- il y a 3 semaines
Les familles monoparentales - une famille sur quatre - sont-elles un angle mort des politiques publiques ? Absentes du débat public, elles cumulent les difficultés : précarité, charge mentale, sentiment d'abandon et poids du regard extérieur. À l'approche de l'élection présidentielle, cet enjeu collectif pourrait-il enfin trouver sa place dans le débat politique ? Faut-il créer un statut spécifique pour reconnaître et soutenir ces familles qui cumulent les inégalités ?Pour en débattre, Ali Baddou reçoit Émilie Biland-Curinier, professeure de sociologie à Sciences Po, Johanna Luyssen, journaliste au service Société de Libération, et Olivia Barreau, fondatrice de l'association "Moi & mes Enfants" et coprésidente de la commission parité au Haut Conseil à l'Égalité.
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00:00:01Paris partyrisée, mais Paris libérée.
00:00:06Je suis un migraineur.
00:00:08Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement.
00:00:11Vous n'aurez pas, M. Mitterrand, le monopole du cœur.
00:00:14Qui sème la misère récolte la colère, c'est ce qu'ils ont aujourd'hui.
00:00:16La justice française ne sera plus une justice qui tue.
00:00:26How dare you !
00:00:28Et on se regarde un film et je le vois qui se marre.
00:00:32Et dans ma tête, je me dis, waouh, mais qu'est-ce qui prend bien la chose, quoi.
00:00:36Et moi, j'étais pas bien du tout.
00:00:39Et je me dis, j'ai une chance folle quand même d'être avec ce mec.
00:00:42C'est la force tranquille.
00:00:45Et puis, il était tout tendre, tout câlin avec moi tout ce soir-là.
00:00:51Et puis, on va se coucher.
00:00:53Le lendemain matin, il part pour aller bosser.
00:00:55Assez tendre aussi avec moi le matin.
00:00:59Il part et je ne l'ai plus jamais revu.
00:01:02Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans Débat Doc.
00:01:05Heureux de vous retrouver ce soir autour d'un enjeu social majeur de notre époque.
00:01:11Maman Solo, Les oubliés de la République, c'est un film de Réjean Varro.
00:01:16Plus de 2 millions de familles monoparentales en France.
00:01:19C'est une famille sur quatre pour en prendre la mesure.
00:01:22Et 80% sont des maires seules.
00:01:25Alors que peut, que doivent faire l'État et la société pour les aider et les soutenir ?
00:01:30Comment adapter les politiques publiques à cette réalité ?
00:01:33C'est le débat que nous allons ouvrir après le documentaire que nous allons regarder avec nos trois invités.
00:01:39Johanna Luyssen qui est journaliste à Libération et autrice.
00:01:43Olivia Barraud, fondatrice de l'association Moi et mes enfants et membre du Haut Conseil pour l'égalité.
00:01:49Et Émilie Bilan-Curignier qui est professeure de sociologie à Sciences Po Débat Doc.
00:01:54C'est parti !
00:01:57Je peux reprendre ma ponchette ou pas, Loulou ?
00:02:05Je peux reprendre ma ponchette ou pas, Loulou ?
00:02:33Je te vois, Mau.
00:02:36Je te vois, Coqui.
00:02:37Viens.
00:02:39Viens, Milou.
00:02:45Salut !
00:02:45T'as vu, Loulou ? Tu fais coucou.
00:02:50Ça va, Mouchou ?
00:02:57J'ai rencontré Romain quand je me suis installée à Lyon.
00:03:03Et voilà, on a été huit ans ensemble.
00:03:07Et on a eu deux enfants.
00:03:09En fait, je pense qu'il a voulu un deuxième enfant.
00:03:15Et que dès que ça a été concret, il y a, je sais pas, un truc à lâcher en lui
00:03:20et tout.
00:03:21Et que du coup, en fait, là, avec du recul, je me rends compte qu'effectivement, il s'est désintéressé
00:03:25dès le début de la grossesse.
00:03:26Il n'était pas très investi.
00:03:29Après, il était présent.
00:03:30Il a fait ce qu'il fallait.
00:03:32On a acheté l'appart.
00:03:33Il a fait les travaux, tout bien comme il faut, poser le papier peint, voilà, tout matériellement, voilà.
00:03:39Mais après, pour...
00:03:41Oui, pour m'aider-moi pendant ma grossesse, il n'était pas là.
00:03:48Après, quand on est rentré à la maison, il a pris son congé parental.
00:03:54Quatre jours après, il est parti faire une formation pendant son congé parental parce qu'il avait envie de la
00:03:58faire.
00:03:59Voilà, il ne s'est pas questionné.
00:04:01Moi, j'avais ma césarienne.
00:04:02Je ne pouvais pas porter...
00:04:03Il y a des marches pour sortir de l'immeuble.
00:04:05Je ne pouvais pas porter la poussette.
00:04:06Elle n'a pas questionné de savoir comment j'allais faire pour emmener Mao et Louison à l'école.
00:04:11Il est revenu en étant extrêmement distant.
00:04:16Je l'ai questionné directement, voilà.
00:04:19Et c'est là qu'il m'a dit, je ne sais pas si...
00:04:21Je ne sais plus si je suis amoureux.
00:04:25Voilà.
00:04:27Et deux semaines après, c'était fini.
00:04:32Oui, mais ça, regarde.
00:04:33Non, on va le mettre après.
00:04:35Ça, regarde.
00:04:36C'est d'abord...
00:04:37Bon, allez, je te le mets là, si tu veux.
00:04:39Ça, c'est les épluches Romy.
00:04:40Donc, c'est poubelle.
00:04:43OK ?
00:04:44Ouais, trop bien, Romy.
00:04:47Merci.
00:04:52Pommes de terre.
00:04:53Très bien, mon cœur.
00:04:55T'aimes bien, en plus, les pommes de terre.
00:04:59Oui.
00:05:00Tu sais que je ne peux pas te prendre là.
00:05:05C'était une histoire d'amour.
00:05:06Ça ne faisait pas longtemps qu'on était ensemble.
00:05:08Donc, on n'était pas encore au stade d'être amoureux.
00:05:13Mais très rapidement, en fait, on s'est dit qu'on voulait tenter l'histoire.
00:05:16Et qu'en tout cas, voilà.
00:05:19Donc, j'avais commencé à rencontrer un petit peu sa famille, ses amis.
00:05:22Lui, il avait rencontré aussi mes amis.
00:05:24Donc, on était...
00:05:26Oui.
00:05:27On avait le même âge.
00:05:29On avait, je pense, en tout cas, les mêmes valeurs.
00:05:32On voyait vraiment la vie de la même façon.
00:05:37Et j'y ai cru.
00:05:39Et je pense que lui aussi.
00:05:40Et après, je suis tombée enceinte et ce n'était pas prévu.
00:05:43Il est sous le choc.
00:05:46Il me demande ce que je vais faire.
00:05:48Et donc, je lui dis que de toute façon, je n'avorterai pas.
00:05:51Et pourquoi ?
00:05:52Parce que j'ai 41 ans.
00:05:54Je vais sur mes 42.
00:05:55Que j'ai l'endométriose.
00:05:57Que apparemment, si on avorte avec l'endométriose,
00:06:01c'est plus compliqué de tomber enceinte.
00:06:02Et puis, c'est surtout, en fait, que l'avortement...
00:06:04Alors, moi, je le suis pour, à 100%.
