- il y a 5 jours
"Un monde d'avance" avec Thomas Buberl
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00:00:09Bonjour et bienvenue dans Un Monde d'Avance, le nouveau rendez-vous du monde pour se projeter
00:00:14au-delà de l'actualité immédiate et pour dessiner des futurs possibles. Premier invité,
00:00:19Thomas Buberle. Bonjour. Bonjour Emmanuel. Thomas Buberle, vous êtes directeur général
00:00:23d'AXA. Depuis dix ans tout juste, AXA, faut-il le rappeler, qui est un des leaders mondiaux
00:00:27de l'assurance et on inaugure avec vous ce nouveau rendez-vous, une heure d'entretien
00:00:31en quatre séquences pour nous projeter dans le futur. Lucie Robkin du service Économie
00:00:36du Monde vous interrogera sur les impacts à moyen et long terme de l'actualité immédiate
00:00:40et puis on donnera en deux temps la parole à la génération qui va le vivre et qui va
00:00:44le faire ce futur avec Juliette Carlo et Agathe Munier.
00:00:55Thomas Buberle, je vous présente Lucie Robkin, que vous connaissez déjà du service
00:00:58Économie du Monde et c'est Lucie qui vous interroge.
00:01:01Bonjour Thomas Buberle.
00:01:03Bonjour Lucie.
00:01:03Alors on ne peut pas commencer cette séquence sans évoquer ce terrible été que nous avons
00:01:08vécu sur le front des incendies. Vous êtes l'un des premiers assureurs de France, vous
00:01:13avez vécu cette situation au jour le jour et peut-être même heure par heure.
00:01:16Quelles leçons vous en tirez pour l'avenir ? Est-ce qu'il faut changer quelque chose
00:01:21dans notre modèle pour que ce genre de catastrophe ne se multiplie pas au cours des dix prochaines
00:01:25années ?
00:01:26Alors c'était en effet Lucie absolument catastrophique de vivre ça de Paris et de voir que ça ne
00:01:34s'arrête pas, voir les gens souffrir, les gens perdre leur maison, leur usine, c'est
00:01:42épouvantable. C'est aussi je veux dire la difficulté émotionnelle de notre métier de voir les gens souffrir.
00:01:51Malheureusement dans les catastrophes climatiques, on a de plus en plus des événements comme ça,
00:01:58les feux, les inondations, la sécheresse et malheureusement c'est devenu la nouvelle normalité.
00:02:08Qu'est-ce qu'on pourrait faire ? Bien sûr il faut essayer de faire le maximum pour lutter contre
00:02:15le
00:02:15réchauffement climatique mais c'est un processus qui va prendre son temps mais je pense et ça fait la
00:02:21connexion à la première partie qu'on a eu sur la prévention. Je pense chacun doit réfléchir et doit
00:02:32contribuer pour qu'on puisse vivre une meilleure vie dans le sens que si un incendie s'est passé,
00:02:38qu'est-ce qu'on peut faire mieux la prochaine fois ? Comment on peut reconstruire dans une manière
00:02:43dans laquelle on est mieux protégé la prochaine fois ? Et c'est cette logique-là de prévention
00:02:51qu'on n'a pas encore suffisamment intégré dans nos réflexions.
00:02:57Est-ce que cette réflexion elle est individuelle ? Est-ce que chaque Français peut mieux faire pour
00:03:01faire de la prévention ? Ou est-ce que c'est une démarche plus collective ?
00:03:04Les deux je veux dire. L'assureur à la fin est une institution qui aide un collectif des assurés
00:03:12pour vivre une meilleure vie. Ça veut dire l'assureur voit beaucoup des bonnes pratiques et notre rôle
00:03:18est collectivement de mettre ces bonnes pratiques au service.
00:03:24Oui, par exemple, s'il y a une tempête de grêle, beaucoup de gens regardent la météo et disent
00:03:32« Ah là là, si la tempête de grêle arrive, je mets ma voiture dans le garage. »
00:03:37À l'époque, on a pris ça, on a dit « Ok, il faut informer tous nos clients, il faut
00:03:42leur envoyer des SMS
00:03:43parce qu'ils peuvent vite mettre leur voiture dans le garage pour éviter le sinistre. »
00:03:49Vous avez des sujets comme ça, ou par exemple, dans un moment d'un incendie ou d'une inundation,
00:03:57qu'est-ce que les gens cherchent ? Ils veulent juste un toit sur leur tête, ils veulent avoir un
00:04:02petit peu d'argent
00:04:03parce qu'ils n'ont plus rien. Et de dire « Ok, est-ce qu'il ne faut pas mettre
00:04:08en priorité avant qu'on remplit
00:04:10la déclaration du sinistre ? » Et de dire « Ok, vous avez besoin d'un toit, on organise ça
00:04:15pour vous tout de suite
00:04:16et on vous donne un peu d'argent pour que vous puissiez continuer à vivre et on règle le reste
00:04:22du sinistre après. »
00:04:23Et je pense que c'est ces moments-là où on peut vraiment aider les gens, mais ça nécessite aussi
00:04:31que chacun entre nous intègre cette réflexion de prévention dans leur vie quotidienne.
00:04:38Alors AXA fait de l'assurance dommage, on vient d'en parler, elle fait aussi de l'assurance santé
00:04:43et de l'épargne-retraite. Or la France est un pays qui vieillit, on a de plus en plus de
00:04:47mal
00:04:47à financer à la fois la santé et les retraites. Est-ce que vous diriez que la France fait les
00:04:52efforts
00:04:53nécessaires pour sauver son système social ?
00:04:55Alors d'abord, ce système social est absolument crucial pour la cohésion sociale.
00:05:02Et je pense que si on regarde quel était un de nos facteurs de succès en France dans les derniers
00:05:0945, 40, 60 ans, c'est ce contrat social, ce tissu social qui a bien tenu.
