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Gérard Larcher, président LR du Sénat, était l’invité du Face-à-Face sur BFMTV et RMC ce mardi 06 octobre 2026.

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Transcription
00:00Bonjour Gérard Larcher, merci de répondre à mes questions ce matin, vous êtes président du Sénat, félicitations d'ailleurs puisque
00:06vous venez d'être réélu, confortablement réélu et c'est pour la sixième fois consécutive, votre voix porte, vous êtes
00:11le second personnage de l'État et dans le contexte actuel, mobilisation aujourd'hui qui promet d'être massive, les
00:19lycéens qui promettent un mardi noir, le gouvernement qui craint l'embrasement et vous, que craignez-vous ?
00:25Écoutez, d'abord je dois dire que cette crise doit nous rappeler que rien ne justifie les émeutes et les
00:36saccages, mais qu'en même temps elle révèle une crise de l'autorité de la transmission des savoirs, on n
00:42'a pas vu de manifestation quand le classement Pisin nous a mis dernier en français et en mathématiques, et c
00:48'est quand même la crise de transmission des savoirs,
00:51et je suis certain que même de manière subliminale, ça doit inquiéter les jeunes par rapport à leur avenir. Arrive
00:59aussi, je l'entendais il y a un instant sur votre antenne, la question des générations,
01:03la chute de la démographie, l'apparition de l'intelligence artificielle avec ce qu'elle conduit comme incertitude sur l
01:09'emploi demain, et puis le rôle et la place des réseaux sociaux qui jouent un rôle dans cette mobilisation.
01:15Mais aussi les manques de moyens, les manques de professeurs, les bâtiments vétustes, les emplois du temps à trous ?
01:20Ça nous emmène à quelques demandes qui existent. Premier sujet, et pas le manque de professeurs, c'est 15 millions
01:27d'heures non remplacées d'enseignants.
01:30Ça c'est une première réalité sur laquelle, me semble-t-il, il faudra que s'engage un vrai dialogue,
01:36nous l'avons déjà souligné, notre commission de la culture au Sénat.
01:39Le second des sujets, c'est l'absence d'accompagnement, le caractère chaotique de Parcoursup. Là aussi, ça fait partie
01:49des observations que nous avons faites.
01:51Tout ceci peut inquiéter, c'est sans doute la base. Une fois qu'on aura rétabli l'ordre...
01:57Ça participe de ce climat d'angoisse ?
01:59Oui.
02:00Vous comprenez donc que la mobilisation est prise ?
02:04Je pense que la mobilisation aurait dû s'exprimer d'une autre manière. Il faut des interlocuteurs, il faut dialoguer,
02:11il faut négocier.
02:11Ce qui est insupportable, ce sont les émeutes. C'est le saccage et la violence. Il faut donc rétablir l
02:18'ordre.
02:19Rétablir l'ordre, vous l'avez vu, il y a effectivement des débordements et des scènes de blocage, d'incendie
02:27parfois, de véritables émeutes.
02:28Le gouvernement parle d'émeutes urbaines. Il y a aussi des blessés. Hier, un jeune a perdu la main. Il
02:38a eu la main arrachée avec l'usage d'une grenade de désencerclement par les forces de l'ordre.
02:45Dix enquêtes de l'IGPN qui sont ouvertes. Le ministre de l'Intérieur qui a d'ailleurs été convoqué par
02:50la Commission des lois pour s'expliquer sur le maintien de l'ordre.
02:53Est-ce qu'aujourd'hui, la réponse des forces de l'ordre est proportionnée ?
02:57Écoutez, il y a aussi 300 policiers qui ont été blessés. C'est aussi la réalité. C'est naturellement dramatique,
03:03ce jeune avec une grenade.
03:06Peut-être, on ne sait pas encore les circonstances. Est-ce qu'il a renvoyé la grenade ou pas ?
03:11On verra ce que...
03:12Une enquête est ouverte et plusieurs récits se sont confrontés.
