- il y a 3 semaines
À LA UNE / Crise de l'énergie : les Français pris à la gorge
L'inflation ne desserre pas son étau et plonge des millions de foyers et de professionnels dans une équation budgétaire impossible. Entre la flambée des prix du gaz et un passage à la pompe de plus en plus douloureux, les Français ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois. Comment faire face quand travailler ou se chauffer devient un luxe ? Pour comprendre l'impact concret de cette crise énergétique au quotidien, "Chaque Voix compte" donne la parole à ceux qui la subissent de plein fouet. Qu'ils soient au coeur de nos services publics ou acteurs clés de notre économie locale, leurs témoignages révèlent une détresse partagée. Une boulangère, un directeur d'entreprise de chauffeurs poids lourds confrontés à l'explosion du prix du carburant, un dépanneur remorqueur dont l'activité dépend entièrement de ses déplacements, ou encore une infirmière libérale qui voit ses trajets grignoter son salaire : tous tirent la sonnette d'alarme. Face à cette asphyxie financière, quelles solutions concrètes les pouvoirs publics peuvent-ils apporter ?
Invités :
- Raphaël Schellenberger, député « non inscrit » du Haut-Rhin,
- Thomas Pellerin-Carlin, eurodéputé « Place publique »,
- Grégory Caret, directeur de l'observatoire de la consommation de « Que choisir ensemble ».
L'inflation ne desserre pas son étau et plonge des millions de foyers et de professionnels dans une équation budgétaire impossible. Entre la flambée des prix du gaz et un passage à la pompe de plus en plus douloureux, les Français ont de plus en plus de mal à boucler leur fin de mois. Comment faire face quand travailler ou se chauffer devient un luxe ? Pour comprendre l'impact concret de cette crise énergétique au quotidien, "Chaque Voix compte" donne la parole à ceux qui la subissent de plein fouet. Qu'ils soient au coeur de nos services publics ou acteurs clés de notre économie locale, leurs témoignages révèlent une détresse partagée. Une boulangère, un directeur d'entreprise de chauffeurs poids lourds confrontés à l'explosion du prix du carburant, un dépanneur remorqueur dont l'activité dépend entièrement de ses déplacements, ou encore une infirmière libérale qui voit ses trajets grignoter son salaire : tous tirent la sonnette d'alarme. Face à cette asphyxie financière, quelles solutions concrètes les pouvoirs publics peuvent-ils apporter ?
Invités :
- Raphaël Schellenberger, député « non inscrit » du Haut-Rhin,
- Thomas Pellerin-Carlin, eurodéputé « Place publique »,
- Grégory Caret, directeur de l'observatoire de la consommation de « Que choisir ensemble ».
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00:00:05Musique
00:00:24Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:27C'est vendredi et comme chaque vendredi, puisque Chaque Voix Compte, c'est à vous que nous donnons la parole
00:00:31pour une émission consacrée ce soir à cette crise de l'énergie qui n'en finit pas et qui bouleverse
00:00:36nos vies en réalité.
00:00:38Les prix des carburants continuent de s'envoler, ceux du gaz et du fioul aussi.
00:00:42Ça nous oblige, que l'on soit particulier ou professionnel, à faire des arbitrages dans notre quotidien sans savoir jusqu
00:00:49'à quand on va les faire.
00:00:50Et nous en parlons ce soir avec vous, Raphaël Schellenberger. Bonsoir.
00:00:54Bonsoir.
00:00:54Vous êtes député non inscrit du Haut-Rhin. Merci d'être avec nous ce soir.
00:00:58Thomas Pellerin-Carlin, bonsoir.
00:01:00Bonsoir.
00:01:00Toujours eurodéputé Place Publique, également chercheur spécialiste de la politique européenne de l'énergie et du climat.
00:01:06Merci d'être venu jusqu'à nous ce soir.
00:01:09Et bonsoir Grégory Carré.
00:01:10Bonsoir.
00:01:11directeur de l'observatoire de la consommation de Que Choisir Ensemble.
00:01:14Vous serez ce soir l'arbitre des débats.
00:01:17Et puis peut-être que vous pourrez aussi nous éclairer sur certaines pistes, certaines solutions pour alléger nos factures.
00:01:23Merci en tout cas d'avoir accepté de jouer le jeu des questions-réponses avec notre public.
00:01:27J'ai autour de moi des chauffeurs routiers, des infirmières libérales, mais aussi tout simplement des automobilistes qui renoncent à
00:01:35certains trajets.
00:01:36La hausse des prix touche en fait tous les porte-monnaies.
00:01:38Vous avez la parole ce soir.
00:01:40Vous êtes là pour nous raconter ce que vous vivez et aussi pour interpeller vos élus.
00:01:44Profitez-en.
00:01:45C'est une chance.
00:01:46Voilà.
00:01:47Installez-vous confortablement.
00:01:48Chaque voix compte.
00:01:48C'est parti.
00:01:57Sept mois.
00:01:58Ça fait maintenant sept mois que les prix à la pompe s'envolent, entamant comme jamais notre pouvoir d'achat,
00:02:04rognant comme rarement sur les marges des entreprises.
00:02:07On ne voit pas la fin de cette crise de l'énergie qui ruisselle désormais en fait sur toute l
00:02:11'économie.
00:02:11Une réunion d'urgence des dirigeants du G7 s'est d'ailleurs tenue aujourd'hui.
00:02:16Marion Becker.
00:02:23Alors que les prix à la pompe en Europe ont atteint un nouveau record,
00:02:27les 27 se sont opposés ce matin à une éventuelle interdiction des exportations américaines de pétrole.
00:02:34Nous rejetons catégoriquement toute interdiction des exportations de gazole.
00:02:38Une interdiction ne serait bénéfique à personne.
00:02:41L'Union européenne est prête pour une action collective dans le cadre de l'Agence internationale de l'énergie.
00:02:47C'est à elle qu'il appartient d'organiser une éventuelle mise sur le marché des stocks.
00:02:52Une réponse coordonnée face à la pression de Donald Trump, qui aimerait obliger la France et l'Allemagne à puiser
00:02:58dans leurs stocks pour soulager le marché mondial.
00:03:01Depuis quelques mois, c'est l'ensemble des prix de l'énergie qui s'envolent.
00:03:06Plus 6,3% pour le gaz au 1er octobre, soit 183 euros le mégawatt-heure, plus 30% depuis
00:03:14janvier.
00:03:15Des hausses sur fond de guerre en Ukraine et au Moyen-Orient.
00:03:18Le blocage du détroit d'Hormuz, par lequel transite une grande partie du pétrole mondial, a déstabilisé le marché.
00:03:25Le coût du raffinage a lui aussi bondi.
00:03:29Faire le plein de sa voiture est devenu un luxe.
00:03:32C'est juste abusé.
00:03:33Nous, en tout cas, dans les camions, on met jusqu'à presque 200 euros maintenant.
00:03:38C'est juste invivable, tout simplement.
00:03:40On va se priver un peu de surprise en fait.
00:03:42Les finances des Français sont mises à rude épreuve.
00:03:46L'inflation a atteint 3% sur un an en septembre.
00:03:51Voilà pour les chiffres.
00:03:53Grégory Carré, la Fondation Jean Jaurès, a publié il y a quelques jours un rapport
00:03:56sur les vies rétrécies par la hausse des prix à la pompe.
00:04:01Est-ce que vous, à Que Choisir Ensemble, voulez mesurer aussi ces vies rétrécies ?
00:04:06Oui, oui, et pas que nous.
00:04:08Alors on va utiliser différentes terminologies.
00:04:10Certains parlent d'arbitrage, certains parlent de renoncement.
00:04:15Effectivement, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:04:16C'est très concret.
00:04:18L'État, il n'y a pas longtemps, disait que ses recettes liées au carburant ont diminué
00:04:22parce que les gens ont diminué de 30% les déplacements, les consommations d'essence.
00:04:25Diminuer de 30%, ça veut dire que ce n'est pas sans conséquence sur tout le reste de l'économie.
00:04:29Donc effectivement, quand on a posé la question aux gens, on leur a demandé,
00:04:33alors effectivement, ils nous ont dit que c'était très compliqué en ce moment.
00:04:36C'est compliqué pour le transport.
00:04:37Ils nous ont dit, je limite les déplacements.
00:04:40Au mois de septembre, ce serait quasiment 30%.
00:04:42Alors, c'est les chiffres du ministère, 30% de baisse.
00:04:45Et pour le logement, c'est la même chose.
00:04:46Les gens, quand on leur demande ce que vous allez faire cet hiver, ils nous disent, je vais chauffer moins.
00:04:50Donc c'est une perte de confort.
00:04:52On renonce à des degrés.
00:04:53Oui, c'est véritablement une vie rétrécie.
00:04:55Et puis, on peut parler de l'alimentaire parce qu'on en parlera.
00:04:58Mais les conséquences, on les attend maintenant sur l'alimentaire, concrètement.
00:05:01Parce que le pétrole, il sert aussi à fabriquer notre alimentation.
00:05:05Eh bien, les gens nous expliquent.
00:05:07Qu'est-ce que je fais quand les prix alimentaires deviennent trop élevés ?
00:05:11Je sors des produits chers.
00:05:12Donc, effectivement, c'est une vie rétrécie.
00:05:15Ça veut dire que ce qu'on ne va pas pouvoir lâcher en baissant les taxes,
00:05:18ce qu'on nous dit parce que les dépenses de l'État ne le permettent pas,
00:05:21de toute façon, ce sera perdant parce qu'au final, c'est la consommation qui va se rétracter.
00:05:25Donc, c'est les autres recettes de TVA qui vont rentrer.
00:05:27Et puis surtout, on va au-devant d'un vrai recul de la consommation et donc de la croissance.
00:05:33Alors, je voudrais commencer par donner la parole à David.
00:05:35David est transporteur routier à Saint-Hypolite, dans le Haut-Rhin.
00:05:39Est-ce que David a un micro ?
00:05:41David, vous avez créé votre entreprise de transport il y a maintenant 8 ans.
00:05:46Vous m'arrêtez si je me trompe.
00:05:47Combien avez-vous de salariés aujourd'hui, David ?
00:05:51Entre... Déjà, bonjour, pardon.
00:05:53Oui, déjà, bonjour, évidemment.
00:05:55Entre les conducteurs et les sédentaires, on a une petite PME de 22 salariés.
00:06:0022 salariés. Pour combien de camions ?
00:06:03Aujourd'hui, j'ai 19 véhicules moteurs.
00:06:06Vous faites transport logistique ?
00:06:07Transport, un peu d'affrêtement, un peu de logistique.
00:06:11Et on fait du transport matière générale et du plateau.
00:06:18Vous avez calculé, depuis le début, l'impact de l'envolée des prix sur votre entreprise ?
00:06:24Alors, on a à peu près augmenté notre coût de 45 000 euros par mois.
00:06:34Par mois ?
00:06:35Par mois.
00:06:36Depuis 7 mois.
00:06:37Sur la consommation de nos véhicules, la consommation financière, sachant qu'on fait à peu près 120 000 km à
00:06:44l'année.
00:06:45C'est vrai que si on n'est pas transporteur routier, si on n'est pas chauffeur, on ne se
00:06:48rend pas compte, mais le plein d'un poids lourd, c'est combien de litres ?
00:06:52Nous, on a, puisqu'effectivement, nos conducteurs partent la semaine, on a à peu près 1100 litres d'autonomie sur
00:07:01nos véhicules.
00:07:02Je vous laisse calculer à peu près le prix à la pompe, ce que ça nous coûte aujourd'hui.
00:07:06C'est vrai qu'on parlait des vies rétrécies, mais pour les professionnels aussi, vous avez rétréci votre activité, vous
00:07:12avez trouvé des astuces ?
00:07:15Alors, on a essayé plein de méthodes, on a essayé de descendre la vitesse, on a essayé de trouver des
00:07:23marchés où on roulait moins lourd, pour moins consommer.
00:07:26C'est-à-dire aller trouver des clients qui soient moins loin ?
00:07:28Les clients, au lieu de charger, je vais vous donner des exemples, de charger 28 tonnes comme on fait, trouver
00:07:35des clients qui ont de la marchandise volumineuse et non lourde, pour nous faire tomber la consommation de nos véhicules.
00:07:43Mais bon, c'est sûr que le marché, et on n'est pas là pour choisir ce qu'on transporte,
00:07:48ce serait l'idéal, mais malheureusement, on n'est pas du tout dans ce système-là.
00:07:52Donc la vitesse diminuée ne nous a servi à rien, hormis augmenter le temps, qui est d'ailleurs de l
00:07:58'argent.
00:07:58Et le temps, c'est de l'argent.
00:07:59Et on n'arrivait plus à faire nos tournées, donc on a perdu du chiffre d'affaires, tout simplement.
00:08:07Que vous disent vos chauffeurs ?
00:08:09Mes chauffeurs sont inquiets, sont déjà inquiets pour la société, puisqu'on est resté sur une base familiale.
00:08:15Donc nos conducteurs, pardon, nos conducteurs cherchent aujourd'hui et font des détours pour essayer de trouver le prix à
00:08:22la pompe le plus bas.
00:08:23On a une carte de gasoil professionnelle sur des comptes et on a créé des cartes bancaires à chaque conducteur
00:08:33pour qu'ils puissent aller chercher le prix le plus bas.
00:08:37Comme on parlait de certaines stations, de certains pétroliers qui ont bloqué leur prix.
00:08:42Nos conducteurs jouent le jeu, puisque voilà, et donc ils sont inquiets pour nous.
00:08:46Mais c'est une astuce, vous avez le droit de faire ça ?
00:08:50À partir du moment où on paye à la pompe, on paye avec ce qu'on veut.
00:08:57Mais c'est vrai que la carte bancaire, aujourd'hui, c'est l'alternative.
00:09:00Après, c'est sûr que la trésorerie, pareil, parce que c'est pas en différé.
00:09:05Mais est-ce que vous êtes même inquiet pour la pérennité de votre entreprise aujourd'hui ?
00:09:09Donc nos conducteurs sont inquiets pour nous, sont inquiets pour eux.
00:09:13Et nous, la pérennité de la société, effectivement, elle devient compliquée.
00:09:17C'est mon épouse qui gère la trésorerie.
00:09:21Parce que c'est une société familiale et c'est vrai que ça devient très compliqué pour ça.
00:09:25Une chose qui m'échappe, c'est que les routiers, les transporteurs,
00:09:29ont été exclus du dispositif gros rouleurs
00:09:32parce qu'ils sont censés répercuter la hausse des prix de l'essence sur leur livraison.
00:09:37Vous ne l'avez pas fait ?
00:09:39Alors nous, on a une indexation de gasoil.
00:09:45On a une indexation de gasoil qui, normalement, théoriquement, dans les beaux discours,
00:09:51doit apparaître en bas de facture.
