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  • il y a 7 minutes
Suite à un nouvel afflux de migrants cet été dans les îles de la mer Egée, les centres d'accueil de Lesbos sont saturés et les conditions de vie sont devenues inhumaines. Le point sur la situation avec le député européen grec Stélios Kouloglou (GUE).

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Transcription
00:00...
00:11Stelios Kouloglou, bonjour.
00:13Vous êtes député européen de la gauche unitaire européenne.
00:17Vous êtes député européen grec.
00:19La situation des migrants se dégrade à nouveau en Grèce.
00:24Cet été, de nombreux migrants, en partie des côtes turques,
00:27sont arrivés à nouveau sur les côtes des îles grecques,
00:30spécialement à Lesbos, qui est très proche de la côte turque.
00:34Quelle est la situation actuellement dans cette partie de la Grèce,
00:39dans ces îles, et quelle est la situation des migrants ?
00:41Très difficile, très difficile.
00:45Seulement, je veux dire que pendant deux mois, j'ai eu à août,
00:49ils sont arrivés plus de 13 000 personnes.
00:54Ça veut dire, ça fait que c'était la moitié de ce qu'on a eu pendant toute l'année
01:032019.
01:05Ça veut dire, ça augmente beaucoup.
01:07Il y a une vague de émigrés.
01:10Toujours par le même moyen.
01:11C'est-à-dire qu'ils prennent toujours des bateaux sur la côte grecque
01:14pour tenter de rallier, sur la côte turque, pardon,
01:19pour tenter de rallier les îles grecques.
01:20Il semble que M. Erdogan utilise aussi la question de la migration
01:30et de réfugiés comme un robinet de l'eau.
01:35Il ouvre le robinet et il jette les réfugiés dans la mer.
01:41On va en reparler puisqu'il a fait une déclaration là-dessus récemment
01:44à propos de l'Europe et des accords qu'il demande à l'Europe de prendre.
01:48Donc cette situation, vous nous la décrivez là.
01:50D'où viennent ces migrants ?
01:51On le sait un peu plus.
01:53D'où est-ce qu'ils viennent ?
01:53On dit que ce qui s'est passé à Ilib, notamment,
01:57a provoqué un nouveau flux de réfugiés dans cette région.
02:01Il y a toujours des réfugiés politiques.
02:06Lorsque la guerre continue, comme ça,
02:10si on trouve pas une solution à la guerre en Syrie au Moyen-Orient,
02:13il y a toujours des réfugiés qui viennent même des réfugiés d'Afghanistan.
02:17C'est ça.
02:17Et aussi, il y a des émigrés qui sont venus pour des raisons économiques.
02:25Alors, il y a toujours, comme la route Libye-Italie a été perturbée
02:32à cause de différents problèmes et tout ça,
02:35et le gouvernement Salvini,
02:36et comme ça se passe toujours,
02:41la vague migratoire a trouvé une autre voie pour arriver,
02:46pour arriver, non parce qu'ils veulent quitter leur pays,
02:49leur famille, leur village,
02:52parce qu'ils n'ont pas d'autres solutions.
02:56Et alors, répétons-le, une île,
02:58on parle souvent d'Esbos parce que c'est une grande île grecque, bien sûr,
03:02c'est la plus grande des îles qui font face à la côte de la Turquie.
03:07Il y a des équipements, des installations qui ont été faites pour l'accueil des migrants,
03:12mais ces installations sont débordées à l'heure actuelle.
03:15C'est-à-dire qu'il y a beaucoup plus de monde que ce qu'elles peuvent accueillir.
03:18Toutes les îles proches de la Turquie sont touchées,
03:22mais notamment à l'Esbos.
03:25Là, il y a un centre qui peut accueillir pas plus de 3 000 personnes,
03:31c'est-à-dire que maintenant elles sont 10 000 personnes.
03:34Les gouvernements ont finalement décidé de relocaliser quelques émigrés,
03:44de nouveau arrivés à la...
03:47Sur le continent en Grèce, mais sur le continent.
03:50Qui est contre l'accord avec la Turquie,
03:54parce qu'il fallait que tout le monde reste sur les îles
03:57pour que les questions d'asile soient examinées.
04:01Mais ça, c'est plus possible.
04:03Il faut complètement changer la politique envers l'immigration.
04:10Pas la politique seulement grecque,
04:12mais la politique européenne,
04:15parce que la Grèce ne peut pas rien faire seule.
04:18C'est une question, bien sûr, que je vais vous poser.
