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En deux décennies, les primaires ont bouleversé la vie politique française. Présentées comme un progrès démocratique destiné à redonner la parole aux militants et à légitimer les candidats, elles ont pourtant produit un paradoxe spectaculaire : en 2017, leurs deux vainqueurs, François Fillon et Benoît Hamon, ont été balayés dès le premier tour de l'élection présidentielle, ouvrant la voie à l'irruption d'Emmanuel Macron et à l'effondrement durable des partis traditionnels.En vue de l'élection présidentielle de 2027, elles font pourtant leur grand retour à gauche. Cinq candidats s'affrontent lors du premier tour, les 9 et 10 octobre prochains. Ces primaires parviendront-elles à faire émerger un candidat social-démocrate rassembleur et à mobiliser un électorat, ou la malédiction politique des primaires frappera-t-elle de nouveau ?Pour en débattre, Ali Baddou reçoit Patrice Duhamel, journaliste politique, Françoise Fressoz, éditorialiste au Monde, et Rémi Lefebvre, professeur de science politique à l'université de Lille et spécialiste des campagnes électorales.
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00:00:01Paris partirisée et Paris libérée.
00:00:08Aucune femme ne recourt de gaieté de coeur à l'avortement.
00:00:11Vous n'avez pas M. Mitterrand le monopole du coeur.
00:00:14Qui s'aime la misère récolte la colère, c'est ce qu'ils ont aujourd'hui.
00:00:16La justice française ne sera plus une justice qui tue.
00:00:27Quand on regarde la composition de cette primaire,
00:00:31presque aucun n'est resté au Parti Socialiste après.
00:00:35Pas plus le vainqueur que les vaincus.
00:00:38Franchement, qu'un parti puisse organiser une primaire
00:00:40au terme de laquelle plus personne n'est au Parti Socialiste,
00:00:44ça n'avait aucun sens.
00:00:46Bonsoir, ravi de vous retrouver et bienvenue dans Débat Doc
00:00:49avec un documentaire exclusif pour la chaîne parlementaire ce soir.
00:00:54Primaire, une machine à perdre, il y a un point d'interrogation.
00:00:57Le film est écrit par Patrice Duhamel et Michel Cotta,
00:01:01réalisé par Pauline Pallier.
00:01:03Elles ont été présentées comme une promesse démocratique.
00:01:06Les primaires ont produit en 2017 un paradoxe spectaculaire.
00:01:10Cette année-là, les deux vainqueurs, à droite François Fillon,
00:01:13à gauche Benoît Hamon, sont balayés dès le premier tour de la présidentielle.
00:01:18C'est le récit de cette ascension et de cette chute que vous allez découvrir.
00:01:22En 2027, vous savez que la gauche social-démocrate renoue avec l'exercice.
00:01:27La malédiction est-elle toujours là ?
00:01:30Nous en débattrons avec Patrice Duhamel, co-auteur du documentaire,
00:01:34Françoise Fressoz, journaliste et éditorialiste au journal Le Monde,
00:01:38et Rémi Lefebvre, politiste et spécialiste des primaires et des processus électoraux.
00:01:43Débat doc, c'est parti !
00:01:48Pour qu'une primaire soit réussie, il faut qu'elle porte l'idée d'une victoire.
00:01:52J'ai le caractère aujourd'hui pour accomplir cette tâche.
00:01:56Quand il n'y a pas de chef qui s'impose à la totalité des troupes, il faut bien en
00:02:00choisir un.
00:02:01C'est de là, de cette primaire, que va émerger le candidat qui peut demain rassembler la gauche.
00:02:07Une primaire est nécessaire quand il n'y a pas d'autre solution.
00:02:10Pour devenir président, il faut l'avoir été, et bien moi je pense exactement le contraire.
00:02:14Les débats, ils peuvent faire apparaître de nouvelles personnalités.
00:02:17C'est un peu comme dans la télé-réalité.
00:02:19Chaque personnage finit par incarner une ligne.
00:02:22Quand la droite est de droite, elle n'a pas besoin de laisser sa place à l'extrême droite.
00:02:27C'est des débats qu'on n'a jamais ailleurs, c'est des débats qu'on a très rarement dans
00:02:31d'autres instances.
00:02:31Il y a une démocratie, la compétition n'a jamais fait de mal à personne.
00:02:35Les débats, c'est des moments de vérité en fait.
00:02:37C'est fratricide, c'est forcément violent.
00:02:40Elle crée plus de division qu'elle n'assure de rassemblement.
00:02:44Mais la division est le produit d'une promesse électorale non tenue.
00:02:50Je ne m'enregistrais pas là, c'est dommage.
00:02:52Si, mais j'ai...
00:02:53C'est qu'à part François Hollande qui l'a gagné parce qu'il a beaucoup surfé sur l'anti
00:02:57-sarkosisme,
00:02:58jamais un vainqueur de la primaire n'a remporté l'élection présidentielle.
00:03:02Donc primaire, machine à perdre, oui certainement on peut le dire.
00:03:34Il est 20 heures.
00:03:38En tête, Jacques Chirac, 20% des voix, énorme surprise.
00:03:42Jean-Marie Le Pen semble devoir être le second avec 17% des voix.
00:03:46C'est une douche froide, le mot est faible.
00:03:48C'est un véritable état de choc qui règne ici au quartier général de Lionel Jospin.
00:03:54Le premier tour des élections présidentielles délivre toujours dans notre pays un message très fort.
00:04:00Ce soir, il est tout à fait bouleversant.
00:04:02Et nous vivons là les conséquences de la dispersion évidente des voix de gauche.
00:04:07Jean-Pierre Chevènement, 5,3. Noël Mamère, 4,9.
00:04:10Pour 2002, des candidats n'auraient pas dû se présenter.
00:04:16Parce que Lionel Jospin avait gouverné avec les socialistes, les communistes, les écologistes.
00:04:23Et donc d'avoir voulu faire du premier tour de l'élection présidentielle une primaire,
00:04:27on a eu le résultat que l'on sait, c'est-à-dire Le Pen au second tour.
00:04:32N'oubliez pas que c'est par les élections qu'il est arrivé au pouvoir.
00:04:35Pour la première fois dans l'histoire politique française,
00:04:38le match présidentiel se joue entre la droite et l'extrême droite.
00:04:42Pour les socialistes, c'est la fin de la désignation naturelle du leader à l'élection présidentielle.
00:04:52Les logiques, longtemps, ont été fondées sur la prédominance des partis.
00:04:58C'était le parti qui faisait qu'il y avait une cordière qui s'imposait.
00:05:03Dans la famille de gauche, au sens large, il y a de toute façon une culture qu'il faut négocier
00:05:09en interne.
00:05:09La verticalité, elle est beaucoup plus propre à un leader désigné de droite qu'à un leader de gauche.
00:05:17Nous, on n'a pas ces cultures de... Il y a des courants dans le parti.
00:05:21Nous, on a la culture du chef.
00:05:23Donc pour nous, le chef, c'était le chef du parti, c'était le candidat naturel.
00:05:28Dès lors qu'on a douté de la capacité des partis à choisir les candidats,
00:05:34les primaires se sont imposées.
00:05:36Avec la primaire, pour la première fois, ce jeu est bouleversé.
00:05:39Ce sont les citoyens eux-mêmes qui peuvent influencer,
00:05:42qui dépossèdent les partis politiques de cette prérogative
00:05:45en désignant ce candidat directement, sans passer par le filtre traditionnel des partis politiques.
00:05:55Bonsoir, merci d'être en direct.
00:05:58Cette soirée est une première dans l'histoire politique de ce pays
00:06:02et c'est une première pour la télévision.
00:06:04Bienvenue à vous trois sur ce plateau.
00:06:06Laurent Fabius, bonsoir.
00:06:07Bonsoir.
00:06:08Dominique Soscan, bonsoir.
00:06:09Bonsoir.
00:06:10Et il y a Ségolène Royal, donc, qui casse les codes,
00:06:12un certain nombre de codes de gauche.
00:06:14Ségolène Royal, bonsoir.
00:06:34Bonsoir.
00:06:34Qui est vinible, sur laquelle je n'insisterai pas.
00:06:39Il y avait aussi une vraie effervescence avec elle,
00:06:42puisqu'elle était la favorite, non pas des sondages,
00:06:46mais la favorite des Français, parce qu'elle avait gagné une vraie légitimité
00:06:50depuis un moment très particulier, les régionales de 2004.
00:06:53Alors que DSK, Fabius, étaient beaucoup plus classiques.
00:06:57C'étaient des gens qui, évidemment, avaient une légitimité,
00:06:59avaient une stature présidentielle, mais ils étaient beaucoup plus classiques.
00:07:03Il y a toute une série de discussions techniques qu'on peut avoir.
00:07:06Et il est important de maîtriser la technique.
00:07:08Mais ce qui compte, c'est le projet politique.
00:07:10Mon projet, il est social.
00:07:12Avant tout social, je l'ai dit.
00:07:14J'avais assez tôt compris, au-delà du lien qui munissait à Ségolène Royal,
00:07:20qu'elle était portée par une part de l'opinion,
00:07:24et notamment par l'électorat socialiste.
00:07:26Là, elle était en concurrence avec deux personnalités très fortes,
00:07:32Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, et rien n'y a fait.
00:07:35Ce que je souhaite, c'est incarner un désir d'avenir.
00:07:38C'est que la France se dise qu'elle a plein de talents.
00:07:43Il faut reconnaître l'image de Ségolène Royal, à ce moment-là,
00:07:46est très positive. Elle change, c'est une femme.
00:07:48Elle parle directement, traite de la question de la sécurité,
00:07:52à travers l'idée de l'ordre juste, qui est une formidable formule,
00:07:56qui aurait presque dû être totalement le slogan et le cœur de sa campagne.
00:08:00Oui, je revendique l'objectif d'ordre juste et de sécurité durable.
00:08:07Pour moi, c'est ça 2007, c'est vraiment 2006-2007,
00:08:10l'émergence d'une demande de plus grande radicalité,
00:08:14de candidats un peu différents.
00:08:15Sa victoire était celle, elle l'a appelée ainsi d'ailleurs,
00:08:18d'un désir de sa candidature.
00:08:21Et c'est pourquoi elle l'a emportée largement.
00:08:24Ségolène Royal l'emporte avec plus de 60% des voix.
00:08:28L'événement, c'est aussi le succès des débats organisés par les chaînes parlementaires,
00:08:33avec près de 700 000 téléspectateurs.
00:08:35Amel, dans son fief électoral, Ségolène Royal a le grand sourire des vainqueurs.
00:08:40Je veux la féliciter de son beau succès.
00:08:44Je lui souhaite bonne chance pour le grand combat contre la droite et l'extrême droite.
00:08:51C'est désormais à Ségolène Royal de ressouder le parti socialiste
00:08:54pour s'imposer comme vrai leader de la gauche face à Nicolas Sarkozy.
00:08:59Nous, on n'avait pas à ce moment-là de problème de leadership.
00:09:01Tout le monde était d'accord pour intégrer qu'après Jacques Chirac, ce serait Nicolas Sarkozy.
00:09:07Et donc, c'était un objet un peu non identifié pour nous.
00:09:11Je mesure l'immense responsabilité de ne pas décevoir toutes celles et ceux qui espèrent.
00:09:19Je me suis dit, tiens, un exercice intéressant au parti socialiste,
00:09:24qui a fait exploser complètement les favoris et qui a permis l'émergence d'une femme.
00:09:30Je me suis dit, ça ne peut arriver qu'à gauche.
00:09:36Ségolène Royal, quand elle est sortie de cette primaire,
00:09:39a été plutôt considérée comme pouvant l'emporter.
00:09:42Ce n'est que dans la campagne que ça s'est inversé.
00:09:443, 2, 1, Nicolas Sarkozy est élu nouveau président de la République avec 53%.
00:09:54Ségolène Royal échoue avec seulement 47% des suffrages.
00:09:59Ses concurrents de la primaire ne l'ont pas franchement soutenu.
00:10:03Et elle n'a pas vraiment réussi à resserrer les rangs.
00:10:15Pour la présidentielle de 2012, les socialistes choisissent 7 fois la primaire ouverte
00:10:20face à l'hyper-président Nicolas Sarkozy.
00:10:22La bataille interne sera rude.
00:10:26Dominique Strauss-Kahn était le favori de cette primaire
00:10:29et même de l'élection présidentielle, il ne faut jamais l'oublier.
00:10:32Tout bascule le 14 mai 2011, avec le crash de Dominique Strauss-Kahn à New York.
00:10:39Et donc le jeu est de nouveau ouvert.
00:10:42Et la primaire s'impose plus que jamais.
00:10:50Le 15 septembre 2011, ces primaires s'installent sur France 2.
00:10:54Le succès est immédiat avec près de 5 millions de téléspectateurs.
00:10:59Bonsoir, merci d'être avec nous.
00:11:01C'est une soirée politique inédite que nous allons vivre ensemble.
00:11:04La primaire, comme les débats télévisés donc, qui sont organisés pour cela,
00:11:09marque un changement absolu de culture.
00:11:12C'est un formidable spectacle.
00:11:14Voir des personnalités qui appartiennent théoriquement à une même famille,
00:11:19plus ou moins large, se faire une dispute devant les Français,
00:11:24franchement, les chaînes d'information auraient tort de s'en priver.
00:11:27Ils sont réunis ici pour la première fois sur un plateau de télévision
00:11:32pour parler de leurs projets, de leurs priorités.
00:11:36Bonsoir.
00:11:36Tous les électeurs peuvent participer à cette primaire ouverte.
00:11:40Il suffit de payer 2 euros et de signer la charte des valeurs de la gauche.
00:11:44Arnaud Montebourg.
00:11:45Bonsoir.
00:11:46Jean-Michel Baillet.
00:11:47Bonsoir.
00:11:48François Hollande.
00:11:49Bonsoir.
00:11:50Martine Aubry.
00:11:51Bonsoir.
00:11:52Manuel Valls.
00:11:53Bonsoir.
00:11:53Ségolène Royal.
00:11:54Bonsoir.
00:11:55Merci d'avoir…
00:11:56Tout le monde, quand je dis tout le monde, c'était dans les commentateurs,
00:11:58était persuadé que Ségolène Royal allait arriver en tête.
00:12:02Sur un plan politique, est-ce que vous diriez que vous êtes plus à droite,
00:12:06plus à gauche, plus libérale, plus dirigiste ?
00:12:09En 2007.
00:12:10Elle avait un lien avec, notamment, le corps électoral le plus radical, le plus mobilisé.
00:12:15Mais ce qu'on ne voyait pas, c'était que ce lien, c'était considérablement distendu.
00:12:19D'abord, je ferais la République du respect, je ferais l'ordre social juste, avec la participation…
00:12:25Et puis, de vague en vague, Ségolène Royal reculait.
00:12:27La finalité de la participation du peuple de gauche, des électrons de gauche, à la primaire et à la primaire
00:12:34enceinte, c'était,
00:12:34et je l'ai dit de manière presque triviale, mais c'est comme ça que c'était dit, désigner celui
00:12:38qui va nous débarrasser de Nicolas Sarkozy.
