- il y a 1 jour
Constatant une dérive autoritaire liée à l’état d’urgence, la LDH a initié des observatoires des libertés publiques / pratiques policières dans plusieurs villes et départements, afin de rendre compte de façon objective de la réalité du terrain afin d’alerter sur les violences policières en manifestations.
Depuis l’automne 2018, des citoyens se sont mobilisés contre l'augmentation du prix des carburants automobiles résultant de la hausse d’une taxe sur les produits énergétiques. Ce mouvement dit des « gilets jaunes » s’est élargi rapidement à des revendications sociales et politiques. Les manifestations ont donné lieu à une répression policière particulièrement violente, occasionnant de nombreuses blessures et même des mutilations.
Les manifestations se sont poursuivies en 2019 et début 2020, et ont été rejointes par les mouvements sociaux contestant notamment le projet de réforme des retraites envisagée par le gouvernement Macron.
Mais ces violences s’exercent aussi à l’occasion de contrôles, d’interaction entre la police et la population. Des collectifs de familles de victimes se sont constitués. Des policiers ont eux- mêmes dénoncé récemment des échanges et des comportements racistes de la part de certains de leurs collègues.
Mi-juin 2020, un collectif d’artistes créait une fresque représentant les visages de George Floyd et Adama Traoré, deux hommes noirs décédés lors d’interventions policières, l’un aux États-Unis l’autre en France. Cette fresque porte une inscription «Contre le racisme et les violences policières». Elle a fait l’objet de vives contestations d’un syndicat de police, amené un ministre à tenir des propos honteux pour la République et le Préfet du département à ordonner d’effacer le terme « policières », dans un mélange des genres assez étonnant pour une création artistique.
Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, en partenariat avec la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le mercredi 9 septembre 2020 au siège parisien de la Mutuelle générale de l'Éducation Nationale (MGEN).
Avec :
Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police Île-de-France,
Azzedine Taïbi, maire de Stains,
Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH,
Daniel Veron, représentant de l’Observatoire de la liberté de création,
Nathalie Tehio, représentante de l’Observatoire des libertés publiques (Paris)
Le débat est animé par Eugénie Barbezat, Journaliste à l’Humanité
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Depuis l’automne 2018, des citoyens se sont mobilisés contre l'augmentation du prix des carburants automobiles résultant de la hausse d’une taxe sur les produits énergétiques. Ce mouvement dit des « gilets jaunes » s’est élargi rapidement à des revendications sociales et politiques. Les manifestations ont donné lieu à une répression policière particulièrement violente, occasionnant de nombreuses blessures et même des mutilations.
Les manifestations se sont poursuivies en 2019 et début 2020, et ont été rejointes par les mouvements sociaux contestant notamment le projet de réforme des retraites envisagée par le gouvernement Macron.
Mais ces violences s’exercent aussi à l’occasion de contrôles, d’interaction entre la police et la population. Des collectifs de familles de victimes se sont constitués. Des policiers ont eux- mêmes dénoncé récemment des échanges et des comportements racistes de la part de certains de leurs collègues.
Mi-juin 2020, un collectif d’artistes créait une fresque représentant les visages de George Floyd et Adama Traoré, deux hommes noirs décédés lors d’interventions policières, l’un aux États-Unis l’autre en France. Cette fresque porte une inscription «Contre le racisme et les violences policières». Elle a fait l’objet de vives contestations d’un syndicat de police, amené un ministre à tenir des propos honteux pour la République et le Préfet du département à ordonner d’effacer le terme « policières », dans un mélange des genres assez étonnant pour une création artistique.
Débat dans le cadre de la fête de l'Humanité, en partenariat avec la Ligue des droits de l'Homme (LDH), le mercredi 9 septembre 2020 au siège parisien de la Mutuelle générale de l'Éducation Nationale (MGEN).
Avec :
Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police Île-de-France,
Azzedine Taïbi, maire de Stains,
Marie-Christine Vergiat, vice-présidente de la LDH,
Daniel Veron, représentant de l’Observatoire de la liberté de création,
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00:00:00Bonjour à tous et merci d'assister à ce débat. Ce débat intitulé Libertés publiques, censure et violences policières, organisé
00:00:08en partenariat avec la Ligue des droits de l'homme.
00:00:11Alors la Ligue des droits de l'homme a constaté depuis quelques années déjà une dérive autoritaire liée d'abord
00:00:17à l'état d'urgence et a initié à ce moment-là des observatoires des libertés publiques
00:00:22et des pratiques policières dans plusieurs villes et départements afin de rendre compte de manière objective de la réalité du
00:00:30terrain et d'alerter sur les violences et pratiques abusives de la police,
00:00:34notamment lors de manifestations. Depuis l'automne 2018, avec l'arrivée du mouvement des Gilets jaunes, ça a donné lieu
00:00:44à une répression policière particulièrement violente,
00:00:47occasionnant de nombreuses blessures et même des mutilations. Ces comportements abusifs ont également été constatés auparavant lors des manifestations contre
00:00:57la réforme des retraites,
00:00:58les mouvements lycéens et étudiants ou encore même des manifestations écologistes. Mais ces violences s'exercent aussi à l'occasion
00:01:06de contrôles,
00:01:07notamment dans les quartiers populaires et envers certaines catégories de populations. Ces interactions entre la police et la population sont
00:01:15de plus en plus violentes,
00:01:17notamment de la part de la police. Alors des collectifs de familles de victimes se sont constitués. Des policiers eux
00:01:25-mêmes ont dénoncé récemment des échanges
00:01:27et des comportements racistes de la part de certains de leurs collègues. Enfin, dernier fait marquant, mi-juin 2020, un
00:01:36collectif d'artistes
00:01:37crée une fresque représentant les visages de George Floyd et d'Adama Traoré, deux hommes noirs, décédés lors d'interventions
00:01:46policières,
00:01:47l'un aux États-Unis, l'autre en France. Cette fresque porte une inscription contre le racisme et les violences
00:01:53policières.
00:01:54Elle a fait l'objet de vives contestations de la part d'un syndicat de police. Ça a amené le
00:02:00ministre à tenir des propos discutables
00:02:03et au préfet du département a ordonné d'effacer le terme policière. Tout ça dans un mélange des genres assez
00:02:11étonnant pour une création artistique.
00:02:14On va parler de tous ces sujets. Vous voyez, le débat va être large avec plusieurs intervenants. Je vous les
00:02:22cite dans l'ordre.
00:02:23Juste à côté de moi, Nathalie Théiot. Bonjour. Vous êtes représentante de l'Observatoire parisien des libertés publiques.
00:02:31À côté de vous, Anthony Caillé. Vous représentez la CGT Police. Bonjour.
00:02:36Un peu plus loin, Daniel Véron. Vous, vous représentez l'Observatoire de la liberté de création.
00:02:43À côté de vous, Marie-Christine Bergia. Bonjour. Bonjour. Vous êtes vice-présidente de la Ligue des droits de l
00:02:48'homme.
00:02:49Et jusqu'à l'année dernière, vous étiez députée européenne. Vous l'avez été pendant dix ans.
00:02:54En face de moi et donc à côté de Marie-Christine Bergia, Azédine Taïbi. Vous êtes maire de Stain, ville
00:03:02du 93, de la Seine-Saint-Denis, donc depuis cinq ans.
00:03:06C'est à vous que je vais donner la parole en premier.
00:03:08Et Azédine Taïbi, vous avez inauguré cette fresque. Est-ce que vous pouvez nous raconter en quelques mots son histoire
00:03:22et nous dire où en est cette affaire ?
00:03:24D'accord. D'abord, je tiens vraiment à vous remercier de m'inviter à ce débat.
00:03:29C'est une manière aussi de pouvoir rester en connexion avec la fête de l'Huma et qui va énormément
00:03:34nous manquer ce week-end.
00:03:36Donc, merci de m'inviter. Et puis, de m'inviter, y compris sur un sujet extrêmement important.
00:03:40Très rapidement, un peu l'historique de cette réalisation d'un collectif stanois, d'un collectif d'art d'artistes
00:03:47stanois, le collectif A.
00:03:49Pour être très transparent, j'avais eu l'idée avec ce collectif, quelques jours avant le rassemblement prévu sur la
00:03:58place de la République,
00:04:00qui avait été initié par le collectif Adama Traoré, l'idée, quelque part, de trouver une manière d'illustrer ce
00:04:09combat pour la justice et la vérité d'Adama Traoré.
00:04:12Et puis, on avait aussi l'actualité, avec le meurtre de George Floyd, d'illustrer d'un point de vue
00:04:19artistique, je dirais, ce sujet important.
00:04:23Donc, j'ai demandé aux artistes, voilà, est-ce que vous n'avez pas une idée sur comment on pourrait
00:04:27illustrer sous forme de fresque, de graffe, la question du racisme, la question des violences policières ?
00:04:36Et je leur ai donné carte blanche sur ce sujet, c'était très clair, de manière assez générale.
00:04:43J'ai mis à disposition, et je tiens à le dire, un mur qui appartient à la municipalité, au patrimoine
00:04:48d'Eustin, donc un immeuble en plein centre-ville.
00:04:54Et je leur ai dit, écoutez, ben voilà, faites acte d'une réalisation artistique et culturelle avec un message fort.
00:05:02Voilà, donc, ils ont du coup travaillé là-dessus, et on a inauguré cette fresque le jeudi qui précédait le
00:05:12rassemblement sur la place de République qui était prévue le samedi d'après.
00:05:16Une inauguration avec ma présence, la présence des élus, parce que c'était aussi important.
00:05:22Je voudrais aussi peut-être expliquer que le message envoyé racisme contre le racisme et les violences policières, bien évidemment,
00:05:32n'incrimine pas l'ensemble des policiers
00:05:35qui, pour une très grande partie, font très très bien leur métier, je le redis, parce que par moments, j
00:05:40'ai eu un peu le sentiment de vouloir me justifier, voilà.
00:05:44Je pense que la fronde menée par un syndicat parmi les autres avait une idée, je dirais, bien intentionnée de
00:05:52mener cette fronde pour dire,
00:05:55non, il n'y a pas de violences policières, je reprends exactement les termes de certains responsables du syndicat Alliance.
00:06:02Parfois, il y a des comportements, bon, encore, il parle à peine de bavure.
00:06:07C'était aussi un message fort envoyé auprès de la République et auprès de ses institutions,
00:06:12que de condamner les violences policières, que de condamner le racisme au sein de cette institution.
00:06:19Et, quelque part, c'est aussi, peut-être aussi pour rendre hommage à toutes celles et tous ceux,
00:06:24à tous ces policiers qui travaillent au quotidien et qui n'ont pas du tout ce comportement.
00:06:29Donc, je pense que c'est aussi un message envoyé vers une institution qui représente la République.
00:06:34C'est aussi un message envoyé aussi vers toutes les populations des quartiers populaires,
00:06:39pour ne pas faire non plus l'amalgame entre, je dirais, des comportements qui sont inadmissibles
00:06:46et qui doivent être condamnés, que l'on peut voir au sein de la police,
00:06:51que l'on peut voir aussi à l'extérieur de la police.
00:06:52Moi, je suis le premier aussi, quand un policier est pris à partie dans un quartier ou dans un endroit
00:06:58par des individus, par des voyous, je suis le premier, moi, en tous les cas,
00:07:01à, je dirais, à m'offenser et à dire que c'est inadmissible.
00:07:04J'ai le souvenir d'un policier tout près d'Eustin-Épinay qui avait été tué.
00:07:11Voilà, j'avais été rencontrer le commissariat.
00:07:13Donc voilà, il faut que sur ce sujet-là, il n'y ait pas, je dirais, de poids, de mesure.
00:07:19Et moi, je suis des comportements violents, agressifs envers les forces de l'ordre,
00:07:25comme je suis aussi quand il s'agit de certains policiers au sein de cette institution.
00:07:29Et je pense que si, pour un lien très fort entre la police,
00:07:33c'est compris un certain, c'était aussi un geste à envoyer là-dessus.
00:07:36Donc, pour finir, il y a eu l'inauguration.
00:07:38J'ai participé ensuite à très nombreuses années.
00:07:41Ça a venu à Stein pour protester contre cette fresque.
00:07:45J'ai immédiatement l'occasion de découdre.
00:07:47Le syndicat ne vient pas sur Stein et ils étaient au parvis de la préfecture de Seine-Saint-Denis.
00:07:52Ils ont été d'ailleurs reçus par le préfet.
00:07:56Et à la suite de ça, le préfet m'a envoyé un courrier
00:08:00me demandant de retirer la fresque que je n'ai pas faite jusqu'à maintenant.
00:08:04Et je précise que cette fresque-là n'avait pas vocation non plus à rester en permanence.
00:08:09Elle est aussi éphémère.