00:06:06Mais me concernant, je crois que j'aurais mal vécu d'avoir fait un avortement.
00:06:11Mais jusqu'à la fin de ma vie.
00:06:12Vraiment, pour moi, ce n'était pas possible, en fait.
00:06:14Et on se regarde un film.
00:06:16Et je le vois qui se marre.
00:06:19Et dans ma tête, je me dis,
00:06:20waouh, mais qu'est-ce qui prend bien la chose, quoi.
00:06:22Et moi, je n'étais pas bien du tout.
00:06:25Et je me dis, j'ai une chance folle, quand même, d'être avec ce mec.
00:06:28C'est la force tranquille.
00:06:32Et puis, il était tout tendre, tout câlin avec moi,
00:06:35tout ce soir-là.
00:06:38Et puis, on va se coucher.
00:06:39Le lendemain matin, il part pour aller bosser.
00:06:42Assez tendre aussi, avec moi, le matin.
00:06:46Il part.
00:06:47Et je ne l'ai plus jamais revu.
00:06:50Et voilà.
00:06:51Et du coup, on s'est eus au téléphone, quand même,
00:06:54quelques fois après.
00:06:57Et on doit se voir une fois, on ne se voit pas.
00:07:00Et puis, en fait, une deuxième fois.
00:07:01Et puis, moi, en fait, en pleine hormone.
00:07:03Enfin, je pleurais tous les jours.
00:07:04C'était les montagnes russes.
00:07:07Et du coup, en fait, je ne sais pas, peut-être une dizaine de jours
00:07:10après lui avoir annoncé, je me dis, mais il faut, il faut qu'on se voit.
00:07:15Et donc là, je lui dis, écoute, on se voit tel jour.
00:07:18Enfin, t'es dispo.
00:07:19Bref, on se dit, tel jour, telle date, telle heure.
00:07:23Et du coup, en fait, une heure avant qu'on se voit,
00:07:25il m'envoie un message, en fait, pour me dire,
00:07:27il me dit, coucou, désolée, désolée.
00:07:30Et je suis trop fatiguée pour venir te voir et discuter.
00:07:34Bonne soirée.
00:07:36Et là, en fait, reclaque.
00:07:39Et là, en fait, je me dis, mais...
00:07:41En fait, je rechoque.
00:07:43Le choc de la grossesse dix jours avant.
00:07:46Et là, en fait, je me dis, mais putain, il me quitte, quoi.
00:07:51Et là, je lui envoie un message, peut-être deux heures après.
00:07:53Je lui dis, tu brilles, part à l'acheter.
00:07:55Et c'est les derniers échanges qu'on a eus.
00:08:03Allez, tu viens, mon petit cœur ?
00:08:06On se met sur la trotte ?
00:08:09Ouais, trop bien !
00:08:11Allez, c'est parti, mon kiki !
00:08:18On va au groupe de paroles, mon cœur.
00:08:20Hein ?
00:08:21Tu connais, maintenant ?
00:08:23Tu vas jouer avec les copains et les copines en bas
00:08:26pendant une bonne heure.
00:08:27Hein ? Moi, je serai en haut, en train de discuter.
00:08:31Et puis, on se retrouvera après.
00:08:33Mais je ne suis pas loin, tu sais.
00:08:35Je suis juste en haut.
00:08:50Bonjour.
00:08:52Bonjour.
00:08:52Ça va ?
00:08:54Ça va ?
00:08:54Ouais, ça va ?
00:08:57Ça va ?
00:09:04Ça va ?
00:09:23On se retrouvera depuis une année et demie, à peu près, je crois, de se réunir.
00:09:35Un groupe de paroles, un groupe de paroles, pas tout à fait mensuel, c'est toutes les six semaines.
00:09:39C'est aussi un groupe qui est ouvert aux pères.
00:09:42Bon, il se trouve que dans la majorité des cas, on a plutôt des mères qui sont présents.
00:09:48On a eu quelques pères.
00:09:49Donc, on garde quand même en tête que c'est possible et qu'on leur fait une place.
00:09:53Je m'appelle Léila, je suis maman d'une petite fille qui s'appelle Johanne qui a 4 ans et
00:09:59demi.
00:10:00Son père habite à Lyon, mais il n'a pas la garde, donc il la voit un samedi sur deux,
00:10:06à peu près.
00:10:07Eh bien, moi, c'est Lucille, j'ai 39 ans, deux enfants, une fille de 4 ans, un petit garçon
00:10:13de 18 mois.
00:10:15Et on est en garde, je ne sais pas quel est le terme.
00:10:20Le père les a un week-end sur deux, moitié des vacances.
00:10:25Jusqu'à quel est le terme ?
00:10:25Garde classique.
00:10:26Garde classique, voilà.
00:10:27Nous sommes très classiques.
00:10:31Eh bien, moi, c'est Aude, donc 44 ans.
00:10:35Donc, maman d'une petite fille, Romy, qui a 21 mois.
00:10:40Et je suis comme toi, il n'y a pas de papa.
00:10:42Il ne l'a pas reconnu.
00:10:44Et pas de famille, aussi sur Lyon, donc je m'en occupe tout le temps, toute seule.
00:10:50Voilà.
00:10:51Moi, c'est Suzy, j'ai 40 ans.
00:10:54J'ai un petit garçon qui a 12 ans et demi.
00:10:58Et c'est moi qui est, pour l'instant, la garde à temps plein.
00:11:04Et son père, pour l'instant, on est sur des visites ponctuelles, qui ne sont pas encore organisées de manière
00:11:12régulière.
00:11:15Et c'est très compliqué à vivre.
00:11:18Et je travaille.
00:11:20Et là, je suis en arrêt en ce moment, parce que ça ne va pas trop.
00:11:26Tu vois, moi, j'ai...
00:11:28Quand j'avais repris le travail, Romy, elle devait avoir 7-8 mois.
00:11:31Et puis, comme toi, j'ai fait un espèce de burn-out.
00:11:34Enfin, trop, trop, en fait, à tout gérer.
00:11:3735 heures, la crèche qui avait limité les horaires.
00:11:40J'avais une baby-sitter en plus.
00:11:41Enfin, c'était la course.
00:11:43Et au bout de 3 mois et demi, tout a lâché.
00:11:45J'avais perdu vachement de kilos.
00:11:47Enfin, moi, ma médecin m'a dit, bon, là, je t'arrête.
00:11:49Et que du coup, enfin, un jour, j'ai ma belle-sœur, en fait, au téléphone.
00:11:52Et je lui ai dit, bah, écoute, je vais essayer de trouver un autre boulot.
00:11:54Et peut-être un mi-temps.
00:11:56Et du coup, me prendre le mercredi off.
00:11:58Et elle me dit, ah, mais trop bien.
00:12:00Comme ça, tu pourras passer le mercredi avec Romy.
00:12:03Non !
00:12:03Non, t'as pas compris.
00:12:05Le mercredi, elle est à la crèche, en fait.
00:12:06C'est une journée off pour moi.
00:12:08Et c'est là, en fait, où ça m'a ouvert les yeux.
00:12:10Je me suis dit, mais en fait, vraiment,
00:12:13tu peux pas imaginer quand tu l'as pas vécu.
00:12:15C'est pas possible.
00:12:17Mais moi, c'est pour ça que, du coup,
00:12:18je trouve que ce groupe de parole, il est cool.
