Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Le 4 novembre 1995, le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin, artisan des accords d'Oslo, est assassiné par un extrémiste religieux en pleine manifestation pour la paix. Trente ans plus tard, Israël est un pays en guerre sur plusieurs fronts et plus divisé que jamais. À l'approche des législatives du 27 octobre, les premières depuis le 7 octobre, une opposition disparate, de la gauche à l'extrême droite, tente de se mobiliser : quels sont les enjeux de ce scrutin ? L'après-Nétanyahou est-il possible ?Pour en débattre, Ali Baddou reçoit Gilles Paris, éditorialiste au Monde, Alexandra Schwartzbrod, directrice adjointe de la rédaction de Libération, et Alain Dieckhoff, directeur de recherche au CNRS et professeur à Sciences Po.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:01Paris partyrisée, mais Paris libérée.
00:00:06Je suis un leader.
00:00:08Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l'avortement.
00:00:11Vous n'aurez pas, M. Mitterrand, le monopole du cœur.
00:00:14Qui sème la misère récolte la colère, c'est ce qu'ils ont aujourd'hui.
00:00:16La justice française ne sera plus une justice qui tue.
00:00:26How dare you !
00:00:27Ce soir-là, une image marque les esprits.
00:00:30Des manifestants brandissent un photomontage d'Izzac Rabin revêtu d'un uniforme SS.
00:00:40Cette fois-ci, c'est un coup bas de trop pour un partisan de la paix.
00:00:44Un homme qui a survécu à la déportation.
00:00:46L'homme d'affaires franco-israélien, Jean Friedman.
00:00:54Moi, je savais ce que ça voulait dire.
00:00:57C'était dire, faut le tuer.
00:01:01Bonsoir et bienvenue dans Débat Doc sur la chaîne parlementaire.
00:01:05Heureux de vous retrouver avec un film exceptionnel aujourd'hui.
00:01:08Les derniers jours d'Izzac Rabin, réalisé par Nicolas Glimois.
00:01:12C'était le 4 novembre 1995.
00:01:14Le premier ministre israélien, l'un des artisans des accords d'Oslo,
00:01:18était assassiné par un extrémiste religieux juif en pleine manifestation pour la paix.
00:01:2330 ans plus tard, à l'approche des élections législatives du 27 octobre,
00:01:28les premières depuis le 7 octobre,
00:01:31Israël semble de nouveau fracturé,
00:01:34embarqué dans une logique de vengeance par son dirigeant.
00:01:37Après deux décennies dominées par Benyamin Netanyahou,
00:01:41l'alternance ou l'alternative sont-elles possibles ?
00:01:43Nous en débattrons avec les journalistes Gilles Paris et Alexandra Schwartzbrod.
00:01:48et Alain Dikhoff, spécialiste de la société israélienne.
00:01:51Débat doc, c'est parti !
00:01:586 novembre 1995.
00:02:01La sirène mugit et le silence tombent sur Israël.
00:02:05Un chagrin mêlé de stupeur.
00:02:08Pour la première fois dans l'histoire du pays,
00:02:10un assassinat politique a été commis.
00:02:13Yitzhak Rabin a été tué.
00:02:16Le premier ministre devenu prix Nobel.
00:02:18L'ancien général devenu soldat de la paix.
00:02:21Une destinée au service d'Israël.
00:02:24Une figure légendaire qui incarne presque à lui tout seul
00:02:28tous les combats de l'État hébreu.
00:02:44Israël pleure Yitzhak Rabin.
00:02:47Yitzhak Rabin est mort.
00:02:49Et c'est un juif
00:02:50qu'il a assassiné.
00:03:20Le traumatique de l'État hébreu.
00:03:22L'inimaginable a été d'abord et avant tout
00:03:23parce qu'on a tué pour la première fois
00:03:25dans l'histoire du sionisme et du judaïsme
00:03:27un premier ministre en Israël,
00:03:28le leader des juifs.
00:03:31Un juif ne tue pas un juif pour des raisons idéologiques.
00:03:33Un juif ne tue pas un juif pour des raisons politiques.
00:03:36C'est-à-dire l'assassinat politique, ce n'est pas nous.
00:03:40Alors comment l'inimaginable a-t-il pu se produire ?
00:03:49Parce qu'avant l'inimaginable, il y a eu l'impardonnable.
00:04:02Oui, ce 13 septembre 1993,
00:04:06le premier ministre israélien commet un acte impardonnable
00:04:10pour de nombreux juifs,
00:04:11qu'ils vivent en Israël ou dans d'autres pays.
00:04:15De fait, c'est ici, sur la pelouse de la Maison Blanche,
00:04:19que débutent les derniers jours d'Itsak Rabin.
00:04:45Rabin ne s'est pas contenté d'amorcer
00:04:47des négociations de paix avec l'ennemi palestinien.
00:04:51Il va faire pire lors de sa rencontre
00:04:54avec l'ennemi de toujours, Yasser Arafat.
00:05:02Dans mes conversations avec Washington,
00:05:04dans les deux jours qui ont précédé la cérémonie
00:05:06pour la signature des accords d'Oslo,
00:05:08presque toutes les conversations,
00:05:11beaucoup de conversations,
00:05:13ont été consacrées à cette question.
00:05:15comment éviter de l'enlacer,
00:05:17de l'embrasser,
00:05:18de lui serrer la main,
00:05:19de lui parler ?
00:05:21Aussi peu que possible.
00:05:28Rabin, 24 heures avant,
00:05:30dit « j'y vais pas ».
00:05:30« Je veux pas y aller,
00:05:32je veux pas serrer la main d'Arafat. »
00:05:34Il avait des déclarations précédentes,
00:05:36« je ne serre pas la main des assassins,
00:05:38les mains pleines de sang d'enfants juifs, etc. »
00:05:41Et puis, dans la nuit,
00:05:44Clinton l'a appelé en lui disant
00:05:45« tu veux pas me faire ça ? »
00:05:47« Il y a 3000 personnes qui viennent à Washington,
00:05:51tu peux pas. »
00:05:53Et on voit bien dans l'attitude de Clinton
00:05:56qu'il les prend par les épaules,
00:05:58il les force.
00:06:00Clinton lui dit
00:06:01« tu me fais pas un coup,
00:06:02tu vas lui serrer la main. »
00:06:03Il dit « je suis pas sûr,
00:06:05je suis pas sûr que je pourrais. »
00:06:10Il le peut.
00:06:11Mais cette poignée de main
00:06:12qui le rebutait tant
00:06:13scelle le destin d'Izhak Rabin.
00:06:16Parce que pour de nombreux juifs,
00:06:17il sert la main du diable.
00:06:19Ce geste de paix n'est plus que trahison.
00:06:21Un geste criminel
00:06:22d'autant plus inimaginable,
00:06:24impardonnable,
00:06:25que Rabin est une légende d'Israël.
00:06:28Rabin est Israël
00:06:29tant son histoire se confond
00:06:31avec celle de son pays.
00:06:33Lui,
00:06:33dont les parents ont fui
00:06:34la révolution bolchevique.
00:06:36Lui qui n'est pas un peu
00:06:37est à Jérusalem le 1er mars 1922.
00:06:40C'est un Sabra,
00:06:41un juif né sur une terre
00:06:43qui s'appelait encore Palestine.
00:06:46Il incarne le juif nouveau,
00:06:48fier, fort,
00:06:50celui qui,
00:06:51dans l'esprit des pères fondateurs du sionisme,
00:06:53doit effacer à jamais
00:06:54l'image du juif errant,
00:06:56éternelle victime de l'histoire.
00:07:09Notre rêve,
00:07:11celui d'Itsak,
00:07:13le mien,
00:07:14le rêve de nos parents,
00:07:16c'était de fonder un État juif,
00:07:19socialiste,
00:07:20juste.
00:07:24s'occuper d'agriculture,
00:07:26fonder des implantations,
00:07:28des kibbutz,
00:07:29etc.
00:07:34Les personnalités
00:07:35qui nous ont le plus influencés
00:07:37étaient nos parents.
00:07:39Notre foyer était très militant,
00:07:41tourné vers la chose publique,
00:07:44très politisé.
00:07:45« Sibbutz ve politzid. »
00:07:49Rabi n'est plus que militant,
00:07:51c'est un combattant.
00:07:52Et sa vie est celle
00:07:53de toutes les guerres d'Israël.
00:07:56Adolescent,
00:07:57il s'engage dans la Haganah,
00:07:58l'armée juive clandestine.
00:08:00Au sein d'un commando d'élite,
00:08:02il combat pour l'indépendance,
00:08:04finalement acquise en 1948.
00:08:07La liesse, c'est les vivas,
00:08:10mais dans son berceau,
00:08:11la nation hébreu trouve
00:08:12immédiatement la guerre.
00:08:15Pour le jeune officier Rabin,
00:08:17ne compteront plus que la survie
00:08:18et la sécurité d'Israël.
00:08:21Et son armée.
00:08:27De l'âge de 16 ans
00:08:28jusqu'à ce qu'il quitte l'armée
00:08:29en 1968,
00:08:31toute sa vie a été consacrée
00:08:32à l'armée.
00:08:33D'abord et avant tout,
00:08:34il se considérait comme un soldat,
00:08:37avant tout autre chose.
00:08:39Avant d'être un homme politique,
00:08:40avant d'être un politicien,
00:08:42avant tout autre chose.
00:08:47Un soldat.
00:08:49Et quel soldat ?
00:08:51En 1967,
00:08:53il est le véritable artisan
00:08:54d'un chef-d'œuvre stratégique.
00:08:55Une guerre qu'Israël gagne en six jours
00:08:58contre ses voisins arabes.
00:09:00Vingt ans après sa création,
00:09:03Israël multiplie son territoire par cinq,
00:09:06annexe le plateau syrien du Golan,
00:09:07la Cisjordanie,
00:09:09la péninsule du Sinaï,
00:09:10la bande de Gaza.
00:09:13La déroute des Arabes est totale.
00:09:16Tandis que le chef de Tsaal
00:09:17peut s'enorgueillir
00:09:18de n'avoir perdu que
00:09:19quelques centaines d'hommes.
00:09:21C'est beaucoup,
00:09:22mais peu,
00:09:23au regard des forces engagées.
00:09:26Itzhak Rabin
00:09:28était un leader hésitant.
00:09:30Et moi,
00:09:31en ce qui me concerne,
00:09:32je préfère des leaders
00:09:33qui hésitent
00:09:34avant d'envoyer nos garçons
00:09:36sur les champs de bataille
00:09:37où, accessoirement,
00:09:38l'on peut perdre la vie.
00:09:41La chose la plus importante
00:09:42que j'ai décelée
00:09:43chez Itzhak Rabin
00:09:44de nombreuses années
00:09:45avant que je ne commence
00:09:46à travailler avec lui,
00:09:49c'est ce qu'on appelle
00:09:50la sanctification
00:09:51de la vie humaine.
00:09:52La vie humaine
00:09:53avant tout.
00:09:59Israël a conquis
00:10:00la Judée et la Samarie.
00:10:02Surtout,
00:10:03son drapeau flotte à nouveau
00:10:04sur la vieille ville
00:10:05de Jérusalem
00:10:05et ses lieux saints.
00:10:07Avec le ministre de la Défense,
00:10:09Moshe Dayan,
00:10:11c'est en héros
00:10:11qu'Itzhak Rabin
00:10:12retrouve le mur
00:10:13des lamentations.
00:10:15C'est vraiment
00:10:16la date pivot.
00:10:17C'est l'événement
00:10:19autour duquel
00:10:20tout tourne,
00:10:20pour le meilleur
00:10:21et pour le pire.
00:10:22Pour le pire,
00:10:23parce qu'il y a eu
00:10:23cette espèce
00:10:24d'ivresse
00:10:27de l'Israël biblique
00:10:30retrouvée.
00:10:31Tous ces langues
00:10:32qui chantent la Bible,
00:10:33Hebron,
00:10:35Bethlehem,
00:10:36Silo,
00:10:36l'ancienne ville
00:10:37de Jérusalem.
00:10:38Et s'il y avait
00:10:39des groupes
00:10:40de rêveurs
00:10:41qui rêvaient
00:10:42du grand Israël,
00:10:43c'était théorique.
00:10:43Du coup,
00:10:44ça devient physique.
00:10:45On peut y aller,
00:10:47on les domine,
00:10:48ils sont à nous.
00:10:52Pour certains,
00:10:53la guerre des six jours
00:10:54ouvre la porte
00:10:55d'Eretz Israël,
00:10:56le grand Israël,
00:10:58sans tenir compte
00:10:59des populations arabes
00:11:00qui y vivent.
