- il y a 14 minutes
Une émission animée par Marie-José Sirach, chef du service Culture de l'Humanité.
Un deuxième plateau avec Samuel Churin, comédien, Etienne Pinte, ancien député-maire de Versailles et Luc Leclerc du Sablon, réalisateur. Une émission spéciale en hommage à Jack Ralite, réalisée en direct du théâtre de la Commune d’Aubervilliers.
Un deuxième plateau avec Samuel Churin, comédien, Etienne Pinte, ancien député-maire de Versailles et Luc Leclerc du Sablon, réalisateur. Une émission spéciale en hommage à Jack Ralite, réalisée en direct du théâtre de la Commune d’Aubervilliers.
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00:12Notre table ronde pour rendre hommage à Jacques Rallit se poursuit en direct depuis le foyer du théâtre de la
00:19commune d'Aubervilliers.
00:21La petite musique qu'on entend et qui va nous accompagner toute cette heure durant, c'est celle de Marc
00:27Perron.
00:27L'ami Marc Perron qui ne pouvait pas venir être à nos côtés mais qui tenait absolument par sa musique
00:35à être présent et à dire combien il aimait beaucoup Jacques et combien sans lui, s'il n'avait pas
00:42un jour dans les années 72 poussé la porte de ce théâtre, il ne serait pas devenu l'immense artiste
00:47et musicien que l'on connaît.
00:50J'ai autour de moi Samuel Churin, comédien, Étienne Pinte, ancien député maire de Versailles et Luc Leclerc du Sablon,
01:00réalisateur.
01:01Il manque Régine Chopinot puisque 2013 c'est l'année où les intermittents, 2003 pardon, c'est l'année où
01:11les intermittents se mobilisent à Avignon, au Festival d'Avignon.
01:15C'est l'année de la grève et c'est là où vous vous faites connaissance tous les trois.
01:21Régine Chopinot n'était pas là mais m'a envoyé un très gentil message que je me permets de vous
01:24lire.
01:26Comment faites-vous pour penser à moi au beau milieu de toutes ces personnes qui vénèrent Jacques ?
01:30A juste titre, nous lui devons tant et tant et encore et encore.
01:34Nous sommes nombreux à se sentir portés par lui, l'homme large et puissant, l'homme du mus, l'homme
01:39qui nous pousse en avant avec tendresse et détermination.
01:42Depuis 2011, je vis et travaille à Toulon.
01:44A mon grand regret, je ne vais pas pouvoir me joindre à vous pour le saluer fraternellement comme il se
01:48doit.
01:48Avec l'émotion et le respect, la chaleur de feu dont il était le gardien exemplaire.
01:53Sachez que je serai présente par la pensée avec Jacques, ses proches et tous ses amis si tristes de l
01:57'accompagner vers sa dernière demeure.
01:59Lui enverrai l'énergie de la mer du Sud et nous continuerons sans faillir à créer, partager, chercher, à tisser
02:06tous les chemins de l'art avec la vie comme Jacques nous encourage à le faire.
02:10Régine Chopineau qui avait dansé devant les grilles du palais des papes pour dire sa rage, sa colère et son
02:19courage en même temps de ne pas céder devant les menaces qui pesaient pour les intermittents.
02:25Je crois que nous avions un son, Ralit. On va écouter la voix de Jacques.
02:30Toutes ces mutations-là, elles sont en arrière-plan de ce que pensent et font les États généraux.
02:36Alors la question, elle est toute simple. Cette déclaration, qu'est-ce qu'elle dit ?
02:40Eh bien, un peuple qui abandonne son imaginaire aux grandes affaires se condamne à des libertés précaires.
02:46Et face à cela, qu'est-ce qu'il faut ? L'étatisme, non. Le libéralisme, non.
02:52Il faut une responsabilité publique et sociale à l'échelle de la commune, de la nation, de l'Europe et
02:57de l'humanité toute entière.
02:59Étant donné que maintenant, l'universel est dans le local, à condition qu'il n'ait pas de mur.
03:05Et alors, qu'est-ce que c'est que cette responsabilité publique et sociale ?
