00:00Je m'appelle Silia et je suis une militante de l'association SOS Racisme.
00:04Dimanche 5 décembre, Eric Zemmour a organisé son premier meeting à Villepinte,
00:09meeting de lancement de sa compagne présidentielle.
00:12Et donc, avec une douzaine, une quinzaine de militants SOS Racisme,
00:15nous avons décidé de nous y rendre pour pouvoir faire entendre un message
00:18un peu dissonant avec ce qui était proposé lors de ce meeting.
00:21Un message pacifique de lutte contre le racisme
00:30qui venait s'opposer aux discours morbides, racistes, antisémites, sexistes d'Éric Zemmour.
00:41Donc avec les militants, nous étions douze à porter un t-shirt
00:46sur lequel étaient indiquées des lettres qui permettaient de former la phrase non au racisme.
00:50Et ce que nous avons décidé de faire, c'est après avoir attendu plusieurs heures au sein de ce meeting
00:55où nous étions inscrits, nous sommes rentrés grâce à des inscriptions.
00:58Nous avons entendu le moment juste, celui où Éric Zemmour prendrait la parole
01:03pour nous lever sur nos chaises, au fond de la salle, face aux caméras des différents journalistes
01:10pour exposer notre message non au racisme, en brandissant le poing et en criant ce slogan.
01:16Et en quelques secondes, on s'est fait renverser et tabasser.
01:41On a pu ensuite être exfiltrés et continuer à porter notre message,
01:44qui était donc bien un message pacifique et de lutte contre le racisme.
01:56Quand la foule se déchaîne sur nous, on est effectivement très surpris
02:00parce qu'on ne s'attendait pas à tant de violences.
02:03On s'attendait à être chahutés, emmenés Manu Militari en dehors de la salle,
02:09mais pas à autant de violences.
02:10Ce qui est très révélateur de l'ambiance qui régnait dans la salle du meeting ce jour-là,
02:16mais aussi des soutiens d'Éric Zemmour.
02:18On l'a découvert depuis, on le voit sur les images.
02:21Beaucoup des personnes qui nous frappent, appartiennent aux Joives de Paris
02:24qui est un groupuscule d'extrême droite, quasi une milice.
02:27On a été insultés, beaucoup d'insultes sexistes, des insultes racistes aussi,
02:32des dégagés « on est ici chez nous », mais nous aussi on est ici chez nous.
02:36Et c'est ça qu'on voulait rappeler en étant présents ce jour-là.
02:38C'était qu'on est aussi ici chez nous, qu'on est aussi la France
02:42et que d'autres personnes qui peut-être se sentent dépassées ou effrayées
02:48par cette vague fasciste qui est en train de se mettre en mouvement
02:52puissent avoir des modèles peut-être auxquels se raccrocher,
02:56voir qu'il est possible de continuer à dire non,
02:59voir qu'il est possible de se lever.
03:01C'est dangereux, mais que c'est nécessaire.
03:03On est des militants pacifiques, on s'est levés,
03:06on a enlevé notre pull sur lequel étaient des lettres
03:09qui faisaient l'affraissement au racisme, on a levé le poids.
03:12Ça a été un peu dur, quelques jours après,
03:14quand j'ai réalisé la violence à laquelle on avait été confrontés,
03:18c'est pas quelque chose auquel je suis habituée.
03:20J'ai eu zéro ITT, ce qui est assez questionnant
03:23parce que j'ai une ouverture au crâne de 2 cm,
03:27j'ai des contusions sur les jambes,
03:30il y a évidemment un traumatisme un peu psychologique
03:32qui est à prendre en considération, mais j'ai eu zéro ITT.
03:35On a des camarades qui ont eu des ITT assez conséquentes,
03:37ce qui permettra de mettre en relief
03:41le fait que certains n'en ont pas eu,
03:43alors que probablement ils auraient dû.
03:44Tous les militants présents ont porté plainte
03:46puisque tous et toutes ont reçu des coups.
03:50L'enquête est en cours et on attendra très vite les résultats
03:54pour identifier nos agresseurs.
03:56Puisqu'on a été agressé à la caméra,
03:57on peut reconnaître nos agresseurs.
04:00Mais on a reçu tellement de soutien,
04:02de messages, d'appels, de chocolats,
04:07que ça nous permet aussi de nous rendre compte
04:11qu'on n'est pas seul et qu'on a envoyé un message fort,
04:15un message très fort,
04:16qui peut peut-être permettre de fédérer
04:19autour des mêmes valeurs
04:22et pousser les gens à vouloir se mobiliser
04:25justement pour défendre ces valeurs,
04:27donc des valeurs de paix, d'égalité, de justice
04:29et de lutte contre le racisme.
04:31Si j'ai un message à faire passer,
04:32c'est d'inviter les citoyens et les citoyennes
04:36à s'engager, à se mobiliser à leur niveau.
04:38Alors évidemment, on ne demande pas aux gens
04:40de se mettre en danger,
04:43mais oui, que les gens se mobilisent
04:46à leur niveau, dans leur localité,
04:48avec les outils qu'ils ont à disposition,
04:50qu'ils se mettent en marche pour lutter
04:52contre le racisme, contre l'antisémitisme,
04:54contre les stéréotypes qui font
04:57que les gens propagent de la haine,
05:00que les gens se mobilisent pour créer
05:01une société dans laquelle tout le monde
05:02pourrait s'épanouir.