04:20En tout cas, à l'heure actuelle,
04:22clairement, ça ne peut pas marcher comme ça.
04:23On se retrouve pratiquement en Grèce aujourd'hui,
04:26dans des situations, dans une situation qui est proche
04:28de celle qu'on a connue maintenant, il y a deux ans,
04:30quand il y a eu les premiers mouvements de migration
04:34venant effectivement suite à l'Afghanistan,
04:37suite aux guerres au Moyen-Orient,
04:39la première vague de migration qui est arrivée par la Turquie,
04:43puis par la Grèce, qui du coup,
04:45il faut qu'on explique à ceux qui nous écoutent
04:48que la Grèce est un territoire fermé.
04:50C'est-à-dire que les migrants viennent en Grèce,
04:53une fois qu'ils sont là, ils ne peuvent plus en sortir.
04:56Ils sont bloqués.
04:56Ils sont bloqués.
04:57L'ironie de l'histoire, c'est que le gouvernement de la droite,
05:02qui est au pouvoir maintenant,
05:04qui est revenu au pouvoir,
05:05critiquait le gouvernement de Syriza
05:10en disant que le gouvernement de Tsipras et les autres
05:13étaient très, ils adoptaient une position amicale
05:18envers l'immigration et les réfugiés.
05:21Et maintenant, ils se trouvent dans une situation
05:23où ils ne peuvent rien faire.
05:27Différents.
05:28Parce qu'on ne peut pas quand même,
05:29on ne peut pas faire quoi ?
05:32Ça veut dire qu'il y a des barques qui viennent,
05:35il y a des petits barques qui viennent.
05:36On ne peut pas empêcher les barques.
05:38Donc Salvini, qui était une honte pour l'Italie,
05:43empêchait les grands bateaux.
05:46Empêchait de porter secours aux migrants.
05:49Mais on ne peut pas.
05:49Donc les gens se noyaient.
05:50On ne peut pas empêcher 15 petites barques élastiques
05:57d'arriver sur les plages.
06:00Alors quoi faire maintenant ?
06:01Ils ont essayé de diminuer les droits d'appel
06:09si une demande d'asile soit rejetée.
06:15Mais ça, c'est contre les lois européennes,
06:19on ne peut pas le faire.
06:20Ça veut dire qu'ils se trouvent dans une situation pareille
06:23qui est critiquée auparavant.
06:26Alors justement, on parlait de l'Europe.
06:29L'Europe, on n'en entend plus parler de ces questions-là.
06:34On prend la session par exemple parlementaire du Parlement européen,
06:37la session actuelle, la session du mois de septembre.
06:39Aucun point n'a porté sur cette situation.
06:43On a parlé d'immigrants pendant un certain temps
06:46ici au Parlement européen.
06:47On a l'impression que là, en n'en parlant plus,
06:49la question est résolue.
06:50Non, non.
06:51Il semble que Mme Ursula von der Leyen
06:56a une idée très paradoxale
06:59en ce qui concerne l'immigration
07:01en disant que le titre du nouveau commissaire Sargé
07:06aussi de l'immigration,
07:07c'est la protection du monde de vie européen.
07:12C'est une chose qui est complètement surréaliste,
07:15absurde, mais aussi qui porte de l'eau
07:19au moulin de l'extrême droite.
07:21Oui, oui, oui.
07:22Parce que, qu'est-ce que c'est la mode de vie européenne ?
07:27Nous n'avons pas, nous les Grecs, les Portugais
07:29ou les Espagnols n'ont pas le même mode de vie
07:32que les Suédois par exemple.
07:34Il y a des valeurs, comme la démocratie,
07:38l'aspect des droits de l'homme, la solidarité.
07:43C'est quoi ça ?
07:46Ça veut dire, comme il a fait,
07:50si on mélange la protection du monde de vie européen
07:54avec la menace, en guillemets, de la migration,
07:59ça veut dire qu'on adopte une position de l'extrême droite.
08:05Sauf si la mode de vie européenne signifie la tolérance à la corruption.
08:10Parce que nous avons 6-7 candidats pour être commissaires
08:17qui soient à ce moment-là compromis
08:22au scandale financier de la corruption.
08:276-7 parmi les 27 candidats.
08:31C'est trop.
08:33Alors pour revenir à la question de l'Europe par rapport aux migrants,
08:37cette absence de l'Europe,
08:39le fait qu'elle ne veuille pas voir la situation concrètement
08:43comme elle se passe,
08:44on parlait là de ce qui se passe en Méditerranée
08:48entre la Libye et l'Italie, etc.