03:08Eh bien, c'est d'abord l'audace de la création.
03:12C'est l'artiste qui est premier. Les marchands viennent ensuite quand ils viennent.
03:15Et c'est une des grandes questions contemporaines.
03:18L'audace de la création, c'est une des grandes questions contemporaines.
03:212003, donc, Avignon.
03:24Samuel Churin, c'est à ce moment-là que vous rentrez Jack.
03:28Quel souvenir ?
03:31Je l'avais déjà croisé avant, parce que quand on fait partie de ce métier,
03:36quand on est acteur, on a obligatoirement croisé Jack Radit dans sa vie.
03:40Il était de tous les spectacles. Il venait nous saluer fraternellement.
03:44J'ai un souvenir extrêmement simple.
03:46C'est-à-dire qu'avec lui, la rencontre était immédiate.
03:49Elle était simple.
03:51Et c'est plutôt... Mon souvenir est plutôt postérieur à ça,
03:55quand on décide de créer le comité de suivi de l'Assemblée nationale
03:58et que je vais le trouver dans son bureau au Sénat.
04:01Et je lui demande s'il veut faire partie de ce comité de suivi
04:04qui avait été initié par Noël Mamère quelques temps avant
04:09et qui était un ensemble d'élus et de gens du secteur
04:12pour essayer de débloquer le dossier des intermittents.
04:15Nous nous réunissions à peu près tous les 15 jours à l'Assemblée.
04:18Et je lui annonce là qu'Étienne Pain, qui est là à mes côtés...
04:23Donc c'est très émouvant de se retrouver là tous les trois avec Luc.
04:25Étienne Pain allait être le président du comité de suivi.
04:28On trouvait ça plus judicieux sous un gouvernement de droite de placer un pion de droite.
04:34Et donc je me disais comment Jack va...
04:37Comment il va accueillir ça ?
04:38Parce qu'évidemment, tout le monde croyait que c'est lui, Jack Rallit,
04:42qui déjà n'avait pas été ministre de la Culture,
04:45qui allait devenir président du comité de suivi.
04:47Je lui dis mais tu sais...
04:48Et là, avec un grand sourire, il me dit c'est parfait.
04:52C'est un gars honnête, formidable, un gars droit.
04:56Il faut y avoir avec lui.
04:57D'ailleurs, il a plusieurs fois voté des propositions communistes.
05:02Et donc c'est pas un gars de chez nous, machin, mais c'est un gars bien.
05:07Voilà.
05:07Étienne Pain, le gars bien, comme disait Jack.
05:12Moi, j'ai connu Jack d'abord en tant que parlementaire quand il était ministre de la Santé.
05:17Mais ce qui nous rapprochait énormément, c'était trois idéaux qu'il répétait en permanence.
05:24L'idéal de la paix, l'idéal de la liberté.
05:28Et puis l'idéal de la défense de la différence.
05:35Et sur ces trois thèmes essentiels, ça nous unissait.
05:39Jack disait toujours, tu es chrétien, je suis plutôt agnostique.
05:44Mais ce qui nous unit, c'est l'humanisme, c'est l'humanité.
05:48Et donc, au-delà, je dirais, des différences que nous pouvions avoir éventuellement sur le plan politique,
05:54il était évident que beaucoup de valeurs fondamentales pour lui comme pour moi étaient essentielles et nous unissaient.
06:02Alors quand il y a eu avec Luc et avec Samuel notre rencontre à Avignon,
06:10il était évident que nous étions tous les trois sur la même longueur d'onde,
06:13dans la mesure où, en tant que maire de Versailles, je ne pouvais que défendre les artistes,
06:19que défendre, je dirais, la concrétisation de toutes nos animations culturelles dans tout ce pays.
06:26Et puis j'avais quelques antécédents, j'ai fait du théâtre, j'ai fait de la danse, la danse classique,
06:31etc.
06:32Mon père était libraire et donc tout ça faisait que j'aie baigné en quelque sorte toute ma vie,
06:37toute mon enfance dans le monde de la culture.
06:41Et le troisième personnage de ce trio, c'est Luc Leclerc du Sablon.
