- il y a 2 jours
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Bruno Le Maire, ancien ministre de l'économie.
Avec :
- Raphael Legendre, Challenges
- Hervé Gattégno, directeur de la rédaction Radio Classique
- Stéphanie Depierre, journaliste LCP
- Hugo au perchoir pour Twitch
Face à vous :
Raphaël Llorca co-auteur de « Nous les Français »
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
Avec :
- Raphael Legendre, Challenges
- Hervé Gattégno, directeur de la rédaction Radio Classique
- Stéphanie Depierre, journaliste LCP
- Hugo au perchoir pour Twitch
Face à vous :
Raphaël Llorca co-auteur de « Nous les Français »
Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.
En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.
Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.
Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.
Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.
Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.
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NewsTranscription
00:00:00A la veille d'une journée d'action nationale des lycéens, la situation est loin d'être sous contrôle pour
00:00:04le gouvernement.
00:00:05Ce qui fait craindre à un ministre un embrasement national.
00:00:08Et parallèlement, les débats sur le budget vont bientôt commencer.
00:00:11Il risque d'échauffer les esprits, cette fois sur les bancs de l'Assemblée nationale.
00:00:1454 milliards à trouver en faisant payer les retraités ou en piochant dans les réserves de l'assurance chômage.
00:00:19Ça risque d'être difficile à faire passer.
00:00:22On va en parler avec Bruno Le Maire, ancien ministre de l'économie et des finances, invité de LCP lundi,
00:00:25c'est politique.
00:00:30– Sous-titrage Société Radio-Canada
00:01:00– Bonsoir.
00:01:00– Raphaël Legendre de Challenges, bonsoir Raphaël.
00:01:03– Bonsoir.
00:01:03– Et puis Hugo Couturier, Hugo Operchoir sur la chaîne Twitch LCP Assemblée nationale.
00:01:07En direct, il y a déjà des réactions.
00:01:08– Oui, il y a déjà plein de questions.
00:01:09– C'est vrai ?
00:01:10– Oui.
00:01:10– Une, allez, allez.
00:01:11J'ai la première.
00:01:12– La première, très bien.
00:01:14Qui est un peu taquine mais qui vous dit
00:01:15« Monsieur le maire, vous êtes compétent, donc l'accroissement de la dette et des inégalités sous votre ministère sont
00:01:20voulues et calculées.
00:01:21Ou bien, je me trompe, mais vous êtes incompétent. »
00:01:24– Je donne le temps.
00:01:24– Je vois que ça commence fort.
00:01:26– Bon, vous répondrez tout à l'heure.
00:01:28– Voilà, exactement.
00:01:28Il faut que je peux répondre tout de suite.
00:01:29La dette, je prends toute ma part de responsabilité.
00:01:32J'aimerais que tout le monde l'apprenne aussi, dans les oppositions, dans le gouvernement.
00:01:36Et surtout, j'aimerais qu'on comprenne que la dette, la moitié, c'est les retraites.
00:01:39Donc si on ne règle pas le problème des retraites et le problème de la dépense sociale,
00:01:43on ne règlera pas le problème de la dette en France.
00:01:44– Voilà une introduction.
00:01:46En fin d'émission, vous échangerez avec l'un des co-auteurs de « Nous les Français ».
00:01:48Ce livre qui fait un tabac en ce moment et qui propose de raconter la France telle que la politique
00:01:54ne les verront jamais, rien de moins.
00:01:56C'est une façon de montrer ce qu'est la France aujourd'hui, un portrait robot des Français, de leurs
00:02:00attentes,
00:02:00à travers des détails de la vie quotidienne.
00:02:02Vous verrez ça.
00:02:04Des lycées bloquées, des affrontements entre forces de l'ordre et groupes de jeunes
00:02:07et une manifestation nationale de lycéens demain.
00:02:09En une semaine, le mouvement s'est embrasé et a pris une ampleur que beaucoup de politiques eux-mêmes disent
00:02:14bien
00:02:14ne pas avoir vu venir.
00:02:16Ce matin, à Lens, un lycéen a perdu sa main en voulant rattraper une grenade de désencerclement.
00:02:21Et puis en ce moment, Sébastien Lecornu réunit autour de lui le ministre de l'Éducation nationale,
00:02:26le ministre de l'Intérieur et le ministre de l'Enseignement supérieur
00:02:28qui ce matin a reconnu que la situation était vraiment tendue.
00:02:33Demain, embrasement au niveau national, sur lycéens plus étudiants,
00:02:38oui je le crains évidemment, mais comme tout le monde, je suis vigilant.
00:02:42Je suis aussi vigilant au fait qu'on voit qu'on a depuis quelques jours,
00:02:48à côté des étudiants et à côté des lycéens aussi, des casseurs, des black blocs et des casseurs
00:02:55qui s'infiltrent dans le mouvement, qui sont en général très très très violents.
00:03:00Ce qui pose évidemment pour les forces de l'ordre des difficultés supplémentaires.
00:03:05Et je voudrais quand même souligner aussi que les forces de l'ordre ont fait preuve
00:03:09vraiment d'une très grande proportionnalité.
00:03:12– Bruno Le Maire, est-ce que, pour reprendre les propos de Philippe Baptiste,
00:03:15vous craignez aussi un embrasement national ?
00:03:18– Je n'aime pas ce terme du tout.
00:03:20Parce que je le trouve inapproprié.
00:03:25Il y a des violences, elles sont condamnables.
00:03:27Tous ceux qui mettent le feu à leur lycée,
00:03:29tous ceux qui usent de la violence doivent être sanctionnés, arrêtés.
00:03:34Leurs parents doivent participer au remboursement des dégâts.
00:03:36Là-dessus, je n'ai évidemment aucune difficulté.
00:03:38Mais nous aurions tort de ne pas entendre ce que nous disent ces lycéens.
00:03:43J'ai deux enfants lycéens.
00:03:45Il faut voir ce qu'ils se sont pris dans la gueule depuis des années et des années.
00:03:49C'est la génération du Covid.
00:03:51Ils avaient 10 ans, 11 ans, quand ils ont été obligés de rester chez eux
00:03:56et qu'ils ont été privés de leur cours.
00:03:57C'est la génération qui a essuyé les plâtres de parcours sup.
00:04:02Donc, qui sait qu'elle est notée toutes les semaines, parfois tous les jours.
00:04:05Et à qui on dit, vous êtes noté tous les jours, mais parfois vos profs ne sont pas là.
00:04:09Ils ne sont pas remplacés pendant 15 jours, 3 semaines, 1 mois.
00:04:12Donc, ils savent qu'ils vont être pénalisés sur parcours sup.
00:04:14Ils demandent qu'on remplace les profs.
00:04:16Mais ils ont mille fois raison.
00:04:17C'est des gamins qui étudient parfois dans des conditions
00:04:20qui sont indignes d'une grande puissance comme la France.
00:04:24Ils ont raison.
00:04:25C'est des gamins qui sont inquiets.
00:04:27C'est un réquisitoire contre le gouvernement que vous faites.
00:04:28C'est un réquisitoire contre un modèle français dont j'ai dit dans mon manifeste pour une autre France
00:04:32qu'il est mort.
00:04:33Le modèle financier, on y viendra.
00:04:35Le modèle économique, le modèle politique, évidemment.
00:04:37Mais aussi, Francis Le Tellier, le modèle éducatif.
00:04:41Ça fait des années et des années que le niveau s'effondre.
00:04:45Mais nos gosses en sont les premières victimes.
00:04:47Quand vous dites, Bruno Le Maire, que vous n'aimez pas le mot « embrasement national »,
00:04:51vous émettez une critique sur ce mot, mais pas seulement sur ce mot.
00:04:54Aussi sur la position du gouvernement.
00:04:55J'émets une critique sur la manière dont on conçoit ce mouvement.
00:04:58Embrasement, ça veut dire quoi ?
00:04:59Ça veut dire qu'on a peur.
00:05:01Le gouvernement a peur.
00:05:02Je n'ai pas peur de mes enfants.
00:05:03Mais le gouvernement a peur.
00:05:04Je n'ai pas peur des lycéens.
00:05:05Mais le gouvernement, lui, il a peur.
00:05:06Mais quand vous employez le mot embrasement,
00:05:08je pense que vous jouez avec la peur des Français.
00:05:10Je pense que c'est une erreur.
00:05:11Nous ferions mieux d'écouter la parole des lycéens.
00:05:15Elle est légitime.
00:05:17Elle est juste.
00:05:18Et nous tous ici, qui malheureusement ne sommes plus lycéens,
00:05:21nous avons peut-être des enfants en âge d'être lycéens.
00:05:24Je pense que nous savons que nous portons une part de responsabilité.
00:05:27Nous avons défendu un modèle qui a tout donné à ceux qui partaient à la retraite,
00:05:32qui a financé très largement les retraites.
00:05:35C'est là que les dépenses publiques sont les plus élevées relativement aux autres pays développés.
00:05:40C'est en France.
00:05:41Et qui avons beaucoup moins investi dans les jeunes, dans l'éducation.
00:05:45On s'est beaucoup moqués de moi il y a quelques jours
00:05:48parce que j'avais proposé qu'à l'âge de un an,
00:05:51on puisse accompagner des enfants, qu'ils puissent avoir de l'éveil,
00:05:55accès à une crèche, accès à la pratique de la langue.
00:05:58Mais aujourd'hui, on paye le fait que tant d'enfants n'ont pas accès justement
00:06:02à des crèches, à des gardes collectives, à l'éveil,
00:06:05parce qu'ils se retrouvent ensuite largués au niveau de leur scolarité et au niveau du collège.
00:06:09Vous avez pointé Parcoursup, qui est un point d'abcès, j'allais dire, chez les jeunes.
00:06:14Est-ce qu'il faut supprimer Parcoursup ?
00:06:15Il faut l'adapter. Je ne dis pas qu'il faut le supprimer.
00:06:18Je dis juste qu'aujourd'hui, vous ne pouvez pas dire à un gamin de 16 ans,
00:06:21tu n'as pas de place, il y a des dizaines de milliers qui n'ont pas eu de place,
00:06:24tu n'as pas eu ce que tu voulais, la faute à l'algorithme.
00:06:28Parce que ça aboutit à déresponsabiliser, et je dirais même,
00:06:32parce que c'est ce qui me touche le plus, à déshumaniser l'action politique.
00:06:37Il n'y a pas de recours, je peux vous le dire, parce que j'en ai fait l'expérience,
00:06:41dans ma propre famille, avec mes propres enfants.
00:06:43Il n'y a pas de recours.
00:06:45C'est comme ça.
00:06:45Donc il faut adapter Parcoursup.
00:06:47Il faut impérativement adapter Parcoursup.
00:06:49Il faut impérativement que, dès la plus jeune en France,
00:06:53on lutte contre les inégalités, parce qu'on les retrouve ensuite.
00:06:55Un jeune sur cinq, de 25 à 30 ans en France,
00:06:58n'a ni emploi, ni formation, ni diplôme.
00:07:02Et vous vous étonnez qu'il y ait des lycéens qui s'inquiètent ?
00:07:05Vous avez l'intelligence artificielle qui arrive à grands pas,
00:07:08et dont ils savent, mieux que nous tous ici,
00:07:10qu'elle peut détruire leur vocation et ce qu'ils voulaient faire.
00:07:13Donc je le dis avec beaucoup de gravité,
00:07:15et surtout avec beaucoup d'émotion,
00:07:16parce que ça me touche profondément.
00:07:19Écoutons les lycéens de France.
00:07:21On l'a vu ces derniers jours,
00:07:23il y a des blessés du côté des lycéens,
00:07:25des blessés du côté des forces de l'ordre.
00:07:26Vous, quand vous étiez ministre,
00:07:28vous avez eu la crise des gilets jaunes.
00:07:30Est-ce que la France doit revoir la manière
00:07:31dont elle maintient l'ordre ?
00:07:33À partir du moment où vous avez un gamin
00:07:35qui a perdu une main à l'anse,
00:07:39c'est un échec collectif.
00:07:41C'est tragique de se dire qu'un enfant de 15 ans ou 17 ans
00:07:44a perdu une main au cours d'une manifestation.
00:07:47Il faut revoir le média de l'ordre.
00:07:48Là aussi, on ne peut pas dire
00:07:49tout va très bien, madame la marquise.
00:07:51Je pense que la seule solution aujourd'hui,
00:07:54c'est de rassembler les lycéens,
00:07:56les parents,
00:07:56les profs qui, on le sait très bien,
00:07:58n'ont pas le niveau de rémunération
00:08:00auquel ils devraient avoir droit,
00:08:02les responsables des collèges et des lycées,
00:08:04les responsables des régions,
00:08:06pour leur dire qu'est-ce que nous faisons ensemble,
00:08:07c'est quoi la réponse que nous apportons
00:08:09à l'inquiétude légitime de lycéens
00:08:13qui sont, je le rappelle, notre avenir.
00:08:16C'est de nos enfants dont on parle.
00:08:17C'est de l'avenir de la France.
00:08:19Écoutons-les, rassemblons-nous,
00:08:21trouvons des solutions.
00:08:22J'appelle-leur, il y a quoi ?
00:08:23Des états généraux ?
00:08:24Je ne sais pas comment, ce serait quoi ?
00:08:25Une grande rassemblée générale ?
00:08:26Ce n'est pas à moi d'inventer les solutions,
00:08:28je vous dis juste mon sentiment
00:08:30et ma conviction la plus profonde.
00:08:33Nous devons écouter la parole des lycéens
00:08:35qui s'inquiètent légitimement pour leur avenir,
00:08:38pour le modèle éducatif que leur est proposé
00:08:40et pour la manière dont ils sont traités.
00:08:42Hervé ?
00:08:43Les écouter, ça ne suffit probablement pas
00:08:45au stade où nous en sommes du mouvement.
00:08:47En 2006, quand vous étiez directeur de cabinet
00:08:50du Premier ministre Dominique de Villepin,
00:08:52vous aviez connu un épisode précédent,
00:08:54celui du CPE, le contrat premier embauche.
00:08:58Il y avait eu de grandes manifestations d'étudiantes,
00:09:01des troubles dans le pays,
00:09:02un bras de fer politique.
00:09:03À la fin, Dominique de Villepin,
00:09:06sur injonction du président de la République,
00:09:07Jacques Chirac, avait dû céder.
00:09:09Vous avez vécu tout ça de très près,
00:09:11vous l'avez raconté dans un livre.
00:09:14Est-ce qu'aujourd'hui, il faut que, symboliquement,
00:09:17politiquement, le gouvernement cède quelque chose
00:09:19au mouvement pour en sortir ?
00:09:21C'est peut-être avec Gatédiou,
00:09:23parce que j'ai cette expérience,
00:09:25et que dans les moments de crise,
00:09:27rien n'est plus précieux que l'expérience.
