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  • il y a 2 minutes
Sylia, victime de violence lors du meeting d'Éric Zemmour à Villepinte le 5 décembre 2021, est revenue sur cet événement au studio de l'Humanité. Elle appelle chaque citoyen et chaque citoyenne à se mobiliser contre le racisme, l'antisémitisme et le sexisme du candidat d'extrême droite à la présidentielle ✊.

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Pourquoi vous êtes-vous rendus au meeting de Zemmour à Villepinte ?
SYLIA : Nous sommes une quinzaine de militants de SOS Racisme à nous être rendus au meeting, pour pouvoir faire entendre un message dissonant avec ce qui était proposé lors de cet événement par Éric Zemmour. Nous voulions faire entendre un message pacifique de lutte contre le racisme, en opposition au discours morbide, raciste, antisémite, sexiste d'Éric Zemmour.

Pouvez-vous rappeler ce qu'il s’est passé lors du meeting ?
SYLIA: Nous portions tous un t-shirt, sur lequel était indiqué une lettre et qui, tous ensemble, permettaient de former la phrase « Non au racisme ». Après plusieurs heures au sein de ce meeting, nous avons attendu le moment juste: celui où Éric Zemmour prendrait la parole, pour nous lever sur nos chaises au fond de la salle, face aux caméras des différents journalistes, et exposer notre message "Non au racisme", en brandissant le poing, criant ce slogan. En quelques secondes, on s'est fait renverser et tabasser.

Vous attendiez-vous à une telle violence ?
SYLIA: Quand la foule se déchaîne sur nous, on est effectivement très surpris, parce qu'on ne s'attendait pas à tant de violence. On s'attendait à être chahutés, emmenés manu militari en dehors de la salle, mais pas à autant de violence. Tout cela est très révélateur de l'ambiance qui régnait dans la salle du meeting ce jour-là, mais aussi des soutiens d'Éric Zemmour. On le voit sur les images, beaucoup des personnes qui nous frappent appartiennent aux Zouaves de Paris, un groupuscule d'extrême droite, quasi une milice. Mais on a reçu tellement de soutien, de messages, d'appels, de chocolats que ça nous permet aussi de nous rendre compte qu'on n'est pas seuls, et que nous avons envoyé un message très fort, qui peut, peut-être permettre de fédérer autour des mêmes valeurs, et pousser les gens à vouloir se mobiliser, justement pour défendre ces valeurs de paix, d’égalité, de justice, et de lutte contre le racisme.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?
SYLIA: Ça a été un peu dur, notamment quelques jours après, quand j'ai réalisé la violence à laquelle on avait été confrontés… Ce n'est pas quelque chose auquel je suis habituée. En ce qui me concerne, je n’ai pas eu d’ITT, ce qui est assez questionnant parce que j'ai une ouverture au crâne de 2 centimètres, j’ai des contusions sur les jambes, et il y a évidemment un traumatisme psychologique qui est à prendre en considération. Nous avons des camarades qui ont des ITT assez conséquentes, et nous avons tous porté plainte, car nous avons tous reçu des coups. Aujourd’hui, une enquête est en cours, et on attend des résultats très

