00:13C'est une fête populaire, on a le sens du terme, c'est important d'y participer,
00:19il y a vraiment quelque chose de festif, moi j'aime beaucoup l'ambiance qui règne,
00:24c'est l'endroit où il faut être.
00:33Le mouvement des soignants, c'était assez ironique, j'ai trouvé, parce qu'au début,
00:41ces gens sont descendus dans la rue, et Dieu sait s'ils avaient des raisons de descendre
00:47dans la rue, au départ, il y a pas mal de gens qui trouvaient ça un peu, comme souvent
00:52les luttes comme ça, et puis quand est arrivée la pandémie, on a compris que ces gens avaient
00:59une sacrée raison d'être dehors, parce que voilà, c'est tous les services publics
01:04qu'on fout en l'air, j'ai fait récemment un documentaire pour la chaîne LCP qui va être
01:11diffusé ce mois-ci, sur la misère des étudiants, parce qu'il n'y a pas d'autre mot, ça
01:17s'appelle
01:17mort sociale, et en fait, voilà, je pense qu'on assiste à une volonté délibérée de foutre
01:26en l'air les services publics, que ce soit les soins, mais aussi l'éducation, c'est plus
01:31que justifier que ces gens soient dans la rue, que ce soit pour leur salaire, pour leur outil
01:37travail, donc voilà, moi je suis solidé à tout ça, et je trouve ça terrifiant, je trouve
01:43ça surréaliste dans un pays comme le nôtre, qui a des taux de misère comme ça, j'ai rencontré
01:48des étudiants qui vivent avec 7 euros par mois, j'ai rencontré un couple qui font un repas
01:52par semaine à deux, donc je pense que c'est le reflet de plein plein de choses, et que,
01:59enfin, voilà, il ne faut rien lâcher, quoi.
02:02Je pense qu'aujourd'hui, on est dirigé par des comptables, ces gens dirigent les pays
02:14comme on gère une société, et donc le facteur humain là-dedans, il est insignifiant, quoi.
02:22Ce qui est assez surprenant avec la gouvernance Macron, c'est la déconnexion totale avec
02:30les réalités du terrain, quoi.
02:32Ça, c'est surréaliste.
02:34Ces gens n'ont aucune conscience, aucune connaissance de rien, et je ne pense aucun respect de tout
02:40ça, quoi.
02:41Moi, ce que je retiens, là, dans le périple que j'ai fait, mon documentaire, je l'ai
02:45fait dans l'Est, il y a toujours eu de la colère dans ce pays vis-à-vis des gouvernants,
02:49et parfois légitimes, parfois, voilà, c'est très français.
02:53Moi, c'est la première fois que je perçois de la haine, et la haine, c'est quand même…
02:59Mais je ne sais même pas s'ils ont conscience de ça, quoi.
03:03Mais je trouve qu'il y a un mépris assumé sur tout ce qu'ils appellent les forces vives
03:10de la nation et de ce qui fait vivre cette nation, quoi.
03:15Et je trouve ça assez honteux, quoi.
03:28On parle toujours du mal, mais très rarement de la cause du mal.
03:32Quand vous allez chez un médecin qui vous fait un diagnostic, il va vous expliquer la
03:36cause de votre mal.
03:37Et en société, ça devrait être la même chose.
03:39Mais on ne voit que le mal, donc on ne tient pas compte de ce qu'il y a derrière,
03:45des
03:46raisons à tout ça.
03:48Voilà, c'est la seule réponse trop souvent aujourd'hui qu'ont les États.
03:53Et là, c'est une réponse sécuritaire.
03:59En plus, là, on rentre dans un cycle électoral.
04:03Donc la sécurité, tout le monde a ça dans la bouche.
04:07Il n'y a pas de discernement, quoi.
04:09Et on ne peut pas vivre reclus sur soi-même.
04:13Il faut absolument qu'on désigne des coupables, qu'on met tout ça à la vindicte et tout.
04:20Et franchement, c'est aussi le fait que tout est sur l'émotion.
04:25Il n'y a plus de réflexion, il n'y a plus de recul sur les choses.
04:30Et donc, comme tout va très vite, tout est tout de suite sur l'émotion, quoi.
04:35Donc voilà, les gens s'emportent.
04:37Et c'est ce qui fait qu'on entend ce qu'on peut entendre parfois
04:39et ce que certains osent dire, quoi.
04:42Tous les propos nauséabonds qui sont devenus maintenant d'une banalité terrifiante, quoi.
04:57Vous savez, parfois on fait des choses, on est en phase...
05:00On est en harmonie avec un moment, avec un instant de vie, avec un...
05:04Ça, c'est très difficile à expliquer concrètement parce que c'est très rare
05:10pour un artiste, quel que soit l'artiste, d'avoir...
05:14Enfin, c'est exceptionnel, je dirais, d'avoir un titre ou des titres qui traversent le temps, comme ça.
05:20Je ne sais pas, moi j'ai toujours dit, je pense qu'il y a un bon livre de guitare
05:23et un texte qui tient la route, quoi.
05:28Après, pourquoi les gens se l'approprient ?
05:30Pourquoi c'est...
05:33C'est...
05:34Ça, c'est... Moi, je ne peux pas...
05:37Honnêtement, je ne peux pas répondre à ça.
05:39Moi, j'ai fait ça dans un instant parce que ça correspond à quelque chose de bien précis.
05:44Donc, je ne sais pas, peut-être que...
05:47Ces choses bien précises qui m'ont inspiré à l'époque où j'ai écrit ça, c'était dans les
05:53années 80.
05:55Malheureusement, ces choses n'ont pas bougé, donc les gens continuent de...
06:00de scander...
06:00Voilà, je pense que c'est un champ de combat, ouais.
06:04Et c'est très bien comme ça.
06:13Tous les soirs quand je quitte la Seine, je leur dis la même chose.
06:16Je leur demande de rester vigilant et de rester en colère.
06:19pas pour tout casser, mais simplement pour rester ouvert et vraiment de se préoccuper de ce qui se passe, quoi.
06:30D'être partie intégrante dans les choses, quoi.
06:32De ne pas se détacher des choses ou de pas...
06:35Même si on est aujourd'hui dans une société où c'est très cynique, où c'est très...
06:40Mais voilà, il faut être solidaire.
06:45C'est essentiel aujourd'hui, d'être solidaire et surtout de rappeler que l'antidote à la haine, c'est
06:53le discernement.