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  • il y a 2 jours
Loin du cliché du jeu vidéo, le drone FPV est un véritable engin de guerre : une munition téléopérée qui transforme les manières de combattre de l'armée de Terre. Grâce à son pilotage immersif retransmis dans un casque de réalité virtuelle, il permet d'agir au plus près et au plus vite de sa cible tout en limitant l'exposition du combattant. Devenu incontournable dans les zones de combat, le drone FPV illustre une adaptation majeure des modes d'action. Ce numéro du Journal de la Défense vous emmène au coeur des entrainements et des innovations technologiques qui font émerger de nouvelles manières de combattre.
Réalisatrice : Dorothée Oldrà

Immersion au sein des forces armées.
Au travers d'images réalisées au plus près des entraînements comme en opérations, Le Journal de la Défense pose chaque mois un autre regard sur l'actualité des armées pour mieux appréhender et comprendre l'univers de la Défense.

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Transcription
00:15Ils sont rapides, petits, parfois peu coûteux.
00:18Mais sur les champs de bataille d'aujourd'hui, les drones changent profondément la manière de combattre.
00:22Ils permettent de voir plus loin et de frapper plus vite, tout en limitant l'exposition des soldats.
00:27Utilisés en masse, ils accélèrent considérablement le rythme du combat.
00:32Au cœur de cette transformation, un engin symbolise à lui seul cette nouvelle manière de combattre, le drone FPV.
00:46Le drone FPV, ça veut dire First Person View, ça veut dire que le pilote de ce drone,
00:52il a la vision dans un casque de réalité augmentée de ce que voit le drone.
00:55Et donc, il a l'impression d'être dans le drone quand il pilote.
00:57Donc c'est une vue immersive de ce drone.
01:03Le pilotage, il est plus précis.
01:05On peut faire beaucoup plus de choses qu'avec un drone stabilisé.
01:08C'est plus rapide, il peut aller jusqu'à 150 km heure.
01:12C'est une nouvelle façon de faire le combat.
01:14On prend moins de risques.
01:15Même si on est proche, on est en première ligne.
01:17C'est les drones qui y vont et pas nous.
01:21Le drone FPV se différencie des autres drones par son mode de pilotage vif et agressif.
01:27Son emploi est devenu incontournable sur les zones de combat, en particulier dans la destruction des objectifs sénés.
01:39Maintenant, c'est un drone particulier qui, au-delà de cette partie FPV, bien évidemment, dispose de charges d'explosifs.
01:47Et puis également un certain nombre d'éléments de briques technologiques autour de ce drone pour qu'on puisse arriver
01:52à l'effet attendu,
01:53c'est-à-dire la destruction d'un personnel ou de véhicules ennemis.
02:00C'est une forme de drone kamikaze tout à fait, c'est-à-dire qu'il vient s'écraser avec
02:03sa munition sur la cible visée par son pilote.
02:05Le drone FPV fait partie des petits drones appelés systèmes de drones du combattant.
02:10Ils sont complémentaires des systèmes de drones d'appui tactiques qui ont des profondeurs d'action entre 10 et 80
02:16km
02:16et des systèmes de drones d'appui dans la profondeur qui peuvent s'étendre jusqu'à 500 km.
02:22Pour stimuler l'emploi des drones FPV dont le pilotage immersif est bien plus délicat,
02:27les armées organisent des challenges internationaux.
02:31Le défi drone notamment qu'a organisé le commandement de la force opérationnelle terrestre,
02:36il avait pour but de stimuler l'appropriation de l'outil FPV par nos forces,
02:40mais aussi de se comparer et puis d'évaluer ce que nos partenaires,
02:45notamment de l'OTAN ou de l'Union européenne, feraient mieux ou différemment par rapport à nous.
02:51On fait des challenges pour se dépasser, s'entraîner au pilotage, voir qui utilise le mieux
02:55et avoir un petit peu de concurrence en tout cas.
03:00D'ailleurs il n'y a que 20% des militaires qui sont capables de le faire,
03:03parce qu'il faut avoir les aptitudes pour piloter ce genre de drone.
03:08Et donc souvent vous avez le chef d'équipe à côté qui a la recopie sur un écran plus grand,
03:11qui est capable de lui dire ta cible elle est à droite, à droite, à droite,
03:14parce que lui il prie dans son monde et il peut perdre ses repères.