00:09:54Cette indexation de gasoil, elle est calculée par le CNR,
00:09:58qu'on peut trouver sur Internet, il n'y a rien à cacher.
00:10:01Le problème, c'est que le CNR n'est pas linéaire sur les marchés.
00:10:09Il y a des différences.
00:10:10Et après, ce qui nous préoccupe, nous, c'est qu'aujourd'hui,
00:10:14le gasoil dans les pays outre-Rhin, l'Espagne, l'Allemagne,
00:10:19l'État a trouvé un consensus pour pouvoir geler ou baisser les taxes.
00:10:25Aujourd'hui, la France, on n'a rien.
00:10:28Vous avez des élus devant vous. Vous voulez les interpeller sur ce point ?
00:10:32Alors, on a plein de questions qu'on se pose.
00:10:35Quand ? Quand un jour l'État va penser à bloquer...
00:10:39Alors, on ne va pas parler de gasoil professionnel,
00:10:41parce qu'en fait, on est tous, aujourd'hui, dans cette situation.
00:10:44C'est-à-dire qu'on soit privé, infirmière, dépanneur, voilà.
00:10:49Et tout simplement, le citoyen lambda qui a besoin de sa voiture.
00:10:53Donc, quand c'est que l'État va faire quelque chose pour bloquer un gasoil ?
00:10:57Enfin, le prix d'un gasoil.
00:10:58Le bloquer à 2 euros, 2,20 euros,
00:11:01qu'on puisse, aujourd'hui, reprendre une activité à peu près normale,
00:11:05que les gens puissent aller au travail sans se poser la question,
00:11:09et que cet argent, on va dire pas économisé, mais gagné,
00:11:14puisse redonner une petite bouffée d'air frais pour l'économie.
00:11:18– Raphaël Schellenberger, bon, c'est pas trop dans l'air du temps.
00:11:22– Je crois qu'il y a plusieurs choses à avoir en tête.
00:11:25Déjà, la première, c'est que le problème de tous les produits pétroliers,
00:11:31gaz, pétrole et leurs dérivés, on est dépendant.
00:11:35On n'en produit pas en France, donc on les importe.
00:11:37Donc, on est dépendant des marchés mondiaux de pétrole brut,
00:11:42de pétrole raffiné, etc.
00:11:43Alors, on peut toujours discuter, et je pense que ça viendra dans la discussion,
00:11:47de la rapidité à laquelle la contamination des marchés mondiaux
00:11:50se fait sur les prix à la pompe ou pas, dans un sens ou dans l'autre,
00:11:54mais c'est la première chose qui est claire,
00:11:56c'est que nous ne produisons pas de pétrole en France,
00:11:59ou en tout cas plus et depuis très longtemps.
00:12:01Donc, on est dépendant de décisions qui ne viennent pas de nous.
00:12:05Ensuite, dans la décomposition du prix,
00:12:08évidemment, la partie relative au prix du produit,
00:12:13au coût du produit, elle est presque minoritaire,
00:12:15et c'est les taxes et les différentes composantes des taxes qui font le reste.
00:12:21On ne peut pas complètement faire comme si on n'avait pas 3 000 milliards de dettes dans le pays,
00:12:25et ce qu'on ne collecte pas en impôts d'un côté,
00:12:28ça sera collecté en impôts de l'autre,
00:12:29ou ça sera des réductions de dépenses.
00:12:33On est en période budgétaire,
00:12:35on verra ce que donne le débat budgétaire dans l'hémicycle à l'Assemblée nationale,
00:12:38je ne suis pas sûr qu'il y ait énormément de volontaires
00:12:40pour faire beaucoup d'économies dans les dépenses de l'État.
00:12:44Mais vous venez de dire quelque chose qui est intéressant,
00:12:46c'est-à-dire qu'en Allemagne,
00:12:47l'État a décidé d'agir assez précisément sur les axes.
00:12:53Donc, on a le prix, les axes,
00:12:58en France, on paye dans le prix,
00:13:00il y a une part de ces deux œufs,
00:13:01et en Allemagne, au-dessus des axes,
00:13:03il y a en plus un peu de coût du carbone.
00:13:04Il faut vraiment qu'on soit bien clair,
00:13:06les axes, ça fait partie des taxes sur le litre d'essence.
00:13:10Et par-dessus, on rajoute encore la TVA.
00:13:12Donc l'Allemagne, elle a décidé de réduire les axes d'à peu près 15 centimes,
00:13:16et si on répercute la TVA, ça fait à peu près 17-18 centimes de moins.
00:13:21Mais la décision qu'ils ont prise,
00:13:22ce n'est pas de réduire...
00:13:24Alors, c'est mieux que rien, évidemment,
00:13:27et Alsacien aussi,
00:13:28donc on va immédiatement voir les gens passer la frontière pour faire le plein.
00:13:33Mais c'est une décision qui a été prise pour trois mois,
00:13:36pas durablement,
00:13:37parce que l'État allemand est dans une santé financière
00:13:40qui est vraisemblablement meilleure que la nôtre,
00:13:42qui vont pouvoir tenir ces trois mois,
00:13:44mais je doute que ça aille au-delà de trois mois.
00:13:46Et le problème de ce qu'on vit aujourd'hui en France,
00:13:49c'est que la crise sur l'approvisionnement en pétrole
00:13:52et en différents carburants,
00:13:54on a à peu près une certitude,
00:13:55c'est qu'elle va durer.
00:13:57Et il faut qu'on soit en mesure de trouver des réponses
00:13:59qui soient durables
00:14:01et qui préservent durablement
00:14:04le pouvoir d'achat.
00:14:05C'est la priorité, ça doit être notre priorité,
00:14:07mais aussi les finances publiques.
00:14:09Mais David, vous allez faire le plein en Allemagne ?
00:14:12Alors, concrètement, non.
00:14:14On peut tous dire ce soir,
00:14:16vous avez le droit d'aller chercher de l'essence en Allemagne.
00:14:18Alors, en fait, quand on m'a proposé de venir,
00:14:21je suis venu pas parce que je suis en colère,
00:14:23parce que je suis déçu.
00:14:25Voilà.
00:14:26Et ce qu'on disait,
00:14:27d'ailleurs, il y a nos enfants,
00:14:28donc je ne me battrai pas pour moi,
00:14:30mais je me battrai pour mes enfants
00:14:32et pour mes salariés.
00:14:34Et aujourd'hui, donc, je suis là
00:14:35et je n'ai pas à me cacher,
00:14:37je n'ai pas à mettre...
00:14:39Enfin, bon, bonne face devant vous,
00:14:40je suis honnête.
00:14:42Donc aujourd'hui, moi, ma question,
00:14:44elle est tout simplement, voilà,
00:14:46qu'est-ce qui va se passer dans l'avenir
00:14:49pour notre profession,
00:14:50que j'appelle ça une profession oubliée,
00:14:52il faut être honnête,
00:14:53parce que finalement,
00:14:54le transport, c'est toujours sorti
00:14:57de la problématique des années qui sont passées,
00:15:01en sachant qu'aujourd'hui,
00:15:03le transport, c'est le moteur de l'économie.
00:15:05Et on peut le voir,
00:15:06en Alsace, il n'y a pas d'eau,
00:15:08le Rhin est bas, il n'y a plus de péniche.
00:15:10Qu'est-ce qui emmène les conteneurs ?
00:15:11Le camion.
00:15:13Je veux dire, au niveau cheminot,
00:15:18je veux dire, les trains,
00:15:19on veut mettre des camions sur les trains.
00:15:21Aujourd'hui, il fait chaud,
00:15:23ça risque de dérailler.
00:15:24Je veux dire, aujourd'hui,
00:15:26on coupe des câbles,
00:15:27le train ne passe plus.
00:15:28Au niveau de la mer,
00:15:29on a le problème des conteneurs.
00:15:31Au niveau aérien,
00:15:33quand l'avion,
00:15:34le kérosène coûte trop cher,
00:15:35il est trop taxe,
00:15:36on arrête de faire voler un avion.
00:15:38Aujourd'hui, le moteur de l'économie,
00:15:40il neige, il pleut, il vente.
00:15:42Le camion est toujours là.
00:15:45Allez-y, je vous en prie,
00:15:46Thomas Pellerin-Carlin.
00:15:48Déjà, merci beaucoup, David,
00:15:49pour votre témoignage.
00:15:50Et effectivement,
00:15:51vous soulignez que le transport,
00:15:53en règle générale,
00:15:53y compris le transport routier,
00:15:54c'est un peu le système sanguin
00:15:55de notre économie.
00:15:56Tout ce qu'on mange, par exemple,
00:15:58tous les objets de notre quotidien
00:15:59ont été très souvent transportés
00:16:02par voie maritime,
00:16:03par voie ferroviaire,
00:16:03mais aussi par camion.
00:16:06En France, on n'a pas de pétrole,
00:16:07mais on a l'électricité.
00:16:09Et on sait aujourd'hui déjà
00:16:10que beaucoup de camions
00:16:11sont moins chers
00:16:12quand on a des camions électriques
00:16:14par rapport aux camions à pétrole.
00:16:16Évidemment,
00:16:16quand on ne regarde pas simplement
00:16:17le prix d'achat,
00:16:18parce que le camion électrique
00:16:19est plus cher à l'achat,
00:16:20mais rouler à l'électrique,
00:16:22ça coûte à peu près
00:16:23trois fois, quatre fois moins cher.
00:16:24Et donc, le défi qu'on a,
00:16:26c'est comment est-ce qu'on est capable
00:16:26d'investir,
00:16:27nous tous en France,
00:16:29pour devenir enfin propriétaire
00:16:30de notre système énergétique.
00:16:32Parce qu'aujourd'hui,
00:16:32quand on dépend du pétrole
00:16:33et du gaz,
00:16:34c'est les deux tiers
00:16:34de notre énergie,
00:16:35en fait, on est locataire.
00:16:37Chaque semaine,
00:16:38nous, Français,
00:16:38on paye 1 à 2 milliards d'euros
00:16:40qui va partir dans les poches
00:16:42de Donald Trump
00:16:43ou Vladimir Poutine
00:16:44parce que c'est eux
00:16:44qui possèdent le pétrole
00:16:46et le gaz.
00:16:47Une fois qu'on est passé à l'électricité,
00:16:48on a des vrais gains
00:16:49de pouvoir d'achat
00:16:49et donc, pour vous,
00:16:50des coûts de production
00:16:51de votre entreprise.
00:16:52Et en plus,
00:16:53cet argent-là,
00:16:53il reste chez nous.
00:16:54La difficulté
00:16:55qu'a probablement
00:16:56votre entreprise,
00:16:56en tout cas,
00:16:57les transporteurs routiers
00:16:58de chez moi en Normandie
00:16:59quand je parlais avec eux,
00:17:00ils me disent
00:17:00mais nous, en fait,
00:17:01on a très peu de marge.
00:17:02Donc, on a de très,
00:17:03très grandes difficultés
00:17:03à investir.
00:17:05Et donc là,
00:17:05pour les transporteurs routiers,
00:17:06il faut une véritable aide
00:17:07à l'investissement
00:17:08pour que vous puissiez
00:17:09maintenant acquérir
00:17:10les camions électriques
00:17:12qui sont rentables.
00:17:14On voit déjà une évolution.
00:17:16À côté de chez moi,
00:17:17il y a l'usine Renault Trucks
00:17:18de Blainville-sur-Orne
00:17:19qui fabrique des camions.
00:17:21Il fabrique,
00:17:21c'est la première usine en Europe
00:17:22qui a fabriqué
00:17:23des camions électriques en série.
00:17:24Il voit la demande qui augmente.
00:17:25Donc, ça veut dire
00:17:26qu'il y a les entreprises
00:17:27qui ont les moyens d'investir.
00:17:28La question, c'est
00:17:29comment est-ce qu'on fait en sorte
00:17:29que toutes les entreprises,
00:17:31tous les transporteurs routiers
00:17:32aient les moyens d'investir
00:17:33pour commencer par peut-être
00:17:34deux camions
00:17:35puisque vous avez 19 véhicules
00:17:36et arriver petit à petit.
00:17:38Ça, c'est vraiment la solution
00:17:40pour aider dans la crise présente
00:17:42mais surtout pour éviter
00:17:43qu'on soit à nouveau
00:17:44dans cette situation-là
00:17:45parce que cette situation-là dure
00:17:47mais j'imagine
00:17:48que vous avez le même problème
00:17:49il y a quatre ans
00:17:49lorsqu'il y a eu la hausse
00:17:50des prix du pétrole en 2022.
00:17:51Vous avez songé, David,
00:17:52à l'électrification de votre parc ?
00:17:54Alors, je suis sur un sujet
00:17:55et effectivement,
00:17:57on est en plein dedans.
00:17:58Alors, je suis sur le sujet
00:18:00donc avec une marque.
00:18:01Voilà, on a deux marques
00:18:03qui sont venues
00:18:04nous proposer des véhicules électriques.
00:18:06Alors, je suis le premier
00:18:08si je peux ou si je pourrais le faire,
00:18:11je serais le premier
00:18:11à vouloir mettre en œuvre
00:18:13un camion électrique
00:18:14pour plusieurs raisons.
00:18:15Première, effectivement,
00:18:17un coût.
00:18:18Je vais dire le coût de l'entretien
00:18:19en train d'augmenter les vidanges.
00:18:22On est tous d'accord.
00:18:23Attendez, je pose la question
00:18:24à Raphaël Schellenberger
00:18:25parce qu'il se trouve
00:18:26que vous avez remis cet été
00:18:27un rapport
00:18:28sur l'électrification
00:18:29de l'industrie française.
00:18:31Est-ce que, d'abord,
00:18:32il y a un coût d'entretien
00:18:33sur le parc électrique
00:18:34d'une entreprise
00:18:35de poids lourds
00:18:35de transport routier
00:18:36qui est plus important
00:18:37qu'un coût d'entretien thermique ?
00:18:39Alors, les véhicules,
00:18:40les coûts d'entretien
00:18:41et d'exploitation
00:18:42sont plus faibles
00:18:42sur l'électricité
00:18:43mais ce n'est pas pour ça
00:18:43qu'il n'y a pas des défis
00:18:44et que la solution
00:18:45elle est immédiatement disponible.
00:18:47D'abord, pendant longtemps,
00:18:48on s'est posé la question
00:18:49de savoir quelle serait
00:18:50la technologie
00:18:51de la décarbonation
00:18:53du transport lourd.
00:18:55Il y a eu, pendant un certain temps,
00:18:57une compétition
00:18:57entre l'électricité et l'hydrogène
00:18:59parce que les technologies
00:18:59elles n'étaient pas forcément
00:19:00matures ou disponibles.