03:15Mais tout ça est dramatique. Voilà pourquoi ceux qui attisent la violence, ceux qui attisent ce type de manifestation et
03:24de saccage, ont une responsabilité.
03:26C'est qui ?
03:27Vous voyez bien qu'il y a un certain nombre de forces politiques. Je pense à la France insoumise qui
03:32joue un rôle.
03:32Quand monsieur le maire de Saint-Denis parle...
03:35Badi Bagaioco.
03:36Eh oui, oui. Quand tu parles, d'une quelque sorte, d'une violence légitime.
03:42D'une violence qui peut être légitime, dit-il.
03:44Écoutez, quand vous voyez un certain nombre de députés avoir été au premier rang, je crois que sur tout ça,
03:50il faut qu'on agisse en responsable.
03:52Ça veut dire que vous considérez aujourd'hui que, vous avez commencé par le dire, les revendications des lycéens, elles
03:57prennent leurs racines très profondément.
03:59On va y revenir. La question aussi peut-être de la responsabilité du gouvernement et des dernières années.
04:04Mais vous considérez que la manière dont se déroulent aujourd'hui ces manifestations et la manière dont elles ont dégénéré,
04:11c'est un fait politique ?
04:13C'est un fait politique inacceptable. Voilà pourquoi, j'allais dire, il faut rétablir l'ordre.
04:17Mais c'est justifié pour vous la manière dont il y a des confrontations des forces de l'ordre avec
04:22les lycéens ?
04:22C'est le rôle, c'est le rôle de l'État d'assurer l'ordre public. C'est le rôle
04:26de l'État de défendre des bâtiments publics.
04:29C'est le rôle de l'État, regardez cette enseignante poursuivie, vous avez vu aussi ces images, il faut la
04:34tuer.
04:35Et donc c'est le rôle de l'État de défendre l'État de droit.
04:38Gérard Larcher, l'une des premières réponses, vous dites qu'il faudra du dialogue.
04:42Il y a eu d'abord beaucoup de temps avant que le ministre de l'Éducation nationale...
04:46Oh quand même, vous n'avez pas l'impression honnêtement que ça a traîné ?
04:52Première rencontre avec les organisations syndicales, vendredi après-midi dernier.
04:55Nous sommes le 6 octobre.
04:56Vous considérez que c'était normal ?
04:58Écoutez, je ne vais pas vous dire que...
04:59J'ai considéré que sur ces 10 ans, 7 ministres successifs, ça soit l'idéal en matière de gestion de
05:05l'Éducation nationale.
05:07Il y a ces réalités-là.
05:09Mais je dois dire que le temps est venu, et le Premier ministre a bien fait du dialogue,
05:15mais d'abord rétablissons l'ordre.
05:17D'abord l'ordre, puis le dialogue.
05:20C'est le propre d'ailleurs, du dialogue social.
05:24Gérard Larcher, l'une des réponses également du gouvernement,
05:27ça a été d'accélérer l'examen de la proposition de loi dite casseur-payeur,
05:30avec la première étape au Sénat, puisqu'elle sera examinée,
05:33je ne sais pas si vous allez nous le confirmer, le 27 octobre prochain ?
05:35Écoutez, nous avons une conférence des présidents demain,
05:38ce texte qui était prêt dès le mois de septembre,
05:42donc ce texte, il avait poursuivi son chemin,
05:45examen par le Conseil d'État,
05:47la conférence des présidents demain dialoguera avec le gouvernement
05:52pour un examen avant la fin du mois.
05:54Avant la fin du mois, ça veut dire aussi que vous considérez qu'une des réponses à tout cela,
05:58même si vous le dites, c'était dans les tuyaux depuis un certain temps,
06:00depuis plusieurs émeutes déjà qui ont eu lieu,
06:03c'est la question de la responsabilité collective,
06:04c'est-à-dire que ce ne sera plus une responsabilité individuelle ?
06:06On a déjà la loi Riposte qui a été adoptée et publiée le 18 août dernier,
06:12qui par exemple réprime le transport, l'usage des mortiers d'artifices et autres explosifs,
06:22nous avons déjà la loi Riposte.