03:17Start !
03:19Start !
03:20Bravo !
03:20Ok, et bravo, naf prost !
03:22Le rôle du chef Taki, c'est de sortir du jeu vidéo et d'aller à la réalité du combat.
03:28Et donc c'est toute la notion de l'entraînement dont on parle,
03:30qui a une gravité liée au combat qui s'impose.
03:34Ici en apparence, ça peut donner l'impression d'être une réplique de ce qui se fait dans le monde
03:38civil.
03:38Là on est quand même dans un tout autre domaine, puisqu'à la finalité c'est quand même avec son
03:42drone
03:42de porter un effet militaire qui peut donner la mort à l'adversaire.
03:48Je branche.
03:54Quand tu veux.
04:01L'entraînement c'est simulé, on va pas vraiment dessus, mais à la guerre.
04:04Un côté on voit jusqu'à la fin l'ennemi qu'on veut détruire.
04:08C'est pas un jeu.
04:09Et tous les soldats engagés en opération qui utilisent des FPV
04:13sont conscients immédiatement de cette réalité.
04:18Avec le FPV vous avez une espèce de retour à cette intimité
04:23entre celui qui est ciblé et celui qui cible.
04:25Et ça c'est un effet psychologique à pas négliger dans l'emploi du FPV.
04:29Vous avez une guette rouge là, entre les arbres là-bas.
04:33On a vu.
04:34Et là ça va être à droite sur la roue.
04:36Ah !
04:37Tu peux décaler légèrement sur la gauche.
04:40On est bien sur une munition et on est bien sur un combattant
04:43qui doit servir cette munition.
04:46C'est l'emploi d'une arme, donc c'est une arme à part entière.
04:48Tout comme les autres armes que l'on est amené à employer,
04:50ça nécessite cette rigueur et cette prise de conscience.
04:53Le drone aujourd'hui est la munition qui permet
04:56de produire des effets rapides sur un adversaire.
05:00Ce qui serait dommage, c'est qu'en fait on ne se disise pas de ce sujet,
05:04alors que nous savons très bien que nos adversaires le prendront.
05:07Vas-y, c'est ma main.
05:15Ça serait nier la réalité que de ne pas observer ce qui se passe en Ukraine,
05:20mais aussi d'ailleurs au Proche-Orient et notamment au Liban.
05:23L'efficacité à l'air réel, effectivement, on considère qu'il y a entre 70 et 80% des pertes
05:28du champ de bataille russo-ukrainien qui sont réalisées par des drones,
05:31et en particulier par des drones FPV.
05:49Vous avez quand même en Ukraine une zone de 30 à 50 kilomètres
05:52où plus personne s'aventure, parce que vous savez que vous allez être détruit
05:55par un drone si vous vous aventurez dedans,
05:57donc ça change quand même la nature du combat.
06:00La pertinence du système ukrainien, c'est la mise en réseau
06:03de plusieurs effecteurs, de plusieurs plateformes.
06:05C'est-à-dire qu'il y a un drone qui va capter du renseignement
06:07dans une certaine profondeur chez l'adversaire,
06:10et puis il y aura des équipes qui vont être chargées d'exploiter le renseignement,
06:13et ça raccourcit ce qu'on appelle la boucle acquisition-feu.
06:17C'est ce que les Ukrainiens font remarquablement bien.
06:25Donc oui, ils sont en masse et ils font du low-cost,
06:27mais ils font aussi du high-tech, parce qu'en Ukraine,
06:30l'environnement est complètement brouillé,
06:32donc un drone FPV, ça a une base de drone civil,
06:34mais il y a des technologies militaires qui ont été rajoutées dessus.
06:37Les mentalités sont quand même en train de changer,
06:39les gens comprennent qu'on a des effets tactiques destructeurs.
07:01L'essor du drone dans les conflits de haute intensité
07:04oblige les armées à se moderniser et à repenser leur organisation.
07:08Face à cette nouvelle réalité du combat,
07:11l'armée de terre s'adapte.
07:13De nouvelles unités apparaissent,
07:15conçues autour des drones et de leur emploi en nombre.
07:26Québec 11, identification difficile.
07:29Néanmoins, c'est un véhicule à roues,
07:32missile visible sur le toit.
