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  • il y a 2 jours
Isolement, précarité, manque de personnel, les aides à domiciles sont en première ligne dans des conditions très difficiles. Aurore Artigue, témoigne de l'espoir que soulève l'action du Collectif national "La force invisible des aides à domicile".

Entretien avec Latifa Madani, journaliste à l'Humanité, à l'occasion du débat "Premiers de corvée/premiers de cordée : fixer les salaires en fonction de l’utilité sociale ?" à la fête de l'Humanité 2021.

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Transcription
00:00Bonjour, Aurore Artigues. Vous avez contribué à créer le collectif national La Force Invisible des aides à domicile.
00:08La crise sanitaire a révélé combien cette force invisible est mal rémunérée et on va dire presque humiliée, oubliée.
00:17Alors expliquez-nous comment vous avez monté ce collectif et en quoi consiste-t-il ?
00:22Alors ce collectif, il a été créé par une aide à domicile du secteur du privé
00:27qui rentrait chez elle suite à une journée compliquée qu'on peut avoir, mais qu'on a eue pendant cette
00:33pandémie
00:34où elle a dû faire face à la détresse humaine, à la détresse de nos bénéficiaires qui se retrouvaient seuls
00:40chez eux.
00:41Et du coup, elle a dit à son conjoint, je suis seule, je suis complètement seule.
00:46Il lui a dit non, non, tu n'es pas seule. Elle a dit oui, je suis seule.
00:50Je ne vois pas mes collègues parce qu'il faut savoir qu'on est isolés, on n'a pas de
00:54contact avec nos collègues.
00:55On travaille avec un téléphone portable qui nous donne notre planning.
00:58Donc c'est notre seul lien avec la société avec laquelle nous travaillons.
01:04Et du coup, elle s'est dit, on va créer un collectif.
01:07Donc elle a regardé un peu sur Facebook, il n'y avait pas trop de choses.
01:10Et elle a créé un collectif sur Facebook que moi j'ai rejoint en septembre 2019.
01:16Et depuis, on va sur les routes, on rencontre les élus.
01:21On a eu un article dans Le Monde.
01:24On va à la rencontre d'élus, d'auxiliaires de vie, d'aides à domicile, de citoyens.
01:29Et nous, ce qu'on dit souvent à nos collègues, c'est tuer d'utilité publique.
01:33Et on doit être reconnu et on est capable d'être reconnu.
01:37Vous avez obtenu des résultats pour le moment ?
01:39Alors, on a obtenu des rendez-vous politiques avec des députés.
01:43Alors, beaucoup de gauche, on va se mentir, bien sûr.
01:47Des élus communistes qui nous soutiennent.
01:49M. Woutrin, qui était ancien sénateur aussi, qui nous suit.
01:54Mais au niveau du gouvernement, pour l'instant, ils sont sourds à nos demandes.
01:58Nous avons fait plusieurs demandes à Mme Brigitte Bourguignon, qui est notre ministre des tutelles,
02:03mais qui ne répond pas du tout.
02:05Et qui, d'ailleurs, est en train de faire la loi Génération Solidarité,
02:10donc la nouvelle loi Grantage, qui ne s'appelle plus comme ça, du coup,
02:13qui est une coquille vide, on ne va pas se mentir, il n'y a rien dedans.
02:17Donc non, on n'est pas du tout entendu par le gouvernement.
02:20On est entendu par la population, par les journalistes,
02:22mais absolument pas par le gouvernement.
02:25Donc on va continuer, on va continuer à faire connaître notre métier,
02:28à faire connaître nos revendications, à faire connaître nos conditions de travail
02:32et à montrer que, en fait, sans nous, les gens ne pourront plus se maintenir à domicile.
02:38Et d'ailleurs, c'est ce qui va se préparer, parce qu'il y a un manque de salariés, de
02:41300 000 salariés.
02:432030, il faudra 300 000 salariés supplémentaires.
02:46Nous ne faisons plus une embauche.
02:48Alors, Orartic, c'est la première fois que les aides à domicile s'organisent comme ça, en collectif ?
02:53Ah oui, c'est quelque chose d'unique.
02:55C'est vraiment l'aide à domicile, c'est un métier tellement isolé.
03:00Et puis avec des personnels précaires, souvent des femmes seules, avec enfants,
03:04qui ont peur, du coup, de perdre leur travail.
03:08Même si elles sont dans la précarité, elles ont peur.
03:09Donc oui, c'est quelque chose d'unique.
03:11Et moi, je sais que ce que je me suis rendu compte à chaque fois que j'ai eu une
03:14aide à domicile au téléphone,
03:15parce que j'en ai eu beaucoup dans toute la France,
03:18c'est ce mot-là, enfin, je ne suis pas seule.
03:23Et ce mot-là, il est revenu souvent.
03:24C'est-à-dire, enfin, je ne suis pas seule.
03:26Et enfin, je peux m'unir avec d'autres personnes, avec d'autres collègues.
03:31Et on peut être une force.
03:33Et oui, je pense que là, c'est quelque chose qui est en train de se passer.
03:35Alors, après, enfin, je ne suis pas seule, on attend le enfin, je suis reconnue.
03:40C'est ça. On entend le enfin, je suis reconnue.
03:42Merci beaucoup, Orartic.
03:43Merci à vous aussi.
03:44Belle fête à vous.
03:45Au revoir.
03:53Sous-titrage Société Radio-Canada
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