00:08Dimanche 25 janvier, l'Europe aura les yeux tournés vers la Grèce, car c'est là-bas que se joue
00:13une partie de l'avenir.
00:14Celui des Grecs, bien sûr, mais aussi celui de tous les Européens.
00:18On sait les efforts qui ont été faits par la Commission Européenne, par la droite et une partie de la
00:24social-démocratie,
00:24pour faire peur au peuple grec, pour l'empêcher de voter Syriza.
00:30Rien, vraiment rien ne leur aura été épargné, ni le mensonge sur leur programme, qui a été honteusement caricaturé,
00:37ni, bien évidemment, la menace avec le chiffon rouge de l'exclusion de l'Union Européenne, ni même les plus
00:45immondes amalgames.
00:47En effet, c'est Antonis Samaras, l'actuel Premier ministre grec, qui n'a pas hésité à utiliser le drame
00:57des attentats en France
00:58pour amalgamer djihadisme et immigration dans son propre pays pour discréditer Syriza.
01:07Ce même Samaras, qui, rappelons-le, marchait pour la liberté d'expression le 11 janvier à Paris,
01:13alors que c'est lui qui a fait tomber un écran noir sur la Grèce,
01:17en fermant, en quelques heures et sans prévenir personne, l'audiovisuel public grec.
01:23Tout a été fait, vraiment tout, pour faire s'aider les Grecs.
01:26Et pourtant, si le vote de dimanche confirme les enquêtes d'opinion, les Grecs n'auront pas s'aider.
01:32Ils peuvent faire la démonstration qu'il est possible, en Europe, d'avoir, dans un pays,
01:37un gouvernement de gauche qui mette en œuvre une autre politique que l'austérité.
01:43C'est ce que veut le peuple grec.
01:46Une victoire de Syriza pourrait avoir un effet déclencheur
01:50et faire grandir l'idée, en Europe, qu'il n'y a pas qu'une seule politique possible,
01:56contrairement à ce que l'on nous martèle tous les jours.
01:59Si Syriza gagne, le nouveau gouvernement grec va être confronté à une immense pression
02:04de la part de la Commission européenne, à une immense pression de la part des marchés,
02:08à une immense pression de la part de tous les libéraux,
02:11pour l'empêcher de mener la politique pour laquelle il aura été élu.
02:14Le prétexte, on le connaît.
02:15Il saura que ce gouvernement devrait honorer les engagements pris par ses prédécesseurs libéraux.
02:21Drôle de conception de la démocratie en réalité,
02:23qui réduit le droit de vote à celui de choisir des noms sur le moutin,
02:27mais pas de choisir des politiques.
02:29En réalité, les tenants de l'austérité,
02:32ceux qui font de la politique uniquement au service des marchés et du patronat,
02:37tremblent de peur.
02:38Ils craignent une contagion, Syriza.
02:41En Europe, comme ils disent.
02:44Contagion.
02:45Le mot lui-même, qui fait référence à une maladie,
02:49prouve à quel point ils ont le trouillomètre à zéro.
02:52Car après la Grèce, c'est le Sinn Féin qui pourrait changer la donne en Irlande.
02:56Puis Podemos en Espagne.
02:58Sans oublier la France avec les élections départementales qui approchent.
03:02Alors, seront-elles celles qui verront la gauche antilibérale relever la tête ?
03:06Le rassemblement, en tout cas, s'élargit.
03:09Des liens se tissent entre ceux du front de gauche jusqu'à Europe Écologie des Verts,
03:13qui refusent l'austérité comme le seul horizon.
03:15Et ce n'est pas pour rien que Mme Le Pen tente une nouvelle fois de brouiller les cartes,
03:20en faisant mine de soutenir et de souhaiter la victoire de Syriza,
03:24qui défend pourtant un programme aux antipodes de celui du Front National.
03:28Mme Le Pen cherche à vider auprès des Français la colère et le vote grec de son contenu.
03:35Progressiste de son contenu transformateur.
03:37Non, voter Syriza, ce n'est pas la même chose que voter Front National, Mme Le Pen.
03:42Syriza qui rejette d'ailleurs, sans aucune ambiguïté, ce soutien empoisonné.
03:47C'est un message de Tsipras, le candidat de Syriza,
03:50qui le dit lui-même, il a rappelé que ses amis étaient ceux qui étaient au gymnase Japi,
03:55le 19 janvier dernier.