00:19:02Aujourd'hui, on sait
00:19:02que le transport lourd
00:19:04ce sera de l'électricité
00:19:06parce que la batterie,
00:19:07le prix des batteries
00:19:08est en train de s'effondrer,
00:19:09la performance des batteries
00:19:10est en train de faire
00:19:11des choses assez exceptionnelles.
00:19:13Mais comme vous dites,
00:19:14c'est en train,
00:19:14donc c'est tentant
00:19:15de se dire
00:19:15on va encore attendre un peu.
00:19:16Alors, il y a deux choses.
00:19:17C'est-à-dire que, un,
00:19:18les technologies, elles arrivent.
00:19:19Alors, évidemment,
00:19:20les premiers à acheter des camions,
00:19:22ils vont les payer
00:19:22un peu plus cher
00:19:23que ceux qui les achèteront
00:19:24dans cinq ans
00:19:24parce que ça aura été industrialisé.
00:19:26Mais dans cinq ans,
00:19:27il n'y aura plus des subventions
00:19:27qu'on va imaginer au départ.
00:19:29Mais surtout,
00:19:30notamment dans la situation de David,
00:19:32on a un sujet d'infrastructure.
00:19:34C'est-à-dire qu'il faut pouvoir
00:19:35remplir d'électricité son camion.
00:19:37Et quand c'est au dépôt,
00:19:38quand il y en a un,
00:19:39ça peut aller.
00:19:40Quand il y en a deux,
00:19:41il faut commencer
00:19:42à rééquiper le dépôt.
00:19:43Et puis, quand on fait,
00:19:44comme David,
00:19:44du transport international,
00:19:46c'est-à-dire sur des longues distances,
00:19:48le camion ne rentre pas
00:19:48au dépôt le soir.
00:19:49Donc, il faut des infrastructures,
00:19:52alors, publiques, privées, mutualisées,
00:19:54tout ça, c'est à construire,
00:19:55mais qui existent partout.
00:19:55Donc, le transport,
00:19:57il va s'électrifier,
00:19:58c'est certain,
00:20:00mais il va commencer
00:20:00par le cabotage,
00:20:02par les allers-retours.
00:20:04On aime bien des collègues
00:20:05de David
00:20:05qui font des allers-retours
00:20:06sur la vallée du Rhône,
00:20:08par exemple,
00:20:08des choses comme ça.
00:20:09Mais par contre,
00:20:10sur le transport international,
00:20:11ça viendra,
00:20:12mais dans un deuxième temps.
00:20:13– Oui, ce n'est pas tout de suite.
00:20:14Grégory Carré,
00:20:15vous vouliez ajouter quelque chose ?
00:20:16– Non, alors,
00:20:17l'électrification
00:20:18de la mobilité
00:20:21comme de l'hébergement,
00:20:22c'est effectivement
00:20:22la réponse à long terme.
00:20:24En revanche,
00:20:25quand on interroge
00:20:26les consommateurs,
00:20:27c'est des solutions
00:20:29à très court terme
00:20:29sur lesquelles
00:20:30ils nous interrogent.
00:20:31Donc, quand on teste
00:20:32les différentes possibilités
00:20:35pour essayer
00:20:35de réduire la facture,
00:20:37alors, eux,
00:20:38ce qu'ils mettent en place,
00:20:39c'est ce que vous avez expliqué,
00:20:40c'est-à-dire qu'ils font
00:20:42des demi-pleins,
00:20:43ils réduisent au maximum
00:20:45le déplacement,
00:20:45quitte à renoncer
00:20:47à pas mal de consommation.
00:20:49Et ce qu'ils appellent
00:20:50de leur vœu
00:20:51au niveau des pouvoirs publics,
00:20:52je me fais le porte-voix,
00:20:53mais ce serait mieux
00:20:54que ce soit vous
00:20:54qui l'expliquez,
00:20:55c'est une baisse des taxes.
00:20:56Il n'y a pas…
00:20:57Voilà, l'électrification,
00:20:58l'aide à l'achat
00:21:00d'un véhicule électrique,
00:21:01les consommateurs
00:21:02le voient très tard.
00:21:04Dans un second temps,
00:21:05l'année prochaine éventuellement,
00:21:06plus tard.
00:21:06Surtout qu'il y a
00:21:07deux problématiques quand même.
00:21:09On a une très forte réduction
00:21:10de l'achat de véhicules neufs
00:21:11depuis des années,
00:21:12parce que les véhicules neufs
00:21:13sont très chers,
00:21:14y compris les thermiques,
00:21:15et que ça reste réservé
00:21:16à des gens
00:21:17qui ont plutôt les moyens.
00:21:18Et même le parc électrique
00:21:20aujourd'hui,
00:21:20on voit qu'il y a
00:21:21de plus en plus
00:21:21de voitures électriques achetées,
00:21:22mais ce n'est pas malheureusement
00:21:23ceux qui en ont le plus besoin.
00:21:27de société.
00:21:28Luc, je voudrais
00:21:29que vous preniez un micro,
00:21:30parce que Luc,
00:21:31vous êtes un peu
00:21:32dans la même panade
00:21:32que David.
00:21:33Vous êtes dépanneur
00:21:34et garagiste.
00:21:36Vous aussi,
00:21:37vous avez des camions.
00:21:38D'abord, j'ai une question pratique.
00:21:39Est-ce que vous dépannez
00:21:40plus de voitures en ce moment
00:21:41parce qu'elles tombent
00:21:42en panne d'essence
00:21:42parce qu'elles roulaient
00:21:43sur la réserve ?
00:21:43Non, non, non.
00:21:44Pour l'instant, non.
00:21:45On n'en est pas là.
00:21:46On n'en est pas là.
00:21:47On a moins de travail
00:21:48effectivement à l'atelier.
00:21:50On voit que les gens
00:21:52doivent éviter
00:21:52de rouler avec leur voiture.
00:21:54Alors, il y a le covoiturage
00:21:55ou le télétravail.
00:21:57Mais en dépannage,
00:21:59non, en dépannage,
00:21:59ça roule encore
00:22:00et on travaille encore.
00:22:04Et vos camions
00:22:05roulent à l'essence.
00:22:07Vous l'avez mesuré,
00:22:08vous aussi,
00:22:08l'impact sur votre trésorerie ?
00:22:09Oui, moi, je suis
00:22:10beaucoup moins,
00:22:11mais moi, je suis à
00:22:132000 euros à peu près
00:22:14de gasoil supplémentaire
00:22:16tous les mois.
00:22:16Tous les mois.
00:22:17Vous n'avez pas droit
00:22:18non plus aux aides
00:22:19gros rouleurs.
00:22:19On n'a aucune aide.
00:22:20Et le problème
00:22:21qu'on a, nous,
00:22:21c'est qu'on travaille
00:22:25pour des sociétés
00:22:26d'assistance automobile.
00:22:29Certains de mes collègues
00:22:30travaillent pour l'État,
00:22:32enfin, pour les fourrières,
00:22:32etc.
00:22:33Et tous ces tarifs-là
00:22:34sont des tarifs imposés
00:22:36et il n'y a rien qui a...
00:22:36Qui n'ont pas été révisés
00:22:37après la hausse
00:22:38des prix de l'essence ?
00:22:39Non, non.
00:22:39Donc, pourquoi vous travaillez
00:22:40à perte ?
00:22:40On travaille à perte,
00:22:41là, en ce moment.
00:22:42Vraiment ?
00:22:42Donc là, oui, oui.
00:22:43Là, c'est très grave.
00:22:44Et j'imagine que vous n'avez
00:22:45pas le droit
00:22:46de refuser un remorquage ?
00:22:47Ben si, on peut refuser
00:22:48les dépannages.
00:22:49C'est déjà ce qui se passe,
00:22:50déjà, parce qu'on trie nos missions.
00:22:53Avant, on prenait
00:22:54toutes les missions.
00:22:55Voilà, on ne réchipotait pas.
00:22:57Maintenant, quand il faut que...
00:22:58Alors, moi, je suis en banlieue
00:22:59sud de Paris.
00:22:59S'il faut que j'aille
00:23:00en banlieue nord,
00:23:01je dis non, je n'y vais pas
00:23:02parce qu'en fait,
00:23:04je vais passer 4 heures
00:23:05à traverser la région parisienne
00:23:08pour...
00:23:09J'ai un exemple,
00:23:10une voiture qu'on m'a proposée
00:23:11il y a quelques jours
00:23:13pour 180 euros hors taxe.
00:23:15Donc, 4 heures, 180 euros,
00:23:17ça fait 45 euros de l'heure.
00:23:18Quand on regarde le prix
00:23:21du salarié,
00:23:22le coût du camion,
00:23:23les charges,
00:23:23le gasoil, etc.,
00:23:25on perd de l'argent.
00:23:26Donc, non seulement,
00:23:27on n'en gagne pas,
00:23:28mais là, on en perd.
00:23:29Et il n'y a aucun moyen
00:23:30de répercuter la hausse
00:23:31sur le forfait de remorquage ?
00:23:33On est en train d'essayer
00:23:34de discuter avec les...
00:23:35Alors, nous,
00:23:36on travaille beaucoup
00:23:37avec les sociétés d'assistance
00:23:38qui dépendent des assurances,
00:23:39enfin, dont les administrateurs
00:23:40sont les assurances.
00:23:43Et, en fait,
00:23:44pour l'instant,
00:23:45ils ne sont pas préoccupés
00:23:47par nos demandes, quoi, en fait.
00:23:49Posez les questions
00:23:50que vous voulez aux élus.
00:23:52c'était que,
00:23:52est-ce que vous auriez, vous,
00:23:54la possibilité,
00:23:54en tant que député,
00:23:55à nous aider
00:23:56à mettre en place
00:23:58une étude indépendante
00:24:02pour fixer,
00:24:04un peu,
00:24:05étudier un peu
00:24:06le prix de revient
00:24:07de notre métier
00:24:08et, surtout,
00:24:11les prix
00:24:11des missions d'assistance
00:24:13que les assisteurs
00:24:14nous proposent,
00:24:14puisqu'on n'est pas du tout...
00:24:18Un forfait 20 kilomètres,
00:24:20c'est 60 euros.
00:24:22Là, les dépanneurs
00:24:23sont tous
00:24:24en plein désespoir
00:24:26et là,
00:24:28on en est appelés au secours,
00:24:29puisque, vraiment,
00:24:30on est au bout du bout, quoi.
00:24:33Et beaucoup de mes collègues
00:24:33se posent la question
00:24:36s'ils vont tenir
00:24:37jusqu'à la fin de l'année,
00:24:38s'ils ne vont pas avoir
00:24:39des camions à vendre
00:24:39ou des salariés
00:24:40à licencier.
00:24:43Thomas Pellerin-Carlin,
00:24:44enfin,
00:24:45qui veut lui répondre ?
00:24:45Allez-y.
00:24:46En réalité,
00:24:47vous décrivez là
00:24:48un problème
00:24:48qui va toucher
00:24:49de plus en plus
00:24:50de professions
00:24:51dès qu'elles sont
00:24:52dans une situation
00:24:53où elles appliquent
00:24:55des tarifs régulés.
00:24:55On parlera tout à l'heure
00:24:56des professions libérales,
00:24:57du soin, j'imagine.
00:24:59C'est la même situation
00:25:00à partir du moment
00:25:00où c'est l'État
00:25:01qui fixe le tarif.
00:25:03Une fois par an,
00:25:04dans le projet
00:25:04de loi de finances,
00:25:05qu'en plus,
00:25:07concernant le soin,
00:25:08il y a la nécessité
00:25:09de tenir la dépense
00:25:10de santé ou sociale.
00:25:12Là, en l'occurrence,
00:25:14on va avoir du mal
00:25:15quand il y a une crise
00:25:16qui vient à répercuter
00:25:18les coûts
00:25:18dans les prix.
00:25:21Votre mécanisme,
00:25:23il fait appel
00:25:23à autre chose.
00:25:24Je ne suis pas
00:25:25complètement certain
00:25:26que ce soit l'État
00:25:26qui fixe vos tarifs,
00:25:27mais c'est finalement...
00:25:29Les tarifs de fourrière,
00:25:30c'est l'État.
00:25:30Les tarifs de fourrière,
00:25:31mais...
00:25:32Mais pas les autres.
00:25:32Les autres,
00:25:33c'est les compagnies
00:25:34d'assurance entre elles
00:25:35qui ont du mal
00:25:36à actualiser
00:25:38parce qu'elles attendent
00:25:40la révision annuelle
00:25:41de l'équilibre
00:25:42des risques.
00:25:44Vous l'avez décrit
00:25:45vous-même,
00:25:45vous travaillez un peu moins
00:25:46parce que les gens
00:25:46roulent moins,
00:25:47donc il y a moins
00:25:48d'accidents,
00:25:48donc il y a moins
00:25:50de dépannages.
00:25:51Les assurances,
00:25:52elles vont récupérer
00:25:53un petit peu là-dessus,
00:25:54elles vont pouvoir
00:25:54le répercuter.
00:25:55Mais le problème,
00:25:56c'est que la vitesse
00:25:57à laquelle les coûts
00:25:59de l'énergie augmentent,
00:26:01elle n'est pas du tout
00:26:02en adéquation
00:26:03avec la vitesse
00:26:05avec laquelle
00:26:05le système se régule.
00:26:08Et dans votre cas précis,
00:26:09c'est particulièrement frustrant
00:26:10parce qu'en réalité,
00:26:11c'est hors action
00:26:12de l'État.
00:26:14C'est des sujets contractuels.
00:26:16Oui, alors j'ai fait
00:26:17une petite étude
00:26:18entre 2014, 2015
00:26:20et 2026.
00:26:22Les tarifs,
00:26:23ils ont augmenté de 12%
00:26:24alors que l'inflation,
00:26:25elle était de 23%.
00:26:26Donc ça n'a même pas
00:26:27suivi l'inflation.
00:26:28On n'a même pas
00:26:30régulièrement
00:26:30des augmentations
00:26:32qui nous permettent
00:26:33de se dire,
00:26:33tiens, là on va gagner
00:26:34de l'argent.
00:26:34Enfin, on ne va même pas
00:26:36gagner de l'argent,
00:26:36c'est vivre.
00:26:37Là, on est à un point
00:26:38où là maintenant,
00:26:39j'ai plein de collègues
00:26:40qui, en fait,
00:26:41ce n'est pas qu'on ne gagne
00:26:42pas d'argent.
00:26:43C'est que là,
00:26:44en ce moment,
00:26:44on perd de l'argent.
00:26:46Donc c'est vrai
00:26:46que c'est travailler
00:26:49en perdant de l'argent.
00:26:51On parlait de l'État.
00:26:52Alors il y a peut-être
00:26:53quelque chose
00:26:53qui va desserrer
00:26:54un peu l'étau.
