00:00La lutte est payée. Même quand c'est long, quand c'est difficile, il faut s'unir en fait.
00:05Parce que si une lutte doit payer, c'est l'union.
00:08Parce que si ensemble on est divisé, la lutte, même malgré que ça fait deux jours, ça ne peut pas
00:13durer.
00:14Mais si nous sommes unis, la lutte est due, même si elle est longue, la victoire est devant.
00:19On ne peut pas arriver. Sans ça, on ne peut pas arriver. Sans ça, on ne peut pas arriver.
00:27Sans ça, on ne pouvait pas gagner. Sans ça, on ne pouvait pas gagner.
00:32Mais c'est très important pour nous de fêter cette belle victoire parce que, de bas, on le mérite.
00:39Parce que quand même après 22 mois de lutte, ça se mérite puisqu'on a vraiment traversé les vents et
00:45les marées.
00:46C'est une lutte qui n'a pas été facile. C'est une lutte qui a été très, très, très
00:49difficile.
00:50Il est temps de venir faire cette victoire avec nos enfants qui ont souffert pendant cette lutte-là
00:55et de venir là, à la belle étoile, faire cette belle victoire avec toutes nos familles.
00:59Beaucoup n'avaient pas cru qu'on allait gagner notre combat.
01:05Beaucoup étaient découragés. Personne ne croyait plus.
01:08Mais aujourd'hui, le résultat est là. Nous avons gagné notre lutte.
01:13Donc, notre victoire doit donner des exemples à d'autres personnes, de sortir, de refuser l'exploitation.
01:21Et comme je l'ai dit, de chercher un bon syndicat. Parce que quand même, dans cette lutte, sans syndicat,
01:26on n'est rien.
01:27Voilà. Donc, c'est vrai qu'on lutte, mais il faut des bons syndicats derrière pour être protégés, pour pouvoir
01:32suivre ce combat-là.
01:51La victoire pour nous, ça représente vraiment un exemple de lutte, de persévérance, mais aussi de courage.
02:00C'est un peu ça qu'on veut. On ne veut pas être héroïsé, entre guillemets, un peu dans un
02:07récit un peu fantastique et romanesque.
02:10On veut vraiment que ça serve d'exemple de persévérance et de ses possibles, en fait.
02:17C'est-à-dire, peu importe la puissance du groupe qu'on a en face, c'est-à-dire, en
02:22l'occurrence, là, c'était le groupe Accor,
02:23qui est quand même le sixième mondial, le premier en France et en Europe.
02:26Eh bien, quand on a un groupe de personnes déterminées soutenues par la population, soutenues par un syndicat,
02:33soutenues très généralement, eh bien, c'est possible d'arracher des victoires.
02:38On avait vécu la même chose pendant 22 mois.
02:41Des moments de questionnement, des moments tendus, des moments de joie aussi, des moments de fou rire,
02:48des moments un peu de désespoir aussi, en fait.
02:51C'était tout ça. On passait d'une émotion à l'autre.
02:57Et c'est vrai que tous ces différents événements, y compris ceux du désespoir, nous ont soudés,
03:05nous ont forgés quelque part et nous ont renforcé les liens de camaraderie qui existent entre nous
03:12parce qu'on a appris à se connaître, on a appris à se battre ensemble, on a appris à s
03:17'encourager les unes les autres.
03:19Et c'est vrai que, voilà, les liens sont vraiment très, très, très, très forts, en fait.
03:24Très, très forts.
03:24Dans un moment où le mouvement social était quand même un petit peu au ralenti,
03:29elles ont continué le combat, elles l'ont fait de manière collective
03:33et je crois qu'elles ont montré qu'elles se battaient parce que ce sont des femmes.
03:38Elles se battaient aussi parce qu'en tant que femmes de multiples origines,
03:43elles étaient d'autant plus méprisées.
03:45Elles se battaient aussi parce qu'elles appartenaient à une classe, la classe des exploités.
03:50Donc c'est à trois titres qu'elles se battaient.
03:52Et ces trois titres-là, elles les ont conjugués avec beaucoup de simplicité,
03:58avec beaucoup d'humanisme et elles ont montré qu'ensemble,
04:01elles pouvaient faire reculer finalement les patrons d'accord.
04:06Et elles ont pu faire entendre cette voix en disant,
04:09nous, on est ici, on est en France, on travaille,
04:12on a besoin d'être respectés, d'être considérés pour le métier que l'on fait.
04:15Parce qu'être femme de chambre, eh bien, c'est un métier.
04:18C'est un métier où il y a eu beaucoup d'accidents du travail.
04:21Quand elles sont venues au Sénat, elles ont montré qu'elles avaient des douleurs au niveau du dos.
04:25Elles portent des charges extrêmement lourdes.
04:28Et elles ont montré que ce n'était pas quelque chose que l'on faisait comme ça,
04:31comme un passe-temps, parce que finalement, comme ce sont des femmes,
04:34il est bien connu que les femmes, eh bien, elles font naturellement le ménage,
04:37elles font naturellement la cuisine, elles s'occupent des enfants, etc.
04:40C'est un métier qui exige de la formation, qui exige un savoir-faire.
04:43Et c'est un métier qui doit être reconnu à la place, qui doit être la sienne.
04:47Elles ont gagné de 250 à 500 euros d'augmentation de salaire,
04:51avec une prime de panier de 7,30 euros par jour,
04:54le relèvement de leurs qualifications,
04:57et également l'augmentation de la mensualisation pour certaines,
05:01passage à temps complet, augmentation des horaires.
05:03Elles ont gagné aussi une pointeuse, avec relevé des hebdomadaires, des pointages,
05:07ce qui permet de contrôler la durée du travail.
05:09C'est la fin du travail à la Chambre.
05:11Et donc, dorénavant, on paiera ces salariés-là à l'heure,
05:14avec des cadences indicatives qui ont diminué de 20%.
05:17Voilà, on a gagné aussi deux représentants de proximité sur le site,
05:21ce qui permet au passage de faire la nique aux ordonnances Macron,
05:24qui avaient supprimé les délégués du personnel.
05:27Donc voilà, toute une série d'avancées très significatives.
05:31Et ce conflit est vraiment, je dirais, un symbole
05:35pour toute cette classe ouvrière de l'hôtellerie et de la sous-traitance,
05:38qui permet aujourd'hui de dire qu'on peut relever la tête dans ce secteur
05:41et on peut gagner.
05:43La lutte, ou entre guillemets la grève,
05:46c'est l'unique langage que les patrons écoutent.
05:49Parce qu'actuellement, on vit dans une société
05:52là où la négociation à l'amiable n'existe plus,
05:55si ce n'est pas les paroles.
05:57Donc, ce que moi je veux dire aux travailleurs,
06:00on ne travaille pas pour souffrir,
06:02on travaille pour vivre et pour avoir de l'argent.
06:05Alors, quand il y a quelque chose qui ne va pas,
06:07à leur poste de travail,
06:09c'est mieux de dénoncer, de sortir,
06:13de lutter.
06:14Parce que c'est en luttant
06:16qu'on peut aller en avant.
06:18Parce que s'il n'y a pas la lutte,
06:21il n'y a rien, il n'y a que la souffrance.
06:23Et aujourd'hui, moi je suis sorti vainqueur,
06:25j'ai dit stop, et mais voilà,
06:27la victoire est là.
06:28Toute lutte paye.
06:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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