07:35Les UDC, unité de drone de combat,
07:38c'est une innovation tactique,
07:40de doctrine, d'emploi,
07:42qui est venue du 1er régiment d'infanterie de marine.
07:46L'unité de drone de contact,
07:48c'est une unité qui concentre en son sein plusieurs systèmes de drones.
07:52C'est une idée qui est née de l'observation des conflits
07:56et notamment du conflit russo-ukrainien.
07:58Nous, on a fait le choix de concentrer les drones dans une seule unité
08:03pour pouvoir notamment maximiser les effets des drones vis-à-vis d'un adversaire
08:08par notamment une saturation de ce qu'on appelle l'espace aérien,
08:12la très basse couche.
08:13Cet escadron est donc une unité dont l'armement principal est le drone,
08:18qui concentre à la main d'un même chef tactique,
08:20le commandant d'unité,
08:21les moyens d'acquisition et les moyens de destruction.
08:23Donc il est composé de 5 pelotons,
08:25un peloton de commandement et de logistique
08:27qui va assurer la cohérence d'ensemble du dispositif.
08:29Ensuite, vous avez un peloton d'acquisition et de surveillance
08:32qui, dans la frange des 0 à 20 km,
08:34va être capable d'acquérir le renseignement
08:35et de retransmettre ces informations
08:37aux commandants d'unité et aux autres pelotons de l'escadron.
08:39Ensuite, vous avez deux pelotons de drones de contact
08:43qui, dans la frange des 0 à 10 km,
08:45ont à la fois la capacité d'acquisition
08:47et la capacité de destruction
08:49par des FPV qu'ils ont en nombre de 240 par peloton.
08:53Et enfin, vous avez un peloton de munitions téléopérées
08:55qui, jusqu'à 30 km,
08:57doit être capable d'aller détruire dans la profondeur tactique
09:00des éléments à plus haute valeur ajoutée.
09:02Le peloton d'acquisition et de surveillance,
09:03ils sont vraiment là pour chercher les cibles, fouiller.
09:06Une fois qu'ils les ont détectées,
09:07ils ne font pas venir l'info et nous désousser
09:09avec des coordonnées, avec la topo.
09:12On se repère et nous, après, on va les détruire.
09:16Le but, c'est que des escadrons, ils se calquent sur le nôtre
09:20et qu'après, ça se démultiplie dans l'armée.
09:22Cette organisation de l'emploi des drones
09:25a prouvé toute sa pertinence.
09:26C'est pour ça que le chef d'état-major de l'armée de terre
09:29a décidé de créer 5 unités supplémentaires
09:31à très court terme
09:32qui auront sans doute vocation
09:33à se démultiplier à moyen terme.
09:38C'est un projet qui est venu du bas.
09:39C'est bien eux qui ont validé le concept.
09:42Et nous, on leur fournit des moyens.
09:44Ils vont avoir de l'ordre de 400 à 500 drones
09:47par unité de combat.
09:49C'est vraiment une révolution.
09:51Et donc, en libérant cette innovation par le bas,
09:53en donnant des fonds dans les régiments,
09:55et bien, en fait, il y a des idées qui ont émergé.
09:58Par exemple, on a pu voir émerger ça.
10:01Voilà.
10:02Donc ça, c'est un drone FPV qu'on appelle FROND.
10:05C'est directement issu d'un projet
10:08du premier régiment de Hussard Parachutiste.
10:10Voilà, on ne lui a pas piqué sur l'initiative.
10:12On l'a accompagné.
10:24C'est le premier projet structurant de l'armée de terre
10:26qui va passer à l'échelle.
10:27On va passer commande de 1000 d'ici la fin de l'année.
10:30Il ne faut pas de l'innovation pour faire de l'innovation.
10:32Il faut que ça réponde à un besoin opérationnel
10:34et que ça corresponde à nos priorités.
10:36Et donc là, ça correspondait à nos priorités
10:37parce que, un, on avait un manque.
10:40Deux, réutiliser des munitions qu'on a déjà,
10:41c'est un vrai gain, c'est économiquement intéressant.
10:46Vous avez un autre projet
10:48issu de la deuxième brigade blindée
10:49qui s'appelle Temara.
10:51Le projet est centré autour de la fibre optique.