00:26:54Je le disais tout à l'heure,
00:26:55il y a une réunion d'urgence
00:26:56des dirigeants du G7
00:26:57qui s'est tenue
00:26:59cet après-midi.
00:27:00La Commission européenne
00:27:01avec des experts aussi
00:27:02de l'énergie des 27.
00:27:04Et Emmanuel Macron
00:27:06annonce que les pays
00:27:07du G7 vont libérer
00:27:08jusqu'à 100 millions
00:27:10de barils de diesel
00:27:11et de pétrole brut
00:27:13dans les 4 mois.
00:27:14Et il affirme
00:27:14que ça va faire
00:27:16baisser les prix.
00:27:18Grégory,
00:27:19d'abord,
00:27:21libérer
00:27:21100 millions de barils
00:27:23à la demande
00:27:24de Donald Trump,
00:27:25c'est ça ?
00:27:26Alors je ne sais pas
00:27:27qui est à l'initiative
00:27:28de cette demande,
00:27:29mais ce qui s'est passé
00:27:30depuis 6 mois,
00:27:32c'est effectivement
00:27:32d'abord
00:27:33une déclamée
00:27:34du pétrole
00:27:35parce qu'il était compliqué
00:27:37de le faire sortir
00:27:37du détroit d'Ormousse,
00:27:38donc on est allé chercher
00:27:39des pétroles
00:27:40un petit peu coûteux
00:27:41et puis il y a eu
00:27:42de la spéculation
00:27:43sur les marchés.
00:27:43Et donc ça a fait
00:27:45carrément décoller le prix.
00:27:46Le lendemain même
00:27:48du bombardement,
00:27:49le cours était déjà
00:27:50en train de s'enflammer.
00:27:51Et puis après,
00:27:51il y a un deuxième marché
00:27:52parce que le pétrole,
00:27:53il faut le raffiner.
00:27:54En France,
00:27:54on n'a plus beaucoup
00:27:55de raffinerie
00:27:56et de l'eau diesel,
00:27:57notamment qu'on avait
00:27:58l'habitude d'acheter
00:27:58d'abord en Russie
00:27:59puis après au Moyen-Orient,
00:28:01et bien là,
00:28:01il est venu à manquer.
00:28:02Et donc effectivement,
00:28:03il y a eu une grosse tension.
00:28:04Et dans l'augmentation
00:28:05du prix des carburants
00:28:06qu'on a observé
00:28:07depuis mars maintenant,
00:28:11c'est probablement
00:28:12ce niveau-là
00:28:12qui a le plus augmenté.
00:28:13Ce n'est pas le seul.
00:28:14Donc ce ne sera pas
00:28:14la seule réponse.
00:28:16Mais en tout cas,
00:28:16c'est vrai que c'est quasiment
00:28:1730 centimes qui s'expliquent,
00:28:1930, 35 qui s'expliquent
00:28:20par ces marges de raffinage
00:28:22qui ont augmenté,
00:28:2330 centimes de hausse.
00:28:25Mais ce ne sera pas
00:28:26la réponse unique
00:28:27parce que ce ne sera pas
00:28:28la réponse pour le gaz,
00:28:29ce ne sera pas la réponse
00:28:30pour le fioul.
00:28:31En tout cas,
00:28:31pour le pétrole brut,
00:28:32Thomas Pellerin-Cardin,
00:28:33quel est le mécanisme
00:28:34qui fait qu'en libérant
00:28:35100 millions de barils
00:28:37de diesel et de pétrole brut
00:28:38d'ici la fin de l'année,
00:28:40on fait baisser les prix ?
00:28:42Alors je suppose
00:28:43que dans la tête
00:28:45d'Emmanuel Macron,
00:28:46il pense que ça peut avoir
00:28:47un effet sur le prix.
00:28:49En théorie,
00:28:50oui, effectivement,
00:28:51si vous augmentez
00:28:51l'offre sur le marché
00:28:52et que cette offre
00:28:53ce soit de la production nouvelle
00:28:54ou que ça vienne des réserves,
00:28:55ça peut faire baisser le prix.
00:28:56Mais 100 millions de barils,
00:28:57c'est 0,2%
00:28:59de la consommation mondiale.
00:29:01Donc ce n'est pas en augmentant
00:29:02de 0,2%
00:29:05ce qui est disponible
00:29:06en moyenne annuelle
00:29:07qu'on va avoir
00:29:09un effondrement du prix.
00:29:10Il y a déjà eu des stocks
00:29:11qui ont été libérés
00:29:11au mois de mars
00:29:12de 400 millions.
00:29:14Donc c'est déjà quelque chose
00:29:15qui est en cours
00:29:16et qui a permis
00:29:17de contenir la hausse.
00:29:17On est d'accord
00:29:18qu'en mois de mars,
00:29:18c'était des stocks stratégiques ?
00:29:20C'est ça, tout à fait.
00:29:22Là où il faut faire
00:29:23très attention,
00:29:23c'est qu'il y a
00:29:24deux produits différents.
00:29:25Il y a le pétrole brut
00:29:27qui, pour l'instant,
00:29:28ne manquent pas trop.
00:29:29Ce qui nous manque,
00:29:29c'est le pétrole raffiné
00:29:30et notamment le diesel.
00:29:31Des stocks de diesel,
00:29:32on en a très, très peu.
00:29:34On en a très, très peu.
00:29:35Et le diesel,
00:29:36il est absolument essentiel
00:29:37pour notre armée
00:29:38et notamment l'armée de terre.
00:29:40Les chars, les camions,
00:29:41tout ça, ça ne fonctionne pas
00:29:43avec de l'électricité
00:29:44pour l'instant.
00:29:46Et donc du coup,
00:29:47il faut faire très attention,
00:29:48être extrêmement vigilant.
00:29:50On sait que Poutine
00:29:51est en train d'attendre
00:29:52un moment de faiblesse
00:29:53de notre part
00:29:53pour agresser l'OTAN,
00:29:55pour agresser l'Union européenne.
00:29:57On sait que le directeur
00:29:59de la CIA
00:30:00est allé récemment
00:30:01à Moscou,
00:30:01peut-être,
00:30:02pour prévenir
00:30:03Vladimir Poutine
00:30:04qu'il ne fallait pas
00:30:04envahir l'Union européenne.
00:30:06Poutine,
00:30:07il connaît l'importance
00:30:08des questions énergétiques
00:30:09dans les questions de guerre
00:30:10parce que tout le système russe
00:30:13dépend des énergies fossiles.
00:30:14Sans les énergies fossiles,
00:30:15la Russie serait un pays
00:30:17sans aucune économie
00:30:18et sans capacité
00:30:19à faire la guerre.
00:30:20Aujourd'hui,
00:30:21vouloir libérer
00:30:21des réserves stratégiques
00:30:22de diesel,
00:30:23dans le contexte
00:30:24géopolitique actuel,
00:30:25ça me semble être
00:30:26un risque sécuritaire
00:30:27démentiel,
00:30:28complètement démentiel.
00:30:30L'énergie
00:30:30est absolument vitale
00:30:32pour la souveraineté
00:30:33de nos sociétés,
00:30:34bien évidemment,
00:30:35mais en particulier
00:30:35pour l'efficacité
00:30:36opérationnelle
00:30:37de nos militaires.
00:30:38Moi,
00:30:39j'étais cette semaine
00:30:39avec un colonel
00:30:41de l'armée de terre
00:30:41qui est un des spécialistes
00:30:42de la sécurité énergétique
00:30:44et on était justement
00:30:45en train de travailler
00:30:45sur cette dimension
00:30:47essentielle de l'énergie.
00:30:48Et vous disiez quoi ?
00:30:49Il ne faut surtout pas
00:30:50toucher à ces stocks-là
00:30:51parce qu'il faut les réserver
00:30:52à l'armée ?
00:30:52Alors,
00:30:53le colonel était...
00:30:54On n'a pas abordé
00:30:55ce sujet-là
00:30:56et combien même
00:30:56on l'aura abordé...
00:30:57C'est lui la grande muette,
00:30:58ce n'est pas vous.
00:30:59Absolument,
00:30:59mais je respecte
00:31:00le secret là-dessus
00:31:02et j'ai moi-même eu l'honneur
00:31:03de servir dans l'armée de terre.
00:31:04Le point central là-dessus,
00:31:06c'est qu'il faut être
00:31:07très vigilant.
00:31:08Je découvre la politique
00:31:10depuis deux ans et demi,
00:31:11maintenant je commence
00:31:11à comprendre un peu
00:31:12comment ça se passe.
00:31:13Il y a beaucoup de professionnels
00:31:14de la politique
00:31:14qui cèdent à la panique.
00:31:16Là, il ne faut pas céder à la panique,
00:31:17il faut regarder la réalité en face.
00:31:19Et la réalité,
00:31:20c'est que la Russie
00:31:21d'admire Poutine
00:31:21attend le moindre signe
00:31:23de faiblesse de notre part
00:31:24pour nous agresser.
00:31:25Et donc du coup,
00:31:26libérer des stocks de diesel
00:31:28actuellement,
00:31:28c'est prendre un risque considérable.
00:31:31– Raphaël Schellenberger,
00:31:32est-ce que vous partagez
00:31:33l'inquiétude
00:31:33de votre collègue européen ?
00:31:35– Oui, en partie.
00:31:37Et encore une fois,
00:31:38on est sur une mesure
00:31:38qui, si elle détend un peu
00:31:40les marchés du pétrole
00:31:41et du gasoil,
00:31:42tant mieux,
00:31:43parce qu'il ne faut pas
00:31:44non plus négliger
00:31:45la situation dans laquelle
00:31:46se trouve aujourd'hui le pays
00:31:48et les consommateurs
00:31:50et la première capacité
00:31:51de résilience d'un pays,
00:31:53ça reste le moral des troupes,
00:31:55si je peux le dire.
00:31:56– Mais enfin là,
00:31:56ce que vous nous dites ce soir…
00:31:57– Et si on ne fait pas attention…
00:32:00– Je me tourne vers le public,
00:32:01mais c'est un peu dur.
00:32:02– Et si on ne fait pas attention
00:32:02à l'acceptation sociale
00:32:04de la situation,
00:32:05à la question du pouvoir d'achat,
00:32:07on va au droit
00:32:08d'autres problèmes.
00:32:09– Oui, c'est-à-dire
00:32:09qu'il y a deux urgences,
00:32:10il y a à la fois…
00:32:11– Mais il faut bien avoir en tête,
00:32:12et c'est là que je rejoins
00:32:13mon collègue européen,
00:32:14c'est-à-dire que c'est
00:32:15une compétition mondiale.
00:32:17Ce qui…
00:32:18Il y a deux facteurs
00:32:19qui ont agi ces derniers mois
00:32:20sur les cours du pétrole,
00:32:22c'est évidemment d'abord
00:32:24le facteur physique
00:32:25de la guerre
00:32:26dans le détroit d'Hormuz
00:32:27qui a dans un premier temps
00:32:29coupé les flux,
00:32:30dans un second temps
00:32:31détruit des moyens de production.
00:32:33On est en train…
00:32:34La guerre dans le détroit d'Hormuz
00:32:36est en train de détruire
00:32:37des moyens d'extraction
00:32:38et de raffinage du pétrole.
00:32:39C'est le cas aussi
00:32:40de la guerre en Ukraine
00:32:41et en Russie
00:32:42où de plus en plus
00:32:43les attaques se font
00:32:45sur des infrastructures énergétiques,
00:32:46ça veut dire
00:32:46sur nos capacités futures
00:32:48au niveau mondial
00:32:49à produire.
00:32:50Mais le deuxième effet
00:32:52qui a conduit
00:32:53à une explosion
00:32:54des cours internationaux,
00:32:56c'est l'attitude
00:32:57de la Chine.
00:32:58Parce qu'autant
00:32:59on a Donald Trump
00:33:00qui aujourd'hui
00:33:01commence à rechigner
00:33:02et à exporter
00:33:02une partie de sa production,
00:33:04enfin pour l'instant
00:33:04c'est l'exportation
00:33:06de produits pétroliers
00:33:07américains ou gaziers
00:33:09qui permettent
00:33:09de tenir les cours.
00:33:10Parce que de l'autre côté,
00:33:12la Chine,
00:33:12quand la guerre s'est déclarée,
00:33:14a commencé par rétracter,
00:33:16contracter sa consommation
00:33:17de produits pétroliers,
00:33:18ce qui a plutôt permis
00:33:20de maintenir les marchés,
00:33:22mais aujourd'hui
00:33:23elle s'est complètement lâchée
00:33:24et aujourd'hui
00:33:25force est de constater
00:33:26que les Chines
00:33:27ont les moyens
00:33:28d'acheter
00:33:29des énergies pétroliers
00:33:31chères
00:33:31sur les marchés mondiaux
00:33:32contrairement
00:33:33aux puissances européennes.
00:33:35Bon, on parlait
00:33:36au début de l'émission
00:33:37de nos vies rétrécies,
00:33:38il y a les sorties
00:33:39qu'on ne fait plus,
00:33:40les amis ou la famille
00:33:41qu'on va voir moins souvent,
00:33:42les petits plaisirs
00:33:43qui passent à l'as,
00:33:43on va continuer
00:33:44d'en parler avec vous
00:33:45et également
00:33:46avec ce reportage
00:33:46d'Hélène Bonduelle
00:33:47et Mathilde Boucher
00:33:48à Évreux.
00:33:53Chaque matin,
00:33:54une même file d'attente
00:33:55dans la station-service
00:33:56la moins chère
00:33:57à l'entrée
00:33:57de la ville d'Évreux
00:33:58et pourtant
00:33:59pas question
00:34:00de faire un plein complet.
00:34:01Je roule
00:34:02suivant le nécessaire,
00:34:04c'est-à-dire
00:34:05les courses,
00:34:06la santé,
00:34:07voilà.
00:34:08Nous nous rendons
00:34:09au marché Saint-Michel
00:34:11en ville.
00:34:12Ici,
00:34:13pas de superflu non plus.
00:34:15Une tranche de rôti
00:34:16de cuir,
00:34:17une petite s'il vous plaît.
00:34:19Dans ce quartier
00:34:20résidentiel,
00:34:21beaucoup de retraités
00:34:22comme Valérie
00:34:24qui délaissent
00:34:24régulièrement
00:34:25leur voiture.
00:34:26Je fais beaucoup
00:34:27de choses à pied,
00:34:28j'ai de la chance
00:34:28de pouvoir marcher.
00:34:30Vous avez changé
00:34:31vos habitudes ?
00:34:32J'ai changé
00:34:33mes habitudes,
00:34:33tout à fait.
00:34:34Par contre,
00:34:34je ne prends pas
00:34:35mes fruits,
00:34:35mes légumes.
00:34:37Je ne peux pas marcher.
