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  • il y a 1 jour
Le président national de la SPA, Jacques-Charles Fombonne, lance un cri d'alarme concernant la situation préoccupante des animaux abandonnés. Il exhorte le gouvernement à prendre des dispositions politiques afin que les 62 refuges de l'association ne se retrouvent pas saturés ces prochains jours.

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Transcription
00:00Jacques-Charles Fonbonne, bonjour.
00:02Bonjour.
00:03Vous êtes président de la SPA, la société protectrice des animaux,
00:07et vous réclamez au gouvernement une dérogation
00:10pour que les gens puissent venir adopter des animaux au sein de vos 62 refuges.
00:14Expliquez-nous.
00:15C'est très simple.
00:18Les animaux qui sont perdus, les animaux qui sont abandonnés,
00:22sont capturés sur la voie publique par des organismes municipaux qui sont les fourrières.
00:26Les fourrières gardent l'animal jusqu'à ce que le propriétaire se manifeste,
00:30huit jours, dit le code rural.
00:32Ensuite, au bout de ces huit jours réglementaires, ils ont une option.
00:35Soit ils donnent l'animal à une association de protection des animaux,
00:39singulièrement la société protectrice des animaux que je préside,
00:42soit ils sont obligés de les euthanasier.
00:45Toujours, nous prenons les animaux des fourrières,
00:47c'est un flux de 46 000 animaux par an, 3 600 à peu près tous les mois.
00:52Le problème, depuis trois semaines, c'est qu'avec le confinement,
00:55les gens n'ont plus l'autorisation de sortir de chez eux,
00:58sauf pour des motifs impératifs qui sont déroulés par l'attestation de déplacement dérogatoire.
01:03Donc, nos refuges se remplissent d'un côté,
01:06les 7 000 places que j'ai à offrir aux animaux sont maintenant pratiquement toutes occupées,
01:12et lorsque nous serons à cette duration,
01:15comme nous ne pouvons pas proposer ces animaux à l'adoption,
01:18ça va poser évidemment un énorme problème,
01:20qui fait que nous allons être obligés de refuser les animaux pour nous proposer les fourrières.
01:26Et les fourrières, alors nous, nous ne le faisons pas statutairement,
01:28ça nous est interdit, nous l'interdisons,
01:30mais les fourrières vont euthanaser ces animaux par dizaines, par centaines,
01:34voire par milliers, si le confinement dure.
01:37Et nous félicitons depuis 15 jours sans succès le ministre de l'Agriculture
01:41pour qu'il nous accorde cette dérogation.
01:43Alors, on comprend bien qu'il y a un risque de sortir de chez soi,
01:49de rompre le confinement pour venir adopter un animal.
01:52On ne s'est pas présenté les mains vides au ministère de l'Agriculture,
01:55nous y sommes allés avec une proposition d'adoption simplifiée
01:58qui ne nous oblige pas à réouvrir nos refuges qui sont fermés au public.
02:02La procédure, elle est toute simple.
02:04Au lieu de venir faire le tour du refuge et de choisir un animal,
02:07on va sur le site la-spa.fr, on choisit un animal.
02:11Quand on l'a choisi, on décroche son téléphone, on appelle le refuge
02:14et à ce moment-là, par Skype, le refuge vous interroge sur vos motivations,
02:20sur vos conditions de vie de façon très complète,
02:23comme on le fait d'habitude face à face.
02:25Ensuite, on donne à la personne un rendez-vous au redaté.
02:28Pourquoi au redaté ?
02:30Tout simplement pour être sûr qu'elle sera seule à l'entrée du refuge,
02:34sans pénétrer dans le refuge au moment où on aura le rendez-vous.
02:36On va chercher l'animal, les salariés, les bénévoles qui présentent l'animal
02:40restent à une grande distance.
02:42On est à la périphérie du refuge, l'animal vient renifler son futur maître éventuel.