10:53C'est un drone FPV qui a une charge
10:54et qui a en plus une bobine de fibre optique
10:57et qui va dérouler cette bobine de fibre optique
10:58sur la distance à laquelle on l'emmène.
11:01Donc c'est à la fois les communications,
11:03à la fois le flux vidéo
11:05et potentiellement l'allumage également
11:07qui peut se faire via ces fibres optiques.
11:15Il y a des vrais parcours d'entraînement.
11:18Chaque brigade a un CETD,
11:20un centre d'entraînement drone.
11:22Et effectivement, ils ont à la fois de la simulation
11:24et après, ils ont des parcours
11:26où ils doivent gérer la maniabilité de leur drone.
11:32La formation, elle est exigeante,
11:34donc elle est longue.
11:35L'objectif, ça va être de les aider à monter en puissance.
11:38Pour autant, l'avantage des drones,
11:40c'est que ça correspond aujourd'hui,
11:41beaucoup, je trouve,
11:42à la génération des soldats
11:44qui rejoignent nos unités.
11:46Et donc, ils sont très vite habitués
11:48ou ils s'adaptent très vite
11:50à la manière dont est piloté un FPV.
11:58Là, j'ai 21 ans,
11:59je me suis engagé quand j'en avais 18
12:01et ça m'intéressait déjà à ce monde-là.
12:04Il a fait que maintenant,
12:06je fais du FPV dans mon métier.
12:07Ça, c'est des drones FPV
12:08qu'on monte nous-mêmes,
12:09on sait les réparer.
12:11Et tout ce qui est munitions,
12:12c'est vraiment interchangeable en dessous.
12:14On peut mettre des roquettes, des RPG-7.
12:15On peut tout mettre, en fait.
12:16C'est vraiment ce qu'il y aura à la guerre.
12:18Le drone FPV, aujourd'hui,
12:19vous pouvez en construire un
12:20avec quelques centaines d'euros.
12:21Vous collectez les pièces,
12:22vous les commandez
12:23et chez vous,
12:24vous construisez votre propre drone.
12:25C'est comme ça que, finalement,
12:26a commencé l'industrie du drone FPV
12:28militarisé en Ukraine
12:30avec une multitude de petites entreprises
12:34qui ont commencé à confectionner
12:35des drones dans les caves.
12:36Et puis, ça se structure au fur et à mesure
12:38et ça permet aujourd'hui à l'industrie ukrainienne
12:40de produire 4,5 millions de drones par an.
12:48L'une des particularités des drones,
12:52c'est qu'énormément de régiments d'unités
12:56expérimentent à leur niveau.
12:57C'est-à-dire qu'achètent des équipements,
12:59les tests, les modifient
13:00pour les adapter à leurs besoins.
13:02Le défi qu'on a sur ces initiatives-là,
13:05c'est ce qu'on appelle le passage à l'échelle.
13:07C'est-à-dire qu'une fois qu'un équipement
13:08donne satisfaction au sein d'un régiment
13:10ou d'une unité,
13:11l'objectif, ça va être de le produire
13:13en suffisamment grande quantité
13:15pour répondre aux besoins des forces.
13:18En 2026, on fait effort dans tous les domaines,
13:20sur tous les drones.
13:21On va en acquérir entre 10 000 et 14 000,
13:24à la fois des drones de commandement,
13:26des drones bombardiers, voilà.
13:28Pour cette année 2026,
13:29il y a deux grandes stratégies d'acquisition
13:30qui ont été mises en place.
13:32Une qui est basée sur des achats sur étagères
13:34et puis une seconde qui est basée
13:36sur des mises en concurrence.
13:37On va réagir sur un principe de flux
13:39plutôt que de stock,
13:40puisque très rapidement,
13:41ils deviendraient obsolètes.
13:43Le deuxième principe, c'est l'emploi des drones
13:46à la fois dits haut de gamme
13:47et des drones un peu plus bas de gamme,
13:49low-cost, en tout cas.
13:51On espère bien à terme
13:52que ces deux catégories sont verges
13:54et arriver à avoir des drones résilients au brouillage
13:57le moins cher possible.
13:58C'est bien évidemment ce qui se passe
13:59sur les théâtres de guerre actuellement,
14:01notamment en Ukraine.
14:06C'est bien ça l'objet,
14:07un drone pas pris
14:08qui est capable d'avoir des effets
14:10de destruction importants sur le terrain.
