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  • il y a 5 minutes
Depuis mercredi 13 avril 2022, des étudiants occupent l’université de la Sorbonne à Paris. Ils protestent contre les choix de société prônés par Emmanuel Macron et Marine Le Pen, à une semaine du second tour de l’élection présidentielle. Et espèrent que leur mobilisation va s'étendre.

Certains ont passé la nuit là, investissent les amphithéâtres, manifestent devant le bâtiment. Plus d'une centaine d'étudiants de la Sorbonne et d’autres établissements du supérieur ont protesté ce jeudi 14 avril contre le « non-choix » qui s’offre à eux pour le second tour de l’élection présidentielle. Nombre d’entre eux ont l’impression d’être « laissés sur le carreau », « pas entendus », alors que les 18-24 ans ont voté à 31% pour Jean-Luc Mélenchon et que 40% des moins de 34 ne sont pas allés voter dimanche 10 avril.

« Nous, les jeunes, avons majoritairement voté à gauche, on veut avoir le choix de notre avenir » explique Lola, étudiante à Sciences Po Strasbourg. Elle refuse, comme beaucoup de ses camarades, de choisir entre « un gouvernement qui a sabré la jeunesse pendant 5 ans » et qui n’a pas embrassé les urgences climatiques et sociales comme priorités, et de l’autre côté « un pouvoir fasciste ».

S'abstenir ou non
« Aujourd’hui, soit on s’abstient, pour renvoyer un message fort… Ou alors on vote Macron, parce que ça sera toujours le moins pire », concède l’étudiante, qui réfléchit déjà à comment occuper la rue pendant les 5 prochaines années.

Après avoir affirmé ne pas savoir si elle allait s’abstenir ou non, Marie, étudiante en droit à Nanterre, semble néanmoins avoir déjà tranché: « C’est vrai que si l’extrême-droite passe, derrière, ce sont les minorités qui vont devoir subir ces choix-là », reconnaît l’étudiante qui questionne sa responsabilité dans un tel scénario. « Je pense que je vais voter Macron, même si ça me fait mal », finit-elle par lâcher, tout en insistant bien sur une chose : la nécessité de poursuivre la mobilisation après le vote, et de renforcer les ponts entre les divers mouvements de contestation.

La Sorbonne fermée
Antoine Boulanger, enseignant et élu CGT des enseignants à la faculté des lettres de la Sorbonne, se félicite de cet élan chez les étudiants. « Je pense qu’on ne peut être qu’enthousiasmés et heureux de voir que, loin d’être abattus par ce résultat catastrophique, les étudiants se mobilisent contre d’un côté l’ultra-libéralisme et de l’autre, un même programme ultra-libéral doublé d’une politique raciste et autoritaire », développe-t-il.

« Au lieu d’ouvrir les facs et de dire, “exprimez-vous, débattez”, le gouvernement envoie la police », regrette cet enseignant, alors que la direction de la Sorbonne a basculé les cours en distanciel et fermé ses portes aux étudiants jusqu’au 16 avril inclus.

Les étudiants de la Sorbonne espèrent lancer un mouvement, alors que des étudiants de Tolbiac, Sciences Po Paris, de l’École normale supérieure, de Sciences Po Nancy et d’autres établissements du supérieur bloquent des