00:11:01La question des territoires
00:11:02occupés est née.
00:11:07En 1968,
00:11:09Rabin délaisse
00:11:09l'uniforme de Tzahal
00:11:10pour celui d'ambassadeur.
00:11:12Cinq ans à Washington
00:11:13avant d'entrer en politique
00:11:14sous les couleurs
00:11:15travaillistes.
00:11:16Il succède à Goldamer
00:11:18au poste de premier ministre
00:11:19et conforte son image
00:11:20de faux con.
00:11:22Pas question de négociation
00:11:23avec l'ennemi palestinien
00:11:25incarné par l'OLP
00:11:26de Yasser Arafat.
00:11:33Prise d'otages,
00:11:35avions détournés,
00:11:36attentats,
00:11:38première intifada
00:11:39en 1987.
00:11:41Rabin,
00:11:42premier ministre
00:11:42ou ministre de la Défense
00:11:44dans les années 80,
00:11:44ne cèdent jamais.
00:11:53Nous allons le faire clair
00:11:55par tous les moyens
00:11:57que ce soit dans notre possession
00:11:59dans les limites
00:12:02de nos leçons
00:12:03pour assurer
00:12:06que la population
00:12:08dans les territoires,
00:12:10dans la région Gaza,
00:12:19qui s'est rendu célèbre
00:12:24en disant
00:12:25qu'il faut casser
00:12:26les eaux des Palestiniens.
00:12:27Peu importe
00:12:28si c'est exact
00:12:29ou inexact,
00:12:30ce qu'il a dit
00:12:30c'est ce qui s'est passé.
00:12:31On a cassé
00:12:32les eaux des Palestiniens
00:12:33lors de la première intifada.
00:12:34dans l'intifada.
00:12:36de la première intifada.
00:12:44Avec vous,
00:12:46nous sommes en confrontation.
00:12:48Nous allons faire
00:12:49la confrontation
00:12:50pour la négociation.
00:12:53Nous allons le résoudre
00:12:54pas en utilisant
00:12:56des stones,
00:12:57des bottes de pétrole,
00:12:58la nuit,
00:13:00mais autour
00:13:01de la table de négociation.
00:13:06En 1992,
00:13:07c'est son image
00:13:08de faucon impitoyable
00:13:09que Rabin casse.
00:13:11Il redevient
00:13:12premier ministre
00:13:12à 70 ans
00:13:14avec une promesse électorale
00:13:16sortir le processus
00:13:17de paix de l'ornière.
00:13:20Il s'est mis
00:13:22naturellement
00:13:22à la tête
00:13:23du camp
00:13:24de la paix.
00:13:25C'est-à-dire
00:13:25que ça veut dire
00:13:26le camp de la paix.
00:13:27Ça ne veut pas dire
00:13:28le camp de ceux
00:13:28qui veulent la paix.
00:13:29En principe,
00:13:29tout le monde la veut.
00:13:30Mais ça veut dire
00:13:31du camp de ceux
00:13:31qui sont prêts
00:13:32à payer le prix
00:13:32de la paix.
00:13:33C'est-à-dire
00:13:33lâcher le territoire,
00:13:35démenter les colonies,
00:13:37accepter,
00:13:37voire favoriser
00:13:38la création
00:13:38de l'État palestinien.
00:13:4113 septembre 1993.
00:13:44Voilà donc pourquoi,
00:13:45pour de nombreux Juifs,
00:13:47ce geste
00:13:48n'est que trahison.
00:13:4926 ans après avoir
00:13:50conquis
00:13:51les terres sacrées
00:13:51du judaïsme,
00:13:53Rabin s'apprête
00:13:54à les restituer
00:13:54aux Palestiniens.
00:13:56Le vieux soldat de Tsa
00:13:57a le transformé
00:13:58en soldat de la paix.
00:13:59Un soldat
00:14:00qui n'a plus que
00:14:00deux ans à vivre.
00:14:04Un mécanisme infernal
00:14:06est déclenché
00:14:06par de nouveaux ennemis,
00:14:08gavés de haine,
00:14:09les milieux
00:14:09juifs extrémistes.
00:14:11Pour eux,
00:14:12Rabin n'est plus
00:14:12un des pères fondateurs
00:14:13d'Israël,
00:14:14mais un homme
00:14:14à abattre,
00:14:15dans un premier temps
00:14:16par le biais
00:14:17de manifestations.
00:14:19En 1994,
00:14:21mois après mois,
00:14:22les manifestations
00:14:23se durcissent,
00:14:24notamment celles
00:14:25organisées par
00:14:25l'extrême droite
00:14:26religieuse
00:14:27et les habitants
00:14:28des colonies juives.
00:14:29Rabin est intransigeant
00:14:31autour de ceux
00:14:32qui s'opposent
00:14:33par la violence
00:14:34au processus
00:14:35de paix
00:14:35de se faire
00:14:36casser les os.
00:14:41Il a toujours eu
00:14:42des rapports
00:14:43extrêmement difficiles
00:14:44avec le mouvement
00:14:45nationaliste religieux,
00:14:47avec le mouvement
00:14:48des implantations.
00:14:51Il nous disait
00:14:52que l'un de nos problèmes
00:14:53les plus compliqués,
00:14:54c'était les fondamentalistes.
00:14:56Des deux côtés,
00:14:57chez les Palestiniens
00:14:58et chez les Juifs.
00:15:00On les trouve
00:15:01dans les mêmes endroits.
00:15:03À Hébron,
00:15:05à Naplouse,
00:15:06dans ces endroits-là.
00:15:10Et il y a entre eux
00:15:12une confrontation
00:15:12très forte.
00:15:14Et cela l'effrayait
00:15:15car les fondamentalistes
00:15:16de chez nous
00:15:17ne sont pas meilleurs
00:15:18que les fondamentalistes
00:15:19de chez eux.
00:15:28D'autant plus
00:15:29que l'effroi
00:15:29survient une première fois,
00:15:31le 25 février 1994,
00:15:34quelques jours
00:15:34avant que Rabin
00:15:35fête ses 72 ans.
00:15:37À Hébron,
00:15:38au caveau des patriarches,
00:15:39lieu de prière commun
00:15:40aux Juifs
00:15:41et aux musulmans.
00:15:43À l'aube,
00:15:44un colon juif,
00:15:45Baruch Goldstein,
00:15:47armé d'un pistolet mitrailleur,
00:15:49vide,
00:15:50chargeur sur chargeur
00:15:51sur les fidèles musulmans
00:15:52en prière,
00:15:53avant d'être lynché
00:15:54par ceux
00:15:55qu'il n'a pas réussi
00:15:55à abattre.
00:15:5729 morts,
00:15:58115 blessés.
00:16:00Rabin
00:16:00et toute une partie
00:16:01du pays
00:16:01sont sous le choc.
00:16:02Il ne faut plus parler
00:16:04uniquement
00:16:04de fanatisme juif,
00:16:06mais sortir d'un bain
00:16:07de sang
00:16:07les mots qui font mal.
00:16:09Judaïsme
00:16:09peut parfois
00:16:10rimer
00:16:11avec terrorisme.
00:16:14C'est un jour
00:16:17pour tous
00:16:19ceux
00:16:19et les
00:16:20Arribes
00:16:20qui cherchent
00:16:22la paix.
00:16:23Parfait,
00:16:25cette action
00:16:26déranger
00:16:28des
00:16:29l'unitique
00:16:30individuelle
00:16:31ne va pas
00:16:33prévenir
00:16:34la réconciliation
00:16:36entre
00:16:37les citoyens
00:16:38du pays
00:16:39d'Israël
00:16:40et les
00:16:41palestinien.
00:16:43Le tueur
00:16:45Baruch Goldstein
00:16:45est un disciple
00:16:46du Kach,
00:16:48le mouvement
00:16:48du rabbin
00:16:49Meir Khan,
00:16:50qui,
00:16:51des années 70
00:16:52jusqu'à sa mort
00:16:53en 1990,
00:16:55incarne le fondamentalisme
00:16:56et le racisme juif.
00:16:59Une organisation
00:17:00qui n'a jamais réuni
00:17:01plus d'une centaine
00:17:01de membres,
00:17:02mais dont le pouvoir
00:17:03de nuisance
00:17:04a été sous-estimé.
00:17:08Le mouvement
00:17:09khaniste
00:17:10a été dissous,
00:17:11mais il a toujours
00:17:12ses fidèles
00:17:12dans les colonies
00:17:13juives de Cisjordanie.
00:17:15A Kiryat Arba,
00:17:16par exemple,
00:17:17une implantation
00:17:18de juifs orthodoxes
00:17:19près d'Ebron.
00:17:27L'idéologie
00:17:28du rabbin
00:17:28Kana,
00:17:29c'est qu'un
00:17:29état juif
00:17:30authentique
00:17:30doit être fondé
00:17:31dans le grand Israël.
00:17:32Vous devez comprendre
00:17:33que mes voisins arabes
00:17:34ici,
00:17:34qui habitent à Ebron,
00:17:35sont éduqués
00:17:36avec l'idée
00:17:36qu'il faut nous exterminer,
00:17:38nous tuer
00:17:38et ne pas laisser de nous
00:17:40le moindre souvenir
00:17:40parce que nous sommes juifs.
00:17:42On nous est
00:17:43parce que nous sommes juifs,
00:17:44c'est une situation folle.
00:17:45Et le rabbin
00:17:46Kana pensait
00:17:47qu'il fallait s'occuper
00:17:48de cette situation.
00:17:49Pour ça,
00:17:49il faut un retrait,
00:17:50une séparation,
00:17:51envoyer les arabes
00:17:52là où ils doivent être
00:17:53et fonder ici.
00:17:54C'est un vrai état juif.
00:17:58Ce discours extrémiste
00:17:59séduit un jeune étudiant
00:18:00en informatique et en droit
00:18:02inscrit dans une université religieuse.
00:18:04Son nom,
00:18:06Yigal Amir.
00:18:08Né en 1970
00:18:09à Tel Aviv,
00:18:10il fait partie de cette génération
00:18:12qui sait tout ce qu'Israël
00:18:13doit à son premier ministre.
00:18:14Le cerveau de la guerre des six jours,
00:18:17l'initiateur du mythique raid
00:18:18sur Antebé en 1976.
00:18:21Celui qui rend coup pour coup
00:18:22aux arabes.
00:18:24Mais en 1994,
00:18:26Amir a une nouvelle idole.
00:18:28Et en bonne idolâtre,
00:18:29il est de ceux
00:18:30qui honorent la tombe d'un homme,
00:18:31un docteur,
00:18:32devenu un véritable martyr
00:18:33pour les fanatiques juifs.
00:18:36Baruch Goldstein,
00:18:37le boucher des broncs.
00:18:40Et à l'instar
00:18:41de milliers d'autres extrémistes,
00:18:42il n'a plus que de la haine
00:18:44pour cet homme
00:18:44qui reçoit en décembre 1994
00:18:47avec Shimon Peres
00:18:48et Yasser Arafat,
00:18:50le prix Nobel de la paix.
00:18:54Amir n'a plus qu'une obsession,
00:18:56faire dérailler
00:18:56le train des accords de paix.
00:19:02Un traître,
00:19:03c'est celui qui aide
00:19:04et collabore avec l'ennemi.
00:19:05Je pense aussi
00:19:06que celui qui met une arme
00:19:07dans les mains
00:19:07d'un policier palestinien
00:19:08est un traître,
00:19:09il n'y a pas d'autre mot.
00:19:12Nous sommes en 1995
00:19:14et l'engrenage
00:19:15de la violence s'emballe.
00:19:17Rabin est assis
00:19:18sur une bombe
00:19:19à retardement.
00:19:21Les Palestiniens
00:19:22du Hamas
00:19:22multiplient les actes terroristes
00:19:25et Israël
00:19:26commence à libérer
00:19:27des territoires.
00:19:29Après 27 ans d'exil,
00:19:30Arafat peut embrasser
00:19:31la terre de Gaza.
00:19:32Après la poignée de main
00:19:33de 1993,
00:19:35maintenant le baiser
00:19:36est prodigué
00:19:36à leur terre sainte.
00:19:38La droite parlementaire
00:19:39emboîte le pas
00:19:40des extrémistes juifs
00:19:41et harcèle
00:19:42Isaac Rabin
00:19:42à la Knesset.
00:19:44Les manifestations
00:19:45hostiles au gouvernement
00:19:46se multiplient
00:19:47jusque devant le domicile
00:19:48du premier ministre.
00:19:50On y entend des slogans
00:19:51vengeurs et même meurtriers.
00:19:53Amor Rabin,
00:19:54mort aux traîtres.