00:05:16Ça veut dire qu'on a aujourd'hui des défis dans ce système. Vous parlez de la démographie,
00:05:25mais il y en a beaucoup d'autres. Et je pense qu'il est important que collectivement,
00:05:30on réfléchit par, j'aimerais dire collectivement, c'est pas uniquement la responsabilité des politiques,
00:05:37c'est aussi la responsabilité de chaque entreprise, responsabilité de chaque citoyen, citoyenne,
00:05:42pour contribuer à la réflexion. Et on a maintenant un formidable moment qui arrive
00:05:49tous les cinq ans en France avec les présidentielles pour se mettre en route, pour contribuer.
00:05:56Mais je suis absolument convaincu, ce contrat social est absolument vital pour nous,
00:06:02mais il doit être réinventé et rébalancé.
00:06:06Et on sait que beaucoup de jeunes craignent de ne pas avoir du tout les pensions de retraite
00:06:11dont ont bénéficié leurs parents. Est-ce que vous encouragez ces jeunes à capitaliser pour leur retraite ?
00:06:16Absolument. Et j'encourage aussi ces jeunes pour s'exprimer.
00:06:20Parce qu'aujourd'hui, il y a peut-être un conflit.
00:06:26C'est le conflit intergénérationnel qui se montre très peu ou pas encore.
00:06:32Et je pense, j'aimerais avoir et entendre plus la voix des jeunes.
00:06:38Parce que, comme je dis avant, dans une société, il faut que les intérêts soient équilibrés.
00:06:46Et aujourd'hui, j'ai quand même un sentiment qu'il y a une frustration latente,
00:06:51une frustration cachée des jeunes qui disent, bon, vous dépensez notre argent
00:06:56pour vos propres intérêts. Et c'est jamais bien si on ne discute pas les conflits qui sont là.
00:07:03Mais pardon, quels sont les indices qui vous laissent penser que ce conflit existe ?
00:07:06On entend des jeunes qui disent, ah bon, mais on n'a pas la transparence.
00:07:11Qu'est-ce qui se passe avec cet argent ?
00:07:13Pourquoi il y a cette discussion sur la durée du travail ?
00:07:16Pourquoi les changements dans le contrat social sont toujours en bénéfice
00:07:22pour les gens un peu plus âgés ? C'est juste des indicateurs.
00:07:26Vous savez, comme assureur, vous devez avoir l'oreille dans la rue
00:07:30et dans la société pour comprendre un peu quels sont les combats de demain.
00:07:36Et récemment, vous avez fait des propositions assez fortes pour réformer l'héritage, d'ailleurs.
00:07:40C'est-à-dire que vous proposez que les grands-parents puissent donner plus à leurs petits-enfants
00:07:44en zappant, si je puis dire, la génération intermédiaire.
00:07:46C'est assez fort comme proposition.
00:07:47Non, parce que je suis convaincu.
00:07:49On ne peut pas toujours se reposer sur le dos de l'État.
00:07:55On sait que notre système de retraite collectif, de retraite étatique, est en difficulté.
00:08:04Ça veut dire, dans la logique de prévention, chacun doit prendre sa responsabilité.
00:08:08Il est nécessaire de trouver des moyens pour que les jeunes, mais aussi les gens un peu plus âgés,
00:08:16prennent des solutions pour leur retraite.
00:08:20Et aujourd'hui, je constate juste qu'il y a beaucoup d'argent qui est garé dans la génération de
00:08:27nos parents
00:08:28et de nos grands-parents, qui investit dans une manière très conservatrice, parce que c'est normal.
00:08:34Quand on a une espérance de vie 5-10 ans, on investit différemment que 60 ans.
00:08:40Et la raison est, beaucoup de fois, que c'est vrai, la fiscalité de succession est très élevée.
00:08:46Mais pourquoi est-ce qu'on ne peut pas créer un mécanisme pour que cet argent soit transféré plus vite,
00:08:56mais une grande partie soit investie dans des solutions de retraite ?
00:09:01Alors, on vient de le dire, la France est un pays qui vieillit.
00:09:04Sans l'immigration, sa population déclinerait.
00:09:06Et les entreprises auraient encore plus de mal à recruter.
00:09:09Et pourtant, aujourd'hui, l'immigration s'est souvent perçue comme un problème,
00:09:11plus que comme une chance.
00:09:12On le voit avec la montée des populismes, y compris récemment en Allemagne.
00:09:18Comment, selon vous, on peut apaiser ce débat sur l'immigration
00:09:21et promouvoir une immigration qui fasse moins peur à une partie de la population ?
00:09:27Je pense qu'aujourd'hui, on voit clairement des sujets de manque d'intégration.
00:09:34Parce qu'encore une fois, moi, je suis aussi immigré à la fin.
00:09:37Mais vous ne voyez pas que je suis encore très allemand
00:09:41où je ne parle pas le français et où je ne reste pas non plus avec que des Allemands.
00:09:46Je me suis complètement intégré dans la société française.
00:09:50Et pour moi, je dois vous dire, c'était incroyable.
00:09:54C'est ce que j'ai vécu.
00:09:55Et je pense que la migration est absolument nécessaire
00:09:59avec notre problème démographique que vous venez d'évoquer.
00:10:03Il faut plus de jeunes gens, des gens jeunes.
00:10:09Deuxièmement, sans intégration, ça ne marche pas.
00:10:14Et ça ne veut pas dire qu'il faut laisser tomber son identité.
00:10:18Mais il faut plancher dans un pays
00:10:22et aussi voir qu'est-ce que ce pays pourrait vous donner en richesse personnelle.
00:10:27Mais comment on peut encourager cette intégration ?
00:10:29Les cours de français, ils sont déjà obligatoires, je crois.
00:10:31Comment obliger les immigrés à s'intégrer totalement à ce pays ?
00:10:36La langue, ce n'est pas ça.
00:10:37Il faut contribuer à la vie sociale.
00:10:40Moi, par exemple, j'ai pris le choix de m'engager dans la réserve des armées.