00:34:38Je ne peux pas marcher.
00:34:39Je ne peux pas.
00:34:39Pourquoi ?
00:34:40Je ne peux pas.
00:34:40C'est trop cher.
00:34:42Voilà.
00:34:43Ça,
00:34:44c'est depuis
00:34:44que l'essence
00:34:44a augmenté aussi
00:34:45que vous dites
00:34:46qu'il faut faire des choses ?
00:34:46Les prix ont augmenté.
00:34:47Il n'y a pas que l'essence
00:34:48qui a augmenté,
00:34:49il faut quand même le dire.
00:34:50Il y a tout.
00:34:50Ça a fait boum.
00:34:52Voilà,
00:34:52c'est tout.
00:34:53D'ailleurs,
00:34:54ce mardi matin,
00:34:55il n'y a pas foule
00:34:56chez le primeur.
00:34:57Oui,
00:34:57beaucoup,
00:34:58beaucoup.
00:34:58Beaucoup moins de gens.
00:35:00On a dû perdre
00:35:01facilement entre 10 et 20 %.
00:35:03À la boulangerie voisine,
00:35:06est-ce qu'il vous faut
00:35:07autre chose ?
00:35:08Parfait.
00:35:09Le panier moyen
00:35:10aussi a diminué.
00:35:11Laetitia,
00:35:12la vendeuse
00:35:12le comprend d'autant plus
00:35:14qu'elle aussi
00:35:15a réduit son train de vie.
00:35:16Avec mon mari,
00:35:17on aime bien sortir,
00:35:19faire des salons,
00:35:20faire des concerts.
00:35:21On avait l'habitude
00:35:21d'aller un peu plus
00:35:22dans les villes
00:35:22aux alentours
00:35:23comme Rouen ou Paris.
00:35:24Ça restait quand même
00:35:25assez proche.
00:35:26Mais là,
00:35:27on est obligé d'arrêter.
00:35:28Même pour les amis,
00:35:29pour la famille,
00:35:30on les voit beaucoup moins.
00:35:31On a la chance quand même
00:35:32de pouvoir voir en visio,
00:35:34mais ce n'est pas pareil.
00:35:35Elle vit à 10 km
00:35:37de son travail,
00:35:38sans transport en commun.
00:35:39Alors aujourd'hui,
00:35:41comme chaque jour,
00:35:42elle ne rentrera pas
00:35:43chez elle
00:35:43pour ses 3 heures
00:35:44de coupure.
00:35:45Là,
00:35:45je vais juste
00:35:46me promener un petit peu,
00:35:47prendre l'air
00:35:48et après,
00:35:48je vais revenir en boutique,
00:35:49manger un petit bout
00:35:50et reprendre le travail après.
00:35:51Et d'habitude,
00:35:52vous ne faisiez pas ça ?
00:35:53Non, habituellement,
00:35:54je prenais la voiture
00:35:55et je rentrais me reposer
00:35:56à la maison.
00:35:57Et là,
00:35:58ce n'est pas possible ?
00:35:58Non,
00:35:59là,
00:35:59je préfère éviter.
00:36:00Pourquoi ?
00:36:01Ça m'économise un aller-retour
00:36:02et ce n'est pas négligeable
00:36:04sur la semaine.
00:36:05Laetitia économise
00:36:0640 euros par mois.
00:36:08De quoi réaliser
00:36:10un plein de courses.
00:36:13Il y a Catherine aussi
00:36:14parmi nous.
00:36:14Bonsoir Catherine.
00:36:15Prenez le micro
00:36:16de David.
00:36:18Alors,
00:36:19il y avait une boulangère
00:36:20dans ce reportage
00:36:21et vous êtes boulangère
00:36:22vous-même à Levallois-Péret
00:36:23près de Paris.
00:36:23Le renoncement
00:36:24au petit plaisir,
00:36:26vous le percevez
00:36:27chez vos clients ?
00:36:27Oui,
00:36:28on le perçoit
00:36:28surtout sur la pâtisserie.
00:36:30Le petit gâteau
00:36:31du dimanche,
00:36:32on y relance ?
00:36:32Le pain,
00:36:33l'admi-baguette
00:36:34plutôt qu'à d'acheter
00:36:34une baguette
00:36:36ou acheter
00:36:38l'effet plaisir
00:36:39n'existe plus.
00:36:40Les clients se justifient,
00:36:41vos clients habituels,
00:36:42ils vous disent
00:36:42bah...
00:36:43Oui,
00:36:43mais ils nous comprennent.
00:36:44Ils nous comprennent
00:36:45parce que déjà,
00:36:47on a un commerce
00:36:48de proximité.
00:36:49La boulangerie
00:36:49dans un village,
00:36:50dans une ville,
00:36:51dans un quartier,
00:36:51c'est quand même
00:36:52un élément essentiel
00:36:54et c'est tout le tissu social.
00:36:57On parle avec sa boulangère,
00:36:58nous on a un salon thé,
00:36:59les gens se posent,
00:37:00discutent
00:37:01et c'est vrai
00:37:02qu'on a pris
00:37:02plein fouet
00:37:03déjà en 2023.
00:37:05Alors,
00:37:05on nous a incité
00:37:06à passer à l'électrique,
00:37:08nous sommes passés
00:37:09à l'électrique.
00:37:10Les fours sont électriques
00:37:11dans votre boulangerie ?
00:37:12Tout est électrique,
00:37:12sauf qu'en 2022,
00:37:14nous avons eu
00:37:15500% d'augmentation.
00:37:17C'est-à-dire
00:37:18qu'en février,
00:37:19j'ai eu une facture
00:37:21de 25 000 euros
00:37:22qui correspondait
00:37:24à ce que j'avais payé
00:37:25l'année précédente
00:37:26pour l'année.
00:37:27Et on nous a dit
00:37:28« Ah, mais merveilleux ! »
00:37:30vous avez eu un amortisseur
00:37:31de 50%.
00:37:32Vous auriez dû payer
00:37:3350 000 euros.
00:37:34Mais comment ?
00:37:36C'est impossible.
00:37:37Si vous voulez,
00:37:38on sortait d'une période
00:37:39Covid
00:37:39où déjà,
00:37:41ça avait été très compliqué
00:37:42et on ne peut plus
00:37:44répercuter,
00:37:44nous,
00:37:45les hausses.
00:37:45Donc,
00:37:46ce qu'on veut,
00:37:47c'est être vigilant
00:37:47actuellement.
00:37:48Heureusement,
00:37:49nous avons une...
00:37:50Quand vous dites
00:37:50qu'on ne peut pas
00:37:51répercuter les hausses,
00:37:52par exemple,
00:37:52vous ne pouvez pas
00:37:53augmenter le prix
00:37:53de votre baguette de pain ?
00:37:54Non,
00:37:55et même sur les matières premières
00:37:56parce que,
00:37:57comme le dit monsieur,
00:37:58les transports,
00:37:59nous,
00:37:59nous fabriquons,
00:37:59nous sommes des artisans.
00:38:01Donc,
00:38:01les marchandises
00:38:01viennent de Rungis.
00:38:03Mais à un moment donné,
00:38:04nos fournisseurs,
00:38:05si le gasoil est beaucoup
00:38:07plus cher,
00:38:07ils sont obligés
00:38:08de répercuter
00:38:09sur les factures.
00:38:10Et là,
00:38:10vous avez déjà,
00:38:11par exemple,
00:38:11une hausse du prix
00:38:12de la farine
00:38:12que vous achetez ?
00:38:13Alors,
00:38:13pas pour l'instant,
00:38:15mais pour le mois prochain.
00:38:16Je vois Grégory Carré
00:38:17qui fait « hum ».
00:38:18On nous annonce
00:38:19avant la fin de l'année
00:38:20sur l'ensemble,
00:38:21pas uniquement la farine,
00:38:22mais sur l'ensemble
00:38:24de nos produits
00:38:25que nous achetons,
00:38:2620% d'augmentation.
00:38:27C'est ça,
00:38:28la fourchette,
00:38:29elle est bonne,
00:38:29Grégory Carré.
00:38:30C'est ça,
00:38:30le ruissellement
00:38:31sur l'économie
00:38:31dont je parlais tout à l'heure ?
00:38:32c'est un double ruissellement.
00:38:34On n'a toujours pas payé,
00:38:36on n'a toujours pas réglé
00:38:36la note de l'inflation
00:38:38de l'énergie
00:38:39dans l'alimentaire.
00:38:40Et c'est très important.
00:38:42Pourquoi on ne l'a pas payé ?
00:38:43En fait,
00:38:43alors par exemple,
00:38:43pour les grandes surfaces,
00:38:44les tarifs se négocient
00:38:45au mois de mars.
00:38:46Et donc,
00:38:51si bien que les agriculteurs
00:38:52ou les industriels
00:38:54ont dit
00:38:54mais nous,
00:38:54on n'a pas répercuté les hausses.
00:38:55Là,
00:38:56on commence à réouvrir
00:38:58les négociations
00:38:58et là,
00:38:59ils demandent
00:39:00des revalorisations
00:39:01assez sensibles.
00:39:01Ça,
00:39:02c'est la première couche.
00:39:03La deuxième couche,
00:39:03c'est ce qui s'est passé cet été.
00:39:05Cet été,
00:39:05on a eu quand même
00:39:06une canicule,
00:39:07sécheresse,
00:39:08canicule,
00:39:08surtout les plantes ont grillé.
00:39:09Comme nous,
00:39:10on a eu très chaud,
00:39:10les plantes aussi.
00:39:11Donc,
00:39:11des très mauvais rendements.
00:39:12De blé,
00:39:13notamment ?
00:39:13De blé,
00:39:14notamment.
00:39:15Et même,
00:39:16mortalité sur mortalité.
00:39:17Les génisses,
00:39:18vous savez,
00:39:18quand il fait très chaud,
00:39:19elles ont moins de lait.
00:39:20Donc,
00:39:20moins de veau.
00:39:20Ça veut dire qu'il y aura
00:39:21moins de viande,
00:39:22il y aura moins de lait.
00:39:23C'est comme pour le pétrole.
00:39:24Moins d'offres,
00:39:25une demande qui ne va pas bouger.
00:39:26On va malheureusement
00:39:27être confrontés
00:39:28à des hausses de prix
00:39:29pour le blé,
00:39:30le beurre,
00:39:31tout ce qui est produit laitier,
00:39:32tout ce qui est dérivé.
00:39:33Donc,
00:39:33vous allez avoir
00:39:34un effet qui va se cumuler
00:39:35l'un et l'autre.
00:39:36Et puis,
00:39:37l'effet sur le long terme,
00:39:38l'effet sur le long terme,
00:39:39vous l'avez dit,
00:39:40ça n'a pas commencé
00:39:41au mois de février.
00:39:42La baisse de pouvoir d'achat,
00:39:43elle est finalement
00:39:44sur le très long terme.
00:39:45Et quand on regarde
00:39:46ce qui s'est passé sur 20 ans,
00:39:47qu'est-ce qui s'est passé ?
00:39:49Nous,
00:39:49on a regardé les prix,
00:39:50on a regardé
00:39:50comment ça a évalué,
00:39:51on les a évalués
00:39:52en temps de travail.
00:39:53Par exemple,
00:39:53la baguette,
00:39:53en temps de travail,
00:39:54ça n'a pas significativement augmenté.
00:39:56Même si les gens,
00:39:56c'est un fantasme,
00:39:57on dit,
00:39:57la baguette,
00:39:58j'ai payé un franc.
00:39:59Personne n'a payé la baguette.
00:40:00Un franc,
00:40:00c'était dans les années 60.
00:40:01On a 8 centimes de marge,
00:40:02une baguette.
00:40:02Mais,
00:40:03en revanche,
00:40:05il y a plein de choses
00:40:06qui ont augmenté.
00:40:06Les assurances,
00:40:07on l'a dit.
00:40:07Le logement.
00:40:10Il y a 20 ans,
00:40:11on n'avait pas ça.
00:40:12Les téléphones,
00:40:13quand vous avez une famille,
00:40:14les abonnements,
00:40:14tout ça.
00:40:15Et finalement,
00:40:16notre reste à vivre,
00:40:17les dépenses arbitrables,
00:40:18c'est réduit à peau de chagrin.
00:40:20Et donc,
00:40:20l'INSEE dit,
00:40:21vous n'avez pas perdu
00:40:21en pouvoir d'achat.
00:40:22On n'a pas perdu en pouvoir d'achat,
00:40:24malgré tout,
00:40:25ce sur quoi maintenant
00:40:25on peut aller arbitrer,
00:40:26ça s'est réduit à peau de chagrin.
00:40:28Et il reste quoi ?
00:40:29Effectivement,
00:40:30les loisirs,
00:40:30mais les loisirs,
00:40:32tous les loisirs,
00:40:33c'est-à-dire que les gens
00:40:34sont en train de renier
00:40:34sur tous les loisirs.
00:40:35Et j'entendais,
00:40:36c'était Luc qui parlait
00:40:38du télétravail,
00:40:39etc.
00:40:39Nous,
00:40:39on a fait une enquête,
00:40:40il y a des gens qui nous disent
00:40:41je perds de l'argent
00:40:42dans le travail,
00:40:43je me mets en arrêt maladie.
00:40:44En arrêt maladie,
00:40:45Je me mets en arrêt maladie,
00:40:46parce que je n'ai pas le choix.
00:40:47Bien sûr,
00:40:48le télétravail,
00:40:48tout le monde ne peut pas le faire.
00:40:49Et donc,
00:40:49il y a des gens,
00:40:50en prenant leur voiture,
00:40:51ça va leur coûter
00:40:52beaucoup plus cher.
00:40:53Donc ça,
00:40:54c'est vraiment
00:40:54cette inflation de l'énergie
00:40:56tout à fait récente,
00:40:57elle est venue heurter
00:40:59une problématique de fond
00:41:00qui est finalement
00:41:00quelque chose
00:41:01qu'on avait depuis 20 ans.
00:41:02Je vous voyais,
00:41:02Thomas Pellerin-Carlin,
00:41:03écouter Catherine
00:41:05en opinant du chef.
00:41:08On a l'impression aussi
00:41:09quand on écoute Catherine
00:41:10et quand on écoute Grégory
00:41:10que ce n'est que le début.
00:41:13Oui,
00:41:14effectivement,
00:41:14si on prend
00:41:15cette crise du pouvoir d'achat
00:41:16dont vous parlez,
00:41:17ça fait des années
00:41:17qu'elle est là.
00:41:19Moi,
00:41:19je me souviens,
00:41:20il y a 10 ans,
00:41:21Emmanuel Macron
00:41:22nous promettait
00:41:22une nouvelle approche économique,
00:41:24la théorie du ruissellement.