00:08:10On prévoit d'ailleurs un autre projet sur ce lieu, etc.
00:08:13Donc, voilà.
00:08:13Très surpris de voir que le préfet s'ingère dans ce type de sujet.
00:08:19Entre-temps, la fresque a été vandalisée plusieurs fois ?
00:08:21Elle a été vandalisée à deux reprises, tout à fait, une fois de manière là.
00:08:25Et les auteurs ont été identifiés puisqu'il y a une vidéo qui a circulé
00:08:29émanant de groupuscules d'extrême droite.
00:08:32Une personne identifiée qui a reconnu avoir, je dirais, saccagé la fresque.
00:08:37J'ai porté plainte parce que j'ai eu depuis des menaces extrêmement importantes
00:08:41et qui, malheureusement, ont son monté de plus belle.
00:08:46Je n'ai aucune suite d'ailleurs de cette plainte-là.
00:08:49Cette personne a été identifiée et, à ma connaissance,
00:08:51cette personne n'est nullement inquiétée par la justice à ce jour.
00:08:55Donc, il y a un climat extrêmement préoccupant quand même.
00:08:58Et alors, vous, cette injonction du représentant de l'État,
00:09:02puisqu'un préfet, c'est un représentant de l'État,
00:09:05qu'est-ce que vous risquez si vous ne l'appliquez pas ?
00:09:07Est-ce que vous savez jusqu'où ça peut aller, cette affaire ?
00:09:10J'avais jusqu'au 29 août pour supprimer, au moins tout en partie, la fresque.
00:09:16Mais surtout cette phrase, voilà.
00:09:19Violence policière.
00:09:20Pour vous, ce n'était pas un sujet de laisser racisme,
00:09:21mais surtout de retirer cette phrase et violence policière.
00:09:26Donc, j'avais jusqu'au 29 août.
00:09:28Ça n'a pas été effectué.
00:09:29Le préfet a deux solutions.
00:09:30Soit il poursuit cette démarche auprès du TA.
00:09:33Il demandera au juge de s'exprimer sur cette question.
00:09:37Soit, d'ici là, si je décide de...
00:09:40D'ailleurs, ce qu'on a envisagé, le pire, c'est ça.
00:09:42C'est qu'on a envisagé, à un moment donné, de passer à une ou trois fresques.
00:09:47C'est un mur éphémère que je laisse à disposition aux artistes, qui est en centre-ville.
00:09:52Et donc, voilà.
00:09:53Donc, je ne sais pas encore la position du préfet.
00:09:55On pourrait imaginer qu'un procès, ça pourrait être aussi une tribune.
00:10:00Il y a des procès qui ont plus de résonance qu'un simple jugement.
00:10:05C'est-à-dire que si on vous faisait un procès pour ça, ça pourrait être l'occasion d'exposer
00:10:09publiquement cette censure,
00:10:13en tout cas de questionner l'action de l'État dans cette affaire.
00:10:19Merci beaucoup, Azzedine Taïbi.
00:10:20Je vais passer la parole tout de suite à Daniel Véron, qui représente l'Observatoire de la liberté de création,
00:10:26dont il va nous dire rapidement quelques mots.
00:10:29Mais surtout, la question que j'aimerais vous poser, Daniel Véron, c'est...
00:10:32Voilà, qu'est-ce que vous pensez de cette affaire ?
00:10:34Est-ce qu'elle est atypique dans l'ensemble des affaires que vous avez eues à traiter depuis l'existence
00:10:40de votre comité ?
00:10:41Alors, quelques mots d'abord sur l'Observatoire.
00:10:45Très rapidement.
00:10:46L'Observatoire de la liberté de création, qui existe depuis 2002, donc presque 20 ans,
00:10:53qui a été créé par la Ligue des droits de l'homme,
00:10:57mais qui a cette spécificité, par rapport aux autres groupes de travail de la Ligue,
00:11:03de regrouper un certain nombre d'associations, notamment de professionnels du monde artistique.
00:11:08Je ne vais pas toutes les citer, il y en a une quinzaine,
00:11:11mais par exemple la Société des gens de lettres, ou la Société des réalisateurs de films, la SRF,
00:11:17ou aussi la Ligue de l'enseignement, c'est-à-dire des grandes fédérations pour la culture.
00:11:26Ce que l'origine de l'Observatoire, c'est avant tout d'essayer de réagir
00:11:33et de faire la différence entre liberté de création et liberté d'expression.
00:11:39Non pas qu'il y ait contradiction, mais il y a un certain nombre de situations
00:11:43dans lesquelles ce qui est applicable, les restrictions qui existent à la liberté d'expression en France,
00:11:50notamment parce qu'il n'y a pas le droit de faire l'apologie du racisme,
00:11:57pour en prendre un exemple classique ou de l'homophobie,
00:12:01ne sont pas forcément applicables directement à une œuvre artistique.
00:12:05Parce qu'il y a notamment la fiction, et que, pour prendre un exemple très simple,
00:12:11vous mettez un personnage qui défend dans un livre, dans un roman,
00:12:15vous mettez en scène un personnage qui défend des positions racistes,
00:12:22ce n'est pas pour ça que l'auteur défend une position raciste.
00:12:25Donc on ne peut pas appliquer directement les choses.
00:12:28C'est ça l'origine, la deuxième origine de l'Observatoire,
00:12:35c'est de vrai pour que la liberté de création,
00:12:41et je vais revenir sur l'affaire d'Eustin, soit défendue.
00:12:46On a quand même progressé, en particulier la loi de juillet 2016 sur la création artistique,
00:12:54reconnaît dans son article premier que la création est libre,
00:12:58il est inscrit comme ça dans la loi,
00:13:02et que la diffusion, et là on a beaucoup milité avec,
00:13:06j'allais dire, contre le ministère de la Culture,
00:13:09avec le ministère de la Culture de l'époque,
00:13:12pour que soit aussi exprimée l'idée que la diffusion est libre.
00:13:17Parce que si vous créez une œuvre artistique,
00:13:19et que vous n'avez pas le droit de la diffuser,
00:13:22et qu'elle reste dans votre atelier, ou dans votre ordinateur,
00:13:26il ne se passe rien.
00:13:28Dernier point qui me semble vraiment important de préciser,
00:13:33avant de rentrer dans le vif du sujet,
00:13:36c'est qu'on n'a pas une position de principe pour dire
00:13:39qu'il donnerait aux artistes la liberté de faire tout et n'importe quoi.
00:13:43Et je pense notamment, pour en prendre un sujet d'actualité,
00:13:46que l'affaire Valeurs Actuelles,
00:13:49la mise en scène de fiction de Madame Obono,
00:13:53pose une vraie question et qu'on ne va pas défendre
00:13:57que sous prétexte qu'il y a le terme fiction dans Valeurs Actuelles,
00:14:02on a le droit de faire dire n'importe quoi
00:14:05de façon outrageusement raciste,
00:14:10avec tous les critères du racisme.
00:14:12Donc ce n'est pas une liberté totale,
00:14:14c'est simplement de dire que la création artistique
00:14:18mérite qu'on regarde les affaires
00:14:22une par une, au cas par cas,
00:14:24ce que fait l'Observatoire.
00:14:26Et c'est pour ça qu'on a édité un bouquin,
00:14:27mais vous en parlerez après.
00:14:29Oui, je vais le montrer tout de suite à la caméra,
00:14:32l'œuvre face à ses censeurs,
00:14:34qui est édité par l'Observatoire.
00:14:36Mais je voudrais qu'on revienne tout de suite,
00:14:37parce qu'on a peu de temps à la faire de ce teint.
00:14:40Pour vous, est-ce que c'est quelque chose d'inédit ?
00:14:41Est-ce qu'on rentre vraiment dans le cadre de l'ascenseur ?
00:14:43Il y a deux choses inédites.
00:14:45D'une part, justement, sur cette différence
00:14:49entre expression et création,
00:14:54on est à la frontière.
00:14:55Et nous, on a réagi à la fois en tant que Ligue des droits de l'homme,
00:15:01et je dirais du côté de la liberté d'expression,
00:15:04défendant qu'on a le droit de dire
00:15:06que les violences policières existent et de les dénoncer.
00:15:10Et d'autre part, on a réagi,
00:15:13et l'Observatoire a fait un courrier au préfet,
00:15:17pour dire que c'est une création artistique
00:15:20et qu'il y a la notion de,
00:15:21un, liberté de création,
00:15:24et donc que d'une certaine façon,
00:15:25le préfet se met en contradiction avec la loi de 2016.
00:15:30Et d'autre part, sur l'intégrité de l'œuvre.
00:15:32Parce que quand le préfet demande au maire
00:15:34ce que vous venez de dire,
00:15:37c'est d'enlever le mot « violences policières »,
00:15:39c'est l'intégrité même de l'œuvre qui est mise en cause.
00:15:43Et ça, ça nous semble extrêmement grave.
00:15:45Et dernier point pour répondre à votre question,
00:15:48ce qui est nouveau,
00:15:49ce n'est pas le fait qu'il y ait des gens
00:15:52qui demandent la censure,
00:15:55notamment des groupes de pression,
00:15:56et notamment, en l'occurrence, le syndicat Alliance,
00:15:59mais il y a des tas de groupes,
00:16:01et ça, c'est sûrement une des nouveautés des dix dernières années,
00:16:04c'est que de plus en plus,
00:16:05chacun demande les interdictions.
00:16:08Ce qui nous semble extrêmement grave,
00:16:10c'est qu'un préfet relaie cette demande d'interdiction
00:16:14en contradiction avec la loi.
00:16:16Parce que, comme ça a été dit,
00:16:19je ne suis pas juriste,
00:16:20mais les seules personnes qui peuvent attaquer une œuvre
00:16:24et demander la censure, c'est le tribunal.
00:16:27Et pas un préfet.
00:16:29Merci.
00:16:30Édifiant, je voudrais vous faire réagir tout de suite.
00:16:32Anthony Cahier, alors, c'est vrai qu'on est là, face,
00:16:36et il y a eu cette affaire de Stein qui est assez emblématique,
00:16:38mais il y a eu aussi des grosses protestations
00:16:41du ministre de l'Intérieur de l'époque,
00:16:43Steiner,
00:16:44qui refuse toute possibilité d'accoler le mot violence et policière.
00:16:50Ce tabou, d'où vient-il et que dit-il des rapports
00:16:55entre l'État et la police, quelque part ?
00:16:58En fait, moi, je ne parlerai pas de notion de tabou.
00:17:02Ce n'est pas tabou de parler des violences policières,
00:17:06puisque l'inspection générale de la police nationale
00:17:08a instruit des centaines de dossiers par an
00:17:12sur ce type de bévue.
00:17:15Non, c'est plutôt parce que c'est effectivement systémique
00:17:19dans la police nationale.
00:17:21Et en fait, c'est dû à une ultra-politisation du métier.
00:17:27La police a toujours été au service de l'État
00:17:30et de l'État-nation,
00:17:32beaucoup moins de la République,
00:17:34alors que c'est évidemment ce qu'on lui profère,
00:17:39d'être au service de la République
00:17:40et pas seulement de l'État.
00:17:42Or, depuis la création de la police nationale,
00:17:45elle a surtout été là pour protéger l'État
00:17:48et les intérêts de l'État.
00:17:50Et puis ensuite, il y a eu une ultra-politisation de la police,
00:17:53notamment des services de police d'ordre public.
00:17:57Et puis là, on le voit beaucoup plus depuis une vingtaine d'années,
00:18:01des services de police judiciaire,
00:18:03je pense à toutes les affaires financières
00:18:06qui ont été mises au jour par la presse et autres.
00:18:11On voit bien qu'on donne de moins en moins de moyens
00:18:13à ce type de police,
00:18:15ou en tout cas, c'est beaucoup plus compliqué
00:18:16de faire fonctionner la police judiciaire
00:18:19sur ce type de thème.
00:18:21Mais donc non, quand vous avez un ministre
00:18:25qui devient président de la République,
00:18:27qui va dans les quartiers défavorisés de Seine-Saint-Denis
00:18:31en disant « voilà, moi, je vais tout passer au Karcher,
00:18:34je vais mettre les moyens »,
00:18:36on a donné l'image d'une police martielle aujourd'hui.
00:18:39On est très très loin de la police de proximité
00:18:41qu'on a pu connaître au milieu des années 90 et début 2000.
00:18:45Et donc on est vraiment sur une police très martiale,
00:18:48une police d'ordre,
00:18:49et absolument pas sur une police de proximité.
00:18:52Le dernier exemple, il est très flagrant,
00:18:54où une nouvelle fois, en tout cas,
00:18:57le ministère de l'Intérieur et le gouvernement
00:18:59auraient pu changer de ton,
00:19:03c'est sur l'état d'urgence sanitaire.