02:48Si nous sommes d'accord pour l'adoption, si le maître futur est toujours d'accord
02:52pour emporter l'animal, il l'emmène, il nous a scanné son identité,
02:56sa carte d'identité, sa facture EDF pour son adresse,
03:00et ensuite il reviendra après le confinement et nous régularisons.
03:04Ce que je veux dire, c'est que la Belgique le fait,
03:06et le fait en exigeant des conditions sanitaires qui sont bien inférieures à celles que nous proposons.
03:12Nous avons pris contact avec les préfets des départements dans lesquels nous avons des refuges.
03:17Ils nous ont dit, on attend évidemment des directives de Paris.
03:20Paris nous explique que c'est compliqué et ça ne bouge pas.
03:23Il me reste quelques jours d'autonomie avant que l'on soit obligé de refuser les entrées de fourrières.
03:30À partir de ce moment-là, nous allons avoir des petites solutions palliatives,
03:34c'est-à-dire qu'on va louer des emplacements dans des pensions canines,
03:38on va faire appel à nos bénévoles, à nos familles d'accueil.
03:40Mais il y a un moment, si le gouvernement ne prend pas cette responsabilité,
03:45qui est une responsabilité sanitaire, mais qui est une responsabilité politique
03:49en termes de protection des animaux, où la situation va devenir très difficile.
03:52Pour l'association que je préside, et j'imagine aussi,
03:55on a eu une conférence, nous réunissons ce matin,
03:59les autres associations sont dans la même difficulté.
04:02Avez-vous constaté une augmentation du nombre des abandons d'animaux de compagnie
04:07suite au coronavirus ?
04:10Heureusement, non.
04:11On a eu extrêmement peur il y a trois semaines.
04:15Des imbéciles s'étant cru autorisés à diffuser sur les réseaux
04:19l'information fausse, évidemment, selon laquelle les animaux pouvaient transmettre le virus.
04:24On a un peu paniqué en se disant que, le calcul est vite fait,
04:27sur 40 millions d'animaux domestiques, si 1% seulement des propriétaires les abandonnaient,
04:34on allait avoir un flux de 300 à 400 000 animaux que personne n'est capable de prendre en compte.
04:40Heureusement, les Français ont réagi de façon pondérée, de façon intelligente.
04:44Il y a toujours des animaux abandonnés, il y a toujours des animaux perdus,
04:47mais il n'y a pas d'augmentation.
04:48Ce qui fait que cela nous permet une certaine visibilité sur nos capacités d'accueil,
04:52qui sont encore à peu près d'une dizaine de jours.
04:55Je tiens à saluer le fait que les fourrières nous ont beaucoup aidés
04:58en prolongeant pour le moment ce délai de huit jours,
05:02de façon à garder un maximum d'animaux vivants avant de nous les confier ou avant de les endormer.
05:11De toute façon, à un moment donné, si nous n'avons pas la possibilité d'ouvrir à l'adoption,
05:16nous avons tous les jours des centaines de demandes, de gens qui nous appellent,
05:18qui nous laissent des questions sur notre site.
05:20Si on n'a pas cette possibilité, comme l'on les benches depuis une semaine,
05:24je le répète, ce serait une situation sanitaire extrêmement compliquée.
05:40J'ai bon espoir que nous soyons entendus.
05:44On propose vraiment un process qui est infiniment moins risqué en termes de contagion
05:52que le simple fait d'aller faire ses courses dans un supermarché
05:55et de toucher une boîte de conserve que quelqu'un de contaminé aura touché avant.
05:59On va mobiliser nos ressources de bénévoles, des gens qui prendront les animaux chez eux,
06:06les familles d'accueil.
06:07On va mobiliser le paiement de places dans les refuges.
06:12On va demander aux fourrières de conserver les animaux au-delà du délai réglementaire,
06:19quitte à les indemniser pour cette prestation.
06:22Et puis, nous croisons les doigts pour que le confinement s'arrête
06:27avant que nous soyons dans la situation d'être obligés de dire aux fourrières
06:31« nous ne pouvons plus » parce qu'à un moment donné, on ne peut plus pousser les murs.