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Transcription
00:00Il y a quand même une différence entre les deux.
00:01D'un côté, on a une candidate fasciste qui, quand elle prendra le pouvoir,
00:05on ne sait pas quand elle nous le rendra.
00:06De l'autre côté, on a Emmanuel Macron, ça fait cinq ans qu'il prend des mesures catastrophiques
00:11pour le climat, pour la jeunesse.
00:12Il a baissé les APL, il a proposé la loi LPR, la loi sécurité globale,
00:16la convention citoyenne pour le climat, il ne l'a pas écoutée.
00:20Alors, le choix qui s'offre à nous, là, aujourd'hui, c'est de s'abstenir
00:22pour renvoyer un message fort en disant « le choix, on n'en a pas voulu »
00:26ou de voter Macron parce que ce sera toujours le moins pire.
00:28Mais surtout, le plus grand choix, c'est de savoir comment on va occuper la rue pendant cinq ans.
00:38L'occupation de la Sorbonne, elle a lieu depuis hier.
00:41Pour l'instant, ce qui est prévu, c'est de l'occuper jusqu'au second tour
00:44et c'est de lancer un mouvement dans toute la France.
00:46Je pense à Rennes 2, je pense à Strasbourg.
00:49C'est des mouvements qui vont commencer à se construire
00:50et plus la jeunesse sera mobilisée, plus le pouvoir devra flancher.
01:00Je ne sais pas encore entre voter Macron et m'abstenir.
01:05Je pense quand même qu'il y a quelque chose à prendre en compte,
01:07c'est que l'extrême droite, quand elle est au pouvoir, elle ne le rend pas.
01:11Et derrière, il y a toutes les minorités qui vont vraiment subir tous ces choix-là.
01:17Donc je pense que moi, j'ai une responsabilité là-dedans.
01:20Et je pense que je vais voter Macron.
01:23Mais en fait, ça me fait mal de lire parce que Macron, pendant cinq ans, il nous a malmenés.
01:27On se souvient des fils d'étudiants dans les banques alimentaires.
01:30On se souvient des lycéens qui étaient mis à genoux dans les lycées
01:35avec les policiers qui étaient juste derrière.
01:37On se souvient de tout ça.
01:38On se souvient de la loi climat qui a été complètement saccagée.
01:42La répression de plus en plus forte envers tous les mouvements sociaux.
01:45Et en fait, moi, je pense que j'aurais vraiment du mal à voter Macron.
01:49Voilà, je pense que l'essentiel aussi, au-delà du vote,
01:52c'est vraiment de se retrouver là, c'est ce qu'on est en train de faire en ce moment.
01:56C'est vraiment de massifier toutes les mobilisations qui existent,
01:59de créer des liens entre les mobilisations, entre les mouvements.
02:03Le dernier quinquennat, il n'a jamais été aussi engagé
02:06sur les questions antiracistes, féministes, écologistes, sociales.
02:10Et c'est important, en fait, juste au-delà de ça,
02:12de poursuivre et de continuer de créer des liens
02:15parce qu'on va avoir besoin de toute cette force-là.
02:17Et c'est trop important d'être là aujourd'hui et de continuer à se mobiliser.
02:23Je ne sais pas trop les débouchés politiques,
02:27mais pour essayer de se faire entendre et de dire
02:29« Regardez, notre intérêt compte aussi ».
02:32Les personnes qui statistiquement, en majorité, ont voté Macron et Le Pen,
02:36ça fait mal. Il y a un pacte citoyen
02:38où voter aussi un peu pour nous, quoi.
02:41Donc, ouais, un côté un peu laissé sur le carreau.
02:45Donc, je ne sais pas ce que ça peut donner,
02:47mais au moins, justement, là, ce que vous faites,
02:49ça donne un peu de visibilité.
02:51Là, il y a un peu plein de journaux.
02:53Donc, en espérant que ça puisse donner un petit tournant
02:55sur la campagne, le second tour.
02:58Mais, ouais.
03:02La question, c'est surtout de savoir comment, en fait,
03:04on va construire et préparer la contre-offensive
03:06parce qu'on va avoir des réformes très dures,
03:09notamment sur l'université,
03:10sur la question des inscriptions, des prêts d'inscription, etc.
03:14Il va y avoir un renforcement, un durcissement de la sélection.
03:17Et nous, c'est ça. On veut se battre contre ça.
03:19C'est pour ça qu'on dit, par exemple,
03:20qu'il faut que l'université, elle reste ouverte à toutes et tous.
03:22Mais, à mon avis, c'est surtout ça qu'il faut faire,
03:24c'est se mobiliser et dire, en fait,
03:26qu'on veut un autre avenir, d'autres perspectives,
03:28qu'en fait, il y a un rapport du GIEC qui nous laisse trois ans.
03:31Et ça, c'est trop court, en fait,
03:32pour penser qu'on va attendre encore cinq ans
03:34avec un gouvernement néolibéral et ultra-droitiste.
03:37Contre l'alternative qu'on nous propose,
03:39nous avons trouvé une troisième voie,
03:41la mobilisation et la lutte.
03:43Moi, en tant qu'enseignant, tout simplement,
03:45nous, la CGT, on dit pas une seule voie pour l'extrême droite.
03:49On pense qu'aujourd'hui, il y a un enjeu,
03:51c'est faire baisser le vote de l'extrême droite.
03:53Parce qu'en fait, il y a des gens qui sont en colère,
03:55mais au lieu de se tourner vers les vrais responsables,
03:59c'est-à-dire quand on voit les dizaines de milliards
04:00qui sont faits au CAC 40,
04:02quand on voit les totales et compagnies
04:05qui sont en train de détruire l'avenir de notre planète,
04:08eh bien, c'est ces gens-là qui sont les responsables
04:10et c'est contre ceux-là qu'il faut se tourner.
04:12On sera pas forcément tous d'accord sur quoi faire
04:14le week-end prochain,
04:16mais en fait, ça se limite pas au bulletin de vote.
04:18Il faut aujourd'hui reconstruire un vrai espoir,
04:21une vraie solidarité collective.
04:22Et c'est là, dans ce sens-là, où c'est très positif
04:24ce que font là les étudiants,
04:26que ça doit nous encourager.
04:27Et moi, je crois que quand j'ai assisté hier à l'AG,
04:29en fait, ils discutent pas seulement des élections,
04:33enfin, il y a vraiment de quoi être inquiet de notre avenir
04:36et ça, ce sera pas réglé dimanche prochain.
04:38Donc voilà, gardons espoir et lâchons pas l'affaire.
04:56Abonnez-vous !
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