00:19:08Partout en Europe, vous avez eu une police
00:19:10qui s'est mise au service des citoyens
00:19:13en étant une police préventive,
00:19:15c'est-à-dire en distribuant des flyers,
00:19:18des services de santé de leurs États,
00:19:22avertir les gens, leur expliquer ce qu'il fallait faire,
00:19:24ce qu'il ne fallait pas faire.
00:19:25Et nous, on a tout de suite été sur une police répressive,
00:19:28des millions de contrôles d'identité,
00:19:30des millions d'amendes distribuées.
00:19:33On voit bien qu'on est vraiment sur une police d'ordre,
00:19:38publique, martiale,
00:19:39et absolument pas sur une police proche de ses citoyens
00:19:42pour accompagner ses citoyens.
00:19:45Il y a vraiment ce pas-là.
00:19:47Et donc ce n'est pas du tout un tabou,
00:19:48puisque c'est quelque chose qui est organisé par l'État.
00:19:51Donc l'État, aujourd'hui, ne va pas se dédire
00:19:53de la position de sa police,
00:19:55puisque c'est l'État qui dirige la police aujourd'hui.
00:19:58Moi, j'ai...
00:20:00Voilà, c'est un peu...
00:20:01C'est-à-dire qu'on peut le faire,
00:20:02mais on ne peut pas le dire, quand même.
00:20:03Mais voilà, c'est ça.
00:20:04On peut commettre des violences,
00:20:05et on est couvert, mais on ne peut pas en parler.
00:20:08C'est un peu trivial, ce que je vais dire,
00:20:09mais on a la police qu'on mérite.
00:20:12Je veux dire, quand on vote,
00:20:14quand on met en place des gouvernements ultralibéraux,
00:20:18comme ces 20 dernières années,
00:20:20il est évident qu'on n'aura pas une police
00:20:23proche de ses citoyens.
00:20:24Ça, c'est...
00:20:25Enfin, je veux dire,
00:20:26ça me paraît assez...
00:20:27C'est cristallin.
00:20:29Donc voilà, aujourd'hui,
00:20:30on paye les conséquences
00:20:31d'une ultralibéralisation de la société.
00:20:35Et la police, elle le pâtit de cette situation.
00:20:37Elle est orientée par rapport à ça.
00:20:39Il y a des objectifs
00:20:41qui ont été fixés à l'époque
00:20:43par le ministre de l'Intérieur,
00:20:44qui était Nicolas Sarkozy,
00:20:46où il a fixé des objectifs
00:20:49à la police de rentabilité.
00:20:50Comme on a pu le faire dans l'hôpital,
00:20:52comme on a pu le faire
00:20:52dans d'autres services publics,
00:20:53la police, aujourd'hui,
00:20:54elle doit être rentable.
00:20:55Et donc, pour être rentable,
00:20:57on a fixé des objectifs chiffrés.
00:21:00Il y a un tableau qui existe
00:21:02et il faut remplir ce tableau.
00:21:03Et les chefs de service
00:21:04ont des primes d'objectifs,
00:21:06comme on peut l'avoir dans le privé.
00:21:09Et s'ils ne rentrent pas
00:21:12dans le cadre de ces objectifs,
00:21:14ces chefs de service
00:21:15ne se verront pas avoir
00:21:16une bonne carrière.
00:21:18Et donner des coups,
00:21:19ça fait partie des objectifs ?
00:21:20Ça aide à les remplir ?
00:21:21Ça n'aide pas forcément
00:21:23à les remplir,
00:21:23mais ça, c'est encore
00:21:25un autre débat.
00:21:26Parce qu'effectivement,
00:21:28dans la violence policière,
00:21:29il y a la violence qui est organisée,
00:21:31c'est-à-dire celle qu'on peut trouver
00:21:32dans les manifestations,
00:21:33exemple, de Gilets jaunes.
00:21:34Et après, il y a la violence
00:21:36qu'on ne voit pas
00:21:37ou qu'on ne voit moins,
00:21:38celle des contrôles d'identité,
00:21:39celle qui peut se passer
00:21:40dans les quartiers.
00:21:41Et là, c'est beaucoup aussi
00:21:42les conditions de travail
00:21:44qui font qu'aujourd'hui,
00:21:45on a des policiers violents
00:21:46sur ce type de mission.
00:21:48Ça, on y reviendra
00:21:49un peu plus tard.
00:21:50Je vais passer maintenant
00:21:50la parole à Nathalie Théiot,
00:21:55donc représentante
00:21:55de l'Observatoire parisien
00:21:56des libertés publiques.
00:21:58Vous, vous allez peut-être
00:21:58pouvoir nous décrire
00:21:59un petit peu
00:22:00ce que vous avez pu observer.
00:22:01Peut-être en deux mots,
00:22:02nous dire ce que sont
00:22:03ces observatoires,
00:22:04ce qu'ils observent justement
00:22:05et justement,
00:22:07comment ils peuvent aussi
00:22:08relayer ce qu'ils observent ?
00:22:09Je fais partie
00:22:10de l'Observatoire parisien,
00:22:11mais je suis aussi référente
00:22:12pour la Ligue des observatoires.
00:22:13D'accord.
00:22:14Et donc, effectivement,
00:22:16les observatoires se sont créés.
00:22:18C'est absolument aberrant
00:22:20qu'il faille que ce soit
00:22:22des simples citoyens.
00:22:23On est des bénévoles,
00:22:24on travaille par ailleurs.
00:22:25Et donc, il y a des étudiants,
00:22:27etc.
00:22:27Et c'est complètement aberrant
00:22:29que des simples citoyens
00:22:31soient obligés de s'organiser
00:22:33pour rendre visibles
00:22:35les violences
00:22:36lors des manifestations.
00:22:38Pourquoi c'est aberrant ?
00:22:39Parce que dans une république
00:22:42démocratique,
00:22:43il devrait être du rôle de l'État,
00:22:45enfin, c'est l'État
00:22:46qui devrait rendre transparent
00:22:47ne serait-ce que le nombre
00:22:49de blessés,
00:22:49le nombre de morts
00:22:52ou de mutilés
00:22:54qui sont causés
00:22:56par les forces de l'État.
00:22:58Donc, parce que les forces
00:23:00de police ou de gendarmerie,
00:23:02c'est quand même
00:23:02le bras armé de l'État
00:23:04dans le cadre,
00:23:06non pas de l'armée
00:23:07à l'extérieur,
00:23:08mais du maintien de l'ordre,
00:23:10par exemple, voilà.
00:23:11Et donc, ça, on ne l'a pas.
00:23:13On a bien vu que, par exemple,
00:23:14c'est David Dufresne
00:23:15qui a été obligé
00:23:17avec Allô Place Beauvau
00:23:18de recenser,
00:23:20de faire un aimant
00:23:21ses précieux travails.
00:23:22Mais les observatoires
00:23:24se sont dit,
00:23:25on a un problème
00:23:26de communication
00:23:27parce que lorsqu'il s'agit
00:23:28de manifestations,
00:23:30le gouvernement,
00:23:31il y a aussi
00:23:32un problème de communication
00:23:33vis-à-vis des jeunes
00:23:34des cités,
00:23:35effectivement,
00:23:35des quartiers populaires,
00:23:36mais c'est très vrai aussi
00:23:38dans les manifestations
00:23:39parce qu'on va dire,
00:23:41ah, mais il faut contextualiser.
00:23:43En fait,
00:23:43ils ne font que répondre
00:23:44à des violences, etc.
00:23:46Et donc là,
00:23:47pour tous ceux
00:23:47qui ont participé,
00:23:49on se rend bien compte
00:23:50que ce n'est pas ça,
00:23:51qu'il y a vraiment
00:23:52un dispositif de maintien
00:23:54de l'ordre
00:23:55qui est devenu
00:23:55de plus en plus violent
00:23:56et surtout depuis 2015-2016.
00:23:59Et donc,
00:23:59c'est à partir de là
00:24:00que se sont créés,
00:24:01c'est la période
00:24:02où se sont créés
00:24:03des observatoires,
00:24:04c'est lié aussi
00:24:05à l'état d'urgence
00:24:05parce qu'on voit bien
00:24:07une dérive autoritaire
00:24:08de l'État
00:24:08et que par conséquent,
00:24:09il faut répondre à ça
00:24:11en étant très vigilant.
00:24:12C'est le rôle de citoyen,
00:24:14d'être vigilant
00:24:16et d'être présent
00:24:18lors des manifestations
00:24:19donc à l'écart
00:24:20et identifiable
00:24:22pour pouvoir rendre compte
00:24:23de fait,
00:24:24parce que par notre neutralité
00:24:25comportementale,
00:24:26on est là à dire
00:24:27on ne participe pas
00:24:29à la manifestation,
00:24:30on n'invective pas
00:24:30les policiers,
00:24:31on observe.
00:24:32On observe le travail
00:24:34des policiers,
00:24:35la façon dont le maintien
00:24:36de l'ordre se passe
00:24:37en France
00:24:38pour rendre compte
00:24:39et pouvoir visibiliser
00:24:41justement le fait
00:24:42que quand on nous dit,
00:24:44par exemple,
00:24:44l'Observatoire parisien
00:24:45qui a été sur le pont de Sully
00:24:47où il y a eu des gens
00:24:48qui ont été gazés
00:24:49à un maître,
00:24:50ce n'est pas grand-chose
00:24:51par rapport
00:24:51à d'autres types
00:24:53de violences
00:24:53mais c'était très visible
00:24:55parce que ce sont des gens
00:24:56qui étaient complètement
00:24:57pacifiques et assis
00:24:58et qu'a dit le ministre
00:25:00« Ah oui,
00:25:00mais vous n'avez pas vu
00:25:01vous, journalistes,
00:25:02vous n'avez pas vu
00:25:03ce qui s'est passé avant,
00:25:04etc. »
00:25:05Sauf que nous,
00:25:05nous étions là
00:25:05avant les forces de l'ordre
00:25:07donc on a absolument tout vu
00:25:08et on a pu faire
00:25:09un rapport
00:25:10qui a été envoyé
00:25:10aux défenseurs des droits.
00:25:12Donc c'est pour
00:25:13rendre visible,
00:25:14pour sensibiliser
00:25:15le public aussi
00:25:16parce que qu'est-ce qui se passe ?
00:25:17Tant que ça se passait
00:25:18dans les quartiers populaires,
00:25:19finalement,
00:25:22le grand public
00:25:23ne s'en rendait pas trop compte.
00:25:24C'est vrai que les Gilets jaunes
00:25:25ont fait éruption
00:25:27dans les centres-villes
00:25:28et ça a visibilisé.
00:25:29C'est même depuis
00:25:30la loi travail
00:25:31où là,
00:25:32tout d'un coup,
00:25:32c'est dans le centre-ville
00:25:33et puis d'autres types
00:25:35de populations
00:25:35et les Gilets jaunes
00:25:36parce que la violence
00:25:37a été encore plus importante.
00:25:39Donc là,
00:25:39c'est devenu plus visible
00:25:41mais regardez ce qui s'est passé
00:25:43en 1986
00:25:44quand il y a eu
00:25:44la mort de Malik Abusekine.
00:25:46Là,
00:25:46il y a vraiment eu
00:25:47une réaction forte,
00:25:48il y a eu
00:25:48une commission parlementaire,
00:25:49ça aboutit
00:25:50à la suppression
00:25:50des voltigeurs
00:25:51au fait que le ministre...
00:25:53Qui ont été rétablis
00:25:54sous une autre forme
00:25:55par les braves M
00:25:56mais qui effectivement
00:25:57génèrent de la tension
00:25:59parce qu'ils sont autonomes,
00:26:00parce qu'ils viennent
00:26:00pour faire des interpellations.
00:26:02C'est-à-dire,
00:26:02on a changé de dogme
00:26:04au point de vue
00:26:04maintien de l'ordre
00:26:05à la française
00:26:06où on disait
00:26:06il ne faut pas de contact,
00:26:08il faut éviter le contact,
00:26:09il faut de la mise à distance.
00:26:11par rapport aux manifestants,
00:26:13là,
00:26:13on est sur
00:26:14des interpellations
00:26:15au sein
00:26:15de la manifestation.
00:26:17Ça veut dire
00:26:18que du coup,
00:26:19ça génère des tensions.
00:26:20Bon, voilà.
00:26:21Et puis,
00:26:22on a accepté
00:26:23qu'on ne soit plus
00:26:25avec des corps organisés
00:26:26qui sont formés
00:26:27pour le maintien de l'ordre,
00:26:28CRS ou gendarmerie mobile,
00:26:30mais avec des personnes
00:26:32qui restent
00:26:33avec la qualité
00:26:34de police judiciaire
00:26:35et qui sont très autonomes,
00:26:38qui sont peu encadrées,
00:26:39qui sont très autonomes.
