00:00La plaque nous fait la guerre, et Henrique est aussi, et au reste des théos pour bloquer la paille, la
00:10plaque nous fait la guerre !
00:13A force de ne pas avoir de reconnaissance et d'avoir une charge de travail qui vient s'ajouter tous
00:18les jours,
00:20les gens se sentent écrasés, on a des collègues qui sont en burn-out, on a récemment un collègue qui
00:24est parti en démission,
00:25donc c'est pas toujours évident de savoir dire ok là stop, je suis maltraité, il faut que ça s
00:30'arrête et on va se mettre en action,
00:32et parfois on n'a juste plus la force, donc voilà, on essaye de créer quelque chose de festif,
00:37qui donne de l'énergie et qui donne envie aux gens de se battre pour leurs conditions de travail,
00:42parce qu'il n'y a pas de raison de souffrir au travail, c'est pas normal.
00:50Le mouvement a commencé avec les libraires, qui vraiment n'en pouvaient plus, ils étaient à bout,
00:56et on est en grève, donc à la FNAC Saint-Lazare depuis le 8 décembre.
01:00Sur les gros événements comme ça, il y a aussi les autres FNAC parisiennes qui nous rejoignent.
01:05Pour vous donner un peu une idée des conditions de travail, par exemple au service après-vente,
01:09ils sont tellement peu nombreux qu'ils n'ont même pas le temps de prendre de pause,
01:12donc il y a des jours où ils ne prennent pas de pause.
01:21Maintenant, il y a aussi la tâche du click and collect qui s'est rajoutée,
01:24donc ils doivent honorer les commandes de retrait en une heure que les clients font sur le site.
01:29Donc ça, ça vient se rajouter et ça vient apporter une dose de stress,
01:33parce qu'il y a un truc qui vous fait bip, bip, bip, bip, bip, voilà, en permanence,
01:37pour vous rappeler que là et là, il faut le traiter tout de suite, tout de suite,
01:39alors qu'on est en train de parler avec un client, enfin voilà, c'est compliqué.
01:41Et après, les conséquences, ça va être des conséquences physiques avec des dos qui sont cassés
01:46à force de soulever des bas qui sont trop lourds,
01:48de faire des mouvements répétitifs avec les mains et donc on va avoir des tendinites,
01:52voilà, ce genre de choses.
01:57Un salaire d'embauche maintenant qui a rejoint les minimas de grille du salaire légal en France.
02:03Des libraires anciens dont je fais partie qui gagnent en dehors de leur prime d'ancienneté
02:08à peine plus qu'un vendeur débutant.
02:12Un refus de notre PDG et là, au niveau national,
02:16de nous verser une prime dite Macron ou Covid cette année, malgré les résultats.
02:21Et par le même coût, un reversement aux actionnaires de 30 millions d'euros
02:25pour l'exercice 2021.
02:29Donc ceci, bout à bout, nous sommes exaspérés, nous sommes fatigués, usés.
02:36Cette grève est initiée par les libraires.
02:38Le livre est un marché qui est un gage de rémunération de la FNAC
02:44parce que c'est une marge importante que la FNAC réalise au niveau du produit éditorial
02:49et principalement le livre.
02:51Le livre est un marché relativement stable parce que historiquement stable
02:57et qui génère par contre une grande partie des bénéfices de la FNAC,
03:04tous secteurs confondus.
03:09On est moins centré sur le cœur du métier, c'est-à-dire la gestion de catalogue et le conseil.
03:17On fait plus de manutes, plus de click and collect, plus de retours
03:24et en étant moins nombreux en fait.
03:27Donc forcément, le métier est devenu beaucoup plus physique qu'avant.
03:33Ça fait maintenant 5 ans qu'il n'y a pas eu un mouvement reconductible sur FNAC Paris.
03:38Donc ce mouvement est vraiment à soutenir afin qu'il contamine les autres salariés
03:44qui sont dans les mêmes conditions de travail et qui n'en peuvent plus non plus.
03:47Donc voilà, on va vous laisser vous rapprocher des grévistes qui tiennent le stand.