00:10:46Et oui, c'était très difficile pour moi au début
00:10:48parce que mon français de l'école n'a pas, eux, le mot cartouche ou surface.
00:10:55C'est dire cartouche en latin.
00:10:58Et bien sûr, il faut apprendre.
00:11:00Bien sûr, c'est un style très différent.
00:11:02Mais je veux dire, le gain que vous avez de découverte de quelque chose de nouveau
00:11:08est incroyable et c'est un enrichissement personnel.
00:11:12Et je peux le dire parce que, encore une fois,
00:11:14je suis immigré ou j'étais immigré dans ce pays.
00:11:17Est-ce que vous pensez qu'il faut aussi promouvoir une immigration choisie,
00:11:20une immigration qualifiée comme le fait l'Australie ou le Canada ?
00:11:24Oui, je pense que si on regarde les pays aujourd'hui
00:11:27qui ont bien géré le sujet de migration,
00:11:31on voit certainement que le caractère sélectif est un caractère important.
00:11:38Mais il ne faut pas non plus oublier, il y a aussi des migrations
00:11:42où vous acceptez des gens qui sont en grande difficulté
00:11:46et des difficultés de vie dans leur propre pays.
00:11:50Je pense que c'est le mélange et c'est la balance qui compte
00:11:54et pas juste de dire, OK, on bascule maintenant
00:11:57à quelque chose qui n'est que sélectif.
00:12:00Ça ne marche pas.
00:12:00Alors, vous venez de publier un ouvrage
00:12:03qui est un grand plaidoyer pour l'Europe.
00:12:05Il s'intitule « Il suffit de s'aimer ».
00:12:07Vous expliquez combien il est urgent de rallumer la flamme
00:12:11pour que les Européens se rendent compte de la chance
00:12:13qu'ils ont de vivre en Europe.
00:12:15Selon vous, quels sont les projets essentiels
00:12:17qui permettraient de ranimer ce désir d'Europe ?
00:12:21Alors, c'est vraiment, Etienne et moi, on a vécu à peu près
00:12:26en Europe dans la même période.
00:12:27Etienne étant Etienne Jernel, avec qui vous signez
00:12:31le directeur de la rédaction du point.
00:12:33Et lui et moi, on a vécu une Europe incroyable.
00:12:36À l'époque, les frontières sont tombées.
00:12:39On a pu voyager sans passeport.
00:12:42On a commencé à parler d'autres langues.
00:12:45On a fait des échanges, tout ça.
00:12:46Et je pense qu'aujourd'hui, on oublie tout ça.
00:12:50Et on est très vite là à critiquer l'Europe.
00:12:53Mais à la fin, il faut aussi se dire,
00:12:55OK, oui, il y a des criticismes comme partout.
00:12:58Et les criticismes sont une manière de dire,
00:13:01OK, quelle est notre liste des choses à faire pour faire mieux ?
00:13:04Mais de l'autre côté, il ne faut pas oublier,
00:13:05c'est ce que l'Europe nous a donné.
00:13:07Aujourd'hui, on vit dans un espace européen
00:13:12dans lequel nous sommes unis
00:13:14sans qu'on perde notre diversité.
00:13:17Et c'est assez rare.
00:13:18Trouvez-moi un autre endroit où c'est le cas.
00:13:21On est très bien soigné.
00:13:23On a un système du contrat social qui est incroyable.
00:13:28Vous avez des études, de l'offre de l'étude,
00:13:31des études qui sont incroyables.
00:13:32Je veux dire, c'est une géographie,
00:13:35un continent qui s'occupe de ses citoyens.
00:13:38Et c'est très rare qu'on trouve ça.
00:13:42Bien sûr, on a raté des choses.
00:13:44Bien sûr, l'Europe est devenue trop bureaucratique.
00:13:48Bien sûr, on a oublié de s'occuper de notre défense.
00:13:50Mais pour moi, il faut le dire différemment.
00:13:53Bon, mettons-nous la liste des choses qu'il faut qu'on fasse
00:13:57et essayons de trouver des chemins simples pour y arriver.
00:14:03Donnez-nous les deux, trois projets
00:14:04qui pourraient ranimer justement cette Europe
00:14:07qui aujourd'hui fait moins riche.
00:14:08Je pense qu'il y a un premier qui est
00:14:11on doit devenir propriétaire de notre succès.
00:14:15L'européen, l'investissement, c'est quoi ?
00:14:19Je mets de l'épargne dans mon compte bancaire.
00:14:22Mais jamais, je veux dire,
00:14:24on est dans une situation comme les Américains sont
00:14:28avec leur 401k, le plan de pension,
00:14:32où on voit, ah, je suis en partie propriétaire de Microsoft,
00:14:36je suis en partie propriétaire d'IBM et tout ça.
00:14:40Moi, j'aimerais voir qu'on investisse plus
00:14:43dans l'économie européenne
00:14:45et que les citoyens européens deviennent propriétaires.
00:14:48Premier sujet.
00:14:49Deuxième sujet, sur la partie de défense.
00:14:51Oui, on n'était peut-être pas les meilleurs à se défendre
00:14:56et on a trop long, on s'est reposé sur le dividende de la paix.
00:15:00Mais maintenant, essayons de voir, OK,
00:15:03quels sont les sujets qui comptent.
00:15:05Et au lieu de dire, OK, on va essayer d'harmoniser
00:15:08le chat allemand et le chat français,
00:15:11ça reste un chat.
00:15:12Aujourd'hui, c'est ce qui est important, c'est les drones.
00:15:15Il faut investir, c'est l'espace.
00:15:17Il faut investir là-dedans, là où aucun pays
00:15:20peut le faire seul.
00:15:22Et troisième élément, si vous permettez un troisième,
00:15:25c'est le fameux contrat social.
00:15:28C'est ce qu'on a, on vive en France.
00:15:31On vit aussi ailleurs.