00:26:40Et quand on voit
00:26:42que par derrière,
00:26:43l'IGPN ne contrôle pas grand-chose,
00:26:45il y a un sentiment
00:26:45d'impunité,
00:26:46évidemment,
00:26:47par rapport à cela.
00:26:48Surtout qu'il y a
00:26:48beaucoup de preuves
00:26:49qui disparaissent,
00:26:50les vidéos qui disparaissent.
00:26:52Bon, voilà.
00:26:53Il y a ce sentiment
00:26:54de l'impunité.
00:26:54Mais pourquoi je reviens
00:26:55à Mali Kousseline ?
00:26:56Parce qu'il y a eu
00:26:56une réaction à ce moment-là.
00:26:57Alors que quand on voit
00:26:58aujourd'hui
00:26:59qu'il y a quand même
00:27:00eu deux morts
00:27:01à l'issue de manifestations,
00:27:03du maintien de l'ordre,
00:27:04c'est lié
00:27:05au maintien de l'ordre.
00:27:05Et deux morts,
00:27:07c'est une personne,
00:27:08une vieille dame,
00:27:08qui ferme sa fenêtre
00:27:09et qui décède
00:27:11du fait de,
00:27:11on pense que c'est
00:27:13une cartouche
00:27:14de gaz lacrymogène,
00:27:16alors qu'elle est en train
00:27:16de fermer sa fenêtre.
00:27:18Et l'autre personne,
00:27:19c'est Steve,
00:27:20là c'est Zineb Rédoine,
00:27:22et puis l'autre personne,
00:27:23c'est Steve à Nantes.
00:27:24Steve Meunia-Canisso.
00:27:25Voilà.
00:27:26Un 21 juin.
00:27:28Quand même incroyable.
00:27:29Quelqu'un qui vient
00:27:31écouter un concert
00:27:32à la fête de la musique
00:27:33et il y a une charge
00:27:34qui est faite,
00:27:37incompréhensible.
00:27:37Et là encore,
00:27:38l'IGPN qui dit
00:27:39non, non,
00:27:39mais tout va bien.
00:27:40Et puis,
00:27:41voilà.
00:27:42Donc on voit bien
00:27:43qu'il y a une sorte
00:27:43d'impunité derrière.
00:27:44C'est pour ça qu'on est là
00:27:45pour rendre visible
00:27:46et pour essayer
00:27:47de documenter,
00:27:48pour essayer
00:27:49de sensibiliser le public,
00:27:50pour faire aussi
00:27:50de l'accès aux droits,
00:27:51parce que c'est important
00:27:52de dire aux gens
00:27:53quels sont leurs droits.
00:27:54Ça leur permet aussi
00:27:55de se réapproprier
00:27:57leur citoyenneté
00:27:57et donc on fait un appel
00:27:59très large
00:28:01aux bénévoles.
00:28:02Est-ce que vous voulez
00:28:02nous rejoindre,
00:28:03nous soutenir,
00:28:04parce qu'on en a besoin ?
00:28:05Et je dirais que
00:28:07pourquoi aussi
00:28:08il y a eu
00:28:08d'autres types
00:28:11de personnes ?
00:28:12Il faut quand même
00:28:13dire les choses,
00:28:13c'est que
00:28:14les personnes formées
00:28:16au maintien de l'ordre,
00:28:17elles ont vu
00:28:18leurs casernes
00:28:19qui ont été supprimées.
00:28:21Pourquoi ?
00:28:22Eh bien,
00:28:23parce qu'il y a eu
00:28:24une sorte de pacification
00:28:25du maintien de l'ordre
00:28:26pendant des années,
00:28:27justement suite
00:28:28à ce gros scandale.
00:28:30Et donc,
00:28:31du coup,
00:28:32le gouvernement
00:28:33s'est dit
00:28:33qu'on a peut-être
00:28:34plus autant besoin
00:28:35de personnes formées.
00:28:36Donc,
00:28:36on va utiliser
00:28:37des gens non formés,
00:28:39encore une fois.
00:28:39Je le répète
00:28:40parce que c'est très important
00:28:41de se rendre compte
00:28:42que ce sont des gens
00:28:42qui ne sont pas là
00:28:44pour faire du maintien de l'ordre.
00:28:45les CSI,
00:28:46ils étaient là
00:28:47pour lutter
00:28:48contre les émeutes urbaines.
00:28:49Donc,
00:28:50ils ont importé
00:28:50leurs méthodes.
00:28:51Ils ont importé
00:28:52leurs méthodes
00:28:52et ils ont importé
00:28:53aussi leurs armes.
00:28:54On utilise des armes
00:28:55de guerre
00:28:56contre des citoyens.
00:28:58Mais rien que ça,
00:28:59ça devrait faire
00:29:00réagir la France entière.
00:29:02Comment on peut utiliser
00:29:03des armes de guerre
00:29:04contre des citoyens ?
00:29:05Comment on peut arriver
00:29:06à autant de mutilations ?
00:29:07On devrait avoir
00:29:08une réaction forte.
00:29:10Nous,
00:29:11nous sommes là
00:29:11parce qu'on voudrait
00:29:12sensibiliser le public,
00:29:13justement.
00:29:15Merci beaucoup.
00:29:16Je vais passer maintenant
00:29:17la parole
00:29:17pour une première intervention
00:29:18à Marie-Christine Vergia.
00:29:20Vous ferez une conclusion
00:29:21plus large après,
00:29:22mais je sais que vous êtes
00:29:23très, très sensibilisés,
00:29:25notamment à ce qui s'est passé,
00:29:27les violences qui ont lieu
00:29:28aux frontières,
00:29:29les violences qui ont lieu
00:29:30contre les personnes migrantes,
00:29:31les personnes vulnérables
00:29:33par excellence,
00:29:34parce que des personnes
00:29:35sans droits,
00:29:36donc vraiment proies
00:29:37à toute possibilité de violence
00:29:39sans pouvoir réagir.
00:29:41Est-ce que vous pouvez
00:29:41nous en parler
00:29:42en quelques mots ?
00:29:43Oui, c'est un peu
00:29:45incontinuable
00:29:46d'une certaine façon
00:29:47parce que je crois
00:29:48que c'est vous qui disiez
00:29:50qu'il y a des ciblages
00:29:52sur les violences quand même.
00:29:54Ce qui a fait émerger
00:29:55dans le débat public,
00:29:56c'est effectivement
00:29:56que ça a touché
00:29:57monsieur et madame
00:29:58tout le monde
00:29:59qui manifestait
00:29:59dans les centres-villes.
00:30:00Alors que ces violences,
00:30:02si on aurait trop pédale,
00:30:03elles existaient déjà.
00:30:05Elles sont effectivement
00:30:07à un continuum,
00:30:08je dirais,
00:30:09vis-à-vis de ce qu'on appelle
00:30:10les personnes racisées.
00:30:13Donc il y a eu
00:30:14beaucoup de violences policières
00:30:17au faciès,
00:30:18ce qu'on appelle
00:30:18un racisme institutionnel
00:30:21qui ne veut pas dire
00:30:22et je redis ce que vous dites
00:30:24que tous les policiers
00:30:25sont racistes.
00:30:26Ce n'est pas parce qu'on dénonce
00:30:28le racisme dans la police
00:30:29qu'on dit
00:30:30que tous les policiers
00:30:31sont racistes.
00:30:31Je crois qu'il faut dire
00:30:32et répéter ça
00:30:33parce que c'est
00:30:34ce qu'on essaye
00:30:35de nous faire dire
00:30:36et ce n'est pas du tout ça.
00:30:39Moi, je ne suis pas anarchiste.
00:30:40À la Ligue des droits de l'homme,
00:30:41on ne prône pas l'anarchie
00:30:42et quand on veut
00:30:43un état de droit,
00:30:44il faut une police.
00:30:45Mais une police républicaine
00:30:47et une police
00:30:48qui assure le maintien
00:30:49de l'ordre.
00:30:50Or, ce n'est pas
00:30:51ce qu'elle fait.
00:30:52Quelque part,
00:30:52ce qui se passe aux frontières
00:30:53est symptomatique de ça.
00:30:56Parce que quand on voit
00:30:57ce qui s'est passé
00:30:58à Vintimille,
00:30:59ce qui s'est passé
00:31:00un peu plus au nord
00:31:01dans le Brionçonnet,
00:31:03quand on voit
00:31:03ce qui se passe à Calais,
00:31:05quand on voit
00:31:05ce qui se passe
00:31:06dans les campements
00:31:07autour de Paris,
00:31:08on a l'impression
00:31:09que ces personnes
00:31:11effectivement particulièrement
00:31:13vulnérables
00:31:13et dont on ne nous dira
00:31:14jamais assez
00:31:15que ce sont des exilés,
00:31:17que ce sont des potentiels
00:31:19réfugiés,
00:31:21des gens qui ont fui
00:31:23pour des raisons diverses
00:31:24et variées.
00:31:25Et on nous dit
00:31:26que ce sont des migrants économiques.
00:31:28Non, ce ne sont pas
00:31:28des migrants économiques,
00:31:29c'est des gens
00:31:31qui ont fui,
00:31:32y compris la misère économique,
00:31:33mais qui ont fui
00:31:34le plus souvent
00:31:34des conflits,
00:31:35des guerres,
00:31:36des situations insupportables,
00:31:38qui ont vécu
00:31:39des parcours migratoires
00:31:41encore plus insupportables.
00:31:43Et quand ils se croient
00:31:44enfin à l'abri
00:31:45en arrivant en Europe,
00:31:46ils tombent effectivement
00:31:47sur,
00:31:49alors je vais dire,
00:31:50les Robocop à la police
00:31:52parce qu'ils sont
00:31:52effectivement,
00:31:53comme dans les manifestations,
00:31:56en Robocop,
00:31:57qu'ils leur tapent dessus
00:31:58là aussi et qui les repoussent
00:32:01alors qu'ils sont censés
00:32:03arriver dans la France
00:32:04patrie des droits de l'homme.
00:32:06Et donc,
00:32:07on a, je crois,
00:32:09un racisme institutionnel
00:32:11qui est de plus en plus prégnant.
00:32:14Et ce que nous disent
00:32:15les autorités,
00:32:16c'est qu'il n'y a pas
00:32:17de violence policière.
00:32:18On est en démocratie,
00:32:19il n'y a pas de violence policière.
00:32:21Non, c'est le contraire.
00:32:23Si on n'est pas capable
00:32:24de dénoncer
00:32:24les violences policières
00:32:26dans un État démocratique,
00:32:28c'est qu'on n'est pas vraiment
00:32:30en démocratie.
00:32:31Il ne faut pas
00:32:32fermer les yeux.
00:32:33C'est l'intérêt même
00:32:34de la démocratie
00:32:35que de dénoncer
00:32:37les violences policières,
00:32:38de juger
00:32:39les membres
00:32:41des forces de police
00:32:42qui commettent
00:32:43des actes
00:32:45répréhensibles.
00:32:46En fermant les yeux,
00:32:48on n'aide pas la police,
00:32:49on fait exactement
00:32:51le contraire.
00:32:52Et d'une certaine façon,
00:32:55c'est le pendant,
00:32:56je dirais,
00:32:57des politiques
00:33:00économiques
00:33:02ultra-libérales.
00:33:03Pourquoi c'est le pendant ?
00:33:04C'est parce que
00:33:05ces politiques
00:33:06ultra-libérales
00:33:07font des dégâts
00:33:08économiques et sociaux.
00:33:10Ils portent atteinte
00:33:10à la sécurité sociale
00:33:12de la majorité
00:33:13de la population.
00:33:14Et la réaction
00:33:15pour les empêcher
00:33:17de dire,
00:33:18de manifester
00:33:19contre ces violences
00:33:20qu'ils subissent eux,
00:33:23on pratique
00:33:24de l'autoritarisme.
00:33:26On pratique
00:33:28ce qu'on appelle
00:33:28du sécuritaire.
00:33:30Donc on essaye
00:33:31de peser
00:33:33sur l'opinion publique
00:33:38pour l'empêcher
00:33:38de se manifester.
00:33:39Et on cherche
00:33:40à cliver
00:33:41l'opinion publique.
00:33:42À dire,
00:33:43il y a les bons
00:33:44et les méchants.
00:33:45On est soit
00:33:46du côté des casseurs,
00:33:47soit du côté
00:33:48de l'ordre
00:33:49des politiques.
00:33:50policiers
00:33:51et donc de l'ordre.
00:33:52Et je crois
00:33:53qu'il y a
00:33:54effectivement
00:33:55une réflexion,
00:33:56mais j'aurais peut-être
00:33:56l'occasion
00:33:57d'y revenir,
00:33:58sur cette évolution
00:33:59et qu'est-ce qui a
00:34:00créé cette évolution.