06:24Aujourd'hui, posez la question de la responsabilité collective du groupe,
06:30posez la question de la responsabilité des parents,
06:32parce qu'il y a une responsabilité des parents,
06:34pour les jeunes mineurs.
06:36Tout ceci mérite d'être posé, c'est le cas de ce texte.
06:41Naturellement, la réponse doit être proportionnée
06:46avec l'exercice du droit à manifester,
06:50paisiblement, mais du droit à manifester,
06:52et nous examinerons à la Commission des lois ce texte,
06:55mais qui s'inscrit dans une démarche qui existait déjà dès la loi de 2019,
07:00qui a été la suite aussi d'un rapport du Sénat début 2024,
07:04après le drame de Naël et les manifestations qui avaient eu lieu.
07:09Gérard Larcher, vous êtes président Les Républicains du Sénat.
07:13Le candidat Les Républicains, Bruno Retailleau,
07:16demande à abaisser la majorité pénale à 15 ans.
07:18Aujourd'hui, on le voit, 85% de ceux qui ont été arrêtés,
07:22qui ont été placés en garde à vue, sont des mineurs.
07:24Ça veut dire qu'il n'y aura pas de comparution immédiate,
07:26et ça veut dire que le jour où ils seront jugés,
07:28ils auront l'excuse de minorité.
07:29Est-ce qu'il faut revoir la justice des mineurs ?
07:32Nous l'avons déjà revue.
07:33Je vous rappelle, c'était d'ailleurs une proposition de Gabriel Attal.
07:36Tout à fait.
07:37Et cette proposition de Gabriel Attal, nous en avons débattu les deux assemblées.
07:41Le Conseil constitutionnel a considéré que la réponse qui a été proposée
07:47ne s'inscrivait pas...
07:48Il a censuré une grande partie de cette loi.
07:51...ne s'inscrivait pas dans cette notion de proportionnalité,
07:54et notamment dans ce code de la justice des mineurs qui date de la libération.
07:58Est-ce que vous pensez que le mineur qui passe, pour beaucoup d'entre eux,
08:03plus de 4 heures par jour sur les réseaux sociaux,
08:06il est comparable à un mineur des années 50 ou des années 60 ?
08:11La réponse est évidemment non.
08:13Et donc, il va falloir que nous adaptions.
08:15Que nous adaptions, et donc, il va falloir que nous réexaminions.
08:19Et remettant sur le métier...
08:21Vous allez abaisser...
08:22En écoutant ce que nous a dit le Conseil constitutionnel,
08:25mais en marquant la volonté du législateur,
08:27le mineur 2026 n'est plus le mineur 1956.
08:31Vous êtes inquiet ?
08:33Écoutez, toutes ces crises, on ne sait jamais comment elles peuvent évoluer.
08:38Et ça conduit, pour moi, bien sûr, à des interrogations,
08:43mais aussi à la détermination.
08:44Voilà pourquoi il faut rétablir l'ordre.
08:47Lorsque vous entendez un ministre, le ministre de l'enseignement supérieur,
08:50en l'occurrence, à qui on demande s'il craint un embrasement national,
08:52répondre oui, il craint un embrasement national.
08:55Est-ce que vous le craignez aussi ?
08:56Écoutez, l'embrassement national, il faudrait qu'il y ait une forme de conjugaison
09:01avec d'autres forces.
09:02Le 5 novembre prochain, il y a un appel à ce que la grève soit...
09:06J'allais dire, on ne peut pas utiliser l'expression de grève générale,
09:08mais une grève large, massive, des manifestations...
09:11L'ancien du ministre du Travail connaît bien ce genre de sujet.
09:16Vous avez une grève qui porte sur les salaires, une grève catégorielle,
09:22qui porte sur le pouvoir d'achat.
09:25C'est une grève, j'allais dire, qui s'inscrit dans la préparation budgétaire.