00:09:29Je vous dis qu'aujourd'hui,
00:09:31la force, l'opposition brutale,
00:09:35le dénigrement de la parole des lycéens
00:09:37ne conduira nulle part.
00:09:39Nulle part.
00:09:40– Et quand vous faites ça,
00:09:40vous critiquez ce que fait le gouvernement très clairement ?
00:09:42– Écoutez, moi, je ne suis ni au gouvernement,
00:09:44ni en politique.
00:09:45– Justement, vous êtes en train de le critiquer clairement,
00:09:47en disant que le gouvernement ne fait pas bien.
00:09:49– Je dis juste ce qui devrait être bien pour le pays.
00:09:52Je ne suis pas responsable du gouvernement,
00:09:53je ne suis pas responsable des parlementaires,
00:09:55je dis ce que je crois bon pour la France.
00:09:58– Qu'est-ce qui mènerait quelque part ?
00:10:01– Ce que je veux dire par là,
00:10:02c'est que le CPE, croyez-moi,
00:10:04on l'avait fait avec les meilleures intentions du monde
00:10:06avec Dominique de Villepin.
00:10:07Notre idée, c'était quoi ?
00:10:08C'était de dire il y a 25% de taux de chômage des jeunes,
00:10:10on va permettre aux entreprises
00:10:11de les embaucher en dessous du SMIC,
00:10:13ils seront embauchés plus facilement,
00:10:14et ça ira très bien.
00:10:15Et croyez-moi, nous étions sincèrement convaincus
00:10:18que nous avions raison.
00:10:20Nous avons perdu trois mois,
00:10:22parce que nous nous sommes obstinés,
00:10:24et que nous n'avions pas compris
00:10:25que c'était perçu par les jeunes
00:10:28comme une dévalorisation de leurs compétences.
00:10:32Et évidemment, on s'est dit à l'époque,
00:10:33c'est les syndicats, c'est Nicolas Sarkozy
00:10:35qui veut se taper Dominique de Villepin,
00:10:37c'est ceci, c'est cela,
00:10:39sans voir que plus profondément,
00:10:40dans le cœur de la société française,
00:10:43il y avait le sentiment d'être déclassé par son salaire.
00:10:47C'est à retirer, là, aujourd'hui,
00:10:49qu'est-ce qu'il y a à retirer ?
00:10:51Là, il n'y a pas quelque chose à retirer,
00:10:53il y a des choses simplement à ajouter.
00:10:56On viendra aux histoires de budget,
00:10:57je pense qu'il faut dire très clairement
00:10:59que nous mettrons, en acceptant de demander
00:11:02un effort plus important aux générations
00:11:04qui sont les nôtres,
00:11:05celles qui approchent la retraite
00:11:06ou qui sont à la retraite,
00:11:07nous acceptons que désormais,
00:11:10ceux qui sont à la retraite
00:11:11ou en passent de l'être,
00:11:13accepteront qu'il y a un effort financier,
00:11:15qui soit fait pour des jeunes,
00:11:16qui n'étudient pas, aujourd'hui, en France,
00:11:19dans des conditions qui sont satisfaisantes.
00:11:20Je redoute la fracture générationnelle.
00:11:23Il n'y a rien de pire dans un pays
00:11:24que de voir s'opposer
00:11:26ceux qui ne travaillent plus
00:11:27parce qu'ils ont leur vie derrière eux
00:11:28et ceux qui ont leur vie devant eux.
00:11:31Hugo, oui, monsieur le maire,
00:11:32ça réagit dans le chat
00:11:33sur le maintien de l'ordre.
00:11:35Il y a Porte Smoguer qui dit dans le chat
00:11:37qu'il y a surtout des mutilés
00:11:38par des Robocop qui se prennent pour des cow-boys
00:11:40et qui sont protégés par le ministère de l'Intérieur.
00:11:42Moi, ma question, c'est
00:11:43est-ce que vous pensez
00:11:43qu'il y a un problème systémique
00:11:46sur les violences policières dans ce pays ?
00:11:48On sait que l'ONU a mis en garde
00:11:50la France sur son maintien de l'ordre.
00:11:52Est-ce que vous diriez
00:11:52qu'on est sur un sujet systémique ?
00:11:54Le sujet systémique,
00:11:55c'est le développement de la violence
00:11:56en France, tout court.
00:11:57Pourquoi est-ce que je n'aime pas
00:11:58cette manière de pointer du doigt
00:11:59les policiers ?
00:12:00C'est qu'ils sont responsables
00:12:01du maintien de l'ordre.
00:12:02Et croyez-moi,
00:12:02il faut voir ceux qui se prennent
00:12:03comme injures, comme menaces,
00:12:05comme coups, partout,
00:12:06sur tout le territoire.
00:12:07Ils viennent rétablir l'ordre,
00:12:08on leur tape dessus.
00:12:09C'est les policiers,
00:12:10c'est les pompiers,
00:12:11c'est parfois les infirmiers.
00:12:12Donc vous avez un problème global
00:12:14de violence dans notre pays.
00:12:16Et je trouve que cette manière
00:12:17de pointer la violence policière
00:12:18est une manière de se dédouaner
00:12:19tous collectivement
00:12:21de la montée de la violence
00:12:22dans notre pays.
00:12:24Donc non,
00:12:24je ne partage pas
00:12:25l'avis de cet internaute.
00:12:26Je défends les policiers,
00:12:28ils défendent l'ordre
00:12:29et croyez-moi,
00:12:30ce n'est pas facile.
00:12:30On va parler de la dette.
00:12:31Vous savez que maintenant,
00:12:32la France doit,
00:12:33à cette heure-là,
00:12:343 600 milliards aux banques,
00:12:36aux assurances,
00:12:36aux fonds de pension
00:12:37auprès desquels
00:12:38elle a emprunté.
00:12:39Avant de passer la parole,
00:12:40rapidement, Raphaël,
00:12:42une crise financière
00:12:43est-elle possible ?
00:12:44Oui.
00:12:46Mais encore ?
00:12:48Les chiffres sont là
00:12:49et malheureusement,
00:12:49la finance,
00:12:50c'est des chiffres.
00:12:51Quand j'étais ministre des Finances,
00:12:53les taux moyens d'intérêt
00:12:54étaient à 1,1%.
00:12:56Ils sont à 5% aujourd'hui.
00:12:58L'écart de taux
00:12:59avec l'Allemagne,
00:13:00qui est important
00:13:00parce que ça montre
00:13:01où nous en sommes
00:13:02par rapport à la référence en Europe,
00:13:04ils étaient entre 25 et 30 points.
00:13:06Ils ont dépassé vendredi
00:13:07les 150 points.
00:13:08Donc la France est au bord
00:13:10d'une crise financière.
00:13:10La situation actuelle,
00:13:13c'est que nos finances publiques
00:13:14sont hors de contrôle.
00:13:15Parfait.
00:13:16Et elles le sont très précisément
00:13:17depuis la dissolution de 2024,
00:13:19qui nous a empêché,
00:13:20qui m'a empêché
00:13:21de mettre en place
00:13:22le plan de rétablissement
00:13:23des comptes
00:13:23que j'avais proposé
00:13:24au président de la République
00:13:25et qui par ailleurs
00:13:26a créé un chaos politique
00:13:28où vous avez changé
00:13:28de Premier ministre
00:13:29tous les 6 mois.
00:13:30C'est ça que sanctionnent
00:13:31les marchés.
00:13:32Et pourquoi est-ce qu'ils le sanctionnent
00:13:33encore plus durement ?
00:13:34Donc le responsable,
00:13:35c'est Emmanuel Macron.
00:13:36Pas de chance pour nous,
00:13:37en plus de cette erreur
00:13:38de la dissolution
00:13:39et du chaos politique
00:13:40qui est suivi.
00:13:40Le responsable,
00:13:41c'est Emmanuel Macron
00:13:42de la dette,
00:13:43aujourd'hui.
00:13:43Le responsable de la dette,
00:13:45je le redis,
00:13:45c'est tous les Français
00:13:46dans leur ensemble.
00:13:47C'est ce qui a précipité
00:13:50les difficultés financières
00:13:52dans lesquelles nous sommes.
00:13:53Mais s'ajoute à ça,
00:13:53en plus,
00:13:54un contexte international
00:13:55très défavorable,
00:13:57le blocage du détroit d'Ormouz
00:13:59et la crise qui existe aujourd'hui
00:14:01entre la Banque centrale américaine
00:14:02et les ministres
00:14:03des Finances américains.
00:14:04Tout ça n'arrange pas nos affaires.
00:14:05Bruno Le Maire,
00:14:05il y a effectivement
00:14:06un contexte international
00:14:07de hausse des taux.
00:14:08Il y a un cas particulier
00:14:09sur la France
00:14:10dont les taux s'embrasent eux aussi.
00:14:12Il n'y a pas que la rue
00:14:12beaucoup plus vite
00:14:13que le reste de nos voisins européens.
00:14:17Certains y voient
00:14:17la conjonction
00:14:18de trois éléments
00:14:19parce que ces taux
00:14:19ils flambent depuis la fin août.
00:14:22A la fin août,
00:14:23on a Jean-Luc Mélenchon
00:14:24qui parle de jeter
00:14:25la dette au feu.
00:14:26On a aussi des marchés
00:14:27qui se rendent compte
00:14:28que si Marine Le Pen
00:14:29accède au pouvoir,
00:14:30il y a très peu de chances
00:14:31qu'elle ait une majorité
00:14:32à l'Assemblée nationale
00:14:34aux législatives.
00:14:35Et donc l'impasse institutionnelle
00:14:37qu'on connaît aujourd'hui
00:14:38est depuis 2024.
00:14:40Mais c'est aussi
00:14:41la communication
00:14:42de Sébastien Lecornu
00:14:43qui à ce moment-là
00:14:44indique que si l'on ne fait rien,
00:14:46le déficit
00:14:47pourrait déraper
00:14:48jusqu'à 6,5%.
00:14:51Vous le connaissez bien
00:14:51Sébastien Lecornu
00:14:53puisqu'il a été
00:14:53votre propre conseiller.
00:14:55Est-ce qu'il a fait
00:14:56une erreur
00:14:57de communication ?
00:14:58Est-ce que le gouvernement
00:14:59communique correctement
00:15:01depuis ces deux,
00:15:03trois dernières semaines
00:15:04pour calmer les marchés ?
00:15:06Je ne suis pas là
00:15:07pour accabler
00:15:08ni le Premier ministre
00:15:08Sébastien Lecornu
00:15:10ni le ministre des Finances
00:15:11qui fait le mieux possible
00:15:11dans un contexte
00:15:13qui est extraordinairement...
00:15:13Vous avez été ministre des Finances
00:15:14pendant 7 ans.
00:15:15Vous avez donc
00:15:16pratiqué ces marchés.
00:15:18Il y a deux manières
00:15:19de rétablir
00:15:20la situation rapidement
00:15:21et d'éviter aux Français
00:15:23cette situation
00:15:24à la fois humiliante
00:15:26et douloureuse
00:15:27où la Banque Centrale Européenne
00:15:29décidera à notre place
00:15:30des mesures à prendre.
00:15:31Est-ce qu'il faut
00:15:32l'appeler la Banque Centrale Européenne ?
00:15:34Non, je préférerais
00:15:35que la France,
00:15:35souverainement et librement,
00:15:36prenne les décisions nécessaires.
00:15:37Mais il y a deux décisions
00:15:38à prendre.
00:15:39La première,
00:15:40elle est de la responsabilité
00:15:41du gouvernement
00:15:42et de la majorité actuelle.
00:15:44C'est d'activer
00:15:44le frein d'urgence.
00:15:45Il faut désindexer
00:15:46les pensions.
00:15:47Il faut désindexer
00:15:48l'ensemble des prestations sociales
00:15:49sauf le RSA.
00:15:50Donc la copie
00:15:51qui est présentée aujourd'hui
00:15:52vous convient ?
00:15:53Il faut en finir
00:15:53avec l'abattement
00:15:54à 10%
00:15:55sur les retraités.
00:15:57Il faut geler
00:15:58le recrutement
00:15:59des fonctionnaires.
00:16:00Il faut geler
00:16:01le point d'indice.
00:16:02Il faut geler
00:16:03l'avancement des fonctionnaires.
00:16:04Et j'ajouterais à ça
00:16:05demander un rabais immédiat
00:16:06à l'Union Européenne
00:16:08de l'ordre de 5 milliards d'euros
00:16:09sur notre contribution
00:16:10à l'Union Européenne.
00:16:11Ce que j'appelle
00:16:11un frein d'urgence
00:16:12c'est 30 milliards d'euros
00:16:13que je viens d'écrire précisément
00:16:14qu'aucun responsable
00:16:15politique français,
00:16:17aucun,
00:16:17ne met aujourd'hui
00:16:19sur la table.
00:16:19Je le fais
00:16:20comme ancien ministre
00:16:20des Finances
00:16:21qui sait que ce sont
00:16:22les seuls leviers
00:16:23immédiats
00:16:24à sa disposition.
00:16:25Une fois que vous avez fait ça,
00:16:27vous aurez calmé les marchés
00:16:28et les taux vont
00:16:29immédiatement redescendre.
00:16:30Ce que vous avancez
00:16:31ressemble beaucoup
00:16:31à la copie gouvernementale.
00:16:33Est-ce que vous estimez
00:16:34que le projet de loi de finances
00:16:35tel qu'il est,
00:16:36hormis les fonctionnaires
00:16:37puisqu'ils augmenteront
00:16:38de plus de 6 000
00:16:39l'année prochaine,
00:16:40correspond à ce qu'il faut faire ?
00:16:42J'ai peur que ma copie
00:16:43soit beaucoup plus rigoureuse
00:16:45et beaucoup plus sérieuse.
00:16:47C'est 40 milliards d'efforts
00:16:48la copie gouvernementale.
00:16:50Oui, sauf que moi
00:16:50je vous les détaille
00:16:52milliard par milliard
00:16:53sans rentrer encore un peu plus
00:16:55dans les détails techniques.
00:16:57Je n'ai pas vu
00:16:58des sommes équivalentes
00:16:59aujourd'hui dans la copie
00:17:00du gouvernement.
00:17:00Je pense qu'elle peut encore
00:17:01être améliorée.
00:17:02Elle peut être améliorée
00:17:02notamment sur un point décisif.
00:17:04C'est sur les augmentations
00:17:05d'impôts.
00:17:06Ce qui est fait sur les APL
00:17:08qui va toucher les classes moyennes
00:17:09en disant aux classes moyennes
00:17:10non seulement on vous a
00:17:12baissé le quotient familial,
00:17:13non seulement vous a baissé
00:17:14les allocations familiales,
00:17:15mais en plus vous ne savez pas quoi.
