télé
00:54:31et parce que c'était la chambre qui était le plus facile d'accès de l'extérieur.
00:54:37Parce qu'il était hors de question de réveiller maman pendant qu'elle dormait.
00:54:41Donc dès qu'on rentrait de soirée, on se mettait sur la poigne des pieds.
00:54:44On rentrait ici pour éviter de réveiller le grand méchant loup,
00:54:48comme on l'appelait pendant qu'elle dormait.
00:54:52Maman, quand elle est en vacances, elle rajeunit.
00:54:55Mais c'est radical.
00:54:55Dans sa façon de s'habiller, dans sa façon de se coiffer.
00:54:58Elle retombe dans l'adolescence et elle s'entraîne avec ses filles.
00:55:02Elle va danser, elle va s'amuser.
00:55:04On a fait un nombre de batailles d'eau ici, mais inimaginable.
00:55:07Maman, c'est la chef d'équipe.
00:55:09Elle mettait une équipe sur le toit, une équipe en bas.
00:55:12On prenait tous des seaux.
00:55:13C'était l'équipe qui allait moulier l'autre la plus, qui gagnait.
00:55:16Sauf qu'à un moment, elle croyait qu'on n'allait pas l'arroser
00:55:18parce que c'était la chef d'équipe cupard.
00:55:20Elle voyait tous ses gamins, tous ses enfants, tous ses cousins,
00:55:23tous ses frères, tous ses sœurs venir que sur elle.
00:55:28C'était une femme extraordinaire.
00:55:32Complètement marge.
00:55:34Vraiment, j'ai vraiment eu l'impression à un moment donné,
00:55:37finalement, de vivre moi-même, mon adolescence à travers elle.
00:55:40Et inversement, au final, on se retrouvait des fois dans des endroits.
00:55:46Des fois, c'était incroyable.
00:55:48À minuit, une heure du matin, d'un coup, ça la prenait comme ça.
00:55:52Elle disait, allez, on va tous faire un cache-cache dans le cimetière.
00:55:54Mon père, il disait, mais attends, tu rigoles.
00:55:57Elle disait, non, on va faire un cimetière dans un cache-cache.
00:55:59Elle dit, t'as peur ?
00:55:59Et mon père, il disait, moi, j'ai peur.
00:56:01Et on se retrouvait à 15 là-dedans à faire un cache-cache
00:56:03derrière les tombes, derrière les arbres.
00:56:05Et c'était maman, quoi.
00:56:08Les anecdotes ne manquent pas lorsqu'il s'agit de parler du grain de folie qui habitait Cathy.
00:56:12Très fétarde, elle savait aussi profiter de sa renommée pour aider ses enfants quand ils en avaient besoin.
00:56:18Je me rappelle d'un souvenir comme ça.
00:56:19J'ai appelé maman.
00:56:20J'ai appelé maman au téléphone parce que je m'étais fait recaler cette boîte-là.
00:56:22Parce qu'on était 13 garçons sans aucune nana.
00:56:24Et que le mec, il m'a dit, je ne peux pas vous laisser rentrer.
00:56:26Et elle m'a dit, tu me fais chier, tu me fais chier.
00:56:28Je suis fascigué, je vais me reposer.
00:56:29Je lui ai dit, s'il te plaît, viens deux secondes et essaie de me faire entrer.
00:56:33Et elle débarque au bout de deux minutes, en nuisette, en claquette, avec un tout petit gilet sur elle,
00:56:39les chevets en pétard.
00:56:41Elle arrive comme ça, elle dit, bonjour monsieur, c'est mes enfants, c'est mes neveux, c'est mes nièces.
00:56:45Mettez-leur des bouteilles, mettez-leur ce qu'ils veulent et laissez-moi aller me coucher, quoi.
00:56:48Et le gars, il a dit, je veux juste une photo de vous.
00:56:50Et votre fils, il vient quand il veut, avec qui il veut, il ne paye jamais l'entrée.
00:56:53Et c'est comme ça que c'est devenu ma boîte préférée pendant plus de cinq ans.
00:56:57Pendant plus de cinq ans.
00:57:03Elle était là, elle venait ici, et nous, on était là-bas.
00:57:07Comme ça, elle pouvait garder un oeil sur nous.
00:57:11T'en sais, avec sa mère en boîte, c'est un plaisir, quoi.
00:57:13C'est en vacances, c'est avec ta maman en boîte, et elle est là en train de crier, en
00:57:16train de faire la folle.
00:57:17C'est des moments magiques.
00:57:27Le fait de nous faire sourire et de nous rendre heureux, c'était sa mission, c'était son objectif.
00:57:35Elle aimait vivre, elle aimait vivre parce qu'elle savait.
00:57:38Elle savait qu'au fond d'elle, il y avait un ultimatum, que cette maladie, on n'a malheureusement pas
00:57:42trouvé le moyen de la guérir.
00:57:45Et elle le savait.
00:57:46Et en fait, à chaque fois qu'elle passait un moment avec nous, elle se mettait en tête que c
00:57:49'était peut-être le dernier.
00:57:52L'ultimatum dont parle Amadi, c'est le cancer du sein que Cathy avait contracté en 1998.