00:41:25On allait baisser
00:41:26les impôts pour les riches
00:41:27et ça allait permettre
00:41:28aux travailleurs
00:41:29de gagner plus d'argent.
00:41:30Bah,
00:41:30baisser les impôts pour les riches,
00:41:31il l'a fait.
00:41:32Enfin,
00:41:32je veux dire,
00:41:33on a perdu depuis 10 ans
00:41:3360 milliards d'euros
00:41:35juste avec la suppression
00:41:36de l'impôt sur les grandes fortunes.
00:41:38Et je ne parle même pas
00:41:38de l'absence de lutte
00:41:39contre l'évasion fiscale,
00:41:40etc.
00:41:41Et ce qu'on voit,
00:41:42c'est que,
00:41:42bah oui,
00:41:42les riches sont devenus plus riches.
00:41:44Bernard Arnault,
00:41:44il se porte très bien.
00:41:45Madame Bettencourt,
00:41:46qui n'a jamais travaillé de sa vie
00:41:47et qui est quand même milliardaire,
00:41:48aussi.
00:41:49Et les travailleurs
00:41:50galèrent de plus en plus.
00:41:51Mais comment augmenter
00:41:52nos salariés ?
00:41:53Ils ont besoin,
00:41:54on a besoin d'augmenter
00:41:55les salaires.
00:41:56Mais comment les augmenter
00:41:57alors qu'on n'a aucune marge
00:41:58de manœuvre
00:41:58et que nos trésoriers
00:41:59sont exsangues ?
00:42:00Il faut une politique globale.
00:42:01Par exemple,
00:42:02pour faire face
00:42:03aux problèmes de pouvoir d'achat
00:42:04liés aux questions
00:42:05des énergies fossiles
00:42:06aujourd'hui,
00:42:06ce qu'on propose
00:42:07avec Raphaël Glucksmann,
00:42:08c'est un chèque énergie
00:42:09qui soit à la hauteur
00:42:10de l'enjeu.
00:42:10C'est-à-dire que pour les 6 millions
00:42:12de Français
00:42:12qui galèrent le plus,
00:42:13on leur donne tout de suite,
00:42:14immédiatement,
00:42:15500 euros.
00:42:16Et pour 10 millions
00:42:17de Français
00:42:18qui galèrent aussi,
00:42:19on leur donne 200 euros.
00:42:20Donc comme ça,
00:42:21on aide 16 millions de Français.
00:42:22Combien ça coûte tout ça ?
00:42:23Ça coûte 4 milliards.
00:42:254 milliards,
00:42:25c'est un demi-ISF.
00:42:27Voilà.
00:42:28Par ailleurs,
00:42:29la manière dont on veut
00:42:29financer ça,
00:42:30c'est par la taxation
00:42:31des super profits.
00:42:32Parce que vous désiez au début
00:42:33que les entreprises
00:42:34ragnent sur leur marge.
00:42:35C'est le cas de la vôtre.
00:42:35C'est le cas de la vôtre.
00:42:36C'est le cas de la vôtre.
00:42:37Ici, on a 3 entreprises
00:42:38qui ragnent sur leur marge.
00:42:39Mais il y a des entreprises
00:42:40qui ne ragnent pas
00:42:40sur leur marge du tout.
00:42:41Qui au contraire,
00:42:42se goinfre.
00:42:44Tout le monde parle
00:42:44de Total Energy
00:42:45parce que c'est l'entreprise
00:42:46la plus connue en France.
00:42:47Mais c'est tous les producteurs
00:42:48pétroliers et gaziers
00:42:48qui se goinfre aujourd'hui.
00:42:50La France, imaginez,
00:42:51la France, en ce moment,
00:42:52au deuxième trimestre
00:42:53de cette année,
00:42:54c'est le numéro 2 mondial
00:42:57de la quantité de dividendes
00:42:59donnée à leurs actionnaires.
00:43:00Numéro 1, les États-Unis.
00:43:01Numéro 2, la France.
00:43:02Devant l'Allemagne.
00:43:03Devant la Chine.
00:43:04Devant l'Inde.
00:43:05Donc il faut une taxation
00:43:06des super-profits.
00:43:07Cette taxation des super-profits
00:43:08qui concerne évidemment Total,
00:43:10elle peut arriver
00:43:11au niveau européen.
00:43:12Aujourd'hui, au niveau européen,
00:43:13nos camarades socialistes espagnols
00:43:14sont pour.
00:43:15On a réussi à convaincre,
00:43:16avec ma collègue Oraluc,
00:43:17on a réussi à convaincre
00:43:18la droite allemande
00:43:19de nous rejoindre.
00:43:20Qui bloque ?
00:43:21Emmanuel Macron.
00:43:23Alors peut-être
00:43:24qu'il passe beaucoup de temps
00:43:24à dîner avec Patrick Pouyanné,
00:43:25le PDG de Total.
00:43:26Peut-être que ça influence
00:43:27son point de vue politique.
00:43:28Là, vous ne répondez pas à Catherine.
00:43:30Vous faites vraiment de la politique.
00:43:32Parce que, si,
00:43:32pourquoi je vous réponds ?
00:43:33Est-ce que vous êtes prêts
00:43:35à aider les TPE ?
00:43:36Parce que moi,
00:43:36en écoutant les programmes
00:43:37de tout le monde,
00:43:38de tous les partis,
00:43:40jamais on ne parle des TPE.
00:43:42Et donc,
00:43:43est-ce que vous avez,
00:43:45vous allez aider
00:43:45les TPE
00:43:46à augmenter,
00:43:49qu'on puisse augmenter
00:43:50les salaires
00:43:51de nos ouvriers
00:43:52pour qu'ils puissent
00:43:54reconsommer
00:43:54et relancer l'économie ?
00:43:56C'est quoi le levier
00:43:57pour Catherine ?
00:43:58Peut-être qu'on va donner
00:43:59le bâton de parole
00:44:00à Raphaël Schellenberger.
00:44:01Le lien entre...
00:44:02Oui, mais alors,
00:44:02vous vous engagez à faire court.
00:44:03Très bien.
00:44:04Taxation des super profits,
00:44:05ça nous permet de donner
00:44:06entre 200 et 500 euros
00:44:08à 16 millions de personnes.
00:44:09Je suis sûr qu'il y a
00:44:09plusieurs de vos salariés
00:44:10au moins qui seraient
00:44:11concernés par ça.
00:44:12Deuxième volet,
00:44:13qui est une réforme fiscale
00:44:14qui n'est pas spécifique
00:44:14à l'énergie.
00:44:15On taxe les méga-héritages,
00:44:16les gens qui reçoivent
00:44:17plus de 200 millions d'euros
00:44:18d'héritages.
00:44:19Et ça nous permet
00:44:20de baisser un autre impôt
00:44:21qui est la CSG
00:44:22que payent vos salariés.
00:44:24Ce ne sera pas tout de suite,
00:44:25donc.
00:44:26Mais un salarié
00:44:27à qui on verse 2 000,
00:44:28il nous coûte 4 000.
00:44:29Voilà.
00:44:29C'est bien le sujet.
00:44:30C'est bien le sujet.
00:44:31Raphaël Schellenberger.
00:44:32Et organiser des grands...
00:44:33Enfin, organiser des grands mouvements
00:44:35où on fait d'abord
00:44:36de la dépense
00:44:36et puis ensuite,
00:44:37ça génère des recettes.
00:44:38C'est ce qu'on peut faire
00:44:39quand on a un peu de marge
00:44:41sur les finances publiques.
00:44:42On n'a plus de marge
00:44:42sur les finances publiques.
00:44:43On est à 3 000 milliards
00:44:44de dettes dans le pays.
00:44:46Donc, aujourd'hui,
00:44:47faire des promesses...
00:44:49On l'avait dit,
00:44:50je suis député non inscrit,
00:44:51faire des promesses
00:44:52dans la perspective
00:44:52de la présidentielle,
00:44:53ça n'est en rien,
00:44:54en rien,
00:44:55une réponse
00:44:55à ce que les Français
00:44:56vont traverser.
00:44:58Pas dans un mois.
00:44:59Maintenant.
00:45:00Traversent déjà.
00:45:01Et donc, l'urgence...
00:45:03Alors, malheureusement,
00:45:04le cycle des débats politiques,
00:45:06les règles de débats budgétaires
00:45:08font que c'est des débats annuels.
00:45:10C'est dans ce projet
00:45:10de loi de finances.
00:45:11Et dans ce projet
00:45:12de loi de finances,
00:45:13le seul vecteur
00:45:14sur lequel on peut agir,
00:45:15c'est la baisse des charges
00:45:16et disons salariales.
00:45:19Parce que ça,
00:45:19c'est sans rien faire
00:45:20tout de suite
00:45:21de l'argent
00:45:22qui est rendu
00:45:23aux travailleurs.
00:45:24C'est le meilleur vecteur
00:45:26pour redonner,
00:45:27je ne dirais pas,
00:45:28du pouvoir d'achat
00:45:29à date,
00:45:30juste de la capacité.
00:45:31Ce qui est intéressant,
00:45:32c'est qu'en attendant
00:45:33les débats budgétaires
00:45:34qui commenceront ici
00:45:35à l'Assemblée nationale
00:45:35le 13 octobre,
00:45:36il y a des élus locaux
00:45:37qui se mobilisent
00:45:38pour essayer d'aider
00:45:39et d'amortir
00:45:39la facture de leurs habitants.
00:45:41Je vous propose
00:45:42d'aller, tiens,
00:45:43à Côtebec-les-Elebeufs,
00:45:44c'est en Seine-Maritime.
00:45:45C'est près de Rouen.
00:45:46Bonsoir,
00:45:47Laurent Bonnater.
00:45:48Et merci d'être avec nous
00:45:49ce soir sur LCP.
00:45:51Vous êtes le maire
00:45:52horizon de Côtebec
00:45:55et vous proposez
00:45:56depuis quelques jours
00:45:57un coup de pouce
00:45:57pour faire le plein,
00:45:58une carte carburant
00:46:00prépayée
00:46:00de 80 euros
00:46:02aux habitants
00:46:03de votre commune
00:46:04qui en font la demande.
00:46:05Alors, quand même
00:46:05sous certaines conditions,
00:46:06lesquelles d'abord ?
00:46:08D'abord,
00:46:09on veut aider
00:46:10les gens qui travaillent.
00:46:11Notre objectif,
00:46:13c'est d'aider
00:46:13ceux qui n'ont pas le choix.
00:46:14On l'a vu dans le reportage
00:46:15que vous faisiez à Évreuil tout à l'heure.
00:46:16Il y a des retraités
00:46:18ou des gens
00:46:19qui sont inactifs
00:46:20qui peuvent s'organiser
00:46:21différemment
00:46:21dans leur journée quotidienne.
00:46:24Les gens qui travaillent,
00:46:24qui ont besoin de la voiture
00:46:25pour aller bosser,
00:46:26eux, ils n'ont pas le choix.
00:46:27Donc, le critère qu'on a mis,
00:46:28c'est d'être salarié.
00:46:30Alors, quel que soit
00:46:30le style de salarié,
00:46:31même les apprentis,
00:46:32on veut aider tout le monde.
00:46:33Et puis,
00:46:34qu'il y ait un minimum
00:46:34de distance,
00:46:35c'est-à-dire 15 km allée,
00:46:3715 km retour tous les jours
00:46:38pour que l'effort
00:46:40soit significatif.
00:46:41Et donc,
00:46:41sur cette base-là,
00:46:42et avec un plafond de ressources,
00:46:43évidemment,
00:46:44il ne s'agit pas
00:46:45d'aider les gens
00:46:45les plus aisés,
00:46:46mais on voulait être
00:46:47au-dessus du SMIC.
00:46:48On s'est mis nettement
00:46:48au-dessus du SMIC
00:46:49à 1 731 euros net
00:46:52pour une personne seule.
00:46:54On délivre
00:46:54cette carte carburant
00:46:57de 80 euros
00:46:58consommables tout de suite.
00:47:00Vous avez déjà
00:47:00beaucoup d'habitants
00:47:01qui ont fait la demande ?
00:47:0350.
00:47:04Pour une ville
00:47:05de 10 500 habitants,
00:47:05c'est pas mal.
00:47:06C'est un dispositif
00:47:07qu'on avait déjà mis en route
00:47:08il y a 4 ans,
00:47:09au moment de la première crise
00:47:10pétrolière,
00:47:11mais à l'époque,
00:47:11le gouvernement
00:47:12avait eu les moyens
00:47:12de plafonner
00:47:14le prix de l'essence,
00:47:15donc c'était moins massif.
00:47:16On en avait donné
00:47:17une trentaine à l'époque.
00:47:18Là, on a eu 50 demandes.
00:47:19Il y a eu évidemment
00:47:19quelques dossiers
00:47:20qui n'étaient pas éligibles
00:47:21pour des conditions
00:47:24de ressources
00:47:24ou des critères de distance.
00:47:27On en a déjà 35
00:47:28qui sont distribués.
00:47:29Ça va continuer à monter
00:47:30et on est ravis
00:47:30de pouvoir aider.
00:47:32On fait ça
00:47:32sans augmenter
00:47:33la fiscalité locale
00:47:34parce qu'on avait
00:47:35quelques petites parches
00:47:36de manœuvres.
00:47:36On sait que les collectivités
00:47:38locales sont à l'os.
00:47:39Vous allez chercher où
00:47:40l'argent pour financer
00:47:41ce coup de pouce ?
00:47:43Non seulement on est à l'os,
00:47:44mais en plus,
00:47:45on a des craintes nous-mêmes
00:47:45parce que l'augmentation
00:47:47de l'énergie,
00:47:48du carburant,
00:47:49il va nous toucher nous.
00:47:49Il nous touche déjà nous.
00:47:50On estime que cette année,
00:47:52rien que sur la fin d'année,
00:47:52on va dépenser 15% de plus
00:47:54d'essence
00:47:55pour nos propres véhicules,
00:47:56pour les véhicules
00:47:57des services techniques,
00:47:58tous les véhicules
00:47:59qui travaillent quotidiennement
00:48:01au service des habitants.
00:48:02Et puis, on va avoir sans doute
00:48:03cet hiver
00:48:04une charge de chauffage
00:48:05qui va être importante
00:48:06pour chauffer les écoles.
00:48:07Alors, il se trouve
00:48:08qu'on a un CCS
00:48:09qui est très actif,
00:48:10qui aide beaucoup
00:48:11les gens en difficulté.
00:48:12C'est un budget global
00:48:13d'environ 400 000 euros.
00:48:15Et sur ce budget global,
00:48:15on avait des aides facultatives.
00:48:17On a chaque année
00:48:17des aides facultatives.
00:48:18Et il se trouve qu'elles étaient
00:48:19sous-consommées cette année.
00:48:20On avait quelques milliers d'euros
00:48:21qui étaient disponibles là.