00:34:01Oui,
00:34:02on y reviendra
00:34:02en conclusion,
00:34:03mais je voudrais
00:34:03redonner la parole
00:34:04quelques minutes
00:34:05à Anthony Caillé,
00:34:07de la CGT Police.
00:34:08Tout ce qu'on vient
00:34:09de décrire là,
00:34:11toutes ces violences,
00:34:13est-ce qu'elles sont
00:34:15réellement dénoncées
00:34:16en interne ?
00:34:17Est-ce qu'elles sont
00:34:18sanctionnées
00:34:19en interne ?
00:34:20Et est-ce qu'on n'a pas
00:34:22l'impression beaucoup
00:34:23que la justice
00:34:24se saisisse
00:34:26des affaires
00:34:27de violences policières
00:34:28et de policiers
00:34:29violents ?
00:34:30Qu'en est-il exactement ?
00:34:32C'est très difficile
00:34:33de répondre
00:34:34à cette question.
00:34:36Tant les chiffres
00:34:37sont très bien cachés
00:34:40au ministère
00:34:41de l'Intérieur,
00:34:43une certitude,
00:34:43c'est que la justice,
00:34:44elle ne se saisira
00:34:45quasiment jamais
00:34:47d'une telle situation.
00:34:50J'ai envie de dire
00:34:51que sur ce type
00:34:52de délit,
00:34:56la justice,
00:34:57elle est très inféodée
00:34:59au ministère de l'Intérieur.
00:35:02On le voit
00:35:03notamment sur
00:35:04la base
00:35:05des contrôles
00:35:05d'identité
00:35:06qui est d'ailleurs
00:35:07un des marqueurs forts
00:35:09et une des missions
00:35:12de la police
00:35:13qui fait que
00:35:15qui est créative
00:35:16de violences,
00:35:17c'est que 90%
00:35:19de ces contrôles
00:35:19d'identité
00:35:20sont faits
00:35:20à la demande
00:35:21du procureur
00:35:22de la République.
00:35:24Or,
00:35:24on sait clairement
00:35:25que ce n'est pas
00:35:26le parquet
00:35:26qui fait une demande
00:35:27d'initiative.
00:35:28C'est très souvent
00:35:29le commissaire central
00:35:30de l'arrondissement
00:35:31sur Paris
00:35:32ou du département
00:35:33qui appelle
00:35:33le parquet
00:35:34en disant
00:35:35voilà,
00:35:35nous,
00:35:36on a des doléances
00:35:37dans tel ou tel type
00:35:38de quartier,
00:35:39de cité,
00:35:40il faut qu'on marque
00:35:41notre présence.
00:35:41Si vous voulez
00:35:42qu'on marque notre présence,
00:35:43il faut qu'on puisse faire
00:35:43du contrôle d'identité,
00:35:44il faut que vous puissiez
00:35:46nous donner
00:35:46cette autorisation.
00:35:48Donc en fait,
00:35:48ça se fait vraiment
00:35:49à la demande
00:35:50du ministère
00:35:51de l'Intérieur.
00:35:51Ce n'est absolument pas
00:35:52des situations
00:35:53qui se font naturellement
00:35:55et donc on se doute bien
00:35:57que le contrôle
00:35:58de la justice
00:35:59ne se fait pas
00:36:01sur ce type
00:36:02de mission.
00:36:03Disons qu'il y a aussi,
00:36:04je ne vais pas employer
00:36:05le mot de collusion
00:36:06mais je n'en trouve
00:36:07pas d'autres à l'instant
00:36:08là,
00:36:08mais disons que la justice
00:36:09a besoin du parquet
00:36:10pour enquêter,
00:36:11c'est-à-dire qu'ils travaillent
00:36:12ensemble,
00:36:12la police et la justice
00:36:13travaillent ensemble,
00:36:14donc c'est peut-être
00:36:14compliqué justement.
00:36:16Alors complètement,
00:36:17ça,
00:36:18il y a,
00:36:20si vous voulez,
00:36:21nous,
00:36:21on est les policiers,
00:36:22les officiers de police
00:36:22judiciaire,
00:36:23on est les techniciens,
00:36:23nous,
00:36:24on est les ouvriers
00:36:25de la justice.
00:36:25Donc si effectivement
00:36:27le parquetier
00:36:28ou le juge d'instruction
00:36:30se met mal
00:36:30avec ses enquêteurs,
00:36:32il est évident
00:36:32qu'il ne fera pas
00:36:33avancer son dossier.
00:36:34Et donc ça,
00:36:35c'est très compliqué.
00:36:35Mais nous,
00:36:36d'ailleurs,
00:36:36on a une revendication
00:36:38à la CGT police
00:36:39depuis de nombreuses années,
00:36:40c'est de sortir
00:36:43la police judiciaire
00:36:45du ministère de l'Intérieur
00:36:46et de la rattacher
00:36:47au ministère de la justice
00:36:48pour que justement,
00:36:49il n'y ait plus
00:36:52cette chape
00:36:53du ministère de l'Intérieur
00:36:54sur la police judiciaire
00:36:56et que la justice
00:36:57puisse enquêter
00:36:58plus sereinement.
00:37:00Mais voilà,
00:37:00au-delà de ça,
00:37:01ce sont des situations
00:37:02qui sont créées
00:37:03par les missions
00:37:04de police
00:37:05elles-mêmes
00:37:06de tous les jours.
00:37:09Certains policiers,
00:37:10juste après,
00:37:11je vous donne la parole,
00:37:12Nathalie,
00:37:13disent que aussi,
00:37:15le seul moyen
00:37:17pour l'État
00:37:17de tenir un peu
00:37:18sa police,
00:37:19qu'il paye très mal,
00:37:21à qui il donne
00:37:22des conditions de travail
00:37:23assez déplorables
00:37:27en ce qui concerne
00:37:28le matériel,
00:37:28les locaux,
00:37:29etc.,
00:37:30c'est de la couvrir.
00:37:31C'est-à-dire qu'on vous paye mal,
00:37:33on vous traite mal,
00:37:34on ne vous paye pas
00:37:35vos jours supplémentaires,
00:37:36vos heures supplémentaires,
00:37:37mais bon,
00:37:38au moins,
00:37:38en cas de violence policière,
00:37:39vous êtes couvert.
00:37:41Alors,
00:37:42je ne sais pas
00:37:42si c'est la contrepartie.
00:37:45qui est donnée,
00:37:46mais je pense aussi
00:37:48qu'en tout cas,
00:37:49il ne peut pas
00:37:49y avoir que ça.
00:37:50Une chose est sûre,
00:37:51c'est que si demain,
00:37:53l'État,
00:37:55par exemple,
00:37:56le défenseur des droits
00:37:57et l'État,
00:37:58mettaient vraiment
00:37:59au jour
00:37:59les violences policières
00:38:01et enquêtaient dessus,
00:38:03ça séparerait
00:38:05naturellement
00:38:05le policier
00:38:07et donc
00:38:07de son ministère,
00:38:10de son ministre,
00:38:11et ça lui donnerait
00:38:12une plus grande liberté,
00:38:14une plus grande autonomie.
00:38:15On parle,
00:38:16nous,
00:38:16souvent,
00:38:16de policiers citoyens
00:38:18puisqu'aujourd'hui,
00:38:18nous ne sommes pas
00:38:19des citoyens à part entière.
00:38:21Moi,
00:38:21par exemple,
00:38:21je ne peux pas me présenter
00:38:22à certaines élections,
00:38:23je n'en ai pas le droit,
00:38:24donc je suis privé
00:38:25d'une partie
00:38:26de mes droits civiques.
00:38:27Il y a tout un tas
00:38:28de choses
00:38:28qu'on n'a pas le droit
00:38:29de faire,
00:38:29même dans sa vie privée,
00:38:30il faut le savoir,
00:38:31on a un code de déontologie
00:38:32qui est quand même
00:38:32très restrictif
00:38:34à ce sujet.
00:38:35Et donc,
00:38:35il y a quand même
00:38:36tout.
00:38:36Mais aussi dit,
00:38:38si vous accusez
00:38:39quelqu'un d'outrage,
00:38:40par exemple,
00:38:41et qu'il vous dit
00:38:42le contraire,
00:38:42votre parole
00:38:43vaut plus.
00:38:44Évidemment,
00:38:45la parole du policier,
00:38:46elle vaut plus
00:38:48que la parole
00:38:49du citoyen
00:38:51ou du plaignant,
00:38:51ça c'est une évidence,
00:38:52devant le magistrat.
00:38:55Nathalie,
00:38:55vous voulez ?
00:38:55Je voulais dire
00:38:56qu'il fallait mener
00:38:57certaines luttes,
00:38:57par exemple,
00:38:58le fait que le procureur
00:38:59soit toujours dépendant,
00:39:01le procureur,
00:39:02c'est celui qui poursuit,
00:39:03mais qui dirige aussi
00:39:03la police judiciaire
00:39:05et qui décide aussi
00:39:07des contrôles d'identité.
00:39:08Et donc,
00:39:09le procureur
00:39:10est toujours
00:39:10hiérarchiquement dépendant
00:39:12du garde des Sceaux.
00:39:13Et ça,
00:39:13ce n'est pas normal
00:39:14puisqu'il faudrait
00:39:15une indépendance
00:39:16de la justice.
00:39:16Et d'autre part,
00:39:17l'IGPN,
00:39:18qui est donc
00:39:19l'inspection de la police,
00:39:20ou l'IGPN aussi,
00:39:23dépendent,
00:39:23du ministère de l'Intérieur.
00:39:24Et ce sont des policiers.
00:39:25Là aussi,
00:39:26c'est une aberration totale.
00:39:27Sans compter
00:39:28les lois diverses
00:39:29qui ont été faites,
00:39:30je pensais,
00:39:30pour les contrôles d'identité,
00:39:32c'est la loi d'avril 2019,
00:39:34que j'appelle
00:39:34anti-manifestants,
00:39:35qui a permis
00:39:37au procureur
00:39:37de prendre également
00:39:38des réquisitions
00:39:39pour des contrôles d'identité
00:39:41et inspection
00:39:42des bagages
00:39:44concernant
00:39:45les abords
00:39:45des manifestations.
00:39:46Et ce sont aussi
00:39:47les lois,
00:39:48par exemple,
00:39:48la loi de 2010
00:39:50sous Nicolas Sarkozy,
00:39:51participation volontaire
00:39:52à un groupement,
00:39:53etc.
00:39:54Infraction qui a été
00:39:55amplement utilisée
00:39:56contre les manifestants.
00:39:57Alors que ce n'était pas censé,
00:39:58à l'époque,
00:39:59dans les débats,
00:40:00c'est non,
00:40:00ça ne concernera pas
00:40:01les manifestants.
00:40:02Mais les Gilets jaunes,
00:40:03ils savent ce que ça veut dire,
00:40:04à mon avis.
00:40:05C'est-à-dire qu'il y a
00:40:05une confusion entre citoyens,
00:40:07manifestants et terroristes,
00:40:08en fait,
00:40:09puisque ces lois...
00:40:10criminalisation.
00:40:10On a une criminalisation
00:40:12des manifestants.
00:40:12Et on le voit
00:40:13à diverses reprises,
00:40:14on va sortir un rapport,
00:40:17il y a des observateurs
00:40:18dans la salle,
00:40:19on va sortir un rapport
00:40:20sur un aspect
00:40:22de cette criminalisation,
00:40:24mais ça en fait partie.
00:40:25Le fait qu'il y ait
00:40:26des infractions tellement floues,
00:40:27sans aucun dommage,
00:40:28puisque participation A,
00:40:30il n'y a pas de dommage
00:40:31de causer.
00:40:32S'il y a des dommages
00:40:33comme les violences,
00:40:34c'est une autre infraction.
00:40:35C'est une violence,
00:40:37etc.,
00:40:37en réunion,
00:40:38ou bien dégradation,
00:40:39bien en réunion.
00:40:41Là, participation,
00:40:42on est à...
00:40:43C'est une infraction d'obstacle.
00:40:44Il n'y a pas de dommage.
00:40:45Et pourtant,
00:40:45ça va permettre
00:40:46de placer en garde à vue
00:40:47par fourgon,
00:40:48de faire des poursuites
00:40:50en comparution immédiate.
00:40:51Là aussi,
00:40:53bon, ça a été
00:40:55amplement utilisé.
00:40:56Donc, il y a également
00:40:57une justice d'abattage
00:40:59qui a été mise en place.
00:41:01Anthony Caillé,
00:41:01je reviens vers vous,
00:41:02parce qu'une question
00:41:04à laquelle vous n'avez pas répondu,
00:41:05parce que je ne voulais pas poser,
00:41:06c'est de savoir
00:41:08comment on peut faire
00:41:09changer l'institution.