08:50Mais aussi du côté de la Grèce,
08:51comme vous êtes en train de nous l'expliquer,
08:54comme l'Europe ne veut pas voir ce qui se passe exactement,
08:59Erdogan, vous le disiez aussi,
09:00renchérit en voyant les choses,
09:03en disant qu'il me faut un nouvel accord,
09:06donc de l'argent, en gros, avec l'Europe.
09:09Sinon, effectivement,
09:10je n'ai aucune raison de retenir les 3,5 millions de migrants
09:14qui sont à l'intérieur du territoire de la Turquie
09:17dans mes frontières,
09:18je peux effectivement les laisser partir.
09:21C'est presque, ce qui a été fait,
09:23vous le disiez un peu cet été,
09:25avec les îles grecques,
09:26c'est presque un coup de semence
09:28pour dire, vous voyez, ça je peux le faire.
09:30Vous voyez ça comme ça ?
09:31Oui, oui, absolument.
09:33C'est ça qu'il fait, à ce moment-là.
09:36Et comme je viens de le dire,
09:39il utilise les robinets des réfugiés
09:43comme si les réfugiés se sont à la jetée de la mer.
09:48Est-ce qu'il y a une chance aujourd'hui,
09:49compte tenu de ce qu'on vient de dire,
09:51notamment sur la nouvelle Commission européenne, etc.,
09:54est-ce qu'il y a une chance aujourd'hui
09:55que l'Europe joue son rôle ?
10:00Veuille jouer son rôle,
10:02accepte de jouer son rôle,
10:03parce que c'est son rôle,
10:04c'est des frontières de l'Europe dont il s'agit là,
10:06quand on parle des frontières de la Grèce.
10:07Est-ce qu'il y a une chance que l'Europe
10:10s'intéresse aux problèmes
10:11et s'occupe de ce problème sérieusement ou pas ?
10:14Il y a des bonnes nouvelles et des mauvaises nouvelles.
10:19Les bonnes nouvelles sont qu'il y a un accord
10:24de répartition des émigrés et des réfugiés
10:27parmi quelques pays,
10:29mais pas tous les pays membres de l'Union Européenne,
10:33ça veut dire que c'est la France, l'Espagne, la Marthe, etc.,
10:39mais même pas la majorité des pays européens.
10:45Les mauvaises nouvelles sont qu'envers les pays
10:50qui ne respectent pas ni les idées de la solidarité,
10:55ni les décisions déjà prises il y a quatre ans
10:58pour la réorganisation des réfugiés,
11:03ne fassent pas,
11:04ne sont pas,
11:09ça ne parle rien contre eux.
11:12C'est comme si,
11:16c'est à la carte.
11:17Oui, c'est à la carte.
11:19Ils veulent qu'il y ait l'argent de l'Union Européenne,
11:22mais pas prendre aussi les responsabilités nécessaires.
11:27Il faut absolument
11:30appliquer les décisions.
11:33Il faut absolument
11:34imposer des actions
11:35aux pays
11:37qui ne respectent pas
11:39les valeurs
11:41européennes.
11:43Et en même temps,
11:44il faut aussi aider
11:46les pays
11:47qui sont ouverts,
11:50qui fassent partie
11:52de ce système
11:54de répartition.
11:55ça veut dire
11:56avoir
11:57d'aide financière
12:00pour qu'ils
12:01puissent
12:02faire face
12:03aux problèmes
12:05de nouveaux arrivés
12:07des émigrés.
12:08Donc,
12:09situation très difficile.
12:10On a souvent parlé ici
12:11avec vous,
12:12Stelios,
12:12de la question
12:16de l'accueil des migrants
12:18dans cette partie-là
12:19de la Méditerranée
12:21et du rôle
12:21que joue l'Europe.
12:23Vous diriez quoi ?
12:24Nouvelle session,
12:25nouvelle mise en place
12:26d'un nouvel État-major
12:28de l'Union Européenne
12:29pour cinq ans ?
12:30Vous êtes optimiste
12:31ou pas vraiment ?
12:32Non,
12:33je pense que
12:33la nouvelle commission
12:37comme elle est proposée
12:39à ce moment-là,
12:42me semble pire
12:44que la précédente.
12:57elle doit comprendre
12:58que c'est une chose
13:00berlaine
13:00et une autre chose
13:01bruxelles.
13:02C'est une chose
13:03de diriger
13:04un ministre allemand
13:05et une autre chose
13:06tout à fait différente
13:07de diriger
13:08toute l'Union Européenne.
