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  • il y a 15 heures
"La victoire de Syriza peut avoir un effet de déclencheur et faire grandir l’idée qu’il n’y pas qu’une seule politique possible, contrairement à ce que l’on nous martèle tous les jours" dit Stéphane Sahuc, Rédacteur en chef de l'Humanité Dimanche. "Car après la Grèce, c’est le Sinn Fein qui pourrait changer la donne en Irlande, puis Podemos en Espagne…Sans oublier la France avec les élections départementales qui approchent…" ajoute-t-il. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Transcription
00:08Dimanche 25 janvier, l'Europe aura les yeux tournés vers la Grèce, car c'est là-bas que se joue
00:13une partie de l'avenir.
00:14Celui des Grecs, bien sûr, mais aussi celui de tous les Européens.
00:18On sait les efforts qui ont été faits par la Commission Européenne, par la droite et une partie de la
00:24social-démocratie,
00:24pour faire peur au peuple grec, pour l'empêcher de voter Syriza.
00:30Rien, vraiment rien ne leur aura été épargné, ni le mensonge sur leur programme, qui a été honteusement caricaturé,
00:37ni, bien évidemment, la menace avec le chiffon rouge de l'exclusion de l'Union Européenne, ni même les plus
00:45immondes amalgames.
00:47En effet, c'est Antonis Samaras, l'actuel Premier ministre grec, qui n'a pas hésité à utiliser le drame
00:57des attentats en France
00:58pour amalgamer djihadisme et immigration dans son propre pays pour discréditer Syriza.
01:07Ce même Samaras, qui, rappelons-le, marchait pour la liberté d'expression le 11 janvier à Paris,
01:13alors que c'est lui qui a fait tomber un écran noir sur la Grèce,
01:17en fermant, en quelques heures et sans prévenir personne, l'audiovisuel public grec.
01:23Tout a été fait, vraiment tout, pour faire s'aider les Grecs.
01:26Et pourtant, si le vote de dimanche confirme les enquêtes d'opinion, les Grecs n'auront pas s'aider.
01:32Ils peuvent faire la démonstration qu'il est possible, en Europe, d'avoir, dans un pays,
01:37un gouvernement de gauche qui mette en œuvre une autre politique que l'austérité.
01:43C'est ce que veut le peuple grec.
01:46Une victoire de Syriza pourrait avoir un effet déclencheur
01:50et faire grandir l'idée, en Europe, qu'il n'y a pas qu'une seule politique possible,
01:56contrairement à ce que l'on nous martèle tous les jours.
01:59Si Syriza gagne, le nouveau gouvernement grec va être confronté à une immense pression
02:04de la part de la Commission européenne, à une immense pression de la part des marchés,
02:08à une immense pression de la part de tous les libéraux,
02:11pour l'empêcher de mener la politique pour laquelle il aura été élu.
02:14Le prétexte, on le connaît.
02:15Il saura que ce gouvernement devrait honorer les engagements pris par ses prédécesseurs libéraux.
02:21Drôle de conception de la démocratie en réalité,
02:23qui réduit le droit de vote à celui de choisir des noms sur le moutin,
02:27mais pas de choisir des politiques.
02:29En réalité, les tenants de l'austérité,
02:32ceux qui font de la politique uniquement au service des marchés et du patronat,
02:37tremblent de peur.
02:38Ils craignent une contagion, Syriza.
02:41En Europe, comme ils disent.
02:44Contagion.
02:45Le mot lui-même, qui fait référence à une maladie,
02:49prouve à quel point ils ont le trouillomètre à zéro.
02:52Car après la Grèce, c'est le Sinn Féin qui pourrait changer la donne en Irlande.
02:56Puis Podemos en Espagne.
02:58Sans oublier la France avec les élections départementales qui approchent.
03:02Alors, seront-elles celles qui verront la gauche antilibérale relever la tête ?
03:06Le rassemblement, en tout cas, s'élargit.
03:09Des liens se tissent entre ceux du front de gauche jusqu'à Europe Écologie des Verts,
03:13qui refusent l'austérité comme le seul horizon.
03:15Et ce n'est pas pour rien que Mme Le Pen tente une nouvelle fois de brouiller les cartes,
03:20en faisant mine de soutenir et de souhaiter la victoire de Syriza,
03:24qui défend pourtant un programme aux antipodes de celui du Front National.
03:28Mme Le Pen cherche à vider auprès des Français la colère et le vote grec de son contenu.
03:35Progressiste de son contenu transformateur.
03:37Non, voter Syriza, ce n'est pas la même chose que voter Front National, Mme Le Pen.
03:42Syriza qui rejette d'ailleurs, sans aucune ambiguïté, ce soutien empoisonné.
03:47C'est un message de Tsipras, le candidat de Syriza,
03:50qui le dit lui-même, il a rappelé que ses amis étaient ceux qui étaient au gymnase Japi,
03:55le 19 janvier dernier.

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