14:27Ce qui est intéressant dans l'écosystème
14:29des drones et des FPV,
14:30c'est qu'on a une myriade
14:32de petites entreprises,
14:34de petites PME
14:35qui sont extrêmement innovantes,
14:37qui proposent des nouveaux équipements,
14:39des nouvelles capacités.
14:40On profite de certains exercices militaires
14:42pour tester directement
14:43les équipements des industriels.
14:45Il y a eu un pacte drone
14:47qui a permis de mettre en relation
14:49tous les industriels
14:50qui avaient des solutions de drones à apporter
14:52et les militaires
14:53pour expliquer notre besoin
14:54et qu'est-ce qu'on recherchait.
14:56Donc du côté des forces,
14:57ça leur permet de tester ces équipements
14:58et du côté des industriels
15:00d'avoir un retour direct
15:01sur ce que leurs équipements permettent
15:03ou ne permettent pas.
15:04C'est extrêmement réactif.
15:08Le but de l'ingénierie dual
15:09est de favoriser la capacité d'innovation
15:12pour pouvoir créer des produits résilients
15:14et adaptatifs à l'usage militaire.
15:16Dans les conflits actuels,
15:17le drone FPV évolue vite
15:19et devra répondre rapidement
15:20à de nouveaux besoins du terrain
15:22encore non identifié.
15:25S'il y a bien quelque chose
15:27que les drones nous ont appris
15:29et encore une fois,
15:30c'est ce qu'on voit notamment en Ukraine,
15:32c'est la nécessité d'être extrêmement agile
15:33dans la manière dont on intègre
15:35les nouveaux équipements
15:36à la fois sur le plan technologique
15:38et mais aussi sur le plan
15:39des concepts d'emploi et de la tactique.
15:41On doit apprendre à apprendre vite.
15:43C'est le cas avec la fibre optique,
15:45c'est le cas avec l'intelligence artificielle,
15:46c'est le cas de l'ensemble
15:47de ce qu'on appelle des briques technologiques
15:49qui arrivent très rapidement
15:51et qui évoluent très rapidement.
15:53Elles nous obligent
15:53à une agilité intellectuelle,
15:56doctrinale et capacitaire
15:57qui est peut-être
15:58le plus grand défi aujourd'hui.
16:00Il est assez probable
16:02que le phénomène FPV
16:04soit plutôt une transition,
16:06une étape dans la dronisation,
16:07mais sans doute pas une finalité.
16:09L'apport de l'informatique,
16:10de l'intelligence artificielle en particulier,
16:12vont venir sans doute éteindre
16:14en partie le phénomène FPV.
16:17Le télépilote notamment de FPV,
16:19c'est une ressource rare
16:20parce qu'il a des compétences particulières
16:22et l'une des façons de le protéger,
16:23c'est de l'éloigner du champ de bataille
16:25et la connectivité aujourd'hui
16:26permet cet éloignement.
16:39Les unités de drones de contact
16:40intègrent déjà
16:42des briques d'intelligence artificielle,
16:43une IA de DRI,
16:44détection, reconnaissance et identification,
16:46qui aide le plotant d'acquisition
16:48et de surveillance
16:48dans ces détections
16:49puisque dans beaucoup de situations,
16:51l'être humain est beaucoup moins performant
16:53que la machine pour déceler
16:54sur quelques pixels seulement
16:56un véhicule
16:57ou un personnel débarqué
16:58sur une image.
17:02La seconde brique d'intelligence artificielle
17:04qui est déjà en cours de développement,
17:06c'est la brique
17:07de guidage terminal autonome
17:08puisque nous avons besoin
17:09en suivi de pixels
17:10de pouvoir verrouiller une cible
17:12et que le drone
17:13aille de lui-même
17:14sans intervention lui-même
17:15sur l'objectif
17:17qui lui aura été désigné.
17:18On voit bien que c'est un peu
17:19ce que sont en train
17:20de faire les Ukrainiens,
17:21c'est qu'ils envoient des drones
17:23qui se repèrent tout seuls
17:24et qui vont chercher
17:25leur cible tout seuls.
17:26En fait,
17:27ce qui est difficile
17:28avec un drone FPV,
17:29c'est de déclencher
17:31la charge à la fin.