00:48:23Et donc, on les a mis
00:48:23à disposition des gens
00:48:24qui travaillent.
00:48:26Raphaël Schellenberger,
00:48:27alors il n'est pas du tout
00:48:28de Seine-Maritime.
00:48:29Lui, il est du Haut-Rhin,
00:48:29le député Raphaël Schellenberger
00:48:31qui fronce les sourcils
00:48:32en vous entendant
00:48:32parce que vous êtes jaloux.
00:48:34Ah non, j'ai 400 000 euros
00:48:35de CCS
00:48:36dans une commune
00:48:36de 2 500 habitants.
00:48:381 500, 10 500,
00:48:40monsieur le député.
00:48:41Ah, 10 500.
00:48:4110 500.
00:48:41J'ai mal compris, voilà.
00:48:42Voilà, c'était important.
00:48:43Nous sommes une grande commune
00:48:44urbaine au sud de Rouen.
00:48:46Juste à côté de Cléon
00:48:47où était votre voisin
00:48:49ce matin, je crois.
00:48:50Tout à fait.
00:48:51Bon, et alors,
00:48:52quel est l'esprit
00:48:54qui vous a guidé
00:48:55vers ce coup de pouce ?
00:48:56C'est-à-dire,
00:48:57vous aviez des habitants
00:48:58de votre ville
00:48:59qui ne bougeaient plus,
00:49:01les commerces
00:49:01qui ne marchaient plus.
00:49:03On se dit, bon,
00:49:04c'est vrai que la plupart du temps
00:49:05se tournent plutôt
00:49:06vers l'État
00:49:06ou le gouvernement.
00:49:08Alors, c'est cumulable
00:49:09avec la prime carburant
00:49:10du gouvernement.
00:49:11Donc, quelqu'un
00:49:11qui prend la prime
00:49:12à Côte-Beck
00:49:12parce qu'il habite à Côte-Beck
00:49:13et qu'en plus,
00:49:14la prime du gouvernement,
00:49:15ça commence à compenser
00:49:16un peu la hausse du carburant.
00:49:18Et vous avez raison
00:49:19de dire que les gens
00:49:19ne bougent plus.
00:49:20Moi, je le vois physiquement
00:49:21dans la commune.
00:49:22Il y a moins de véhicules
00:49:23qui se déplacent.
00:49:23Alors, ça peut avoir
00:49:25un aspect positif
00:49:26pour l'environnement.
00:49:27Mais enfin,
00:49:27quand les gens sont contraints
00:49:28de ne pas pouvoir se déplacer,
00:49:29c'est quand même
00:49:30un vrai frein.
00:49:31Et puis, on le voyait bien
00:49:32dans votre reportage
00:49:32tout à l'heure à Évreux,
00:49:34on le sent aussi
00:49:35chez nos commerçants,
00:49:36les restaurateurs,
00:49:37les commerces de qualité,
00:49:39le primeur.
00:49:39Il y a moins d'achat plaisir,
00:49:41il y a moins de pouvoir d'achat.
00:49:42Et donc, les gens,
00:49:42quand ils ont mis
00:49:43120, 130, 140 balles
00:49:45dans le plein d'essence,
00:49:46ils ont moins d'argent
00:49:47pour se faire plaisir,
00:49:48pour aller au ciné,
00:49:49pour aller au resto.
00:49:49Et donc, nous,
00:49:50avec ce petit pouvoir d'achat,
00:49:51c'est modeste,
00:49:52c'est quelques milliers d'euros
00:49:53qu'on remet dans le circuit
00:49:55à Côte-Beck,
00:49:55on espère que les gens
00:49:56vont pouvoir continuer
00:49:56à faire tourner l'économie
00:49:58parce qu'on sait bien
00:49:58que les cercles vicieux économiques,
00:50:01lorsque vous commencez
00:50:02à gripper la consommation,
00:50:04c'est mauvais pour tout le monde.
00:50:06Bon, tous à Côte-Beck,
00:50:07les ailes-bœufs.
00:50:08Mais enfin,
00:50:09il faut y habiter
00:50:09depuis trois mois
00:50:10pour avoir droit
00:50:12à votre coup de pouce.
00:50:13Merci en tout cas
00:50:13d'avoir été en direct avec nous.
00:50:15Ce qui est intéressant
00:50:15avec le témoignage du maire
00:50:16de Côte-Beck,
00:50:16c'est qu'il y a des initiatives locales
00:50:19et quand on cherche,
00:50:20on en trouve quand même pas mal
00:50:21et se dire que ce sont
00:50:22les élus locaux, finalement,
00:50:23qui réussissent
00:50:25avec leurs petits bras
00:50:26à mettre en place
00:50:28des petites enveloppes,
00:50:29des coups de pouce.
00:50:31Il y a aussi, par exemple,
00:50:32de l'autopartage électrique
00:50:34dans certaines communes
00:50:34qui s'est mis en place.
00:50:36Mais ça se passe
00:50:37au niveau local.
00:50:39Oui, ça se passe
00:50:39au niveau local
00:50:40et quand, quand même,
00:50:41on interroge les consommateurs,
00:50:44c'est quand même
00:50:45pas très agréable.
00:50:46Ce que demandent les gens,
00:50:47ce n'est pas la charité,
00:50:48en fait.
00:50:48Ce qu'ils demandent,
00:50:48c'est de pouvoir vivre
00:50:49avec leur salaire.
00:50:50Et donc, vraiment,
00:50:52ce que j'entends beaucoup,
00:50:53et ce n'est pas du tout
00:50:54une demande de que choisir,
00:50:55mais c'est vraiment
00:50:56les échos que j'ai,
00:50:57c'est ce que je veux,
00:50:58c'est une baisse des taxes.
00:50:59En fait, je vous demande,
00:50:59par exemple,
00:51:01l'aide gros rouleur,
00:51:01la moitié des gens,
00:51:03l'aide gros rouleur,
00:51:04déjà, ça ne bénéficie pas
00:51:05à tout le monde
00:51:06et la moitié
00:51:06ne vont pas chercher ça.
00:51:08Donc, ce que veulent les gens,
00:51:09c'est vivre dignement.
00:51:10Il n'y a pas longtemps,
00:51:10il y avait une dame,
00:51:11elle avait même les larmes aux yeux,
00:51:12elle dit,
00:51:12mais moi,
00:51:12je n'arrive pas à acheter
00:51:13à manger à mes enfants,
00:51:13pourtant, je travaille.
00:51:14Voilà, elle avait quatre enfants
00:51:15et vivait seule.
00:51:16Bon, ça a mis éclaté.
00:51:17Ben voilà, la situation,
00:51:18elle est compliquée.
00:51:19Et le problème,
00:51:21c'est qu'on nous dit
00:51:21qu'on est dans une économie de marché.
00:51:22Donc, ce que veulent les gens,
00:51:23ce n'est pas forcément...
00:51:25Surtout que l'État
00:51:26n'a pas fait quand même
00:51:26la démonstration
00:51:27de son extrêmement bonne gestion.
00:51:29Donc, ils nous disent,
00:51:30ils ne demandent pas
00:51:30d'être un petit peu de sous
00:51:31comme ça, distribués.
00:51:32Ils veulent que le système
00:51:32puisse tourner,
00:51:33que l'État ne vienne pas
00:51:35trop gripper un peu la machine.
00:51:36Et là, ils ont le sentiment
00:51:37que...
00:51:38Parce que dans le litre de carburant,
00:51:391,40€ le diesel,
00:51:41il y a 1,20€,
00:51:42c'est des taxes.
00:51:43Ça peut être la guerre en Ukraine,
00:51:44mais c'est quand même des taxes.
00:51:45Quand Macron dit,
00:51:45je vais libérer un peu de stocks,
00:51:48il a beaucoup plus la main
00:51:50sur le 1,20€ de taxes
00:51:52que sur les stocks.
00:51:54Ça vous parle forcément,
00:51:55Françoise, bonsoir.
00:51:56Vous avez un micro.
00:51:59Françoise, on a beaucoup parlé
00:52:00de votre profession
00:52:01depuis le début de cette crise.
00:52:02Vous êtes infirmière libérale,
00:52:04précisément à Saint-le-la-Foret,
00:52:05dans le Val-d'Oise.
00:52:06Le gouvernement avait annoncé
00:52:08justement la semaine dernière
00:52:09une aide de 80€
00:52:10pour les infirmiers
00:52:11qui roulent plus de 100km par jour.
00:52:13Grégory disait,
00:52:14il y a aussi des professions
00:52:14qui disent,
00:52:15on n'a pas besoin,
00:52:16on ne fait pas l'aumône,
00:52:17on veut des choses durables,
00:52:18on veut aussi une considération
00:52:21pour ce qu'on fait.
00:52:22Vous, comment vous vous en sortez ?
00:52:23Alors, nous,
00:52:24on est moins impactés
00:52:25par rapport au fait
00:52:26qu'on est donc infirmière indépendante,
00:52:29on n'a pas de salariés,
00:52:30on n'a pas les mêmes problématiques,
00:52:32mais l'impact est tout aussi important
00:52:35dans le sens où nous,
00:52:38nos salaires sont en fonction
00:52:39d'une nomenclature fixée par l'État.
00:52:42On ne peut donc en aucun cas
00:52:43augmenter nos tarifs.
00:52:46Sur l'essence,
00:52:47on a calculé avec Céline
00:52:49qu'on était...
00:52:49Je précise qu'à vos côtés,
00:52:50il y a Céline
00:52:51qui est également infirmière libérale.
00:52:52Vous êtes copine
00:52:53et vous êtes venue ensemble.
00:52:55Voilà.
00:52:55Donc nous,
00:52:56on a calculé
00:52:57sur une augmentation
00:52:58de 60 euros par mois.
00:53:00Et nous,
00:53:01une piqûre à domicile,
00:53:03c'est facturé 7,25 euros.
00:53:05Bon, ça,
00:53:06c'est une chose.
00:53:08Là,
00:53:09l'impact
00:53:09nous a vraiment
00:53:13hier
00:53:14touchés
00:53:15parce qu'en fait,
00:53:16nous,
00:53:16nos patients,
00:53:18avant,
00:53:19quand on faisait notre tournée,
00:53:21on pouvait
00:53:21ne pas regrouper
00:53:23les patients
00:53:24parce qu'en fonction
00:53:26des horaires
00:53:26des personnes
00:53:28chez qui on allait.
00:53:30Mais maintenant,
00:53:30on regroupe tout le monde
00:53:32dans un quartier
00:53:33pour se déplacer moins,
00:53:34les gens ont moins
00:53:35de liberté.
00:53:36Ça dépendait
00:53:37pas des patients.
00:53:38Aujourd'hui,
00:53:38ça dépend du trajet,
00:53:39en fait.
00:53:39Ça dépend du trajet.
00:53:40Le trajet impacte
00:53:42vraiment la tournée.
00:53:43Et puis,
00:53:44les patients aussi,
00:53:45comme disait Céline aussi,
00:53:46qui sont un peu plus loin,
00:53:47on ne les prend pas.
00:53:48Ah oui ?
00:53:49Ben oui.
00:53:49Parce qu'il y a
00:53:51un impact direct.
00:53:52Nous, on va parfois
00:53:53deux fois par jour
00:53:54chez les patients.
00:53:55Donc,
00:53:55ces allers-retours,
00:53:56ils sont très,
00:53:57très vite impactants.
00:53:58Qu'est-ce que vous vouliez
00:53:59demander aux élus
00:54:00qui sont là ce soir ?
00:54:01On voulait demander
00:54:02comment les députés
00:54:03peuvent prendre
00:54:04des mesures concrètes
00:54:05pour qu'on continue
00:54:07à aller soigner
00:54:08les personnes,
00:54:10accompagner les personnes
00:54:11au domicile.
00:54:12Parce que là,
00:54:13vraiment,
00:54:13on est très,
00:54:14très peu à se déplacer
00:54:15maintenant.
00:54:16Les kinés
00:54:16ne se déplacent plus
00:54:17chez les gens,
00:54:19les médecins non plus.
00:54:20Donc,
00:54:21nous,
00:54:21et les auxiliaires
00:54:22qui continuons
00:54:23à aller chez les gens
00:54:24et Dieu sait
00:54:25si on est indispensables
00:54:26puisque là,
00:54:27on parle des personnes âgées,
00:54:30je veux juste rajouter ça
00:54:31et nous,
00:54:32on les accompagne
00:54:32dans leur souffrance
00:54:33de baisse de pouce,
00:54:34voire d'achat aussi,
00:54:35dans tout ce qu'ils ne peuvent
00:54:36pas faire.
00:54:37Voilà.
00:54:39Je crois qu'il y a deux problématiques
00:54:41un peu distinctes
00:54:41qui se dégagent.
00:54:43Celle de la contamination
00:54:45par l'inflation
00:54:46des prix de l'énergie.
00:54:48Chaque élément
00:54:48de la chaîne de valeur,
00:54:49faire une baguette de pain,
00:54:51d'abord,
00:54:51il faut faire pousser du blé,
00:54:53pour ça,
00:54:54il faut de l'engrais,
00:54:54pour ça,
00:54:55c'est du gaz,
00:54:56etc.
00:54:56Et à chaque étape,
00:54:57on a de l'énergie
00:54:59qui augmente,
00:54:59donc chaque étape
00:55:00s'augmente.
00:55:00Et puis,
00:55:01il y a un deuxième facteur
00:55:01que vous décrivez bien,
00:55:03qu'on a eu aussi
00:55:04avec le transporteur,
00:55:05c'est que depuis des années,
00:55:08la portion du déplacement
00:55:11n'était pas valorisée
00:55:12dans le système économique.
00:55:15C'est peut-être l'inverse
00:55:16de ce que vous disiez
00:55:17tout à l'heure,
00:55:17c'est-à-dire que,
00:55:18oui,
00:55:18notre économie s'est construite
00:55:20autour du transport
00:55:20parce que le transport
00:55:22ne coûtait rien
00:55:23ou relativement peu.
00:55:24Comment ça se fait
00:55:25que c'est si peu cher
00:55:26d'importer de l'autre bout
00:55:28du monde
00:55:28parce que le transport
00:55:29ne coûte presque rien ?
00:55:30Et aujourd'hui,
00:55:31on voit bien
00:55:32dans ce que vous décrivez
00:55:33qu'il faut se réorganiser
00:55:34en reprenant en tête
00:55:37le fait que le transport
00:55:38a un coût.
00:55:39Donc, voilà,
00:55:39vous avez une première mesure
00:55:41de bon sens,
00:55:41dans le fond,
00:55:42où vous regroupez vos...
00:55:44Enfin, vous regroupez...
00:55:46Vous organisez votre tournée
00:55:47en fonction de l'ordre géographique.
