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  • il y a 6 minutes
Des libraires de la Fnac Saint-Lazare à Paris, en grève perlée depuis le 8 décembre, se sont rassemblés vendredi 14 janvier devant leur lieu de travail. Ils exigent de meilleures conditions de travail, plus de reconnaissance, et des embauches.

Depuis plus d’un mois, des libraires de la Fnac Saint-Lazare se réunissent à Paris pour alerter la direction sur leur mal-être au travail. « Notre quotidien, c’est le rangement et le renseignement avec la clientèle. Mais, depuis quelques années, des tâches se sont rajoutées sans contreparties financières », explique Nicolas Terrenoire, libraire depuis 20 ans à la Fnac Saint-Lazare. Parmi ses tâches, on retrouve par exemple le retour des colis, mais surtout le click & collect, un service en ligne en pleine explosion, et qui induit plus de manutention pour les salariés.

Un métier plus physique
Cette manutention pèse sur le quotidien des libraires. Marlène Papi, employée depuis 21 ans à la Fnac ressent un métier « beaucoup plus physique » que par le passé. Certains employés souffrent au niveau du dos, « cassés » à force de soulever des bacs trop lourds, ou bien des mains diminuées par des tendinites apparues après trop de mouvements répétitifs. « Le click & collect, ça nous a vraiment mis mis dedans » regrette Marlène, qui avoue avoir également du mal à « être partout », alors que le personnel manque, et que les rayons voient défiler des intérimaires de passage qu’il faut former, avant qu’ils ne finissent par disparaître.

Avec le service de click & collect, les libraires doivent honorer les commandes de retrait en une heure top-chrono, commandes qui viennent s'additionner à leurs tâches traditionnelles quotidiennes. « Ça apporte une dose de stress, parce qu'il y a un truc qui vous fait bip, bip, bip, bip, bip en permanence, pour vous rappeler qu’il faut le traiter de suite, alors que l'on est en train de parler avec un client... C'est compliqué », détaille Glareh Khabje-Meuri, représentante du personnel CGT.

« Ce n'est normal de souffrir au travail
»
« À force de ne pas avoir de reconnaissance et d'avoir une charge de travail supplémentaire au quotidien, les gens se sentent écrasés » témoigne l’élue CGT, pour l’ensemble des personnels de la Fnac. « On a des collègues qui sont en burn out. On a récemment un collègue qui est parti en démission, et ce n’est pas normal de souffrir au travail ».

Une partie des souffrances des employés émanent d’un fonctionnement à effectifs réduits, assure Glareh Khabje-Meuri, qui affirme avoir vu le personnel se réduire sous ses yeux, sur une dizaine d’années de présence au sein de l'entreprise: « On était plus de 500 sur l’ensemble des personnels du magasin, et maintenant on est un peu plus de 200». Au niveau des libraires, les grévistes demandent la création de 5 postes à temps complet, et le remplacement des absents longue durée par des embauches en CDD, et non par des intérimaires.

Beaucoup de manifestants pointent du doigt un décalage qui les frappent: la santé

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00:00La plaque nous fait la guerre, et Henrique est aussi, et au reste des théos pour bloquer la paille, la
00:10plaque nous fait la guerre !
00:13A force de ne pas avoir de reconnaissance et d'avoir une charge de travail qui vient s'ajouter tous
00:18les jours,
00:20les gens se sentent écrasés, on a des collègues qui sont en burn-out, on a récemment un collègue qui
00:24est parti en démission,
00:25donc c'est pas toujours évident de savoir dire ok là stop, je suis maltraité, il faut que ça s
00:30'arrête et on va se mettre en action,
00:32et parfois on n'a juste plus la force, donc voilà, on essaye de créer quelque chose de festif,
00:37qui donne de l'énergie et qui donne envie aux gens de se battre pour leurs conditions de travail,
00:42parce qu'il n'y a pas de raison de souffrir au travail, c'est pas normal.
00:50Le mouvement a commencé avec les libraires, qui vraiment n'en pouvaient plus, ils étaient à bout,
00:56et on est en grève, donc à la FNAC Saint-Lazare depuis le 8 décembre.
01:00Sur les gros événements comme ça, il y a aussi les autres FNAC parisiennes qui nous rejoignent.
01:05Pour vous donner un peu une idée des conditions de travail, par exemple au service après-vente,
01:09ils sont tellement peu nombreux qu'ils n'ont même pas le temps de prendre de pause,
01:12donc il y a des jours où ils ne prennent pas de pause.
01:21Maintenant, il y a aussi la tâche du click and collect qui s'est rajoutée,
01:24donc ils doivent honorer les commandes de retrait en une heure que les clients font sur le site.
01:29Donc ça, ça vient se rajouter et ça vient apporter une dose de stress,
01:33parce qu'il y a un truc qui vous fait bip, bip, bip, bip, bip, voilà, en permanence,
01:37pour vous rappeler que là et là, il faut le traiter tout de suite, tout de suite,
01:39alors qu'on est en train de parler avec un client, enfin voilà, c'est compliqué.
01:41Et après, les conséquences, ça va être des conséquences physiques avec des dos qui sont cassés
01:46à force de soulever des bas qui sont trop lourds,
01:48de faire des mouvements répétitifs avec les mains et donc on va avoir des tendinites,
01:52voilà, ce genre de choses.
01:57Un salaire d'embauche maintenant qui a rejoint les minimas de grille du salaire légal en France.
02:03Des libraires anciens dont je fais partie qui gagnent en dehors de leur prime d'ancienneté
02:08à peine plus qu'un vendeur débutant.
02:12Un refus de notre PDG et là, au niveau national,
02:16de nous verser une prime dite Macron ou Covid cette année, malgré les résultats.
02:21Et par le même coût, un reversement aux actionnaires de 30 millions d'euros
02:25pour l'exercice 2021.
02:29Donc ceci, bout à bout, nous sommes exaspérés, nous sommes fatigués, usés.
02:36Cette grève est initiée par les libraires.
02:38Le livre est un marché qui est un gage de rémunération de la FNAC
02:44parce que c'est une marge importante que la FNAC réalise au niveau du produit éditorial
02:49et principalement le livre.
02:51Le livre est un marché relativement stable parce que historiquement stable
02:57et qui génère par contre une grande partie des bénéfices de la FNAC,
03:04tous secteurs confondus.
03:09On est moins centré sur le cœur du métier, c'est-à-dire la gestion de catalogue et le conseil.
03:17On fait plus de manutes, plus de click and collect, plus de retours
03:24et en étant moins nombreux en fait.
03:27Donc forcément, le métier est devenu beaucoup plus physique qu'avant.
03:33Ça fait maintenant 5 ans qu'il n'y a pas eu un mouvement reconductible sur FNAC Paris.
03:38Donc ce mouvement est vraiment à soutenir afin qu'il contamine les autres salariés
03:44qui sont dans les mêmes conditions de travail et qui n'en peuvent plus non plus.
03:47Donc voilà, on va vous laisser vous rapprocher des grévistes qui tiennent le stand.

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