00:12:41Il y a beaucoup de bons profils autour de la table, François Hollande.
00:12:44Oui, vous savez, nous allons sortir en 2012 d'une présidence éprouvante.
00:12:50Alors, j'allais dire, le président ou la présidente que les Français attendent pour 2012,
00:12:55c'est celui ou celle qui aura cette constance, cette cohérence, cette stabilité.
00:13:02On se souvient surtout d'une Martine Aubry en contrôle, d'un François Hollande extrêmement prudent.
00:13:08Il voulait surtout assurer leur place au premier, plutôt leur qualification pour le second tour.
00:13:13Le bon profil, il y en a beaucoup autour de la table, mais le bon profil,
00:13:17c'est celui qui incarnera le mieux les valeurs de la France en lui apportant, bien sûr, les réponses d
00:13:22'aujourd'hui.
00:13:22Moi, je suis un peu en marge du Parti Socialiste.
00:13:24Je suis très critique sur la direction incarnée par Martine Aubry.
00:13:29Elle a voulu même, à un moment, m'éjecter, m'exclure du Parti Socialiste.
00:13:35Donc, oui, c'est l'occasion d'affirmer une ligne sociale libérale.
00:13:40Vous dites, priorité numéro un, on arrive au pouvoir, le rétablissement des finances publiques,
00:13:45c'est-à-dire qu'il faut augmenter les recettes et diminuer les dépenses.
00:13:47En tout cas, il faut aller vers l'équilibre de nos finances publiques.
00:13:50Et la deuxième priorité, elle est liée, parce que sans croissance, il n'y aura pas de recettes,
00:13:54c'est le soutien à la compétitivité.
00:13:56Il y a bien sûr, dans un processus de primaire, toujours des candidats qui savent bien qu'ils ne vont
00:14:02pas être le gagnant,
00:14:03mais qui se positionnent pour la suite, qui se positionnent pour être quelqu'un qui pèse
00:14:09et qui donc pourra ensuite rentrer dans le gouvernement, voire occuper des fonctions éminentes, comme Manuel Valls.
00:14:14Les débats, ils peuvent faire apparaître de nouvelles personnalités,
00:14:18ça a été le cas pour Arnaud Montebourg et moi, mais aussi les différences qui peuvent exister.
00:14:23Puisque pour gagner une élection, vous êtes obligés de marquer la différence.
00:14:27Sachez bien qu'il y a 150 000 jeunes, 150 000, sur une génération qui fait à peu près 650
00:14:33000,
00:14:34qui sortent sans diplôme, sans qualification, sans formation.
00:14:37Et pour un candidat à la présidence de la République, pour celui qui veut changer son pays,
00:14:41même dans ce contexte de crise, surtout dans ce contexte de crise, il faudrait rien dire.
00:14:44J'avais trouvé, je pense, la bonne façon d'être en relation avec les Français sur ce scrutin-là.
00:14:51C'est vraiment à ce moment-là que le vote utile s'est imposé dans cette primaire de manière massive.
00:14:56Ça ne veut pas dire qu'il n'y avait pas d'adhésion à François Hollande.
00:14:59Mais l'objectif de ce corps électoral, prioritaire, et on le mesurait aussi,
00:15:04c'était vraiment un vote utile anti-Nicolas Sarkozy.
00:15:08Je n'aime pas les richesses. Est-ce que vous regrettez, d'abord, une petite phrase ?
00:15:10Je regrette d'avoir peut-être utilisé une formule trop rapide.
00:15:12Qu'est-ce que je voulais dire ?
00:15:14Je n'aime pas la richesse insolente.
00:15:15Je n'aime pas les rémunérations indécentes.
00:15:18C'est un homme proche des gens qui s'était une proximité identificatoire.
00:15:22Il nous ressemble, il est comme nous.
00:15:24Il va se distinguer de la présidence exceptionnelle de Nicolas Sarkozy avec sa présidence normale.
00:15:31François Président ! François Président !
00:15:35Le 16 octobre 2011, François Hollande l'emporte largement face à Martine Aubry.
00:15:42Mais les débats ont mis en lumière de nombreuses divergences.
00:15:46Martine Aubry et François Hollande s'embrassent et le candidat désigné prend la main de sa rivale, comme pour mieux
00:15:52faire oublier les dernières piques de l'entre-deux-tours.
00:15:54Autant je trouvais que l'engouement par la participation était encourageant, autant je pouvais m'inquiéter du succès médiatique de
00:16:05ces débats.
00:16:06Parce que, même s'ils auraient été plutôt maîtrisés, encadrés et que ça n'a pas eu de débordement, néanmoins,
00:16:15ça donne l'image d'une fracture, ça donne l'image d'une division.
00:16:20Cette embrassade n'est telle que de circonstances, les bons sentiments et les sourires de façade.
00:16:26Non, on n'a plus rien à perdre !
00:16:28J'ai trouvé qu'il y avait des points de flou, j'ai bien compris qu'il essayait de passer
00:16:32entre les gouttes quand je lui posais un certain nombre de questions.
00:16:34Ma grand-mère disait quand c'est flou c'est qu'il y a un loup.
00:16:37Des expressions comme celle de Martine Aubry, quand c'est flou il y a un loup, ou même une expression
00:16:42sur la gauche molle.
00:16:44Un candidat flou, une gauche molle, son rival préfère sourire de ses attaques.
00:16:51Vous traînez ça pendant des semaines et des semaines, mais vous le traînez pas simplement pendant la campagne.
00:16:58Ça c'est une chose, mais vous le traînez même une fois que vous avez été élu, puisque c'est
00:17:02finalement au sein de votre propre famille que ces arguments sont utilisés, c'est qu'ils doivent être vrais.
00:17:08Les polémiques elles sont inéluctables si je puis dire, mais d'où l'importance pour le vainqueur
00:17:15d'arriver à cautériser les plaies, à rassembler la famille, à le faire immédiatement, pour que ceux qui ont porté
00:17:22ces polémiques, eh bien envoient un signal fort et clair
00:17:25que maintenant ils sont derrière le candidat désigné. Sinon ça vous affaiblit.
00:17:29La logique aurait voulu que vainqueur de la primaire devienne même chef du parti pendant le temps de la campagne.
00:17:39La question même se pose, est-ce que Martine Aubry doit rester première secrétaire du PS ?
00:17:44Il y avait Martine Aubry, et comme Martine Aubry en plus avait été une concurrente, c'eût été tout à
00:17:51fait, non pas simplement désagréable,
00:17:54mais un signe de division supplémentaire que de revendiquer de lui prendre en plus sa place de premier secrétaire.
00:18:01Il ne veut pas provoquer une crise avec Martine Aubry parce qu'il pense que ça va affaiblir notre campagne.
00:18:11Le 6 mai 2012, 7 mois après sa victoire aux primaires, François Hollande est élu président de la République.
00:18:20Mais ce succès n'efface pas les divisions internes. La synthèse s'est révélée difficile.
00:18:29On voit déjà apparaître ceux qui deviendront deux ans plus tard les frondeurs.
00:18:37Donc c'est pour ça que chaque fois qu'il y a une primaire, elle crée plus de divisions qu
00:18:43'elle n'assure de rassemblements.
00:18:44Et donc elle va avoir des conséquences à la fois de divisions à l'intérieur
00:18:50et d'utilisation de ce qui s'est passé dans la primaire par les concurrents extérieurs.
00:19:03En 2017, la droite organise à son tour une primaire ouverte.
00:19:087 candidats, 10 000 bureaux de vote.
00:19:12Elle espère ainsi susciter un élan auprès des électeurs et départager les ténors.
00:19:18La campagne sera vigoureuse.
00:19:22Bonsoir à tous, au nom du télé, bienvenue dans cette salle Vagram qui a déjà accueilli des matchs de boxe.
00:19:27Mais là, on est dans un débat républicain.
00:19:29Vous connaissez les règles, vous avez le même temps de parole, tous les 7, des réponses qui feront une minute.
00:19:35On avait quand même tous les éléphants de la politique française à droite de l'époque.
00:19:38Vous avez quand même parmi les candidats un ancien président de la République qui essaie de faire son retour et
00:19:44notamment deux premiers ministres.
00:19:47Quand il n'y a pas de chef qui s'impose de façon consensuelle à la totalité des troupes, il
00:19:54faut bien en choisir un.
00:19:55J'ai annoncé ma candidature déjà dès 2015, autant que je me souvienne.
00:19:59Ça avait surpris un petit peu à l'époque d'ailleurs, mais mes propres amis ne s'y attendaient peut
00:20:05-être pas.
00:20:06Nous, on pensait, au démarrage de cette primaire de 2016, que c'était le grand retour de Sarkozy
00:20:10et que Sarkozy allait faire ce qu'on appelait l'effet blast et que, finalement, nous allions tous devoir nous
00:20:16ranger derrière lui.
00:20:18Très vite, le débat se concentre sur le bilan de la présidence Sarkozy.
00:20:22Nicolas Sarkozy, comment expliquez-vous que tous ces candidats soient là contre vous ?
00:20:28D'abord, ils ont le droit d'être candidats, de même qu'ils avaient le droit d'accepter les responsabilités
00:20:33que je leur ai confiées.
00:20:35Il y a une démocratie, la compétition n'a jamais fait de mal à personne.
00:20:38Nicolas Sarkozy est arrivé et n'avait pas renouvelé son offre politique.
00:20:43Il refait quelque chose autour de la critique, du manque d'autorité, etc.
00:20:48Mais on a l'impression qu'il n'y a pas de nouveauté et la société, elle a changé.
00:20:52Au fil des débats de la primaire, on s'est rendu compte que, finalement, Sarkozy n'apportait plus d'idées
00:20:59neuves dans le débat.
00:21:00Alain Juppé, pourquoi vous ?
00:21:04Nous vivons dans un monde instable et dangereux, nous en avons parlé.
00:21:07L'avenir est à la fois lourd aux menaces et riche de promesses.
00:21:11Face au bilan du couple Sarkozy-Fillon, Alain Juppé apparaît dans les sondages comme le grand favori.
00:21:18Lorsqu'on commence nos enquêtes, Juppé culmine à 44% pour le premier tour et François Fillon est dans la
00:21:26zone des 9%.
00:21:27Les sondages qui sont pendant des mois et des mois tous convergents et qui me donnaient une très large avance,
00:21:32ça finit par vous donner une certaine confiance dans les choses.
00:21:37Et du côté de l'équipe de François Fillon, certains commençaient à prendre contact avec mon équipe pour rejoindre le
00:21:46camp majoritaire, c'est-à-dire le mien.
00:21:48Je voudrais faire remarquer, c'est ça l'intérêt de ce débat, il n'y a pas d'un côté
00:21:50ceux qui savent et puis de l'autre ceux qui sont juste là pour prendre des cours.
00:21:53Je ne m'attendais pas à gagner et d'ailleurs, ça me donnait une grande liberté dans les débats.
00:21:59Il y a des millions de Françaises et de Français qui n'ont rien demandé à personne, qui travaillent ou
00:22:03qui ont travaillé sur leur retraite aujourd'hui et qui sont pointés du doigt.
00:22:06Donc il faut leur répondre.
00:22:07François Fillon honnêtement me regardait de haut en bas parce que c'était une manière pour lui, et on peut
00:22:12le comprendre, de régler son compte.
00:22:14Le chômage a augmenté les deux fois, la délinquance, l'immigration, donc je ne vois qu'une solution par rapport
00:22:20à ça.
00:22:21Nicolas Sarkozy ne me regardait pas du tout.
00:22:23Et la droite décomplexée, je termine là-dessus, la droite décomplexée, c'est de dire, on change les règles.
00:22:27C'est vous dire que la tension était forte et c'est normal parce que c'est un combat d
00:22:31'hommes et que la primaire, qu'on le veuille ou non, c'est un combat d'hommes.
00:22:35Une question simplement peut-être, vous en avez vous-même parlé hier soir Nicolas Sarkozy, avez-vous, oui ou non,
00:22:41reçu de l'argent liquide de Lili pour financer votre campagne de 2007,
00:22:46comme l'a affirmé l'intermédiaire Ziad Taqeddin, alors pas seulement dans les médias, mais à la justice française hier
00:22:51aussi.
00:22:54Quelle indignité.
00:22:56Nous sommes sur le service public.
00:22:58Vous en avez parlé, vous n'avez pas honte de donner écho à un homme qui a fait de la
00:23:04prison, qui a été condamné...
00:23:06Les affaires financières vont s'inviter dans le débat. François Fillon est très offensif. Il prend pour cible Nicolas Sarkozy.
00:23:14Il incarnait une morale en politique, vous savez, le coup de poignard efficace qu'il avait fait contre Sarkozy en
00:23:22disant « le général de Gaulle mis en examen ».
00:23:24Vous vous souvenez de cette célèbre phrase ?
00:23:25Qui imagine un seul instant le général de Gaulle mis en examen ?
00:23:29Fillon a déclenché les hostilités et donc les affaires se sont invitées dans la primaire.
00:23:34Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable.
00:23:41Et il est apparu, j'allais dire, exempt des affaires, contrairement à Nicolas Sarkozy.
00:23:45Et François Fillon, il est probablement le plus à droite, mais il est surtout le plus libéral.
00:23:50Et il y avait un créneau sur le plan économique auprès des électeurs de la primaire,
00:23:56effectivement autour d'un programme de diminution forte du nombre de fonctionnaires.
00:24:00Il ne s'agit pas de supprimer des postes de fonctionnaires pour le plaisir.
00:24:03On sait bien qu'il y a besoin de fonctionnaires.
00:24:05Mais il s'agit de regarder si c'est possible de continuer avec une fonction publique grosso modo à 5
00:24:11,5 millions de personnes,
00:24:13alors que nous empruntons tous les jours pour payer les salaires d'aujourd'hui.
00:24:17Pourquoi je propose 500 000 ? Parce que j'augmente le temps de travail.
00:24:20Je ne sais pas si vous vous souvenez, c'était une surenchère pour savoir combien de postes de fonctionnaires on
00:24:24allait supprimer.
00:24:26Certains 500 000, etc.
00:24:28Donc j'ai évité de me lancer dans ce genre d'enchères.
00:24:31Je pense que 500 000, ça n'est pas possible.
00:24:33François a annoncé d'abord 600 000, puis 500 000, d'abord 500 000 fonctionnaires.
00:24:38Maintenant, c'est 500 000 fonctionnaires et emplois publics.
00:24:41Pour moi, celui qui correspondait le plus à mes convictions politiques, à mon ADN politique, c'était Alain Juppé.
00:24:49Il avait raison sur le fond, mais cette proposition de François Fillon, elle avait de l'impact,
00:24:54elle était lisible et elle a joué auprès d'un corps électoral qui était libéral.
00:24:58Et très clairement, se fait l'idée.
00:25:01L'idée qui fait son chemin, c'est qu'Alain Juppé pourrait être un bon président, mais ne sera peut
00:25:06-être pas un bon candidat.