06:45Donc à l'époque, vous étiez vice-président de la SRF.
06:49Oui, enfin, ou en tout cas, je suis devenu rapidement parce que j'ai pensé qu'il fallait absolument avoir
06:54un mandat
06:54pour consolider la position que j'avais.
06:58Mais lui, Jack Rallit, il m'a tout de suite rassuré parce que moi, j'étais à la société des
07:04réalisateurs de films
07:05et là, on s'occupait beaucoup des belles choses, des choses de l'art, des choses de la culture, des
07:10beaux acteurs, des belles actrices.
07:12Et lui, il savait réconcilier ça avec la question du travail et la question qu'ont exploré magnifiquement Bernard Lubat
07:20et ses amis sur les œuvriers.
07:22Et Jack Rallit, c'était vraiment le ministre des œuvriers.
07:25C'est quelqu'un qui savait faire la part, en tout cas, qui ne faisait pas le trottoir ou la
07:32séparation entre, d'un côté, les choses qui seraient un peu vulgaires,
07:36un peu à tenir à l'écart, ce qui serait le travail, le contrat, l'argent, la production, toutes ces
07:41choses-là.
07:42Et de l'autre côté, la beauté, l'art, l'artistique.
07:45Lui, ça ne faisait qu'un et que nous, en tant que créateurs, metteurs en scène, réalisateurs, circassiens, tout ce
07:52qu'on veut, musiciens,
07:54on était aux avant-postes, justement, et la culture n'était pas pour lui un supplément d'âme.
08:00Notre travail, c'est de mettre de la beauté partout où on peut en mettre.
08:04Et dans notre travail, c'était ça le job, c'est mettre de la beauté, mettre de la poésie, mettre
08:09de la grâce, mettre de la légèreté partout où c'est nécessaire.
08:13Et même là où on ne l'attend pas, c'est-à-dire à Aubervilliers ou dans des villes comme
08:18ça.
08:19C'est vrai que c'était un homme non seulement de combat, d'action, de réflexion, mais aussi de...
08:25Il n'hésitait pas... Je ne sais plus où. J'ai retrouvé un nombre insensé de lettres qu'il a
08:30écrites au président de la République,
08:32que ce soit François Mitterrand, que ce soit dès 92 pour l'alerter sur la question de l'intermittence.
08:38Ensuite à François Hollande. Enfin, il n'a eu de cesse de ne pas baisser les bras, de ne pas
08:45renoncer à cette question-là
08:46qui lie effectivement la question du travail à celui de la création, qui ne les sépare pas.
08:51Etienne, vous avez écrit avec Jacques un ouvrage, Être idéaliste, à se dépasser.
08:57Je le montre à la caméra. Voilà.
08:59Quand est-ce que vous avez commis cet ouvrage ?
09:01Écoutez, en fait, c'est Jacques qui m'avait choisi. Chaque fois qu'il y avait un débat difficile et
09:08on demandait à Jacques
09:10« Qui veux-tu en face de toi comme responsable politique qui ne partage pas tes convictions ? »
09:15Il m'a dit « Etienne ». Et donc, si nous avons débattu au Temple de l'Étoile, chez les
09:22protestants,
09:24ce débat formidable d'une soirée « Être idéaliste, est-ce dépasser ? », c'est Jacques qui m'avait
09:30choisi.
09:31Et donc, pour moi, c'était une très grande fierté d'avoir été reconnu par Jacques
09:35comme un interlocuteur valable en matière de culture, en matière d'idéal, en matière de conviction.
09:43Et je me rappellerai toujours également, puisqu'on parlait d'Avignon tout à l'heure,
09:49nous allions également... Nous avons vécu un moment formidable au printemps de Bourges.
09:53Il m'avait dit un matin « Je t'emmène avec moi à Bourges. Est-ce que tu es d
09:57'accord ? »
09:57Bien sûr que j'étais d'accord. Qui pouvait refuser à Jacques une proposition telle que celle-là ?
10:03Nous avons passé toute une journée à Bourges de façon extraordinaire.
10:07Nous sommes rentrés le soir, assez tard, puisque nous avions voulu accéder à beaucoup de spectacles.