00:41:10Bien sûr,
00:41:10ça doit venir d'en haut,
00:41:11mais est-ce que de l'intérieur,
00:41:13on peut changer l'institution ?
00:41:15Je pense que vous,
00:41:16à la CGT,
00:41:17je dois dire que vous êtes
00:41:17quand même minoritaire
00:41:18dans la police,
00:41:19hélas,
00:41:20ce ne serait peut-être
00:41:20pas la même police
00:41:21si la CGT
00:41:22y était plus présente.
00:41:23Mais comment on peut,
00:41:25de l'intérieur,
00:41:25essayer de faire changer
00:41:26les choses ?
00:41:26De l'intérieur,
00:41:28à mon sens,
00:41:28ce sera très difficilement possible.
00:41:30Il faut absolument
00:41:31qu'il y ait des soutiens extérieurs.
00:41:36les politiques,
00:41:39les associations
00:41:40de droits de l'homme,
00:41:42les citoyens eux-mêmes.
00:41:44Il n'y a que comme ça
00:41:45qu'on s'en sortira
00:41:46à partir du moment
00:41:47où vous donnez
00:41:48le blanc-seing à un gouvernement,
00:41:50puisque vous avez voté pour lui.
00:41:52Une fois qu'il est mis en place,
00:41:54il n'a pas de raison
00:41:55de remettre en cause
00:41:58ce qui existe déjà.
00:42:00Donc ça,
00:42:00c'est essentiel.
00:42:02le policier tout seul
00:42:03ne pourra pas faire changer
00:42:04l'institution.
00:42:05Ça, c'est évident.
00:42:06On est dans une institution
00:42:07qui est trop fermée,
00:42:09qui est trop secrète,
00:42:10qui est trop...
00:42:11Voilà,
00:42:12sous l'emprise.
00:42:13Et donc ça,
00:42:13c'est évident
00:42:14que c'est impossible.
00:42:15À Zéline Taibi,
00:42:17je vois que vous brûlez
00:42:18de réagir.
00:42:19D'abord pour dire que
00:42:20je souscris totalement
00:42:22à ce que disait
00:42:23dans son introduction
00:42:24Anthony Cahier
00:42:26sur cette ultra-libéralisation
00:42:28de la police.
00:42:29Moi, je partage
00:42:29et ça va rejoindre
00:42:32justement
00:42:32ce que je vais vous dire.
00:42:34Ça va rejoindre
00:42:35ce que je vais vous dire,
00:42:36d'ailleurs.
00:42:37Oui,
00:42:37on assiste,
00:42:38enfin,
00:42:38vraiment,
00:42:39on assiste
00:42:39à cette ultra-libéralisation
00:42:40qui est totalement voulue
00:42:42depuis maintenant
00:42:43des décennies,
00:42:44depuis Sarkozy.
00:42:47et c'est à la fois
00:42:49la responsabilité
00:42:50aussi,
00:42:51de manière générale,
00:42:52des citoyens
00:42:53parce que,
00:42:54vous le disiez
00:42:55en introduction,
00:42:56on a un peu
00:42:56la police
00:42:57que l'on mérite
00:42:58quand on voit
00:43:00dans les différents
00:43:01scrutins
00:43:02qui se sont déroulés
00:43:04ces 20 dernières années.
00:43:06Voilà,
00:43:07donc forcément,
00:43:07il ne fallait pas
00:43:08s'attendre à autre chose
00:43:09de la part
00:43:10des gouvernements
00:43:11qui se sont succédés
00:43:13d'une mise en place
00:43:14d'une politique
00:43:15très ultra-libérale,
00:43:17très sécuritaire
00:43:17et c'est aussi
00:43:19de la responsabilité
00:43:20des gouvernements
00:43:21dits de gauche
00:43:23qui étaient au pouvoir
00:43:24et qui ont,
00:43:25en tous les cas,
00:43:26je dirais,
00:43:28même pas ralenti,
00:43:29mais au contraire,
00:43:31laissé cet état de fait
00:43:33s'amplifier.
00:43:34Je rappelle
00:43:35les diverses positions
00:43:36de Valls
00:43:37qui se rapprochent
00:43:38totalement
00:43:39des positions
00:43:40de Sarkozy,
00:43:41des positions
00:43:41de maintenant
00:43:42d'Armanin,
00:43:43etc.
00:43:43Donc là,
00:43:45je dirais
00:43:46que c'est presque
00:43:47extrêmement difficile
00:43:49à la police
00:43:49en interne
00:43:50et aux policiers
00:43:51et en particulier
00:43:52tous ceux
00:43:53qui représentent
00:43:55vos valeurs,
00:43:56qui représentent
00:43:56nos valeurs
00:43:57parce que moi,
00:43:57je partage,
00:43:58on ne peut pas être,
00:43:59on ne peut pas laisser faire
00:44:00une police,
00:44:01je dirais,
00:44:01d'État,
00:44:02une police étatisée.
00:44:03Il faut que ce soit
00:44:04une police de la République,
00:44:05une police proche
00:44:06des citoyens
00:44:07et quand je dis
00:44:08proche des citoyens,
00:44:09il faut aussi casser
00:44:10l'idée que quand
00:44:11un policier
00:44:13est en contact
00:44:14avec la population
00:44:15sur des formes
00:44:16très diverses,
00:44:17ça peut être
00:44:17sur des formes,
00:44:17je dirais,
00:44:18de prévention,
00:44:19sur des formes
00:44:20autour de loisirs,
00:44:21etc.
00:44:22Pour autant,
00:44:23ça ne délégitime pas
00:44:25le rôle de la police,
00:44:25bien au contraire.
00:44:26Je dis ça
00:44:27et je suis bien placé
00:44:28pour le savoir.
00:44:29Avant d'être élu,
00:44:30j'étais éducateur
00:44:31sur le terrain
00:44:31et il m'est arrivé
00:44:33pendant des années
00:44:34et des années
00:44:34de travailler avec la police
00:44:35et de mettre en place
00:44:36des actions de prévention,
00:44:38des actions éducatives
00:44:39et ça se passait
00:44:40très, très, très bien.
00:44:41Ça se passait très bien
00:44:42parce qu'il y avait
00:44:42un intérêt
00:44:43et pour les policiers
00:44:45de mieux connaître
00:44:46la population,
00:44:47en particulier nos jeunes
00:44:48de nos quartiers populaires
00:44:49dont je suis issu
00:44:50et un intérêt
00:44:51pour les jeunes
00:44:51des quartiers populaires
00:44:52d'être, je dirais,
00:44:53en confiance
00:44:54et d'être, je dirais,
00:44:56dans un rapport
00:44:58très, très fort
00:44:59avec la police
00:45:00et malheureusement,
00:45:01ça, ça a été
00:45:01complètement cassé
00:45:02par Sarkozy
00:45:02et ça n'a pas été remis.
00:45:04Donc, du coup,
00:45:05c'est la responsabilité
00:45:06en effet des citoyens,
00:45:07des élus
00:45:08et moi, je souhaite
00:45:10apporter le fait
00:45:11en tous les cas
00:45:12de me battre
00:45:12contre les violences policières
00:45:14qui est le fait
00:45:15bien évidemment
00:45:16d'une minorité de policiers.
00:45:17C'est justement
00:45:18pour sauver
00:45:19et pour redonner,
00:45:21je dirais,
00:45:22un sens
00:45:23à l'institution républicaine
00:45:24que représente la police.
00:45:25Pour moi, ça, c'est important
00:45:26et quelque part,
00:45:27je pense que beaucoup
00:45:28de policiers
00:45:28sont en attente de ça
00:45:29et en attente
00:45:31d'un soutien fort
00:45:32des élus,
00:45:34des associations,
00:45:34des collectifs
00:45:35dans un cadre républicain.
00:45:37Je pense que ça,
00:45:37c'est vraiment important.
00:45:38Et là, du coup,
00:45:39on a cette responsabilité,
00:45:41je dirais,
00:45:42militante et militants
00:45:43progressistes,
00:45:44humanistes,
00:45:44attachés à une police
00:45:46de la République,
00:45:47une police des citoyens,
00:45:48proches des citoyens.
00:45:50Et je pense que ça,
00:45:51c'est vraiment un débat.
00:45:51Mais on est face
00:45:53à des murs,
00:45:54on est face à une organisation
00:45:55qui est très bien huilée,
00:45:57très bien organisée
00:45:58et qui tend en tous les cas
00:46:00à vouloir rendre,
00:46:02à faire en sorte
00:46:02que la police
00:46:04s'assimile davantage
00:46:05à une police.
00:46:06Ce qu'on retrouve,
00:46:07je dirais,
00:46:08aux États-Unis
00:46:09avec l'organisation
00:46:10du FBI,
00:46:11avec l'organisation
00:46:12des CIA,
00:46:12etc.
00:46:13Quelque chose de complètement,
00:46:14je dirais,
00:46:15compartimenté.
00:46:16Quelque part,
00:46:16c'est ce qu'on cherche.
00:46:17Avec aussi le désengagement
00:46:18de l'État
00:46:19et des moyens.
00:46:20Et moi,
00:46:20je suis très sensible
00:46:20sur ce que vous avez dit
00:46:22tout à l'heure,
00:46:22Anthony Caillé,
00:46:23sur le désengagement
00:46:24de l'État.
00:46:25En termes de moyens,
00:46:26on a souvent des policiers
00:46:27dans nos quartiers
00:46:28qui sont très peu formés
00:46:29et en grande difficulté.
00:46:31Donc forcément,
00:46:32ça accroît
00:46:33ce sentiment
00:46:34de méfiance,
00:46:35de défiance
00:46:36entre la relation
00:46:37police et population.
00:46:39J'avais juste une question.
00:46:40Est-ce que vous,
00:46:41en tant qu'élu,
00:46:42vous avez par exemple
00:46:43créé une police municipale ?
00:46:44Oui.
00:46:45Et parmi.
00:46:46Est-ce que c'est un moyen
00:46:48justement
00:46:49de renouer ce lien
00:46:50entre l'uniforme
00:46:51et le citoyen ?
00:46:52C'est ce que fait
00:46:53en tous les cas.
00:46:53En tous les cas,
00:46:54ce sont les directives
00:46:54que j'ai données
00:46:55à la police municipale
00:46:56qui est créée
00:46:58depuis plusieurs années
00:46:59et bien avant
00:47:01le fait que je sois maire.
00:47:02Et puis,
00:47:02pour rien ne vous cacher,
00:47:03j'étais même opposé
00:47:04à la création
00:47:05de la police municipale.
00:47:06Avant d'être maire,
00:47:07j'étais adjoint au maire.
00:47:08Mais voilà,
00:47:09par loyauté,
00:47:11j'ai accepté
00:47:12à ce qu'on crée
00:47:13la police municipale.
00:47:14Mais en tous les cas,
00:47:14on lui a donné
00:47:15un caractère
00:47:16et un sens
00:47:17très particulier.
00:47:18Un sens à la fois
00:47:19humain,
00:47:19un sens,
00:47:20je dirais,
00:47:21de prévention,
00:47:21mais aussi de sanctions
00:47:23parce que voilà,
00:47:24c'est le triptyque,
00:47:25il est lié,
00:47:26prévention,
00:47:26sanctions
00:47:27et puis,
00:47:27je dirais,
00:47:28réparation.
00:47:29Et voilà,
00:47:30on a donné un sens
00:47:30au fait que cette police municipale
00:47:33et les agents
00:47:33soient connectés
00:47:34sur le terrain.
00:47:35Voilà.
00:47:35Mais on s'aperçoit
00:47:36qu'au fil des années,
00:47:38de plus en plus,
00:47:39la police nationale,
00:47:41en tous les cas,
00:47:42les politiques menées
00:47:43par la police nationale,
00:47:44dont malheureusement
00:47:45les agents
00:47:45font les frais
00:47:46sur le terrain,
00:47:47se désengagent totalement
00:47:48et renvoient
00:47:49énormément de missions
00:47:50vers la police municipale,
00:47:53donc vers les maires.
00:47:55Et moi,
00:47:55je n'ai pas les moyens
00:47:55de le balvois,
00:47:56je n'ai pas les moyens
00:47:56d'ici les Molinaux.
00:47:58J'ai fait le choix
00:47:58de ne pas remer
00:47:59la police municipale
00:48:00à la fois pour protéger
00:48:01les policiers municipaux,
00:48:03mais aussi pour ne pas
00:48:04me retrouver
00:48:04dans des situations
00:48:06extrêmement compliquées,
00:48:07dans des quartiers,
00:48:08etc.,
00:48:09où on pourrait trouver,
00:48:11enfin,
00:48:12il risquerait
00:48:12d'avoir des tensions
00:48:13très fortes.