00:25:07Le sujet est beaucoup plus important qu'on ne le dit.
00:25:11Il a été ouvert, Alain, par toile.
00:25:13Je me demande encore quel est le programme que nous pouvons bâtir avec François Bayrou,
00:25:19qui n'a cessé depuis trois mandats de voter avec la gauche, contre Jacques Chirac et contre nous.
00:25:25François Bayrou suscitait dans les troupes militantes du parti gaulliste une sorte de rejet quasi passionnel.
00:25:33Alors ça m'a apporté des choses d'un côté, ça m'a redranché de l'autre.
00:25:37Et pendant ce temps-là, François Fillon déroule son projet, déroule dans sa campagne et dans les débats un discours
00:25:45en s'adressant aux Français.
00:25:47Le résultat du premier tour de la primaire, j'étais au restaurant avec ma femme et mes enfants.
00:25:52Je ne vous cache pas que... Alors dans la journée, on avait commencé à dire, les deux jours précédents, bon,
00:25:57ça bouge un petit peu.
00:25:59Mais enfin, personne ne s'attendait à un tel écart.
00:26:01François Fillon, 42,8%.
00:26:06Alain Juppé, 26%.
00:26:09Accueilli en vainqueur, François Fillon remporte haut la main ce premier tour des primaires à droite.
00:26:15L'ancien premier ministre est arrivé en tête avec plus de 44% des voix, très loin devant ses adversaires.
00:26:23Donc là, l'outil a été semi-performant parce qu'on est très loin quand même du résultat final.
00:26:29On l'a à 30%, il fait un résultat bien plus élevé.
00:26:33C'est la surprise de cette soirée.
00:26:35Nicolas Sarkozy éliminé, c'est le grand perdant de la primaire avec un peu plus de 20% des votes.
00:26:43Avec 1,4%, Jean-Frédéric Poisson devance Jean-François Copé.
00:26:48Je pense que dans toute l'histoire de l'univers, c'est le plus mauvais résultat électoral jamais réalisé.
00:26:55Vraiment, là, je me suis débrouillé pour me distinguer en faisant le plus mauvais de tous les scores.
00:26:59Je crois que c'était 0,3%.
00:27:00Soit un score équivalent à celui des bulletins nuls et blancs enregistrés pour ce premier tour de la primaire.
00:27:07J'ai souvent dit à cette époque, ce ne sont pas les sondages qui font le résultat,
00:27:10ce sont les débats qui font les sondages.
00:27:13Dans l'entre-deux-tours, deux visions politiques s'opposent.
00:27:17Une droite très ferme sur l'immigration, face à une identité heureuse.
00:27:22Une idée sans doute bien trop à gauche pour un candidat à une primaire de droite.
00:27:27Pour moi, l'identité de la France, c'est d'abord sa diversité.
00:27:32Et j'ai peut-être là une divergence avec François.
00:27:35Parce que nous ne sommes pas tous pareils.
00:27:36Nous avons des origines différentes, nous avons des religions différentes.
00:27:40Certains n'en ont pas.
00:27:41Nous avons aussi des idées politiques différentes.
00:27:44Et c'est une richesse, c'est une force.
00:27:46Je considère pour ma part qu'il y a une forme de religion musulmane qui est compatible avec la République.
00:27:53Si on part du principe que ce n'est pas compatible, ça veut dire qu'il faut mettre dehors 5
00:27:57millions de Français.
00:27:58Ça me semble une aberration.
00:27:59Et François Fillon, lui, à l'inverse, avait compris de manière très très très très forte
00:28:05que la question de l'immigration et de la montée de l'islamisme seraient un élément clé.
00:28:10Pour vous, l'avenir de la France, c'est d'être une société multiculturelle ?
00:28:15La réponse est non.
00:28:16Parce que c'est une revendication extrêmement forte qui monte du plus profond au fond de l'âme française
00:28:22que de conserver nos repères, nos valeurs, une forme d'identité.
00:28:28En fait, il a montré une puissance régalienne plus grande.
00:28:33Et sur ces sujets d'immigration d'islam, il est apparu comme plus ferme que Calin Juppé.
00:28:39Moi, je défends depuis toujours que la modération est une discipline beaucoup plus exigeante que la montée aux extrêmes.
00:28:47Alors peut-être ai-je donné l'impression d'être trop modéré, mais je ne le regrette pas.
00:28:51L'inverse ! L'inverse ! L'inverse ! L'inverse !
00:28:55François Fillon est de loin le grand gagnant de la primaire.
00:28:58Plus de 66% des voix.
00:29:05Compte tenu d'où je venais, c'est-à-dire du RPR, et du RPR chiracien,
00:29:10qui n'avait pas la réputation d'être d'une modération ou d'une mollesse particulière,
00:29:14j'étais fort sur ma droite.
00:29:16Non, sur ma droite.
00:29:18Et que donc, j'ouvrais au centre.
00:29:20Je me suis trompé, c'est ma droite qui m'a lâché.
00:29:23Peut-être le tort d'Alain Juppé dans cette primaire, ça a été peut-être de jouer le deuxième tour,
00:29:27avant le premier, parce qu'il se sentait fort, fort sur cette primaire,
00:29:32peut-être d'avoir un peu surestimé son avantage.
00:29:36À partir du moment où François Fillon est élu,
00:29:38c'est plus le problème de Nicolas Sarkozy, d'Alain Juppé ou de qui que ce soit.
00:29:41C'est que tout le monde se jette dans les bras du gagnant.
00:29:44François Fillon me paraît avoir le mieux compris les défis qui se présentent à la France.
00:29:50Je voterai donc pour lui au second tour de la primaire.
00:29:53Et au mois de décembre 2016, François Fillon était sur un boulevard.
00:29:57J'ai besoin de vous.
00:29:59J'ai besoin de votre force.
00:30:01J'ai besoin de votre courage.
00:30:02Vive la République et vive la France.
00:30:08Au même moment, Hollande est dans la tourmente.
00:30:12Il est fortement contesté, y compris dans son propre camp.
00:30:16Les frondeurs réclament l'organisation d'une primaire.
00:30:19Et cela au moment où il atteint une impopularité record.
00:30:26La publication d'un livre politique nourrit de nombreuses confidences du Président
00:30:31aggrave la situation.
00:30:36Je trouve que ce n'est pas normal que le Président de la République
00:30:39s'épanche ainsi, y compris sur des secrets d'État.
00:30:45Je vois la colère monter contre François Hollande.
00:30:49Il y avait là une déconnexion entre une partie du peuple de gauche et le Président de la République
00:30:57qui était vertigineuse au moment où ça s'est passé.
00:31:03Mes chers compatriotes, je m'adresse à vous.
00:31:06Ce soir, j'ai décidé de ne pas être candidat à l'élection présidentielle.
00:31:12Pourquoi je n'ai pas été candidat en 2017 ?
00:31:16C'est parce qu'on me proposait de l'aide dans le cadre d'une primaire.
00:31:18Ça n'avait pas de sens.
00:31:19Que le Président sortant puisse s'exposer devant tous les Français
00:31:25aux critiques de ses propres amis, puisque c'était de ça dont il s'agissait ?
00:31:29C'était impossible et impensable.
00:31:32Bonsoir à toutes et à tous.
00:31:35Bienvenue à vous sept.
00:31:37Quelques mots des règles d'abord.
00:31:39Manuel Valls est notamment confronté à deux frondeurs.
00:31:42Benoît Hamon et Arnaud Montebourg.
00:31:45L'ancien Premier ministre va devoir porter seul le bilan du Président sortant.
00:31:49La carte blanche, c'est une minute en milieu de débat.
00:31:53Une minute pour vous, pour exprimer...
00:31:54La primaire de la gauche, c'est la première étape pour discréditer,
00:31:58pour un certain temps, la gauche du gouvernement.
00:32:01Et moi, je prends pour l'ensemble de l'œuvre.
00:32:03François Hollande n'est pas candidat.
00:32:05Donc la foudre, ça bat sur moi et je deviens le symbole de la gauche du gouvernement.
00:32:09J'abrogerais la loi El Khomri.
00:32:12Elle pose d'énormes problèmes d'abord.
00:32:14Elle n'a pas été discutée par le Parlement,
00:32:16puisqu'il y a eu une sorte de coup de force
00:32:19à travers l'usage du 49-3.
00:32:21Arnaud Montebourg était une figure plus emblématique
00:32:24d'un face-à-face avec François Hollande.
00:32:26Là où, quand François Hollande a renoncé à être candidat,
00:32:32il est apparu que le face-à-face,
00:32:34c'est davantage organisé entre Manuel Valls et moi.
00:32:36Et les débats sont évidemment tous contre moi.
00:32:40J'ai même un moment, Brice Tinturier, qui m'appelle et qui me dit
00:32:46« Tu risques de ne pas être aux entours de cette primaire
00:32:50parce qu'on voit bien qu'il y a une dégradation de ton image. »
00:32:56Manuel Valls a pourtant bien essayé, avant les débats télévisés,
00:32:59de se détacher de son action de chef de gouvernement.
00:33:05« Hors texte budgétaire, parce que la nation a besoin d'un budget,
00:33:09je proposerais de supprimer purement et simplement le 49-3. »
00:33:14« Indiscutablement, à ce moment-là,
00:33:16je pense que Manuel Valls cherche un moyen
00:33:21de se déprendre de l'image d'un Premier ministre
00:33:27un peu autoritaire, peu respectueux de la démocratie parlementaire.
00:33:32Oui, et puis ça sent l'improvisation, surtout si je peux me permettre. »
00:33:37« On est sur une rupture de cohérence très très forte. »
00:33:40« Et vous ne pouvez pas aller à une primaire
00:33:41quand vous avez été Premier ministre
00:33:42si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas vous appuyer
00:33:45au moins sur le bilan de votre action. »
00:33:48Malgré les attaques, l'ancien Premier ministre
00:33:50tient bon sur des principes d'autorité qui ont fait son style.
00:33:54Fort de son expérience, il est le favori dans les sondages.
00:33:58« Ne retombons pas dans l'idée que le monde ne change pas.
00:34:02Il est périlleux, il est dangereux.
00:34:03Les Français le voient.
00:34:05Et l'Europe et la France doivent protéger aujourd'hui
00:34:07ceux qui disent « Mais dans quel monde sommes-nous ? »
00:34:11Au fil des débats télévisés, c'est Benoît Hamon
00:34:14qui devient, en portant une idée nouvelle,
00:34:16le principal challenger de Manuel Valls.
00:34:19« Je n'ai pas caché le fait que je mettais sur la table
00:34:22des outils totalement nouveaux. »
00:34:24« Je veux proposer un chemin.
00:34:25Et sur ce chemin, il y aura un nouveau pilier
00:34:28pour notre protection sociale.
00:34:29Le revenu universel d'existence
00:34:31qui permettra aux nouvelles générations
00:34:33de maîtriser leur rapport au travail. »
00:34:36« C'est un message de découragement.
00:34:39Et pardon du mot, il est fort d'application
00:34:42par rapport aux changements et aux mutations. »
00:34:44Les économistes autour d'Emmanuel Macron disaient
00:34:46« Avec Hamon, si on fait le revenu universel,
00:34:48on aura 1 000 milliards d'euros de dettes supplémentaires. »
00:34:52Bon, on a 1 000 milliards d'euros de dettes supplémentaires
00:34:55grâce à Emmanuel Macron.
00:34:56Vous l'avez vu, le revenu universel ?
00:34:57« Est-ce qu'on peut voir Benoît Hamon qui est en direct ? »
00:34:59« Merci de me montrer l'image, la voyez du coin de l'œil.
00:35:01C'est bien de la mettre en direct. »
00:35:03« Effectivement, vous voyez Manuel Valls,
00:35:06en ce moment même, qui salue Benoît Hamon.
00:35:08Et on sent maintenant la concentration extrême
00:35:12qui les unit. »
00:35:14Le match va finalement se jouer
00:35:15entre le candidat le plus social-démocrate
00:35:18et le candidat le plus radical.
00:35:21Un duel qui illustre parfaitement la fracture
00:35:24entre deux gauches irréconciliables.
00:35:26« Les rêves que vous avez financés
00:35:29sont ceux de ceux qui avaient déjà beaucoup. »
00:35:32« Il y a une différence entre le rêve et l'illusion
00:35:35et la crédibilité d'un projet.
00:35:37Moi, je suis le candidat de la feuille de paix
00:35:40et je ne veux pas et je ne voudrais pas
00:35:42que mon ami Benoît Hamon se retrouve
00:35:44à être le candidat de la feuille d'impôt. »
00:35:46« La primaire marque bien les divergences quasi mortelles,
00:35:53vitales en tout cas, si je veux être positif,
00:35:55qui existent entre les deux gauches. »
00:35:57« Il y a toujours eu des gauches. »
00:35:59« Non, là, on sent bien, pendant cette primaire,
00:36:04qu'il ne peut pas y avoir de synthèse,
00:36:07comme aurait dit François Hollande. »
00:36:09« Je considère aujourd'hui que la gauche,
00:36:11elle commence avec ceux qui se disent de gauche. »
00:36:14« Le cœur de Benoît Hamon penche donc un peu plus
00:36:16du côté de Jean-Luc Mélenchon.
00:36:18Manuel Valls, de quel côté penche votre cœur ? »
00:36:21« Clairement au cœur des progressistes,
00:36:24de Benoît Hamon, Arnaud Montebourg,
00:36:26jusqu'à Emmanuel Macron. »
00:36:28« Pour Benoît Hamon, 58,65% des suffrages. »
00:36:33« L'explosion de joie hier soir à l'annonce de la victoire.
00:36:36Benoît Hamon a déjoué tous les pronostics.
00:36:39Lui, le frondeur, devient le candidat
00:36:41du Parti Socialiste à la présidentielle. »
00:36:46« Honnêtement, je suis assez lucide sur moi-même.
00:36:50Ce n'est pas le charisme absolument éclatant
00:36:54que je mets dans le débat qui tue le match.
00:36:57Donc, c'est bien qu'à un moment,
00:37:02ce que j'ai dit, plutôt que la manière
00:37:04dont je l'ai dit, a compté plus. »
00:37:07« Le succès de Benoît Hamon m'a en partie étonné
00:37:11et il est révélateur, sans remettre en cause
00:37:13les personnalités, que cette primaire
00:37:15n'est pas faite pour désigner le candidat
00:37:19à l'élection présidentielle qui pourrait éventuellement
00:37:21l'emporter. C'est un congrès avec plus de gens
00:37:25qui participent. Mais au fond, c'est un congrès
00:37:27sur la ligne du Parti Socialiste. »
00:37:32Pendant ce temps-là, deux candidats choisissent
00:37:35de faire cavalier seuls.
00:37:37Jean-Luc Mélenchon, qui a créé à l'extrême-gauche
00:37:40la France insoumise.
00:37:42Et Emmanuel Macron, qui, avec le soutien décisif
00:37:45de François Bayrou, progresse dans les sondages
00:37:48avec son programme ni de droite ni de gauche.
