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  • il y a 1 semaine
Entre colère et dépit, plus d'une centaine de personnes ont de nouveau manifesté à Pantin mercredi 6 octobre contre la présence d'usagers du crack, déplacés sur un site de Paris à la lisière de leur quartier populaire.

La manifestation a démarré près d'un mur, surnommé "mur de la honte" et construit à la hâte sur ordre de la préfecture de police de Paris, censé éviter le passage vers la banlieue des usagers du crack...qui le contournent et errent à proximité.

« Le coin est très modeste, avec une pauvreté présente depuis bien longtemps » regrette Guillemette, habitante du quartier. « Il y a déjà les migrants déjà présents en nombre dans un campement Porte de la Villette, et maintenant, on y rajoute le crack » déplore la jeune femme, qui conclue : « Ça ne fait que rajouter de la misère à la misère... ». Pour cette riveraine, il faut « vraiment accompagner les crackers et ne pas les abandonner, c’est le sens de notre slogan « soignez-les, protégez-nous ».

Dans le cortège de riverains, plusieurs autres phrases sont scandées alors qu’ils traversent les rues de Pantin: « Darmanin, ton mur, on en veut pas ! » ou encore « pas de crack à la Villette ». La semaine précédente, plus de 200 personnes étaient présentes pour manifester.

Laura, une autre habitante du quartier, s’indigne: « prendre des gens d’un endroit et les balancer à un autre endroit comme si c’était des fétus de paille, comme s’ils n’étaient rien, sans aucune solution, c’est honteux », faisant référence au déplacement par les forces de l’ordre, fin septembre, de plusieurs dizaines de consommateurs de crack depuis les jardins d’Éole -haut lieu de la consommation de crack du nord-est de la capitale- jusqu’au square de la Porte de la Villette.

Laura est à ce propos en colère contre le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin en personne: « qu’il se permette de dire que les crackers ne sont à proximité directe de riverains… Je suis quoi, alors, moi, concrètement ? » interroge-t-elle, écoeurée. Tout en pointant du doigt un paradoxe: « Comment se peut-il que la 6ème puissance mondiale ne puisse pas enduiguer un problème comme celui-ci, qui perdure depuis des décennies ? Comment ? ».

Bertrand Kern, le maire de Pantin (PS), était aux côtés des manifestants pour dénoncer cette situation. « Ce mur, c’est comme si l’on créait une nouvelle fracture entre Paris, Pantin 4 Chemins et Aubervilliers 4 Chemins », regrette l’élu, qui fait référence à la fracture entre Paris et la banlieue, marquée par le périphérique. « Nous avions un passage sous voute qui permettait d’aller directement à Paris depuis Pantin, à pieds ou à vélo, il est désormais fermé et symboliquement c’est inacceptable », appuie le maire PS, qui a appris la construction du mur par voie de presse.

Pour l’élu local, la construction de ce mur n’est pas une solution. « Je crois qu’il faut ouvrir des salles pour les accueillir les crackers, pour qu’ils consomment sous surveillance médico-sociale, de manière à ce que petit-à-petit on

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Transcription
00:04Musique
00:12En fait le coin est très modeste et a beaucoup de pauvreté et en fait on rajoute à la pauvreté
00:22donc en plus il y a les pauvretés je pense qui sont présentes depuis longtemps, il y a les migrants
00:26qui sont aussi à port de la Villette et là on rajoute du crack, rajouter de la pauvreté et de
00:30la misère à de la pauvreté
00:31je trouve que c'est vraiment violent
00:32Ce que j'aime bien aussi dans cette manifestation c'est qu'on dit protégez-les, protégez-nous
00:41et je pense qu'il faut vraiment accompagner les craquets là-dessus et qu'on ne peut pas les abandonner
00:45non plus
00:49Prendre des gens d'un endroit et ensuite les balancer à un autre endroit comme si c'était des fêtus
00:57de paille
00:57comme s'ils n'étaient rien, sans aucune solution, c'est honteux
01:02et puis apprendre ça par les médias un vendredi matin et que le ministre de l'Intérieur se permette de
01:11dire
01:11qu'ils ne sont pas à proximité de riverains, alors je suis quoi alors ?
01:15Concrètement je suis quoi ?
01:16Ce quartier a suffisamment de problèmes, des problèmes que des associations de quartiers
01:22essaient d'endiguer avec le maire, ça prend du temps, c'est pas simple
01:26et on en rajoute encore par-dessus quoi, c'est de la merde sur de la merde quoi
01:31et c'est un problème complexe, personne ne le nie, c'est un problème complexe
01:36mais c'est un problème qui dure depuis des années
01:37et qu'une puissance, la 6ème ou la 5ème selon les chiffres qu'on veut prendre
01:43puissance mondiale, ne puisse pas indiquer un problème comme ça depuis des décennies
01:47mais c'est juste honteux quoi, c'est juste honteux
01:52On a mis soigné d'abord parce qu'on reste quand même humain malgré tout ce que cela engendre
01:57la présence, les difficultés au quotidien, les gens qui commencent à squatter
02:03et protégez-nous bien sûr, le mot veut dire ce qu'il veut dire
02:06on est inquiets pour nos enfants, on a peur
02:09l'hiver arrive, les nuits vont tomber tôt et ça va être dur
02:16Vous aviez des craqueurs dans le jardin des halls à Paris
02:20et la maire de Paris demandait à l'Etat de les prendre en charge
02:24et M. Darmanin a décidé de leur évacuation sur le square Forceval
02:29qui est juste derrière, qui est situé Porte de la Villette
02:32On passe notre temps, nous les élus locaux
02:34Mairie de Paris, Mairie de Pantin, Mairie d'Aubervilliers
02:36à essayer de recréer un lien entre nos communes
02:39Vous savez, le périphérique c'est une grosse fracture
02:41et là nous avions un passage sous voûte
02:44qui permettait d'accéder à Paris directement, en vélo, à pied essentiellement
02:48et ce passage est fermé et symboliquement c'est inacceptable
02:52c'est comme si on créait une nouvelle coupure entre Paris, Pantin, les 4 chemins
02:56et Aubervilliers, les 4 chemins
02:58Je sais que c'est pas très, comment dire, populaire
03:01mais je crois qu'il faut ouvrir des salles pour les accueillir
03:04pour qu'ils consomment le crack
03:06avec sous observation médico-sociale
03:09de manière à ce que petit à petit on recrée du lien
03:12et qu'on réinsère ces personnes dans une possibilité de parcours d'insertion
03:17ça a été expérimenté au Danemark, en Autriche, en Suisse
03:20ça marche, ça marche pas à 100% mais ça marche
03:24aujourd'hui il faut savoir sur les 600 crackers qui traînaient dans la rue
03:28il y en a à peu près 350 à 400
03:30qui ont été pris en charge par les services sociaux et sanitaires
03:34et qui sont aujourd'hui dans des hébergements d'urgence
03:36c'est la compétence de l'Etat
03:38il faut que l'Etat aille jusqu'au bout de sa démarche
03:40nous nous donnons de nouveau rendez-vous
03:43à moins qu'ils aient évacué les personnes derrière ce mur
03:48qui souffrent dans la pluie, le froid, la boue
03:52alors à ce moment-là on viendrait quand même pour fêter ça
03:57mais sinon on vient là de nouveau
03:59mercredi prochain à 18h
04:02ici pour continuer la lutte

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