00:57:59Elle a vécu 12 années avec cette maladie, espérant qu'elle ne la rattraperait jamais.
00:58:08À partir du moment où on lui a diagnostiqué cette maladie, elle a tout fait à 1000%.
00:58:13C'est-à-dire qu'elle a fait le tour du monde, elle a connu des gens, elle a donné
00:58:17de l'amour.
00:58:18Elle voulait vraiment montrer qu'on peut être malade et vivant.
00:58:23Que l'annonce d'un cancer, ce n'est pas l'annonce d'un décès.
00:58:27C'est qu'on peut vivre encore et de quelle façon on peut vivre, mais pleinement.
00:58:32Il faut savoir que ma mère n'est pas décédée d'un cancer du poumon, comme ce qui a été
00:58:37écrit et dit.
00:58:40Mais elle est morte d'un cancer du sein.
00:58:43Ça me semble quand même très important de souligner la cause de son décès.
00:58:47Ça me semble quand même très important pour moi et pour les gens.
00:58:51Elle n'a pas voulu parler de sa maladie parce que je pense que pour elle, en parler, c'était
00:58:56l'accepter.
00:58:57Elle n'a jamais voulu accepter cette maladie depuis le premier jour, depuis qu'on lui a annoncé qu'elle
00:59:06avait un cancer.
00:59:07Elle avait mis sur elle sa mémoire sélective et elle avait été de l'avant.
00:59:14Ça n'existait pas.
00:59:16C'est-à-dire que même les médicaments qu'elle prenait, elle les prenait en cachette.
00:59:19Il ne fallait absolument pas qu'on le voie.
00:59:21On savait, nous, ces enfants, qu'elle était malade.
00:59:23Mais même avec nous, elle n'en parlait pas.
00:59:26Pour elle, cette maladie n'existait pas.
00:59:28Et tant qu'elle l'ignorait, elle n'évoluerait pas.
00:59:50Avant que maman ne décède.
00:59:56Je suis arrivée, effectivement, le matin même, très très tôt,
01:00:01parce que son état s'était pas mal dégradé.
01:00:06Et avant de rentrer dans sa chambre, elle ne m'avait pas vue arriver.
01:00:11Et je l'ai vue assise sur son lit, en train de regarder le ciel.
01:00:16Je savais qu'elle était en train de pleurer.
01:00:20Et quand je suis arrivée, qu'elle m'a entendue rentrer,
01:00:23elle n'a pas eu le temps de cacher ses larmes.
01:00:26Et elle m'a regardée, elle m'a dit,
01:00:28je crois que ça va être une belle journée aujourd'hui.
01:00:32Et là, j'ai compris que c'était la fin.
01:00:48Je lui avais demandé si elle nous aimait.
01:00:53C'est la dernière phrase que...
01:01:02Et elle avait soupiré en disant,
01:01:05oh oui, mais un grand oui, magnifique.
01:01:09Oui, c'est la dernière chose que j'avais dit à maman.
01:01:12Elle m'a toujours dit, je gambade ou je meurs.
01:01:18Quand elle a su qu'elle ne pouvait plus gambader,
01:01:21elle s'est laissée mourir.
01:01:23C'est la dernière phrase.
01:01:27au revoir
01:01:27d'ailleurs
01:01:29qui c'est le premier
01:01:30Je suis toujours venu à la France
01:01:31Je suis toujours venu à la Tunes
01:01:34je suis مثlement
01:01:38J'ai pas pu t'y arriver
01:01:39S'il y arriver
01:01:40J'ai pas pu t'y arriver
01:01:42J'ai plus de temps
01:01:44J'ai déjà passé
01:01:45J'ai plus de temps
01:01:46J'ai plus de temps
01:01:46J'ai plus de temps
01:01:47J'ai plus de temps
01:01:50J'ai plus de temps
01:01:56La vie de maman et mourir à son âge, je prends tout de suite.
01:02:38Je viens d'apprendre une terrible nouvelle, aujourd'hui Super Nani nous a quittés, elle est partie rejoindre le ciel,
01:02:45elle qui était mon idole, elle qui m'a montré le droit chemin, juste avec l'index quand elle levait
01:02:50la main.
01:02:51Elle était sévère, c'est vrai, mais a changé ma vie, le fait c'était mérité, je m'en rends
01:02:56compte aujourd'hui, action réaction, et la Nani m'a aiguillé, et pour ça je la remercie, personne m'a
01:03:01vu briller.
01:03:02Je t'aime Nani, pourquoi es-tu partie Cathy, depuis tout petit t'étais mon idole, t'étais ma tati,
01:03:08tu me manques et je regrette le jour où je t'ai dit je te pine, Nani je t'admire,
01:03:12tu m'as montré la discipline.
01:03:13Sur mon bras, je t'ai en tatouage, oui ce soir j'ai la rage, dur de tourner la page,
01:03:18t'as rejoint les nuages, où j'espère que t'imposeras ton jou avec les anges, ce morceau que dédicacé
01:03:24en guise de louange.
01:03:25J'avais vu, oh oh oh oh
01:03:55Je n'y répondais pas du tout