13:11Je pense pas qu'elle
13:12pour le moment
13:13elle semble
13:15qu'elle n'est pas
13:16à l'auteur.
13:19Et aussi avec
13:20les sept candidats
13:24pour la commission
13:26compromis
13:27aux différents scandales,
13:28je suis très pessimiste.
13:31Juste une dernière question.
13:33Célus Cloglou,
13:33vous l'avez dit,
13:35la droite est revenue
13:36au pouvoir en Grèce
13:37depuis quelques mois
13:38maintenant.
13:39Quelle est la situation
13:40politique dans le pays
13:41aujourd'hui ?
13:42Bon,
13:43l'ancien système
13:45colombien
13:46est revenue au pouvoir.
13:47Ça c'est le titre
13:49que je donnerais.
13:51Ça veut dire
13:51c'est la droite
13:52qui est à la fois
13:55trop néolibérale,
13:57revasiste
13:59et aussi antidémocratique.
14:02Néolibérale
14:03parce qu'ils ont déjà
14:03annoncé
14:04des privatisations
14:05de tous.
14:06Tandis que l'économie
14:07marche mieux.
14:09La Grèce
14:10maintenant peut
14:11trouver d'argent
14:12au marché
14:15international.
14:16On n'a pas besoin
14:17de liquide.
14:18Alors, on ne doit pas
14:22vendre
14:23tous les meilleurs
14:25entreprises
14:26pour avoir
14:26de l'argent.
14:27Ce qu'ils font
14:27pour avoir
14:28de l'argent.
14:28On peut trouver
14:29de l'argent
14:30ailleurs.
14:32Alors,
14:32ils sont
14:33revasistes.
14:34Ils ont
14:36viré
14:38tous les gens
14:39compétents
14:39de différentes
14:40institutions,
14:41même
14:41de institutions
14:43indépendantes
14:44comme
14:44l'autorité
14:47sur la compétition
14:49pour éviter
14:50le monopole
14:51et tout ça.
14:51Afin de faciliter
14:53quelques oligarques
14:55qui ont été
14:57menacés
14:58par les inquiètes
14:59de la commission
15:03de l'autorité
15:04indépendante.
15:06Alors,
15:08c'est encore
15:08et ils sont
15:11décidés
15:12cette fois-ci
15:13ne pas
15:15voir
15:15la même
15:18menace.
15:19Ça veut dire
15:19que la gauche
15:20revienne
15:21au pouvoir.
15:22Ils vont
15:23éviter
15:23de tout prix
15:24que la gauche
15:25revienne
15:25au pouvoir.
15:26Ils ont
15:27le monopole
15:28presque complet
15:29des médias,
15:30de toutes les télévisions,
15:32à la fois
15:35privées
15:35et publiques.
15:38Le nouveau
15:39président
15:39de la télévision
15:40publique
15:40était le chef
15:41du cabinet
15:42de la presse
15:43des messieurs
15:44Missotakis,
15:45des premières
15:45ministres,
15:46sur le précédent
15:48dans l'histoire.
15:50Et alors,
15:52il domine
15:53tous les médias.
15:58c'est une situation
15:59qui rassemble
16:01à l'époque
16:02stalinienne.
16:04Toutes les chaînes
16:06privées
16:07et publiques
16:09font
16:09les loges
16:10du premier
16:10ministre
16:11de sa femme
16:12et de leurs enfants,
16:14mais avec
16:14une manière
16:15incompréhensible,
16:18comique.
16:19qu'à la fin.
16:20Il y a des
16:21chansons
16:23qui racontent,
16:25des chansons
16:25qui collent
16:27avec l'histoire
16:27de la famille.
16:28C'est incroyable
16:30ce qui se passe.
16:32C'est comme ça.
16:34Il faut
16:34les voir
16:35pour comprendre
16:36ce qui se passe.
16:37Alors,
16:38c'est une situation
16:39très difficile,
16:39mais nous avons
16:42presque 32%
16:44de votes.
16:44alors,
16:45ce ne sera pas facile
16:48pour elle
16:50de nous
16:53faire
16:54baisser la tête.
16:56Merci à vous,
16:57Stelius,
16:57que le Gnome
16:57continuera bien sûr
16:58ensemble
16:59et pour ceux
17:00qui nous regardent
17:00et qui nous écoutent
17:01à suivre
17:02cette situation
17:03en Grèce,
17:04fondamentale
17:05pour tout le monde,
17:06pour toute l'Europe
17:06également.
17:07Merci à vous.
17:09Au revoir.

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