00:37:51Cela m'amène à soutenir Emmanuel Macron,
00:37:55parce que je veux à tout prix éviter un deuxième tour
00:37:58Fillon-Le Pen, parce que je pense qu'il faut
00:38:01régénérer totalement la gauche.
00:38:03Lui prend la responsabilité, non pas de me trahir moi,
00:38:07mais trahir le serment qu'il a fait lui-même.
00:38:10Je n'ai fait que suivre ce que Le Drian,
00:38:13Collomb et d'autres feront, et surtout
00:38:14des millions d'électeurs socialistes
00:38:16qui voteront Macron dès le premier tour.
00:38:18Mais j'avais signé un engagement, c'est vrai,
00:38:20de soutenir celui qui allait être désigné
00:38:22par la primaire. Donc, incontestablement,
00:38:24ma candidature à cette primaire
00:38:27a été une mauvaise chose.
00:38:29Une fois que je suis élu,
00:38:30les 15 premiers jours sont une catastrophe.
00:38:32Il faut que j'aille mendier le soutien
00:38:34du gouvernement, là où j'aurais sans doute dû
00:38:36dire, basta,
00:38:38vous n'êtes pas d'accord avec ce programme,
00:38:40peu importe, oublions-le.
00:38:42Quand on regarde la composition de cette primaire,
00:38:46presque aucun n'est resté au Parti socialiste après.
00:38:50Pas plus le vainqueur que les vaincus.
00:38:52Franchement, qu'un parti puisse organiser une primaire
00:38:55au terme de laquelle plus personne n'est au Parti socialiste,
00:38:59ça n'avait aucun sens.
00:39:00Ça n'a donc aucun sens.
00:39:01On est dans un moment, quand même,
00:39:04j'ai envie de dire, de quasi-décomposition
00:39:05du bloc de gauche.
00:39:07Personne n'imagine une seconde
00:39:09que Hamon va pouvoir devenir président de la République
00:39:14lors de la suite.
00:39:16Il est 20h, vous découvrez ces deux visages
00:39:20sur votre écran.
00:39:21Emmanuel Macron, crédité de 23,7%,
00:39:24suivi par Marine Le Pen,
00:39:26la candidate du Front National.
00:39:28François Fillon, 19,5%,
00:39:30à égalité avec Jean-Luc Mélenchon.
00:39:326,2% pour Benoît Hamon,
00:39:35qui enregistre en tout cas dans ses estimations
00:39:37un mauvais score.
00:39:38C'est le point final.
00:39:41C'est un moment triste,
00:39:46profondément triste,
00:39:50solitaire.
00:39:53Je n'ai aucun message,
00:39:55mais aucun,
00:39:56quand je dis aucun,
00:39:57c'est aucun avec un A majuscule,
00:39:59aucun message de dirigeant socialiste.
00:40:08François Fillon, 19,5%,
00:40:11à égalité avec Jean-Luc Mélenchon.
00:40:15François Fillon a échoué de peu.
00:40:18Ce n'est pas le processus de la priber
00:40:20qui explique son échec, absolument pas.
00:40:25La priber a abouti à un résultat
00:40:28qui a fait que le candidat Fillon
00:40:29a reçu le soutien de tous les autres candidats.
00:40:31Le mien, c'est celui de Nicolas Sarkozy,
00:40:34sans aucune espèce d'ambiguïté.
00:40:35Et en réalité, s'il perd,
00:40:37la présidentielle,
00:40:38c'est pour de toutes autres raisons
00:40:39qui sont liées au décalage
00:40:41entre la campagne très moralisatrice
00:40:44qu'il avait faite
00:40:45et les affaires qui lui ont été imputées.
00:40:48Pénélope Fillon,
00:40:49qui aurait perçu en tant qu'attaché parlementaire
00:40:51plus de 500 000 euros en 8 ans,
00:40:54a-t-elle occupé un emploi fictif ?
00:40:57François Fillon, jusqu'au bout,
00:40:59il a été en situation de gagner
00:41:00malgré tous les déboires
00:41:02qu'il a connus dans sa campagne.
00:41:04C'est ça qui a complètement faussé
00:41:06le jeu de la primaire
00:41:07et absolument pas
00:41:08le dysfonctionnement de la primaire elle-même.
00:41:10Mais Emmanuel Macron, voilà,
00:41:12va intervenir,
00:41:12le président élu intervient.
00:41:16Alors pour l'instant,
00:41:17dernier calage technique visiblement.
00:41:23Emmanuel Macron a fait ce qu'on appelle
00:41:25au jeu d'échec un coup génial,
00:41:28c'est-à-dire qu'il est allé au centre.
00:41:31Et en fait, personne ne pensait
00:41:33que ça pouvait marcher.
00:41:34Il a bien compris la lassitude des Français
00:41:36sur ce qu'il avait appelé,
00:41:38et je trouve que l'expression était bonne à l'époque,
00:41:39le tic-tac des alternances.
00:41:41Gauche, droite, tic-tac, tic-tac.
00:41:43Macron révèle,
00:41:45à travers sa candidature,
00:41:47qui vient donc en théorie
00:41:49d'un gouvernement de gauche,
00:41:50que le clivage
00:41:51entre la droite
00:41:52et la gauche
00:41:53n'est pas à la frontière
00:41:54entre le Parti Socialiste
00:41:56et l'UMP,
00:41:57vous, les Républicains,
00:41:58déjà, je ne sais plus,
00:41:59mais que cette frontière-là
00:42:00se situe
00:42:01au milieu du Parti Socialiste.
00:42:03S'il était rentré
00:42:04dans le processus
00:42:04de la primaire,
00:42:05il n'aurait jamais été désigné.
00:42:08Son principe
00:42:08de haie de gauche
00:42:09et de droite
00:42:10dans une primaire de gauche
00:42:11n'aurait pas pu être applicable.
00:42:13Donc, il a senti le piège,
00:42:15lui aussi,
00:42:15je crois,
00:42:16très vite
00:42:16de la primaire
00:42:17pour son positionnement
00:42:19et il a joué
00:42:20son propre jeu.
00:42:26C'est la fin,
00:42:27mais logique,
00:42:29écrite
00:42:30de ce que
00:42:30étaient les partis,
00:42:32c'est-à-dire
00:42:33qu'une organisation
00:42:33de fer,
00:42:34même si le Parti Socialiste
00:42:35était relativement ouvert,
00:42:37et au fond,
00:42:38l'acceptation
00:42:39d'un leader naturel.
00:42:40Là, non,
00:42:40là, tout le monde
00:42:41peut être candidat.
00:42:42Et l'élection présidentielle
00:42:43de 2017
00:42:43a, d'une certaine manière,
00:42:47accéléré le mouvement
00:42:48où, maintenant,
00:42:49tout le monde considère
00:42:50qu'on peut être
00:42:51président de la République
00:42:52à moins de 40 ans.
00:43:01Cinq ans plus tard,
00:43:02l'apparition,
00:43:03à gauche et à droite,
00:43:04de figures
00:43:04beaucoup plus radicales,
00:43:06polarise le paysage politique.
00:43:12Chez les Verts,
00:43:13notamment,
00:43:14la radicalisation
00:43:15domine les débats.
00:43:20Sandrine Rousseau,
00:43:2149 ans,
00:43:22vous vous définissez
00:43:23comme éco-féministe.
00:43:25Votre slogan,
00:43:26oui,
00:43:26les temps changent.
00:43:27Je suis arrivée,
00:43:28j'ai dit,
00:43:28ben voilà,
00:43:29je suis candidata
00:43:29à la primaire.
00:43:30Coucou, c'est moi.
00:43:31Et personne dans le parti
00:43:31n'était au courant,
00:43:32d'où la surprise,
00:43:33je pense, d'ailleurs.
00:43:33Comme tous les écologistes,
00:43:35nous prévoyons
00:43:36le retour de l'ISF,
00:43:38la suppression
00:43:38de la flat tax,
00:43:39la mise en place
00:43:40d'une nouvelle tranche
00:43:41d'impôts
00:43:42sur le revenu.
00:43:43Et ça,
00:43:43c'est le programme
00:43:44des écologistes.
00:43:45Et c'est dans mon programme aussi.
00:43:47Ben, ça n'est pas noté.
00:43:49Sandrine Rousseau
00:43:50est arrivée
00:43:51avec sa capacité
00:43:52à créer le buzz,
00:43:53à bousculer
00:43:55les esprits.
00:43:56Je suis très heureuse
00:43:57de t'entendre
00:43:58pour la première fois
00:43:59le dire
00:43:59et de t'entendre
00:44:00pour la première fois
00:44:01le lire.
00:44:01C'est pas bien
00:44:02de caricaturer comme ça,
00:44:03c'est pas grave.
00:44:05Je vous invite
00:44:06à aller sur son site.
00:44:07Moi, je suis arrivée
00:44:08avec un projet
00:44:10qui était un projet
00:44:11beaucoup plus frontal,
00:44:13en fait,
00:44:13d'affrontement.
00:44:14À la fois,
00:44:15il y avait des gens
00:44:15qui me haïssaient.
00:44:17Mais il y a aussi
00:44:17des gens
00:44:18qui venaient me voir
00:44:18et qui me disaient
00:44:19mais enfin,
00:44:20enfin,
00:44:21quelque chose se passe
00:44:21à gauche.
00:44:22Eh bien, moi,
00:44:23par exemple,
00:44:23je dis aux agriculteurs
00:44:24qu'il va falloir
00:44:25un bonus-malus
00:44:26sur la qualité de la terre
00:44:27et la qualité
00:44:28de la biodiversité
00:44:29au moment de la vente
00:44:30et que ça,
00:44:31c'est une incitation
00:44:32extrêmement forte
00:44:33pour les agriculteurs
00:44:34pour rendre une terre
00:44:35avec une biodiversité
00:44:37améliorée.
00:44:38Beaucoup de gens
00:44:38se sont intéressés
00:44:39à notre débat,
00:44:40mais ils se sont dit
00:44:41si l'écologie,
00:44:42c'est aussi
00:44:43la posture radicale
00:44:44de Sandrine Rousseau
00:44:45ou la décroissance
00:44:46de Delphine Bateau,
00:44:48sont-ils vraiment prêts
00:44:50à gouverner ?
00:44:51Moi, je veux aussi
00:44:52gouverner.
00:44:53Oui,
00:44:54non mais je le précise
00:44:56parce que je pense
00:44:58que c'est l'objet
00:44:59de toute action politique.
00:45:01C'est-à-dire que moi,
00:45:01je ne suis pas une activiste,
00:45:02je suis une femme politique
00:45:03et cette position
00:45:07est faite pour gagner
00:45:08des élections
00:45:09et ensuite gouverner.
00:45:10Quand vous suivez
00:45:11le débat politique,
00:45:11vous avez l'impression
00:45:12qu'en fait,
00:45:13il n'y a que les extrêmes
00:45:14qui intéressent
00:45:15les électrices
00:45:16et les électeurs.
00:45:17Dans la réalité,
00:45:18il y a quand même
00:45:18encore une majorité
00:45:19de Français
00:45:20qui veut qu'on travaille,
00:45:22qu'on soit prêt
00:45:22à faire des compromis.
00:45:24Yannick Jadot,
00:45:25tout sourire,
00:45:26presque soulagé.
00:45:27Mais que ce fut serré.
00:45:2951,03% des suffrages,
00:45:32à peine 2000 voix d'avance
00:45:33sur la révélation
00:45:34de cette élection,
00:45:36Sandrine Rousseau.
00:45:37Moi, je rentre
00:45:38dans la primaire,
00:45:39je suis à égalité
00:45:40avec Jean-Luc Mélenchon
00:45:42à 10,11 dans tous les sondages.
00:45:44Je sors de la primaire,
00:45:45je suis à 7.
00:45:47Ça raconte une histoire
00:45:49des primaires qui montre,
00:45:50et ce n'est pas le seul exemple,
00:45:52que même au sein
00:45:54d'une même formation politique,
00:45:58la question de la loyauté
00:45:59et de la dynamique de campagne
00:46:02que peut apporter une primaire
00:46:03est carrément à questionner.
00:46:09Chez les Républicains,
00:46:11au soir du premier tour,
00:46:12les candidats se retrouvent
00:46:13au coude à coude.
00:46:15Éric Ciotti a bouleversé
00:46:17la donne face aux Chirakiens
00:46:18qui font rempart
00:46:19contre le Rassemblement national.
00:46:23On a vu à la fin
00:46:24qu'on était tous
00:46:25dans un mouchoir de poche,
00:46:26puisqu'on était à quelques centaines
00:46:28ou quelques milliers de voix,
00:46:29les uns à côté des autres.
00:46:30Moi, j'étais sur une ligne
00:46:32qui était au barycentre,
00:46:33en réalité,
00:46:34de ce qu'est la droite,
00:46:35c'est-à-dire à la fois
00:46:37moderne
00:46:38et en même temps
00:46:39forte sur le régalien.
00:46:40Mais Éric, lui,
00:46:41est arrivé sur la droite
00:46:43et a dit,
00:46:44moi, j'irai plus fort,
00:46:45plus loin.
00:46:46Il y a un phénomène
00:46:47qui est très important,
00:46:48c'est qu'à partir de la rentrée,
00:46:49il y a l'émergence
00:46:50du phénomène Zemmour,
00:46:52Éric Zemmour,
00:46:52la comète Éric Zemmour,
00:46:53qui passe de 7, je crois,
00:46:55à 15 %,
00:46:56et du coup,
00:46:57fait baisser Marine Le Pen
00:46:58de façon très importante,
00:47:00mais me fait baisser aussi
00:47:01un peu,
00:47:02beaucoup moins
00:47:02que Mme Le Pen.
00:47:03Et nous nous tenons,
00:47:04moi, je crois,
00:47:04à 14 %,
00:47:05Éric Zemmour à 15 %,
00:47:06Mme Le Pen à 16 %.
00:47:08Éric Zemmour
00:47:09s'est déclaré candidat
00:47:10parce que les LR
00:47:11n'ont pas été capables
00:47:12de mettre en place
00:47:12une primaire
00:47:13en juin ou en juillet.
00:47:14Donc, en septembre,
00:47:15arrive cette candidature
00:47:16qui fracture
00:47:18complètement la droite.
00:47:20Éric Ciotti,
00:47:20première question.
00:47:21Est-ce que vous feriez vôtre
00:47:23l'expression
00:47:23grand remplacement
00:47:25qui est utilisée
00:47:26par Éric Zemmour ?
00:47:27Moi, je souhaite
00:47:28que la France
00:47:29reste la France.
00:47:30Nous sommes les héritiers
00:47:31d'une magnifique histoire,
00:47:33celle des Lumières,
00:47:34mais aussi celle
00:47:35d'une civilisation
00:47:36judéo-chrétienne.
00:47:37Pour reprendre
00:47:38le mot du président
00:47:39Giscard d'Estaing,
00:47:40c'était à la une
00:47:41du Figaro en 1991
00:47:43qui parlait
00:47:44d'invasion migratoire.