00:20:00Le sentiment le plus fort
00:20:01était la peur.
00:20:03J'avais très peur
00:20:04qu'il se passe
00:20:05quelque chose
00:20:05de terrible.
00:20:09Car je voyais les gens,
00:20:10je voyais la haine.
00:20:15Une fois,
00:20:16j'ai dit à mon mari,
00:20:17nous étions dans
00:20:17une manifestation quelconque,
00:20:20je voyais les gens
00:20:21qui criaient,
00:20:21lancer des pierres
00:20:22et je lui ai dit
00:20:23c'est comme
00:20:24le Ku Klux Klan.
00:20:29Voir ces manifestations
00:20:31violentes
00:20:31et toutes ces centaines
00:20:32de gens
00:20:33avec la haine
00:20:34dans les yeux
00:20:34et le voir désigner
00:20:36comme la cible privilégiée
00:20:37de cette haine
00:20:38fut extrêmement éprouvant.
00:20:44Au bureau, par exemple,
00:20:46on recevait des centaines
00:20:47de lettres,
00:20:48des lettres de haine
00:20:50avec des symboles nazis.
00:20:53On recevait des cadavres
00:20:54de chats,
00:20:56des chats morts
00:20:57dans des boîtes.
00:21:00On recevait des coups
00:21:02de téléphone
00:21:02très violents.
00:21:07Rabin ne flanche pas.
00:21:10Le 28 septembre 1995,
00:21:12quelques semaines
00:21:13avant sa mort,
00:21:15il est de nouveau
00:21:15à Washington
00:21:15pour signer
00:21:16la deuxième étape
00:21:17des accords de paix.
00:21:19Le président égyptien
00:21:20Hosni Moubarak
00:21:21et le roi Hussein
00:21:22de Jordanie
00:21:22sont également là.
00:21:24Et il y a
00:21:25une nouvelle poignée
00:21:26de main
00:21:26avec Arafat.
00:21:31Rabin
00:21:32savait parler
00:21:33à Arafat.
00:21:34parce qu'Arafat
00:21:35mentait
00:21:36ou
00:21:38n'appliquait pas
00:21:39un accord signé,
00:21:41c'était un coup de fil.
00:21:42Arafat
00:21:43rentrait dans le roi.
00:21:44Il y avait
00:21:45une espèce de respect
00:21:46d'Arafat
00:21:48envers Rabin
00:21:49qui était
00:21:50un des éléments
00:21:51essentiels
00:21:52du processus
00:21:53à l'époque.
00:21:55Rabin
00:21:56Arafat,
00:21:56le mariage
00:21:57de deux destins,
00:21:58mais un couple maudit.
00:22:00A l'automne 95,
00:22:01la situation
00:22:02est explosive
00:22:02en Israël.
00:22:03Des manifestations,
00:22:05toujours des manifestations,
00:22:06jusqu'aux appels
00:22:07au meurtre.
00:22:11Lorsque j'ai appris
00:22:11qu'il allait y avoir
00:22:12une prière cabalistique
00:22:13pour la mort
00:22:14du premier ministre,
00:22:15il est évident
00:22:15qu'on est allé voir,
00:22:16qu'on est allé filmer.
00:22:18Et je suis tout seul.
00:22:21La presse israélienne
00:22:23n'a pas compris
00:22:24ce qui se passait
00:22:25sur le terrain.
00:22:27Le 2 octobre,
00:22:28devant la résidence
00:22:28de Rabin,
00:22:29une poignée d'hommes
00:22:30psalmodit
00:22:31une ancestrale prière
00:22:32de malédiction mortelle,
00:22:33la poulsa des Noura.
00:22:35Pour tous les illuminés
00:22:36du judaïsme,
00:22:37un juif
00:22:38qui fait du mal
00:22:39aux juifs
00:22:39peut être tué.
00:22:45Pour que l'atmosphère
00:22:46de haine
00:22:47et d'opposition
00:22:48féroce
00:22:48se transforme
00:22:49en sassionat politique,
00:22:51il faut qu'il y ait
00:22:51un justificatif,
00:22:53un justificatif
00:22:54idéologique très fort,
00:22:55si possible religieux.
00:22:57Et ça,
00:22:57ce sont des rabbins
00:22:58extrémistes
00:22:58qui l'ont porté.
00:22:59Est-ce que vous ne comprenez pas
00:23:00que les gens sont prêts
00:23:01à donner leur âme
00:23:02pour ce pays ?
00:23:03C'est le seul pays
00:23:04qui appartient aux juifs,
00:23:05aux peuples juifs.
00:23:06Et de même d'ici,
00:23:07nous voulons,
00:23:07vous voulez nous faire sortir ?
00:23:08Il y a eu hausse vite,
00:23:09il n'y aura pas
00:23:10un deuxième hausse vite.
00:23:13Début octobre,
00:23:14une manifestation,
00:23:15une de plus
00:23:16dans une colonie juive.
00:23:18Plusieurs personnes
00:23:19sont interpellées.
00:23:21Parmi elles,
00:23:22un certain Yigal Amir,
00:23:24désormais enrôlé
00:23:25dans le mouvement
00:23:25Eyal,
00:23:26un groupuscule
00:23:27de l'extrême droite religieuse.
00:23:29Des activistes
00:23:30qui s'étaient donnés
00:23:31en spectacle
00:23:32à la télévision
00:23:33durant l'été 95.
00:23:34Le Grand Cirque,
00:23:36Cagoule,
00:23:37Armes à feu
00:23:38et un serment.
00:23:40Prêtés devant la tonde
00:23:41d'un des fondateurs
00:23:42du groupe Stern,
00:23:44une des plus importantes
00:23:45organisations terroristes
00:23:46juives en Palestine
00:23:47avant la création
00:23:48d'Israël.
00:23:50Que se promettent-ils
00:23:51cette nuit-là ?
00:23:52Tuer les juifs
00:23:53considérés comme traîtres
00:23:54à leur patrie.
00:23:55Dans leur viseur,
00:23:57Yitzhak Rabin.
00:24:02Je ne l'ai jamais vu,
00:24:03pas même une seule fois,
00:24:05trembler ou avoir peur
00:24:06ou quelque chose comme ça.
00:24:08Et il est possible
00:24:09qu'à la fin,
00:24:10cela ait rapproché sa mort.
00:24:13Il méprisait les manifestants,
00:24:14il les moquait
00:24:15et tout simplement,
00:24:17il n'avait aucune considération
00:24:18pour eux.
00:24:21Je pense que
00:24:22s'il s'était comporté
00:24:23un peu autrement,
00:24:24il n'aurait pas porté
00:24:25la haine contre lui
00:24:26à des niveaux
00:24:27jamais atteints,
00:24:28jamais atteints
00:24:29dans l'histoire
00:24:29de l'État d'Israël.
00:24:31Il n'aurait pas
00:24:32dans l'État d'Israël.
00:24:33«Busha et klima,
00:24:36j'adot ve-giza-nu,
00:24:39eïnam,
00:24:40orim,
00:24:41ne yam,
00:24:42j'adot,
00:24:45anglo-saxi,
00:24:47j'adot,
00:24:48le tapea,
00:24:50j'adot,
00:24:51sovrani,
00:24:52j'adot,
00:24:53sijoni,
00:24:55la j'adot,
00:24:56giza-nu.»
00:24:57«Ça, ça fait...
00:24:58Maze!
00:25:04Il y avait peut-être un peu de fatalisme dans cette attitude, mais Rabin se fichait effectivement de sa propre
00:25:13sécurité.
00:25:14Et Rabin lui-même refusait de croire, il refusait de protéger les barbares, il disait moi je ne protégerai pas
00:25:21parmi mon peuple.
00:25:23C'était ça la conception si vous voulez.
00:25:29Le 6 octobre, un meeting politique place de Sion à Jérusalem tourne à l'émeute.
00:25:34L'atmosphère est au lynchage et tous les dirigeants de la droite sont là.
00:25:39Dariel Sharon au chef ludicoude, Benyamin Netanyahou.
00:25:44Ce n'était pas des groupuscules qui manifestaient, les groupuscules étaient là, mais il y avait la droite, la droite
00:25:50classique, la droite nationaliste.
00:25:51Ce n'est pas le M. Rabin ou le Général Rabin que nous savions dans le passé.
00:25:57Il y avait des hommes différents différents, un homme faible, un homme qui a perdu.
00:26:03Les gens d'Israël veulent une réelle paix.
00:26:06La paix de la paix de la paix de la paix de la paix de la paix de la paix
00:26:08de la paix de la paix de la paix de la paix de la paix.
00:26:21C'est aussi simple que ça.
00:26:23C'est-à-dire, là, ça c'est l'expression populaire, donc de la volonté populaire, et grâce à cette
00:26:29expression populaire, nous allons renverser, nous allons arrêter le processus d'Oslo.
00:26:33C'était aussi politicien et misérable que cela.
00:26:36Il n'y en a pas eu un qui a eu le courage de dire, nous ne mangeons pas de
00:26:40cette paix-là.
00:26:40Ce soir-là, une image marque les esprits.
00:26:45Des manifestants brandissent un photomontage dits à Rabin revêtu d'un uniforme SS.
00:26:56Cette fois-ci, c'est un coup bas de trop pour un partisan de la paix.
00:26:59Un homme qui a survécu à la déportation.
00:27:01L'homme d'affaires franco-israélien, Jean Friedman.
00:27:10Moi, je savais ce que ça voulait dire.
00:27:12C'était dire, il faut le tuer.
00:27:15Un SS, c'est le symbole du meurtre des gens qu'il faut faire disparaître.
00:27:25Friedman décide de réagir.
00:27:27Plus question de laisser la rue aux opposants et aux fanatiques.
00:27:33J'ai l'idée de faire un grand rassemblement, beaucoup plus important que les rassemblements qui ont eu lieu contre
00:27:41Rabin, etc.
00:27:43Je m'en ouvre d'abord à Pérez.
00:27:45Et Pérez dit, oui, tu as raison.
00:27:48Il faut faire ça, mais il faut parler à Rabin.
00:27:54A propos de cette manifestation, il était sceptique.
00:27:57Non par peur de quelque chose qui pourrait lui arriver,
00:28:00mais par peur que la mobilisation pour cette manifestation de paix ne soit pas suffisante.
00:28:04Et que le résultat en soit, que le processus de paix ne soit pas assez soutenu par la société israélienne.
00:28:13Il dit, qu'est-ce qui prouve que ça va marcher ?
00:28:18Et si ça ne marche pas, c'est la fin du gouvernement, et c'est la fin du processus de
00:28:22paix.
00:28:23Et là, je me mets en colère devant cette réaction.
00:28:29Et je lui dis, écoute, tu as été élu pour faire la paix.
00:28:35Oui, mais si les gens ne viennent pas, si le peuple israélien ne te soutient pas pour la paix, démissionne.
00:28:47À contre-coeur, Rabin accepte le principe de ce rallye pour la paix.
00:28:52Reste à trouver une date.
00:28:54Je lui dis, écoute, le seul jour possible, c'est le 4 novembre.
00:28:59Il faut que ce soit un samedi.
00:29:01Il faut que ce soit avant la saison des pluies, c'est-à-dire avant le 15 novembre.
00:29:06Il faut que Pérez et toi, vous soyez là, dans le pays.
00:29:09Le seul samedi, avant le 15 novembre, où vous êtes là tous les deux, c'est le 4 novembre.
00:29:16Et il prend le carnet qui est devant lui.
00:29:20Un peu rageusement, il barre et il marque rallye.
00:29:25Et quand le drame s'est produit, je me suis dit, ciel, je lui donnais le jour, l'heure et
00:29:33le lieu de sa mort.
00:29:49Samedi 4 novembre 1995.
00:29:51En ce jour de Shabbat, le calme règne sur la place des rois d'Israël, à Tel Aviv,
00:29:56avant d'accueillir dans la soirée le grand show de Jean Friedman.
00:30:00Vers 18h, Rabin a un dernier rendez-vous avec un jeune et populaire responsable syndical, Rahim Ramon.
00:30:11Il était très calme et c'était une réunion très agréable.
00:30:18On a parlé de tout et de rien, comment ça allait, les derniers potins, les potins politiques et personnels.
00:30:25Et puis on a aussi discuté de la manifestation pour la paix.
00:30:29Comme toujours, il était très pessimiste.
00:30:31Combien de personnes vont venir, ils ne savent pas comment organiser ça, etc.
00:30:36Et je lui ai répondu,
00:30:39Itzhak, ne t'inquiète pas, cette fois ça va être quelque chose de grand.
00:30:42Mais tu vas voir, tu vas être surpris.
