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  • il y a 9 heures
Le 6 septembre 1998, Johnny Hallyday intervient en direct du Stade de France dans l’émission Public, présentée par Michel Field sur TF1. À quelques jours de ses trois concerts au Stade de France, Johnny échange notamment avec Édouard Balladur, invité sur le plateau. Une archive télévisée originale à l’approche des concerts historiques de Johnny Hallyday au Stade de France en septembre 1998.

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Musique
Transcription
00:00J'avais évidemment, la première question que j'avais envie de vous poser c'est
00:02qu'est-ce que vous avez ressenti hier sur scène après ce départ manqué de vendredi
00:08ou ce départ reporté, quand vous avez enfin réalisé finalement ce rêve
00:14sur lequel vous travaillez depuis des mois et des mois ?
00:17Hier c'était le bonheur total parce que bon on a pu enfin faire le spectacle qu'on voulait faire
00:22pour lequel on s'était préparé depuis si longtemps.
00:26C'est vrai que nous avions eu une amertume, nous avons passé une très mauvaise nuit
00:32je vous le dis tout de suite de vendredi à samedi et puis on était vraiment tous désolés,
00:37très malheureux pour tous les gens qui s'étaient déplacés de si loin, de si loin pour voir
00:42finalement un spectacle qui n'a pas eu lieu mais ce que je tiens à dire c'est que ce
00:47spectacle est
00:47reporté à vendredi prochain car maintenant le temps comme vous l'avez dit tout à l'heure semble
00:53beaucoup plus clément depuis hier.
00:56Edouard Balladur et moi-même nous étions, enfin pas ensemble mais chacun de notre côté vendredi
01:02donc on y sera aussi vendredi prochain pour vous applaudir.
01:05D'ailleurs j'aimerais rappeler un petit souvenir à monsieur Balladur que j'aime beaucoup
01:10à l'époque où il était ministre des finances, je l'avais eu au téléphone et je lui avais demandé
01:15si c'est normal que Madonna suite à son concert parisien payait 2.10 de TVA alors que les chanteurs
01:26français enfin dont moi ont payé 7% et il m'a répondu qu'il allait voir ça de très
01:31près et effectivement
01:32ça il avait arrangé pour qu'ensuite on paye 2.10.
01:37Je pensais qu'il s'est interrogé pour que tout le monde paye 7% mais non c'est l
01:42'inverse.
01:422.10 donc je le remercie pour moi et puis pour mes camarades chanteurs.
01:46Je suis heureux de vous revoir Johnny, très heureux, je suis désolé pour vendredi, je pense
01:52que vous avez dû être beaucoup plus désolé que nous tous.
01:54On était très malheureux.
01:55Et je vous souhaite vraiment que ce soir ce soit un aussi grand succès qu'hier soir.
01:59Oui merci.
02:00Qu'est-ce qui s'est passé dans votre tête vendredi ? Est-ce que c'était une sorte de
02:03doute
02:03qui vous a envahi ou est-ce qu'au contraire très vite c'est aussi l'envie et la rage
02:09de
02:09donner plus encore à votre public pour faire oublier cette déconvenue ?
02:13Mais l'envie de donner plus, on veut toujours donner plus qu'il y ait bon temps ou mauvais
02:18temps.
02:19C'était surtout la déception, la déception de toute une équipe parce qu'il y a quand même
02:23beaucoup de gens qui travaillent avec moi pour ce spectacle depuis maintenant plus d'un
02:27an et demi et puis aussi pour tout ce public qui était venu.
02:31Donc tout ce que j'espère c'est que le temps reste au beau fixe comme c'était hier soir
02:35et comme c'est le cas ce soir et que le spectacle de vendredi prochain soit au top niveau et
02:42nous
02:43en tout cas on fera tout pour que ce soit top niveau avec la rage dans le cœur et l
02:48'envie
02:48de donner un beau spectacle.
02:49Le stade de France, vous en parleriez comment comme lieu sénique ?
02:54C'est un bel endroit, c'est une réussite totale.
02:58Le stade est une réussite totale techniquement, c'est formidable, même pour le son.
03:01Je crois qu'on n'a jamais eu un son pareil, même dans aucune salle de spectacle.
03:08Techniquement le stade de France est parfait.
03:11Vous faites plaisir à Edouard Baladur, vous aviez subi pas mal de critiques quand même.