00:17:16Désormais vous allez avoir
00:17:17le choix entre APL
00:17:18ou demi-part sur vos impôts,
00:17:20mais vous ne pourrez plus
00:17:21avoir les deux.
00:17:22Qu'est-ce qu'on va dire
00:17:22aux familles qui habitent en province,
00:17:24qui n'ont pas de possibilité
00:17:25de faire étudier
00:17:26leurs enfants en proximité,
00:17:27qui vont envoyer leurs enfants
00:17:29à Paris, à Lyon, à Nantes
00:17:30ou à Marseille
00:17:30et qui vont payer leur logement
00:17:31et qui vont leur dire
00:17:31vous allez payer une nouvelle fois.
00:17:33Une nouvelle fois,
00:17:34c'est vous, les classes moyennes,
00:17:36qui allez payer pour les autres.
00:17:37Donc c'est une erreur
00:17:37de toucher aux APL.
00:17:38C'est une erreur de toucher aux APL.
00:17:39C'est une erreur d'augmenter
00:17:40les impôts de près
00:17:41de 20 milliards d'euros.
00:17:43La copie doit être révisée.
00:17:45Moins de dépenses,
00:17:47moins de taxes.
00:17:48Hervé.
00:17:48C'est la direction à prendre.
00:17:49J'ajoute une deuxième chose
00:17:50qui est très importante
00:17:51si on veut vraiment calmer les marchés.
00:17:53Là, je rêve peut-être.
00:17:55Mais après tout, faisons un rêve.
00:17:57C'est que l'ensemble des candidats
00:17:59à l'élection présidentielle
00:18:00se mettent d'accord
00:18:01sur deux ou trois points
00:18:04sur lesquels ils sont prêts
00:18:05à s'engager pour que la France
00:18:07garde sa souveraineté financière.
00:18:08Là, vous faites un rêve.
00:18:09Sur les retraites, évidemment.
00:18:11Sur les désindexations
00:18:13et sur la transformation de l'État.
00:18:15Trois points.
00:18:16Ça suffirait d'un communiqué
00:18:18de tous les candidats
00:18:19à l'élection présidentielle.
00:18:20Là, vous rêvez vraiment.
00:18:21Nous reconnaissons la gravité
00:18:22de la situation financière.
00:18:23Nous nous engageons
00:18:24uniquement sur ces trois points
00:18:25et la France irait mieux.
00:18:27Mais quand on est candidat
00:18:28à l'élection présidentielle,
00:18:29c'est pour le bien de la France.
00:18:30Ce n'est pas pour la déstabiliser.
00:18:32Hervé.
00:18:32Donc là, vous êtes
00:18:33le Martin Luther King
00:18:34de la politique française.
00:18:35Vous avez fait un rêve.
00:18:36J'aime beaucoup Martin Luther King
00:18:37et j'adore son discours.
00:18:38Ça, ce serait le scénario idéal.
00:18:40Quel serait,
00:18:41dans la situation
00:18:42où nous sommes aujourd'hui,
00:18:43le pire des scénarios
00:18:44qui puisse arriver à la France ?
00:18:46Le budget.
00:18:47C'est-à-dire ?
00:18:48Le rejet du budget.
00:18:49Aucun budget.
00:18:50Aucun budget.
00:18:51Il n'y aurait forcément
00:18:52quelque chose pour le remplacer.
00:18:53C'est pour ça que j'appelle
00:18:53le gouvernement
00:18:54à améliorer sa copie
00:18:55en réduisant davantage
00:18:56les dépenses
00:18:57et en renonçant
00:18:58certaines taxes
00:18:58qui, franchement,
00:18:59sont à la limite
00:19:00des provocations.
00:19:01Mais une fois que
00:19:02ces corrections seront faites,
00:19:03il faut que le budget
00:19:04soit adopté
00:19:05le plus vite possible.
00:19:06Quelle que soit la méthode.
00:19:07Même avec des ordonnances.
00:19:09Ordonnance 49.3,
00:19:10c'est à eux de décider.
00:19:12Le plus vite sera le mieux.
00:19:13J'ai l'impression,
00:19:14ça me stupéfie,
00:19:15que personne n'a pris conscience
00:19:17de la gravité de la situation.
00:19:19Nous sommes en train de marcher
00:19:20au bord du précipice.
00:19:21Pèrement,
00:19:22ça va tomber.
00:19:23Qu'est-ce qu'on attend ?
00:19:24Que la France tombe ?
00:19:25La responsabilité politique,
00:19:27c'est éloigner la France
00:19:28du bord du gouffre.
00:19:29C'est la responsabilité
00:19:31des parlementaires
00:19:32qui doivent,
00:19:32le plus vite possible,
00:19:34accepter que la page
00:19:35du budget soit tournée.
00:19:36Quel que soit l'outil.
00:19:37Ordonnance 49.3,
00:19:39pas loi spéciale en revanche.
00:19:40Peu importe,
00:19:40quel que soit l'outil,
00:19:41les marchés ne vont regarder
00:19:43qu'une seule chose.
00:19:44Est-ce que la France
00:19:46a un budget ?
00:19:47Oui ou non ?
00:19:48Dans votre dernier livre,
00:19:50vous dites que les démocraties
00:19:51ont perdu la capacité
00:19:52à prendre des décisions
00:19:54pour elles-mêmes.
00:19:55Est-ce qu'aujourd'hui...
00:19:56C'est sûr qu'on le voit actuellement.
00:19:58Précisément,
00:19:58au stade où nous en sommes,
00:20:00est-ce que la France
00:20:01n'aurait pas intérêt
00:20:02à ce que des institutions
00:20:05internationales interviennent
00:20:06pour prendre les décisions
00:20:07que le Parlement français
00:20:08n'arrive pas à prendre ?
00:20:09Je songe évidemment
00:20:11à la Banque Centrale Européenne,
00:20:12voire certains en parlent
00:20:13au Fonds Monétaire International.
00:20:15Est-ce que c'est crédible ?
00:20:16Est-ce que ça peut arriver ?
00:20:17Le FMI, non.
00:20:19La Banque Centrale Européenne,
00:20:20oui.
00:20:21Parce que son rôle,
00:20:22c'est d'éviter
00:20:22ce qu'on appelle
00:20:23la fragmentation
00:20:24de la zone euro.
00:20:25C'est-à-dire de voir
00:20:25tout d'un coup
00:20:26un des membres
00:20:26de la zone euro
00:20:27qui dérive trop.
00:20:28Surtout quand c'est la France,
00:20:29c'est-à-dire
00:20:30l'un des États
00:20:30les plus importants de la zone.
00:20:32Je rappelle simplement
00:20:33que les décisions
00:20:34qui ont été prises
00:20:35à l'époque
00:20:35pendant la crise financière,
00:20:37là aussi j'étais
00:20:37aux responsabilités,
00:20:39que ce soit sur la Grèce,
00:20:40sur l'Espagne,
00:20:42sur le Portugal,
00:20:44ont été
00:20:44extraordinairement douloureuses.
00:20:46Ce sont traduites
00:20:47au bout du compte
00:20:48par beaucoup de pertes
00:20:49de pouvoir d'achat,
00:20:50par une flambée du chômage,
00:20:52par le départ
00:20:53de beaucoup de jeunes
00:20:53qui ont quitté ces pays.
00:20:55Je ne veux pas
00:20:56que ça arrive à la France.
00:20:57Je vous le dis vraiment
00:20:58avec beaucoup de gravité,
00:20:59je ne veux pas
00:21:00que cela arrive
00:21:01à la France.
00:21:02Les pays qui rebondissent
00:21:03Bruno Le Maire
00:21:04décident.
00:21:05Depuis,
00:21:05tous ces pays
00:21:06du bassin méditerranéen,
00:21:07Portugal,
00:21:07Espagne,
00:21:08ils ont rebondi,
00:21:09vous avez raison,
00:21:10ils ont tous rebondi
00:21:10avec des taux de croissance
00:21:11meilleurs que le nôtre.
00:21:12Ils ont rebondi,
00:21:13mais ils ont rebondi
00:21:14après une période douloureuse
00:21:16que j'aimerais épargner
00:21:18à mon pays.
00:21:19Et tous les responsables politiques
00:21:20que j'entends,
00:21:21je regardais le débat
00:21:21sur le parti socialiste,
00:21:24la primaire socialiste
00:21:25sur la retraite,
00:21:26ils étaient là
00:21:26soit en 100 ans
00:21:27ou 62 ans,
00:21:28le départ,
00:21:29l'âge légal
00:21:30de départ à la retraite.
00:21:31Mais ils vivent où ?
00:21:32Ils vivent où ?
00:21:33Tous les autres pays européens
00:21:35sont entre 65, 67,
00:21:37parfois 70 ans.
00:21:38Eh bien, ils vivent en France.
00:21:39Monsieur Mélenchon.
00:21:39Ils vivent en France.
00:21:40Eh bien, s'ils vivent en France,
00:21:42qu'ils servent les Français
00:21:43et qu'ils comprennent
00:21:44qu'aujourd'hui,
00:21:44si la dette explose,
00:21:45c'est d'abord à cause
00:21:46du système de retraite.
00:21:47Je les entends dire,
00:21:48il ne faut surtout pas
00:21:49de retraite par capitalisation,
00:21:50mais ils ont compris
00:21:51que la retraite par capitalisation,
00:21:52c'est ce qui garantirait
00:21:53la prospérité des Français,
00:21:54que quand vous mettez
00:21:55un euro de retraite
00:21:59c'est le même euro.
00:22:00Mais si vous mettez
00:22:01un euro en capitalisation,
00:22:03au bout du compte,
00:22:04vous pouvez récolter
00:22:052,5 ou 3 euros.
00:22:06D'ailleurs, les Français
00:22:06sont beaucoup plus malins
00:22:08que leurs responsables politiques.
00:22:09J'ai créé le produit
00:22:10d'épargne retraite.
00:22:10Et j'en suis très fier.
00:22:1213 millions français.
00:22:13On visait 3 millions.
00:22:14Il y a 13 millions
00:22:15de nos compatriotes.
00:22:16Ils sont 10 ans en avance
00:22:17de ces responsables politiques
00:22:19qui sont fossilisés,
00:22:20qui vivent en 1980.
00:22:21On dirait qu'ils font
00:22:22le parti commun de la gauche.
00:22:24Franchement, c'est désolant.
00:22:25Stéphanie.
00:22:25Vous avez été ministre de l'économie
00:22:27de 2017 à 2024.
00:22:28En 10 ans,
00:22:30la dette aura explosé,
00:22:32augmenté de 1 600 milliards d'euros.
00:22:34Si c'était à refaire,
00:22:36que changeriez-vous
00:22:36à votre politique ?
00:22:38Ces 1 600 milliards d'euros
00:22:39ne veulent rien dire.
00:22:40Je voudrais vraiment
00:22:41tordre le coup
00:22:41à ce canard sans tête.
00:22:43Ces 1 000 milliards d'euros,
00:22:45il faut les rapporter
00:22:45à la richesse.
00:22:47Plus que la croissance
00:22:48du pays chaque année.
00:22:49Quand je suis parti,
00:22:49c'était 110.
00:22:50Je ne résiste pas
00:22:51à vous montrer ce petit graphe
00:22:53qui tord le coup
00:22:54à certaines contre-vérités.
00:22:55Regardez-le un peu
00:22:55à l'antenne
00:22:56qu'on a le temps de le voir.
00:22:56C'était bien,
00:22:57mais assez longtemps
00:22:58pour qu'on voit, voilà.
00:22:59Entre 2020 et 2024,
00:23:012020, c'est la sortie du Covid,
00:23:03la dette est très haute.
00:23:04Mais à partir de 2021,
00:23:062022, 2023,
00:23:08de manière continue,
00:23:09nous baissons la dette,
00:23:10nous étions
00:23:10dans la bonne direction.
00:23:12Ça valide ce que je vous disais,
00:23:13que la dissolution
00:23:14a fait repartir à la hausse
00:23:16la dette à 120%.
00:23:17Mais les choses
00:23:18s'étaient dégradées avant.
00:23:20la baisse des recettes
00:23:21de la dette de fin 2023 ?
00:23:23Oui, mais il faut les rapporter
00:23:24à la richesse qui a été créée.
00:23:24si vous avez 100 000 euros de dette,
00:23:26vous, personnellement,
00:23:27mais que vous avez une maison,
00:23:28ce n'est pas grave.
00:23:29Mais si vous avez 100 000 euros de dette
00:23:30et que si c'est pour financer
00:23:32vos dépenses courantes,
00:23:33là, vous avez un problème.
00:23:34Le vrai problème
00:23:35de la dette française,
00:23:37le vrai problème,
00:23:38c'est qu'elle finance
00:23:39nos dépenses
00:23:39de fonctionnement,
00:23:41les retraites,
00:23:42les dépenses sociales.
00:23:43Au lieu de financer
00:23:44les dépenses d'investissement,
00:23:45par exemple,
00:23:46l'investissement
00:23:47dans les lycéens,
00:23:48dans les locaux des lycées,
00:23:50dans la formation professionnelle,
00:23:51dans l'avenir de nos enfants.
00:23:52C'est ça qu'il faut changer.
00:23:55Dans une semaine,
00:23:56va être donné le coup d'envoi
00:23:56des débats sur le budget 2027.
00:23:58Le gouvernement veut trouver
00:23:59de l'argent partout,
00:24:00je le disais tout à l'heure
00:24:01en ouvrant l'émission,
00:24:02pour rester en dessous
00:24:03des 5% de déficit
00:24:04l'année prochaine.
00:24:05Et vous évoquiez tout à l'heure
00:24:06la question des retraites
00:24:07sur laquelle Stéphanie revient.
00:24:09Le gouvernement veut donc
00:24:10mettre les retraités
00:24:11à contribution,
00:24:11on en parlait tout à l'heure.
00:24:12Est-ce que c'est une stratégie,
00:24:14a priori, on l'a compris,
00:24:15que vous soutenez ?
00:24:15Oui, je soutiens,
00:24:17je l'inscris simplement
00:24:19dans un choix
00:24:20beaucoup plus structurel.
00:24:23Quand vous regardez
00:24:24le temps long...
00:24:25C'est-à-dire que là,
00:24:25c'est des mesurettes ?
00:24:26C'est le mérite,
00:24:27une fois encore,
00:24:27d'avoir beaucoup d'expérience
00:24:29et du recul.
00:24:30Vous ne pouvez demander
00:24:31un effort aux retraités
00:24:33que d'abord,
00:24:34si vous leur fixez un horizon,
00:24:35en disant le jour
00:24:36où on revient
00:24:37sous les 3% de déficit,
00:24:38on arrête.
00:24:39La deuxième chose,
00:24:40c'est si vous leur dites
00:24:41on ne va pas y revenir
00:24:42tous les 2 ans ou 3 ans,
00:24:43c'est une fois pour toutes.