00:47:46Aujourd'hui,
00:47:47nous sommes
00:47:47dans cette situation.
00:47:48Il était un peu
00:47:49l'aiguillon droitier
00:47:52de cette campagne
00:47:53et ça lui a permis
00:47:55effectivement
00:47:56de faire
00:47:57un beau score
00:47:58au premier tour.
00:47:59Je ne crois pas
00:47:59qu'Éric Ciotti
00:48:00ait eu beaucoup
00:48:01à se forcer
00:48:03pour affirmer
00:48:04ses principes,
00:48:05cette ligne
00:48:06très à droite
00:48:07comme vous dites
00:48:07puisque quelques temps
00:48:09plus tard,
00:48:09il a trahi
00:48:10cette famille politique
00:48:11dont il était le président
00:48:12avec armes et bagages
00:48:14pour passer
00:48:15dans le camp
00:48:15de l'extrême droite.
00:48:16Nous sommes
00:48:16à un carrefour
00:48:17de l'histoire
00:48:18où nous reprenons
00:48:20le cours
00:48:20de notre destin
00:48:21en faisant tomber
00:48:22les tabous
00:48:23du politiquement correct.
00:48:24Moi,
00:48:24je n'ai pas peur
00:48:25des mots.
00:48:26S'il faut parler
00:48:28de grands remplacements,
00:48:29je parle
00:48:30de remplacement.
00:48:31C'est Éric Ciotti
00:48:32qui parle
00:48:32d'un traitement
00:48:33à la Guantanamo
00:48:34pour les radicaliser,
00:48:35qui dit
00:48:36que les impôts
00:48:37sur la succession,
00:48:38c'est un impôt
00:48:38sur la mort
00:48:39et avec ça,
00:48:40très clairement,
00:48:41c'est en résonance
00:48:42avec ce que pensent
00:48:42un certain nombre
00:48:43d'électeurs.
00:48:43Les débats ont été
00:48:46tirés vers
00:48:47des positions
00:48:48qui touchaient
00:48:49toute la sécurité,
00:48:50à l'immigration,
00:48:51aux sujets régaliens
00:48:52qui sont très importants.
00:48:54J'ai moi-même,
00:48:54à cette époque,
00:48:55fait des propositions
00:48:55fortes en proposant
00:48:57un moratoire
00:48:58sur l'immigration.
00:48:59Et j'ai essayé,
00:49:00sérieusement,
00:49:01de proposer
00:49:03une méthode globale
00:49:04pour traiter
00:49:05cette question,
00:49:05enfin sérieusement,
00:49:07juridiquement,
00:49:08globalement,
00:49:09à travers l'idée
00:49:10d'un moratoire
00:49:11qui sera immédiatement
00:49:12déclenché au lendemain
00:49:13de l'élection présidentielle
00:49:14pendant 3-5 ans.
00:49:16La difficulté
00:49:17que nous avions
00:49:17dans cette campagne,
00:49:18c'était de convaincre
00:49:18les militants
00:49:19tels qu'ils sont,
00:49:20tels qu'ils étaient
00:49:21à cette époque,
00:49:22tels qu'ils sont encore,
00:49:23nombreux,
00:49:24et puis de parler
00:49:25aux autres.
00:49:26Et j'aurais dû marquer
00:49:27où plus ma différence
00:49:30ou ma ligne politique
00:49:31était un peu différente.
00:49:32Et dans cette campagne,
00:49:34très clairement,
00:49:35l'influence d'Éric Ciotti
00:49:36ou du moins pour avoir
00:49:37Éric Ciotti
00:49:37dans la campagne
00:49:38a été chèrement payée.
00:49:42Les Républicains
00:49:43ont choisi
00:49:43une primaire fermée,
00:49:45réservée aux militants.
00:49:47Le nombre de votants
00:49:48est tombé
00:49:49à 140 000.
00:49:51On est loin
00:49:52des 4 millions d'électeurs
00:49:54de la primaire ouverte
00:49:55de 2017.
00:49:56Dans une primaire fermée,
00:49:58c'est évident
00:49:58que c'est souvent
00:50:01le plus radical
00:50:03qui a un bonus.
00:50:05Dans les primaires,
00:50:06il y a un effet déformant.
00:50:07Parce qu'on parle à qui ?
00:50:09On ne parle pas
00:50:09l'ensemble des Français.
00:50:10On parle à une frange
00:50:12réduite de l'électorat.
00:50:14Et il faut d'autant plus
00:50:15être vigilant
00:50:16que vous êtes encore plus
00:50:17décalé du reste
00:50:18de la société,
00:50:19mais y compris
00:50:20du corps électoral,
00:50:21en l'occurrence de droite.
00:50:24L'enthousiasme retrouvait
00:50:25des militants
00:50:26les Républicains.
00:50:27Après deux mois
00:50:28de campagne,
00:50:29ils ont enfin
00:50:30leur candidat
00:50:30à la présidentielle.
00:50:32Une candidature
00:50:34inédite
00:50:34dans l'histoire du parti.
00:50:38Pour la première fois
00:50:39de son histoire,
00:50:40le parti du général
00:50:41de Gaulle,
00:50:42de Georges Pompidou,
00:50:44de Jacques Chirac,
00:50:45de Nicolas Sarkozy,
00:50:47notre famille politique,
00:50:49va se doter
00:50:50d'une candidate
00:50:51à l'élection présidentielle.
00:50:54Applaudissements
00:50:54Dès le premier soir
00:50:56de ma désignation
00:50:57comme candidate,
00:50:58j'ai rappelé fermement
00:51:00que c'était
00:51:00ma ligne
00:51:00qui avait gagné,
00:51:01que le Guantanamo
00:51:02à la française
00:51:03de Eric Ciotti
00:51:04ne serait pas
00:51:05dans mon programme
00:51:06et qu'il ne fallait pas
00:51:07croire que la primaire
00:51:08c'était la fusion
00:51:09des programmes
00:51:09des candidats.
00:51:10C'était une ligne
00:51:10qui avait été choisie.
00:51:14Mais Valérie Pécresse
00:51:15n'a que trois mois
00:51:16pour convaincre
00:51:17avant le premier tour.
00:51:19Elle a du mal
00:51:20à cicatriser les plaies
00:51:21apparues pendant les primaires.
00:51:25Alors j'ajoute
00:51:26que je n'ai pas été aidée
00:51:27par la conjoncture
00:51:28des événements
00:51:29parce que fin décembre
00:51:30et janvier
00:51:30nous avons eu le Covid
00:51:31qui m'a empêchée
00:51:31de faire mon premier meeting.
00:51:33En février,
00:51:33la guerre en Ukraine
00:51:34qui évidemment
00:51:35a posé Emmanuel Macron
00:51:37en chef de guerre
00:51:38et qui a finalement
00:51:39éteint complètement
00:51:40la campagne
00:51:41parce qu'on ne remet pas
00:51:42en cause
00:51:42le pilote d'un avion
00:51:44au milieu de la tornade.
00:51:47Emmanuel Macron
00:51:4828,6%.
00:51:49Marine Le Pen
00:51:5024,4%.
00:51:52Troisième position
00:51:53Jean-Luc Mélenchon
00:51:5320,2%.
00:51:54Eric Zemmour
00:51:55à 6,8%.
00:51:56Yannick Jadot
00:51:574,6%.
00:51:57Valérie Pécresse
00:51:584,6% également.
00:52:00J'ai dû batailler
00:52:01sur deux fronts
00:52:01contre le camp
00:52:03du président sortant
00:52:04et contre celui
00:52:06des extrêmes
00:52:06alliés en la circonstance
00:52:08pour diviser
00:52:09et battre
00:52:10la droite républicaine.
00:52:11Ça nous ramène
00:52:13à cette communauté
00:52:14de destin
00:52:14pour les deux parties
00:52:15qui ont structuré
00:52:16la 5ème République.
00:52:17Je rappellerai
00:52:18qu'en 2012
00:52:19l'addition
00:52:20des voix
00:52:21Sarkozy-François Hollande
00:52:24faisait 55-56%.
00:52:26En 2017
00:52:28Amon-Fillon
00:52:29ça faisait 26%.
00:52:31En 2022
00:52:32Hidalgo-Pécresse
00:52:34ça faisait à peine
00:52:346-6,5%.
00:52:36C'est absolument
00:52:37tragique.
00:52:38Là aussi
00:52:38problème d'espace
00:52:39problème d'incarnation
00:52:40et qu'il y ait eu une primaire
00:52:41ou pas
00:52:42ça n'a rien changé.
00:52:50Force de l'incarnation
00:52:52présidentielle
00:52:53puissance des grands partis
00:52:56frontières avec les extrêmes
00:53:00ces grands repères
00:53:01s'effacent.
00:53:03L'heure est à la radicalisation
00:53:04et à la désintégration
00:53:06du jeu politique
00:53:07traditionnel.
00:53:08Les primaires
00:53:09ont-elles contribué
00:53:10à ce bouleversement ?
00:53:13En 20 ans
00:53:13les primaires
00:53:14ont fait exploser
00:53:15les partis politiques
00:53:17ont mis à mal
00:53:18les institutions
00:53:19de la 5ème République
00:53:22donc je pense
00:53:23qu'il faut
00:53:23en sortir.
00:53:24Moi je pensais
00:53:25que les primaires
00:53:26c'était
00:53:27le plus mauvais
00:53:28des systèmes
00:53:29sauf tous les autres
00:53:30pour paraphraser Churchill
00:53:32parce que finalement
00:53:33un homme politique
00:53:34doit dire aux Français
00:53:35c'est vous qui voyez.
00:53:37Les Français
00:53:37ont besoin d'un espoir
00:53:38d'un horizon
00:53:39qui soit au-dessus
00:53:40et donc peut-être
00:53:42qu'on n'a pas su faire ça.
00:53:43Si la société civile
00:53:44n'a pas l'impression
00:53:44d'être représentée
00:53:45dans une élection
00:53:46on court à la catastrophe.
00:53:47Et après
00:53:48évidemment
00:53:49si personne ne veut
00:53:49se soumettre
00:53:50à une primaire
00:53:51le sujet
00:53:52ce sera
00:53:53les sondages.
00:53:54Nous avons une responsabilité
00:53:55dans le débat public
00:53:56mais c'est pour ça aussi
00:53:57qu'il ne faut pas démarrer
00:53:58ces enquêtes
00:53:59de second tour
00:54:00trop tôt.
00:54:01On dit souvent
00:54:01qu'en politique
00:54:02la politique
00:54:02est un concours
00:54:03mais pas la présidentielle.
00:54:05La présidentielle
00:54:06ça commence par un examen
00:54:08un examen
00:54:08avec le jury
00:54:09le plus exigeant
00:54:10qui soit
00:54:10les Français.
00:54:11Moi je crois
00:54:12qu'il faut faire
00:54:12très attention
00:54:13à l'idée
00:54:14que celui
00:54:15qui sera sélectionné
00:54:16au deuxième tour
00:54:17gagnera forcément
00:54:19parce que
00:54:20face aux extrêmes
00:54:21il y aura
00:54:21un front commun
00:54:22etc.
00:54:23C'est faux.
00:54:23Les Français
00:54:25veulent voter
00:54:26utile
00:54:27dès le premier tour.
00:54:28Maintenant
00:54:29ce n'est pas
00:54:29un candidat
00:54:30de dire
00:54:31écartez-vous
00:54:31c'est aux Français
00:54:32c'est ce qu'ils ont compris
00:54:34d'ailleurs
00:54:34d'écarter
00:54:35tous les candidats
00:54:36qui n'ont aucune vocation
00:54:37à être président
00:54:38de la République.
00:54:40Merci beaucoup
00:54:40Merci beaucoup.
00:54:42Bon
00:54:42voilà
00:54:43il n'y a plus qu'à faire.
00:54:48on ne peut plus
00:54:52libérer moi.
00:54:53Vous ne m'avez pas
00:54:53parlé de Sarkozy
00:54:54je suis surpris.
00:54:55Non mais je commence
00:54:56à être bon
00:54:56je commence à être
00:54:57je commence à être
00:54:57bon maintenant.
00:54:59Parfait
00:55:00je ne sais pas
00:55:00mais
00:55:01si vous voulez couper
00:55:02mes commentaires
00:55:02et laisser les questions
00:55:04on peut faire
00:55:04on peut faire un plan
00:55:05maintenant
00:55:06et je peux partir.
00:55:07C'est un plan.
00:55:08Débat d'hoc
00:55:09c'était donc
00:55:10primaire
00:55:11une machine à perdre
00:55:12écrit par Patrice Duhamel
00:55:13et Michel Cotta
00:55:15réalisé par Pauline Pallier
00:55:16triomphe populaire
00:55:18en 2011
00:55:18les primaires
00:55:19ont viré au désastre
00:55:20en 2017
00:55:21vous le savez
00:55:22avec les deux vainqueurs
00:55:24François Fillon
00:55:24et Benoît Hamon
00:55:25qui ont été éliminés
00:55:26dès le premier tour
00:55:27de l'élection présidentielle
00:55:28effondrement
00:55:29des partis de gouvernement
00:55:30et pour
00:55:31cette campagne
00:55:33présidentielle
00:55:34si la gauche
00:55:34sociale démocrate
00:55:35tente à nouveau
00:55:36l'exercice
00:55:37avec 5 candidats
00:55:38au premier tour
00:55:39les 9 et 10 octobre
00:55:41primaire à gauche
00:55:42la malédiction continue
00:55:43on va poser la question
00:55:45et en débattre
00:55:45avec Patrice Duhamel
00:55:47bonsoir
00:55:47et bienvenue
00:55:48merci d'être avec nous
00:55:49vous êtes co-auteur
00:55:51du documentaire
00:55:52et vous avez publié
00:55:53le crépuscule des dieux
00:55:54aux éditions
00:55:55l'Observatoire
00:55:56en 2026
00:55:56bonsoir
00:55:57Françoise Fressose
00:55:58et bienvenue
00:55:59journaliste et éditorialiste
00:56:00au Monde
00:56:01sans doute l'une de celles
00:56:02qui connaît le mieux
00:56:03la vie tourmentée
00:56:05de la 5ème république
00:56:06bonsoir Rémi Lefebvre
00:56:07et bienvenue
00:56:08politiste
00:56:09professeur de sciences politiques
00:56:10à l'université de Lille
00:56:11vous êtes spécialiste
00:56:12des partis politiques
00:56:14des campagnes électorales
00:56:15et vous travaillez
00:56:16sur les primaires
00:56:17depuis longtemps
00:56:18maintenant
00:56:18auteur des primaires
00:56:20de l'engouement
00:56:21au désenchantement
00:56:22c'est tout un programme
00:56:23c'est un livre
00:56:24que vous aviez publié
00:56:26on va plonger
00:56:27dans le vif
00:56:28du sujet
00:56:28Patrice Duhamel
00:56:29primaire
00:56:30une machine à perdre
00:56:32il y a un point
00:56:33d'interrogation
00:56:34à ce stade
00:56:35et après avoir vu
00:56:36les débats
00:56:37des primaires
00:56:37à gauche
00:56:38on enlève
00:56:39le point d'interrogation ?