00:12:20Parce que c'est le seul endroit où on échange
00:12:23entre personnes qui vivent vraiment ce truc.
00:12:26Parce que, pareil, moi, j'ai une copine
00:12:28qui a eu un deuxième petit garçon il n'y a pas longtemps.
00:12:32Et je l'ai eu au téléphone.
00:12:33Et c'est là qu'elle m'a dit,
00:12:34bah, franchement, en fait, mais tant que j'en ai deux,
00:12:36je comprends pas comment t'as fait.
00:12:38Alors qu'elle en avait quand même déjà.
00:12:39Elle savait quand même ce que c'était que d'être maman.
00:12:41Et qu'elle, elle en couple m'a dit,
00:12:43t'as un ou à deux avec deux enfants.
00:12:44On n'en peut plus.
00:12:45On est au bout du rouleau.
00:12:46Comment toi, t'as pu...
00:12:48Et je sais pas, en vrai, en fait, c'est des choses,
00:12:49effectivement, que je pense que si tu le vis pas,
00:12:52tu peux pas...
00:12:53Toi, les gens ont beau dire,
00:12:54oui, bah, je comprends que tu sois fatiguée,
00:12:56oui, je comprends que t'es...
00:12:57Mais en fait...
00:12:58Oui, tu comprends, mais tu le vis pas.
00:13:01Donc tu peux pas le ressentir, en tout cas.
00:13:04C'est impossible.
00:13:05Non, mais puis même au boulot,
00:13:06on te demande le même effort.
00:13:07Oui.
00:13:08Que tes collègues qui sont en couple.
00:13:10Après, tu vois, le but, c'est pas de dire,
00:13:13hé ho, voilà, ménagez-moi, je suis maman solo.
00:13:16Mais quand tu t'es levée 4 fois dans la nuit,
00:13:19que ça fait 4-5 ans que t'as pas une nuit complète,
00:13:23tu sais pas ce que c'est, une nuit complète.
00:13:25Et qu'il faut que tu sois concentrée,
00:13:27il faut que tu sois opérationnelle,
00:13:30il faut que tu sois productif,
00:13:32il faut que tu sois la meilleure collègue.
00:13:34Parce que voilà, il faut arriver avec le sourire,
00:13:37il faut qu'il y ait une bonne ambiance dans l'équipe, etc.
00:13:40Enfin, je sais pas, moi, je me dis,
00:13:41même moi, quand je me suis faite quitter,
00:13:43j'ai jamais pleuré devant personne.
00:13:45Enfin...
00:13:45Après, ça arrive, tu vois.
00:13:47Oui, mais ce que je veux dire, c'est que, tu vois,
00:13:49j'y suis toujours, enfin, voilà,
00:13:50je suis allée chercher ma fille tous les jours.
00:13:52Mais oui.
00:13:53En prenant attention à être bien, à me maquiller,
00:13:56enfin, voilà, alors que je dormais pas,
00:13:58j'avais un bébé de 4 mois.
00:13:59Mais oui.
00:13:59Et voilà, et effectivement,
00:14:01et je pense que la majorité...
00:14:02Après, t'apprends les techniques de camouflage.
00:14:03Ouais, oui, ouais.
00:14:05Non, mais voilà, je pense que...
00:14:05Tu les regardes et tu te donnes pour essayer
00:14:07de camoufler tes serres.
00:14:08Mais je pense que la moitié des gens,
00:14:09ils se rendent effectivement pas compte
00:14:10à quel point c'est dur,
00:14:11parce qu'on le montre pas non plus.
00:14:13Mais non.
00:14:14Moi, je vois, mon fils,
00:14:15il parle souvent de son papa.
00:14:16Donc, c'est très difficile pour moi
00:14:18de passer à autre chose.
00:14:20Et puis, je trouve que c'est aussi compliqué
00:14:22de faire le deuil de la relation
00:14:23quand on a un enfant, quoi.
00:14:26Et d'un autre côté,
00:14:27c'est peut-être quelque chose
00:14:27qui nous maintient en...
00:14:31Enfin, qui nous fait nous lever le matin,
00:14:33etc., quoi.
00:14:34Parce que moi, j'ai l'impression
00:14:35que pendant un an,
00:14:36j'ai été en mode pilote automatique.
00:14:38J'avais un peu l'impression
00:14:38de flotter au-dessus de moi-même, quoi.
00:14:40Enfin, je sais pas comment expliquer,
00:14:41mais genre, je faisais les trucs,
00:14:42mais machinalement,
00:14:44parce qu'il fallait les faire,
00:14:45je prenais ma voiture,
00:14:46j'emmenais le petit à l'école,
00:14:48je le ramenais, etc.,
00:14:49je faisais à manger,
00:14:49je le couchais.
00:14:51En fait, j'étais en pilote automatique, quoi.
00:14:53Quand il est parti,
00:14:56moi aussi,
00:14:56enfin, genre pilote automatique,
00:14:57moi aussi, je me rends compte
00:14:58que ça a vraiment été ça.
00:15:01Et je m'en...
00:15:03Je sais pas, aujourd'hui, c'est dur.
00:15:06Mais je me rends compte
00:15:09parce que j'ai l'impression
00:15:11qu'il est parti en janvier l'année dernière
00:15:15et que de janvier à l'été,
00:15:17parce qu'à partir de l'été,
00:15:18où ça allait mieux,
00:15:19j'ai l'impression que de janvier
00:15:20au mois de juillet à peu près,
00:15:22j'ai zéro souvenir.
00:15:24Et c'est ça que je trouve
00:15:28hyper dur, au final.
00:15:30Et c'est quelque chose qui...
00:15:33Ouais, pour...
00:15:35Enfin, pour lequel je lui en veux terriblement
00:15:37parce que je me dis,
00:15:39mon fils, il avait quatre mois
00:15:40et en fait, j'ai l'impression
00:15:41d'avoir des souvenirs
00:15:43à partir du moment
00:15:43où on a fêté son anniversaire
00:15:44à la fin de l'été, quoi.
00:15:46Et ça, je trouve ça affreux.
00:15:48Et là, justement,
00:15:49en janvier cette année,
00:15:52j'ai été rattrapée par tout ça
00:15:53parce que, justement,
00:15:55je me suis sentie super mal
00:15:57au mois de janvier.
00:15:58Je me suis rendue compte
00:15:58que c'était lié au fait
00:15:59que ça faisait un an
00:16:00qu'on était séparés.
00:16:01Et tout m'est revenu d'un coup.
00:16:03Du coup,
00:16:04toutes les émotions,
00:16:06toutes les choses
00:16:07que j'aurais dû ressentir
00:16:09dès le départ.
00:16:10En fait,
00:16:10j'avais tout mis sous le tapis
00:16:11pour m'occuper des enfants.
00:16:13Et du coup,
00:16:14ouais,
00:16:15moi, j'ai eu vraiment...
00:16:16Et c'est là que...
00:16:17Enfin, voilà,
00:16:17le contre-coup un an après
00:16:18où j'ai eu toutes les émotions
00:16:20de femme quittée
00:16:22du jour au lendemain.
00:16:23Voilà, c'est tout revenu,
00:16:25mais...
00:16:25Un an après, quoi.
00:16:29Et...
00:16:30Mais ça, ouais,
00:16:31ça, je trouve ça super dur
00:16:32parce que, pareil,
00:16:33c'est un truc que...
00:16:35Lui, il n'a pas vécu.
00:16:36Il ne comprend pas.
