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L'Humanité était en direct avec les raffineurs de l'usine Total à Grandpuits, qui ont ouvert la mobilisation parisienne intersyndicale du 4 février. En grève depuis maintenant un mois, les grévistes de la seule raffinerie d'Île-de-France s'opposent au plan social de Total annoncé en septembre. Celui-ci pourrait entraîner 700 suppressions de postes (200 emplois chez Total et 500 chez les sous-traitants), et précéderait une transition du site vers une plateforme de production de biocarburant, et de bioplastique.

Alors que le groupe pétrolier justifie son projet pour s'inscrire dans des techniques industrielles plus respectueuses de l'environnement, il ne s'agit que d'un "prétexte" selon Adrien Cornet, délégué syndical CGT à la raffinerie de Grandpuits.

"Total prend soit-disant le virage écologique, sauf qu'il creuse actuellement un pipeline de 1500 km en Ouganda, en plein milieu des parcs naturels, tout en forçant la population à être délocalisée !" dénonce le raffineur.

Pour Adrien Cornet et ses collègues, pas de doute: "en réalité, Total veut tout simplement délocaliser dans des pays où les normes sociales et environnementales sont bien moindres".

Une situation que les raffineurs ont du mal à digérer en analysant les profits de l'entreprise pétrolière: "Total, en 2020, c'est 7 milliards de dividendes. Ils ont largement les moyens de concevoir un projet d'ampleur à Grandpuits" se désole le représentant du personnel qui accuse le groupe de profiter de la crise sanitaire pour "noyer leur plan dans la masse de la casse sociale".

Les raffineurs de Grandpuits maintiennent leur grève jusqu'au 11 février, date de la prochaine assemblée générale des syndicats CGT, FO et CFDT engagés dans le blocage du site.

Le 9 février, ils entendent se mobiliser en nombre au pied de la Tour Total, à la Défense: "il va falloir venir en masse, instaurer un gros rapport de force pour imposer à Total d'arrêter ces suppressions d'emploi".

Pour les soutenir, la caisse de grève est disponible sur : 👉https://www.cotizup.com/raffineursgpsggvenlutte