00:30:44Alors il a fait un geste typique avec sa main, on verra, on verra.
00:30:50Et c'est la dernière fois que je l'ai vu vivant.
00:30:58La journée s'achève à Tel Aviv.
00:31:02Vers 19h, un jeune homme quitte la résidence familiale et monte dans le bus 247.
00:31:08Direction la place des rois d'Israël.
00:31:10Il va assister à la grande manifestation de soutien à Rabin.
00:31:14Dans sa poche, Yigal Amir a un pistolet Beretta, un 9mm.
00:31:19Une boule en acier a été rajoutée aux trois premières balles du chargeur,
00:31:23leur donnant ainsi un pouvoir de destruction maximum.
00:31:28Qui a trafiqué ces balles ?
00:31:29Le propre frère d'Amir, Agaï, un spécialiste en armes et munitions.
00:31:35La seule personne qui l'aurait mise dans le secret.
00:31:39Arrivé sur place, Amir prend soin d'enlever sa kippa pour ne pas se faire remarquer.
00:31:52Il est 19h45 quand Yitzhak Rabin convoque son chauffeur
00:31:56pour qu'il le conduise, sa femme et lui, à la manifestation.
00:31:59Mais Nahem Damti vient les chercher à bord de la Kadiak blindée
00:32:03imposée à Rabin par les services de sécurité intérieure, le Shinbeth.
00:32:13C'est en tremblant que je retrouve ce véhicule.
00:32:17Je suis traversé de frissons, car cela me rappelle toutes les journées
00:32:21et tous les instants si difficiles que j'ai connus dans ce véhicule.
00:32:27Cette voiture, justement, je me souviens que Rabin ne voulait absolument pas voyager avec.
00:32:32Il ne voulait pas entendre parler de monter dans cette voiture.
00:32:36Et puis j'ai cru comprendre qu'on l'a persuadé,
00:32:39pour des raisons de sécurité, d'accepter ce véhicule.
00:32:43Il n'était toujours pas d'accord.
00:32:45Il disait, comment ?
00:32:46Les gens voyagent dans les autobus sans protection ?
00:32:48Et moi, je voyagerais dans un véhicule protégé ?
00:32:51Non, je refuse.
00:32:53Bon, et puis, vous savez, après quelques insistances et quelques pressions,
00:32:57il a enfin accepté.
00:33:06Avant d'arriver à la cérémonie, il s'est demandé, inquiet, s'il y aurait du monde.
00:33:11Et on l'a informé qu'il y avait en effet beaucoup de gens, vraiment en grande quantité.
00:33:17Alors il était heureux, vraiment de très bonne humeur, quand il est arrivé à la cérémonie.
00:33:24Vers 6 heures, on voit qu'il y a déjà beaucoup de monde,
00:33:28et ça continue, le fleuve humain commence à se manifester d'une façon très impressionnante.
00:33:38Il y avait trois hélicoptères, il y avait 200 tireurs d'élite sur les toits,
00:33:43il y avait quelques centaines de soldats d'élite.
00:33:48Bon, problème de sécurité, il ne se pose pas.
00:33:55Il est presque 20 heures quand Yitzhak et Léa Rabin arrivent sur la place des rois d'Israël,
00:34:00prises d'assaut par une foule en liesse.
00:34:02Deux à 300 000 personnes sont venues soutenir leur premier ministre.
00:34:08C'est moi qui l'accueille.
00:34:11On est sur un podium qui domine la place devant la mairie,
00:34:17et il fait...
00:34:21Et ce soulagement, ce soupir était formidablement révélateur de la tension et de la surprise qu'il y avait.
00:34:35Un soulagement et un choc pour Rabin, si violemment attaqué et haï depuis deux années.
00:34:40Une révélation aussi pour cet homme à la timidité proverbiale.
00:34:46À partir de ce moment-là, il y a un autre Rabin qui est né.
00:34:53Il voit les jeunes qui se jettent dans l'eau et qui crient Rabin, Rabin.
00:35:00Lui qui est le contraire d'un leader populaire, d'un tribun,
00:35:06il est brusquement transporté.
00:35:08Et il se rend compte qu'il a été très soutenu par le peuple pendant cette période.
00:35:13Et que c'est pas les autres qui avaient raison, c'est lui et le peuple le soutient.
00:35:19Et le peuple l'aime.
00:35:22Sauf ce soir-là, une personne.
00:35:24Un homme déterminé à tuer.
00:35:27Amir se tient à l'écart de cette foule,
00:35:29qu'il doit tout autant haïr que l'homme qu'il est venu assassiner.
00:35:32Il attend son heure, tapis derrière la tribune.
00:35:35Là où doivent partir à la fin du meeting, les héros de la soirée.
00:35:39Rabin, bien sûr, mais aussi Shimon Peres, le ministre des Affaires étrangères.
00:35:44L'homme qui a convaincu Rabin de négocier avec les Palestiniens.
00:35:48Peres, son rival de toujours pour la domination du parti travailliste,
00:35:52et désormais son compagnon pour l'histoire.
00:35:56En fait, ils s'étaient testés.
00:35:58Il faut dire les choses comme elles sont.
00:36:00C'étaient des adversaires vraiment profonds,
00:36:06avec une espèce d'incompatibilité d'humeur, d'inimitié profonde.
00:36:12C'est un fait.
00:36:13Ils étaient compagnons parce qu'ils ne pouvaient pas faire autrement.
00:36:17Et je dirais, enfin, c'est l'une des dimensions de la tragédie du 4 novembre.
00:36:22Peut-être la première fois, peut-être, où il y a eu une véritable complicité amicale.
00:36:31Et il y a eu dans le geste de l'appochement, dans la manière de se serrer les épaules,
00:36:36quelque chose de vrai, d'authentique, c'était la nuit du 4.
00:36:50J'ai été une femme de l'avion de 27 ans.
00:36:54J'ai eu l'enquivé.
00:36:56J'ai eu l'enquivé.
00:37:15Donc, il fait son discours, il est tout heureux.
00:37:18Il a l'impression d'en avoir terminé, puis il descend.
00:37:21Il me dit, alors, j'ai fait mon boulot.
00:37:24Et je dis, non, il reste quelque chose à faire.
00:37:27Tout le monde va chanter une chanson.
00:37:31Il me regarde du coin de l'œil.
00:37:34Et j'ai dit, qu'est-ce que c'est, cette chanson ?
00:37:36J'ai dit, c'est une chanson pour la paix.
00:37:38Je ne peux pas te dire les paroles exactement, mais enfin, c'est...
00:37:51C'était un véritable retournement de la part de cet homme.
00:37:56Rabin, en train de chanter la chanson de la paix qu'il avait interdite à l'époque où
00:38:00il était chef d'état-major, parce qu'on trouvait que c'était un peu trop gauchiste.
00:38:05Maintenant, lui, il a chanté sur l'estrade.
00:38:08On a eu le sentiment d'un apaisement.
00:38:10Et on a senti que Yitzhak Rabin était un homme heureux ce soir-là.
00:38:14Il chante le chant de la paix.
00:38:16On voit qu'il sourit, qu'il est épanoui.
00:38:19Car c'était vraiment un signe de soutien au processus, ce qu'il n'avait jusque-là encore jamais vu.
00:38:39Il est 21h42.
00:38:41Shimon Peres vient de quitter les lieux.
00:38:44Yitzhak Rabin et sa femme partent dîner chez les amis.
00:38:46Mais avant de quitter la cérémonie, il veut poser une dernière fois pour la postérité
00:38:51avec les organisateurs de la manifestation.
00:39:02Je descends avec Rabin, il marche, et je lui dis un peu, cherchant le compliment,
00:39:11j'ai dit alors t'es content ?
00:39:13Il me dit que ça veut dire content, je te dois les deux meilleures heures de ma vie.
00:39:31Je vois le premier ministre qui descend.
00:39:35Il arrive dans ma direction, regarde à gauche, à droite.
00:39:40Il y a un homme de la sécurité.
00:39:43Il devait arriver du côté droit, mais en fait, il arrive de mon côté.
00:39:49Il sert des mains, il regarde de tous les côtés.
00:39:51Et finalement, il arrive à une autre porte, celle de derrière.
00:39:56Et soudain, surgit ce meurtrier maudit, qui commence à tirer.
00:40:01Et il tire, et il tire.
00:40:03Et moi, je crie.
00:40:04Qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:40:07Il est 21h47.
00:40:10Yigalamir déjoue la surveillance des cinq gardes du corps de Rabin.
00:40:13S'approche dans le dos du premier ministre, et là-bas, à bout portant.
00:40:17Trois coups de feu retentissent.
00:40:22Rabin s'écroule, touché à l'abdomen et à la colonne vertébrale.
00:40:26La troisième balle blesse un de ses gardes du corps,
00:40:28qui arrive malgré tout à pousser Rabin dans sa voiture.
00:40:34J'ai mis la première et j'ai démarré en trombe.
00:40:38J'ai mis la sirène à fond.
00:40:41Dans les premiers regards, je vois qu'il ne réagit pas.
00:40:44Il fait « Ah ! »
00:40:45Vous savez, il bégaye comme ça à quelques mots, incompréhensible.
00:40:51Alors le garde du corps me dit « Fonce à l'hôpital ! »
00:40:58La cadillac blindée arrive à l'hôpital le plus proche,
00:41:01quelques minutes après l'attentat.
00:41:03Le garde du corps est blessé à l'épaule.
00:41:05Yitzha Rabin est inconscient et dans un état critique.
00:41:10Sur les lieux de l'attentat, la foule, prise de panique, se disperse dans tous les sens.
00:41:14Garde du corps et policiers ont immédiatement maîtrisé Yigalamir
00:41:18et le plaquent maintenant contre un mur.
00:41:21Je rejoins mon caméramen
00:41:24et puis on voit effectivement un type qui est collé contre le mur.
00:41:28Et je lui demande « T'as filmé ? »
00:41:30Il me dit « Oui, j'ai filmé. »
00:41:33Et c'est qui ?
00:41:34C'est un type là-bas.
00:41:35Il est palestinien, juif, je crois que c'est un juif.
00:41:40Impression confirmée par les papiers de l'assassin
00:41:42qui s'exclame « Je ne suis pas un arabe,
00:41:45je suis un étudiant juif. »
00:41:48Yigalamir est transporté au quartier général de la police
00:41:50puis transféré au centre d'interrogatoire du Shinbeth.
00:41:56Des informations contradictoires circulent sur l'état de santé du Premier ministre.
00:42:00Léa Rabin arrive à l'hôpital
00:42:01tandis que la population de Tel Aviv commence à affluer
00:42:04sans savoir que le cœur d'Itsak Rabin
00:42:07a cessé de battre à 22h30.
00:42:09Les dernières tentatives des médecins pour le réanimer restent vaines.
00:42:38Ce que j'ai ressenti, il est inutile de le décrire.
00:42:42Le traumatisme a été terrible, un cauchemar imprévisible.
00:42:46Ce soir-là, ça nous est tombé dessus comme une profonde catastrophe.
00:42:52Je ne pense pas qu'il soit besoin de préciser davantage.
00:42:55C'est suffisamment clair la puissance de cette catastrophe pour notre famille.
00:43:16C'est très difficile.
00:43:19Très difficile pour moi.
00:43:21Pendant trois jours, je ne m'en suis pas remis.
00:43:23Très difficile.
00:43:25Un homme avec lequel vous travaillez toute votre vie, comme un père pour moi.
00:43:28Il s'inquiète des enfants, tout ça, tous les matins.
00:43:31Comment allez-vous ? Comment va la famille ?
00:43:33J'ai perdu un père, sans exagérer.
00:43:35Je me suis senti très mal, vraiment très mal.
00:43:44Les banderoles de la fête sont déjà en Berne
00:43:46quand le président des Etats-Unis livre son chagrin au monde.
00:43:52J'ai admiré.
00:43:54Et j'ai très aimé le faire.
00:43:58Parce que les mots ne peuvent pas exprimer mes vraies sentiments.
00:44:02Je vais juste dire
00:44:06Shalom, Javier.
00:44:08Au revoir, ami.
00:44:09Puis, c'est au tour de Yasser Arafat, en état de choc.
00:44:14Je suis très sad et très choc
00:44:19pour ce horrible et terrible crime.
00:44:3348 heures après l'attentat,
00:44:35Yitzhak Rabin est inhumé sur le mont Herzl à Jérusalem,
00:44:39aux côtés des pères fondateurs du sionisme et d'Israël.
00:44:44Pour des raisons de sécurité,
00:44:47Yasser Arafat est resté chez lui.