00:16:37J'ai essayé de bien en parler.
00:16:38Ça lui passe complètement au-dessus.
00:16:40Et voilà.
00:16:40Et ça, je trouve ça aussi
00:16:41hyper violent, quoi.
00:16:42...
00:16:47...
00:16:49...
00:16:57...
00:17:00Musique
00:17:02Musique
00:17:12Musique
00:17:13Musique
00:17:16Musique
00:17:18Romy
00:17:18j'arrive
00:17:20Musique
00:17:22Coup
00:17:24Coup mon amour
00:17:27Oh le biberon ! Bah ouais, on va le poser alors.
00:17:31On a de la turbulette ? Vas-y, toute seule.
00:17:36Toute seule, mon cœur.
00:17:39On aère un petit peu.
00:17:47T'as fait un gros dodo, dis donc.
00:17:52T'as bien dormé, mon cœur.
00:17:56Vas-y, toute seule.
00:17:58T'es bien, mon cœur.
00:18:00Et tu le mets dans le lit.
00:18:05Très bien, mon cœur.
00:18:09Mais qui t'enche ?
00:18:11Les six premières semaines de Romy,
00:18:14franchement, je crois que c'était les plus dures.
00:18:17Ça a été...
00:18:19Toute seule, les pleurs, les pleurs.
00:18:21Je me rappelle de temps en temps de me dire, mais t'as une patience.
00:18:28Elle pleurait, pas non-stop, mais c'était quasiment non-stop pendant 5 heures, 6 heures, 7 heures.
00:18:35Et j'étais toute seule, en fait.
00:18:36Mais je savais que je...
00:18:37Enfin, je pouvais...
00:18:39Enfin, il n'y avait personne, quoi.
00:18:41Tu fais, en plus, tu vois que ton petit bébé, il est tout petit, qu'il a besoin de toi.
00:18:46Donc, je crois qu'en fait, ton cerveau, tu ne le décides pas.
00:18:49Ton cerveau, il se cloisonne.
00:18:51Et là, t'es en mode machine, en fait.
00:18:53Et tu fais les choses, t'es là pour elle.
00:18:59J'ai craqué de temps en temps, tu vois, où j'allais sur ma terrasse.
00:19:03Il me fumait une clope.
00:19:04Et c'était mon seul moment.
00:19:06Et je l'entendais pleurer, mais je me disais...
00:19:10Mais c'est vrai qu'en y repensant, en fait, la fatigue...
00:19:13Tu vois, j'habite au cinquième étage.
00:19:16Et il y a quand même plusieurs fois où je me disais, mais je vais me jeter du cinquième.
00:19:22Et je sais que je ne suis pas du tout suicidaire ou coquesse.
00:19:27Mais ce trop, en fait.
00:19:29Et tu te dis, mais je ne vais pas m'en sortir.
00:19:32Et je me revois où je pleurais.
00:19:35J'étais sur mon balcon.
00:19:36Il pouvait être 4 heures du mat.
00:19:38Et j'étais là, mais tiens le coup, tiens le coup.
00:19:40En fait, elle n'a que toi.
00:19:41Tiens le coup, en fait, c'est un tout petit bébé.
00:19:44Et donc, du coup, tu pleures un bon coup.
00:19:45Tu finis ta clope et puis tu respires.
00:19:48Et puis tu dis, allez, j'y retourne.
00:19:50Et tu reviens.
00:19:52Et puis, ben, t'es apaisée.
00:19:54T'essayes de rester cool et pas lui envoyer tout ton stress ou ton énervement.
00:20:02Et ouais, franchement, les ces premières semaines, ça a été hyper dur.
00:20:08Hop !
00:20:12Hop !
00:20:14Hop !
00:20:15Hop !
00:20:15Hop !
00:20:16Un autre !
00:20:18Là, là, là !
00:20:23Là, là !
00:20:24Le papa !
00:20:24Oui, mais il est sale, le jaune.
00:20:26Qu'est-ce qu'il y a comme animaux dans la savane ?
00:20:29Il y a des vaches.
00:20:31Il y a des vaches.
00:20:32Ok, super.
00:20:33Allez, va m'appeler l'ascenseur.
00:20:38À demain, les joujoux !
00:20:41À demain !
00:20:43T'es prête ?
00:20:47Ok.
00:21:01Il y a des vaches.
00:21:32J'ai eu beaucoup de mal à en parler, effectivement, autour de moi.
00:21:39Enfin, je l'ai dit, évidemment, à mes copines, à mes amis très proches.
00:21:44Mais c'est vrai que c'était un moment où moi, j'étais en congé parental.
00:21:49Donc, je voyais beaucoup les autres mamans de l'école, la maîtresse de Mao, les dames de la crèche, etc.
00:22:00Et effectivement, j'ai eu extrêmement honte.
00:22:03Et pendant longtemps, je le cachais.
00:22:09En fait, je veux dire, avant, par exemple, quand on était au toboggan, au parc avec Mao,
00:22:15très souvent, je lui disais, allez, c'est l'heure, on rentre, papa va rentrer du travail et tout.
00:22:19Et là, du coup, je cherchais un peu des phrases que je pouvais dire
00:22:23pour que les gens autour s'imaginent qu'il y avait encore cette vie à la maison.
00:22:28Et je me suis dit, c'est un échec complet.
00:22:32Voilà, je suis mère de famille, je viens d'avoir un bébé.
00:22:37Enfin, ouais.
00:22:38Un échec.
00:22:39Un échec complet et dont je me sentais responsable.
00:22:45Parce que je me dis, personne ne quitte sa famille et des enfants en bas âge comme ça.
00:22:54Sauf si le problème vient de la femme, quoi.
00:23:00Enfin, voilà.
00:23:01Puis après, en fait, quand Romain est parti aussi, il m'a fait tellement de reproches sur tout.
00:23:05Que, ouais.
00:23:08Est-ce que dans ton comportement, ton tempérament, il y a une modification de ta personnalité ?
00:23:13Est-ce que tu te regardes comme quelqu'un de pas bien ?
00:23:17Oui, ben oui, oui.
00:23:19Ça, après, c'est vrai que c'est aussi une période qui, déjà, est difficile pour toutes les femmes.
00:23:27Mon bébé avait 4 mois.
00:23:28Ça faisait 4 mois que je ne dormais pas.
00:23:29J'étais encore...
00:23:31Enfin, voilà.
00:23:31J'avais encore des kilos à perdre.
00:23:36Je ne travaillais pas.
00:23:37Donc, c'est aussi, voilà, un rythme de vie où on ne s'apprête pas.
00:23:41On a la maison.
00:23:42Enfin, voilà.
00:23:44Donc, déjà, rien que ça, je veux dire, à la base, c'est déjà une période qui n'est pas
00:23:47facile pour aucune femme, je trouve.
00:23:49Dès les premiers mois de postpartum.
00:23:53Donc, physiquement, déjà, je me trouvais moche.
00:23:55Enfin, voilà, fatiguée, déprimée.
00:23:58Plus tout, effectivement, tous les reproches, le fait d'être quittée alors qu'on vient de donner la vie.
00:24:03Ah oui, j'ai, ouais.
00:24:05L'estime de soi, zéro, quoi.
00:24:09Sion.
00:24:37On va nettoyer le petit nez aussi.
00:24:41Ah oui, il n'arrête pas de couler, ce petit.
00:24:45Voilà, mon cœur.