00:56:40Oui on avait toujours eu
00:56:43envie de l'enlever
00:56:44et puis on s'est dit
00:56:45que c'était quand même mieux
00:56:46si les téléspectateurs
00:56:47choisissaient eux-mêmes
00:56:48de le garder
00:56:49ou de l'enlever
00:56:49donc maintenant
00:56:50qu'ils ont regardé
00:56:51ils se sont peut-être
00:56:52fait une idée
00:56:52mais enfin pour moi
00:56:53il n'y a pas de point
00:56:53d'interrogation
00:56:54il n'y a pas de point
00:56:55d'interrogation
00:56:55vous vous le gardez
00:56:56moi je pense
00:56:57qu'elles ont eu
00:56:58un effet extrêmement bénéfique
00:57:00c'est-à-dire
00:57:00elles ont freiné
00:57:01la crise des partis
00:57:02elles ont freiné
00:57:03la crise des partis
00:57:04moi je me souviens
00:57:05de l'événement
00:57:05qui avait été
00:57:06la primaire de 2006
00:57:07qui était une primaire
00:57:09fermée
00:57:10chez les socialistes
00:57:11mais où a surgi
00:57:12Ségolène Royal
00:57:14alors qu'au fond
00:57:15le parti socialiste
00:57:16était plongé
00:57:17dans une crise
00:57:17à la fois depuis
00:57:19la défaite
00:57:20de Lionel Jospin
00:57:21vous vous souvenez
00:57:21cette espèce
00:57:22de choc incroyable
00:57:23où Lionel Jospin
00:57:24ne peut pas se présenter
00:57:25au second tour
00:57:26de la présidentielle
00:57:27de 2002
00:57:28et puis il y avait aussi
00:57:29toute cette crise
00:57:30européenne
00:57:31qui avait absolument
00:57:33divisé le parti en deux
00:57:34et voilà que surgit
00:57:35une femme
00:57:36qui est prise de haut
00:57:37par les éléphants
00:57:38j'ai des souvenirs
00:57:39Laurent Fabius
00:57:40mais qui va s'occuper
00:57:41des enfants
00:57:43Strauss-Kahn
00:57:43qui trônait
00:57:44comme si c'était
00:57:45le vainqueur
00:57:46et elle, elle arrive
00:57:46et c'était pas seulement
00:57:48parce que c'était une femme
00:57:49elle avait compris
00:57:50qu'il y avait quelque chose
00:57:51de congelé dans ce parti
00:57:52elle revenait
00:57:53je me souviens
00:57:54de Londres
00:57:54elle avait été un peu ébahie
00:57:56par l'expérience
00:57:58de Tony Blair
00:57:59elle disait
00:58:00mais là-bas
00:58:00la jeunesse
00:58:01a l'air plus heureuse
00:58:02alors c'est vrai
00:58:02qu'il y a de la flexibilité
00:58:04mais peut-être que ça vaut
00:58:04le coup d'essayer
00:58:05donc elle les bousculait
00:58:06elle les bousculait
00:58:07et eux ne comprenaient pas
00:58:08ce qui se passait
00:58:09je me souviens
00:58:10mais c'était
00:58:10même Lionel Jospin
00:58:11regardait
00:58:12il la prenait
00:58:13pour une
00:58:13entre guillemets
00:58:15une folle
00:58:16et au fond
00:58:17ça a été pour moi
00:58:18le premier moment
00:58:19d'événements
00:58:19où on sortait
00:58:21de ce clan
00:58:21d'un parti
00:58:23qui était vraiment congelé
00:58:25où il se passait
00:58:25quelque chose
00:58:26et la campagne de 2007
00:58:27a été l'une des plus belles campagnes
00:58:29avec d'un côté
00:58:30Nicolas Sarkozy
00:58:31et de l'autre
00:58:32Ségolène Royal
00:58:32Alors 2007-2027
00:58:35pour l'interrogation
00:58:36vous le gardez
00:58:36ou vous ne l'enlevez pas
00:58:37terminé le tour de table ?
00:58:38Moi je vais faire
00:58:38une réponse universitaire
00:58:39les primaires
00:58:40ça produit des effets
00:58:41très contrastés
00:58:42des fois ça marche
00:58:43des fois ça ne marche pas
00:58:43ça sert beaucoup
00:58:45à légitimer les partis
00:58:46aussi
00:58:46parfois ils n'ont absolument pas
00:58:49ils ne peuvent pas faire autrement
00:58:50donc c'est devenu une contrainte
00:58:53c'est devenu une ressource
00:58:54c'est aujourd'hui
00:58:55dans le système politique
00:58:56et ça dépend énormément
00:58:57du contexte
00:58:58dans lequel le parti
00:58:59qui l'organise
00:59:01se trouve
00:59:02et je trouve
00:59:03qu'on fait souvent
00:59:04des très mauvais procès
00:59:05aux primaires
00:59:06par exemple
00:59:07je ne suis pas du tout convaincu
00:59:08que c'est les primaires
00:59:09de 2017
00:59:10qui ont contribué
00:59:11à la défaite
00:59:12de Benoît Hamon
00:59:12ou celle de François Fillon
00:59:14la primaire de François Fillon
00:59:15étant un exemple parfait
00:59:16la primaire s'est parfaitement déroulée
00:59:184 millions de personnes
00:59:19comme le dit Alain Juppé
00:59:20dans le documentaire
00:59:21avec beaucoup de justesse
00:59:22ce n'est pas du tout
00:59:23la primaire
00:59:24qui est responsable
00:59:25de l'échec
00:59:26de François Fillon
00:59:27lors de la campagne
00:59:29c'est ce qui va se passer
00:59:30deux mois plus tard
00:59:31avec le canard enchaîné
00:59:31et là
00:59:33la primaire
00:59:33du coup
00:59:33va rendre
00:59:34les choses compliquées
00:59:35parce qu'il va
00:59:36s'autoriser
00:59:38des primaires
00:59:39et de la légitimité
00:59:40mais les primaires
00:59:41ne sait pas
00:59:41l'alpha
00:59:42on impute
00:59:44beaucoup de choses
00:59:44aux primaires
00:59:45ce n'est pas aussi important
00:59:47que l'on le dit
00:59:47dans la victoire
00:59:48ou la défaite
00:59:49mais alors
00:59:49ça a été présenté
00:59:50comme un progrès démocratique
00:59:52et une manière
00:59:52de donner de la vitalité
00:59:54à la vie politique
00:59:55et particulièrement
00:59:56dans ce temps fondamental
00:59:58qu'est la campagne
00:59:59présidentielle
00:59:59mais votre documentaire
01:00:00il est dur
01:00:01les témoignages
01:00:03des principaux intéressés
01:00:04sont très très durs
01:00:06et alors ce qui est frappant
01:00:07c'est François Hollande
01:00:08François Hollande
01:00:09c'est quand même quelqu'un
01:00:10qui a été élu
01:00:13sorti des primaires
01:00:14grâce aux primaires
01:00:15il est élu président
01:00:16de la république
01:00:16et qu'il en dit
01:00:18le plus grand mal
01:00:19aujourd'hui
01:00:19comment expliquer le paradoxe
01:00:20parce qu'il met en lumière
01:00:21une évidence
01:00:22qui pardon
01:00:23est de plus en plus évidente
01:00:25et quand on voit
01:00:26les trois débats
01:00:27télévisés
01:00:29hier soir
01:00:30c'est à dire
01:00:31plus c'est sincère
01:00:33pire est le résultat politique
01:00:35expliquez-nous ça
01:00:36moi j'ai vécu
01:00:38comme Françoise
01:00:39et vous
01:00:41vous étiez plus jeune
01:00:43et Françoise aussi d'ailleurs
01:00:45par rapport à moi
01:00:45mais j'ai vécu
01:00:46les moments
01:00:47les bagarres
01:00:47si on est sur la gauche
01:00:49entre Mitterrand
01:00:50et Rocard
01:00:51entre Fabius
01:00:52et Jospa
01:00:53on savait qu'il y avait
01:00:54des divergences
01:00:55oui mais ça se passait
01:00:56au sein du parti
01:00:56ça se passait pas à la télé
01:00:58elle s'exprimait
01:00:59dans les débats
01:01:00ou sur les réseaux
01:01:01elle s'exprimait dans les congrès
01:01:02elle s'exprimait dans les discours
01:01:04il y avait très peu
01:01:05de débats télévisés
01:01:06parce qu'il les refusait
01:01:07parce qu'il ne voulait pas
01:01:10se confronter
01:01:10l'un en face de l'autre
01:01:11dans un cadre normal
01:01:12là maintenant
01:01:13et par rapport
01:01:15au débat précédent
01:01:16de gauche
01:01:17c'était déjà dur
01:01:18entre Hollande
01:01:19et Martine Aubry
01:01:20mais là depuis
01:01:21les trois débats
01:01:22qu'on a vus
01:01:22c'est une sincérité
01:01:24je dirais explosive
01:01:25donc une belle sincérité
01:01:27le spectacle d'hier soir
01:01:27je dis spectacle
01:01:28parce que
01:01:29ça devient un spectacle
01:01:30ah mais c'est un spectacle
01:01:31c'est un spectacle
01:01:32d'ailleurs juste d'un mot
01:01:33puisque vous avez dirigé
01:01:34France Télévisions
01:01:35ça marche bien
01:01:36à la télé
01:01:37en audience
01:01:38alors ça marche bien
01:01:40mais c'est pas
01:01:41pour combien personne regarde
01:01:42c'est pas exceptionnel
01:01:44non plus
01:01:44c'est sur les deux chaînes
01:01:45d'information
01:01:47700 000 téléspectateurs
01:01:48et c'est très très bien
01:01:49oui
01:01:50et de temps en temps
01:01:51quand il y a un énorme événement
01:01:52ils font plus
01:01:53ils font plus qu'un million
01:01:55et sur France 2
01:01:57je suis pas objectif
01:01:59parce que c'est
01:02:00c'est votre ancienne maison
01:02:01et que votre fils
01:02:01y travaille
01:02:02qui animait le débat
01:02:04c'est un très bon score
01:02:06c'est pas non plus
01:02:07un score extraordinaire
01:02:09et les autres débats de primaire
01:02:12celui de François Hollande
01:02:14ou celui avec François Fillon
01:02:16ça faisait 3 ou 4
01:02:17jusqu'à 5 millions
01:02:18de téléspectateurs
01:02:19ah oui d'accord
01:02:19donc on est loin
01:02:20très loin
01:02:21de cet intérêt citoyen là
01:02:23François Spressoz
01:02:24mais ça je pense que c'est aussi
01:02:24ça accompagne
01:02:25cette espèce de sentiment
01:02:28on est désabusé
01:02:29par rapport à la politique
01:02:30et je pense que ça
01:02:31ça accompagne
01:02:32mais pour revenir
01:02:33pour revenir à ce qu'on disait
01:02:34tout à l'heure
01:02:35c'est-à-dire sur la division
01:02:36que ça crée
01:02:37c'est vrai que
01:02:38ça fait des vedettes aussi
01:02:40les primaires
01:02:40et moi je me souviens très bien
01:02:42que quand François Hollande
01:02:43a été élu
01:02:44Arnaud Montebourg
01:02:45se sentait tributaire
01:02:46des 18%
01:02:47qu'il avait obtenu
01:02:48à la primaire
01:02:49et il défendait
01:02:51il défendait
01:02:51notamment au moment de Florange
01:02:52en disant
01:02:53mais je suis tributaire
01:02:54des électeurs
01:02:55et je dois faire la politique
01:02:56et puis il y avait Valls aussi
01:02:58qui avait 5%
01:02:59mais qui avait quand même surgi
01:03:00et au fond
01:03:01tout le quinquennat
01:03:02de François Hollande
01:03:03a été un délitement
01:03:04qui à mon avis
01:03:05a effectivement trouvé
01:03:06ses origines
01:03:07dans la banlieue
01:03:07Est-ce que ça n'est pas
01:03:08un aveu de faiblesse ?
01:03:09Est-ce que ce n'est pas
01:03:10parce que vous disiez
01:03:11qu'il y avait une sorte de beauté
01:03:13dans l'exercice
01:03:14mais un aveu de faiblesse
01:03:15d'un parti
01:03:16qui n'arrive pas
01:03:16à désigner son candidat ?
01:03:18On voit Valérie Pécresse
01:03:19qui dit
01:03:20oui bah nous
01:03:21on a une tradition à droite
01:03:22c'est la culture du chef
01:03:24à gauche
01:03:24il leur manque ça
01:03:25qu'est-ce qui pose problème ?
01:03:27En fait le problème
01:03:27des primaires
01:03:28c'est que
01:03:29les primaires interviennent
01:03:30quand il n'y a plus
01:03:30de leadership naturel
01:03:32donc globalement
01:03:33pendant très longtemps
01:03:34à gauche comme à droite
01:03:35il y avait un leadership naturel
01:03:36Mitterrand, Chirac, Giscard d'Estaing
01:03:38n'avaient pas besoin de primaires
01:03:40et puis il y avait
01:03:41Giscard il y a eu une forme
01:03:42de primaire avec Chabon
01:03:43au premier tour
01:03:44Oui mais c'était
01:03:45les primaires par les sondages
01:03:46c'était pas des primaires
01:03:46dans la transparence
01:03:48aujourd'hui
01:03:49il y a un problème
01:03:50de leadership
01:03:51parce que les partis
01:03:52sont plus faibles en fait
01:03:53les partis sont plus faibles
01:03:54n'arrivent plus à réguler
01:03:55la compétition interne
01:03:56et c'est bien le problème
01:03:58c'est que
01:03:58quand il n'y a pas
01:03:59ou bien vous avez
01:04:00des partis à leadership fort
01:04:02type la France Insoumise
01:04:04où il n'y a pas de démocratie
01:04:06La République En Marche
01:04:07où c'est un parti personnel
01:04:08qui a créé Macron
01:04:09ou Marine Le Pen
01:04:10On se demande d'ailleurs
01:04:11ce qu'il va devenir
01:04:12une fois Macron
01:04:12parti de l'État
01:04:14Est-ce que ça a été un parti d'ailleurs ?