09:29Mais aussi, il faut le dire, vous avez des élections syndicales à la fin de l'année,
09:35dans la fonction publique notamment, à la SNCF,
09:38qui est ces mobilisations.
09:39C'est l'occasion, me semble-t-il, de donner au dialogue social.
09:43Mais on n'a pas d'argent en plus.
09:45On va y venir, parce qu'évidemment, je vais vous interroger sur le budget.
09:47Le contexte, effectivement, fait qu'il n'y a pas beaucoup de marge.
09:50Mais Gérard Larcher, comment on en est arrivé là ?
09:52– Je pense que nous avons une forme de déficit de dialogue dans ce pays.
09:58Vous savez, j'ai dit dans mon discours au Sénat, juste après avoir été élu,
10:03que je sentais le pays tendu, c'était jeudi,
10:06que je sentais la démocratie à la peine.
10:10Je crois que c'est parmi ces sujets qu'il nous faudra, j'allais dire,
10:15axer les réflexions pour l'élection présidentielle.
10:18Je ne l'ai pas entendu jusque-là, dans les débats préparatoires à la présidentielle,
10:23notamment sur des débats que vous avez eus il y a peu de temps.
10:25– J'imagine que vous faites référence au débat de la primaire de la gauche
10:28qui avait lieu dimanche soir.
10:29Gérard Larcher, Bruno Retailleau, estime qu'il faut se poser la question
10:33de l'interdiction du parti LFI, considéré par lui comme un parti séditieux,
10:39fasciné par la violence.
10:40Est-ce que cette question, vous vous la posez aussi ?
10:42– Écoutez, la France insoumise a une responsabilité, aujourd'hui,
10:47de souffler sur les braises.
10:50Il faut, j'allais dire, se poser la question par rapport au code de la sécurité intérieure.
10:55Mais en même temps, c'est un parti politique qui exprime la sensibilité
10:59d'une partie de la population, et notamment de la jeunesse.
11:02Et article 4 de la Constitution prévoit que les partis politiques
11:07contribuent à l'expression de la démocratie.
11:10il faudrait vraiment des motifs majeurs qui relèvent d'un article du code
11:15de la sécurité intérieure.
11:16On l'a appliqué pour la jeune garde, M. Raphaël Arnaud.
11:19On l'a appliqué à l'extrême droite pour génération identitaire.
11:23Je pense que sur ce sujet, c'est au gouvernement de se poser la question.
11:28Je suis assez prudent.
11:29– Vous vous sentez bien ?
11:30– Vous vous sentez beaucoup plus prudent que Bruno Retailleau sur cette question-là ?
11:32– Oui, c'est prudent parce qu'article 4 de la Constitution,
11:34c'est aussi mon rôle de président du Sénat.
11:37Par contre, j'appelle les responsables politiques
11:39à faire preuve du sens des responsabilités,
11:42à cesser de souffler sur les braises,
11:44et à regarder l'intérêt du pays,
11:46et en même temps, la protection des jeunes.
11:47– Il est toujours votre candidat, Bruno Retailleau ?
11:49– Bien sûr, et je le soutiens, sans réserve.
11:52Il est aujourd'hui avec deux autres candidats,
11:56Gabriel Etal et Édouard Philippe,
12:01et il doit développer son projet et le proposer.
12:03– Ça veut dire quoi ? Il est avec les deux autres ?
12:04J'ai pas l'impression qu'ils soient tellement ensemble ?
12:06– Non, parce que chacun est dans son couloir.
12:08Je reprends une formule comparable à l'athlétisme.
12:10– Mais vous aimeriez qu'il soit dans le même couloir ?
12:13– Non, pour être présent au deuxième tour,
12:16chacun sait qu'il faudra, en début d'année, se poser la question.
12:20– Ça veut dire quoi, Gérard Larcher ?
12:21Pardon, mais c'est important.
12:23Vous parliez d'un débat de la primaire de la gauche.
12:25Il n'y a pas eu de primaire, effectivement,
12:26pour ce centre qui irait de Gabriel Attal
12:29à Édouard Philippe ou Bruno Retailleau.
