00:02...
00:13Là, vous êtes à la réunion de la conférence de rédaction qui a lieu tous les matins.
00:18C'est là où on construit le journal à partir des propositions de chaque service qui est représenté autour de
00:24la table.
00:24C'est un numéro très particulier puisque demain, on est à la fois sur un numéro spécial du 8 mars
00:30et à la fois dans le traitement d'une journée qui va être décisive pour la suite du mouvement des
00:37retraites.
00:38Donc, on trouvait que votre venue était d'autant plus symbolique puisqu'on aura deux bonnes raisons de faire le
00:42grève demain.
00:43Et là, on a commencé à dessiner le journal sur ce qu'on appelle un chemin de fer parce qu
00:48'on est sur 24 pages où on a anticipé des sujets.
00:51Mais bien entendu, c'est le but de votre présence.
00:56Vous pouvez intervenir sur les choix qui sont faits et puis peut-être nous dire au fur et à mesure
01:00des propositions de sujets dans les séquences, dans les pages, dans les rubriques,
01:04les sujets sur lesquels vous souhaitez intervenir dans le journal.
01:08Et le jour avec, la dernière page, ce sera un jour avec, avec vous, où on va faire découvrir au
01:14lecteur qui vous êtes et puis la manière dont vous êtes emparés du journal aujourd'hui, comme un petit reportage
01:21in situ.
01:24Voilà, on est en train de la reparler.
01:27Là, sur le logo, la lisbité du logo, mais c'est presque terminé.
01:31Très, très beau.
01:31Il y a le mot d'ordre.
01:33Après le 7, on continue.
01:35La grève féministe, bien évidemment.
01:38Sans nous, le monde s'arrête.
01:39Vraiment là, tout est dit.
01:41Puis le câlin, le hug.
01:45Parce qu'on met, dans les rosiers, c'est ce qu'on fait aussi, on crée des cortèges donc joyeux,
01:50dynamiques et il y a beaucoup de care, c'est-à-dire que dès le départ, on essaie de mettre
01:54en place, voilà, des conditions safe pour les femmes, pour qu'elles se sentent en sécurité dans les manifestations.
02:10La présence visuelle des femmes dans les manifestations, ça ne peut pas être un petit billet, enfin, je ne sais
02:16pas ce que vous en pensez, mais ça se prêterait super beau.
02:18Complètement.
02:19Ce que vous nous disiez à Laurin tout à l'heure.
02:21D'accord.
02:23Ça s'est défendu l'économique.
02:25Oui, mais au début, par rapport à mon ressenti, en répétant pour la première fois, en fait, la petite chanson
02:33à cause de Mancron, on sentait vraiment qu'il se passait quelque chose, même si pour l'instant, on ne
02:37savait rien, mais il y avait une humulation, je ne sais pas.
02:41Moi, j'avais vraiment l'impression que c'était quelque chose de nouveau.
02:44Ensuite, un, deux, trois, quatre pages.
03:06J'ai écrit sur la dépendance économique des femmes, mais comme je ne suis pas journaliste,
03:13et que je n'ai pas fait un travail, on va dire, analytique réellement de ce sujet.
03:20Je suis animatrice lecture dans une école.
03:22J'ai convié mes collègues, agents de service, agents de restauration scolaire et animateurs.
03:29Il se trouve quand même que sur une équipe d'une quinzaine, on est une douze femmes.
03:33Donc, ça représente quand même un très gros pourcentage.
03:36Et je les ai interrogées.
03:38J'ai même découvert moi-même, en fait, la grande précarité qui se jouait autour de moi.
03:44Je savais que ce n'était pas des grands salaires, mais je ne pensais pas qu'il y avait autant
03:47de précarité.
03:48Donc, j'en ai même appris quelque chose.
03:50Alors, moi, j'ai écrit sur Bonneuil-sur-Marne, une ville dans le 94,
03:53qui a pris l'initiative de féminiser ses noms de plaques de rue et ses noms de bâtiments.
03:59Donc, justement, demain, le 8 mars, il va y avoir un conseil municipal extraordinaire
04:04pour changer et imposer 60 noms de femmes visibles dans la rue, soit sur des plaques ou des bâtiments.
04:10Et c'était important pour moi de dire un petit mot sur ça,
04:12parce que l'enjeu qu'il y a derrière, c'est rendre visibles les femmes dans l'espace public.
04:17Moi, j'ai écrit dans le journal, d'abord, sur la place des femmes dans le cinéma,
04:22des femmes devant la caméra et à la fois derrière la caméra et dans tous les autres postes de technique,
04:27puisque je suis ingénieure du son dans le cinéma.
04:29Et donc, je constate qu'il y a peu de femmes techniciennes et peu de femmes réalisatrices.
04:35Et donc, voilà, j'ai écrit sur cette indignation-là et sur ce que j'aimerais, je souhaite pour le
04:41cinéma français.
04:45Là, on vous demande d'écrire sur des sujets qui, à priori, vous tiennent à cœur, que vous choisissez.
04:50Mais on vous demande vraiment de prendre la plume, quoi.
04:54On peut prendre le temps de dire les choses avec les bons mots.
04:57Moi, je suis passionnée de la justesse des mots.
05:00Il y a tellement de mots, tellement précis qui peuvent...
05:03Et je suis assez maniaque.
05:04Je veux à tout prix trouver le mot qui arrive vraiment à incarner ce que je veux dire.
05:09Donc, vous voyez, j'aime bien...
05:10Et là, je suis contente d'avoir l'occasion, du coup, d'écrire,
05:13notamment pas sur des sujets des rosies, justement,
05:16mais quand même, quand on nous demande notre avis féministe,
05:19il y a quelque chose qui met la pression, bien sûr,
05:23et en même temps, on a envie de le faire bien, quoi.