01:04:16Oui voilà
01:04:17Mais sinon
01:04:18Rassemblement national
01:04:19Et aujourd'hui en plus
01:04:20il y a une autre problématique
01:04:22c'est que
01:04:22non seulement les partis
01:04:23sont devenus faibles
01:04:25mais en plus
01:04:25il y a plein de partis
01:04:26sur le même espace politique
01:04:27d'où l'idée de primaire
01:04:29et ça c'était assez nouveau
01:04:30de coalition
01:04:31c'est-à-dire qu'en fait
01:04:31avant les primaires
01:04:33ça départageait
01:04:33les candidats issus
01:04:35d'un même parti
01:04:35ça a été le cas de PS ou LR
01:04:37et maintenant
01:04:37ce qu'on demande
01:04:38par exemple aux primaires
01:04:39même si ça ne va pas marcher
01:04:41c'est les primaires
01:04:41du bloc central
01:04:42c'est-à-dire qu'on demande
01:04:43de départager
01:04:44Edouard Philippe
01:04:44Attal
01:04:45Retailleau
01:04:46Xavier Bertrand
01:04:48et ça on ne sait pas faire
01:04:49parce que déjà c'est très compliqué
01:04:51d'organiser une primaire
01:04:52au sein d'un seul parti
01:04:53alors organiser une primaire
01:04:54entre plusieurs partis
01:04:55mais je voudrais juste
01:04:56te dire un truc
01:04:57sur Hollande
01:04:58quand même Hollande
01:04:58est sacrément de mauvaise foi
01:05:00dans le documentaire
01:05:00oui Hollande
01:05:02il est très fin à l'analyse
01:05:03bien sûr
01:05:04mais il est contre les primaires
01:05:06parce que les primaires
01:05:06l'ont empêché de se représenter
01:05:09en 2012
01:05:10c'est parce que
01:05:11vous les montrez bien
01:05:12dans le documentaire
01:05:12c'est parce que
01:05:13le PS voulait qu'il passe
01:05:14en 2017
01:05:15oui c'est ça
01:05:16c'est parce que le PS voulait
01:05:18qu'il passe par la case primaire
01:05:19que Hollande était coincé
01:05:20par ailleurs
01:05:21il a intérêt aussi
01:05:22à plomber les primaires
01:05:23puisqu'en fait
01:05:23il veut se présenter
01:05:24en janvier
01:05:26quand la primaire socialiste
01:05:28aura foiré
01:05:29donc il est aussi
01:05:30dans un discours
01:05:32intéressé sur l'échec
01:05:33des primaires
01:05:33parce que ça l'avantage
01:05:34d'accord
01:05:35alors il y a quand même
01:05:36quelque chose
01:05:36que je voulais vous demander
01:05:37c'est juste pour
01:05:39préciser les choses
01:05:40c'est un exercice
01:05:41qui affiche
01:05:42et c'est par nature
01:05:43les divisions
01:05:44des personnalités
01:05:45qui se confrontent
01:05:47qui s'affrontent
01:05:48mais il faut se réconcilier
01:05:50après
01:05:51c'est ce qui est très frappant
01:05:53quand on entend
01:05:54Manuel Valls
01:05:54quand on entend
01:05:55François Hollande
01:05:56c'est l'impossible
01:05:58réconciliation
01:05:59une fois qu'on est passé
01:06:00par la machine
01:06:01nous sommes le lundi soir
01:06:02le troisième débat
01:06:04a eu lieu hier
01:06:04et le premier tour
01:06:06a lieu dans
01:06:06quatre jours
01:06:08c'est ce qui est
01:06:10extraordinaire
01:06:10au sens étymologique
01:06:11parce que c'est pétri
01:06:13de contradictions
01:06:15j'expliquais tout à l'heure
01:06:16que c'était de plus en plus
01:06:16sincère
01:06:17et donc de plus en plus
01:06:18brutal dans l'expression
01:06:19et en même temps
01:06:21le plus en plus
01:06:22insincère
01:06:23parce que franchement
01:06:24après ce qu'on a vu
01:06:25hier soir
01:06:26et les français
01:06:27qui ont regardé ce soir
01:06:28ont peut-être vu
01:06:29en tout cas
01:06:29ils savent ce qui s'est passé
01:06:30ils ont vu les extraits
01:06:31etc
01:06:34comment imaginer
01:06:35si par exemple
01:06:36Glucksmann
01:06:36qui est favori
01:06:37gagne
01:06:37il l'est toujours
01:06:39c'est-à-dire que
01:06:40s'il y a un vote utile
01:06:42des cent mille personnes
01:06:43qui vont
01:06:44parce que ce sont
01:06:44cent mille personnes
01:06:45qu'on ne peut pas sonder
01:06:46si c'est un vote utile
01:06:47il est tellement mieux placé
01:06:49dans les sondages
01:06:50d'intention de vote
01:06:50aujourd'hui
01:06:51début octobre
01:06:52que
01:06:53on peut considérer
01:06:54que c'est le favori
01:06:54mais imaginez
01:06:56après ce que
01:06:56Ségolène Royal
01:06:57lui a dit
01:06:58hier soir
01:06:59et notamment
01:07:00ce mot
01:07:01qui est extraordinaire
01:07:02là aussi
01:07:03de lui dire
01:07:04dans le cadre
01:07:04d'une primaire
01:07:05vous voulez faire
01:07:06un hold up
01:07:07ça veut dire
01:07:08que la primaire
01:07:08est totalement insincère
01:07:09ben oui
01:07:10François Sfressos
01:07:12comment est-ce qu'on se réconcilie
01:07:13et qu'est-ce que
01:07:13vous répondez à Patrice
01:07:14je termine juste ma phrase
01:07:16imaginez qu'il gagne
01:07:17dans dix jours
01:07:18au deuxième tour
01:07:21comment peut-on penser
01:07:22que sincèrement
01:07:23Ségolène Royal
01:07:24le soir même
01:07:25à la télévision
01:07:26irait en disant
01:07:27mais bravo
01:07:28Raphaël Lucemann
01:07:29je vais le soutenir
01:07:30avec enthousiasme
01:07:31je vais aller
01:07:32c'est pas
01:07:33il n'y a aucune
01:07:34zéro crédibilité
01:07:35on est au cœur du sujet
01:07:36alors je pense que déjà
01:07:38traditionnellement
01:07:39les primaires
01:07:39ce qui pose problème
01:07:40c'est que vous
01:07:41vous divisez
01:07:42devant vos téléspectateurs
01:07:45et vous devez ensuite
01:07:46vous réconcilier
01:07:47alors que la campagne présidentielle
01:07:49demande une mobilisation
01:07:50des énergies
01:07:51vous devez au fond
01:07:52faire une synthèse
01:07:53c'est toujours très compliqué
01:07:54cette primaire là
01:07:56a en plus
01:07:57si vous voulez
01:07:59un handicap supplémentaire
01:08:00c'est que pour moi
01:08:01elle n'est pas
01:08:02une primaire de validation
01:08:03d'un prochain candidat
01:08:05à l'élection présidentielle
01:08:06qui peut gagner
01:08:07pour moi
01:08:07ce qui se joue
01:08:08ce sont les législatives
01:08:10qui suivront
01:08:11la présidentielle
01:08:11de 2017
01:08:12c'est intéressant ça
01:08:13Françoise Frisso
01:08:13c'est-à-dire que
01:08:14ce qu'on regarde là
01:08:15ça n'est pas
01:08:16le processus
01:08:17par lequel un parti
01:08:18ou un camp
01:08:19va désigner son candidat
01:08:20on prend date
01:08:22pour ce qui viendra
01:08:23après la présidentielle
01:08:24voilà parce qu'au fond
01:08:24ce qui se joue
01:08:25c'est la clarification
01:08:26d'ailleurs que demande
01:08:27Raphaël Juxman
01:08:28et qui dit clarification
01:08:30dit de toute façon
01:08:31division
01:08:31et vous avez deux camps
01:08:33vous avez le camp
01:08:34où il est soutenu par Gage
01:08:36et où il dit
01:08:37au fond
01:08:37on ne peut plus faire alliance
01:08:38avec Alephi
01:08:39donc il faut aller chercher ailleurs
01:08:41et évidemment
01:08:42avec Alephi
01:08:43alors évidemment
01:08:44Ségolène Royal le pousse
01:08:45en disant
01:08:45mais vous allez chercher où
01:08:46vous faites un hold up
01:08:47pour aller vers la droite
01:08:48lui ne répond pas
01:08:50mais Ségolène Royal
01:08:51ou Olivier Faure
01:08:53dit
01:08:53nous on va faire
01:08:54au fond
01:08:54le processus
01:08:55mitéandien
01:08:56on va commencer
01:08:57par rassembler le PS
01:08:58et puis après
01:08:58les alliés naturels
01:09:00et puis après
01:09:00on va récupérer
01:09:01du LFI
01:09:02et puis des abstentionnistes
01:09:03et on va l'emporter
01:09:04mais ça ne marche plus
01:09:05c'est précisément ça
01:09:06qui ne marche plus
01:09:07donc ce qui se joue
01:09:08c'est les législatives
01:09:10de 2020
01:09:10donc ce n'est même pas
01:09:11la question de la réconciliation
01:09:12ou de savoir
01:09:13si c'est sincère
01:09:13ou insincère
01:09:14puisque Patrice Vuamel
01:09:15a dit les deux
01:09:16en fait la réconciliation
01:09:18elle est d'autant plus
01:09:19difficile à construire
01:09:21quand on est à peu près sûr
01:09:22de perdre à l'élection
01:09:23c'est-à-dire que
01:09:24si
01:09:25expliquez-nous ça
01:09:25c'est un paradoxal
01:09:26souvenez-vous des images
01:09:27on le voit dans le documentaire
01:09:28d'Hollande
01:09:29et Martine Aubry
01:09:30ils se prennent la main
01:09:31et quand Hollande
01:09:33est proclamé victorieux
01:09:35Martine Aubry
01:09:36tient aussi
01:09:37parce que concrètement
01:09:38à ce moment-là
01:09:39et puis elle est la patronne
01:09:40du parti
01:09:40il y a une quasi-certitude
01:09:42c'est que François Hollande
01:09:43a de fortes chances
01:09:44d'être élu président de la République
01:09:45donc à ce moment-là
01:09:46tous les intérêts du parti
01:09:48s'alignent sur Hollande
01:09:50les députés
01:09:51les candidats législatifs
01:09:52du PS
01:09:52qui ont envie d'être élus
01:09:53ils savent que leur sort électoral
01:09:55va dépendre de François Hollande
01:09:56et tout le monde est aligné
01:09:57là effectivement
01:09:58le problème
01:09:58je suis d'accord
01:09:59le fait qu'on ait autant parlé
01:10:01d'Elefi
01:10:01lors de ses primaires de gauche
01:10:03c'est la marque
01:10:05que au fond
01:10:06le PS
01:10:06enjambe l'élection présidentielle
01:10:08et se projette
01:10:09dans la reconstruction
01:10:11sinon on ne parlerait pas autant
01:10:12ou alors ils se projettent
01:10:13sur le second tour
01:10:14parce que
01:10:15alors on peut suivre
01:10:16François Spresso
01:10:17on peut aussi se dire
01:10:18là ce qui est en train
01:10:19de se jouer
01:10:20c'est ce qui se passerait
01:10:21au second tour
01:10:22la probabilité aujourd'hui
01:10:23quand on voit les sondages
01:10:24d'intention de vote
01:10:25je suis d'accord avec vous
01:10:27il y a peu de chance
01:10:27a priori
01:10:28que le vainqueur
01:10:30de la primaire
01:10:31soit élu
01:10:31le 2 mai prochain
01:10:33pourquoi ?
01:10:34non mais quand on voit
01:10:34les sondages
01:10:35mais
01:10:38il reste 200 jours
01:10:39il peut se passer
01:10:40énormément de choses
01:10:43si Raphaël Luxman
01:10:44qui est le favori
01:10:45fait une campagne magnifique
01:10:46une vraie dynamique
01:10:47etc
01:10:48il peut faire
01:10:49un gros score
01:10:50vous y croyez
01:10:51puisque vous mettez
01:10:52un 6
01:10:52non mais le problème
01:10:53c'est que
01:10:54la primaire
01:10:55c'est fait aussi
01:10:56pour créer une dynamique
01:10:57c'est un révélateur
01:10:57c'est fait pour créer
01:10:59une dynamique
01:11:00mais c'est un révélateur
01:11:01d'une personnalité
01:11:02et de sa capacité
01:11:03à faire campagne
01:11:04ce que vous avez vu
01:11:05est-ce qu'il est capable
01:11:06de faire une belle campagne ?