00:24:45Donc il faut accompagner
00:24:46cette désindexation
00:24:47d'une réforme des retraites
00:24:49qui garantit
00:24:51que le système
00:24:51sera financé
00:24:52pour les 20 ans
00:24:53ou 30 années à venir.
00:24:53Donc désindexation.
00:24:54Mais quand vous dites
00:24:55désindexation,
00:24:56Stéphanie ?
00:24:57Désindexation,
00:24:57le gouvernement parle
00:24:58d'un gel partiel
00:24:59ou total
00:24:59à partir des pensions
00:25:00de retraite
00:25:00à 1260 euros
00:25:02et d'un plafonnement
00:25:03de l'abattement.
00:25:04Est-ce que les deux
00:25:05en même temps,
00:25:05c'est une bonne idée
00:25:06ou pas ?
00:25:06Oui, parce que notre situation
00:25:10exige d'activer
00:25:11un frein d'urgence.
00:25:12Oui, mais à 1260 euros
00:25:13Bruno Le Maire
00:25:14par mois,
00:25:15ce n'est quand même pas beaucoup.
00:25:16Bien sûr que ce n'est pas beaucoup.
00:25:17Vous imaginez,
00:25:18un gel,
00:25:18c'est tout de suite catastrophique.
00:25:20C'est sans doute très difficile.
00:25:22Mais le jour
00:25:23où la Banque centrale européenne
00:25:24exigera que nous baissions
00:25:25les pensions,
00:25:27là, ce sera vraiment catastrophique.
00:25:28Et je voudrais
00:25:29que chacun réalise
00:25:31que nous sommes au bord
00:25:32de nous réveiller
00:25:33un matin
00:25:34avec la Banque centrale européenne
00:25:36qui nous dira
00:25:36plus personne ne veut financer
00:25:38la dette française,
00:25:39ni les investisseurs classiques,
00:25:41ni les fameux hedge funds
00:25:43qui aujourd'hui
00:25:43sont en train de racheter
00:25:44massivement la dette française.
00:25:46Mais comme il faut bien
00:25:47la financer,
00:25:48nous sommes prêts
00:25:48à intervenir,
00:25:49mais à nos conditions.
00:25:51Vous baissez les pensions
00:25:52des retraités,
00:25:53vous baissez les traitements
00:25:54des fonctionnaires,
00:25:55ce qui est arrivé
00:25:56à d'autres pays.
00:25:57Je veux éviter ça.
00:25:58Donc vous vous dites,
00:25:59pour être très clair,
00:26:00il faut à la fois
00:26:00désindexer les retraites
00:26:02et aussi descendre
00:26:04le plafond de l'abattement
00:26:05pour les retraités
00:26:06et les fameux hedge funds.
00:26:06Je pense qu'il n'y a pas
00:26:08d'autre levier.
00:26:09Aujourd'hui, je le regrette.
00:26:10Ça ne me fait pas plaisir
00:26:11de vous dire ça.
00:26:12Simplement,
00:26:12j'ai été ministre des Finances
00:26:14pendant sept ans.
00:26:15Je regrette
00:26:15que nous en serions arrivés là
00:26:16parce qu'une fois encore,
00:26:17là où je proposais
00:26:19en 2024
00:26:19un plan raisonnable
00:26:20et progressif
00:26:21de rétablissement des comptes,
00:26:23le choix était fait
00:26:24du chaos politique
00:26:24qui nous mène
00:26:26exactement là
00:26:26où nous sommes aujourd'hui.
00:26:28Mais si on ne veut pas
00:26:28que ce chaos politique
00:26:29se transforme
00:26:30en descente aux enfers
00:26:31pour tous les Français,
00:26:32il n'y a pas d'autre choix
00:26:34que d'utiliser ces instruments.
00:26:35Y a-t-il une piste,
00:26:36une idée non explorée
00:26:37par le gouvernement
00:26:38pour trouver de l'argent
00:26:39que vous souhaiteriez
00:26:40verser au débat ?
00:26:41La piste que j'ai versée
00:26:42au débat,
00:26:43à laquelle je crois beaucoup,
00:26:44c'est de demander immédiatement
00:26:46un rabais
00:26:46sur la contribution
00:26:47de la France
00:26:47à l'Union Européenne.
00:26:48Nous avons aujourd'hui
00:26:49un niveau de vie moyen
00:26:51en France
00:26:51qui est inférieur
00:26:52au niveau de vie moyen
00:26:53des Européens.
00:26:54L'Autriche,
00:26:56l'Allemagne...
00:26:57C'est le Rassemblement National
00:26:58qui demande ça.
00:26:58Oui, sauf que
00:26:59le Rassemblement National,
00:27:00lui, c'est de manière
00:27:01très systémique
00:27:02qu'il veut réduire
00:27:03la place de l'Union Européenne.
00:27:04Moi, j'ai proposé,
00:27:04à l'inverse,
00:27:05d'aller vers une fédération
00:27:06d'États-nations
00:27:07pour résister à la Chine
00:27:08et aux États-Unis.
00:27:09Mais vous dites
00:27:09qu'il faut réduire
00:27:10la contribution de la France
00:27:11à l'Union Européenne.
00:27:11Je demande que l'on tienne acte
00:27:13de ce qu'aujourd'hui,
00:27:15le niveau de vie moyen
00:27:16des Français
00:27:17est inférieur
00:27:18au niveau de vie moyen
00:27:19des autres Européens
00:27:19qui nous ont rattrapés.
00:27:20Grâce à quoi ?
00:27:27On arrête de contribuer
00:27:28à la même hauteur
00:27:29et on réduit de l'ordre
00:27:30de 5 à 6 milliards d'euros.
00:27:31C'est beaucoup d'argent.
00:27:32Ce n'est pas un détricotage
00:27:33de l'Union Européenne
00:27:33si chacun, à chaque fois,
00:27:34demande de baisser sa contribution.
00:27:35Non, parce que pour moi,
00:27:36l'Union Européenne,
00:27:37ce n'est pas toujours plus d'argent
00:27:38à la Commission
00:27:39et toujours plus de responsabilité
00:27:40à la Commission.
00:27:41C'est au contraire
00:27:425 ou 6 États
00:27:43qui se mettent ensemble,
00:27:44qui avancent
00:27:45sur des politiques très concrètes,
00:27:46l'innovation,
00:27:47les semi-conducteurs,
00:27:48les universités,
00:27:49l'union des marchés de capitaux
00:27:51pour financer les investissements
00:27:52et qui disent
00:27:57Européennes
00:27:57et pas dans le montant du budget.
00:27:59Est-ce que ce n'est pas
00:27:59un aveu d'échec patent
00:28:00de demander une réduction
00:28:01de notre participation,
00:28:04nous, deuxième économie
00:28:05de la zone euro ?
00:28:06Est-ce que la France
00:28:08n'est pas en train
00:28:08de devenir,
00:28:09dans le concert des pays riches,
00:28:11un pays pauvre ?
00:28:12Mais vous qui connaissez
00:28:13parfaitement le sujet,
00:28:14vous savez que l'Allemagne
00:28:15a un rabais,
00:28:16que l'Autriche a un rabais,
00:28:18donc que des pays très riches
00:28:19ont un rabais.
00:28:20Il n'y a que nous,
00:28:21sans doute...
00:28:21La France a la PAC.
00:28:21La France a la PAC.
00:28:22La politique a la PAC.
00:28:23Vous avez raison.
00:28:24Sans doute aussi
00:28:24que nous avons un sens
00:28:25de l'honneur très prononcé,
00:28:26ça me plaît,
00:28:27c'est extrêmement important,
00:28:29simplement le sens
00:28:29de l'honneur
00:28:30pour s'accommoder aussi
00:28:31d'un certain réalisme.
00:28:32Donc je maintiens
00:28:33cette proposition,
00:28:34vous me demandez
00:28:34de verser une contribution
00:28:35au débat,
00:28:35c'est la mienne.
00:28:36Hervé,
00:28:37est-ce qu'il y a
00:28:37dans ce projet de budget
00:28:38des mesures
00:28:39avec lesquelles
00:28:40vous n'êtes pas du tout
00:28:41d'accord ?
00:28:42Les APL.
00:28:44Les APL,
00:28:45la PAC sur le sucre.
00:28:46Enfin, honnêtement,
00:28:47est-ce qu'il y a
00:28:48un problème d'obésité
00:28:49en France ?
00:28:49Oui.
00:28:51C'est un sujet
00:28:51de santé
00:28:52et c'est un sujet sanitaire
00:28:54majeur dans le pays.
00:28:55Donc soit on fait
00:28:56une grande politique publique
00:28:57de prévention
00:28:57contre l'obésité,
00:28:59de meilleure alimentation,
00:29:00notamment pour les ménages
00:29:01les plus modestes
00:29:01qui ne peuvent pas
00:29:03se payer une alimentation
00:29:04correcte.
00:29:04Ça, c'est bien.
00:29:05Ça, c'est nécessaire.
00:29:06Mais aller expliquer
00:29:08avec un petit peu
00:29:08d'hypocrisie
00:29:09qu'on augmente
00:29:10la taxe sur le sucre
00:29:11pour le bien des gens,
00:29:12honnêtement,
00:29:13je trouve que
00:29:13ce n'est pas formidable.
00:29:14D'une façon générale,
00:29:15le Premier ministre
00:29:16s'était engagé
00:29:17à ce qu'il n'y ait pas
00:29:17d'augmentation d'impôts
00:29:18dans ce projet de budget.
00:29:20À l'arrivée,
00:29:21il y en a.
00:29:21Il y a des niches fiscales,
00:29:23il y a des abattements
00:29:25qui sont plafonnés,
00:29:26il y a les emplois
00:29:28à domicile,
00:29:28par exemple,
00:29:30un certain nombre d'autres,
00:29:3117 milliards au total
00:29:33d'augmentation d'impôts.
00:29:35Est-ce qu'il y en a
00:29:37avec lesquels
00:29:37vous êtes un peu d'accord,
00:29:40plutôt d'accord ?
00:29:41Est-ce que vous rejetez
00:29:42l'ensemble
00:29:42de ces hausses d'impôts ?
00:29:43Non.
00:29:44Une fois encore,
00:29:44je mesure la difficulté du travail.
00:29:46C'est toujours plus facile
00:29:47d'être à l'extérieur
00:29:48et de jeter son regard
00:29:50sur ce qui a été fait
00:29:51comme copie.
00:29:51Simplement,
00:29:52il faut beaucoup de simplicité,
00:29:53la simplicité
00:29:54que vous arrivez à obtenir
00:29:55avec l'expérience.
00:29:57Les impôts,
00:29:58les taxes,
00:29:58ce n'est pas une solution.
00:29:59Donc,
00:29:59il y en a une seule
00:30:01avec laquelle je suis d'accord.
00:30:02Ils ont maintenu
00:30:03la surtaxe à l'IS,
00:30:04l'impôt sur les sociétés.
00:30:05Et pourtant,
00:30:06celui qui vous dit ça
00:30:07a toujours refusé
00:30:08d'augmenter l'impôt
00:30:09sur les sociétés
00:30:10pendant 7 ans.
00:30:11Mais dans la situation
00:30:12où nous sommes aujourd'hui,
00:30:14où vous êtes obligés
00:30:15de demander des efforts
00:30:16très importants,
00:30:18notamment aux personnes
00:30:19qui sont à la retraite,
00:30:20ça me paraît juste
00:30:22qu'on maintienne
00:30:23sur l'impôt sur les sociétés
00:30:25une surtaxe
00:30:26et qu'on ne l'évacue pas
00:30:27comme ça
00:30:27d'un revers de la main.
00:30:28– Donc,
00:30:28au total,
00:30:29il y a des plus et des moins.
00:30:30Comme député,
00:30:30si vous l'étiez encore,
00:30:32vous auriez voté ce projet de budget ?
00:30:33– Je demanderais
00:30:33une amélioration de la copie,
00:30:36beaucoup moins de taxes,
00:30:37beaucoup plus de réduction
00:30:38de dépenses
00:30:39parce qu'on peut faire
00:30:40beaucoup plus sur les dépenses
00:30:41que ce qui a été fait aujourd'hui.
00:30:43Et au bout du compte,
00:30:44évidemment que la responsabilité,
00:30:45c'est de voter le budget.
00:30:46– On va venir à une mesure
00:30:47qui est un véritable irritant
00:30:49pour tous les chefs d'entreprise.
00:30:51C'est l'article 5
00:30:52du projet de loi de finances
00:30:53sur une mesure technique
00:30:54qui s'appelle l'apport session
00:30:55mais qui concerne
00:30:57la transmission des entreprises.
00:30:59On va avoir une grande transmission
00:31:00en France.
00:31:019 000 milliards d'euros
00:31:04d'actifs d'entreprises
00:31:06et de biens divers et variés
00:31:07vont passer d'une génération
00:31:08à l'autre.
00:31:09Et on voit bien
00:31:10que Bercy essaye
00:31:11depuis l'année dernière
00:31:13de taxer cette transmission.
00:31:16Est-ce qu'elle est
00:31:17trop ou trop peu taxée
00:31:19à la transmission en France ?
00:31:20Est-ce que vous êtes d'accord
00:31:21avec cet article 5 ?
00:31:23– Non, je ne suis pas d'accord
00:31:24parce que les choix
00:31:25que vous devez faire
00:31:27doivent être, je le redis,
00:31:28simples et clairs.
00:31:30Surtout dans les moments de crise.
00:31:32Les choix que j'ai exposés
00:31:33dans mon manifeste,
00:31:33il y en a trois.
00:31:34Il n'y en a pas 50,
00:31:35il y en a trois.
00:31:36La prospérité,
00:31:37l'autorité de l'État,
00:31:39la fédération d'État-nation
00:31:41assise pour faire face
00:31:42à la Chine aux États-Unis.
00:31:43La prospérité,
00:31:44ça suppose que lorsque
00:31:46vous transmettiez
00:31:46votre entreprise,
00:31:48vos enfants puissent la reprendre
00:31:49dans les meilleures conditions.
00:31:50La prospérité,
00:31:52c'est simplifier la vie
00:31:52des entrepreneurs
00:31:53en revoyant
00:31:54le code de la construction,
00:31:55le code de l'environnement
00:31:56pour qu'il y ait moins de normes,
00:31:58moins de règles
00:31:59qui pèsent sur la richesse du pays.
00:32:01La prospérité,
00:32:02c'est avoir des règles
00:32:04sur l'indemnisation du chômage
00:32:05qui soient plus strictes
00:32:06pour que chacun soit incité
00:32:07à revenir au travail
00:32:08le plus rapidement possible.
00:32:10La prospérité,
00:32:10c'est mettre tout de suite en place
00:32:11l'union des marchés de capitaux
00:32:13pour que lorsque vous avez
00:32:14une entreprise comme Mistral
00:32:15qui réussit l'entreprise de la tech,
00:32:17au lieu d'être obligé
00:32:17de se financer en dehors de la France
00:32:19et en dehors de l'Union européenne,
00:32:21elle puisse se financer en Europe.