00:48:14Et c'est un sujet
00:48:15extrêmement difficile.
00:48:17En tout cas,
00:48:18merci de l'avoir résumé.
00:48:19Nathalie,
00:48:20je vous ai pu hocher la tête,
00:48:22est-ce que vous aviez
00:48:22une petite réaction
00:48:23très très courte
00:48:24avant que je laisse
00:48:25la parole à Marie-Christine Vergia
00:48:26pour parler ?
00:48:27Le problème de la formation,
00:48:28elle est crucial.
00:48:30J'en ai parlé
00:48:30pour le maintien de l'ordre,
00:48:32mais c'est aussi lié
00:48:33à des directives,
00:48:34comme vous dites,
00:48:35le désengagement de l'État
00:48:36vis-à-vis de certaines directives.
00:48:38Il va falloir reprendre
00:48:39effectivement le problème
00:48:40des relations police-population,
00:48:43supprimer la police-population
00:48:44la plupart des contrôles d'identité.
00:48:45La façon dont également
00:48:46la police se présente,
00:48:48puisqu'ils sont formés
00:48:49à se présenter
00:48:51en affirmant leur autorité,
00:48:52plutôt que d'expliquer,
00:48:55on le voit bien
00:48:56sur les contrôles d'identité,
00:48:57les palpations de sécurité
00:48:59qui sont censées
00:48:59n'être faites
00:49:00que quand c'est absolument nécessaire
00:49:02et qui sont en réalité utilisées,
00:49:04ce que le sociologue appelle
00:49:05des cérémonies de dégradation.
00:49:07C'est pour humilier.
00:49:09Donc tout ça,
00:49:09c'est à reprendre
00:49:10parce que ça joue aussi
00:49:11pour le type de maintien de l'ordre
00:49:14dans la mesure
00:49:14où les policiers
00:49:15qui interviennent,
00:49:16qui ne sont pas spécialisés
00:49:18au maintien de l'ordre
00:49:18et qui interviennent
00:49:19dans les quartiers
00:49:20vont également avoir
00:49:22le même type de comportement
00:49:23vis-à-vis de manifestants ciblés.
00:49:26C'est-à-dire que vous dites
00:49:27qu'il y a un problème
00:49:27dans la formation,
00:49:28il n'y a peut-être pas assez
00:49:29d'heures de formation
00:49:32consacrées à la déontologie
00:49:33parce que si on lit réellement
00:49:34les textes,
00:49:35et je parle sous votre contrôle,
00:49:36Anthony Cahier,
00:49:36la police doit un respect
00:49:38absolu aux citoyens.
00:49:40Le tutoie-main n'est pas autorisé.
00:49:41Les palpations sont très encadrées.
00:49:44En fait, ça existe déjà.
00:49:46Simplement,
00:49:46c'est transgressé en permanence.
00:49:49À partir du moment
00:49:50où vous avez un discours
00:49:52comme celui des deux
00:49:54ou trois derniers
00:49:56ministres de l'Intérieur
00:49:57en poste,
00:49:58où on a un discours
00:50:00où on a affirmé
00:50:01des choses qui étaient fausses
00:50:04devant caméra,
00:50:05je pense par exemple
00:50:06à ce qui s'était passé
00:50:09à la Pitié-Salpêtrière,
00:50:10tout un tas de choses.
00:50:11Il est évident
00:50:12que quand vous avez
00:50:13la colonne vertébrale
00:50:15qui n'est pas droite,
00:50:17il ne faut pas demander
00:50:18effectivement
00:50:18aux exécutants
00:50:20de voie publique
00:50:23une déontologie parfaite.
00:50:25Vous ne pouvez pas leur demander
00:50:26d'aller faire des choses
00:50:28qu'ils n'ont pas le droit de faire
00:50:29ou qu'ils ne sont censés pas faire
00:50:31et à ce qu'eux-mêmes
00:50:33se tiennent droit.
00:50:35Il y a le discours du politique
00:50:37qui va donner le là,
00:50:40c'est lui qui va faire la musique
00:50:41dans les commissariats.
00:50:42Et donc si le discours du politique
00:50:44n'est pas droit,
00:50:45il n'est pas cohérent,
00:50:46il n'est pas républicain,
00:50:47il est évident
00:50:48que vous aurez ce type de bébue
00:50:51sur la voie publique.
00:50:53Merci beaucoup.
00:50:54Je vais donner pour conclure
00:50:56la parole à Marie-Christine Vergia,
00:50:58peut-être en élargissant un petit peu.
00:51:00Daniel Réon,
00:51:01vous vouliez...
00:51:02Juste un mot.
00:51:04Il me semble que dans ce que fait l'Observatoire
00:51:07sur la liberté de création,
00:51:08c'est le rôle des artistes.
00:51:09Les artistes,
00:51:10et l'affaire d'Eustin est exemplaire
00:51:12de ce point de vue-là,
00:51:14les artistes, le plus souvent,
00:51:16les artistes contemporains,
00:51:18ils ont une sensibilité
00:51:20qui est de dénoncer,
00:51:23à tort ou à raison,
00:51:25de dénoncer un certain nombre de faits
00:51:27qui se passent dans la société,
00:51:28quels qu'ils soient,
00:51:29qui peuvent être,
00:51:30pas forcément les violences policières,
00:51:32mais aussi, simplement,
00:51:34c'est de mettre en scène,
00:51:36de faire prendre conscience au public
00:51:38qu'il y a un certain nombre de choses.
00:51:40Donc ce sont des vies.
00:51:41Et ce que nous,
00:51:42on défend,
00:51:44c'est de dire
00:51:44qu'il faut qu'il puisse y avoir débat.
00:51:48Ce qui est intéressant
00:51:49dans l'œuvre artistique,
00:51:50c'est qu'elle provoque une réaction
00:51:51chez le spectateur
00:51:52ou chez l'auditeur,
00:51:53et qu'à partir de là,
00:51:55il y a discussion.
00:51:56Et c'est là-dessus
00:51:57qu'on se bat
00:51:57contre tous les groupes de pression
00:51:59qui disent
00:52:00« Ah, ça, je ne veux pas en entendre parler. »
00:52:02Et là, ça nous semble très grave
00:52:04pour ne pas en dire plus
00:52:05sur l'affaire de Stein,
00:52:06parce qu'on a un préfet qui dit,
00:52:09et donc c'est complètement cohérent
00:52:11avec ce que chacun a dit aujourd'hui,
00:52:14qui dit
00:52:14« Ah, violences policières,
00:52:16on n'a pas le droit d'en parler. »
00:52:18Si, on a le droit d'en parler,
00:52:19y compris pour dire
00:52:20ce que chacun a dit ici,
00:52:22ben ça existe, d'une part,
00:52:24et d'autre part,
00:52:25ça n'est pas l'ensemble,
00:52:27tout policier,
00:52:28mais pas violent,
00:52:30raciste.
00:52:32C'est vraiment là
00:52:34le fondement
00:52:34du travail qu'on mène.
00:52:36Merci beaucoup.
00:52:37Je rappelle encore une fois,
00:52:39pour que la caméra le voit,
00:52:40l'œuvre face à ses censeurs,
00:52:43c'est le guide pratique
00:52:44de l'Observatoire
00:52:45de la liberté de création,
00:52:46c'est une somme.
00:52:47Et voilà,
00:52:48vous pouvez vous le procurer.
00:52:50Alors où ça ?
00:52:50Où est-ce qu'on se le prouve ?
00:52:51À la Ligue des droits de l'homme,
00:52:53en librairie,
00:52:54ça se commande,
00:52:55ou sur le site de l'éditeur
00:52:58qui est la scène,
00:52:59vous trouvez ça sur Internet.
00:53:01Voilà,
00:53:02c'était l'instant promo.
00:53:03Mais merci beaucoup.
00:53:04Donc Marie-Christine Vergia,
00:53:06peut-être une conclusion
00:53:07qui élargirait
00:53:08à l'ensemble
00:53:08des libertés publiques,
00:53:10en fait,
00:53:10parce que c'est de ça aussi
00:53:11dont il est question.
00:53:12Il y a les violences policières,
00:53:14mais il y a aussi
00:53:15la restriction des droits,
00:53:16des droits de manifester,
00:53:18des droits de s'exprimer,
00:53:20on l'a vu.
00:53:20Pour vous,
00:53:21de quand date vraiment,
00:53:23est-ce qu'il y a déjà
00:53:25cette restriction,
00:53:26de quand date-elle,
00:53:27et puis jusqu'où
00:53:28pourrait-elle aller,
00:53:29et comment faire peut-être
00:53:33pour élargir,
00:53:34pour revenir à un état de droit ?
00:53:36Deux choses d'abord.
00:53:38Nous,
00:53:38on a beaucoup tenu à ce titre
00:53:40liberté publique,
00:53:41censure
00:53:42et violences policières,
00:53:44parce qu'on pense
00:53:45que tout ça est lié,
00:53:46effectivement,
00:53:47c'est deux exemples symptomatiques
00:53:49des atteintes
00:53:50aux libertés publiques.
00:53:52Le deuxième élément,
00:53:53c'est peut-être de dire
00:53:54qu'on a eu quelque part,
00:53:55pour les droits de l'homiste
00:53:57que nous sommes,
00:53:58et nous assumons ce terme
00:54:00désormais,
00:54:00qui nous a été attribué
00:54:02par l'extrême droite,
00:54:05il y a eu une période
00:54:07rêvée quasiment
00:54:07au lendemain
00:54:08de la Deuxième Guerre mondiale
00:54:09avec la Déclaration universelle
00:54:11des droits de l'homme,
00:54:12la montée en puissance
00:54:14de l'intégration
00:54:15des droits de l'homme,
00:54:17des droits de l'être humain,
00:54:19devrais-je dire,
00:54:20ce n'est pas parce qu'on dit
00:54:21droit de l'homme
00:54:22avec un H majuscule
00:54:23qu'on oublie les femmes,
00:54:24je vous rassure,
00:54:25sinon je ne serais pas
00:54:26vice-présidente
00:54:26de la Ligue des droits de l'homme.
00:54:31Cette période,
00:54:32on avançait en permanence
00:54:35jusqu'à la fin des années 70,
00:54:38aux années 80,
00:54:40avec des différences
00:54:41selon les pays.
00:54:45Et à partir de là,
00:54:47on a le mouvement inverse
00:54:48et c'est lié,
00:54:49comme je le disais tout à l'heure,
00:54:51à la question économique.
00:54:52C'est le renversement,
00:54:53là aussi,
00:54:54de l'État-providence
00:54:56au profit de politiques
00:54:57de plus en plus libérales.
00:55:00Et il y a besoin
00:55:00de plus en plus d'autorité,
00:55:02d'autoritarisme,
00:55:03de sécuritaire.
00:55:04Alors, le point d'orgue
00:55:06commence avec Manuel Valls,
00:55:08mais le vert était dans le fruit
00:55:09avant, si je puis dire,
00:55:11parce qu'on parle beaucoup
00:55:12de la question
00:55:12de l'ensauvagement guillemets.
00:55:14Et je trouve assez insupportable
00:55:16qu'on commande ce terme
00:55:18en ce moment
00:55:19comme si c'était naturel
00:55:21de traiter des êtres humains
00:55:22de sauvages.
00:55:24Ce n'est pas naturel.
00:55:25C'est une expression
00:55:26qui vient tout droit
00:55:27de l'extrême droite.
00:55:28Donc, quand les médias
00:55:29mainstream
00:55:30commentent tranquillement
00:55:31ce terme,
00:55:32moi, ça me fait bondir.
00:55:35Et pourquoi je cite ce terme ?
00:55:36Parce que malheureusement,
00:55:38un ministre de l'Intérieur
00:55:39au début des années 90
00:55:41dans un gouvernement de gauche
00:55:42parlait des sauvageants.
00:55:45Donc, ça a été
00:55:45un des premiers ministres
00:55:46de l'Intérieur
00:55:47qui a dérapé,
00:55:49je dirais.
00:55:50Et je crois, oui,
00:55:50le rôle des politiques
00:55:51sur ces questions-là
00:55:52est quelque chose
00:55:53d'impressionnant.
00:55:55et à partir de là,
00:55:57on est de plus en plus
00:55:58dans une escalade.
00:55:59Pourquoi on est
00:56:00dans cette escalade ?
00:56:01La France est le premier
00:56:02pays de l'Union européenne
00:56:03où l'extrême droite
00:56:04a eu,
00:56:05on oublie de le dire
00:56:06et de le martéler,
00:56:07mais il faut quand même
00:56:07le dire,
00:56:08où l'extrême droite
00:56:10a fait des scores
00:56:10électoraux
00:56:12extrêmement importants
00:56:13avec des coups
00:56:15d'accordéon.
