00:00Un lieu de culture comme ça, qu'on veuille y toucher, qu'on veuille nous déplacer, nous effacer matériellement, physiquement.
00:07L'image qu'on célébrait Paris à l'occasion de la cérémonie de l'ouverture des Jeux Olympiques, on a
00:12du mal à comprendre.
00:13D'ailleurs, je pense que la planète entière, l'opinion publique, n'a pas une ligne dont on ne prend
00:17pas.
00:25Les boîtes sont un symbole de la culture, c'est un symbole de Paris, c'est un symbole majeur de
00:30Paris.
00:31C'est vraiment comme si on démontait la tour Eiffel, parce que la tour Eiffel est trop haute, elle ne
00:37rentre pas dans le champ des caméras.
00:39On ne va pas enlever les bouquinistes parce qu'ils empêchent la vue, on va réduire un peu le nombre
00:43de gens.
00:44En plus, on occupe, mettons, 15% du parcours.
00:53On laisse les boîtes où elles sont, on fait passer le service de déminage.
00:56Vouloir les démonter, c'est mettre en péril cet équilibre fragile de cette espèce de trésor patrimonial de tous et
01:01de toutes.
01:02Pour nous, ce serait vraiment un coup de saumon, il ne faut pas dire un coup de grâce, et il
01:07ne faut pas qu'on en arrête là.
01:15Les boîtes, elles ont parfois, elles datent de la fin du 19e siècle, certaines.
01:20Elles sont vieilles, elles ont le poids des ans, le poids des saisons, le poids des intempéries.
01:25Et ça fait que vouloir les bouger, ça va être en péril.
01:30Et on risque d'avoir des sacrés problèmes.
01:34Elles vont tomber un morceau.
01:35Alors la mairie nous dit qu'elle va nous en payer des boîtes neuves,
01:37mais les boîtes neuves, ce ne sera pas pareil, ce ne sera plus la même poésie, ce ne sera plus
01:40l'âme de Paris,
01:41ce ne sera plus cette musicalité de paysages, de tons, cette variété qui est enchantée dans la poésie,
01:50dans la littérature, dans le cinéma, la photo, dans tous les arts, les peintres aussi.
01:59Je pense que ce serait vraiment dommage, parce que c'est quelque chose de tellement emblématique pour Paris
02:06qu'il ne faudrait pas y renoncer.
02:08Avec les journées du patrimoine, on avait beaucoup parlé du patrimoine immatériel.
02:13Là, c'est un peu les deux, c'est-à-dire qu'il y a une tradition.
02:19Tout le monde peut venir ici.
02:21C'est à tout le monde quelque part.
02:22Alors, après, on va repartir avec les livres, il faut quand même nous donner un petit peu de souffle.
02:25Mais tout le monde peut venir sur les quêtes, tout le monde peut nous adresser la parole,
02:29il n'y a pas de barrière.
02:32Et ça, en cela, c'est quelque chose de magique.
02:34Je crois que c'est Paul Morand qui a dit aussi qu'à Paris, c'était les livres qui empêchaient
02:37la scène de débrouiller.
02:45Je ne sais même pas s'ils courent les remèdes.
02:47Peut-être qu'ils trouvent que les boîtes, ce n'est pas joli.
02:50Il y a plein de bruits qui courent.
02:51Moi, j'ai entendu dire qu'ils voulaient enlever les boîtes pour permettre à des chaînes de télé de s
02:57'installer à la place des boîtes
02:58et de filmer l'ouvertage olympique.
03:00Donc, ils pensaient louer à des chaînes de télé, l'espace.
03:03Et c'est pour ça qu'ils ont enlevé les boîtes.
03:06Après, ils pensent mettre des barrières à un mètre et une autre à deux mètres.
03:10Donc, de toute façon, personne n'aura accès aux boîtes.
03:11Il y aura des policiers dans un courloir.
03:13Donc, les gens seront à plus de trois mètres.
03:15Les policiers seront à plus de trois mètres.
03:16Donc, ils n'ont pas du tout accès aux boîtes.
03:18Donc, pour ne pas les enlever, il n'y a pas de ressources vraiment valables.
03:22Dans le Parisien, j'ai lu que le préfet de Paris,
03:26le Préfeu du Liège, je crois,
03:30disait que les boîtes des bouquinistes pourraient contenir des explosifs.
03:38Donc, à ma connaissance, on ne vend pas d'explosifs.
03:40On vend des bouchins.
03:43On vend toutes sortes de bouchins, d'ailleurs.
03:45Vous voyez, un peu la publicité.
03:47C'est-à-dire, les fils de la nuit, d'Albert ou Julien.
03:56Et donc, on ne vend pas d'explosifs.
03:59Vous les aimez beaucoup, le chimiste, madame ?
04:01Ah, ben oui, monsieur.
04:02Je pense que ça fait partie de notre patrimoine.
04:06Ils doivent rester là.
04:07Ils font partie intégrante de Paris.
04:09Et Paris sans eux, c'est plus Paris.
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