10:13Et donc, nous avions une proximité avec Jacques très proche, très humaine.
10:20Et c'est la raison pour laquelle, si vous voulez, pour moi, c'est un grand ami.
10:25Un grand ami que je perds, que nous perdons tous aujourd'hui.
10:28Un autre grand ami qui partage certaines de vos convictions également.
10:32Il y a une quinzaine de jours, j'ai été amené à faire le panagéri d'Antoine Casanova.
10:37Un grand intellectuel communiste qui était dans mon conseil municipal à Versailles.
10:42Et donc, en 15 jours, j'ai perdu deux grands amis.
10:46C'est vrai que Jacques voulait souvent être à vos côtés.
10:52Mais il a créé des liens qui viennent bien au-delà de sa famille politique, la preuve par vous.
10:57Mais aussi, par exemple, ce matin, on a pu apercevoir Renaud Donnedieu de Vabre,
11:02qui était ministre de la Culture à partir de 2004, que vous avez rencontré Samuel et Luc.
11:10Voilà, ça dit que le combat était souvent féroce, mais il n'avait pas d'ennemis.
11:16Il n'avait que des adversaires, Jacques.
11:18Et il essayait toujours de convaincre.
11:21Et ça, vous avez dû le mesurer pendant les échanges nombreux et fructueux que vous avez eus au cours de
11:26ces comités de suivi.
11:29Oui, il se trouve qu'on a tous vécu certainement la même chose.
11:35J'ai rencontré en lui, comment dire, avec lui, on était réconcilié avec la politique.
11:42Parce qu'il prenait les choses extrêmement simplement.
11:46C'est-à-dire qu'il écartait toutes les stratégies.
11:49Il me disait mais non, s'il est d'accord, il va pouvoir dire que oui.
11:51Par exemple, on avait déposé une proposition de loi à l'Assemblée et puis, de fait, les gens qui étaient
11:59là allaient la voter.
12:01Et puis Bernard Accoyer, à l'époque, le président des Républicains, à l'époque, c'était encore l'UMP.
12:08Bon, bref, était venu et puis avait utilisé une disposition pour repousser la proposition de loi, une histoire de quorum,
12:18etc.
12:18Bon, et lui-même avait été surpris de ça alors que tout le monde disait mais ça passera pas parce
12:22qu'ils trouveront un truc.
12:23Oui, mais non, mais c'est pas possible. Il y avait le nombre.
12:26Il devait, ça devait être voté. C'est à dire qu'il avait cette naïveté là, en tout cas, cet
12:33espoir là de penser que les gens allaient réagir selon leurs envies et non selon des stratégies de groupe, etc.
12:42Et il y avait ça en lui tout le temps. Et pourtant, il avait été ministre et pourtant, il savait
12:45ce qu'était la politique.
12:46Mais il y avait cet espoir là et qui avait été très déçu. Il avait été sidéré par la position
12:52d'accueillir alors que tout le monde, tout le monde à l'Assemblée savait qu'il allait se passer un
12:55truc comme ça.
12:55Mais lui ne voulait pas y croire, ne voulait pas y croire. Et je voudrais simplement raconter une anecdote que
13:01j'ai déjà écrite d'ailleurs dans l'Huma.
13:02Parce que c'était lors de notre une de notre première rencontre chez Don Dieu de Varbe. On était tous
13:07là. Et puis, il y avait un cocktail après.
13:11Et puis, on s'emmerdait un peu. Et je lui dis. Mais alors, c'est quoi ta tête? T'étais
13:15plus beau, plus beau souvenir à Mitterrand.
13:18Alors, il y en avait trois. Il y avait le premier premier. Ça le faisait vraiment marrin. À chaque fois
13:22que Lang prenait une décision importante, Mitterrand se retournait vers Jack.
13:26Et il lui disait. Alors, monsieur le ministre de la Santé, vous en pensez quoi en conseil des ministres? La
13:31deuxième, c'est qu'il disait. C'était incroyable parce qu'il prenait dans son agenda des fois une heure,
13:35une heure et demie.