00:15:33Et la question, comment on peut restabiliser,
00:15:36rébalancer le système en intégrant aussi
00:15:39les désirs et les préférences des jeunes,
00:15:42ça me semble absolument clé.
00:15:44Alors, dans votre ouvrage, vous dites que la montée des extrêmes
00:15:46en Europe présente un risque existentiel.
00:15:49Il suffirait que quelques-uns remportent les élections
00:15:51dans leur pays pour que l'édifice vacille.
00:15:53Et vous citez nommément le RN parmi d'autres partis.
00:15:56Vous êtes donc l'un des rares grands patrons en France
00:15:59qui a pris ouvertement position contre les extrêmes.
00:16:03Est-ce que ça vous choque qu'il n'y ait pas plus de patrons
00:16:06qui s'engagent dans ce débat ?
00:16:08Je pense qu'il est très important, si un parti ou un politique
00:16:12arrive au pouvoir, d'avoir un projet pour un pays.
00:16:17De dire, ok, nous sommes dans une situation difficile
00:16:20si on prend la France, mais voilà, c'est ce que je veux avec mon parti.
00:16:25Et oui, il faut peut-être faire un schéma difficile,
00:16:28mais voilà l'étoile où on veut aller.
00:16:31Par ailleurs, comment est-ce que Claude Bébéard a créé AXA ?
00:16:35Exactement pas ça.
00:16:36Comment il a pris une petite mutuelle au nord de la France
00:16:41pour le développer en le plus grand assureur du monde ?
00:16:45Parce qu'il dit, voilà l'étoile,
00:16:46voilà où j'aimerais qu'on aille ensemble.
00:16:49Et c'est exactement la même chose.
00:16:52Un politique qui veut avoir le soutien d'un pays
00:16:56doit créer un projet et doit aligner ses troupes derrière.
00:16:59Mais avoir un projet veut dire être courageux dans ses décisions.
00:17:05Aujourd'hui, est-ce qu'on est assez courageux avec nos choix ?
00:17:09Non, parce que je ne pense pas qu'on a un problème de budget en France.
00:17:13On a un problème de priorité.
00:17:15Et s'il y a des partis qui critiquent uniquement tout ce qui n'est pas fait,
00:17:21pour moi, la critique est un manque de responsabilité civile et sociétale.
00:17:28Si je puis me permettre, vous répondez sur les hommes politiques,
00:17:30mais une partie de la question de Lucie portée sur les autres chefs d'entreprise,
00:17:35les grandes entreprises.
00:17:37Il faut leur poser la question.
00:17:40Non, mais je veux dire, il faut absolument aujourd'hui,
00:17:44comme chef d'entreprise, que vous soyez intéressé et impliqué dans la politique.
00:17:50Intéressé, ça veut dire comprendre les mécanismes de la politique.
00:17:53Et bien sûr, c'est très différent d'une entreprise.
00:17:56Et impliqué veut dire changer la posture de la critique vers une posture de proposition.
00:18:04Critiquer quelque chose, ça ne sert à rien,
00:18:07sauf encore remonter la température du débat.
00:18:12Il faut proposer des solutions.
00:18:14Est-ce que vous allez rencontrer les candidats à la présidentielle ?
00:18:17Ou est-ce que vous les rencontrez déjà ?
00:18:19Je vais avoir plein d'opportunités dans les cercles qu'on a avec les dirigeants d'entreprise de les rencontrer.
00:18:28Bien sûr, j'aimerais comprendre leurs pensées, les idées,
00:18:34mais aussi j'aimerais faire mon maximum, notre maximum de contribuer au débat.
00:18:39On a, comme je vous avais dit, une opportunité unique dans les prochains mois,
00:18:44jusqu'à mai de l'année prochaine, pour contribuer.
00:18:46Alors, vous connaissez parfaitement la France et l'Allemagne.
00:18:49Les deux pays ont beaucoup de points communs, on l'a dit,
00:18:51mais ils ont quand même une vision assez différente de la dépense publique.
00:18:55Si je voulais résumer, je dirais que l'Allemagne est très économe
00:18:58et n'investit pas beaucoup, en tout cas jusqu'alors,
00:19:01et que la France vit un peu au-dessus de ses moyens.
00:19:03Ça, ça ne change pas forcément beaucoup.
00:19:05Lequel des deux pays vous inquiète le plus ?
00:19:07Lequel se prépare le mieux pour les dix ans qui viennent ?
00:19:10Aucun des deux.
00:19:11D'accord. Match nul.
00:19:13Non, je veux dire pourquoi.
00:19:15L'Allemagne était toujours extrêmement disciplinée sur les dépenses,
00:19:22mais ils ont oublié l'investissement.
00:19:24Et c'est pourquoi aujourd'hui, si vous êtes par exemple à Cologne,
00:19:27vous avez les quatre ponts qui traversent le Rhin en construction
00:19:32parce qu'à cause d'un manque d'investissement.
00:19:35Et je vais vous faire la liste éternelle de tout ça.
00:19:38Je pense qu'il faut faire attention avec un énorme lancement des dépenses
00:19:44que l'argent est bien dépensé
00:19:47et que l'argent est dépensé pour la transformation économique de l'Allemagne.
00:19:53Parce que l'Allemagne a bénéficié du gaz russe,
00:19:56de l'euro assez bas, l'auto échine.
00:20:00C'est terminé.
00:20:02Et la France, il faut que le débat des prochains mois
00:20:07monte des pistes concrètes pour réduire les dépenses publiques.
00:20:12Et là aussi, il faut arriver avec d'autres idées
00:20:15que les mêmes idées qu'on a déjà eu il y a dix ans.
00:20:19Bon, moi, je suis content d'un match France-Allemagne
00:20:20qui se termine sur un match nul.
00:20:21On ne va pas aller au pénalty, si vous voulez bien.
00:20:23Ce n'est pas forcément un bon souvenir.
00:20:24Merci.