00:44:49C'est à la télévision que le chef de l'OLP assiste aux funérailles.
00:44:53Une cérémonie où se sont donnés rendez-vous 87 chefs d'État.
00:45:00Les horizons funèbres se succèdent.
00:45:02Bill Clinton, Shimon Peres,
00:45:04mais aussi des proches comme Eitan Haber
00:45:07qui brandit le texte de la chanson de la paix
00:45:10retrouvée gorgée de sang dans la poche du costume de son patron et ami.
00:45:15Et puis surtout, il y a Noah,
00:45:17la petite fille du défunt
00:45:18dont les mots et les pleurs bouleversent le monde.
00:45:23Vous m'étonnez que je ne veux pas parler de la chanson,
00:45:25je veux parler de mon père.
00:45:33Je ne veux pas parler de mon père,
00:45:38je ne veux pas parler de mon père,
00:45:45ce ne veux pas parler de mon père,
00:45:47ce que tu es m'étonnant,
00:45:49ce que tu as-tu aéron de ton père.
00:45:51Je veux poser ton père,
00:45:53je veux poser ton père.
00:46:01là il y a eu un problème en fait journalistique on a on a tous parlé de la petite fille
00:46:08le discours
00:46:08émouvant alors qu'à ces funérailles s'est déroulé un événement incroyable impossible à imaginer
00:46:18quelques semaines plus tôt on avait le tiers de la ligue arabe qui était sur le mont hertzel à 50
00:46:24mètres de
00:46:25la tombe du fondateur du sionisme imaginez rosny moubarak le roi de jordanie le roi de jordanie
00:46:35à qui rabine chef d'état-major de la guerre de six jours a pris jérusalem est a pris les
00:46:41saintes
00:46:41mosquées et le roi de jordanie est là à d'abord
00:46:48pour peut-être moment tout comme
00:46:53on a eu de griffes de l'os
00:46:59d'un frère
00:47:03un collègue et un ami
00:47:06il avait une vision
00:47:09et il avait un commitment à la paix
00:47:12Rabine a été le premier mort
00:47:15qu'on pleurait les deux communautés
00:47:19et là encore au lieu de bâtir là-dessus
00:47:22on a laissé un peu ce père de tout ça dans le sable
00:47:28quatre jours après les obsèques un homme escorté de quelques gardes du corps vêtus
00:47:33d'un chapeau d'un imperméable de lunettes noires frappe à la porte de les arabines
00:47:39c'est yasser arafat venu en personne présenter ses condoléances à la famille
00:47:44du défunt fait exceptionnel c'est la première fois de sa vie qu'il pénètre dans
00:47:49l'état d'israël une visite clandestine est déguisée qui le dépouille peut-être
00:47:54aussi pour la première fois de son éternel kéfi
00:47:59ce soir là
00:48:01yasser arafat pressent-il qu'avec la mort d'itzhak Rabine
00:48:04c'est la quête de la paix qui va en prendre aussi un sacré coup
00:48:13chagrin incompréhension et désarroi le peuple d'israël porte le deuil de son
00:48:18premier ministre un état pleure son innocence perdue
00:48:22les israéliens veulent comprendre une commission d'enquête est mise en place
00:48:27pourquoi et comment yigal amir un juif a-t-il pu tuer leur premier ministre
00:48:35et je pense que là le chine bête la sécurité en général a aéré non pas par par manque d
00:48:47'organisation
00:48:47ou par c'était pas une faute technique c'était une faute conceptuelle la faute était dans la tête
00:48:54c'est à dire le terrorisme un coup ne peut venir que des que des arabes un juif ne peut
00:49:00pas faire ça
00:49:03le chine bête est sur la sellette comment amir filmé ici lors d'une reconstitution a-t-il pu échapper
00:49:09à la liste noire des services secrets
00:49:11pourtant alerté par un informateur d'un projet d'assassinat sur Rabine
00:49:16aucune enquête et aucune trace d'amir dans les fichiers
00:49:22puis le scandale quand l'enquête révèle que le mouvement et yale auquel appartenait l'assassin était en fait infiltré
00:49:28et manipulé par le chine bête
00:49:30de quoi nourrir la théorie d'un complot organisé pour tuer Rabine
00:49:38et pour moi l'assassin n'est pas venu comme ça ce n'est pas un martien débarqué qui tout
00:49:44à coup a mis une kippa est allé tuer le premier ministre
00:49:46il procède d'un mouvement il ya eu diverses théories qui n'ont jamais été creusées selon laquelle il aurait
00:49:54été effectivement envoyé par des rabbins
00:49:57on n'a jamais eu de preuves mais je pense qu'il était moralement au moins le représentant de tout
00:50:04un mouvement qui voulait tout faire pour que cesse
00:50:08pour que s'interrompe le processus de négociation avec les palestiniens
00:50:13finalement la commission d'enquête conclut à la thèse de l'acte isolée amir n'est qu'un fanatique qui
00:50:19aurait agi de son propre chef
00:50:21l'assassin déclaré parfaitement saint d'esprit ne cesse de revendiquer son crime au nom d'une meurtrière trinité le
00:50:27peuple la torah et la terre d'israël
00:50:34le 28 mars 1996 amir est condamné à la prison à vie à l'issue d'un procès expédié en
00:50:40une quinzaine d'audience
00:50:42comme si la société israélienne voulait exorciser au plus vite le traumatisme sans vraiment faire son examen de conscience
00:50:52l'ombre du meurtre dit ça à krabine plane toujours sur nous et influence toujours beaucoup ce que nous faisons
00:50:58la manière dont nous agissons
00:51:04nous prenons toujours en considération ce qui est arrivé il y a 10 ans
00:51:12yig alamir soumis à un strict isolement n'a aucun espoir de grâce à ce jour
00:51:16il s'est marié par correspondance et dix ans après son jugement la cour suprême lui a même octroyé le
00:51:23droit d'avoir un enfant par insémination artificielle
00:51:26cet enfant s'il voit jamais le jour apprendra t il les conséquences désastreuses de l'acte commis par son
00:51:32géniteur
00:51:35à l'époque où c'est arrivé je me faisais l'illusion et là c'était vraiment je m'étais
00:51:43complètement planté
00:51:45je m'écris ces choses là que le processus est trop avancé pour que l'homme seul la disparition de
00:51:51l'homme seul puisse le remettre en cause
00:51:54et j'ai eu tort non pas que je pense que ce processus tout entier soit remis en cause je
00:51:58ne le pense pas
00:51:59mais il a été durement durement retardé et la mort de rabine aura eu finalement un effet beaucoup plus dévastateur
00:52:08sur le processus que je le pensais
00:52:20le temps pour la paix a venu
00:52:25nous vous disons aujourd'hui
00:52:28avec une voix douce et claire
00:52:31suffisamment de sang et des risques
00:52:35suffisamment de sang
00:52:39qui résonnent dans toutes les mémoires n'ont pas encore trouvé d'écho
00:52:41les espoirs des accords de washington se sont vite évanouis
00:52:45la multiplication des attentats suicides du ramas a précipité la défaite électorale de shimon Peres
00:52:51ses successeurs de gauche ou de droite ont dû se résoudre à mettre leur pas dans ceux de rabines
00:52:56même ceux qui surfaient sur la vague de la haine
00:53:00Benjamin Netanyahou devenu premier ministre a lui aussi serré la main de Yasser Arafat
00:53:04moins d'un an après la mort de son adversaire
00:53:08autre ironie de l'histoire
00:53:10Ariel Sharon
00:53:11pour avoir démantelé de force les colonies juives de la bande de Gaza
00:53:15est devenu à son tour
00:53:16l'homme le plus détesté du pays
00:53:19mais dix ans après la mort d'Yitzhak Rabin
00:53:21tous
00:53:23israéliens et palestiniens
00:53:24ont échoué à faire la paix
00:53:38les derniers jours d'Yitzhak Rabin
00:53:39réalisés par Nicolas Glimois
00:53:41le 27 octobre
00:53:43les israéliens voteront pour la première fois
00:53:45depuis le massacre du 7 octobre
00:53:48dans un pays en guerre
00:53:49sur plusieurs fronts
00:53:50plus divisés peut-être que jamais
00:53:52mais peut-être nos invités vont nous le dire
00:53:54face à Benjamin Netanyahou
00:53:56qui domine la vie politique israélienne depuis 20 ans
00:53:58une opposition disparate
00:54:00de la gauche à l'extrême droite
00:54:02unie surtout par la volonté
00:54:03alors peut-être de l'union sacrée
00:54:05ou alors de tourner la page
00:54:07Israël l'après Netanyahou est-il possible ?
00:54:10on ouvre la discussion avec Gilles Paris
00:54:12bonsoir
00:54:13bonsoir
00:54:14éditorialiste au monde
00:54:15vous avez publié Israël Palestine
00:54:18qui est un atlas absolument passionnant
00:54:19vous étiez correspondant à Jérusalem
00:54:22Alexandra Schwartzprod
00:54:23bonjour
00:54:24bonjour
00:54:24vous êtes journaliste à Libération
00:54:26ancienne correspondante à Jérusalem également
00:54:29et vous publiez les fantômes de Gaza
00:54:31aux éditions à la manufacture du livre
00:54:33et Alain Dikoff bonsoir
00:54:35bonsoir
00:54:35sociologue directeur de recherche au CNRS
00:54:37professeur aux séries à Sciences Po
00:54:39et spécialiste de la politique
00:54:41et de la société contemporaine israélienne
00:54:43auteur de Israël Palestine
00:54:45une guerre sans fin
00:54:46vous avez couvert les accords d'Oslo Gilles Paris
00:54:49est-ce qu'on peut dire qu'avec l'assassinat d'Issac Rabin
00:54:52c'est tout espoir de paix
00:54:54qui s'est effondré ?
00:54:56alors non
00:54:56quand Isac Rabin est assassiné en 95
00:54:59il y a une dynamique des accords d'Oslo
00:55:01qui va durer encore jusqu'à la seconde intifada
00:55:05et pendant cinq ans
00:55:06on croit qu'on va pouvoir revenir sur les rails d'Oslo
00:55:09même si quelque chose s'est cassé
00:55:10il y a une crise de confiance très forte entre les deux camps
00:55:13d'un côté les israéliens reprochent aux palestiniens
00:55:17de tolérer un terrorisme qui vise les israéliens
00:55:21et de l'autre côté les palestiniens
00:55:22ne comprennent pas pourquoi ce processus de paix
00:55:25s'accompagne d'une colonisation toujours plus accentuée
00:55:28principalement en Cisjordanie
00:55:30Alain Dikoff, c'est un événement qui annonçait
00:55:33la montée en puissance des extrémistes
00:55:35et de la droite radicale en Israël ?
00:55:37En un certain sens oui
00:55:39puisque l'assassin venait des franges extrêmes du sionisme religieux
00:55:44donc il était habité par cette idée messianique
00:55:47que la colonisation de la Cisjordanie était un impératif divin
00:55:52et que tout ce qui allait à l'encontre devait être combattu
00:55:55Or évidemment l'accord avec l'OLP
00:55:58c'est un accord qui envisage à terme l'édification d'un État palestinien
00:56:02Un mot sur le documentaire malgré tout
00:56:04parce qu'il y a une figure qui apparaît
00:56:07c'est celle de Ben Gvir
00:56:08qui est aujourd'hui l'un des ministres les plus importants
00:56:11en 1995 on le voit apparaître
00:56:13personne ne peut imaginer ce qu'il va devenir
00:56:16c'est-à-dire cet homme politique radicalisé à droite aujourd'hui
00:56:20mais que fait-il là en 1995 ?
00:56:24Qui veut répondre ?
00:56:24Je pense qu'à l'époque il est dans la colonie
00:56:27qui se trouve juste à côté d'Ebron
00:56:28très radicalisé
00:56:29d'où venait Barour Goldstein
00:56:31qui avait massacré des palestiniens dans le caveau des patriarches
00:56:34un site à la fois vénéré par les juifs et les musulmans
00:56:38et donc à l'époque il incarne cette opposition farouche
00:56:43aux accords d'Oslo
00:56:44puisque les accords d'Oslo c'est le partage de la terre
00:56:47ce qui est très intéressant c'est que
00:56:48en fait sa présence dans ce documentaire est en quelque sorte prémonitoire
00:56:52puisqu'il est devenu central
00:56:54en fait il incarne le glissement à droite
00:56:56d'une partie de l'opinion publique israélienne
00:56:58Il y a quelqu'un qu'on n'a pas beaucoup vu dans le documentaire c'est ?