12:32Comment vous allez faire, là,
12:33pour qu'à un moment, il n'y en ait plus qu'un ?
12:35– Écoutez, ce sera le sujet
12:38de la responsabilité d'un certain nombre d'entre nous.
12:41Ce sera le sujet de la responsabilité des trois.
12:43Je leur fais confiance pour être responsable.
12:45– Vous leur faites confiance pour être responsable ?
12:46Vous êtes bien optimiste, non ?
12:47– Non, je suis réaliste et je pense qu'ils ont,
12:50tous trois, le sens de l'État.
12:52Et en tous les cas, pour Bruno Retailleau,
12:53je suis sûr de son sens de l'État.
12:55– Mais ça veut dire sur quels critères ?
12:56C'est-à-dire que si Bruno Retailleau, en janvier,
12:57c'est le timing que vous donnez,
12:59est derrière les trois autres, il faudra qu'il renonce ?
13:01– Écoutez, nous verrons la situation.
13:03Il nous reste, aujourd'hui, trois mois.
13:05Trois mois de débat, trois mois pour présenter leur projet.
13:09Moi, je suis aux côtés de Bruno Retailleau.
13:11– Vous êtes aux côtés de Bruno Retailleau, sans réserve ?
13:13– Sans réserve.
13:14– Mais si, en janvier, il y a un problème,
13:16vous prendrez votre responsabilité.
13:18– Nous verrons le si.
13:19– J'ai du mal juste à comprendre ce que ça veut dire,
13:21je prendrai mes responsabilités.
13:22– Écoutez, vous le verrez.
13:24Je vous donne trois mois pour le voir.
13:26Et vous avez vu qu'au Sénat,
13:28nous sommes capables de nous retrouver, de nous rassembler.
13:30– Dans le même temps, il y a le projet de budget,
13:33il y a la dette qui explose.
13:37Un Premier ministre assez inaudible sur cette question-là,
13:39mais qui régulièrement fait des tribunes,
13:41des alertes, des tweets pour dire,
13:42attention, il est minuit moins une.
13:44Les taux d'intérêt n'ont jamais été aussi élevés.
13:47La France qui emprunte à des prix terribles.
13:52Comment est-ce que vous voyez la discussion budgétaire
13:53et surtout, comment est-ce que vous voyez la situation de la France ?
13:55– C'est vrai que nous sommes au bord de la crise financière.
13:59Ça, c'est une réalité.
14:01Quand vous êtes à près de 5 points de taux d'intérêt
14:05et que l'écart, notamment avec l'Allemagne,
14:09ne cesse, j'allais dire, de grandir,
14:12vous vous dites que, pour les finances publiques,
14:16l'heure est venue, enfin, enfin,
14:18de retrouver une trajectoire de réduction de la dépense publique.
14:21Dans le budget qui nous est présenté aujourd'hui,
14:24on voit qu'il y a une part de trajectoire
14:27de réduction de la dépense publique,
14:29il y a aussi une part d'impôts en plus,
14:31et ça, c'est un vrai sujet,
14:32parce que quand on nous annonce des chiffres,
14:34regardez ce que dit le Conseil des finances publiques,
14:37il y a plus de 17 milliards d'impôts en plus,
14:40il y a 11 milliards de diminution de la dépense publique
14:44liée au gel budgétaire.
14:46Cette réalité-là, nous allons l'examiner,
14:49essayer de trouver les bons équilibres
14:51entre un projet de loi de finances,
14:52mais surtout aussi un projet de loi de financement
14:55de la Sécurité sociale.
14:56– Quand vous dites, Gérard Larcher,
14:57on va rentrer dans le détail sur la question aussi des retraites,
14:59sur la question du pouvoir d'achat, des impôts, dites-vous,
15:01mais vous dites, on est au bord d'une crise financière.
15:04Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que vous avez en tête ?
15:05Ça veut dire quoi, une crise financière ?
15:06Ça veut dire quoi ?