03:15Quand j'ai décidé de l'implanter là où on l'a implanté et que j'ai choisi le projet
03:20qui finalement a été construit, je suis très heureux qu'il convienne et au sport et
03:25aux grandes manifestations artistiques.
03:27Et alors pourquoi vous n'avez pas mis un toit puisque c'était la grande question
03:30qu'on se posait tous vendredi ?
03:32D'abord Michel Filt, je n'étais pas l'architecte.
03:35Je crois que s'il y avait un toit, ça changerait tout.
03:37Ça changerait tout, pas en bien d'ailleurs.
03:39Il est très beau tel qu'il est.
03:40Enfin, je ne sais pas ce qu'en pense Johnny, moi je le trouve très beau tel qu'il est.
03:44Quand il ne plaît pas, quand il fait beau, il va falloir.
03:47Johnny, une dernière question.
03:49Bon, vous chantez avec Laura Fabian, Pascal Obispo, Patrick Bruel,
03:52Florent Pagny, Jean-Jacques Goldman.
03:54Ils viennent comme ça, vous vous donnez un...
03:56Oui, ce soir il y a Lionel Richie qui vient chanter aussi.
04:00C'est une volonté d'associer finalement une bande d'amis, d'artistes que vous estimez avec vous ?
04:06C'est une façon d'être un peu le buzz de la variété française, une sorte de parrain amical ?
04:11C'est une façon de les remercier tous individuellement et d'une façon un petit peu différente.
04:17D'ailleurs d'abord de faire ce métier comme ils le font, d'une façon formidable.
04:21Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais tous les gens à qui j'ai demandé de faire des
04:25duos avec moi
04:26sont des gens qui respectent leur public autant que moi je les respecte.
04:30Et puis en plus ce sont tous d'excellents chanteurs.
04:34Donc j'ai trouvé ça tout à fait normal de les associer avec moi à cette aventure extraordinaire.
04:41C'est un rêve de gosse que vous réalisez, ce spectacle énorme, son et lumière ?
04:45Je ne l'ai pas encore vu, mais j'en ai vraiment entendu parler depuis hier.
04:48Oui, c'est un rêve de gosse.
04:49Vous savez quand j'ai commencé à faire ce métier, j'avais 15 ans, 16 ans à peine.
04:54Et quand j'ai commencé à chanter, j'ai fait mon premier disque, je n'aurais jamais pu, même dans
04:59mes rêves les plus fous,
05:00penser qu'un jour je serai sur la scène du Stade de France devant 80 000 personnes,
05:06avec les meilleurs musiciens du monde, avec la meilleure équipe technique du monde.
05:12C'est vrai que c'est un rêve. Des fois je me rêve le matin en me demandant si je
05:15n'ai pas rêvé.
05:17Edouard Balladur, on ne vous imaginait pas fan de Johnny ? C'est son côté rebelle qui vous interpelle ?
05:22Entre autres, je trouve que c'est un des grands artistes de notre époque.
05:28Et j'aime beaucoup toutes ses chansons, depuis très longtemps d'ailleurs.
05:31Ma femme, mes enfants, les aiment également beaucoup.
05:33Mais après les incidents du concert de la Nation en 1963, on prête au général de Gaulle une phrase assez
05:38virulente,
05:39disant que si ces jeunes ont de l'énergie à revendre, il ferait mieux de bâtir des routes que d
05:44'aller dans les concerts de rock.
05:45Oui, mais maintenant...
05:46C'est une entaille à la tradition gaulliste ?
05:48Non, maintenant les routes sont bâties, il n'y en a plus tellement à bâtir en France.
05:52Et je trouve que c'est très bien, au contraire, que depuis plusieurs dizaines d'années,
05:56un homme et un artiste tel que Johnny Hallyday représentent pour toutes les générations,
06:01car ce qui m'a frappé au Stade de France où j'étais vendredi,
06:03c'est qu'il y avait des gens de tous les âges et beaucoup de jeunes,
06:08représentent quelque chose d'absolument extraordinaire.
06:11Et moi je trouve qu'il a infiniment de talent, qu'il a une très belle voix, qu'il a
06:15de très beaux textes,
06:16de très belle musique, bref, j'aime ce qu'il fait, voilà, c'est tout.
06:19Eh bien, nous sommes deux.
06:20Johnny, merci infiniment, on croise les doigts pour vous ce soir,
06:23et à vendredi pour les autres.
06:25À vendredi.

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