00:32:23Moi, la prospérité,
00:32:24c'est, à mes yeux,
00:32:26la première des attentes
00:32:27de nos compatriotes
00:32:28et elle est légitime.
00:32:29Mais il faut, dans ce cas-là,
00:32:31être cohérent
00:32:31et sur la transmission
00:32:32des entreprises,
00:32:33arrêter de voir
00:32:35systématiquement
00:32:35taper les...
00:32:36C'est, Bruno Le Maire,
00:32:37un impôt supplémentaire.
00:32:38Alors, à Chalange,
00:32:39on a pris notre petite calculette.
00:32:41En trois budgets,
00:32:422025, 2026 et 2027,
00:32:44les impôts vont augmenter
00:32:45de plus de 50 milliards d'euros
00:32:47en France.
00:32:48C'est à peu près
00:32:49ce qu'avait fait François Hollande,
00:32:51en arrivant entre 2012
00:32:52et 2014.
00:32:53C'est exactement l'inverse
00:32:54de ce que j'ai fait
00:32:55pendant 7 ans.
00:32:56C'est le même montant
00:32:56de baisse d'impôt
00:32:58que j'ai faite
00:32:58entre 2017 et 2024.
00:33:00On va finir par regretter
00:33:02l'ancien ministre
00:33:03de l'Économie et des Finances.
00:33:05C'est l'un des derniers clous
00:33:06dans le cercueil
00:33:07du macronisme,
00:33:07effectivement,
00:33:08puisqu'on aura effacé
00:33:09toutes les baisses d'impôt.
00:33:10Est-ce que vous craignez
00:33:12un retour du ras-le-bol fiscal,
00:33:13Bruno Le Maire ?
00:33:14Je ne crains pas
00:33:15un retour du ras-le-bol fiscal.
00:33:16Enfin, il est déjà là.
00:33:18J'ai la chance, là aussi,
00:33:19d'être totalement libre,
00:33:20d'écouter des entrepreneurs,
00:33:21des patrons de PME,
00:33:22de voir des familles.
00:33:23On parlait des APL
00:33:24tout à l'heure.
00:33:25Enfin, les gens
00:33:26en ont déjà ras-le-bol.
00:33:28Ils voient ce qu'ils payent
00:33:28en charge,
00:33:29en taxes,
00:33:30en impôts.
00:33:31Le salarié qui est au SMIC
00:33:32ou un peu au-dessus du SMIC,
00:33:33il voit ce qu'il paye en charge.
00:33:35Il voit bien qu'entre son brut
00:33:36et son net,
00:33:36il y a un écart
00:33:37qui est totalement intolérable.
00:33:39Pendant 7 ans,
00:33:39et croyez-moi,
00:33:40ce n'est pas forcément
00:33:41facile à vivre.
00:33:42Nous avons mené
00:33:43une politique
00:33:43dont je dis
00:33:44qu'elle a été efficace.
00:33:46Elle a permis
00:33:47de créer des emplois,
00:33:48de se rapprocher
00:33:49des 7% de taux de chômage,
00:33:51d'inverser
00:33:51la désindustrialisation.
00:33:53Pour la première fois
00:33:53depuis 40 ans,
00:33:54on ouvrait plus d'usines
00:33:55qu'on en fermait.
00:33:57Et à partir de 2024,
00:34:00il y a eu un new turn.
00:34:02On a changé complètement
00:34:03de politique économique.
00:34:05Demi-tour.
00:34:05Demi-tour.
00:34:06Demi-tour complet.
00:34:07Je donne un exemple
00:34:08parce que je me suis battu.
00:34:09Il faut se mettre
00:34:1030 secondes à ma place.
00:34:12Je me suis battu
00:34:13pendant des années,
00:34:14Raphaël Lejean
00:34:14en a été témoin,
00:34:15pour baisser les impôts
00:34:16de production.
00:34:17Pourquoi ?
00:34:17Ça ne dit rien à personne.
00:34:19Mais c'est des impôts
00:34:19qui pèsent sur l'industrie.
00:34:21Et l'industrie,
00:34:22ça, ça parle à tout le monde.
00:34:23C'est des usines,
00:34:23c'est des ouvriers,
00:34:24c'est des emplois qualifiés,
00:34:26c'est de la production,
00:34:27c'est la France de la production
00:34:28que je veux mettre
00:34:29à la place
00:34:29de la France de la consommation.
00:34:322024, dissolution,
00:34:33une des premières décisions,
00:34:34on arrête la baisse
00:34:35des impôts de production.
00:34:36Et donc,
00:34:36on devient moins compétitif
00:34:38par rapport à l'Allemagne,
00:34:39par rapport à l'Italie,
00:34:40par rapport à tous
00:34:40nos concurrents industriels.
00:34:42Mais il n'y a de quoi
00:34:43être un peu déçu,
00:34:46pour ne pas dire révolté,
00:34:47de voir que ce qui était
00:34:49construit pas à pas,
00:34:50patiemment,
00:34:51de manière cohérente
00:34:53pendant ces temps,
00:34:54a été brutalement abandonné
00:34:56à partir de...
00:34:56Donc clairement,
00:34:57quand on vous fait porter
00:34:58le chapeau aujourd'hui
00:34:59des déficits aujourd'hui,
00:34:59en disant toujours
00:35:00c'est Bruno Le Maire,
00:35:01c'est Bruno Le Maire,
00:35:01c'est Bruno Le Maire,
00:35:01vous dites que chacun
00:35:03balaye devant sa porte.
00:35:04Je dis exactement.
00:35:05Mieux vaut voir...
00:35:08Enfin, c'est la paille
00:35:08et la poudre, quoi.
00:35:09Vous voyez ce que je veux dire.
00:35:10Oui, je vois ce que je veux dire.
00:35:11Mais comment vous expliquez
00:35:12entre parenthèses
00:35:13qu'on vous enveuille
00:35:14autant que ça ?
00:35:15Et quand je dis on,
00:35:16c'est pas nous,
00:35:17c'est pas les Français,
00:35:17mais y compris dans la majorité
00:35:19dans le gouvernement,
00:35:20c'est toujours de votre faute.
00:35:21Parce que je pense que
00:35:24personne ne veut assumer
00:35:25les responsabilités
00:35:27depuis 40 ans
00:35:28d'un modèle qui est mort.
00:35:29Vous êtes le bouc émissaire
00:35:30de tout ça.
00:35:31Prenez le mot
00:35:32qui vous plaira.
00:35:34Simplement,
00:35:34moi je suis ici
00:35:35pour remettre les points
00:35:36sur les i
00:35:36et rétablir un certain
00:35:37nombre de vérités.
00:35:38Et surtout,
00:35:39c'est le plus important
00:35:40à mes yeux,
00:35:41construire l'avenir
00:35:42des Français.
00:35:43Et vous ne construirez pas
00:35:44l'avenir sur un modèle
00:35:45qui est mort.
00:35:46Je reviens au débat
00:35:47des socialistes,
00:35:48la primaire socialiste.
00:35:49Quand on voit
00:35:50qu'en 2026,
00:35:51vous avez encore
00:35:51des candidats
00:35:52à l'élection présidentielle
00:35:53qui promettent
00:35:54de revenir à la retraite
00:35:55à 60 ans,
00:35:55je me dis,
00:35:56voilà des gens
00:35:57qui vivent hors sol,
00:35:58qui ne voient pas
00:35:59qu'il y a le monde,
00:36:00qui ne voient pas
00:36:00la Chine,
00:36:01les Etats-Unis,
00:36:01nos concurrents européens.
00:36:03La conclusion que je tire
00:36:05de 30 années de vie publique
00:36:06et de cette année
00:36:07de ministre de l'économie
00:36:08et des finances,
00:36:09c'est deux choses.
00:36:10Un,
00:36:11le modèle est mort.
00:36:13Économique,
00:36:13politique,
00:36:14financier,
00:36:14il est mort.
00:36:15Deux,
00:36:16si vous appuyez
00:36:16sur les Français,
00:36:18sur leur intelligence,
00:36:19sur leur volonté,
00:36:20sur la détermination,
00:36:22il se reconstruit rapidement,
00:36:24facilement
00:36:24et nous retrouvons notre place.
00:36:26Hugo ?
00:36:26Oui,
00:36:26justement,
00:36:27en parlant des Français,
00:36:28il y a beaucoup de réactions
00:36:29dans le chat.
00:36:29Il y a Asmey qui dit,
00:36:30bon,
00:36:30quand est-ce qu'on parle
00:36:31de taxer les grandes fortunes,
00:36:32on peut poser les vraies questions.
00:36:34Il y a quelqu'un qui dit,
00:36:35si il y a autant de pression fiscale,
00:36:36pourquoi les Français
00:36:36arrivent à épargner autant ?
00:36:38C'est vrai que pour des gens
00:36:39qui sont à l'euro près,
00:36:40qui sont même au centime près,
00:36:43certains sentent une forme de,
00:36:45je ne sais pas comment le dire,
00:36:46mais de problème.
00:36:47C'est-à-dire,
00:36:48on voit des gens
00:36:49qui sont immensément riches
00:36:50et on se dit,
00:36:50pourquoi on ne va pas chercher
00:36:51l'argent où il est ?
00:36:52On va déjà chercher l'argent où il est.
00:36:54Qu'on puisse faire
00:36:54un effort supplémentaire,
00:36:56très bien.
00:36:56Vous créez l'ISF, par exemple ?
00:36:57Non, mais s'assurer.
00:36:58Certainement pas.
00:37:00Certainement pas.
00:37:00Ces fortunes,
00:37:01elles sont mobiles,
00:37:02elles partiront.
00:37:03En revanche,
00:37:05prospérité,
00:37:05faire participer les gens
00:37:07au capital.
00:37:08J'entends des économistes
00:37:09qui disent,
00:37:10à juste titre,
00:37:11le travail est trop taxé
00:37:13et le capital,
00:37:14pas suffisamment.
00:37:15Faites de la retraite
00:37:16par capitalisation.
00:37:18Permettez aux Français,
00:37:18quand ils épargnent un euro,
00:37:19d'en retrouver 2,50 euros
00:37:21ou 3 au moment
00:37:21où ils partent à la retraite,
00:37:22vous les enrichissez.
00:37:23Moi, plutôt que d'appauvrir
00:37:24tout le monde,
00:37:25je voudrais que chacun
00:37:26puisse bénéficier
00:37:27de la prospérité.
00:37:29Et donc,
00:37:30qu'on puisse combler
00:37:31certaines failles
00:37:32du système fiscal.
00:37:33Certainement.
00:37:34Qu'on s'assure
00:37:35que les plus grosses fortunes
00:37:36de France
00:37:37payent leur juste impôt.
00:37:38C'est absolument nécessaire.
00:37:40Qu'il y ait,
00:37:41à un moment donné,
00:37:42des prélèvements
00:37:42qui soient faits
00:37:43sur les rentes.
00:37:43Oui.
00:37:44Qu'on taxe
00:37:44les géants du numérique
00:37:45qui, je le rappelle,
00:37:46sont les premiers profiteurs
00:37:47de guerre de la France.
00:37:49Je l'ai fait.
00:37:50J'ai combattu
00:37:50M. Trump là-dessus.
00:37:52Je pense que c'est juste
00:37:52et je pense que c'est nécessaire.
00:37:54Mais ce qui améliorera
00:37:55la vie des gens,
00:37:56c'est quand vous aurez
00:37:585% de taux de chômage
00:37:59en France,
00:37:59le plein emploi
00:38:00et pas 7.
00:38:01C'est quand vous aurez
00:38:02basculé le financement
00:38:03de la protection sociale,
00:38:04du travail,
00:38:06vers la TVA,
00:38:07la taxation du numérique
00:38:09et la taxation
00:38:09des importations carboneuses.
00:38:10Bruno Le Maire.
00:38:11C'est quand vous aurez
00:38:12rouvert des usines.
00:38:13C'est quand vous aurez
00:38:14des emplois qualifiés.
00:38:15Là, vous aurez
00:38:16de la prospérité en France
00:38:18et c'est mon souhait
00:38:19le plus ardent.
00:38:19Vous avez rappelé
00:38:20que vous avez été
00:38:217 ans ministre
00:38:21de l'économie et des finances,
00:38:22donc une bonne partie
00:38:23des deux quinquennats
00:38:24d'Emmanuel Macron
00:38:24qui va quitter le pouvoir
00:38:25dans quelques mois.
00:38:27Qui sera le candidat ?
00:38:28Qui succédera
00:38:29à Emmanuel Macron ?
00:38:29On va y revenir
00:38:30avec mes confrères et consoeurs.
00:38:31Mais quel bilan
00:38:32vous tirez
00:38:33des 10 ans
00:38:33d'Emmanuel Macron ?
00:38:35En un mot ?
00:38:36Ou deux ?
00:38:37D'abord, pour moi,
00:38:37ce n'est pas 10 ans,
00:38:38c'est 7 plus 3.
00:38:41Il y a 7 ans avec vous
00:38:42et 3 ans sans vous ?
00:38:43Il y a 7 ans
00:38:43jusqu'à la dissolution
00:38:45et il y a un avant
00:38:46et un après la dissolution.
00:38:48Pour moi,
00:38:48c'est une ligne rouge
00:38:49qui sépare
00:38:50les deux parties
00:38:51des deux mandats.
00:38:53Emmanuel Macron,
00:38:54ce n'est pas 5 plus 5,
00:38:55c'est 7 plus 3.
00:38:57Alors 7, c'est quoi ?
00:38:58Et 3, c'est quoi ?
00:38:587, je considère
00:38:59que nous avons fait
00:39:00des choses remarquables
00:39:02en matière économique,
00:39:04industrielle,
00:39:05financière.
00:39:05Nous étions,
00:39:05je le rappelle,
00:39:06le pays le plus attractif
00:39:07pour les investissements étrangers.
00:39:09Nous avons fait des choses
00:39:10extrêmement utiles
00:39:11sur l'Europe,
00:39:13des choses extrêmement utiles
00:39:14sur le marché de l'emploi,
00:39:15je rends hommage
00:39:15à Muriel Pénicaud,
00:39:17des choses nécessaires,
00:39:18je rends hommage
00:39:18à M. Blanquer
00:39:19sur l'apprentissage.
00:39:21Donc il y a eu
00:39:21des très bonnes choses de fait.
00:39:22Les 3 ans
00:39:23et les 3, 2 dernières années.
00:39:25Lisez le début,
00:39:27pardon de me citer moi-même,
00:39:28de mon livre
00:39:29qui s'appelle
00:39:29Le temps d'une décision.