15:07Ça veut dire qu'à un moment, le FMI ou d'autres
15:10vont devoir venir nous sauver, en quelque sorte ?
15:12C'est quoi ?
15:13– Début d'année, 2026,
15:16on avait prévu, charge de la dette,
15:19un peu plus de 60 milliards.
15:21On va terminer l'année plus proche de 80 milliards.
15:24En 2028, on est à 100 milliards.
15:27Quand la charge de la dette en intérêt
15:30devient supérieure à tous les budgets,
15:32vous vous dites, et notamment supérieure aussi,
15:35j'allais dire à la ressource qu'est l'impôt,
15:38sur les personnes physiques, l'IRPP,
15:42et bien vous vous dites qu'on a un vrai sujet.
15:44– Mais ça se manifeste comment ?
15:45Pardon, mais si vous dites, une crise financière, c'est quoi ?
15:47– C'est des taux d'intérêt qui montent à 6%,
15:49qui sont insoutenables,
15:51et que la signature de la France ne devienne pas crédible.
15:54– Est-ce que le mot de faillite,
15:55il avait été prononcé par François Fillon il y a des années,
15:58est-ce que vous dites que la France est au bord de la faillite ?
16:00– Non, j'espère que non.
16:02Je ne veux pas être non plus hyper alarmiste,
16:05mais en 2023, nous avons proposé,
16:08au Président de la République.
16:11Une trajectoire de retour à l'équilibre.
16:12– Je m'en souviens très bien, vous étiez venu la défendre ici même.
16:14– Il a refusé.
16:16Nous n'en serions pas là aujourd'hui.
16:18On ne va pas pleurer sur le lait qui n'a pas été récolté,
16:22mais on va se dire qu'il est temps de revenir.
16:25– Ou qu'il est au minimum renversé.
16:26Gérard Larcher, vous dites, il est temps de revenir.
16:28On fait comment ? Sur quoi est-ce qu'on coupe dans les dépenses ?
16:31– Toutes les dépenses, à mon avis.
16:33Il reste des dépenses sur lesquelles il faut être attentif
16:35dans la situation internationale sur les dépenses de défense.
16:39– On sent que tu arrives les réponses.
16:40– On a une loi de programmation militaire.
16:43– L'éducation ?
16:44– Puisqu'on parle d'éducation,
16:45le projet de budget prévoit une croissance du budget de l'éducation.
16:50Il était cette année autour de 64 milliards.
16:52Il va bientôt, il va avoir cette année 1,2 milliard en plus.
16:56Mais sur les autres budgets, nous n'avons pas d'autre choix.
16:59Et il faut, dans le budget de la sécurité sociale,
17:02passer d'un déficit,
17:04je vous rappelle qu'on était quasiment à l'équilibre en 2008,
17:07qu'on a aujourd'hui un déficit qui dépasse les 22 milliards
17:11et qu'il faut réduire à 12 milliards.
17:13– Et vous faites comment là-dessus ?
17:14Ça veut dire qu'il y a des médicaments qui seront moins remboursés ?
17:17Ça veut dire qu'il y a des gens malades qui vont avoir des journées de carence en plus ?
17:20– Non, non, mais il y a bien sûr un certain nombre d'évolutions
17:24sur l'ondame, sur l'indexation des retraites.
17:28C'est un sujet qui compte.
17:30– Je vous parlais à l'instant, on va parler de la retraite,
17:32mais sur les arrêts maladies, et c'est un chiffre qui font révélation.
17:36– Les arrêts maladies ?
17:36– Les arrêts maladies qui explosent, et notamment dans le privé.
17:39– Sur les transports, certains transports sanitaires.
17:42– Oui, mais est-ce que vous considérez que les arrêts maladies qui explosent,
17:44c'est parce que, et ça rejoint ce qu'on disait au début,
17:46parce que la société française, elle va mal, elle est inquiète,
17:49elle a du mal à se projeter ?
17:51– Oui, mais il y a aussi, à mon avis, un certain nombre de fraudes,
17:54d'abus, de situations, et ceci nécessite vraiment une reprise en main.