00:55:49Oui, elle ne regroupe pas
00:55:49les patients malades
00:55:51dans un...
00:55:51Sinon, ça fait des clusters, après.
00:55:53Pour qu'on comprenne bien,
00:55:54c'est-à-dire que vous allez
00:55:55vous faites rue par rue
00:55:57plutôt qu'horaire par horaire
00:55:59en fonction de ce qui arrange
00:56:00les patients.
00:56:01Vous le faites en fonction
00:56:01de votre tournée.
00:56:02Donc, ça, ça va
00:56:03sur la première hausse,
00:56:04mais sur la deuxième hausse,
00:56:05c'est plus compliqué.
00:56:07Et quand je dis
00:56:07qu'on a organisé
00:56:08nos politiques publiques
00:56:09en fonction de ça,
00:56:10le maintien à domicile,
00:56:12ça a été une stratégie
00:56:14pour maintenir
00:56:14la dépense publique
00:56:15en matière de santé
00:56:16parce que ça coûte
00:56:17moins cher
00:56:18d'avoir un patient...
00:56:19Mais là, vous faites le constat
00:56:20avec elle,
00:56:20vous ne lui répondez pas ?
00:56:21Aujourd'hui,
00:56:22si, c'est ce que je dis.
00:56:23C'est-à-dire qu'il va falloir
00:56:24prendre en compte
00:56:25dans la construction
00:56:26de votre rémunération
00:56:27le volet transport.
00:56:28C'est-à-dire que
00:56:29ce n'est pas
00:56:30l'acte de soin
00:56:31qui coûte plus cher
00:56:32aujourd'hui,
00:56:33même si on peut discuter
00:56:34de sa valorisation.
00:56:34Nous, on est vraiment
00:56:35sur une goutte
00:56:36qui fait déborder le vase,
00:56:37si je peux me permettre,
00:56:38parce que nous,
00:56:39nos charges ont augmenté
00:56:40comme tout le monde a,
00:56:41vraiment.
00:56:42mais toutes les caisses,
00:56:45toutes les charges
00:56:45ont tellement augmenté
00:56:48que, bon, voilà,
00:56:49de toute façon,
00:56:50notre salaire baisse
00:56:51comme tout le monde.
00:56:52C'est vrai que là,
00:56:55on est tous
00:56:55dans la même problématique.
00:56:57Thomas Pellerin-Carlin.
00:56:59La solution structurelle
00:57:01sur ça,
00:57:02c'est clairement
00:57:02le passage
00:57:03à la voiture électrique
00:57:03et la question,
00:57:04c'est comment est-ce
00:57:04qu'on peut le faire ?
00:57:05Moi, je pense
00:57:06à une infirmière
00:57:07à domicile
00:57:08qui soigne ma belle-mère
00:57:09dans le département
00:57:10de la Manche
00:57:10à côté de Torigny-sur-Vire.
00:57:12Elle, elle a déjà pu
00:57:13passer à l'électrique.
00:57:14Elle a une Renault Zoé
00:57:15depuis, je pense,
00:57:164-5 ans maintenant
00:57:18et elle savait,
00:57:19elle sentait
00:57:20qu'elle avait fait
00:57:20des économies
00:57:21même à l'époque
00:57:21où l'essence
00:57:22était 1,60€,
00:57:231,70€.
00:57:25Et vu que je suis
00:57:26chercheur de formation,
00:57:27du coup,
00:57:28je l'ai eu au téléphone
00:57:28et puis elle m'a donné
00:57:30les données
00:57:31qui m'ont permis
00:57:31de calculer pour elle
00:57:32qu'elle économisait
00:57:33en moyenne
00:57:34100 à 200€ par mois
00:57:36parce qu'elle était
00:57:36passée à l'électrique.
00:57:37La question,
00:57:38elle fait 150 km par jour
00:57:39donc peut-être
00:57:40un peu plus que vous.
00:57:42La question,
00:57:42c'est comment est-ce
00:57:42qu'on peut permettre ça
00:57:43à grande échelle ?
00:57:44Et là, clairement,
00:57:44il faut une action de l'État.
00:57:45Il faut que l'État
00:57:46ait un dialogue franc
00:57:47avec les constructeurs
00:57:49automobiles
00:57:49qui sont capables
00:57:50de faire ça.
00:57:50Là, je viens ce matin
00:57:51de l'usine de Cléon
00:57:53en Seine-Maritime
00:57:54qui fabrique les moteurs
00:57:55notamment de la R5 électrique.
00:57:56Elle tourne à plein régime ?
00:57:57Absolument,
00:57:58elle tourne à plein régime
00:57:58sur les moteurs de la R5
00:58:00et de faire un pacte
00:58:01du coup
00:58:01avec nos entreprises françaises
00:58:03de l'automobile
00:58:03pour voir
00:58:04comment est-ce qu'elles peuvent
00:58:05augmenter la production
00:58:06de voitures électriques
00:58:07adaptées à votre métier ?
00:58:08La R5 est grosso modo
00:58:09le type de taille
00:58:10dont on a besoin
00:58:11quand on est infirmière
00:58:12à domicile
00:58:12et qu'on puisse avoir
00:58:14grâce à ce coup de pouce
00:58:16de l'État
00:58:17un effet volume
00:58:18qui va créer de l'emploi
00:58:19pour nos ouvriers
00:58:20de l'automobile
00:58:20à Cléon,
00:58:21à Douai,
00:58:21à Dunkerque
00:58:22et à Maubeuge
00:58:23et ailleurs
00:58:24et de faire en sorte
00:58:25que ça puisse être accessible
00:58:26pour vous
00:58:26et pour ça,
00:58:26il faut dire que les banques...
00:58:27Vous y avez réfléchi
00:58:29à la voiture électrique ?
00:58:30Oui, on parlait hier soir.
00:58:32Bien dans le micro, Françoise.
00:58:33On parlait hier soir.
00:58:35On a gagné les leasings
00:58:36de voitures électriques.
00:58:37Nous, fatalement,
00:58:38on achète des voitures
00:58:39professionnelles en leasing
00:58:40parce qu'on peut déduire...
00:58:42Le gouvernement a annoncé
00:58:43des facilités
00:58:44pour les infirmières libérales
00:58:46et les infirmiers libéraux.
00:58:47Céline ?
00:58:48Oui, mais les Fouganis,
00:58:49je crois,
00:58:50moins de 16 000 euros.
00:58:53Il y a un plafond.
00:58:54Il y a un plafond
00:58:54qui est très bas
00:58:55pour une infirmière libérale.
00:58:56Je crois qu'à dessus,
00:58:57on peut réorienter
00:58:58et assez rapidement
00:58:59une partie de la dépense.
00:59:00On met beaucoup d'argent
00:59:02sur ce qu'on a appelé
00:59:02les fonds verts,
00:59:04MaPrimeRénov',
00:59:04etc.
00:59:06dans des objectifs nobles,
00:59:07réduire nos émissions de CO2.
00:59:09Il faut continuer
00:59:10à poursuivre ça.
00:59:10Mais aujourd'hui,
00:59:11une façon très efficace
00:59:12de réduire très vite
00:59:13nos émissions de CO2
00:59:15et en plus de gagner
00:59:15du pouvoir d'achat,
00:59:16c'est de passer
00:59:17à la voiture électrique.
00:59:18Donc, il y a des choses
00:59:19sur le temps long
00:59:20qui sont moins efficaces,
00:59:21des mesures d'isolation
00:59:22qui coûtent très cher,
00:59:23qui produisent peu
00:59:24d'effet CO2.
00:59:25Par contre,
00:59:25passer à la voiture électrique,
00:59:26c'est un effet CO2 immédiat,
00:59:28c'est un effet pouvoir d'achat immédiat.
00:59:30Cette dépense publique
00:59:31qui existe déjà,
00:59:33il faut massivement
00:59:34la flasher vers ça.
00:59:35Massivement.
00:59:36On ne va pas commencer
00:59:36à déshabiller Paul
00:59:38pour habiller Pierre.
00:59:39Exactement.
00:59:40En fait, le fond vert,
00:59:41ce n'est pas de l'argent
00:59:41qui ne sert à rien.
00:59:42Le fond vert,
00:59:43c'est l'argent
00:59:43dont la maire de Villers-Boccages
00:59:44a besoin pour financer
00:59:45un réseau de chaleur
00:59:46pour que la ville
00:59:47arrête de dépendre du gaz.
00:59:48Là, on parle du pétrole
00:59:49parce que c'est l'actualité
00:59:50du moment,
00:59:50mais là, il y a l'hiver
00:59:51qui arrive.
00:59:51Les prix du gaz,
00:59:52ils ont aussi explosé.
00:59:53Donc, si on commence
00:59:54à déshabiller Pierre
00:59:54pour habiller Paul,
00:59:56on va aller droit dans le mur.
00:59:59Le propre des responsables
01:00:01politiques,
01:00:01c'est d'organiser les urgences.
01:00:02Oui, c'est important
01:00:03d'isoler les bâtiments.
01:00:05C'est la fin du mois
01:00:06et la fin du monde.
01:00:07C'est toujours la même chose.
01:00:08C'est beaucoup plus rapide
01:00:09aujourd'hui pour rendre
01:00:10du pouvoir d'achat
01:00:10de soutenir l'achat rapide
01:00:12de véhicules.
01:00:12Il ne nous reste que deux minutes
01:00:13et Grégory Carré,
01:00:14je voulais vraiment
01:00:14qu'on dise un mot du fioul.
01:00:16Là, on parlait du gaz.
01:00:17Il y a quand même encore
01:00:18en France 2,6 millions
01:00:20de foyers qui se chauvent
01:00:21au fioul.
01:00:22Est-ce que vous avez vu
01:00:23le prix du fioul en ce moment ?
01:00:26Plus 60% sur un an.
01:00:27C'est jamais arrivé,
01:00:29on est d'accord, Grégory ?
01:00:29C'est jamais arrivé.
01:00:30On est à 1 880 euros
01:00:32les 1 000 litres.
01:00:33Alors, en plus,
01:00:34quand vous avez une maison au fioul,
01:00:36vous cumulez probablement
01:00:37en vieille maison,
01:00:38éloignement,
01:00:41isolement,
01:00:42donc ça veut dire
01:00:42que vous avez probablement
01:00:43une voiture.
01:00:43Vous n'avez probablement
01:00:45pas une voiture très, très neuve.
01:00:46Donc, effectivement,
01:00:47là, le ticket,
01:00:48il est très, très élevé.
01:00:49Moi, j'ai deux questions
01:00:50pratiques, Grégory.
01:00:51Est-ce qu'il faut attendre
01:00:52pour remplir la cuve ?
01:00:55À 2 000 euros
01:00:56les 1 000 litres,
01:00:58on ne se décorise plus grand-chose.
01:00:59C'est dur.
01:01:00Là, ce que font les gens,
01:01:01ils font comme pour les carburants,
01:01:02ils font des demi-cubes.
01:01:03Nous, on fait des enchères,
01:01:05mais on n'a pas des super prix
01:01:06en ce moment,
01:01:06je ne vous le cache pas.
01:01:07Donc, vous savez,
01:01:08on essaie de faire
01:01:08des achats groupés, pareil.
01:01:09Oui, alors,
01:01:09c'était ma deuxième question.
01:01:10Est-ce que ça vaut le coup
01:01:11de se rassembler
01:01:12avec les voisins ?
01:01:12Si on s'entend bien avec eux.
01:01:15Vous pouvez essayer
01:01:16de consulter,
01:01:17on a un site,
01:01:17ça s'appelle
01:01:19Fuelance,
01:01:20enfin, je me sais plus,
01:01:21je dis...
01:01:21En tout cas,
01:01:22on essaie de baisser,
01:01:23on baisse un tout petit peu,
01:01:24mais ça ne sera pas
01:01:25à la hauteur des attentes.
01:01:26Un achat groupé,
01:01:27ça peut faire baisser les prix
01:01:28de...
01:01:28Non, pas bon.
01:01:29C'est 100 euros ?
01:01:30Oui, et puis...
01:01:31C'est toujours ça de prix ?
01:01:32Oui, peut-être même un peu moins,
01:01:33mais c'est surtout
01:01:33que de semaine en semaine,
01:01:34ça augmente.
01:01:34C'est-à-dire que
01:01:35je regardais les prix
01:01:36il y a 15 jours
01:01:36et aujourd'hui,
01:01:37ça n'a absolument
01:01:38plus rien à voir.
01:01:39Et on est sur
01:01:40la même problématique.
01:01:41Pour ces gens-là,
01:01:41c'est la même problématique
01:01:42que pour la voiture électrique.
01:01:43On va leur dire
01:01:44il va falloir passer
01:01:45à une pompe à chaleur.
01:01:48Sauf pareil,
01:01:48le ticket d'entrée,
01:01:49il est très élevé.
01:01:50Vous avez...
01:01:52En fait,
01:01:52on a les solutions,
01:01:53mais on n'a juste pas
01:01:54les sous en ce moment,
01:01:57individuellement,
01:01:57pour payer la solution.
01:01:58Les gens n'ont pas
01:01:59de pouvoir de choix,
01:01:59en fait.
01:02:00Il y a un problème
01:02:02de pouvoir d'achat
01:02:02et malheureusement,
01:02:03effectivement,
01:02:03la solution
01:02:04à une voiture électrique
01:02:05pour des déplacements quotidiens,
01:02:06c'est idéal.
01:02:07Avec des panneaux solaires
01:02:07sur le toit,
01:02:08c'est idéal.
01:02:09Le problème,
01:02:09c'est qu'effectivement,
01:02:10il n'y a plus rien
01:02:11dans les caisses.
01:02:12Et il n'y a plus rien
01:02:13dans les poches non plus.
01:02:14En tout cas,
01:02:15pas dans les nôtres.
01:02:16Vous avez vu,
01:02:17ça passe vite une heure.
01:02:18C'est déjà passé.
01:02:19Je voulais vous remercier
01:02:20infiniment d'être venu chacun
01:02:21nous raconter votre histoire,
01:02:23votre vécu
01:02:23et d'être venu interroger
01:02:25vos élus
01:02:26pour parler de cette crise
01:02:27de l'énergie
01:02:28dont on va évidemment reparler.
01:02:30Cette émission est rediffusée
01:02:31tout à l'heure à 23h30.
01:02:32Vous la retrouvez aussi
01:02:33à tout moment sur lcp.fr.
01:02:34Si vous souhaitez faire partie
01:02:36du public de chaque voix-compte,
01:02:37sachez-le,
01:02:38vous pouvez vous inscrire
01:02:38sur lcp.fr.
01:02:40Nous, on revient mardi
01:02:41à 19h30 en direct.
01:02:42Je vous souhaite
01:02:43une excellente fin de semaine
01:02:43sur la 8.
01:02:44Bye bye.