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  • il y a 13 heures
Cancer du sein trop peu dépisté : "La peur du résultat" explique le président de la Ligue contre le cancer à Montbéliard

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Transcription
00:00... sur l'actu locale dans le Nord-Franche-Comté.
00:03Ici Matin.
00:04En Franche-Comté, justement, une femme sur 7, un cancer du sein au cours de sa vie.
00:08Pendant Octobre Rose, ce mois de la lutte contre la maladie,
00:11on sensibilise au dépistage l'invité de la rédaction, Lisa Guigny,
00:14qui est un ancien oncologue, président de la Ligue contre le cancer du comité Doux-Montbéliard.
00:18Bonjour Alain Meunier.
00:19Bonjour.
00:20On ne se dépiste toujours pas assez.
00:22Eh oui, malheureusement, on ne se dépiste pas assez.
00:24On est autour de 51 et quelques pourcents.
00:27Et on est à un taux plus faible qu'avant la Covid.
00:30Donc, il faudrait qu'on obtenait 70% de femmes qui fassent ce dépistage
00:34pour encore réduire de 30% la mortalité résiduelle dans le cancer du sein.
00:38Parce que ce que vous dites, la...
00:40Pardon, comment vous avez appelé ça ?
00:42Je n'ai plus le...
00:43La mortalité résiduelle.
00:43La mortalité résiduelle.
00:45Les 10% de malades qui ne guérissent pas, on pourrait encore améliorer d'au moins 3 à 4%.
00:50Ça veut dire que si on se dépiste plus vite, on a plus la maladie détectée tôt,
00:56plus on a de chances de guérir.
00:57C'est ça ?
00:57Tout à fait.
00:58Actuellement, un tiers des cas de cancer sont diagnostiqués par le dépistage.
01:01Donc, c'est important.
01:03Mais c'est encore insuffisant.
01:04Et on a des maladies diagnostiquées très tôt.
01:07Donc, un taux de guérison, bien sûr, meilleur.
01:1010% de plus que les femmes, je dirais, standards, qui se diagnostiquent elles-mêmes par des masses.
01:15Et puis surtout, on a des traitements moins lourds.
01:17Donc, une pénibilité et un vécu moins difficile.
01:19Dans le traitement.
01:20Pourquoi on ne se dépiste pas assez ?
01:23Alors, il y a beaucoup de raisons.
01:24Il y a beaucoup de fake news.
01:26Il y a la peur, surtout.
01:26La première question, c'est la peur.
01:28J'ai peur du résultat.
01:29Mais la peur est mauvaise conseillère, comme vous le savez.
01:32Deuxièmement, on disait que le fait de renouveler les mammographies pouvait favoriser les radiocancers.
01:36Ce qui est absolument faux.
01:38D'autant plus qu'aux Etats-Unis, ils ont mis l'âge maintenant à 40 ans.
01:41Et qu'au niveau de l'Europe, on est en train de discuter, de leur amener à 45 ans.
01:44Il y a 3000 femmes.
01:45Parce qu'aujourd'hui, est-ce qu'on peut rappeler quel est l'âge auquel on se fait dépister d
01:49'un cancer du sein ?
01:50Alors, 50-74 ans, c'est l'âge du diagnostic, du dépistage organisé, gratuit, etc.
01:56Tous les combien de temps ?
01:57Tous les deux ans.
01:58Tous les deux ans.
01:59Alors, ce qu'il faut savoir, c'est qu'actuellement, on a un problème à deux niveaux.
02:03Le problème, c'est le problème des femmes jeunes.
02:05Il y a plus de 3000 femmes de moins de 40 ans qui ont un cancer du sein.
02:08Et souvent des formes assez agressives, d'origine génétique ou pas.
02:11Et puis, à partir de 65 ans, on s'aperçoit qu'au niveau du dépistage, les femmes décrochent.
02:15Et elles seront récemment diagnostiquées plus tard.
02:18Et plus on avance en âge, plus il est difficile de supporter certains traitements.
02:21Et de lutter contre la maladie.
02:23Et de lutter contre la maladie.
02:23On est forcément moins fort.
02:24Donc, c'est ce que l'on est en train d'essayer de faire, de raviver ces femmes de plus
02:29de 65 ans qui ne viennent pas.