00:20:25Merci.
00:20:26Lucie, merci beaucoup.
00:20:27Merci Emmanuel.
00:20:27Il suffit de s'aimer.
00:20:28Sous-titre Le Destin Européen, c'est chez Flammarion.
00:20:30Vous le co-signez avec Étienne Jarnel,
00:20:32notre conféreur directeur de la rédaction du Point,
00:20:34Thomas Buberle.
00:20:35Merci.
00:20:35Vous restez avec nous, si vous voulez bien.
00:20:36On a beaucoup parlé de la jeunesse.
00:20:37Et la troisième séquence du Monde d'Avance
00:20:39va continuer à regarder vers le futur,
00:20:41mais cette fois au prisme des attentes des jeunes générations,
00:20:43en dialogue avec Juliette Carlo et Agathe Meunier.
00:20:46Elles vont nous rejoindre.
00:20:54Après l'avenir vu du passé,
00:20:56après l'avenir vu du présent,
00:20:57on parle maintenant du futur,
00:20:59en dialogue avec deux représentantes de la génération
00:21:02qui le vivra et qui le fera ce futur.
00:21:05Thomas Buberle, je vous présente Agathe Meunier.
00:21:08Bonjour.
00:21:09Agathe, qui se décrit comme curieuse et exigeante,
00:21:11qui est étudiante, ingénieure à Télécom Paris.
00:21:15Vous vous spécialisez, Agathe,
00:21:17en intelligence artificielle et en data science.
00:21:19Et vous vous intéressez particulièrement,
00:21:21on l'aura deviné, aux nouvelles technologies,
00:21:22mais aussi à la finance et à l'innovation.
00:21:24J'ai résumé correctement ?
00:21:25Parfait.
00:21:26Juliette Carlo.
00:21:27Juliette, bonjour.
00:21:28Bonjour.
00:21:28Thomas Buberle.
00:21:29Bonjour, Juliette.
00:21:30Alors, Juliette, qui n'est plus tout à fait étudiante
00:21:32puisqu'elle a eu son diplôme à l'IRIS-SUP
00:21:34après avoir fait des études de sciences économiques à la Sorbonne.
00:21:38Et elle s'est réorientée en suivant un parcours
00:21:39intitulé géopolitique et prospective,
00:21:41parcours proposé par l'IRIS,
00:21:42afin d'aiguiser sa compréhension du monde.
00:21:45Et aujourd'hui, elle travaille en tant qu'analyste
00:21:46dans un cabinet Global Sovereign Advisory à Paris.
00:21:50C'est exact.
00:21:50Et c'est Juliette qui commence ?
00:21:52C'est Juliette.
00:21:52Et c'est Juliette qui commence.
00:21:54Justement, pour revenir aussi sur les événements de cet été,
00:21:58on avait une question,
00:21:59on a vu nos proches et nos régions subir les orages,
00:22:01les incendies.
00:22:01Et on voit aussi beaucoup,
00:22:04quand on se pose la question de où s'installer plus tard,
00:22:06on voit que beaucoup de régions deviennent inassurables
00:22:09ou risquent de devenir inassurables.
00:22:11Est-ce que ma génération, notre génération,
00:22:13doit maintenant envisager le fait
00:22:16qu'un logement deviendra peut-être inaccessible
00:22:18parce que inassurable ?
00:22:20On a certainement cette question.
00:22:22Qu'est-ce qui va se passer avec quelques territoires ?
00:22:25Et bien sûr, en France, on est, je veux dire,
00:22:29confronté de tous les côtés géographiques,
00:22:31de la mer, du soleil et tout.
00:22:35Et c'est pourquoi il faut avoir cette réflexion.
00:22:38Moi, je pense personnellement
00:22:40qu'un risque reste toujours assurable.
00:22:44C'est juste la question,
00:22:46comment on peut et on doit gérer le risque ?
00:22:50Et c'est ce que je viens d'évoquer avant.
00:22:54Juste avoir l'assurance pour être couvert
00:22:57et pour payer le sinistre,
00:23:00certainement dans les assurances climatiques
00:23:01ou des phénomènes climatiques,
00:23:03ça ne va plus suffire.
00:23:05Il faut qu'on réfléchisse
00:23:08qu'est-ce qu'on peut faire
00:23:08pour mieux protéger votre maison
00:23:13et qu'est-ce que chacun,
00:23:15l'assureur et aussi l'assuré,
00:23:17peut, doit faire pour vivre une meilleure vie.
00:23:19Et aujourd'hui, on a certainement aussi
00:23:22les outils.
00:23:23Par exemple, Shaksa a développé un outil
00:23:24qui s'appelle Altitude
00:23:26où on peut vous faire des simulations
00:23:28si vous achetez dans tel endroit.
00:23:31Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:23:32Quels sont les dangers ?
00:23:33Et après, avec des recommandations concrètes,
00:23:37qu'est-ce qu'il faut faire ?
00:23:38On a même des outils
00:23:39où je pourrais surveiller votre maison
00:23:43par des images satellites
00:23:46et vous dire qu'est-ce qui se passe.
00:23:48Je veux dire, les moyens sont là,
00:23:49mais il faut changer le caractère
00:23:52ou la pensée.
00:23:54L'assureur n'est plus juste
00:23:56une institution de paiement de sinistre,
00:23:58mais votre partenaire
00:24:00pour vous aider de mieux gérer le risque
00:24:03et d'être beaucoup plus actif
00:24:05dans la prévention.
00:24:06Je rebondis sur...
00:24:07Vous avez parlé beaucoup d'outils.
00:24:09AXA a présenté durant le dernier VivaTech
00:24:10beaucoup d'outils améliorés par l'IA.
00:24:12Et vous n'êtes pas les seuls,
00:24:14il y a beaucoup d'entreprises
00:24:15que vous assurez qui implémentent
00:24:17de plus en plus l'IA dans leur processus.