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Transcription
00:00Je m'appelle Silia et je suis une militante de l'association SOS Racisme.
00:04Dimanche 5 décembre, Eric Zemmour a organisé son premier meeting à Villepinte,
00:09meeting de lancement de sa compagne présidentielle.
00:12Et donc, avec une douzaine, une quinzaine de militants SOS Racisme,
00:15nous avons décidé de nous y rendre pour pouvoir faire entendre un message
00:18un peu dissonant avec ce qui était proposé lors de ce meeting.
00:21Un message pacifique de lutte contre le racisme
00:30qui venait s'opposer aux discours morbides, racistes, antisémites, sexistes d'Éric Zemmour.
00:41Donc avec les militants, nous étions douze à porter un t-shirt
00:46sur lequel étaient indiquées des lettres qui permettaient de former la phrase non au racisme.
00:50Et ce que nous avons décidé de faire, c'est après avoir attendu plusieurs heures au sein de ce meeting
00:55où nous étions inscrits, nous sommes rentrés grâce à des inscriptions.
00:58Nous avons entendu le moment juste, celui où Éric Zemmour prendrait la parole
01:03pour nous lever sur nos chaises, au fond de la salle, face aux caméras des différents journalistes
01:10pour exposer notre message non au racisme, en brandissant le poing et en criant ce slogan.
01:16Et en quelques secondes, on s'est fait renverser et tabasser.
01:41On a pu ensuite être exfiltrés et continuer à porter notre message,
01:44qui était donc bien un message pacifique et de lutte contre le racisme.
01:56Quand la foule se déchaîne sur nous, on est effectivement très surpris
02:00parce qu'on ne s'attendait pas à tant de violences.
02:03On s'attendait à être chahutés, emmenés Manu Militari en dehors de la salle,
02:09mais pas à autant de violences.
02:10Ce qui est très révélateur de l'ambiance qui régnait dans la salle du meeting ce jour-là,
02:16mais aussi des soutiens d'Éric Zemmour.
02:18On l'a découvert depuis, on le voit sur les images.
02:21Beaucoup des personnes qui nous frappent, appartiennent aux Joives de Paris
02:24qui est un groupuscule d'extrême droite, quasi une milice.
02:27On a été insultés, beaucoup d'insultes sexistes, des insultes racistes aussi,
02:32des dégagés « on est ici chez nous », mais nous aussi on est ici chez nous.
02:36Et c'est ça qu'on voulait rappeler en étant présents ce jour-là.
02:38C'était qu'on est aussi ici chez nous, qu'on est aussi la France
02:42et que d'autres personnes qui peut-être se sentent dépassées ou effrayées
02:48par cette vague fasciste qui est en train de se mettre en mouvement
02:52puissent avoir des modèles peut-être auxquels se raccrocher,
02:56voir qu'il est possible de continuer à dire non,
02:59voir qu'il est possible de se lever.
03:01C'est dangereux, mais que c'est nécessaire.
03:03On est des militants pacifiques, on s'est levés,
03:06on a enlevé notre pull sur lequel étaient des lettres
03:09qui faisaient l'affraissement au racisme, on a levé le poids.
03:12Ça a été un peu dur, quelques jours après,
03:14quand j'ai réalisé la violence à laquelle on avait été confrontés,
03:18c'est pas quelque chose auquel je suis habituée.
03:20J'ai eu zéro ITT, ce qui est assez questionnant
03:23parce que j'ai une ouverture au crâne de 2 cm,
03:27j'ai des contusions sur les jambes,
03:30il y a évidemment un traumatisme un peu psychologique
03:32qui est à prendre en considération, mais j'ai eu zéro ITT.
03:35On a des camarades qui ont eu des ITT assez conséquentes,
03:37ce qui permettra de mettre en relief
03:41le fait que certains n'en ont pas eu,
03:43alors que probablement ils auraient dû.
03:44Tous les militants présents ont porté plainte
03:46puisque tous et toutes ont reçu des coups.
03:50L'enquête est en cours et on attendra très vite les résultats
03:54pour identifier nos agresseurs.
03:56Puisqu'on a été agressé à la caméra,
03:57on peut reconnaître nos agresseurs.
04:00Mais on a reçu tellement de soutien,
04:02de messages, d'appels, de chocolats,
04:07que ça nous permet aussi de nous rendre compte
04:11qu'on n'est pas seul et qu'on a envoyé un message fort,
04:15un message très fort,
04:16qui peut peut-être permettre de fédérer
04:19autour des mêmes valeurs
04:22et pousser les gens à vouloir se mobiliser
04:25justement pour défendre ces valeurs,
04:27donc des valeurs de paix, d'égalité, de justice
04:29et de lutte contre le racisme.
04:31Si j'ai un message à faire passer,
04:32c'est d'inviter les citoyens et les citoyennes
04:36à s'engager, à se mobiliser à leur niveau.
04:38Alors évidemment, on ne demande pas aux gens
04:40de se mettre en danger,
04:43mais oui, que les gens se mobilisent
04:46à leur niveau, dans leur localité,
04:48avec les outils qu'ils ont à disposition,
04:50qu'ils se mettent en marche pour lutter
04:52contre le racisme, contre l'antisémitisme,
04:54contre les stéréotypes qui font
04:57que les gens propagent de la haine,
05:00que les gens se mobilisent pour créer
05:01une société dans laquelle tout le monde
05:02pourrait s'épanouir.

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