00:24:48Ah d'accord, tu vas chez les grands.
00:24:50Ok.
00:25:17Ça m'a fait bizarre.
00:25:18La première fois que j'ai eu ce sentiment, c'était en allant me balader un dimanche après-midi.
00:25:26Et là, effectivement, tu vois beaucoup, le père, la mère, les enfants.
00:25:31Et toi, tu es toute seule.
00:25:33Et ça m'a renvoyé, effectivement, ce truc de famille, mais surtout, ouais, cette solitude, en fait.
00:25:44Et deux, trois, quatre fois, ça m'est arrivé de me dire, bon, je ne fais pas un deuxième tour.
00:25:49Là, je pars.
00:25:51Et je ne pensais pas que ça me toucherait comme ça, en fait.
00:25:57Et c'est comme ça.
00:25:58Mais c'est vrai qu'après, moi, c'était cette image que j'avais.
00:26:04Et voilà, le souhait d'avoir un enfant, c'était un amour commun.
00:26:10Et sûrement, enfin, ce n'est pas sûrement, c'est sûr.
00:26:12Gamine, quand je m'imaginais plus tard, je me voyais forcément me balader avec mon amoureux et le père de
00:26:20mon enfant ou de mes enfants.
00:26:23Ce que je ne vis pas aujourd'hui.
00:26:26Donc, je pense que ça, ça me ramène aussi à l'image que j'avais, que j'ai toujours un
00:26:33petit peu.
00:26:33Mais l'image, elle est en train de se fissurer, forcément, par ce que je vis aujourd'hui.
00:26:58Grèce ?
00:26:59Oui ?
00:27:00On va commencer par le début, m'expliquer l'origine de l'association.
00:27:04Oui, alors, j'étais moi-même famille monoparentale pendant un certain temps.
00:27:12Et du coup, je me suis toujours dit qu'il fallait trouver un moyen de soutenir et aider ces familles
00:27:21monoparentales
00:27:23qui représentent pour la majeure partie sont des femmes.
00:27:2885% des familles monoparentales ont pour chef de famille une femme.
00:27:34Donc, en fait, là, quand par exemple tu me dis ça, j'ai une réflexion, je me dis que la
00:27:39société, elle est faite pour les familles ?
00:27:42Oui, oui, oui, elle est faite pour les familles. Globalement, on voit bien, de toute façon, les représentations sociales, c
00:27:48'est la famille, c'est papa, maman, les enfants.
00:27:53Et voilà, c'est le schéma, j'allais dire, c'est le schéma traditionnel sur lequel on a été éduqués
00:28:03ou, comment dire, influencés, construits, oui, voilà, j'allais dire.
00:28:08Donc, il y a toute une déconstruction, parce que si tu te donnes le pourcentage des familles monoparentales, tu le
00:28:14connais ?
00:28:15Oui, bien sûr, il y a une famille sur quatre qui est monoparentale et un enfant sur trois qui vit
00:28:21dans une famille monoparentale.
00:28:24C'est vrai que c'est un chiffre en plus qui est en constante évolution, c'est-à-dire que
00:28:29dans les années 60-70, on n'était pas, on était, je crois, à 9% à vérifier.
00:28:38Et c'est un chiffre qui ne cesse d'augmenter, d'augmenter, voilà.
00:28:42Donc, il est temps, effectivement, de se poser la question sur ce modèle familial.
00:28:55Ouais, on peut quand même se dire bonjour.
00:28:57Ouais, tant pis, hein.
00:29:00Si, si, si, si.
00:29:03Bonsoir.
00:29:04Ouais, bonsoir.
00:29:05Bonjour Adélie.
00:29:06Bonjour.
00:29:08Salut Romy.
00:29:09Salut.
00:29:10Vous allez bien ?
00:29:11Ouais, ça va et toi ?
00:29:12Allez, la bosse.
00:29:13Vroom, vroom.
00:29:16Attention, la porte.
00:29:18Oui, attention, la porte.
00:29:18On va voir là-bas ?
00:29:21Ouais.
00:29:23Ah non, le boule actif.
00:29:24Tu reconnais Romy ?
00:29:25Ça va ?
00:29:26Il y a un moment où il faut que je te pose.
00:29:28Romy ?
00:29:29Ouais.
00:29:30Est-ce qu'on va avoir cette place ?
00:29:31Et de chaise ?
00:29:32C'est là.
00:29:33Entrez.
00:29:40Il y a deux, trois jours, je me suis réveillée dans trois heures du matin.
00:29:47J'avais très peur de la vie.
00:29:54En fait, de tout, comment ça allait se passer avec les enfants, des toutes petites choses ou des choses plus
00:30:00difficiles.
00:30:01J'étais juste, j'avais trop peur du tout.
00:30:04De la vie ?
00:30:05Oui, de la vie.
00:30:06En fait, j'avais peur d'être toute seule avec eux.
00:30:11Ils ont que vous, sur qui compter ?
00:30:14Oui.
00:30:15En fait, leur père est en Angleterre et il ne le voit pas depuis presque, ça va bientôt deux ans.
00:30:21Il ne le voit qu'en vision, en fait.
00:30:25Et moi, ça me fait vraiment...
00:30:27Ce n'est pas tout le temps.
00:30:28Il y a des moments où je me sens très optimiste et je me suis dit que je ne suis
00:30:32pas la seule.
00:30:33Je vais y arriver, je vais y aller.
00:30:34Mais il y a des moments où ça me fait trop, trop peur d'être que moi, responsable de ma
00:30:40vie et de la vie de mes enfants, en fait.
00:30:43Mais heureusement que les femmes et les mères sont là.
00:30:45C'est ça.
00:30:47Pour tous les enfants.
00:30:51Et comme vous êtes ce soir, on l'a tout été à un moment donné.
00:30:55Il n'y a personne autour de cette table qui peut dire qu'il n'a jamais craqué et tout
00:30:59parce qu'on a toute une surcharge mentale sur tous les domaines de la vie.
00:31:04Travail, argent, logement, famille, solitude, isolement.
00:31:08Enfin, on peut en parler jusqu'à demain.
00:31:10Moi, j'ai toujours eu l'image, c'est méchant à dire, mais de mère célibataire cassos.
00:31:16Pour moi, c'est ça.
00:31:17Et du coup, je pense qu'il y a aussi ce truc-là de se dire, je suis toute seule,
00:31:22je ne veux pas être considérée comme une cassos.
00:31:23Donc peut-être que je vais en faire plus qu'avant, quand j'étais en couple.
00:31:28Moi, je sais que j'ai eu honte et j'ai encore du mal à me sortir de ça.
00:31:33J'ai l'impression de ne pas avoir réussi quelque chose, que d'autres ont réussi.
00:31:37Ça ne me met pas à l'aise.
00:31:39Ce n'est pas tout à fait cassos, mais c'est un peu ça.
00:31:41Et c'est vrai que je pense qu'on peut ressentir aussi ce regard-là parfois.
00:31:46Et puis c'est vrai que quand on a un gamin qui fait, ça peut arriver un caprice dans la
00:31:49rue et que les gens savent qu'on est seul.
00:31:52On se construit, nous, un schéma de pensée que peuvent avoir les autres.
00:31:58Je pense que tout le monde voit de quoi on parle.
00:32:02Et même au niveau de la justice, quand on voit qu'entre le moment où on fait la demande et
00:32:07le moment où on passe devant le juge, il y a quasiment un an.