00:39:30Il y a un monsieur
00:39:31que je vois à Dax,
00:39:32en marge de la feria de Dax,
00:39:34il me pose exactement
00:39:35la question que vous me posez.
00:39:36Il m'a apporté une réponse
00:39:36bien meilleure
00:39:37que celle que je pourrais vous apporter.
00:39:38Ah bon, bon, d'accord.
00:39:39Je crois que c'est la question
00:39:39qui serait meilleure.
00:39:40Au début,
00:39:41c'était plutôt bien,
00:39:43mais à la fin,
00:39:44franchement,
00:39:45c'est beaucoup moins bien.
00:39:46Fermez les guillemets,
00:39:47c'est le monsieur de Dax
00:39:47qui parle,
00:39:48ce n'est pas vous.
00:39:48Mais il résume parfaitement
00:39:49ce que je pense.
00:39:50Je pense que nous avons perdu
00:39:52le fil et la cohérence
00:39:53de la politique
00:39:54qu'avait lancée
00:39:55le président de la République
00:39:56en 2017.
00:39:56Hervé.
00:39:57Edouard Philippe propose
00:39:58une réforme des retraites
00:39:59qui repousse
00:40:00l'âge de départ
00:40:01à 65 ans
00:40:02avec 45 annuités,
00:40:04mais de nombreuses exceptions
00:40:05en fonction des critères
00:40:06de carrière,
00:40:07de pénibilité.
00:40:08Est-ce que pour vous,
00:40:09c'est une bonne réforme ?
00:40:10Est-ce que c'est une bonne solution ?
00:40:11Oui, je pense que c'est
00:40:12une bonne proposition,
00:40:13d'autant meilleure
00:40:14que je la propose
00:40:15dans mon manifeste
00:40:16qui est sorti
00:40:16au mois d'août dernier.
00:40:17Alors, n'étant pas candidat,
00:40:18ça fait moins de...
00:40:19Vous en recopiez, vous voulez dire ?
00:40:19Non, pas du tout,
00:40:20mais je dis que ça me paraît
00:40:21aller dans la bonne direction,
00:40:22que c'est une bonne proposition.
00:40:23Est-ce que ça pourrait vous conduire
00:40:25à le soutenir
00:40:26à l'élection présidentielle ?
00:40:28Mais ce n'est pas une réforme
00:40:30qui fait que vous soutenez
00:40:31quelqu'un ou que...
00:40:32Mais vous avez dit vous-même
00:40:33à quel point
00:40:33celle-là était importante.
00:40:35Oui, mais ce qui compte,
00:40:36c'est la vision que vous avez
00:40:37de la société française,
00:40:38où vous voulez l'emmener.
00:40:39Et alors ?
00:40:39Edouard Philippe,
00:40:40il n'en a pas ou...
00:40:41Je ne vois dans aucun
00:40:43des candidats déclarés
00:40:45quelques éléments
00:40:46qui pour moi sont essentiels.
00:40:48Le premier,
00:40:48c'est que ça ne sert à rien
00:40:49de faire tous les changements
00:40:50économiques ou financiers
00:40:51que vous voulez
00:40:51si vous ne commencez pas
00:40:52par changer les institutions.
00:40:54Une nouvelle
00:40:55Cinquième République
00:40:56dans laquelle vous donnez
00:40:57la parole au peuple,
00:40:59dans laquelle vous laissez
00:40:59le peuple se prononcer
00:41:00par référendum
00:41:01d'initiative citoyenne,
00:41:02dans laquelle vous réduisez
00:41:03le pouvoir du président
00:41:04de la République
00:41:04au profit du Premier ministre
00:41:06et des ministres,
00:41:07dans laquelle vous rétablissez
00:41:08une autorité de décision
00:41:09des ministres
00:41:10sur son administration
00:41:11en les laissant libres
00:41:13de nommer
00:41:14ou de licencier
00:41:15les personnes
00:41:16qui sont sous leur autorité.
00:41:18Rétablir l'autorité
00:41:19de l'État,
00:41:20c'est aussi réserver
00:41:21l'emploi à vie
00:41:23dans la fonction publique
00:41:24aux seules fonctions régaliennes
00:41:25et mettre fin
00:41:26à l'emploi à vie
00:41:27dans la fonction publique.
00:41:28C'est réorganiser
00:41:29le territoire
00:41:30autour de trois échelons
00:41:31et pas un de plus.
00:41:33L'État,
00:41:34les régions
00:41:34et le bloc communal.
00:41:36C'est donner
00:41:36la liberté aux communes
00:41:38en leur laissant
00:41:39la liberté normative
00:41:40et en mettant fin
00:41:41à la fonction publique
00:41:43territoriale.
00:41:43C'est votre programme
00:41:44de candidat
00:41:45à l'élection présidentielle ?
00:41:46Vous voyez bien
00:41:46que ces changements
00:41:47totalement systémiques...
00:41:48Vous ne répondez pas
00:41:49à la question
00:41:49de la question.
00:41:49C'est votre programme
00:41:50à l'élection présidentielle ?
00:41:51C'est la vision que je porte.
00:41:52Donc vous la porterez
00:41:54dans la campagne présidentielle ?
00:41:54Cette vision-là
00:41:55qui va très loin
00:41:56dans le changement
00:41:57de l'organisation
00:41:58de la décision
00:41:59et des institutions françaises,
00:42:01ce que j'appelle
00:42:01une nouvelle
00:42:01cinquième république,
00:42:03personne ne veut la porter.
00:42:04Excusez-moi,
00:42:05personne ?
00:42:05Personne,
00:42:06mais donc peut-être vous.
00:42:07Nous verrons.
00:42:08Mais en tout cas,
00:42:08aujourd'hui,
00:42:09personne ne la porte.
00:42:11Si je vais à l'ordre de porter
00:42:13vous-même ce projet
00:42:14dans la campagne présidentielle.
00:42:15Je n'ai pas mis un projet
00:42:16sur la table
00:42:16pour dire que je mets
00:42:17un projet sur la table
00:42:18et puis après,
00:42:18je vais aller faire
00:42:19de la randonnée
00:42:20aux Pays-Basques.
00:42:21Vous pouvez préciser
00:42:22un peu votre réponse.
00:42:23Est-ce que ça veut dire
00:42:24que vous pourriez être candidat ?
00:42:26Je l'ai mis en ligne.
00:42:27Il reçoit des milliers
00:42:28de commentaires,
00:42:28certains favorables,
00:42:29d'autres très défavorables.
00:42:31C'est normal
00:42:32parce que c'est des changements
00:42:33très radicaux.
00:42:34Sur cette base-là,
00:42:35je vais sortir
00:42:35dans quelques semaines
00:42:36une nouvelle version
00:42:37du manifeste
00:42:39avec des compléments,
00:42:40notamment sur les sujets
00:42:41de santé,
00:42:41sur des sujets
00:42:42qui touchent les gens,
00:42:43sur lesquels
00:42:43ils les attendent profondes,
00:42:44sur la place
00:42:45des villes moyennes.
00:42:46Donc un pas de plus
00:42:46pour votre candidature.
00:42:47J'en ai beaucoup trop négligé.
00:42:47J'en discutais encore récemment
00:42:49avec l'ancien maire
00:42:50de Châteaudun.
00:42:50Comment est-ce qu'on remet
00:42:51les villes moyennes
00:42:52au cœur de l'organisation
00:42:53du territoire ?
00:42:53Donc un pas de plus
00:42:54pour votre candidature.
00:42:55Un pas de plus
00:42:56dans cette direction-là,
00:42:58mais en attendant de voir...
00:42:59Ah, dans cette direction-là,
00:42:59c'est-à-dire d'une candidature.
00:43:01Un pas de plus
00:43:02dans la direction
00:43:03d'une candidature
00:43:04sur laquelle je me prononcerai
00:43:05dans les mois qui viennent.
00:43:06Pas tout de suite.
00:43:07Si vous prononcerai,
00:43:08pourquoi vous hésitez ?
00:43:09Mais je n'hésite pas,
00:43:10mais la situation
00:43:11est suffisamment grave
00:43:12pour ne pas s'amuser
00:43:15à rajouter un nom
00:43:16sur une longue liste
00:43:17sans savoir
00:43:18si c'est utile pour le pays.
00:43:20Si c'est utile pour le pays,
00:43:22s'il y a une attente
00:43:23d'un changement
00:43:23aussi profond
00:43:25que celui que je propose,
00:43:26qui est dans le fond,
00:43:27faire basculer la France
00:43:28dans le XXIe siècle,
00:43:29avec une autre organisation,
00:43:31un autre modèle économique,
00:43:32la fin de l'État-providence
00:43:34au profit d'un État puissant,
00:43:36une fédération d'États européens.
00:43:37Vous voyez que tout ça,
00:43:39aujourd'hui,
00:43:39il faut que ça rencontre
00:43:41l'attente des Français.
00:43:42À partir de ce moment-là,
00:43:43je prendrai ma décision.
00:43:45Personne ne me poussera
00:43:46à précipiter mon calendrier.
00:43:48Personne ne me poussera
00:43:49à décider seul
00:43:51sans avoir avant
00:43:51écouté et entendu
00:43:53les réactions des Français.
00:43:54Donc vous attendez quoi
00:43:54de pouvoir être un recours
00:43:56si Edouard Philippe,
00:43:57Gabriel Attal
00:43:58n'arrive pas à s'entendre
00:43:58ou s'il s'entende
00:43:59et que le candidat
00:44:00dégringote dans les sondages ?
00:44:01Il n'y aura pas de recours.
00:44:02Ce n'est pas comme ça
00:44:03que ça fonctionne.
00:44:04Il y aura à un moment donné
00:44:05un candidat
00:44:06ou une candidate
00:44:08dont le projet
00:44:10rencontrera
00:44:10les attentes
00:44:11des Français.
00:44:12Et c'est celui-là
00:44:14ou celle-là
00:44:15qui sera le candidat
00:44:17des partis de gouvernement.
00:44:18Je n'aime pas du tout
00:44:18ce terme de bloc central.
00:44:19Il n'est ni un bloc
00:44:20ni central.
00:44:22Et tout le monde
00:44:22se mettra derrière elle.
00:44:23Mais comment vous allez le sentir,
00:44:26ça ?
00:44:26À quel moment ?
00:44:27Au nombre de abonnés
00:44:28sur Interjavé.
00:44:29Pour entrer en campagne,
00:44:30Bruno Le Maire,
00:44:31tout de même.
00:44:31Oui, mais comme vous le voyez,
00:44:33je fais des propositions,
00:44:34il y a une vision,
00:44:35d'autres le font.
00:44:36Je ne suis pas seul à le faire
00:44:37et tant mieux,
00:44:38ça s'appelle le débat démocratique.
00:44:39Ensuite,
00:44:39comment sera tranché
00:44:40ce débat démocratique ?
00:44:41C'est au chef de parti
00:44:42de le dire.
00:44:43Je vois qu'on parle
00:44:44beaucoup des sondages.
00:44:45Les sondages,
00:44:45c'est un peu comme
00:44:46les hospices
00:44:47sous la République romaine.
00:44:50On ouvrait les entrailles
00:44:51d'un oiseau,
00:44:52d'un bœuf
00:44:52et regarder si les hospices
00:44:53étaient favorables
00:44:53ou pas favorables
00:44:54pour le consul
00:44:55qui allait être choisi
00:44:55ou pas choisi.
00:44:59César, d'ailleurs,
00:45:00j'ai lu une très bonne
00:45:00biographie de César
00:45:01il y a peu.
00:45:02On disait que César,
00:45:03lorsque les hospices
00:45:04étaient favorables,
00:45:05il fallait écouter les hospices
00:45:06et lorsque les hospices
00:45:07lui étaient défavorables,
00:45:08il ne faut surtout pas
00:45:09écouter les hospices.
00:45:09Non, mais Bruno Le Maire,
00:45:10vous dites que c'est la responsabilité
00:45:11des chefs de parti.
00:45:13Votre parti, aujourd'hui,
00:45:14c'est toujours Renaissance.
00:45:15Bien sûr.
00:45:15Donc c'est Gabriel Attal
00:45:16qui va décider
00:45:17si vous êtes candidat ou pas.
00:45:18Mais c'est...
00:45:19Vous voyez bien
00:45:19qu'il y a un débat aujourd'hui.
00:45:20Je laisse ce débat progresser.
00:45:23Ça n'est pas ma responsabilité.
00:45:24Moi, je veux,
00:45:25sur la base de l'expérience
00:45:27qui est la mienne,
00:45:27dire pour que le pays réussisse,
00:45:30pour que les Français s'en sortent.
00:45:32Voilà ce qui me semble nécessaire.
00:45:34Je ne reviens pas
00:45:34sur les propositions
00:45:35que j'ai faites.
00:45:35Oui, mais je n'ai pas compris,
00:45:35Bruno Le Maire,
00:45:36à partir de quel moment
00:45:37vous déciderez ?
00:45:37Est-ce que c'est au nombre
00:45:38de clics sur vos propositions ?
00:45:40Ce sera quoi ?
00:45:41Hervé Letellier,
00:45:42peut-être que dans un mois,
00:45:44vous aurez une crise financière.
00:45:45Peut-être que vous aurez
00:45:46une crise géopolitique.
00:45:47Peut-être que vous aurez
00:45:48des changements très profonds
00:45:50dans la situation de la France.
00:45:52Donc, à partir de ce moment-là,
00:45:54vous verrez si ce que vous défendez
00:45:55est utile ou pas pour le pays.
00:45:57Mais avec qui, surtout ?
00:45:58Si vous êtes candidat,
00:45:59il y a qui qui vous soutient ?
00:46:00Mais vous avez déjà des maires,
00:46:02vous avez des parlementaires.
00:46:03Vous savez, le mérite,
00:46:05je reviens toujours à ça,
00:46:06d'avoir été déjà candidat
00:46:07à une primaire,
00:46:08d'avoir été 15 ans député,
00:46:10d'avoir été élu local,
00:46:11c'est qu'au bout d'un certain temps,
00:46:13vous tissez partout dans le pays
00:46:14des relations, des soutiens.
00:46:17Eux aussi seront juges.
00:46:18Vous n'auriez pas de problème
00:46:19pour avoir 500 signatures ?
00:46:20Eux aussi seront juges.
00:46:21Vous n'auriez pas de problème
00:46:22pour avoir 500 signatures ?
00:46:22Mais avant les 500 signatures,
00:46:23ça compte aussi.
00:46:24Ça compte aussi beaucoup.
00:46:25Et avant les 500 signatures,
00:46:26vous avez des gens autour de vous
00:46:27qui vous diront,
00:46:28mais écoute, franchement,
00:46:30ton truc, c'est super,
00:46:31mais les Français n'y sont pas prêts.
00:46:33Ou franchement, ton truc, c'est super,
00:46:34il faut accélérer.