00:24:19Et ma question, c'est qu'on parle beaucoup
00:24:21de performance IA à l'IA,
00:24:22à raison, ça permet beaucoup
00:24:24d'automatisation,
00:24:26mais on parle très peu des risques.
00:24:27Et vous, en tant qu'assureur,
00:24:28comment vous avez tranché ces questions-là
00:24:30liées à la responsabilité
00:24:31et au risque de l'implémentation de l'IA ?
00:24:34Alors, je pense que l'IA nous offre
00:24:37une opportunité énorme
00:24:38pour mieux faire notre travail
00:24:41et certainement aussi pour...
00:24:42Pas uniquement automatiser certaines tâches,
00:24:46mais aussi pour découvrir
00:24:49d'autres opportunités.
00:24:50Par exemple, dans l'assurance, bien sûr,
00:24:53on parle aussi sur la partie
00:24:55d'automatisation des processus,
00:24:57mais pour moi, c'est ce qui me fascine le plus
00:24:59et comment on peut mieux utiliser les données.
00:25:02Parce que chaque fois,
00:25:03si on veut assurer cette salle,
00:25:06le souscripteur vient, assure la salle
00:25:09et on recommence de l'autre côté de la rue
00:25:12la prochaine fois.
00:25:13Et utiliser toutes ces données
00:25:15sera incroyable en termes d'insights
00:25:18et de connaissances sur une risque.
00:25:20Vous avez tout à fait raison.
00:25:21Il y a des multiples risques,
00:25:25commençant par le risque de cyber,
00:25:28le risque que l'IA soit biaisé.
00:25:32Mais je veux dire, tous ces risques-là,
00:25:34c'est comme le risque climatique sur votre maison,
00:25:37peuvent être gérés.
00:25:39La question de la cyber est très dure,
00:25:42mais ça nécessite aussi de la discipline
00:25:44de se protéger,
00:25:46de l'intérieur, de l'extérieur.
00:25:48Et si quelque chose se passe,
00:25:50tout de suite rebondir.
00:25:52Et sur la question de
00:25:54que l'IA soit biaisée,
00:25:56c'est votre choix à la fin
00:25:58quand la Bible de vos règles
00:26:00soit adaptée ou pas ?
00:26:02Tout à fait.
00:26:04C'est vrai qu'on parle beaucoup
00:26:05en technologie de bonnes pratiques,
00:26:06que ce soit à la fois en cyber et en IA.
00:26:08En cyber, les entreprises françaises
00:26:10et je pense les entreprises que vous assurez
00:26:12sont quand même souvent un peu en retard.
00:26:14Est-ce qu'en IA, même AXA en tant qu'en interne,
00:26:17est-ce qu'AXA est à jour
00:26:18ou est-ce qu'il y a encore des choses à faire
00:26:20et des améliorations ?
00:26:21Alors, j'espère qu'AXA est à jour
00:26:23et bien sûr, il y a toujours des améliorations à faire.
00:26:26Non, dans notre métier,
00:26:28on ne peut pas se permettre
00:26:30de ne pas être à jour
00:26:31parce que nous sommes une entreprise
00:26:34qui vend des promesses,
00:26:36des promesses de couverture
00:26:37qui traite avec des données très sensibles.
00:26:41On fait le maximum pour nous protéger
00:26:46et oui, ça, c'est une priorité absolue.
00:26:49Et l'IA, mais aussi le cyber,
00:26:54on dit beaucoup de fois,
00:26:55« Ah oui, oui, c'est un sujet tech. »
00:26:57Non, le vrai sujet,
00:26:59c'est un sujet de leadership
00:27:00parce que si vous n'avez pas informé
00:27:03et bien formé vos collaborateurs
00:27:07de ne pas ouvrir des phishing mails,
00:27:10de ne pas composer des bons mots de passe,
00:27:13etc., etc.,
00:27:14vous arrivez même avec les meilleurs
00:27:16des moyens techniques à des faiblesses.
00:27:20Et c'est la même chose dans l'IA.
00:27:23Si on ne fait rien,
00:27:24c'est le collaborateur,
00:27:25et la collaboratrice qui disent
00:27:26« Ok, je n'utilise, je n'utilise pas. »
00:27:27Il faut faire,
00:27:30à part de la question tech,
00:27:33faire le travail de leadership,
00:27:35de prévention,
00:27:37d'intégration des équipes
00:27:38et leur expliquer
00:27:40pourquoi ça fait du sens pour eux.
00:27:43D'accord.
00:27:43Et j'ai un autre aspect de l'IA.
00:27:45Vous avez écrit un livre
00:27:46autour de l'Europe
00:27:47et vous avez parlé avec Lucie avant
00:27:49des questions de géopolitique.
00:27:51Et quel est votre avis, en fait,
00:27:53sur l'IA souveraine, l'IA européenne ?
00:27:55Est-ce que Accent, en tant qu'assureur,
00:27:56va conseiller à ces entreprises
00:27:58d'éviter ce risque géopolitique,
00:28:00d'utiliser des IA ou des modèles
00:28:01plutôt américains ou plutôt chinois ?
00:28:03Est-ce que vous allez leur conseiller ?
00:28:05Est-ce que vous allez investir
00:28:06dans l'IA européenne
00:28:07pour éviter ces risques futurs ?
00:28:09Alors, je pense, un,
00:28:10et c'est lié beaucoup à une autre question,
00:28:12est-ce que l'opportunité de l'IA
00:28:14est perdue, oui ou non ?
00:28:16Non, ce n'est pas du tout perdu.
00:28:18Je veux dire, dans l'IA,
00:28:19il y a plusieurs dimensions.
00:28:21La question de stockage,
00:28:23la question des modèles,
00:28:24mais, et on va arriver là,
00:28:26la question de l'application.