00:56:16Mais quand même,
00:56:16on est un des pays
00:56:17de l'Union européenne
00:56:18où l'extrême droite
00:56:19est la plus élevée.
00:56:20On regarde toujours
00:56:21ce qui se passe
00:56:21dans les autres pays,
00:56:23mais commençons
00:56:24par regarder
00:56:24ce qui se passe
00:56:25en France.
00:56:25Et notamment
00:56:26parce que sur ces questions-là,
00:56:28on a un côté
00:56:29quand même
00:56:34exemplaire.
00:56:35On sert d'exemple
00:56:36aux autres pays,
00:56:36nous,
00:56:37la fameuse patrie
00:56:38des droits de l'homme,
00:56:38que nous préférons
00:56:39appeler désormais
00:56:40la Ligue des droits de l'homme,
00:56:41d'ailleurs,
00:56:42le pays où la première
00:56:43déclaration des droits de l'homme
00:56:44a été adoptée,
00:56:45ce qui n'est pas
00:56:45tout à fait pareil.
00:56:48On a une espèce de course
00:56:53qui se met en route
00:56:55après l'extrême droite.
00:56:57Pour combattre
00:56:58l'extrême droite,
00:56:59il faudrait utiliser
00:56:59son vocabulaire,
00:57:00voir ses propositions
00:57:04pour avancer.
00:57:06Nous, on dit non,
00:57:07c'est le contraire
00:57:08et c'est ce qu'on voit
00:57:08exactement.
00:57:09Plus les politiques,
00:57:11alors,
00:57:12de droite,
00:57:12de droite extrême d'abord,
00:57:14puis le club de l'horloge
00:57:15notamment,
00:57:16qui a servi de pont
00:57:17dans les années 80,
00:57:19plus on court
00:57:20après l'extrême droite,
00:57:22donc droite extrême,
00:57:24droite,
00:57:24et de plus en plus,
00:57:25y compris des gens
00:57:26dits de gauche,
00:57:27parce que pour moi,
00:57:28ils ne sont pas de gauche,
00:57:29des gens dits de gauche
00:57:31qui utilisent ce vocabulaire.
00:57:33En tout cas,
00:57:33ils ne sont pas humanistes,
00:57:34ils ne sont pas démocrates,
00:57:35ils utilisent
00:57:36le même vocabulaire
00:57:37et les propositions.
00:57:39Et l'exemple bien de haut,
00:57:40je pense à la question
00:57:41de la déchéance
00:57:42de nationalité.
00:57:43C'était quand même ça aussi,
00:57:44c'est directement
00:57:46issu des programmes
00:57:47d'extrême droite.
00:57:48Donc on a une dérive,
00:57:49une dérive complète
00:57:51et effectivement,
00:57:51vous vous dites,
00:57:52la colonne vertébrale
00:57:53se casse la figure.
00:57:55Alors,
00:57:55qu'est-ce qu'il faut faire ?
00:57:56Parce qu'il ne reste
00:57:58plus beaucoup de temps.
00:58:00En quatre minutes,
00:58:01que faut-il faire ?
00:58:01Nous,
00:58:02nous nous appelons,
00:58:03on ne le dit pas assez,
00:58:04la Ligue des droits de l'homme
00:58:05et du citoyen.
00:58:06Ça veut dire
00:58:07que nous croyons
00:58:08d'abord et avant tout
00:58:09à la citoyenneté.
00:58:10Et la République,
00:58:11c'est ça aussi.
00:58:12C'est la démocratie.
00:58:14C'est,
00:58:16parce qu'il ne suffit pas
00:58:17de se prononcer république,
00:58:19il faut aussi
00:58:19qu'on se donne
00:58:20les outils
00:58:22pour avancer.
00:58:22Ces outils,
00:58:23c'est l'état de droit,
00:58:24le respect
00:58:25d'un certain nombre
00:58:26de règles fondamentales
00:58:27et quelque part,
00:58:28ce que j'appellerais
00:58:29le contrôle citoyen.
00:58:32Nous,
00:58:32on oublie ça aussi.
00:58:33En France,
00:58:34on est dans des institutions
00:58:35qui sont particulièrement
00:58:36caricaturales.
00:58:37J'ai eu la chance
00:58:38de travailler
00:58:38pendant dix ans
00:58:39au niveau européen
00:58:40et de comparer
00:58:41un certain nombre
00:58:42de choses.
00:58:42Ça fait du bien
00:58:43de se dépoussiérer
00:58:44un peu la tête
00:58:45et de regarder
00:58:45ce qui se passe
00:58:46dans d'autres pays.
00:58:47On est loin
00:58:48d'être le pays
00:58:48le plus démocratique
00:58:49de l'Union européenne.
00:58:51Au contraire,
00:58:52nos institutions,
00:58:53les institutions
00:58:54de la Sainte-Homme
00:58:54République
00:58:55sont particulièrement
00:58:56antidémocratiques.
00:58:58Avec l'inversion
00:59:02des scrutins
00:59:05présidentiels
00:59:05et législatifs,
00:59:07on atteint
00:59:07des sommets.
00:59:08c'est le président
00:59:09de la République
00:59:09et tout le monde
00:59:11derrière.
00:59:12Avec une majorité
00:59:13pléthorique
00:59:13comme on vient
00:59:14de le voir.
00:59:17On déroge
00:59:18de plus en plus
00:59:19au fonctionnement
00:59:20démocratique
00:59:21et au contrôle citoyen.
00:59:23Nous,
00:59:23c'est pour ça
00:59:23qu'on a favorisé
00:59:24l'émergence
00:59:25des observatoires
00:59:26citoyens
00:59:27sur la question
00:59:27des violences policières.
00:59:29C'est pour ça
00:59:29qu'on soutient,
00:59:30pour revenir
00:59:31à ce qui était dit
00:59:33par l'observatoire
00:59:35sur la culture,
00:59:35on soutient
00:59:37un certain nombre
00:59:37de films
00:59:39qui permettent
00:59:40la prise de conscience
00:59:41et le débat.
00:59:42Moi,
00:59:42je vais en citer
00:59:42trois qui,
00:59:44ces dernières années,
00:59:46nous interpellent
00:59:47sur la question
00:59:47de la police
00:59:47dans des genres
00:59:48très différents.
00:59:49Il y a eu
00:59:49Les Misérables,
00:59:50de l'adolive,
00:59:54qui interpellent,
00:59:54je ne sais pas
00:59:55si vous l'avez vu,
00:59:55mais ça interpelle
00:59:56quand même
00:59:56sur le rôle
00:59:57des policiers
00:59:58avec des différences
01:00:00de génération.
01:00:00Il y a eu des débats
01:00:01avec mon fils,
01:00:01qui a 20 ans,
01:00:03qui ne voyait pas
01:00:04du tout le film
01:00:04comme moi.
01:00:05Il y a un autre film
01:00:06qui sort en ce moment
01:00:08qui s'appelle
01:00:09Police avec Omar Sy,
01:00:11qui pose la question
01:00:12du rôle de la police
01:00:13par rapport
01:00:14aux expulsions
01:00:15d'étrangers.
01:00:16C'est aussi un film
01:00:17qui fait réfléchir,
01:00:18me semble-t-il.
01:00:19C'est un film
01:00:19grand public.
01:00:21Et puis,
01:00:22il y a un autre film
01:00:23parrainé par la Ligue
01:00:24des droits de l'homme
01:00:25qui s'appelle
01:00:29Un pays qui se tient sage,
01:00:31en référence
01:00:32à l'affaire
01:00:33de Mante-la-Jolie,
01:00:35où les gendarmes
01:00:36avaient mis
01:00:36pendant des heures
01:00:37des jeunes
01:00:39à genoux
01:00:40en prenant la vidéo
01:00:42et en disant
01:00:43« voilà une classe
01:00:44qui se tient sage ».
01:00:45Donc,
01:00:45c'est une référence
01:00:46à ça.
01:00:46Et c'est un excellent film
01:00:49de débat
01:00:51pour interpeller
01:00:52le rôle de la police
01:00:53avec des passages
01:00:54de violences policières,
01:00:56d'images
01:00:56de violences policières
01:00:57et des témoignages.
01:00:58Je ne vous dirai pas
01:00:59lesquels je vous les laisserai
01:01:00les découvrir au cinéma.
01:01:01Ils sortent le 30 septembre.
01:01:03Voilà,
01:01:03ils sortent le 30 septembre.
01:01:04Mais il y a déjà
01:01:04des avant-premières,
01:01:06notamment en région parisienne,
01:01:07qui permettent
01:01:09de les voir.
01:01:09Et je crois
01:01:10que c'est un excellent outil
01:01:11pour faire des débats,
01:01:12M. le maire,
01:01:13dans votre commune.
01:01:16Et je trouve
01:01:17que c'est très intéressant.
01:01:18Donc,
01:01:18ça vient d'abord
01:01:19de la citoyenneté.
01:01:21Et il y a un rôle,
01:01:22vous l'avez dit aussi,
01:01:23des électeurs.
01:01:24Parce que si on en est là,
01:01:25c'est aussi parce que
01:01:26les électeurs
01:01:27soit se désintéressent,
01:01:28soit votent
01:01:30comme ils votent.
01:01:31Mais dans les quartiers
01:01:32populaires,
01:01:33on sait très bien
01:01:33que le problème,
01:01:34c'est qu'ils ne vont plus voter.
01:01:35Donc,
01:01:36il faut nous interroger
01:01:37aussi là-dessus
01:01:38et voir comment
01:01:41essayer de faire en sorte
01:01:42que notre système électoral
01:01:45étouffe
01:01:45un tout petit peu moins.
01:01:46Donc,
01:01:46on est,
01:01:47nous,
01:01:47ce qu'on appelle
01:01:47une association
01:01:50généraliste.
01:01:51On s'intéresse
01:01:52à plein de sujets,
01:01:53mais je pense
01:01:54que notre colonne vertébrale
01:01:55à nous,
01:01:56militants de la Ligue
01:01:57et militantes
01:01:58de la Ligue des droits
01:01:59de l'homme,
01:02:00c'est cette question
01:02:01du respect des droits
01:02:03de l'homme,
01:02:03de l'État de droit
01:02:04et de la démocratie.
01:02:06Dans une démocratie,
01:02:07il ne suffit pas
01:02:08de se dire
01:02:08« je suis république »
01:02:10et parce que je suis
01:02:10des républiques,
01:02:11les violences policières
01:02:12n'existent pas.
01:02:13Il faut surveiller
01:02:15le respect
01:02:16de l'État de droit
01:02:17et des droits de l'homme
01:02:19en permanence.
01:02:21Et ça,
01:02:21c'est le rôle des citoyens.
01:02:22Ce que j'appellerais,
01:02:24je dirais,
01:02:25c'est à nous rejoindre,
01:02:26à rejoindre d'autres organisations
01:02:28qui travaillent
01:02:29sur ces questions
01:02:30parce qu'on a besoin
01:02:31d'éducation populaire,
01:02:32on a besoin de gens
01:02:33qui s'investissent
01:02:34sur ces champs-là
01:02:36pour justement
01:02:37faire respirer
01:02:38la démocratie.
01:02:39Merci beaucoup
01:02:40pour cette belle conclusion,
01:02:42Marie-Christine Vergia.
01:02:43Tout est entre nos mains,
01:02:44alors,
01:02:44si je vous entends bien.
01:02:45Entre nos mains,
01:02:46il faut aller voter,
01:02:47il ne faut surtout pas croire
01:02:49que parce qu'on a
01:02:50la bonne couleur de peau,
01:02:51la bonne place sociale,
01:02:53ça ne nous concerne pas.
01:02:54Ça concerne tout le monde
01:02:55et tout ce qui atteint
01:02:56les plus faibles
01:02:56finira un jour
01:02:57par concerner les autres.
01:02:59Donc, je tenais à le rappeler.
01:03:00Belle conclusion.
01:03:00Merci à vous.
01:03:03Merci à vous tous.
01:03:04Un grand merci.
01:03:04Donc, je rappelle
01:03:05vos noms et vos fonctions
01:03:07pour terminer.
01:03:09On était donc
01:03:09avec Nathalie Théiot,
01:03:11représentante
01:03:11de l'Observatoire parisien
01:03:13des libertés publiques,
01:03:15Anthony Caillé,
01:03:16représentant la CGT Police,
01:03:18Daniel Véron
01:03:18pour l'Observatoire
01:03:20de la liberté de création,
01:03:21Marie-Christine Vergia,
01:03:23vice-présidente
01:03:24de la Ligue des droits de l'homme
01:03:26et Azéline Taiby,
01:03:28maire de cette ville populaire
01:03:30d'Eustin.
01:03:31Merci beaucoup à tous.
01:03:32Sous-titrage Société Radio-Canada