00:57:02Oui ça m'a frappé c'est Benjamin Netanyahou
00:57:04parce que Benjamin Netanyahou est un de ceux qui a été le plus virulent contre Hitchak Rabin
00:57:10et qui réclamait enfin qui appelait à la mort d'Hitchak Rabin quasiment
00:57:14dans des manifestations
00:57:16il participait à l'espèce d'hystérie collective
00:57:19qui a précédé l'assassinat d'Hitchak Rabin
00:57:22et là je trouve que dans ce documentaire on le voit très très peu
00:57:26il y a une autre chose qui m'a frappé dans ce documentaire
00:57:29c'est l'aveuglement des israéliens
00:57:32parce qu'il y a deux fois
00:57:34Aveuglement des israéliens ?
00:57:35Oui, à propos de Baruch Goldstein
00:57:37et aussi à propos de Igal Amir
00:57:40donc ces deux extrémistes juifs
00:57:42qui ont tué pour Baruch Goldstein
00:57:44des palestiniens et Igal Amir Shimon
00:57:46Hitchak Rabin
00:57:48chaque fois on dit, les autorités israéliennes disent
00:57:51ce sont des fanatiques, des individus fanatiques
00:57:55comme si c'était une personne qui avait un peu perdu l'esprit
00:58:00et comme si ce n'était pas des représentants
00:58:03d'un mouvement, d'une tendance
00:58:05qui ne va cesser de grossir, de prendre de l'ampleur
00:58:08à partir de ces années-là
00:58:10et on voit bien jusqu'à être aujourd'hui au gouvernement en Israël
00:58:14Alain Dikoff
00:58:15Il y a toujours une volonté du côté israélien
00:58:17d'inscrire, disons, les fanatiques en fait de ce type-là
00:58:23de les traiter comme des individus simplement
00:58:25et non pas comme représentatif d'un courant
00:58:28qui au départ est assez limité en nombre
00:58:31mais dont l'audience va croître
00:58:33et évidemment, si on a fait un minimum de sociologie
00:58:36on sait très bien que les individus ne surgissent pas de nulle part
00:58:38donc ils sont socialisés dans un certain milieu
00:58:40c'est ce milieu qui conjugue finalement
00:58:44un nationalisme intransigeant
00:58:46avec une religiosité elle aussi intransigeante
00:58:49Mais cet angle mort là, il était déjà perceptible en 1995 ?
00:58:54Je crois qu'il était perceptible, simplement il y avait une volonté de ne pas voir
00:58:58en Israël, beaucoup ne voulaient pas voir cela
00:59:00et pensaient en fait
00:59:02en effet le réduire simplement
00:59:03à un acte d'une sorte de desperados
00:59:05mais en réalité non, c'est évident qu'il était le produit
00:59:08d'une certaine socialisation
00:59:09qui est ancienne en fait, qui a commencé au milieu des années 70
00:59:14donc les choses mettent du temps à mûrir en quelque sorte
00:59:18donc en gros au milieu des années 70
00:59:21c'est le début de ce messianisme territorial
00:59:25et en 1995 c'est l'assassinat rabbinique 20 ans après
00:59:27donc il faut à peu près 20 ans
00:59:28le temps qu'une quasi-génération passe pour que ça advienne
00:59:32et même chose pour Benvir
00:59:34en 1995 on le voit, à l'époque c'est simplement un individu parmi d'autres
00:59:38personne ne fait vraiment attention à lui
00:59:40et qu'est-ce qu'on voit, ben 30 ans après
00:59:42à la tête d'un parti
00:59:44avec des outrances de plus en plus
00:59:47incroyables. Aujourd'hui
00:59:48on a une situation
00:59:50politique que vous qualifieriez de comment
00:59:52on va faire un rapide tour de table
00:59:54parce que on est, allez
00:59:55donc c'est les premières élections le 27 octobre
00:59:58depuis les massacres
01:00:00du 7 octobre et
01:00:02est-ce que le pays vous semble unis
01:00:04est-ce que c'est l'union sacrée ou est-ce que c'est un pays
01:00:06qui est plus divisé que jamais
01:00:07qui veut tourner la page de Netanyahou
01:00:10et notamment d'un Netanyahou dont on sait
01:00:12aujourd'hui qu'il a été averti
01:00:14alerté par les services de
01:00:16renseignement et par des pays alliés
01:00:18de ce qui risquait de se passer
01:00:20sur son sol avec les attaques du Hamas
01:00:22Alors c'est une société qui
01:00:24reste toujours traumatisée par le
01:00:267 octobre, il faut bien qu'on
01:00:27se représente le choc que ces
01:00:30massacres ont constitué pour la société
01:00:32israélienne et qui surtout n'a pas
01:00:33fait son examen de conscience
01:00:35à chaque grande crise d'Israël
01:00:37il y a toujours eu une commission d'enquête
01:00:39qui permet de mettre les choses à plat
01:00:41et de tourner la page
01:00:42là ça n'a pas été le cas parce que
01:00:44Netanyahou pour les raisons qu'on devine
01:00:46n'a pas voulu que ça intervienne
01:00:47et donc aujourd'hui on est toujours
01:00:50dans ce deuil du 7 octobre
01:00:53qui génère ce qui est très curieux
01:00:54par rapport au documentaire
01:00:55le documentaire, il y a une question
01:00:57qui est centrale, c'est la place des
01:00:59palestiniens
01:00:59et aujourd'hui ces élections
01:01:04se déroulent dans un déni fantastique
01:01:06on ne parle pas du tout des palestiniens
01:01:08alors que ça reste le sujet central
01:01:09Alexandre Schwarzbrot, non seulement on ne parle pas
01:01:11des palestiniens mais en plus le mouvement
01:01:13de colonisation se poursuit
01:01:15notamment en Cisjordanie avec
01:01:17des projets qui sont portés
01:01:20par des ministres du gouvernement Netanyahou
01:01:22le projet E1 qui est un projet
01:01:25crucial, déterminant
01:01:26de colonisation
01:01:27à Jérusalem, c'est
01:01:30le déni des palestiniens qui vous paraît
01:01:32le plus frappant dans cette campagne ou est-ce que c'est
01:01:35l'union sacrée
01:01:36derrière Benjamin Netanyahou ?
01:01:37Il y a beaucoup de choses qui me paraissent frappantes
01:01:40la colonisation c'est vraiment ce qui a
01:01:42perverti la société israélienne
01:01:43c'est ce qui l'a abîmé malheureusement
01:01:45et qui continue à l'abîmer, on le voit bien
01:01:47et ce projet E1 est absolument terrifiant
01:01:50Il faut le décrire assez rapidement
01:01:52on est à Jérusalem, c'est la partie
01:01:54arabe de Jérusalem
01:01:55et elle est très proche de la Cisjordanie
01:01:58C'est un projet, si vous voulez, qui coupe
01:02:01Jérusalem
01:02:01en deux et qui empêche
01:02:04toute continuité territoriale
01:02:06qui existait déjà de fait
01:02:08Toute continuité territoriale
01:02:10palestinienne ? Oui, c'est-à-dire quand on parle
01:02:11maintenant de deux États, malheureusement
01:02:14un État palestinien n'est plus possible
01:02:16dans les circonstances actuelles et ça
01:02:17c'est l'œuvre des dirigeants israéliens
01:02:20notamment de Benyamin Netanyahou
01:02:21qui depuis qu'il est au pouvoir
01:02:23ne cesse de lutter contre l'idée
01:02:26d'un État palestinien et de tout faire
01:02:27pour empêcher toute création
01:02:29d'un État palestinien, tout
01:02:31accord de paix. C'est quelqu'un qui ne
01:02:33pense qu'à la guerre car seule la guerre
01:02:36peut le maintenir au pouvoir
01:02:37pourquoi ? Parce que c'est quelqu'un qui gouverne
01:02:39par la peur et qui dit aux Israéliens
01:02:41je suis le seul qui peut
01:02:44vous protéger contre l'anéantissement
01:02:45et ce qui est fou c'est que
01:02:49non seulement il n'a pas
01:02:50empêché le 7 octobre mais
01:02:51malheureusement, comme on le voit
01:02:53aujourd'hui, il a fait partie de ceux
01:02:55qui ont permis
01:02:57qui n'ont pas protégé
01:02:59les Israéliens à ce moment-là
01:03:01et malgré tout les Israéliens
01:03:02continuent à lui faire confiance
01:03:04alors qu'il a trahi leur confiance
01:03:06et malgré tout il continue à lui faire confiance
01:03:08ce qui fait qu'aujourd'hui
01:03:09il est au coup
01:03:13à coup dans les sondages avec l'opposition
01:03:15Alain Dikoff, comment comprendre
01:03:17justement, comment lire la scène
01:03:19politique israélienne, on va
01:03:21pas vous demander de nous faire un cours
01:03:23sur ce système électoral très
01:03:25compliqué qui est
01:03:28proportionnel
01:03:28où il peut y avoir énormément
01:03:31d'élus de très nombreux partis
01:03:33mais est-ce qu'aujourd'hui on est
01:03:35est-ce qu'il a un socle
01:03:36Benjamin Netanyahou ou est-ce
01:03:39qu'il y a une
01:03:41opposition d'un tout sauf Netanyahou
01:03:43qui est en train de se mettre en place ?
01:03:44La société est divisée
01:03:46Elle est divisée, il y a un clivage
01:03:49évidemment qui n'est pas
01:03:51nouveau mais qui a été accentué
01:03:52en fait par la guerre
01:03:55depuis 3 ans
01:03:58donc Netanyahou
01:03:59continue à avoir du soutien de la part
01:04:01de ceux qui l'ont toujours soutenu
01:04:02ça c'est vrai
01:04:03ce soutien a diminué malgré tout
01:04:06mais ceux qui ont quitté
01:04:09Netanyahou
01:04:09si on se base sur les sondages
01:04:12une partie d'entre eux
01:04:13sont allés vers des parties
01:04:14de centre droit
01:04:15en particulier le parti
01:04:17du général Eisenkot
01:04:18qui est un nouveau parti
01:04:20Yachar
01:04:21et qui aura certainement
01:04:22un nombre assez important
01:04:24de députés
01:04:25donc je dirais que
01:04:26il y a un socle qui demeure
01:04:28qui s'est quand même effrité
01:04:29et de l'autre côté
01:04:31il y a une opposition
01:04:34qui est un peu faite
01:04:35de briques et de brocs
01:04:36c'est-à-dire que
01:04:37il y a le parti Yachar
01:04:38que j'ai évoqué
01:04:40auquel les sondages
01:04:41donnent une vingtaine
01:04:41de sièges
01:04:43parti de l'ancien général
01:04:44qui joue beaucoup
01:04:44sur la sécurité
01:04:45qui joue beaucoup
01:04:46sur la sécurité
01:04:47qui ne parle pas
01:04:48des palestiniens
01:04:49mais qui parle en gros
01:04:50faites-moi confiance
01:04:51je suis monsieur sécurité
01:04:52il y a juste
01:04:54une chose qui ne trompe pas
01:04:55sur les 5 premiers
01:04:56de sa liste
01:04:57puisqu'en Israël
01:04:57dans un système proportionnel
01:04:59donc de liste
01:05:00les 5 premiers
01:05:00vous avez 3
01:05:01qui sont d'anciens
01:05:02responsables de sécurité
01:05:03à des niveaux très élevés
01:05:04donc c'est vraiment
01:05:05quelque chose
01:05:06qu'ils essayent de mettre en avant
01:05:07de l'autre côté
01:05:08dans cette opposition
01:05:09et bien
01:05:10il y a
01:05:11à la gauche
01:05:12malgré tout
01:05:13qui existe encore
01:05:13il y a le parti des démocrates
01:05:15de Yair Golan
01:05:16qui est un parti
01:05:17qui en effet
01:05:19vient à la fois
01:05:20du parti Meretz
01:05:21et du parti travailliste
01:05:23et puis
01:05:24il y a quand même
01:05:25il faut les évoquer
01:05:26il y a les formations arabes
01:05:27qui font
01:05:29bon an mal an
01:05:30une douzaine de députés
01:05:32à chaque fois
01:05:33donc voilà
01:05:34ça c'est
01:05:35tous ceux qui sont un peu
01:05:36contre
01:05:36et puis j'oubliais
01:05:37non
01:05:37j'oubliais quand même aussi
01:05:38Avigdor Lieberman
01:05:39qui lui est
01:05:40à l'extrême droite
01:05:42de l'extrême droite
01:05:43venu du Likoud
01:05:44mais disons
01:05:45l'extrême droite
01:05:46quand même bien trempé
01:05:47mais qui est opposé
01:05:49à Netanyahou
01:05:49pour des raisons personnelles
01:05:50donc lui il est nationaliste
01:05:51donc vous voyez
01:05:52que ça fait quand même
01:05:53une opposition qui est quand même
01:05:54assez large
01:05:54et pour moi le gros problème
01:05:56franchement
01:05:56c'est
01:05:57ce sera pour cette opposition
01:05:59c'est là un petit peu d'avance
01:06:00ça va être vraiment
01:06:01de faire une coalition
01:06:01et ça
01:06:03comme Gilles Paris l'a dit
01:06:04le deuxième tour
01:06:05c'est à dire en fait
01:06:06la constitution de la coalition
01:06:07peut montrer
01:06:08que finalement
01:06:09Netanyahou se trouvera
01:06:10dans une meilleure position
01:06:11pour faire une coalition
01:06:12que son opposition
01:06:13donc il ne faut pas
01:06:14l'enterrer trop vite
01:06:15pour employer une image
01:06:16mais qu'est-ce qui fait
01:06:18que c'est si difficile
01:06:19de se projeter
01:06:20après le 27 octobre
01:06:22Gilles Paris
01:06:23parce qu'on ne peut pas savoir
01:06:24sur quel clivage
01:06:26ça va se faire
01:06:26cette coalition
01:06:27si c'est un clivage
01:06:28sur la conscription
01:06:30des ultra-orthodoxes
01:06:31qui est un point d'achoppement
01:06:32entre la droite
01:06:33et l'extrême droite
01:06:33et l'opposition
01:06:34et bien il faut trouver
01:06:36une majorité
01:06:37pour défendre
01:06:37pour s'opposer
01:06:38à cette conscription
01:06:39et
01:06:40De quoi on parle ?