00:28:28Et demain, les algorithmes d'IA,
00:28:32les applications d'IA
00:28:33vont peut-être plus se reposer
00:28:36sur un modèle de frontière,
00:28:38mais sur plusieurs,
00:28:39et vous dites, ok,
00:28:40si je veux automatiser un processus,
00:28:42je prends 20% du machine learning,
00:28:4520% anthropique,
00:28:4720% autre chose,
00:28:48pour aussi optimiser les coûts
00:28:49parce qu'on réalise maintenant,
00:28:51ah, ça, ce n'est pas gratuit.
00:28:53Et c'est pourquoi, je pense,
00:28:54le jeu de l'IA,
00:28:56l'opportunité de l'IA
00:28:57est loin d'être décidé.
00:28:59Sur la partie de la souveraineté,
00:29:03alors, nous sommes aujourd'hui
00:29:04dans une situation
00:29:05dans laquelle on pense
00:29:07qu'on n'est pas souveraine
00:29:08sur beaucoup de choses.
00:29:10Oui, c'est vrai,
00:29:11mais là aussi,
00:29:12le jeu n'est pas encore perdu
00:29:14et souveraineté,
00:29:17on peut aussi y arriver différemment.
00:29:19C'est la question de l'équilibre.
00:29:21Il faut que l'Europe réfléchisse
00:29:23quelles sont ses puissances
00:29:26et comment on peut
00:29:27les mettre dans la corbeille
00:29:29pour garder le partenaire,
00:29:32l'adversaire en balance.
00:29:34et c'est ça qu'on n'a pas
00:29:35suffisamment réfléchi.
00:29:37Oui, justement,
00:29:38sur une question géopolitique
00:29:39où on remarque actuellement
00:29:41quand même un retour
00:29:42d'une instabilité
00:29:43des relations internationales,
00:29:45couplé à une pression exercée
00:29:46sur beaucoup de dirigeants
00:29:47pour justement servir
00:29:49les besoins
00:29:49ou les ambitions d'un pays.
00:29:51Comment, chez AXA,
00:29:53une entreprise internationale,
00:29:54vous gérez toute cette question
00:29:55politique dans les pays
00:29:56d'implantation ?
00:29:57C'est vrai que la situation internationale
00:30:01est devenue beaucoup plus compliquée
00:30:03et ça met aussi en question
00:30:06est-ce qu'on peut se permettre
00:30:08d'être partout ?
00:30:09Nous, on a décidé de vraiment se dire
00:30:12on se focalise sur les marchés
00:30:15dans lesquels nous sommes grands
00:30:17et dans lesquels nous pouvons
00:30:20devenir grands,
00:30:21mais les marchés
00:30:23où on a, je ne sais pas,
00:30:24où on est cinquantième du marché,
00:30:28ça va être très difficile
00:30:29et on a aussi décidé
00:30:30de se retirer de ces marchés.
00:30:33Ça veut dire qu'on reste
00:30:34absolument global
00:30:36mais plus focalisé
00:30:37dans les marchés
00:30:38où on a du poids.
00:30:40Dans ces marchés-là,
00:30:42on peut bien survivre
00:30:44mais je ne cache pas,
00:30:46c'est devenu plus compliqué
00:30:49mais il ne faut pas oublier non plus,
00:30:51nous sommes assureurs,
00:30:52on gère des risques.
00:30:54En face, on a beaucoup de clients
00:30:55qui sont confrontés
00:30:57à la même question
00:30:59et on peut aussi aider
00:31:01et c'est aussi
00:31:02une formidable opportunité
00:31:04pour mieux servir nos clients.
00:31:05Du coup, il y a toute une question
00:31:06de lobbying peut-être aussi
00:31:08ou pour réussir à rester
00:31:10aussi dans certains pays
00:31:11pour garder justement
00:31:12cette opportunité
00:31:13de soutenir les populations
00:31:15quand elles en ont besoin ?
00:31:17Oui, alors l'assurance,
00:31:19c'est rarement
00:31:20un produit
00:31:22très géopolitique
00:31:23parce qu'aujourd'hui,
00:31:24si on regarde
00:31:24où est-ce que
00:31:25les frottements géopolitiques
00:31:27sont les plus,
00:31:28c'est dans des produits
00:31:31comme la tech,
00:31:33les batteries,
00:31:35les véhicules électriques,
00:31:36tout ça.
00:31:36Une assurance,
00:31:37je veux dire,
00:31:38ce n'est pas politiquement sensible
00:31:41si on fait de l'assurance santé
00:31:43en Chine
00:31:44et c'est pourquoi
00:31:45on a...
00:31:45Et en plus,
00:31:46notre business
00:31:47était du passé
00:31:49toujours très local
00:31:51que la gestion de risque
00:31:53de marques,
00:31:53des talents
00:31:54s'était centralisée
00:31:56ou globalisée,
00:31:57tout le reste
00:31:57est très local
00:31:58et notre modèle
00:32:00aujourd'hui nous aide
00:32:01parce que nous ne sommes pas
00:32:03dans des domaines sensibles
00:32:06et en plus,
00:32:06on a une approche
00:32:07beaucoup plus locale
00:32:10que, par exemple,
00:32:11un producteur des voitures
00:32:13qui standardise
00:32:16ces voitures
00:32:17dans le monde.
00:32:18Mais permettez-moi
00:32:20de rebondir,
00:32:20vous assurez quand même
00:32:21le transport maritime
00:32:22qui est quand même sensible
00:32:23à toutes ces questions
00:32:24géopolitiques ?
00:32:25Absolument,
00:32:26mais même là,
00:32:27il faut trouver des solutions.
00:32:29Je veux dire,
00:32:30nous sommes,
00:32:30par exemple,
00:32:31confrontés
00:32:32aux sanctions russes
00:32:36dans le contexte
00:32:38de la guerre en Ukraine
00:32:40et beaucoup de fois,
00:32:41les sanctions
00:32:41ne sont pas toujours
00:32:42très, très, très bien
00:32:46définies.