18:00On ne peut pas continuer à laisser aller,
18:02et à considérer qu'il y a une espèce de fatalité au déficit.
18:06De toute façon, on n'arrivera plus à le financer.
18:07– Les retraites, Edouard Philippe propose 65 ans et 45 ans d'annuité,
18:15ainsi qu'une part de capitalisation.
18:18Quelle est votre position ?
18:18Ma position, elle l'est, il y a trois paramètres, vous savez, pour les retraites.
18:22– Oui.
18:22– C'est très simple.
18:23Il y a le nombre d'années travaillées, et l'âge de départ.
18:27La deuxième, c'est soit vous baissez les pensions,
18:29soit vous augmentez les cotisations, et vous tapez sur le pouvoir d'achat.
18:33Il y a une réalité incontournable.
18:35Le gouvernement a abdiqué l'an dernier, en suspendant la réforme des retraites,
18:39qui était sans doute la seule véritable réforme du deuxième quinquennat d'Emmanuel Macron.
18:44– Donc il n'en restera rien, du macronisme ?
18:46– Pas grand-chose, en tous les cas.
18:48– Aujourd'hui, il faut se dire, face à la vérité,
18:52que nous devons retrouver progressivement un équilibre de notre système de retraite,
18:57et poser la question de la capitalisation, pour les jeunes générations.
19:02Elles, elles sont inquiètes.
19:02– Bruno Retailleau, il dit 63 ans.
19:04Édouard Philippe, il dit 65 ans.
19:05– Écoutez, c'est 63 ans et évolutif.
19:07– Pardon, il y a une grosse différence.
19:08– Non, il n'y a pas de drôle de différence.
19:10– Ah bon ?
19:10– Quand vous regardez, le seul différence vraie,
19:13est avec Gabriel Attal, qui supprime l'âge légal.
19:16– Et c'est pas mal ça, cette idée de supprimer l'âge légal ?
19:18Ou non, c'est une erreur ?
19:19– Je pense qu'il faut une borne, qu'il soit clair.
19:21– Donc il faut une borne entre 63 et 65 ans ?
19:23– Voilà, et la réalité nous conduira,
19:25regardez nos voisins en Europe,
19:27ils sont plutôt à 67 ans,
19:29mais ça viendra avec le temps.
19:31– Ah donc il faudra sans doute aller jusqu'à 67 ?
19:32– Bien sûr, mais je note que les deux proposent
19:36de suivre l'augmentation de l'espérance de vie
19:39et réalité démographique.
19:40– Ça même François Hollande,
19:41il faut se dire la vérité.
19:44– Et la capitalisation ?
19:45– Oui, je viens de vous dire que j'ai été favori.
19:47– Mais la capitalisation, ça veut dire quand même aussi,
19:50parfois, une inégalité, y compris face au retournement éventuel du marché,
19:56un risque, non ?
19:57– Bien sûr, mais voilà pourquoi il faut sauver le système par répartition,
20:01qui doit rester le sous-bassement de notre système de retraite.
20:04– Gérard Larcher, les propos attribués à Jordan Bardella
20:09par le journal Mediapart, il nie,
20:11mais Mediapart affirme ses preuves,
20:14quel regard vous portez là-dessus ?
20:15– Écoutez, je vois bien les preuves,
20:17je vois la négation,
20:19je pense que ça devrait être tranché par la justice,
20:21ce sont des propos, s'ils ont été tenus,
20:25qui sont strictement inacceptables.
20:27et qui, à mon avis, s'ils sont confirmés,
20:33disqualifieraient Jordan Bardella
20:34d'exercer des responsabilités politiques.
20:37Je pense qu'on est à la veille du 7 octobre,
20:40ça nous rappelle quand même des choses extrêmement claires,
20:45l'antisémitisme, c'est insupportable,
20:48c'est insupportable, de même que le racisme.
20:51– Merci Gérard Larcher d'avoir répondu à mes questions ce matin,
20:54président du Sénat.
20:55– Merci.

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