01:11:08moi je pense
01:11:09qu'il y a des sujets
01:11:10notamment en politique étrangère
01:11:12sur lesquels je le trouve
01:11:13très convaincant
01:11:14efficace
01:11:14il est d'une grande sincérité
01:11:15dès que ça devient
01:11:17très conflictuel
01:11:18et un petit peu politicien
01:11:19on le sent
01:11:20moins à l'aise
01:11:21mais moi je le trouve sincère
01:11:23en tout cas
01:11:23donc je termine par ça
01:11:25la primaire
01:11:26c'est fait aussi
01:11:27pour que le vainqueur
01:11:28ait une dynamique
01:11:29mais là
01:11:29ils se sont tellement
01:11:31engueulés
01:11:32pendant des heures
01:11:33sur les plateaux
01:11:34de téléviser
01:11:35sur trois débats
01:11:36que la dynamique
01:11:38je vois mal
01:11:38comment elle pourrait
01:11:39s'enclencher
01:11:39mais ça ne tient pas
01:11:40qu'au fait
01:11:41qu'ils se soient engueulés
01:11:41c'est aussi
01:11:42il faut être très très clair
01:11:43que cette primaire
01:11:44elle n'est pas vraiment
01:11:44comparable aux autres primaires
01:11:45puisqu'il va y avoir
01:11:46100 000 participants
01:11:47voilà
01:11:47alors concrètement
01:11:50la première primaire
01:11:523 millions de personnes
01:11:53et c'était 2 euros
01:11:54quand elle a gagné
01:11:56la primaire
01:11:57c'était aussi
01:11:57une primaire fermée
01:11:58alors c'était
01:11:59une semi-ouverte
01:12:00parce que souvenez-vous
01:12:00vous pouviez acheter
01:12:01la carte à 20 euros
01:12:02alors que tout le monde
01:12:03comprenne
01:12:03une primaire ouverte
01:12:05ça veut dire
01:12:05qu'on signe une charte
01:12:07une primaire ouverte
01:12:08c'est une primaire ouverte
01:12:09n'importe qui peut voter
01:12:10une primaire fermée
01:12:11c'est ouvert aux adhérents
01:12:12une primaire ouverte
01:12:14c'est ouvert aux sympathisants
01:12:17qui payent une somme
01:12:18modique
01:12:19et qui signent une charte
01:12:20là on est dans une primaire
01:12:21un peu curieuse
01:12:22parce qu'elle est globalement fermée
01:12:25réservée aux adhérents
01:12:26et c'est de fait
01:12:26ce qui va se passer
01:12:27c'est-à-dire qu'il va y avoir
01:12:27moins de 100 000 participants
01:12:29et ça sera essentiellement
01:12:30des militants
01:12:31des 3 partis organisateurs
01:12:32mais pour donner
01:12:33un signe d'ouverture
01:12:34le PS a accordé
01:12:36un droit de vote
01:12:37aux gens qui payent 15 euros
01:12:38ce qui est assez maladroit
01:12:40parce que ça donne l'impression
01:12:43de l'ouverture
01:12:44et en même temps
01:12:44ça donne l'impression
01:12:45de la fermeture
01:12:45parce que 15 euros
01:12:46c'est quand même
01:12:47une certaine somme
01:12:48du coup là
01:12:49pour ceux qui ne sont pas membres
01:12:50du parti socialiste
01:12:52les militants
01:12:54ils payent que je crois
01:12:55rien
01:12:56ils payent rien
01:12:57mais alors du coup
01:12:58ça donne l'impression
01:12:59d'un parti
01:12:59qui veut
01:13:00faire une primaire
01:13:01ouvrir un peu
01:13:02mais fermer derrière
01:13:03donc c'est pas un signe
01:13:05de dynamique
01:13:06et ce qu'on peut déjà
01:13:07d'ores et déjà dire
01:13:08puisqu'on connaît
01:13:09le nombre d'inscrits
01:13:09c'est qu'au bout du compte
01:13:11il va y avoir
01:13:12100 000 participants
01:13:14c'est-à-dire autant
01:13:15pour donner une idée
01:13:16que la primaire
01:13:17écolo
01:13:18Jadot
01:13:19Jadot
01:13:20Rousseau
01:13:21d'il y a 5 ans
01:13:22concrètement
01:13:23qui était une petite
01:13:24entre guillemets
01:13:24une petite primaire
01:13:25donc c'est une primaire
01:13:26un peu riquiqui
01:13:27en fait
01:13:27c'est une primaire
01:13:28qui donne l'impression
01:13:29d'être une primaire
01:13:29de perdant
01:13:30et qui a mobilisé
01:13:31malheureusement
01:13:32assez peu
01:13:32de sympathisants
01:13:34parce qu'il faut rappeler
01:13:35alors vous faisiez
01:13:36cette comparaison
01:13:36avec la primaire
01:13:37des Verts
01:13:38mais en l'occurrence
01:13:39c'est une primaire
01:13:40qui réunit
01:13:40place publique
01:13:41le parti socialiste
01:13:42et le parti
01:13:44d'Emmanuel Morel
01:13:45le parti
01:13:45la GRS
01:13:47vous nous rappelez
01:13:48Gauche républicaine
01:13:48et sociale
01:13:48Gauche républicaine
01:13:50et sociale
01:13:50Françoise Fresseuse
01:13:51Oui
01:13:52moi je suis absolument
01:13:53d'accord
01:13:53c'est-à-dire qu'avec
01:13:54si peu de votants
01:13:56ça va être extrêmement
01:13:57difficile
01:13:58ensuite de créer
01:13:59une dynamique
01:13:59après il y a
01:14:00des personnalités
01:14:01je trouve que c'est
01:14:01intéressant ce que
01:14:02vous disiez tout à l'heure
01:14:03il y a des personnalités
01:14:04qui émergent
01:14:04Glucksmann pour moi
01:14:06il a le fait
01:14:07d'être nouveau
01:14:07de ne pas avoir
01:14:08exercé le pouvoir
01:14:09donc de ne pas être
01:14:09du tout
01:14:10au fond
01:14:12dans ce qu'on peut appeler
01:14:13le bilan négatif
01:14:14de tous les partis
01:14:15il a une sincérité
01:14:17très profonde
01:14:17il a une vraie expertise
01:14:19sur la scène européenne
01:14:20et je le trouve
01:14:21effectivement
01:14:21beaucoup plus maladroit
01:14:23sur la scène nationale
01:14:24dès lors qu'il faut
01:14:25préciser
01:14:25avec quels alliés
01:14:27il peut gouverner
01:14:29et quelles mesures
01:14:30précises
01:14:30il fera
01:14:31Il ne veut pas
01:14:31ou il ne peut pas le dire ?
01:14:33Je pense qu'à ce stade
01:14:33il ne veut pas
01:14:34Je pense qu'à ce stade
01:14:35il ne veut pas
01:14:36Celui qui a émergé
01:14:37je trouve c'est
01:14:38Emmanuel Morel
01:14:39qu'on connaissait
01:14:40très à gauche
01:14:41qui au fond
01:14:41s'est poli
01:14:42qui s'est mis
01:14:44au centre du débat
01:14:46en tout cas
01:14:46pour essayer
01:14:47de réconcilier
01:14:48un peu
01:14:49faire un peu
01:14:49la synthèse socialiste
01:14:50qui dit qu'il veut
01:14:51réparer la France
01:14:52voilà
01:14:52il veut réparer la France
01:14:53et peut-être son parti aussi
01:14:54et donc
01:14:56ça aussi
01:14:56c'est intéressant
01:14:57les primaires
01:14:57c'est que ça fait toujours
01:14:58apparaître une surprise
01:15:00La surprise pour vous
01:15:01c'est quoi
01:15:02pour le moment
01:15:02Patrice Duhamel ?
01:15:03Est-ce que vous avez été surpris
01:15:04par quelque chose
01:15:06puisque vous avez
01:15:07à la fois écrit ce documentaire
01:15:09mais que vous suivez
01:15:10minute par minute
01:15:12le processus
01:15:13des primaires ?
01:15:15La brutalité
01:15:16des débats
01:15:17La brutalité des débats ?
01:15:18Je ne pensais pas
01:15:20que ça atteindrait
01:15:21ce niveau-là
01:15:21hier soir
01:15:22c'était quand même
01:15:22d'une très grande brutalité
01:15:23on sent une espèce de haine
01:15:25qui jusque-là
01:15:26ça existait
01:15:27quand il y avait
01:15:28François Hollande
01:15:29et Martine Aubry
01:15:30bon c'était dur
01:15:31mais Martine Aubry
01:15:32la fameuse phrase
01:15:33si un flou c'est qu'il y a un loup
01:15:35elle ne l'a pas dit
01:15:36pendant le débat
01:15:37elle l'a dit à la radio
01:15:38en parallèle
01:15:38mais jusque-là
01:15:40c'était relativement
01:15:42courtois
01:15:43feutré
01:15:44etc
01:15:44là on sent que
01:15:45vraiment
01:15:45c'est
01:15:47sur les alliances
01:15:48dire ça se limite
01:15:49j'ai lu ça aussi
01:15:50c'est un peu désant
01:15:52ça se limite aux alliances
01:15:53pardon
01:15:53il y a une élection présidentielle
01:15:55la conquête du pouvoir
01:15:56c'est de savoir
01:15:56avec qui on va conquérir le pouvoir
01:15:58et en l'occurrence
01:15:59c'est vrai qu'il y a
01:16:01quelqu'un
01:16:01dont on parle
01:16:02systématiquement
01:16:03dans cette primaire
01:16:04c'est Jean-Luc Mélenchon
01:16:05alors certains refusent
01:16:06de prononcer son nom
01:16:07mais d'autres le font
01:16:08c'est un spectre
01:16:09qui hante les primaires
01:16:10mais je dirais même
01:16:11qui hante la gauche
01:16:12puisque
01:16:12une partie de la gauche
01:16:13puisque maintenant
01:16:14on la nomme
01:16:14la gauche non-mélenchoniste
01:16:16c'est assez emblématique
01:16:18et on a l'impression
01:16:20que c'est toujours Mélenchon
01:16:21c'est vraiment frappant
01:16:23c'est-à-dire que
01:16:23lors des débats
01:16:24la question des LFI
01:16:25revient tout le temps
01:16:26comme si en fait
01:16:28cette gauche sociale-démocrate
01:16:29parce que c'est qu'une partie
01:16:30de la gauche non-mélenchoniste
01:16:32il ne faut pas l'oublier aussi
01:16:33il y a Marine Tondelier
01:16:35qui n'a pas encore
01:16:36les Verts n'ont pas encore statué
01:16:38il y a François Ruffin
01:16:39qui est encore candidat
01:16:41on ne sait pas pour combien de temps
01:16:42donc
01:16:43et cette gauche sociale-démocrate
01:16:46qui ne cesse de
01:16:47pourtant de mettre en avant
01:16:48son identité
01:16:49elle ne cesse de se déchirer
01:16:51par rapport à la France Insoumise
01:16:52alors pour des raisons
01:16:54d'ailleurs qui sont
01:16:54qui sont je dirais
01:16:56liées à la structuration
01:16:57de la vie politique
01:16:57aujourd'hui
01:16:58c'est clair qu'aujourd'hui
01:16:59s'il y a une menace
01:17:00de l'extrême droite
01:17:01la question
01:17:02de l'alliance
01:17:04avec
01:17:05la Mélenchon
01:17:06sera posée
01:17:07LFI
01:17:07et puis la question aussi
01:17:09de
01:17:09finalement
01:17:10du fait que
01:17:10le LFI
01:17:13tyrannise un peu
01:17:13d'un point de vue idéologique
01:17:15le PS
01:17:16ne cesse en fait
01:17:16de lui faire des procès
01:17:18en absence
01:17:18d'ancrage à gauche
01:17:20et le PS
01:17:20tombe un petit peu
01:17:21dans cet écueil
01:17:22et ce qui est dommage
01:17:23parce qu'on a quand même
01:17:24pour être un peu positif
01:17:25on a quand même entendu
01:17:26des idées intéressantes
01:17:28il y a des vraies propositions
01:17:31sur le plan économique
01:17:32on a discuté
01:17:33par exemple
01:17:33de la question
01:17:35des droits d'héritage
01:17:37de la taxation
01:17:37de l'héritage
01:17:38des prélèvements sociaux
01:17:40de l'Europe
01:17:40il y a eu des débats
01:17:41mais ils sont gâtés
01:17:43par la négativité
01:17:44de la primaire
01:17:45et par l'obsession
01:17:46de la France Insoumise
01:17:47Je pense que ça accompagne
01:17:49ce qu'on disait
01:17:49au début de l'émission
01:17:50c'est-à-dire qu'on assiste
01:17:53à un effondrement
01:17:53des partis
01:17:54de gouvernement
01:17:55et que le parti socialiste
01:17:56je pense que si c'est
01:17:57aussi violent
01:17:58c'est qu'il joue sa peau
01:17:59Effondrement des partis
01:18:00ou de la social-démocratie ?
01:18:02Non je pense des partis
01:18:03parce que le parti socialiste
01:18:05à un moment
01:18:05il a réussi à réunir
01:18:06de Chevènement
01:18:07jusqu'à Rocard
01:18:09donc c'était vraiment
01:18:10la synthèse
01:18:11faite par Mitterrand
01:18:12et ça tenait
01:18:13il y avait des débats
01:18:13très profonds
01:18:14là on a beaucoup
01:18:15d'opportunisme
01:18:17ça c'est sûr
01:18:18mais on a aussi
01:18:19un effondrement des partis
01:18:20et je trouve que
01:18:20le parallélisme
01:18:22avec LR aussi
01:18:23les deux partis
01:18:24au fond
01:18:25ont diminué
01:18:26en même temps
01:18:26simultanément
01:18:27et à chaque fois
01:18:28une primaire est venue
01:18:29pour essayer
01:18:30de les sauver
01:18:30d'un naufrage
01:18:31où on voyait
01:18:32à un moment
01:18:33souvenez-vous
01:18:34Fillon Copé
01:18:34qui se déchirait
01:18:36comme des chiffonies
01:18:37Jean-François Copé
01:18:38est prodigieux
01:18:38dans le documentaire
01:18:39d'ailleurs
01:18:39voilà
01:18:40et il s'est passé
01:18:41la même chose
01:18:42au parti socialiste
01:18:43entre Ségolène Royal
01:18:44et Martine Aubry
01:18:45donc là
01:18:45on assiste
01:18:46pour le parti socialiste
01:18:47à un moment de vérité
01:18:48au fond
01:18:49est-ce que le PS
01:18:49peut continuer
01:18:50à exister tel qu'il est
01:18:51ou est-ce qu'il va devenir
01:18:53soit un satellite
01:18:53de LFI
01:18:54soit un satellite
01:18:55du centre
01:18:56du centre gauche
01:18:57du centre droit
01:18:58et ça c'est
01:18:59il y a quand même
01:18:59un non-dit
01:19:00sur tout ce qui s'est passé
01:19:01pendant les débats
01:19:02c'est que
01:19:03Gluckman ne veut pas
01:19:04non plus dire
01:19:04je gouvernerai
01:19:05dans des coalitions
01:19:06avec la droite
01:19:07parce que c'est
01:19:08c'est la traîtrise
01:19:09mais Françoise
01:19:09on disait
01:19:10sur le PS
01:19:11en 2022
01:19:13donc c'est le PS
01:19:13renaît quand même
01:19:14c'est assez paradoxal
01:19:15alors il renaît quand même
01:19:16c'est la fin de ce débat
01:19:17mais c'est paradoxal
01:19:18Patrice Guimel
01:19:18ce qui reste d'un mot
01:19:19je pense c'est très important
01:19:21Bristin Turier le dit
01:19:22il est totalement d'accord
01:19:23avec lui
01:19:24le sondeur
01:19:24ce qui est l'essentiel
01:19:26c'est ce qui ressort
01:19:28du débat télévisé
01:19:29c'est là où on voit
01:19:30l'authenticité
01:19:30la sincérité
01:19:31la force de conviction
01:19:33et c'est là où on voit
01:19:34des personnalités émergées
01:19:35vous parliez d'Emmanuel Morel
01:19:37on le voyait quasiment jamais
01:19:39à la télévision
01:19:40et voilà
01:19:41c'est une personnalité
01:19:42nouvelle intéressante
01:19:44mais Fillon par exemple
01:19:45il a gagné la primaire
01:19:48la dernière fois
01:19:49face à la Juppé
01:19:50parce que dans les débats
01:19:51il avait été clairement
01:19:52le meilleur
01:19:53voilà
01:19:53je pense que c'est
01:19:55le révélateur
01:19:56du débat télévisé
01:19:57vous savez
01:19:57ce qui est le révélateur
01:19:59de notre débat
01:20:00de ce soir
01:20:00c'est que pas
01:20:01une fois
01:20:02vous n'avez cité
01:20:03le nom d'Olivier Faure
01:20:04qui pourtant
01:20:05est le patron du PS
01:20:06et d'ailleurs
01:20:07le sujet
01:20:07ça en dit long
01:20:08si Raphaël Glucksmann
01:20:10qui est le favori
01:20:11gagne la primaire
01:20:12dans une dizaine de jours
01:20:13il y aura
01:20:15François Hollande
01:20:16évoque le sujet
01:20:16savoir si Olivier Faure
01:20:18peut rester
01:20:20alors qu'il n'est pas
01:20:21vraiment majoritaire
01:20:22peut rester le patron du PS
01:20:24vous reviendrez en tout cas
01:20:25pour en parler
01:20:25merci Patrice Duhamel
01:20:27c'était passionnant
01:20:28ce film
01:20:28ce débat également
01:20:29avec vous
01:20:30Françoise Fresseuse
01:20:31merci Rémi Lefebvre
01:20:32merci à vous
01:20:32de nous avoir suivis
01:20:34et à très vite
01:20:34sur LCP
01:20:35bonne soirée
01:20:36merci à vous
01:20:39merci à vous