01:06:42Les ultra-orthodoxes
01:06:43sont dispensés
01:06:44de services militaires
01:06:46et on a vu dans cette période
01:06:48trois ans de guerre
01:06:49avec des réservistes
01:06:51qui sont mobilisés
01:06:51en permanence
01:06:52et donc il y a une exaspération
01:06:53qui est montée
01:06:54dans la société israélienne
01:06:55en disant
01:06:55bon vous étiez
01:06:56une toute petite minorité
01:06:58on pouvait tolérer
01:06:58que vous ne participiez pas
01:07:00à l'effort commun
01:07:01mais maintenant
01:07:02c'est plus possible
01:07:02Ils sont de plus en plus nombreux
01:07:03Ils sont de plus en plus nombreux
01:07:05et ils ne participent pas
01:07:07justement
01:07:07à la défense de l'Etat
01:07:08donc c'est ce qui crispe beaucoup
01:07:11la scène politique israélienne
01:07:13et on voit que
01:07:13en fait
01:07:14on parle de ce sujet-là
01:07:16on peut parler éventuellement
01:07:17de l'Etat de droit
01:07:18mais on ne parle plus des Palestiniens
01:07:19Oui
01:07:20Alexandra Schwarzbrug
01:07:21ce qui est frappant
01:07:22c'est qu'il y a
01:07:23ces ultra-orthodoxes
01:07:24il y a l'enjeu sécuritaire
01:07:25pour vous
01:07:26c'est vraiment le déterminant
01:07:27du vote ?
01:07:28L'enjeu sécuritaire
01:07:30je pense que pour les Israéliens
01:07:31c'est l'enjeu déterminant
01:07:33bien sûr
01:07:33et c'est ça qui est terrible
01:07:35c'est que
01:07:36les Palestiniens
01:07:37n'existent plus
01:07:38Alors il y a les partis
01:07:40arabes israéliens
01:07:41et il y a
01:07:42Benyamin Netanyahou
01:07:43qui a demandé à la commission électorale
01:07:45d'interdire
01:07:46de participation
01:07:47de
01:07:48des partis
01:07:50palestiniens
01:07:51d'arabes israéliens
01:07:52bon
01:07:53c'est curieux
01:07:55comme conception
01:07:55de la démocratie ?
01:07:56Ah bah de toute façon
01:07:57je crois qu'on s'est
01:07:58on a compris que
01:07:59Benyamin Netanyahou
01:08:00avait une conception
01:08:01toute relative
01:08:02de la démocratie
01:08:03c'est quelqu'un
01:08:04qui ne s'embarrasse pas
01:08:05d'Etat d'âme
01:08:07il est là
01:08:08on voit bien qu'il gouverne
01:08:09à la Donald Trump
01:08:10c'est le même
01:08:11c'est exactement
01:08:12le même cas de figure
01:08:13c'est à dire que
01:08:13si vous vous mettez
01:08:15si vous vous opposez à moi
01:08:16je vous
01:08:17je vous
01:08:18je vous dégage
01:08:19et donc là il est
01:08:20c'est un homme
01:08:22il faut bien voir
01:08:23dans quel état d'esprit
01:08:24il est Benyamin Netanyahou
01:08:25s'il perd le pouvoir
01:08:27il perd tout
01:08:28il se retrouve devant
01:08:29une commission d'enquête
01:08:30espérons-le
01:08:31car il y a besoin
01:08:33d'une commission d'enquête
01:08:33c'est exactement ce que disait
01:08:35Gilles Parif tout à l'heure
01:08:35les israéliens ont le besoin
01:08:38impératif de faire
01:08:39d'avoir l'explication
01:08:41la compréhension
01:08:42de ce qui s'est passé
01:08:43exactement le 7 octobre
01:08:44et surtout des responsabilités
01:08:46et Benyamin Netanyahou
01:08:47en porte une responsabilité énorme
01:08:50et donc il y a besoin
01:08:51de faire le point là-dessus
01:08:53c'est exactement ce qui
01:08:54vient d'être dit
01:08:55tant que les israéliens
01:08:57n'auront pas surmonté
01:08:59ce traumatisme du 7 octobre
01:09:01il ne pourra rien se passer
01:09:04ce pays ne pourra pas avancer
01:09:06et ne pourra pas faire
01:09:07cette espèce de travail
01:09:08d'introspection
01:09:09dont il a besoin
01:09:10aujourd'hui
01:09:11pour essayer de lutter
01:09:12contre les forces extrêmes
01:09:15internes
01:09:16qui sont en train
01:09:17de l'emmener au suicide
01:09:18et notamment
01:09:19vous me parliez tout à l'heure
01:09:20de ce qui se passait
01:09:21dans les territoires palestiniens
01:09:22des exactions terribles
01:09:24de la part des colons
01:09:24il se passe des actes
01:09:26terroristes juifs
01:09:27tous les jours
01:09:28en Cisjordanie
01:09:29ce c'est du terrorisme
01:09:30et ça si vous voulez
01:09:31les israéliens
01:09:32pour l'instant
01:09:33ne veulent pas le voir
01:09:34et je pense
01:09:35que ça empêche
01:09:36ce pays
01:09:37d'avancer
01:09:38Alain Dicot
01:09:39vous partagez le diagnostic
01:09:40la logique suicidaire
01:09:43disons
01:09:45le point
01:09:45que je partage clairement
01:09:46c'est vraiment
01:09:48qu'il faut qu'il y ait
01:09:48un examen de conscience
01:09:49il faut qu'il puisse se faire
01:09:50mais pour qu'il puisse se faire
01:09:52il faut que des responsabilités
01:09:53soient clairement assignées
01:09:54or qu'est-ce qui s'est passé
01:09:55jusqu'à maintenant
01:09:56pour le moment
01:09:57ce sont les responsabilités
01:09:58de la sécurité
01:09:58qui ont assumé
01:10:01leurs responsabilités
01:10:02le chef des renseignements
01:10:03militaires
01:10:05est parti
01:10:05le chef de l'état-major
01:10:07est parti
01:10:07et le chef
01:10:09des services de sécurité intérieure
01:10:10a été limogé en fait
01:10:12et a finalement
01:10:12choisi de partir
01:10:13par Netanyahou
01:10:14donc les militaires
01:10:16et les services de sécurité
01:10:17quelque part
01:10:18ils ont déjà tiré
01:10:18des conséquences
01:10:19de l'échec du 7
01:10:20mais il n'y a pas eu
01:10:21de conséquences tirées
01:10:21au niveau politique
01:10:24il est évident
01:10:25que c'est indispensable
01:10:26à un moment
01:10:26en 74
01:10:28après la guerre
01:10:29de Kippour
01:10:30qui a été aussi
01:10:30un échec pour Israël
01:10:32puisqu'ils n'étaient pas
01:10:32préparés
01:10:33ils n'avaient pas
01:10:34tenu compte
01:10:35des signaux
01:10:35qui leur venaient
01:10:37de leurs propres services secrets
01:10:38en fait
01:10:39et bien il y a eu
01:10:40une commission d'enquête
01:10:41qui a déterminé
01:10:41qu'il y avait une responsabilité politique
01:10:43et Golda Meir
01:10:43a fini par démissionner
01:10:45il faut évidemment
01:10:45qu'il y ait quelque chose
01:10:46du même ordre
01:10:47pour voir exactement
01:10:48qui savait
01:10:49qui aurait pu éventuellement
01:10:51et que les politiques
01:10:52assument
01:10:53mais qu'est-ce qui bloque
01:10:54qu'est-ce qui bloque justement
01:10:56cet examen de conscience
01:10:57on voit qu'il sera
01:10:58très difficile à faire
01:10:59mais qu'est-ce qui bloque
01:11:00les institutions
01:11:01l'appareil
01:11:04administratif
01:11:04et judiciaire israélien
01:11:06pour essayer
01:11:07de faire la lumière
01:11:08sur les responsabilités
01:11:10alors évidemment
01:11:11Netanyahou défend
01:11:12son poste
01:11:14il sait qu'une commission
01:11:15d'enquête
01:11:16sera vraiment
01:11:17dévastatrice pour lui
01:11:18donc il y a fait obstacle
01:11:19les moyens
01:11:19mais pour être juste
01:11:21il faut dire aussi
01:11:21que ça renvoie
01:11:22à des impasses
01:11:23dans la société israélienne
01:11:24il y a un sondage
01:11:25très intéressant
01:11:26de l'Université d'Al-Aviv
01:11:27fin juillet
01:11:28qui posait
01:11:30quatre possibilités
01:11:31d'avenir
01:11:31pour avancer
01:11:33un Etat palestinien
01:11:34un Etat binational
01:11:36avec l'égalité des droits
01:11:37l'annexion
01:11:38Gaza c'est Jordanie
01:11:39et le statu quo
01:11:40d'accord
01:11:41et sur ces quatre points
01:11:42il y a une majorité
01:11:43pour dire non
01:11:45non
01:11:45non à aucun
01:11:47de ces quatre scénarios
01:11:48et quand on demande
01:11:50aux mêmes personnes
01:11:51lequel pourrait
01:11:52le plus probablement
01:11:54arriver
01:11:54finalement c'est l'annexion
01:11:56de la Cisjordanie
01:11:56qui devient majoritaire
01:11:58c'est à dire que c'est
01:11:59le scénario du pire
01:12:00du pire
01:12:01mais lorsqu'on a
01:12:02lorsqu'on passe en revue
01:12:03les scénarios en fait
01:12:03aucun ne trouve grâce
01:12:05aux yeux de l'opinion publique
01:12:07israélienne
01:12:07c'est ça cette impasse
01:12:08comment comprendre aujourd'hui
01:12:10cette situation
01:12:11où le paysage politique
01:12:12est ultra fragmenté
01:12:13même s'il y a des alliances
01:12:15invraisemblables
01:12:16qui ne sont possibles
01:12:17que dans quelques rares pays
01:12:18dont Israël
01:12:20je le dis en souriant
01:12:22ça n'a rien de drôle
01:12:23mais en l'occurrence
01:12:24ce pays a été dominé
01:12:26par deux forces politiques
01:12:28majeures
01:12:29le Likoud pour la droite
01:12:31et les travaillistes
01:12:32pendant près de 40 ans
01:12:33qu'est-ce qui ne fonctionne plus
01:12:35dans ce dualisme là ?