00:32:09Et c'est un espèce de flou artistique pendant ces un an.
00:32:13C'est-à-dire que chacun peut faire ce qu'il veut concrètement.
00:32:16Je trouve que même au niveau de la justice, c'est n'importe quoi.
00:32:20Il y a tellement de choses à faire aussi de ce côté-là.
00:32:23Justement, ils ont été reconnus, mais le père est à l'étranger.
00:32:26Et alors, quand j'inscris ma fille à l'école, il a été reconnu, donc il est sur les papiers.
00:32:31En même temps, il n'a pas d'adresse en France, il n'a pas d'existence en France, pas
00:32:36sur le territoire européen.
00:32:37Donc vraiment, il n'y a rien.
00:32:38Et alors, j'étais dans un cas, aucune case.
00:32:40Et j'ai eu un coup de fil, elle m'a dit, je vous mets quand même en monoparentale.
00:32:43Parce que si on est parent isolé, il faut justifier avec plein de papiers.
00:32:47Là, pour le coup, ça rejoint des actes de divorce, de décision, ceci.
00:32:50Et on n'a pas toujours ça, en fait.
00:32:52Toutes les situations ne sont pas juridiquement claires ou ne rentrent pas dans toutes les cases.
00:32:56Le papa part, mais il garde l'autorité parentale.
00:33:01Il a des droits, il a un droit de visite.
00:33:04Mais ses devoirs, c'est quoi, en fait ?
00:33:06Enfin, il n'a aucun devoir, c'est juste une pension alimentaire.
00:33:09Mais il n'a aucun devoir.
00:33:11Le seul devoir qu'il a, c'est de verser une pension, en fait.
00:33:13Techniquement, les décisions importantes, on doit les prendre à deux.
00:33:16Mais c'est moi qui m'occupe de mon fils, quasiment à 100%.
00:33:19Pourquoi on devrait prendre les décisions à deux ?
00:33:22Le père a le droit de ne pas honorer le droit de visite qui est prévu au jugement.
00:33:28Et ça, je trouve ça aberrant.
00:33:31Mais si on considère que l'autre parent doit être associé à la prise de décision,
00:33:36il doit aussi pouvoir honorer son devoir, finalement, de visite et d'hébergement.
00:33:41C'est là où, pour moi, il y a un truc qui ne va pas, quoi.
00:33:44Moi, je sais que le père de mon fils aime profondément mon fils.
00:33:49Je n'ai pas de doute là-dessus.
00:33:50Mais on nous force un peu à nier le père.
00:33:53Enfin, c'est eux qui nous forcent à ça, puisqu'ils partent et ils dénigrent un peu.
00:33:58Enfin, ils laissent leur rôle de père de côté.
00:34:01Donc, comment après se dire, ah oui, il a un père et l'autorité parentale est partagée, etc.
00:34:07C'est hyper difficile pour nous de se dire ça.
00:34:10Je veux dire, ils partent, ils ne s'en occupent quasiment plus.
00:34:12Ils sont la queue pour les moments cools.
00:34:14C'est quand même dur de courir derrière le père quand, par exemple, il doit venir,
00:34:18par exemple, quand il a un week-end sur deux et qu'on est vendredi soir et l'appeler.
00:34:22Alors, tu viens les récupérer ou pas ?
00:34:24Du coup, en fait, on ne peut pas du tout programmer le week-end.
00:34:27On ne peut rien faire parce qu'en fait, on ne sait pas s'ils viennent ou pas.
00:34:30Moi, l'autre jour, le père de mon fils, il m'a dit le matin même, j'irai chercher Samy
00:34:36à l'école si je ne suis pas trop fatiguée.
00:34:42Parce que moi, je me pose la question tous les jours si je ne suis pas trop fatiguée pour aller
00:34:46chercher ou pas.
00:34:50Et il me dit ça sans aucun sourciment, sans problème, le jour même.
00:34:55Voilà, je vais aller chercher si je ne suis pas trop fatiguée.
00:34:58Parce qu'ils ne se rendent pas compte de ce qu'on vit, quoi.
00:35:02Non, ils ne se rendent pas compte, mais ils s'en foutent.
00:35:06Je ne sais pas.
00:35:07Il faut les éduquer, limite.
00:35:09Mais c'est que de toute façon, c'est mon boulot d'aller le chercher à la crèche.
00:35:13C'est moi qui le fais.
00:35:16En fait, il me rend service.
00:35:18On est toujours dans le...
00:35:20Mais je t'aide.
00:36:07Bien là, mon cœur.
00:36:08C'est très bien, mon cœur.
00:36:10Regarde.
00:36:11Hop, on s'arrête là.
00:36:12Là ?
00:36:13Ici.
00:36:15Et on va mettre dans la poubelle noire.
00:36:17Oui.
00:36:19Regarde, viens voir.
00:36:33Allez, hop.
00:36:34On est arrivés.
00:36:39Oui, bonjour.
00:36:40C'est autre pour Romy.
00:36:43C'est pas grave.
00:36:49C'est pas grave.
00:36:59All right.
00:37:02Haute, c'est un premier boulot que tu démarres ?
00:37:05Là, c'est le stage par rapport à ma formation.
00:37:08Ouais.
00:37:09J'ai commencé.
00:37:10Là, c'est mon troisième jour.
00:37:13Et du coup, c'est pour deux mois.
00:37:16Et du coup, là, je fais une formation de gestionnaire de paye et responsable RH.
00:37:23Et donc là, du coup, c'est dans une agence d'intérim.
00:37:26Et donc, c'est pour faire un peu de paye et un peu d'administration du personnel.
00:37:29Donc, c'est pile poil dans le diplôme que je fais.
00:37:35Voilà.
00:37:35Tu changes de boulot, c'est ça ?
00:37:37Depuis que tu as remis, tu ne pouvais plus avoir ton ancien boulot.
00:37:40Reconversion professionnelle.
00:37:42Est-ce liée au fait que tu es maman solo ?
00:37:45Bah, en fait, depuis que je suis devenue maman, de toute façon, ma vie, elle a été complètement chamboulée et
00:37:51changée.
00:37:53Parce que moi, j'étais commerciale, alors pas plus commerciale sédentaire que terrain.
00:37:59Mais en fait, si tu veux, c'est que quand j'ai repris le travail, Romiel devait avoir sept mois
00:38:05à peu près.
00:38:06Et puis, en fait, je ne pensais pas que ça allait engendrer toute cette fatigue.
00:38:10Et c'est là, en fait, où je me suis dit, bon, ok, là, en fait, ça ne va pas
00:38:14du tout.
00:38:15Donc, on va réfléchir.
00:38:17Et puis, du coup, il va falloir que je trouve un boulot en temps partiel.
00:38:22Sauf qu'il n'y en a pas dans tous les secteurs d'activité.
00:38:25Et pour le coup, tu vois, secrétaire médical, je n'avais pas forcément envie de faire ça.
00:38:29Et en fait, c'est en cherchant.
00:38:31Et c'est pour ça que j'ai trouvé gestionnaire de paye, qui est en plus un secteur en tension
00:38:35qui recrute,
00:38:36pour avoir une souplesse, on va dire, sur les horaires, pour aller chercher Romy, si jamais elle est malade ou
00:38:41quoi, aux caisses.
00:38:43Et voilà.
00:38:44Et financièrement, comment tu fais ?