17:32Initialement,
17:32ça reposait sur la dextérité
17:33du pilote,
17:34à savoir à quel moment
17:35il fallait qu'il appuie
17:36sur le bouton
17:36pour que ça explose.
17:38Ce n'est pas simple.
17:40Apprécier la distance
17:41à distance,
17:42c'est compliqué.
17:43Donc aujourd'hui,
17:43on cherche à automatiser
17:45le fonctionnement terminal
17:46de la mission.
17:47C'est-à-dire,
17:47à partir du moment
17:48où on a accroché,
17:49on appuie sur un bouton,
17:51le drone,
17:51il fonctionne tout seul
17:52à la fin, voilà.
17:53En fait,
17:53ce qu'il faut,
17:54c'est qu'on garde
17:56cette manière de combattre
17:57par les airs
17:57avec des drones
17:58pour produire
17:59de réels effets tactiques
18:00sur l'adversaire.
18:01Si je suis capable
18:02de décider plus vite
18:04que l'adversaire,
18:04si je suis capable
18:05de le faire douter
18:07parce que j'ai saturé
18:08un certain nombre
18:09de ses unités
18:10et que je provoque
18:11un doute,
18:12que je provoque
18:12un temps de décision
18:13chez lui
18:14qui est supérieur au mien,
18:16eh bien,
18:16je saisis l'initiative
18:17et je gagne
18:18le combat de l'instant.
18:20D'un sac,
18:21détection véhicule,
18:22région PAPA3,
18:23402 pistes.
18:2625,
18:27PAPA3 reçu,
18:28décollage,
18:29délai 2.
18:30Aujourd'hui,
18:31notre unité
18:31de drones de contact,
18:32elle est un peu
18:32sur un format
18:33de l'armée ukrainienne.
18:34C'est-à-dire
18:35que c'est un télépilote
18:36qui opère
18:36un à deux FPV
18:38les uns après les autres.
18:39Et c'est la somme
18:40des télépilotes
18:41et c'est la somme
18:42des FPV
18:42qui produit
18:43cet effet de saturation.
18:44Ce qu'on travaille
18:45avec les industriels,
18:47c'est que demain,
18:47un seul télépilote
18:48commandera en réalité
18:50plusieurs dizaines de drones.
18:51On va vraiment chercher
18:52à travailler en meute
18:54et à saturer
18:55une cible adverse.
18:56L'idée,
18:57c'est que la meute
18:58de drones en vol,
18:59elle puisse elle-même
19:00opérer sur plusieurs cibles
19:02en même temps.
19:04Tout simplement,
19:04dans un véhicule ruche,
19:06vous avez plusieurs rayons.
19:08Ça nous permet,
19:08comme un chargeur
19:09d'un fusil automatique,
19:11de faire décoller
19:12les drones en rafale.
19:14vous avez la reine
19:15et les ouvrières.
19:16La reine,
19:17elle,
19:17possède un minimum
19:18d'autonomie
19:19et d'intelligence artificielle
19:20embarquée
19:21qui va permettre
19:22de désigner les objectifs
19:23aux ouvrières.
19:24Tout ça,
19:24c'est piloté par l'opérateur
19:26au départ du coup
19:26qui va définir
19:28dans un cadre
19:28espace-temps
19:28l'objectif
19:29qui va être désigné.
19:31Et la reine,
19:31en permanence,
19:32elle,
19:33va renvoyer
19:34ses données de télémétrie
19:35à la station seule,
19:36ce qui permet à l'opérateur
19:37de savoir
19:37où en est la mission
19:39qui a été confiée
19:40à les cinq
19:41qui en volent
19:41en ce moment.
19:42Ce n'est plus
19:42du pilotage immersif.
19:44En fait,
19:44on s'est rendu compte
19:45que le pilotage immersif
19:47nécessitait
19:48une très forte dextérité.
19:50Aujourd'hui,
19:50on évalue à peu près
19:51qu'un télépilote
19:52au combat,
19:53il fait but
19:54dans environ 30% des cas.
19:56Avec la solution technologique
19:57que nous allons apporter,
19:59l'objectif,
19:59c'est quand même
19:59de se rapprocher
20:00d'un ratio bien meilleur
20:01qu'on espère
20:02de l'ordre de 80%
20:03à peu près.