02:30Et pour les plus jeunes aussi, est-ce qu'il faut descendre l'âge de dépistage ?
02:35Alors, le descendre, oui.
02:36On en parle, je vous l'ai dit, les Etats-Unis.
02:37On ne franchit le pas.
02:38L'Europe est en train de le faire.
02:40Le problème, c'est qu'il faut essayer de stibler au mieux les risques de chacun, ou de chacune plutôt.
02:44Et donc, maintenant, rechercher les formes génétiques.
02:47Ce que beaucoup de personnes oublient, c'est qu'à 25 ans, il y a une consultation prise en charge
02:51en totalité par la sécurité sociale
02:53pour les jeunes, garçons, filles, et qui prévoit de regarder les éventuels facteurs de risque familiaux.
02:59Et de définir un suivi particulier.
03:03Et puis, il faut savoir aussi que toute femme, après 25 ans, doit avoir un examen mammaire annuel par un
03:09médecin, une sage-femme.
03:10Et en plus, elle s'auto-examiner.
03:12C'est ce que l'on fait dans le cadre de la prévention actuelle.
03:14On apprend aux femmes à s'auto-examiner.
03:16Faire des autopalpations.
03:17Voilà, l'autopalpation, tout à fait.
03:19Vous parliez de jeunes garçons.
03:21Est-ce qu'on peut aussi avoir un cancer du sein quand on est un homme ?
03:24Alors, il est rare chez les jeunes garçons.
03:26C'est la différence des jeunes femmes.
03:27Oui, 1% des cancers du sein en fréquence chez les hommes par rapport aux femmes.
03:33Voilà.
03:34Même traitement que les femmes.
03:35Pas de facteur connu à titre, je dirais, de prévention possible.
03:40Du coup, comment on se fait dépister si on est un homme ?
03:43Parce qu'il n'y a pas ce dépistage organisé.
03:45Non, c'est facile.
03:46L'homme ayant un sein 100 fois moins gros que celui des femmes.
03:50Donc, on palpe immédiatement une petite tuméfaction.
03:52Donc là, le diagnostic n'est pas tardif.
03:54Voilà.
03:54C'est donc aux hommes de regarder et de voir s'il y a quelque chose qui se modifie dans
03:57leur sein.
03:58Vous disiez de plus en plus de jeunes femmes concernées par le cancer du sein et des formes agressives.
04:05Pourquoi le cancer du sein est toujours là en France ?
04:07Pourquoi on est toujours atteint par la maladie ?
04:09Alors, le problème, c'est que c'est comme pour l'homme pour le cancer de la prostate.
04:14Les organismes sont stimulés en permanence par des hormones.
04:18Les hormones oestrogènes, progestérone chez la femme et testostérone chez l'homme.
04:22Et qui vont stimuler ces cellules qui, au bout d'un moment, d'une stimulation,
04:27associées à d'autres facteurs génétiques ou autres.
04:29Parce qu'il ne faut pas oublier que s'il y a plus de cancers du sein chez les femmes
04:32jeunes maintenant,
04:32il n'y a pas que les formes génétiques.
04:34Il y a des facteurs à risque, c'est ça ?
04:36Il y a des facteurs à risque.
04:36On a une moins bonne hygiène de vie qu'avant ?
04:38Tout à fait.
04:39Des facteurs extérieurs que n'avaient pas nos grands-mères, etc.
04:42qui sont l'alcool, le tabac et le manque d'activité physique.
04:46Et ces trois facteurs sont vraiment très importants pour augmenter le taux de cancer du sein chez les femmes jeunes.
04:51Et très rapidement, plus on se dépiste tôt, plus, ce que vous avez dit, on guérit tôt.
04:56Et aujourd'hui, on traite mieux le cancer du sein, il faut peut-être le rappeler.
04:58Tout à fait, les traitements sont personnalisés et adaptés à chaque cas.
05:02Et donc, petites tumeurs, dans la majorité des cas, traitements courts et traitements curatifs.
05:0661 000 cancers du sein détectés chaque année.
05:09Merci beaucoup Alain Monnier, ancien oncologue et président de la Ligue contre le cancer amopélière,
05:13d'avoir été ce matin avec nous.
05:15Bonne journée.
05:15Merci et je vous remercie pour votre invitation.
05:18Il est 7h53.

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