00:38:46Alors, financièrement, aujourd'hui, je ne sais pas.
00:38:50Autant avant, j'avais le chômage, donc ça allait, je m'en sortais bien, parce qu'avant, j'avais un
00:38:54bon salaire.
00:38:56Autant là, je suis en fin de droit depuis fin février.
00:39:00Et du coup, je ne sais pas, je suis allée voir l'assistante sociale.
00:39:09Et elle va faire passer mon dossier à une commission.
00:39:12Mais bon, pour voir ce qu'ils peuvent me proposer.
00:39:14Mais là, en tout cas, entre ce que me donne le pôle emploi, donc en fin de formation, et les
00:39:18aides,
00:39:19de la CAF, je n'ai pas assez pour payer même toutes mes charges.
00:39:23Et j'avais demandé, même pour le RSA, parce qu'on m'a parlé du RSA majoré, bon, je ne
00:39:27connaissais pas.
00:39:28Le RSA majoré, donc, c'est quand tu es mère isolée, par exemple.
00:39:32Et je crois que c'est 1 040 euros par mois.
00:39:34Mais en fait, ils déduisent toutes les aides que tu as de la CAF.
00:39:38Et donc, au final, tu finis, je crois, à...
00:39:42Même pas 600 euros par mois, tu gagnes moins, en fait, que quelqu'un qui est célibataire sans enfant au
00:39:47RSA.
00:39:49Donc, on marche sur la tête, en fait.
00:39:51Et bon, c'est plein de petites choses comme ça.
00:39:54Donc, en fait, c'est...
00:39:56Chacun pour soi, chacun se débrouille, en fait.
00:39:58C'est ça.
00:40:00Et les pères, dans tout ça ?
00:40:05Bah, les pères, les pères...
00:40:08Le père de Romy, il n'est pas là.
00:40:10Non, mais je veux dire, ils n'ont pas des devoirs, les pères ?
00:40:13Bien évidemment.
00:40:14Bien évidemment, ça se fait à deux, un enfant.
00:40:17Mais bon, ça, après, est-ce qu'il y a des choses qu'ils n'ont pas réglées dans leur
00:40:21vie d'avant ?
00:40:22Enfin, j'en sais rien, on peut tout supposer, mais bien évidemment, en fait, qu'ils doivent être présents, autant
00:40:27que la mère.
00:40:29Après, je pense que la société doit énormément changer aussi sur beaucoup de choses.
00:40:34Mais c'est vrai que...
00:40:37C'est vrai qu'en tout cas, au groupe de parole, les pères sont absents, clairement.
00:40:42Et je me dis que quand tu as un père qui a été là un petit peu pour ses enfants,
00:40:48puis qu'à un moment, il disparaît, je pense que c'est encore plus difficile,
00:40:53enfin, moralement, en fait, de se dire, peut-être qu'il va venir, s'il n'est pas trop fatigué.
00:40:58Moi, je sais que la question, elle ne se pose pas, il n'y en a pas, donc...
00:41:01Mais, ouais, c'est...
00:41:05Je trouve ça triste, quelque part.
00:41:07Je trouve ça triste et je me dis que, franchement, si on n'était pas là, des orphelins, il y
00:41:11en aurait plein.
00:41:12Et ça me choque, en fait.
00:41:14Ça me choque terriblement.
00:41:23Bonjour.
00:42:00Dans le groupe de parole, tu as pu dire, je me souviens que...
00:42:05que tu avais le sentiment d'être rentrée dans le statut d'un cas social, cassoc, comme on dit.
00:42:12Que pour toi, une mère célibataire ou un père célibataire, je ne sais pas, hein...
00:42:17Ouais, c'est pas pareil, tu vois, pas du tout pareil.
00:42:21Intéressant.
00:42:21Ouais.
00:42:24Ah oui, alors pas du tout, je ne le vois pas du tout de la même façon.
00:42:28Tu peux développer ?
00:42:30Eh bien, je pense que si je rencontrais un père célibataire qui a vraiment la garde, la charge de ses
00:42:38enfants,
00:42:39je le verrais plutôt comme...
00:42:45Je sais pas.
00:42:46Je pense que j'aurais énormément d'empathie pour lui.
00:42:48Je me dirais, le pauvre, vraiment, ça doit être...
00:42:51Je pense que vraiment, d'office, je me dirais, ça doit être horrible.
00:42:54Le pauvre, il s'est fait quitter par sa femme, elle s'est barrée, elle lui a laissé les gosses,
00:42:57quoi.
00:42:59Ouais, je pense que vraiment, j'aurais cette réflexion-là.
00:43:03Et une mère ?
00:43:06Eh ben...
00:43:07Non.
00:43:09Enfin, maintenant, si.
00:43:12Mais au départ, non.
00:43:16Au départ, non.
00:43:17Je me suis vraiment, effectivement, dit...
00:43:19Et c'est aussi pour ça que j'en avais honte et que je voulais pas en parler.
00:43:22Je me suis dit, c'est vraiment un truc de cassos, quoi, d'être...
00:43:26De...
00:43:26Je sais pas, ouais, te faire quitter, tu viens d'avoir un gamin.
00:43:30Ouais, pour moi, c'était...
00:43:32Voilà.
00:43:33Pas dans mon milieu, pas dans mon monde.
00:43:37Ça n'existait pas, quoi.
00:43:39Moi, j'ai des parents, ça fait...
00:43:43Allez, au moins 45 ans qu'ils sont ensemble, je pense.
00:43:47Et effectivement, j'ai grandi avec ce modèle familial de...
00:43:52Voilà, un couple, c'est pour la vie.
00:43:55De mes parents, j'ai toujours entendu mes parents dire...
00:44:00Non, mais voilà, maintenant, c'est vrai que les gens, ils se séparent pour un rien.
00:44:05Ouais, ben, un couple, c'est pas acquis, mais il faut se battre.
00:44:08Mais voilà, on part pas comme ça.
00:44:09C'est vraiment...
00:44:12Donc, oui.
00:44:13Moi, j'ai toujours eu cette image-là.
00:44:15Et quand j'ai fondé ma famille, je pensais vraiment que c'était jusqu'au bout, quoi.
00:44:32Depuis ma grossesse, jusqu'à 4 ans, on n'a fait que...
00:44:36Foyer, hôtel, hôtel, foyer, association, machin.
00:44:41La problématique, pour en revenir à la question, c'est...
00:44:44Oui, être prioritaire, peut-être, sur les modes de garde.
00:44:47Sans parler de l'aspect financier, mais être prioritaire sur des logements,
00:44:50être prioritaire sur des modes de garde.
00:44:52Nous accompagner avec...
00:44:54Comme il existe des cartes famille nombreuses,
00:44:56pour qu'on puisse aussi se déplacer, même au niveau professionnel,
00:44:59quand on doit être amené à faire des entretiens ou ce genre de choses.
00:45:04Alors oui, on va me renvoyer par Pôle emploi,
00:45:05mais alors Pôle emploi, si c'est pas moins de 70 km, ça marche pas.
00:45:09Donc, je veux faire Lyon-Ville-Franche, ça marche pas.
00:45:13Il y a plein de petites subtilités comme ça au quotidien,
00:45:16où là, ils arrêtent le chèque énergie.
00:45:19Donc, ça va être encore un budget d'électricité
00:45:22qu'il va falloir re-rentrer dans l'équation.