01:12:39je pense que le parti travailliste
01:12:41a été
01:12:42ne s'est jamais remis
01:12:44de l'échec
01:12:44des accords d'Oslo
01:12:45puisqu'il avait misé
01:12:46son avenir politique
01:12:47sur la réussite
01:12:48d'un accord avec les palestiniens
01:12:50le Likoud est resté
01:12:51le premier parti
01:12:52et encore aujourd'hui
01:12:52dans le sondage
01:12:53il reste le premier parti
01:12:54simplement
01:12:55il est tellement concurrencé
01:12:56sur sa droite
01:12:57que c'est un parti raccordi
01:12:59ramené à une vingtaine
01:13:0125
01:13:0126 élus maximum
01:13:03alors qu'il en est
01:13:03jusqu'à 40 ou plus
01:13:05il n'y a encore pas si longtemps
01:13:06que ça
01:13:06donc on a un glissement
01:13:08à droite
01:13:09qui fait que le parti central
01:13:10à droite
01:13:11autour de lequel
01:13:12tout devrait s'organiser
01:13:13et bien a des difficultés
01:13:15je pense qu'on peut
01:13:16boucler la boucle
01:13:17avec le documentaire
01:13:18sur l'assassinat
01:13:19d'Hitchak Rabin
01:13:20je pense que la gauche
01:13:22enfin ce qu'on appelle
01:13:23la gauche
01:13:23parce qu'on ne peut pas
01:13:24vraiment comparer
01:13:24avec la gauche française
01:13:25mais disons
01:13:26ceux qui sont pour
01:13:27les discussions
01:13:28avec les palestiniens
01:13:29pour un état palestinien
01:13:30etc.
01:13:30ont été laminés
01:13:32par
01:13:32à partir de l'assassinat
01:13:34d'Hitchak Rabin
01:13:35plus rien n'a été
01:13:36comme avant
01:13:36et tous ceux-là
01:13:37ont eu beaucoup de mal
01:13:38à se remettre
01:13:39un de l'assassinat
01:13:40d'Hitchak Rabin
01:13:41ensuite
01:13:43de l'échec
01:13:43des accords d'Oslo
01:13:44en effet
01:13:45dont ils ont été
01:13:46considérés comme
01:13:48responsables
01:13:48parce que mal ficelés
01:13:49et ensuite
01:13:50et ensuite
01:13:51de l'échec
01:13:52des accords de paix
01:13:53qui ont donné lieu
01:13:54à l'éclatement
01:13:56de la deuxième intifada
01:13:57et donc
01:13:58de tous les propos
01:14:00notamment
01:14:01d'Eoud Barak
01:14:02disant qu'on ne pouvait
01:14:03plus faire confiance
01:14:04aux palestiniens
01:14:05et là à partir de là
01:14:06la gauche
01:14:07ne s'en est plus
01:14:09n'en s'en est pas remise
01:14:10les travaillistes
01:14:11ne s'en sont jamais remis
01:14:13et à partir de ce moment-là
01:14:14la droite
01:14:15et l'extrême droite
01:14:16et l'extrémisme
01:14:17n'ont cessé
01:14:18de monter progressivement
01:14:19en Israël
01:14:20dopés par le mouvement
01:14:21des colons
01:14:22Même des mouvements
01:14:23comme Shalom Archave
01:14:24la paix en avant
01:14:25apportée par des figures
01:14:26comme
01:14:27des intellectuels
01:14:28je pense à Amos Oz
01:14:29par exemple
01:14:30l'immense écrivain
01:14:31israélien
01:14:31ces mouvements-là
01:14:33n'existent plus
01:14:34ni riguent plus
01:14:35le débat public
01:14:36en Israël
01:14:36Alain Dikoff ?
01:14:37la paix maintenant existe toujours
01:14:39mais il est tout à fait évident
01:14:41que ça n'est plus
01:14:42le grand mouvement
01:14:43qui avait pu mobiliser
01:14:44justement
01:14:46pour soutenir Rabin
01:14:48le 4 novembre
01:14:49avant qu'il soit assassiné
01:14:51la paix maintenant
01:14:51a été très active
01:14:53dans cette mobilisation-là
01:14:54ça c'est évident
01:14:55que ça n'existe plus
01:14:56mais c'est vrai
01:14:56que le contexte n'a rien à voir
01:14:58je veux dire
01:14:58dans les années 95
01:15:00avant l'assassinat
01:15:01on était quand même
01:15:01dans une période d'euphorie
01:15:02malgré tout
01:15:03on pensait
01:15:04que la solution politique
01:15:05allait advenir
01:15:06aujourd'hui évidemment
01:15:07on est dans une situation
01:15:08qui n'a rien à voir
01:15:09où il y a plus de
01:15:10depuis longtemps
01:15:11de dialogue
01:15:12et où il y a
01:15:13le 7 octobre
01:15:14qui évidemment
01:15:15a été un traumatisme
01:15:17pour Israël
01:15:17bien sûr il faut rappeler
01:15:18les 1200 morts
01:15:19les viols
01:15:21les étages
01:15:21la guerre
01:15:22évidemment
01:15:22avec les conséquences
01:15:23terribles qu'elle a eu
01:15:24pour la société palestinienne
01:15:26c'est aussi quelque chose
01:15:27qui va mettre des années
01:15:29à être digéré
01:15:29donc il n'y a plus de
01:15:31il n'y a aucun contexte porteur
01:15:32de ce point de vue-là
01:15:33il ne faut pas se faire
01:15:34d'illusions
01:15:34même si Netanyahou
01:15:36n'était plus au pouvoir
01:15:38ça ne changerait pas grand chose
01:15:39dans
01:15:41finalement
01:15:41cette impasse
01:15:43dans laquelle on se trouve
01:15:44sur le volet israélo-palestinien
01:15:46c'est une société
01:15:47en guerre permanente
01:15:48et sur plusieurs fronts
01:15:50Gilles Paris
01:15:51c'est une société
01:15:52qui se sent isolée
01:15:53et cet isolement
01:15:55au lieu de la pousser
01:15:56à
01:15:57isoler
01:15:58oui isoler
01:15:59d'un point de vue diplomatique
01:16:00c'est éclatant
01:16:01malgré le soutien américain
01:16:03malgré le soutien
01:16:04de nombreux pays européens
01:16:05le soutien américain
01:16:06est de plus en plus flottant
01:16:07on voit cette fracture
01:16:08qui grandit
01:16:09au sein des opinions publiques
01:16:11américaines
01:16:12démocrates bien sûr
01:16:13mais aussi républicaines
01:16:14on a vu
01:16:17cette marée
01:16:18de responsables
01:16:19de délégués aux Nations Unies
01:16:20quitter la salle
01:16:21au moment du
01:16:21de l'Assemblée Générale
01:16:22des Nations Unies
01:16:23quand Benjamin Netanyahou
01:16:25est monté à la tribune
01:16:25on voit les premières sanctions
01:16:27européennes
01:16:28donc il y a effectivement
01:16:29un isolement
01:16:30diplomatique
01:16:31mais au lieu de produire
01:16:32un réexamen
01:16:34des positions
01:16:35politiques
01:16:36et diplomatiques
01:16:37d'Israël
01:16:37jusqu'à présent
01:16:38ça durcit plutôt
01:16:39l'aile la plus radicale
01:16:41elle se sent
01:16:43elles se sont
01:16:43confortées
01:16:44par cette opposition
01:16:46parce qu'elle a raison
01:16:47elle a raison
01:16:47contre tout le monde
01:16:48il y a la question
01:16:49des imaginaires
01:16:50qui est absolument
01:16:52incontournable
01:16:52dans toute société
01:16:53qui s'apprête
01:16:55à aller voter
01:16:56dans le contexte
01:16:57il y a un film
01:16:57qui a fait beaucoup parler
01:16:59de lui
01:16:59à la Mostra
01:17:00de Venise
01:17:01qui revient sur les traumatismes
01:17:03de soldats
01:17:03qui ont participé
01:17:04à la guerre
01:17:05à Gaza
01:17:06est-ce que ce film-là
01:17:08est de nature
01:17:09à bouleverser
01:17:10influer
01:17:11alors peut-être
01:17:12pas le vote
01:17:13mais l'état d'esprit
01:17:14de la société israélienne
01:17:15Alexandra Schwarzmann
01:17:16non il influe
01:17:17il a surtout
01:17:18un gros impact
01:17:19en dehors d'Israël
01:17:20en dehors d'Israël
01:17:21en dehors d'Israël
01:17:25militantisme
01:17:26et donc
01:17:27d'ailleurs la preuve
01:17:28Benjamin Netanyahou
01:17:29a demandé
01:17:30de déchoir
01:17:31de leur nationalité
01:17:32les deux réalisateurs
01:17:33et vous voyez
01:17:33Delphine Orvilleur
01:17:35qui est cette rabbine
01:17:37qui sort un livre
01:17:39précisément
01:17:40pour dire
01:17:40qu'elle n'a pas assez vu
01:17:43la douleur des palestiniens
01:17:44quand elle écrit un livre
01:17:46après le 7 octobre
01:17:47et bien elle dit
01:17:48certes ce film
01:17:49pour elle
01:17:50est du militantisme
01:17:51mais c'est un film
01:17:53qui devrait être vu
01:17:54en Israël
01:17:55par tout le monde
01:17:55parce que c'est un film
01:17:57qui raconte quand même
01:17:59comment cette société
01:18:00en est venue
01:18:01maintenant
01:18:01à accepter
01:18:04de tuer
01:18:04des centaines
01:18:05de palestiniens
01:18:06pour atteindre
01:18:07un terroriste
01:18:08du Hamas
01:18:09D'un mot Gilles Paris
01:18:10sur l'influence
01:18:12que pourrait avoir
01:18:12ce film
01:18:13qui
01:18:14NASA
01:18:15voudrait dire
01:18:15dommages collatéraux
01:18:17c'est un film
01:18:18qui évidemment
01:18:18entre dans la bataille
01:18:20des législatives
01:18:21qui est plus une mêlée
01:18:23où on donne des coups
01:18:24et donc il est
01:18:25il est réquisitionné
01:18:27pour dénoncer
01:18:28tous ceux
01:18:29qui sont traîtres à la patrie
01:18:29c'est comme ça
01:18:30que sont présentés
01:18:31les réalisateurs
01:18:31très concrètement
01:18:33et néanmoins
01:18:34le fait est que
01:18:35c'est un film
01:18:36qui a été réalisé
01:18:36par des Israéliens
01:18:38et il y a des organisations
01:18:39comme Breaking the Silence
01:18:41qui donnent la parole
01:18:42aux soldats
01:18:44une parole
01:18:44qui n'était pas forcément
01:18:46écoutée par les
01:18:47les plus grands médias
01:18:47israéliens
01:18:48mais le fait est que
01:18:49le fait que des Israéliens
01:18:51puissent malgré tout
01:18:52regarder ce qui se passe
01:18:54les yeux grands ouverts
01:18:56c'est un signe plutôt
01:18:57encourageant
01:18:58Alain Dikoff
01:18:59un mot sur la jeunesse israélienne
01:19:00car Israël est un pays jeune
01:19:03c'est une jeunesse désenchantée
01:19:05c'est une jeunesse
01:19:06qui arrive à se projeter
01:19:09alors oui
01:19:10elle se projette
01:19:11mais c'est aussi une jeunesse
01:19:12divisée
01:19:13parce que vous allez avoir
01:19:14d'un côté
01:19:15des gens qui vont être
01:19:16dans les start-up
01:19:18dont une partie
01:19:19d'entre eux
01:19:20est plutôt dans une logique
01:19:21qu'on pourrait appeler
01:19:22un peu progressiste
01:19:23mais vous avez aussi
01:19:24et ça il faut le dire aussi
01:19:26une jeunesse quand même
01:19:28assez nombreuse
01:19:29qui est clairement à droite
01:19:30voire à l'extrême droite
01:19:31une partie du succès
01:19:32de l'extrême droite
01:19:33il est aussi dû à une fraction
01:19:34de la jeunesse israélienne
01:19:35aujourd'hui
01:19:36donc c'est
01:19:38ça veut dire que
01:19:40il y a
01:19:41de ce point de vue là
01:19:42l'avenir électoral
01:19:43de l'extrême droite
01:19:45il est aussi
01:19:46en partie assuré
01:19:46par une partie
01:19:47de la jeunesse israélienne
01:19:48merci infiniment
01:19:49à tous les trois
01:19:50c'était absolument passionnant
01:19:52on va rappeler
01:19:53vos livres
01:19:54Alain Dikoff
01:19:55Israël
01:19:55Palestine
01:19:56une guerre sans fin
01:19:57Alexandra Schwarzbrot
01:19:58vous venez de publier
01:19:59les fantômes de Gaza
01:20:00aux éditions
01:20:01la manufacture de livres
01:20:03et puis Gilles Paris
01:20:04cet atlas utile
01:20:06très utile
01:20:07et très précieux
01:20:08qu'il va falloir
01:20:09remettre à jour
01:20:10je pense
01:20:10c'est prévu
01:20:11très régulièrement
01:20:12c'est prévu
01:20:12merci à tous les trois
01:20:13débat doc c'est terminé
01:20:15je vous retrouve très bientôt
01:20:16sur LCP
01:20:17et N5
01:20:18pauches
01:20:19on fume
01:20:19d'où

Recommandations