00:46:35Vous n'êtes jamais seul
00:46:36pour prendre ce genre de décision.
00:46:38Sinon, c'est sacrément inquiétant
00:46:39sur votre projet.
00:46:40Le maire, j'ai été surpris.
00:46:41Il y a certains points
00:46:42que vous énoncez
00:46:43qui sont très proches
00:46:43du programme de Marine Le Pen.
00:46:46Une 5e République bis,
00:46:47c'est ce que propose l'ERN,
00:46:49des référendums d'initiative populaire.
00:46:52C'est également
00:46:52dans le programme présidentiel
00:46:54de la fille de Jean-Marie Le Pen.
00:46:56Marine Le Pen qui veut,
00:46:57par ailleurs,
00:46:58instaurer une règle d'or.
00:47:00Elle a publié,
00:47:01il y a quelques jours,
00:47:03une tribune dans le quotidien
00:47:04L'Opinion,
00:47:05une règle d'or
00:47:05pour encadrer les déficits.
00:47:09Vous aussi,
00:47:11vous défendez une telle mesure
00:47:12et quasiment mot pour mot.
00:47:13Donc, vous pouvez vous rejoindre
00:47:15sur ce plan-là ?
00:47:17La règle d'or,
00:47:19c'est le cash-checks
00:47:21de tous les politiques
00:47:22qui ne veulent pas assumer
00:47:23devant les Français
00:47:24les économies
00:47:25où ils le feront
00:47:25et quand ils les feront.
00:47:27Oui, mais vous en avez parlé,
00:47:28vous, de la règle d'or.
00:47:28C'est très bien,
00:47:29mais vous voyez bien
00:47:29que dans toute l'émission,
00:47:30je ne l'ai pas mise
00:47:30en tête de gondole.
00:47:32Parce que c'est trop facile.
00:47:33Règle d'or, ça sonne bien.
00:47:35Or, règle,
00:47:36c'est deux éléments
00:47:36On peut rappeler,
00:47:37c'est une interdiction
00:47:39de déficit.
00:47:39Bien sûr,
00:47:41mais beaucoup plus intéressant
00:47:42que règle d'or
00:47:42qui sonne très bien,
00:47:43c'est de dire
00:47:44voilà où je vais réduire
00:47:46la dépense.
00:47:47Quand je propose
00:47:48un État puissance
00:47:49et la fin de l'État providence,
00:47:51moi, j'assume de dire
00:47:53que nous plafonnerons
00:47:54les indemnisations du chômage
00:47:56au niveau du salaire médian,
00:47:57un peu plus de 2 000 euros,
00:47:58pour protéger les gens
00:48:00s'ils sont face au chômage.
00:48:01Mais s'ils veulent
00:48:02une indemnisation totale,
00:48:03eh bien,
00:48:04ils se débrouilleront autrement.
00:48:06Je revendique
00:48:07d'avoir un nouveau modèle de santé
00:48:08qui reposera sur la prévention.
00:48:09On distinguera
00:48:10les plus grands risques
00:48:11où là, il faut de la solidarité
00:48:13parce que quand vous êtes touché
00:48:14par le cancer
00:48:14ou par Alzheimer,
00:48:16il faut de la solidarité.
00:48:17Mais pour le reste,
00:48:18ce sera de l'assurance privée.
00:48:20Donc là,
00:48:20je vais au bout
00:48:21de mon raisonnement
00:48:22et je peux reprendre
00:48:22ce que je vous dis
00:48:23sur la fonction publique,
00:48:24territoriale
00:48:25ou la fonction publique d'État.
00:48:27Là, au moins,
00:48:27on sait
00:48:28où les économies seront faites
00:48:29et comment est-ce qu'on va basculer
00:48:31d'un État providence
00:48:32à un État puissance.
00:48:32Madame Le Pen
00:48:33se contente de dire
00:48:34qu'il faut une règle d'or.
00:48:34Est-ce qu'elle vous paraît
00:48:35crédible aujourd'hui,
00:48:36Bruno Le Maire,
00:48:36Marine Le Pen
00:48:37quand elle rejoint
00:48:38vos positions sur la règle d'or ?
00:48:39Mais pas que.
00:48:40Elle veut aussi un référendum
00:48:41pour l'inscrire
00:48:42dans la Constitution,
00:48:43une validation par les Français.
00:48:44C'est ce que vous proposez,
00:48:46vous également, Bruno Le Maire.
00:48:47Une très brève phrase
00:48:48de Shakespeare.
00:48:50Words, words, words.
00:48:52Des mots, des mots, des mots.
00:48:53Ce ne sont que des mots.
00:48:54Non mais franchement,
00:48:55c'est du foutage de gueule.
00:48:56Je vous le dis
00:48:56comme je le pense.
00:48:58C'est trop facile.
00:48:58C'est du foutage de gueule
00:48:59que propose Marine Le Pen.
00:48:59Oui, c'est du foutage de gueule
00:49:00de la part du Rassemblement National
00:49:01d'aller mettre
00:49:02en tête de gondole
00:49:03des grands mots
00:49:04comme règle d'or,
00:49:05constitution,
00:49:06discipline budgétaire.
00:49:07Pourquoi ?
00:49:08Parce que la vie réelle,
00:49:10ce n'est pas ça.
00:49:11La vie réelle,
00:49:12c'est se dire que chaque année,
00:49:14il y a des dizaines
00:49:15de milliards d'euros
00:49:16de dépenses en trop
00:49:16par rapport à ce que nous
00:49:18produisons comme richesse.
00:49:19Et donc la vie réelle,
00:49:19c'est de dire
00:49:20voilà comment je produis
00:49:21plus de richesse,
00:49:22je vous l'ai expliqué,
00:49:23et voilà où je vais réduire
00:49:25les dépenses.
00:49:26C'est aussi l'histoire
00:49:26du Rassemblement National
00:49:27qui présentera demain
00:49:28son contre-midi.
00:49:29Mais je serais curieux
00:49:30de voir
00:49:30où sont réellement
00:49:32les économies
00:49:33comment elles sont faites.
00:49:34125 milliards d'économies.
00:49:35À quel rythme ?
00:49:36Parce que 125 milliards
00:49:37d'euros d'économies,
00:49:37c'est beaucoup.
00:49:38Sur quelle durée ?
00:49:39Qui va passer à la caisse ?
00:49:41Parce que si c'est
00:49:42pour nous expliquer,
00:49:43comme le font certains,
00:49:44qu'il faut supprimer
00:49:46l'agence France Trésor,
00:49:47qu'il faut supprimer
00:49:48l'aide au développement
00:49:49ou qu'il faut supprimer
00:49:50l'aide médicale d'État,
00:49:52franchement,
00:49:53ce n'est pas très convaincant.
00:49:55Hervé ?
00:49:55L'aide médicale d'État,
00:49:56bien sûr qu'on peut l'encadrer,
00:49:58bien sûr qu'on peut
00:49:59être plus strict
00:50:00sur cette aide médicale d'État.
00:50:01Mais le jour où vous avez
00:50:02un étranger,
00:50:03en situation régulière
00:50:04ou irrégulière,
00:50:04qui est sur notre territoire
00:50:05et qui a une maladie contagieuse,
00:50:07je préfère qu'il soit soigné
00:50:09plutôt qu'abandonné.
00:50:10Hervé rapidement.
00:50:11Puisqu'on parle du RN,
00:50:12le président du RN,
00:50:13Jordan Bardella,
00:50:14a été mis en cause
00:50:15par Mediapart,
00:50:16qui lui prête
00:50:17des propos antisémites,
00:50:19qui auraient été tenus
00:50:20il y a 13 ans
00:50:20dans une conversation privée.
00:50:22J'imagine que vous avez lu
00:50:23ces déclarations.
00:50:24Est-ce qu'elles vous choquent ?
00:50:26Est-ce que vous considérez
00:50:27que des conséquences politiques
00:50:28devraient être tirées,
00:50:29par exemple,
00:50:30quant au mandat électif
00:50:31de Jordan Bardella
00:50:32au Parlement européen ?
00:50:35Elles me choquent,
00:50:36mais elles ne me surprennent pas.
00:50:38Je suis surpris,
00:50:39je le dis d'ailleurs
00:50:40à tous les électeurs
00:50:41du RN,
00:50:43que je respecte
00:50:43qu'ils ont été
00:50:44mes électeurs dans l'heure.
00:50:45Puisque à chaque fois,
00:50:46dans ma circonscription,
00:50:47Marine Le Pen faisait
00:50:48des scores absolument formidables,
00:50:49mais j'étais quand même
00:50:50élu parlementaire.
00:50:51C'est la preuve
00:50:52qu'un certain nombre d'entre eux
00:50:53ont voté pour moi.
00:50:54Ne tombez pas
00:50:55dans tous les panneaux
00:50:56du RN,
00:50:57ni sur la question
00:50:58des déficits publics,
00:51:00ni sur la question
00:51:00de l'antisémitisme
00:51:01et des origines
00:51:02du RN.
00:51:03Mais est-ce qu'il faut
00:51:04en tirer des conclusions ?
00:51:05Par exemple,
00:51:05comme disait Hervé.
00:51:06Est-ce qu'il peut continuer
00:51:07à siéger au Parlement européen ?
00:51:08C'est au RN
00:51:09de faire le ménage
00:51:11chez lui,
00:51:11mais les origines
00:51:12d'un parti,
00:51:13la mémoire d'un parti,
00:51:14c'est quelque chose
00:51:15qui ne change pas comme ça
00:51:17en quelques mois,
00:51:18ni même en quelques années.
00:51:20Je rappelle que Jordan Bardella,
00:51:21il y a très peu de temps,
00:51:23avait refusé
00:51:24de condamner les propos antisémites
00:51:26de Jean-Marie Le Pen.
00:51:27Donc je suis surpris
00:51:29qu'on soit surpris.
00:51:31Un mot ?
00:51:31Oui, très rapidement,
00:51:32c'est une question
00:51:33un peu taquine aussi
00:51:34du tchat de Marie-Lyon
00:51:35qui vous demande
00:51:36est-ce que ça vous embête
00:51:36que la France retienne
00:51:37davantage votre description
00:51:39du renflement brun
00:51:40que votre bilan ministériel ?
00:51:42Je ne crois pas
00:51:43que la France retienne ça.
00:51:44Les réseaux sociaux,
00:51:45oui.
00:51:46Mais vous savez,
00:51:47le règne du sarcasme,
00:51:49de l'ironie mordante,
00:51:52de la dégradation
00:51:53de tout par tous,
00:51:55c'est ce qui coule
00:51:56à un grand pays
00:51:56comme la France.
00:51:57Bien.
00:51:57J'invite chacun
00:51:58à lire ce roman
00:51:59qui porte sur Vladimir Horowitz,
00:52:00sur la musique classique,
00:52:01sur Bach,
00:52:02et sur la culture européenne.
00:52:03Et bien d'autres choses,
00:52:04est-ce que vous connaissez
00:52:04bien les Français ?
00:52:05Oui, probablement,
00:52:06vous avez été élus,
00:52:07mais on va recevoir là,
00:52:08tout à l'heure,
00:52:08dans quelques minutes,
00:52:09quelqu'un qui va échanger
00:52:10avec vous,
00:52:10il s'appelle Raphaël Liorca,
00:52:11il est co-auteur d'un livre
00:52:13Nous les Français
00:52:14qui fait un tabac en ce moment
00:52:15et qui décrypte les Français,
00:52:17ça peut servir d'ailleurs
00:52:18aux politiques.
00:52:22Face à vous, Bruno Le Maire,
00:52:24un auteur qui fait le pari
00:52:25de raconter la France
00:52:26comme vous,
00:52:27politique,
00:52:28ne le ferez jamais.
00:52:29Membre de la fondation
00:52:30Jean Jaurès,
00:52:31essayiste,
00:52:32il signe Nous les Français,
00:52:35cartographie surprenante
00:52:36de l'Hexagone.
00:52:37Loin des sentiers battus
00:52:38et des sondages,
00:52:39il scrute les comportements,
00:52:41les modes de vie,
00:52:42les objets du quotidien,
00:52:43ce que nous mangeons,
00:52:44achetons, regardons.
00:52:46Savez-vous par exemple
00:52:47que plus de deux Français sur trois
00:52:49regardent au moins
00:52:49un épisode de série
00:52:51par semaine ?
00:52:51C'est l'effet Netflix.
00:52:5312 ans après l'arrivée
00:52:54de la plateforme américaine,
00:52:56la série télé est devenue
00:52:57la première pratique culturelle
00:52:59en France.
00:53:00Nous ne regardons pas
00:53:01les mêmes séries,
00:53:02mais elles nous offrent
00:53:03une façon commune
00:53:04de voir le monde.
00:53:05Notre invité regarde
00:53:07les Français
00:53:07à hauteur de caddie.
00:53:09Il pointe le succès
00:53:10des magasins Action
00:53:11qui permettent de s'offrir
00:53:12de petits plaisirs
00:53:13à petits prix,
00:53:14une aubaine à l'heure
00:53:15où le pouvoir d'achat
00:53:16connaît une baisse historique.
00:53:18En leur permettant
00:53:19de remplir frénétiquement
00:53:20des caddies,
00:53:21Action entretient l'idée
00:53:22selon laquelle
00:53:22tout ne va finalement
00:53:23pas si mal
00:53:24malgré un pouvoir
00:53:25d'achat entravé.
00:53:27Notre invité vous interpelle
00:53:28aussi sur un fléau
00:53:29du quotidien
00:53:30dont l'ampleur
00:53:30est souvent méconnue,
00:53:32les arnaques.
00:53:33Dans nos téléphones,
00:53:34nos boîtes mail,
00:53:35au bout du fil,
00:53:36elles sont partout
00:53:37et personne n'est à l'abri.
00:53:38Au cours des 12 derniers mois,
00:53:4073% des Français
00:53:42ont été exposés
00:53:43à une arnaque
00:53:44ou une fraude en ligne
00:53:45et les plaintes
00:53:45pour escroquerie
00:53:46explosent
00:53:47plus 64%
00:53:49en 8 ans.
00:53:50Alors que fait l'État
00:53:51pour protéger
00:53:52des Français
00:53:52de plus en plus inquiets
00:53:53pour leur avenir ?
00:53:54Face à vous ce soir,
00:53:56Raphaël Yorquin.
00:53:59Raphaël Yorquin
00:53:59que nous accueillons
00:54:00sur ce plateau.
00:54:01Bonsoir.
00:54:01Je vous laisse
00:54:02s'amener Bruno Le Maire.
00:54:03Merci d'être avec nous.
00:54:04Merci beaucoup.
00:54:05Asseyez-vous,
00:54:06je vous en prie.
00:54:07Vous avez le temps
00:54:07de vous asseoir
00:54:07et d'échanger
00:54:08pendant quelques minutes
00:54:09avec Bruno Le Maire,
00:54:10notamment sur la question
00:54:11des arnaques.