20:05On n'est pas dupes.
20:06On sait que nos compétiteurs,
20:08nos potentiels adversaires
20:10développent aussi
20:10des systèmes autonomes.
20:12Il est donc assez probable
20:13que le premier choc
20:14d'un conflit
20:16de haute intensité,
20:17s'il devait arriver,
20:18serait dans un premier temps
20:19celui de machine
20:20contre des machines.
20:21Et pour ça,
20:22l'armée française
20:23développe le projet
20:24Pandragon,
20:25qui est un projet
20:26d'unité robotique
20:28de combat,
20:28qui combine
20:29des robots terrestres
20:30et puis des drones aériens
20:33ou des munitions intelligentes.
20:44Le but du projet Pandragon,
20:46c'est de tirer
20:47le retour d'expérience
20:48de ce qu'on peut voir
20:49sur les différents fronts,
20:50notamment le front ukrainien,
20:51et de répondre
20:52à l'automatisation croissante
20:53du champ de bataille
20:54par le développement
20:55d'une unité robotique
20:55de combat
20:56qui vise à automatiser
20:58et remplir
20:59des missions tactiques
20:59sur le terrain
21:00pour éviter de confronter
21:02les soldats humains
21:03en première ligne
21:03sur le champ de bataille.
21:05Là, notre scénario
21:06qu'on va faire,
21:07c'est qu'on va faire
21:07décoller le drone
21:09et en même temps
21:10contrôler notre UGV
21:11pour qu'il le rejoigne
21:12et qu'il le reste sur la piste.
21:13Dans le cadre
21:14du projet Pandragon,
21:15on développe
21:15un orchestrateur tactique
21:17qui vise à remplir
21:18une mission de haut niveau
21:19qui sera donnée
21:20par le chef humain
21:21de l'unité robotique de combat.
21:23Par exemple,
21:23si la mission
21:24est de reconnaître un axe
21:25sur deux kilomètres,
21:27le cœur numérique
21:28va calculer
21:29le nombre de drones
21:29nécessaires
21:30pour couvrir la zone,
21:31les envoyer,
21:32leur donner un plan de vol,
21:33leur demander
21:34de mettre en œuvre
21:35différentes capacités
21:35d'observation
21:36pour remonter
21:37la présence d'adversaires
21:38dans la zone.
21:39Et là, il s'est verrouillé
21:40sur la cime.
21:42Il est bien évidemment
21:43question non pas
21:44de remplacer l'humain
21:45dans la décision,
21:46mais de l'assister.
21:48Là où on veut
21:49remplacer l'humain,
21:49effectivement,
21:50c'est dans l'exécution
21:51des tâches
21:52les plus dangereuses
21:53et les plus accessibles
21:54aujourd'hui à la machine.
21:55Un drone FPV,
21:56par définition,
21:57c'est un drone télé-piloté,
21:58donc c'est pas un drone
22:00qui va être intégré
22:01au sein du projet
22:02Pandragon
22:02puisque le but,
22:03c'est d'orchestrer
22:03de manière autonome
22:04différentes plateformes
22:05et donc de se passer
22:06de télé-pilote
22:06mais d'avoir un chef unique
22:08qui va commander
22:09tout un ensemble,
22:10une meute de robots
22:10et de drones.
22:16Le télépilotage du FPV
22:17se fera toujours
22:18par un être humain
22:19mais cet être humain
22:20peut être aidé
22:21notamment dans sa phase finale
22:22lorsque le drone
22:23va se rendre sur la cible.
22:25Dans ces phases finales,
22:25on est souvent dans des zones
22:27qui sont potentiellement brouillées
22:28et donc couper
22:30à ce moment-là
22:30les communications
22:31entre le télépilote
22:32et le drone
22:32pour envoyer le drone
22:34de façon automatique
22:35sur une cible
22:36qui a été validée
22:36par l'homme
22:37nous permet en fait
22:38de faire face éventuellement
22:39aux contre-mesures adverses.
22:41La robotisation
22:42de nos capacités de combat
22:43a plusieurs avantages.