13:35Il me convoquait dans son bureau et on parlait bouquin. Alors, on parlait de René Char, etc. Et puis, la
13:40troisième. C'est la note que je raconte toujours, mais parce que celle là, il m'a fait pleurer à
13:44l'époque.
13:45Il me dit voilà, on était à Baïkonour parce qu'à l'époque, il y avait Jean-Loup Chrétien qui
13:49allait partir avec les cosmonotrus.
13:52Donc, on était en 82 à Baïkonour et je suis du voyeur rouge. Comme j'étais ministre communiste, il m
13:59'emmène dans ses bagages et dit on arrive là à Baïkonour dans le temple de l'informatique, de l'électronique,
14:06etc.
14:06Et avec son accent mémorable, il me dit tu vois, on passe la porte. Il y avait la fusée qui
14:11est en construction. Et qu'est ce que je vois là? Deux gars en bleu de travail avec des outils
14:17à la main.
14:18Quand je les ai vus, ces gars là, je me suis dit que de toute ma vie, je ne m
14:22'étais pas trompé parce que dans le temple de l'électronique et de l'informatique, la main de l'homme
14:28est indispensable.
14:29Voilà, c'était l'anecdote de Jacques. C'était avec un dieu de vape.
14:35Luc Leclerc du Sablon, vous parliez tout à l'heure, vous évoquiez les œuvriers. Il est vrai que l'anecdote
14:43que rapporte Samuel peut rappeler toute la réflexion alimentée par Bernard Dubas,
14:49c'est à dire sur la main de l'homme, l'esprit, la main, le geste. Il se nourrit de
14:56poètes, mais il nourrit son discours de paroles poétiques des poètes,
15:01non pas pour illustrer ou pour faire joli, mais parce que c'est profondément sa pensée. Il tient à le
15:06faire partager au plus grand nombre.
15:07Oui, c'est son combat politique, son engagement politique, son engagement citoyen, l'engagement de sa vie qui est politique,
15:18mais qui est philosophique,
15:19qui est humaniste, comme disait Étienne. Il est nourri du meilleur de ce que tous ont produit. René Char, tous
15:28les poètes, tous les grands littérateurs,
15:30tous les ancrés, les grands écrivains, les grands metteurs en scène, les grands artistes, tout ça nourrit un seul et
15:37même combat
15:37que ce que ce combat serve la question du logement social à Aubervilliers ou la question de la création à
15:44Avignon ou la question de l'édition,
15:46la question de la santé à l'époque où il était ministre de la Santé, la question de l'internement
15:54en milieu hospitalier,
15:55de la psychiatrie en milieu hospitalier, tout ça était nourri par la même langue, la même énergie vitale qui convoquait
16:03le meilleur.
16:04Et franchement, le sachant maintenant plus avec nous, il est mort, paix à son âme, il y a du boulot
16:12parce que la relève,
16:15on se demande où est-ce qu'elle est. On a Étienne avec nous et on va le garder longtemps
16:20encore, mais la relève, je ne vois pas.
16:23Je ne vois pas où sont ceux qui sont là et qui savent. On a des gars qui parlent une
16:29langue morte.
16:30Lui, il parlait une langue du feu, une langue de la vie, une langue de l'amour, de la paix,
16:35un truc qui nous pousse.
16:37Nous, les metteurs en scène, les ouvriers, les chauffeurs de bus, les libraires, les papetiers, les infirmiers, les médecins, tout
16:45le monde, tout le monde, tout le monde, tout le monde.
16:46C'est ça qui est magnifique chez lui. C'est vraiment des gars comme lui. Il n'y en a
16:50pas dix par génération.
16:53Messieurs, merci, Étienne Pinte. Oui, Samuel, je t'en prie.
16:57Finir par quand même citer René Char parce que c'était vraiment sa phrase préférée.
17:02L'inaccompli bourdonne d'essentiel. C'était vraiment la phrase préférée de Jacques.
17:07Merci, Samuel Churin, Étienne Pinte et Luc Leclerc du Sablon.
17:12C'était vraiment la phrase préférée de Saint-François.
17:20Sous-titrage Société Radio-Canada