00:54:13Sujet très important.
00:54:15Sujet très important
00:54:16et on a voulu
00:54:17effectivement
00:54:18avec nos co-auteurs
00:54:19de ce livre
00:54:20Nous les Français
00:54:21mettre l'accent
00:54:22sur un certain nombre
00:54:23de sujets
00:54:24qui nous semblaient
00:54:24peut-être absents
00:54:26et des discussions
00:54:27et des mesures
00:54:28et des propositions politiques.
00:54:30Les arnaques
00:54:31c'est un sujet important
00:54:32parce qu'il me semble
00:54:33que d'une part
00:54:34elles sont massives
00:54:35et en plus
00:54:36elles se multiplient
00:54:37en ligne
00:54:37Alors en ligne
00:54:38mais pas seulement
00:54:39D'ailleurs il y a
00:54:40un certain nombre
00:54:40d'émissions
00:54:41je pense par exemple
00:54:41à celle de Julien Courbet
00:54:42sur RTL
00:54:43qui tous les matins
00:54:44justement
00:54:44essaie d'enseigner
00:54:47et d'éduquer
00:54:47les Français
00:54:48à faire en sorte
00:54:49de ne pas trop
00:54:49se faire arnaquer
00:54:50Non mais
00:54:51un elles sont massives
00:54:52et deux
00:54:52en fait
00:54:52ce qu'on interroge
00:54:53à travers cet exemple
00:54:54c'est tout de même
00:54:55la façon dont ça
00:54:56crée une sorte
00:54:57de halo
00:54:58de défiance
00:54:59vis-à-vis
00:55:00et de la justice
00:55:01et peut-être même
00:55:01si on ose
00:55:02des acteurs politiques
00:55:03parce que
00:55:04et moi j'ai pu faire
00:55:05un certain nombre
00:55:06d'entretien avec des personnes
00:55:07qui étaient en fait
00:55:07qui avaient subi des arnaques
00:55:09et ce qui m'a beaucoup marqué
00:55:10c'est le sentiment
00:55:11d'impuissance en réalité
00:55:12c'est le fait de se dire
00:55:13qu'elles sont en réalité
00:55:14des victimes de second plan
00:55:16qu'en réalité la justice
00:55:18alors qui
00:55:18dans l'imaginaire
00:55:19dans la perception commune
00:55:20est déjà
00:55:21fortement bouchée
00:55:22fortement entravée
00:55:23et qui en réalité
00:55:24plus personne ne s'occupe d'elle
00:55:25alors voilà
00:55:26la question que je voulais
00:55:27vous poser
00:55:27monsieur le maire
00:55:28c'est est-ce qu'il n'est pas
00:55:30le temps
00:55:30de faire en sorte
00:55:31que ces arnaques
00:55:32qui sont aujourd'hui
00:55:32considérées comme des faits individuels
00:55:34est-ce qu'on ne doit pas
00:55:35les considérer
00:55:36comme un fait social
00:55:36et politique
00:55:37digne d'être pris en compte
00:55:38par les acteurs politiques
00:55:40si tout à fait
00:55:40et surtout
00:55:41ce que vous dites
00:55:42qui me paraît très important
00:55:43c'est
00:55:45ce sentiment
00:55:46qui est aussi une réalité
00:55:48que dans le fond
00:55:49voilà mon cas est secondaire
00:55:50je me suis fait avoir
00:55:51tant pis pour ma gueule
00:55:52il n'y aura pas de poursuite
00:55:53de justice
00:55:54et il n'y aura pas de sanctions
00:55:56ça crée effectivement
00:55:57un sentiment très profond
00:55:58qui est une réalité
00:55:59qu'il y a
00:56:00les grands délits
00:56:01les grands crimes
00:56:02et qu'il y a une France
00:56:03à deux vitesses
00:56:03et une France
00:56:04qui est une France
00:56:05de ville moyenne
00:56:05une France de gens modestes
00:56:06qui sera oubliée
00:56:08c'est d'autant plus préoccupant
00:56:09que ces arnaques
00:56:10j'en ai des exemples
00:56:11vous en avez certainement
00:56:12d'autres autour de vous
00:56:13elles touchent beaucoup
00:56:14les personnes âgées
00:56:15des personnes qui ont
00:56:17des petites retraites
00:56:17qui sont appelées
00:56:18qui se font avoir
00:56:19par quelqu'un
00:56:20qui leur dit
00:56:20tiens je vais vous offrir
00:56:22un produit financier
00:56:23extraordinairement attractif
00:56:24ou un prêt très intéressant
00:56:26qui morde à l'hameçon
00:56:27et qui après
00:56:28n'ont aucun recours
00:56:30c'est pour ça
00:56:31pardon de revenir
00:56:31à des propos
00:56:33que j'ai eus tout à l'heure
00:56:34quand je parle
00:56:35d'état puissance
00:56:36je préfère un état
00:56:37qui ne rembourse pas
00:56:38le ravaudage
00:56:39des chaussettes
00:56:41mais qui garantit
00:56:42que dès qu'il y a
00:56:43un délit
00:56:43il y a une sanction
00:56:45mais ça veut dire
00:56:46faire des choix
00:56:46c'est-à-dire qu'arrêter
00:56:47un certain nombre d'aides
00:56:48un certain nombre
00:56:49de prestations sociales
00:56:50un certain nombre
00:56:51de soutien
00:56:52d'état providence
00:56:52qu'on n'a pas arrêté
00:56:53de développer
00:56:54depuis des décennies
00:56:54et se concentrer
00:56:55sur la justice
00:56:57y compris pour les petits faits
00:56:59que vous mentionnez
00:57:00Raphaël Durca
00:57:01il y a un autre sujet
00:57:01que vous voulez évoquer
00:57:02c'est un mot
00:57:03qu'a beaucoup circulé
00:57:05l'archipélisation
00:57:06il semblerait
00:57:07qu'en France
00:57:08d'après certains
00:57:08Jérôme Fourquet par exemple
00:57:10on vive chacun
00:57:10dans son coin
00:57:11vous vous dites
00:57:11c'est pas aussi évident que ça
00:57:13c'est un peu
00:57:14l'un des éléments
00:57:16qu'on a voulu mettre en avant
00:57:17dans ce livre
00:57:18c'est-à-dire que
00:57:19de pointer le fait
00:57:20que nous vivions tous
00:57:22alors tous
00:57:22c'est un bien grand mot
00:57:23mais disons que
00:57:24je trouve que le cadrage
00:57:25général et médiatique
00:57:26et politique
00:57:26s'effectue très largement
00:57:27sur cette thèse
00:57:28effectivement
00:57:28de l'archipélisation
00:57:29nous ce qu'on a voulu
00:57:30montrer dans ce livre
00:57:31est-ce que vous avez
00:57:32vu aussi
00:57:33montrer et vu
00:57:34vu et montrer
00:57:35j'ai pas compris
00:57:36vous avez observé d'abord
00:57:36avant de dire
00:57:37ah oui absolument
00:57:38oui absolument
00:57:40oui alors
00:57:41simplement
00:57:43ce qu'on a voulu montrer
00:57:44c'est que
00:57:45il y avait d'autres façons
00:57:46de regarder la société française
00:57:48et qu'il existait
00:57:49peut-être
00:57:50d'autres espaces
00:57:52où
00:57:52cette question
00:57:53du lien
00:57:54se réinventer
00:57:55au plus près
00:57:56parfois du territoire
00:57:58parfois sur des choses
00:57:58un peu anodines
00:58:00qui nous semblent
00:58:01anodines
00:58:01mais qui nous semblent
00:58:01quand même
00:58:03intéressantes à souligner
00:58:04je prends un seul exemple
00:58:05la question de l'UCPA
00:58:07on a fait une petite enquête
00:58:09auprès de
00:58:09donc c'est les centres de vacances
00:58:11qui sont connus
00:58:12pour les enfants
00:58:13mais également utilisés
00:58:14par les adultes
00:58:16assez massivement
00:58:16et ce qu'on a compris
00:58:18c'est que
00:58:18dans ces centres d'UCPA
00:58:20c'était probablement
00:58:21l'un des derniers moments
00:58:22et derniers espaces
00:58:23en France
00:58:24où pouvait cohabiter
00:58:25pendant une semaine
00:58:25un plombier
00:58:27et un banquier d'affaires
00:58:28je l'ai vécu personnellement
00:58:28je peux vous dire
00:58:29qu'il y a quelque chose
00:58:29d'assez incroyable là-dedans
00:58:31en tant que banquier d'affaires
00:58:32ou plombier
00:58:32non c'est une vague
00:58:33et donc
00:58:34en tant qu'étudiant
00:58:35et donc
00:58:36ce qui m'intéresse
00:58:36dans cette question-là
00:58:37c'est justement
00:58:38de promouvoir
00:58:39des politiques publiques
00:58:40qui fassent en sorte
00:58:41précisément
00:58:41de lutter
00:58:42contre ces forces
00:58:43d'archipélisation
00:58:43et il me semble
00:58:44que la question
00:58:45des colonies de vacances
00:58:46est un très bon exemple
00:58:48je n'aime pas non plus
00:58:49ce terme d'archipélisation
00:58:51mais
00:58:54qu'il y ait
00:58:56deux ou trois
00:58:58ordres de territoire
00:58:59dans notre pays
00:58:59c'est une évidence
00:59:01on a accordé
00:59:02beaucoup d'importance
00:59:03liaison étant mieux
00:59:04à grande vitesse
00:59:05entre Paris et Lyon
00:59:06entre Paris et Bordeaux
00:59:08c'est formidable
00:59:09on fait deux heures
00:59:10Paris-Bordeaux
00:59:10les TGV sont bondés
00:59:12mais pour faire
00:59:13Paris-Châteaudin
00:59:14on va mettre
00:59:15un peu moins de temps
00:59:15mais quasiment le même
00:59:16pour faire
00:59:17130 kilomètres
00:59:18pour faire Paris-Montluçon
00:59:21qui est pourtant
00:59:21une ville historique
00:59:23qui est une ville
00:59:24où il y a une grande entreprise
00:59:24qui s'appelle Safran
00:59:25vous allez prendre un corail
00:59:27qui ne marchera pas l'été
00:59:28parce qu'il y a la canicule
00:59:29et qu'il y a la dilatation
00:59:30des rails
00:59:31et que l'hiver
00:59:32il ne marchera pas
00:59:32parce qu'il y a trop de graines
00:59:33ou qu'il y a trop de pluie
00:59:34ça c'est une injustice
00:59:35entre les territoires
00:59:36elle est fondamentale
00:59:37elle est un des grands enjeux
00:59:39de la prochaine
00:59:39mais il peut y avoir
00:59:40des moments de rassemblement
00:59:41de rencontres
00:59:42il y a des moments de rencontres
00:59:43oui
00:59:43il y a des vrais moments de rencontres
00:59:45autour de la chanson
00:59:46autour de l'intermarché
00:59:48autour de la randonnée
00:59:49autour du sport
00:59:51oui ces moments de rencontres
00:59:52ils existent
00:59:53entre les français
00:59:54mais je ne voudrais pas
00:59:55qu'ils masquent
00:59:57des réalités physiques
00:59:59financières
01:00:00matérielles
01:00:00qui font que vous avez
01:00:02des villes moyennes
01:00:03des villes sous préfectures
01:00:04qui n'ont plus d'hôpitaux
01:00:05qui n'ont plus de médecins
01:00:05qui n'ont pas accès
01:00:07à l'université
01:00:08ou une université
01:00:08qui est lointaine
01:00:09qui n'ont pas de moyens
01:00:10de transports faciles
01:00:11et qui pour moi
01:00:12sont aujourd'hui
01:00:13les délaissés
01:00:14de la vie publique
01:00:14et qui doivent revenir
01:00:15au premier
01:00:16Bruno Le Maire
01:00:16parlait des hypermarchés
01:00:17un mot là-dessus
01:00:18oui un mot très rapide
01:00:20effectivement
01:00:21lorsqu'on s'est posé
01:00:22la question de savoir
01:00:22qu'est-ce qu'on devait
01:00:23cartographier
01:00:24dans la société française
01:00:25il y a un certain nombre
01:00:26d'entrées
01:00:28qui étaient plus évidentes
01:00:29que les autres
01:00:29et les hypermarchés
01:00:30en font partie
01:00:31moi je suis frappé
01:00:32de voir que les campagnes
01:00:33politiques
01:00:34l'un des lieux
01:00:35des passages obligés
01:00:36ce sont précisément
01:00:37les marchés
01:00:38est-ce qu'il ne faudrait pas
01:00:39demain pour Monnaie Campagne
01:00:40plutôt aller sur les
01:00:41parkings des supermarchés
01:00:42et des hypermarchés
01:00:45comme tout français
01:00:46je passe du temps
01:00:47dans un hypermarché
01:00:48ou dans un supermarché
01:00:50surtout quand je vais
01:00:51chez moi aux Pays-Bas
01:00:52c'est un très bon
01:00:53intermarché
01:00:53à Saint-Pé-sur-Nivelle
01:00:54j'en fais la promotion
01:00:56c'est un vrai lieu
01:00:57de rencontre
01:00:58je suis tout à fait d'accord
01:00:59les marchés
01:00:59c'est très sympa
01:01:00c'est très vivant
01:01:01tant mieux
01:01:01les supermarchés
01:01:03sont des lieux
01:01:04de rencontre
01:01:05qu'on échange
01:01:05on voit les gens
01:01:06c'est aussi des jeux
01:01:07de discussion
01:01:07et important pour une campagne électorale
01:01:09je pense que ça peut être important
01:01:11pour une campagne électorale
01:01:11après j'ai fait beaucoup
01:01:12de campagnes électorales
01:01:13j'ai souvent tracté aussi
01:01:14à la sortie des supermarchés
01:01:16et des hypermarchés
01:01:17c'est pas là où les gens
01:01:18sont les plus réceptifs
01:01:19entre nous soit dit
01:01:21en un mot
01:01:21le titre de votre livre
01:01:22c'est Nous les Français
01:01:23Raphaël Lurca
01:01:24vous êtes plusieurs co-auteurs
01:01:25ça marche très bien ce livre
01:01:26vous avez fait un tabac là
01:01:28en décrivant
01:01:29ceux qui étaient des Français
01:01:30porter une doudoune
01:01:31c'est voter à droite par exemple
01:01:32pour voter à gauche
01:01:32on a quoi ?
01:01:35on fait du Vélib par exemple
01:01:36merci Raphaël Lurca
01:01:37merci Bruno Le Maire
01:01:38d'être venu sur le plateau
01:01:39de l'Indice et Politique
01:01:40qui revient l'année prochaine
01:01:41demain chaque voix compte
01:01:42bonne soirée sur LCP
01:01:43merci