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#Grandpuits

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Transcription
00:00Fin septembre, on a appris un plan social de 700 suppressions d'emplois
00:05sous prétexte de transition écologique.
00:07Total veut fermer les capacités de raffinage
00:09alors qu'en réalité, à Grand-Puy, il veut simplement les délocaliser
00:14dans des pays où le terme social et environnemental sont moindre.
00:18Et nous, on se barre pour que demain, les 700 jeunes
00:22qui potentiellement pouvaient trouver du travail à Grand-Puy
00:25puissent le faire encore en 2024.
00:27C'est très important pour nous de dire qu'on est dans la rue
00:31pour se battre pour l'emploi, pour que dans le futur projet,
00:35parce qu'il y a énormément de trous dans la raquette dans le futur projet
00:38par rapport à la sécurité, par rapport aux conditions de travail futures,
00:43à la maintenance, etc.
00:44Et c'est pour ça qu'on se bat, on est dehors, pour se battre pour l'emploi,
00:47pour les jeunes et on est déterminés.
00:49Alors comment le groupe Total justifie l'arrêt du raffinage sur votre site ?
00:54Alors soi-disant que Total, en fait, prend le virage écologique,
00:58sauf qu'en parallèle de fermer les capacités de raffinage à Grand-Puy,
01:02il creuse un pipeline de 1500 km en Ouganda,
01:05au plein milieu des parcs naturels,
01:07en forçant la population à être délocalisée.
01:10Et nous, on se bat contre ça, en dénonçant ça,
01:13et plus particulièrement pour assurer l'emploi du bassin Séné-Marnais
01:17et du bassin francilien.
01:19Alors, comment Total,
01:21juste du coup, l'arrêt,
01:23je vais vous demander de nous expliquer,
01:24mais comment Total va-t-il délocaliser
01:28les capacités de raffinage
01:30qui existaient sur ce site de production Séné-Marnais ?
01:33Eh bien, tous les produits finis
01:34vont être importés
01:36de pays où les normes sociales et environnementales sont moindres,
01:39par rapport à la France,
01:40comme par exemple l'Arabie Saoudite,
01:42Djubaï,
01:43d'autres raffineries en Asie,
01:45où il n'y a pas de CHSCT,
01:46pas de syndicat combatif, etc.
01:54Combien d'emplois directs et indirects
01:55sont menacés par cette restructuration
01:58et cette reconversion du site ?
02:00Alors, on a 200 emplois chez Total,
02:02500 chez les sous-traitants,
02:04et ensuite, il faut compter le nombre de boulangeries,
02:06de pizzerias,
02:07de commerces qui vont fermer,
02:09parce que c'est des gens qui font vivre les commerces,
02:11des gens qui consomment,
02:12des gens qui ont des salaires,
02:13qui les éloignent de la précarité
02:15et qui font vivre d'autres gens,
02:16sans compter les services publics,
02:18les écoles, les postes.
02:19La Seine-et-Marc va devenir un désert
02:21à cause de Total,
02:23qui a largement les moyens,
02:25parce que Total, en 2020,
02:27c'est 7 milliards de dividendes,
02:28donc ils ont largement les moyens
02:30de faire en sorte
02:31de faire un projet d'ampleur
02:33à la raffinerie de Grand-Puy,
02:34plutôt que de faire un projet à minima,
02:37qui soit juste une vitrine verte,
02:38sous prétexte de transition écologique.
02:41En réalité, il veut supprimer,
02:43il veut casser l'emploi.
02:44Et la crise sanitaire,
02:47selon vous,
02:47est-elle une opportunité pour le groupe
02:51à justement lancer ce projet de reconversion
02:55justement durant cette période
02:57particulièrement difficile pour l'économie ?
02:59Bien sûr.
03:00L'idée, c'est quoi ?
03:00C'est de se noyer, en fait,
03:02dans la masse de la case sociale.
03:04C'est des milliers et milliers
03:04de suppressions d'emplois.
03:06Et Total, en fait,
03:07sort toujours cette excuse de dire
03:09« Mais regardez ce qui se passe chez BP,
03:10c'est 10 000 emplois.
03:12Regardez ce qui se passe dans les autres groupes.
03:13C'est Airbus,
03:14c'est des milliers de suppressions d'emplois et tout.
03:16Moi, j'en supprime que 700 à Grand-Puy. »
03:18Mais Total, rien que sur l'année 2021,
03:222020, c'est 4 milliards de bénéfices.
03:24Alors qu'on est dans la pire crise
03:26depuis les années 30.
03:27C'est pas une petite PME qui s'écroule.
03:31Alors, sur le site,
03:32comment ça se passe au niveau ?
03:33Est-ce qu'il y a une intersyndicale qui fonctionne ?
03:35Alors, on est dans la grève
03:36avec Force Ouvrière et la CFDT
03:38depuis le 4 janvier.
03:40Et on reste ensemble dans la grève
03:42juillet au 11 de la prochaine Assemblée Générale.
03:47Quelles sont les actions à venir
03:48que vous entreprenez dans les jours,
03:51les semaines qui viennent ?
03:52Dans les jours, les semaines qui viennent,
03:53dimanche 7 janvier,
03:55vers midi,
03:56on fait un rassemblement
03:58avec tous les soutiens,
03:59tous ceux qui peuvent venir.
04:01On organisera une journée de soutien
04:05avec tous les Séné-Marnais,
04:06les Franciliens
04:07et tous les groupes
04:08qui, depuis le départ, nous soutiennent
04:09et les autres qui veulent apporter
04:13cette chaleur et cette solidarité
04:15qui manque aujourd'hui.
04:16On la voit, nous,
04:17on a vu beaucoup de solidarité
04:18avec les ouvriers,
04:19les cheminots, les traminots,
04:21les gars de l'énergie.
04:22Et aujourd'hui, on voudrait répandre
04:24notre stratégie qui est la grève.
04:26Et c'est pour ça que dimanche,
04:27on appelle à une grosse journée de soutien
04:28sur la raffinerie Grand Puy.
04:30Et la grosse journée
04:31où on va devoir imposer
04:33un rapport de force
04:33et des centaines,
04:35voire des milliers
04:35au pied de la tour totale,
04:37c'est mardi 9 février.
04:38Il va falloir venir en masse
04:40pour imposer, en fait,
04:42un total de renoncer
04:43à ces 700 suppressions d'emplois.
04:46Et notamment, nous,
04:48ce qu'on porte,
04:49c'est vraiment un projet
04:50avec zéro suppression d'emplois
04:52en disant,
04:53de toute façon,
04:54dans le futur projet,
04:55il y a des manquements
04:56en termes de sécurité.
04:57Nous avons des besoins,
04:58nous avons des CDD embauchés,
04:59des intérimaires embauchés.
05:01Vous avez tout ce qu'il faut
05:02pour faire en sorte
05:03que les jeunes de demain
05:05trouvent du travail
05:06et vous en avez les moyens.
05:07C'est à vous de payer,
05:08ce n'est pas à nous.
05:09Vous avez mis une caisse de grève
05:10en route ?
05:12La caisse de grève,
05:13donc en ligne,
05:14sur Cotisab,
05:15c'est très simple.
05:16Vous tapez caisse de grève
05:16Grand Puy
05:17sur n'importe quel moteur
05:18de recherche,
05:18vous la trouvez.
05:20C'est très important.
05:20La caisse de grève,
05:21c'est une arme fondamentale
05:22pour tenir.
05:23Ca fait un mois
05:24qu'on est en grève.
05:24C'est usant,
05:25c'est fatigant,
05:26c'est dur,
05:26mais on ne lâchera rien
05:27parce que c'est pour nous
05:28et c'est pour les autres
05:29qu'on fait ca.
05:31Merci Adrien.
05:32Et sinon,
05:33vous bénéficiez de soutien
05:34en Seine-et-Marne
05:36ou au niveau du département,
05:38même à l'échelle nationale ?
05:40Oui, bien sûr.
05:40On a l'union départementale
05:42de la CGT qui nous soutient,
05:44mais pas que.
05:44Des groupes militants
05:46comme le groupe Interpro de Melun,
05:48le groupe Provinois
05:49qui sont autour de Provins.
05:51En Ile-de-France,
05:52on a aussi beaucoup de soutien.
05:54On a la Fédération nationale
05:56de l'industrie chimique
05:57qui nous soutient,
05:58la Confédération.
06:00Et puis,
06:00des cheminots,
06:01des traminaux,
06:02des travailleurs.
06:03Énormément de travailleurs
06:04viennent sur nos piquets de grève
06:06nous apporter des chèques.
06:07La RATP,
06:09la SNCF,
06:10ces travailleurs
06:11qui savent
06:12à quel point on se ressemble,
06:14à quel point on a des destins
06:15qui sont liés,
06:16qui sont communs.
06:17Et c'est pour ça
06:17qu'on doit se battre ensemble.
06:20Merci, Adrien.
06:21Et bon courage
06:22pour votre lutte.
06:24Et bonne manifestation.
06:25Merci à vous.
06:26Merci.
06:26Bonne journée.
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