06:34Le ministère de l'Agriculture et le ministère de l'Intérieur nous ont accordé la possibilité
06:40d'augmenter nos capacités.
06:42Vous savez que les refuges comme les chenilles sont des installations réglementées.
06:46On a le droit de passer maintenant à 120% de notre capacité.
06:50Malgré cela, c'est très dangereux parce qu'on peut avoir des épisodiers.
06:56Lorsque les animaux, notamment les chats, sont confinés en nombre excessif
07:01par rapport à leurs besoins biologiques, ils développent du coriza,
07:05ils développent de la gale, ils développent des maltadies
07:08qui nous obligeraient à transférer les animaux d'un refuge vers un autre refuge,
07:13ce qui serait extrêmement compliqué, sachant que nous serons peut-être également obligés
07:18de transférer les animaux de certains refuges vers d'autres
07:21si l'ensemble des salariés tombent malades en même temps.
07:24On a fermé celui de Vitré la semaine dernière,
07:26on a évacué les animaux sur Quimper, sur Rennes, sur toute la Bretagne,
07:30tout simplement parce qu'il ne nous restait plus personne,
07:33ni salarié, ni bénévole, pour faire fonctionner le refuge.
07:36Nous avons pris, ça ne vous étonnera pas de la part d'un général de Jean-Marie,
07:39des dispositions qui sont quasiment militaires.
07:42C'est-à-dire que, d'abord, je tiens à saluer mes salariés.
07:46Il y a sur les 55 refuges, 600 salariés, il y a 2000 bénévoles,
07:50tout le monde est présent, personne ne s'est fait porter pas mal
07:54sous un motif plus ou moins fallacieux.
07:56Tout le monde est là avec un véritable engagement pour la protection animale,
08:00il faut vraiment vivre.
08:01Ensuite, en organisation interne, les refuges sont fermés au public,
08:05mais on a des animaux qu'il faut les nourrir, les abreuver,
08:09il faut nettoyer leur espace de vie,
08:11et pour les chiens, il faut les sortir, il faut les laisser se dégourdir les pattes dans la journée.
08:15On a donc réduit ces prestations au minimum,
08:18et surtout, nous avons divisé nos équipes en deux sous-équipes.
08:22Une première sous-équipe fait, par exemple, le lundi et le mardi,
08:26la seconde fait le mercredi et le jeudi,
08:28puis la première revient, et ainsi de suite.
08:30Interdiction de se croiser, interdiction de déjeuner dans les mêmes nuits,
08:33interdiction d'utiliser les mêmes matériels,
08:35les mêmes bonbons de produits de nettoyant,
08:38et si un est malade dans une équipe,
08:40évidemment, on ne le remplace pas par quelqu'un de l'autre équipe.
08:43Ça nous laisse l'espoir de pouvoir, au minimum du minimum,
08:47faire tourner un refuge avec l'aide des bénévoles
08:50et un tout petit noyau de salariés.
08:51Je vous avoue que c'est notre crainte,
08:54parce que nous avons une équipe de gens
08:56qui sont en mesure, et on les utilise tous les jours,
08:58de transférer les animaux d'un refuge ultra-blindé
09:02vers un refuge qui a encore un petit peu de place,
09:04mais c'est le maillon faible de la chaîne.
09:07Si on est obligé de transférer nos animaux,
09:09on n'a pas suffisamment de camion de transfert,
09:11on n'a pas suffisamment de personnel,
09:12et là, on retombe dans une difficulté supplémentaire
09:14qu'on veut absolument éviter
09:16par cette autodiscipline de cloisonnement de nos équipes.
09:21Merci Jacques-Charles Fonbonne,
09:23et bon courage pour votre combat.
09:25Merci, c'est moi qui vous remercie de m'avoir donné la parole.
09:27Sous-titrage Société Radio-Canada
09:34Sous-titrage Société Radio-Canada
09:36Merci.

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