22:44La première,
22:45effectivement,
22:46quand on regarde
22:46ce qui se passe
22:47sur le front ukrainien,
22:48il y a toute une kill zone,
22:50une bande
22:50de quelques dizaines de kilomètres
22:51sur lesquelles
22:52l'espérance de vie
22:53d'un soldat
22:54qui s'y rend
22:54se compte en minutes
22:55et on doit développer
22:57cette robotisation
22:58pour tenir une ligne de front
22:59de ce type-là
23:00et également
23:01puisque l'un des futurs
23:04adversaires
23:04de l'unité robotique
23:05de combat autonome
23:05c'est aussi des unités
23:06adverses
23:07qui seront robotisées
23:08et face auxquelles
23:09on préfère mettre
23:10des machines
23:10plutôt que des soldats humains.
23:12L'unité autonome,
23:13elle ne sera pas engagée
23:15avec une totale liberté,
23:16elle sera engagée
23:17dans une zone,
23:18dans un espace géographique
23:19pour un temps donné
23:20et avec une mission
23:22à accomplir,
23:22un effet à produire.
23:24Pour la première fois
23:25dans l'histoire
23:26de cette guerre,
23:27une position ennemie
23:28a été capturée
23:29exclusivement
23:29par des robots terrestres
23:31sans pilote
23:31et des drones.
23:4246 scorpions
23:43pour vous,
23:43nouvelle mission
23:44détruire par embuscade
23:46avec le groupe
23:48appui drone
23:50une section
23:51de T-72
23:51en reconnaissance offensive
23:53du sud vers le nord
23:55sur l'axe Gabriel.
24:02L'objectif principal,
24:03c'est bien la victoire,
24:04c'est bien de se garantir
24:05en fait une capacité
24:07supérieure à l'adversaire
24:08et on perçoit bien
24:09que tout ce domaine
24:10de la robotique,
24:12des drones,
24:13de l'intelligence artificielle,
24:14de la collaboration
24:15machine-machine
24:15ou homme-machine,
24:16en fait va nous permettre
24:17d'avoir une capacité
24:19opérationnelle accrue
24:20et donc potentiellement
24:21de remporter la victoire.
24:30Il ne faut pas se cacher
24:34derrière l'utopie
24:37qu'une guerre puisse être
24:38entièrement robotisée
24:39et entièrement mécanique.
24:40Peu importe le degré
24:41d'automatisation
24:42d'un équipement,
24:44peu importe son apparente
24:46autonomie,
24:47il y a toujours
24:48une chaîne de responsabilité.
24:51Il y a toujours
24:52la possibilité
24:53d'identifier
24:54là où les personnes
24:55qui auront décidé
24:57de frapper
24:57ou d'utiliser
24:58cet équipement.
24:59C'est le chef tactique
25:00qui a la responsabilité
25:01de la décision.
25:02Au même titre
25:02qu'un commandant d'unité
25:03ou qu'un chef de section
25:04va commander le feu
25:06de son unité,
25:07désormais il intègre
25:08des drones
25:08et il les utilise
25:09de la même manière.
25:10Ce qui est sûr
25:11et certain,
25:12c'est qu'aujourd'hui
25:13on voit une robotisation
25:15accrue du champ de bataille.
25:17On voit les drones
25:18arriver et donc
25:19en fait on se pose
25:19la question de savoir
25:20si l'homme
25:21un jour
25:22a toujours sa place
25:24sur le champ de bataille.
25:33Vous imaginez
25:34la dimension psychologique
25:35du premier moment
25:36où un soldat
25:37va se retrouver
25:37face à un robot ?
25:38Je reste persuadé
25:39qu'aujourd'hui,
25:40en fait celui
25:40qui gagne la guerre
25:41aujourd'hui,
25:42c'est le premier
25:43qui met un robot
25:43face à un homme.
25:45Pour autant,
25:45ce dilemme-là
25:46de l'homme face au robot,
25:48il faut espérer
25:49que ce soit nous
25:49qui le posions à l'adversaire
25:50plutôt que ce soit
25:51l'adversaire qui nous le pose.
25:52Je pense que le problème
25:53se posera
25:54si des ennemis
25:55en face de nous
25:55nous envoient des drones
25:56qui chassent tout seuls.
25:58En tout cas,
25:58ce n'est pas la doctrine actuelle.
25:59La doctrine actuelle,
26:00c'est l'homme dans la boucle.
26:01Nos soldats ont la tête froide
26:02et des bonnes épaules.
26:08Sous-titrage Société Radio-Canada

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