00:45:26Est-ce que vous pensez que cette précarité,
00:45:28ça joue sur une forme de précarité un peu psychologique ?
00:45:32Ou même émotionnelle ?
00:45:33Ça joue parce qu'il y a quand même les soucis de la vie.
00:45:36On ouvre la boîte aux lettres.
00:45:37Il est là quand j'ouvre la boîte aux lettres,
00:45:38donc il voit l'émotion passer.
00:45:41Même si j'essaye de tout lui cacher
00:45:43ou de craquer dans la salle de bain quand il dort,
00:45:46il le ressent.
00:45:47C'est mon enfant.
00:45:48Comme moi, je vais ressentir en une seconde
00:45:50quand je vais le chercher à l'école,
00:45:51je sais s'il a passé une bonne journée ou pas.
00:45:53Je sais que mon fils, c'est pareil.
00:45:55Et c'est tout le temps...
00:45:57C'est nous-mêmes déjà cette pression
00:45:58de tout le temps devoir trouver des solutions pour tout,
00:46:01d'être présent pour tout.
00:46:03Et de tout le temps devoir dire
00:46:04« Bah non, je peux pas là mon fils. »
00:46:06« Bah non, je peux pas là mon fils. »
00:46:07« Bah non, là en fait, c'est pas possible. »
00:46:08« Bah non, bah non, bah non. »
00:46:11La maîtresse, cette semaine, me reprochait.
00:46:13Enfin, me reprochait.
00:46:13Elle me disait « Oui, mais votre fils,
00:46:14il a toujours la sensation qu'il va manquer. »
00:46:17« Bah oui, mais en fait,
00:46:18il manque de tout, tout le temps. »
00:46:19« Donc c'est un peu légitime
00:46:21qu'il ait toujours cette sensation de... »
00:46:24Elle parlait du fait
00:46:25parce qu'ils ont des trucs de l'ego
00:46:27et il veut garder un peu de l'ego.
00:46:29Ou à la cantine,
00:46:30des fois, il demande deux fois des trucs
00:46:32alors qu'en fait, non, il y a une ration
00:46:33et il redistribue pas même...
00:46:36Votre fils, il a toujours peur de manquer.
00:46:38« Bah ouais. »
00:46:39Mais ça, ça fait partie de son histoire.
00:46:41Donc c'est pas toujours évident de vivre avec ça.
00:46:43Oui, ça vient faire écho aussi
00:46:46à cette absence du père, quand même.
00:46:51Comme si, bon, il y a l'histoire personnelle.
00:46:54Il se trouve qu'ici, ce soir,
00:46:56il y a beaucoup d'entre vous
00:46:59qui est levé seul
00:47:00et depuis le début, votre enfant.
00:47:03Donc il y a cette absence
00:47:04qui fait beaucoup de bruit, paradoxalement.
00:47:08Et en même temps,
00:47:08le sentiment d'être oublié aussi par l'État,
00:47:11ça fait un peu double peine.
00:47:14« Moi, j'ai jamais eu peur de mourir
00:47:16autant que depuis que j'ai mon fils. »
00:47:18Alors ça, c'est un vécu propre
00:47:20à tous les parents, quand même.
00:47:21« Ouais, mais si moi, je suis plus là,
00:47:25il n'y a plus que son père, quoi.
00:47:26Et je ne crois pas qu'il gérera.
00:47:33Donc ce sera qui ?
00:47:35Ce sera lui qui va décider qui va... »
00:47:40« Ouais, c'est l'angoisse. »
00:47:43« J'étais une force de vie
00:47:44et j'ai jamais été autant malade physiquement.
00:47:48Mentalement, c'est pas le fun.
00:47:51Mais physiquement, c'est horrible.
00:47:55J'ai plein de maladies
00:47:57de vieux.
00:48:01Non, désolée de le dire comme ça.
00:48:02De vieux.
00:48:04Et qui sont dues à ma grossesse,
00:48:06à la fatigue,
00:48:09au fait que...
00:48:10Et encore, je suis phobique des médecins,
00:48:13donc je n'allais pas chez le médecin.
00:48:15Là, je m'oblige.
00:48:16Du coup, psychologiquement,
00:48:18c'est très très dur
00:48:18d'aller voir le médecin.
00:48:23Il faut que j'y aille pour pas être malade,
00:48:24sinon mon fils sera tout seul.
00:48:26Et pour pas lier au fait de...
00:48:29Toi, t'as ton ex-conjoint,
00:48:33il pourra encore aller là-bas.
00:48:34Moi, ça va être dans ma famille.
00:48:36Il va se retrouver dans ma famille,
00:48:38qui est bancale.
00:48:40Et du coup, j'ai fait signer à mon ex
00:48:44un papier,
00:48:45même s'il l'a pas reconnu.
00:48:46Comme quoi, si je meurs,
00:48:48ou s'il m'arrive un truc
00:48:49où je suis incapable physiquement,
00:48:52d'assumer mon fils,
00:48:54il le récupérera.
00:48:55Et ça, rien que de se dire ça
00:48:56avant qu'il naisse,
00:48:58c'est psychologiquement difficile.
00:49:01C'est se dire,
00:49:02on est déjà administrativement
00:49:04dans un cycle
00:49:07où on fait son testament
00:49:08au cas ou que.
00:49:10Et c'est horrible.
00:49:11C'est horrible.
00:49:11Franchement, je m'étais jamais
00:49:14projetée sur ma mort
00:49:15parce que pour moi,
00:49:17les gens meurent,
00:49:18et puis on meurt.
00:49:19C'est tout, c'est bien,
00:49:20c'est mal,
00:49:21j'ai pas d'idées là-dessus.
00:49:23Et du coup,
00:49:23devoir me dire que,
00:49:25en fait,
00:49:26si, c'est mal
00:49:26parce que je laisse
00:49:28quelqu'un tout seul.
00:49:29Ça, c'était horrible.
00:49:38Super.
00:49:40C'est quoi,
00:49:41tu déménages
00:49:41toutes les voitures, là ?
00:49:43Au tracteur.
00:49:48Loulou.
00:49:49Loulou.
00:49:50Viens.
00:49:52Viens.
00:49:52Viens, moi.
00:49:53Loulou.
00:49:54Loulou.
00:49:55Loulou.
00:49:55Change de pantalon.
00:49:58Je peux m'aider.
00:49:59Ah, mais toi,
00:50:00t'es presque pas mouillée,
00:50:01en fait, t'es de la chance.
00:50:02Avec l'un pour les petits.
00:50:03Merci.
00:50:04Oh, la régie.
00:50:05Voilà.
00:50:06Merci.
00:50:07T'as encore des trucs ?
00:50:08T'es plus jeune ?
00:50:10T'es plus jeune ?
00:50:23Eh bien,
00:50:25bonjour à tous.
00:50:26Merci d'être là.
00:50:29Pour les personnes
00:50:30qui découvrent
00:50:32pour la première fois,
00:50:33je vais vous expliquer
00:50:34en quoi consiste
00:50:35la sophrodance.
00:50:37Voilà.
00:50:38Pour retrouver de l'énergie,
00:50:39pour aller libérer
00:50:40tout ce qu'on a,
00:50:41libérer les tensions,
00:50:43voilà,
00:50:43de reprendre confiance en soi,
00:50:44de retrouver le calme.
00:50:46Allez, c'est parti.
00:50:47Je vous invite à respirer
00:50:50profondément.
00:50:51de reprendre confiance en soi.