00:32:47Par exemple,
00:32:48c'est quoi le pétrole russe
00:32:49si vous avez 50% russe
00:32:52et 50% autre chose,
00:32:53c'est encore du russe ou pas ?
00:32:54Et là,
00:32:55c'est aux entreprises
00:32:57de bien travailler ça
00:32:58et de ne jamais prendre
00:32:59un risque,
00:33:00mais de trouver
00:33:01la bonne balance
00:33:03ou si vous êtes
00:33:04confrontés maintenant
00:33:05à la question
00:33:07Hormuz,
00:33:08oui.
00:33:09En détroit d'Hormuz.
00:33:10Voilà,
00:33:10là,
00:33:11vous avez certainement
00:33:12aussi d'autres questions,
00:33:14mais ça,
00:33:15c'est notre quotidien
00:33:16et c'est aussi,
00:33:17moi,
00:33:18je trouve ça passionnant
00:33:19parce que vous êtes
00:33:21confrontés
00:33:22tous les jours
00:33:23à des défis
00:33:24qui ne sont pas
00:33:26répétitifs
00:33:27d'hier.
00:33:29On ne s'enduit pas
00:33:30dans le métier d'assureur.
00:33:31Ah non,
00:33:31absolument pas.
00:33:32Et vous avez
00:33:32une courbe d'apprentissage
00:33:34incroyable
00:33:34parce que beaucoup
00:33:35de fois,
00:33:36vous êtes confrontés
00:33:37à des défis
00:33:40qui ne se répètent pas
00:33:41ou la dernière génération
00:33:43ne peut pas vous dire
00:33:44« Ah,
00:33:44il faut faire comme ça ».
00:33:45Mais vous n'aimerez pas
00:33:46plutôt vous ennuyer ?
00:33:47Ce ne serait pas
00:33:47bon signe
00:33:48qu'il y ait moins de risques
00:33:49ou que le monde
00:33:49se porte mieux ?
00:33:50Ça dépend
00:33:51de la typologie.
00:33:52Moi,
00:33:52je suis le plus excité
00:33:55et le plus motivé,
00:33:57aussi le plus créatif
00:33:58si je suis confronté
00:33:59avec des problèmes
00:34:01difficiles
00:34:01ou impossibles
00:34:02à résoudre.
00:34:02Et comment gérer aussi
00:34:03le long terme
00:34:04quand justement,
00:34:05à court terme,
00:34:05il y a plein de problèmes,
00:34:07de crises,
00:34:07de risques qui s'accumulent ?
00:34:08Comment on se laisse la place
00:34:09pour imaginer le futur
00:34:10et pour avoir cette vision
00:34:13à 20 ans ou plus ?
00:34:14Il faut se créer la place
00:34:16et c'est vrai,
00:34:17quand vous êtes au bureau,
00:34:19dans des rendez-vous,
00:34:21ici,
00:34:21vous n'avez pas la capacité
00:34:24de réfléchir à ça.
00:34:25Moi,
00:34:25c'est ce que je fais.
00:34:26quand je voyage,
00:34:28je voyage toujours seul.
00:34:30Je ne regarde aucun téléphone
00:34:31dans les avions,
00:34:32je ne regarde aucun film
00:34:33et je prends le temps
00:34:35pour lire et réfléchir.
00:34:38Et je discute beaucoup
00:34:40avec mes collègues
00:34:42parce qu'à la fin,
00:34:44pour trouver une solution
00:34:45à un problème,
00:34:46vous n'avez pas tout de suite
00:34:48la réponse.
00:34:49Ça prend du temps,
00:34:50il faut itérer,
00:34:51il faut challenger,
00:34:52il faut réfléchir
00:34:53et ça se développe
00:34:54dans le temps.
00:34:55Mais il faut se prendre
00:34:56des moments dédiés
00:34:59pour réfléchir au long terme,
00:35:00sinon vous ne pensez pas à ça.
00:35:02Vous lisez des romans,
00:35:02vous lisez des essais ?
00:35:04Je lis pas mal,
00:35:05oui,
00:35:05mais j'ai aussi,
00:35:06par exemple,
00:35:07sur le cheval,
00:35:08balade en forêt,
00:35:10là,
00:35:10vous êtes dans des conditions
00:35:13idéales pour réfléchir.
00:35:15Votre dernier conseil de lecture,
00:35:16ce serait quoi ?
00:35:17Le dernier livre qui vous a...
00:35:19Les derniers livres que j'ai lus
00:35:21ne m'ont pas vraiment
00:35:23On peut citer les titres,
00:35:24ce sera juste un moment désagréable.
00:35:28Je ne sais pas un livre,
00:35:29mais hier soir,
00:35:31j'ai lu le dernier
00:35:31Foreign Affairs
00:35:32que j'ai beaucoup aimé.
00:35:34Pour du sérieux.
00:35:35Celui avant aussi,
00:35:37c'était sur la défense.
00:35:39Et moi, je trouve toujours,
00:35:41il prend un sujet
00:35:42et il regarde
00:35:44des points de vue
00:35:45très différents.
00:35:47Moi, c'était plutôt,
00:35:48on a parlé beaucoup de prévention,
00:35:49mais autour de l'habitation.
00:35:50Et j'imagine,
00:35:52plutôt autour de la santé,
00:35:52on est de plus en plus entouré
00:35:53par des objets connectés.
00:35:55Je ne porte pas aujourd'hui
00:35:55ma montre,
00:35:56mais il y a des bagues,
00:35:57des montres et des capteurs.
00:35:58Donc, on a de plus en plus
00:35:59d'informations sur nous-mêmes
00:36:00et sur notre santé.
00:36:02Et donc, est-ce que plus tard,
00:36:03est-ce qu'on pourrait imaginer
00:36:04que nos informations
00:36:04soient transmises en temps réel
00:36:06à nos médecins
00:36:06et qu'au lieu d'avoir
00:36:07une posture plus française
00:36:09de j'attends d'être malade
00:36:10pour aller me rendre
00:36:14chez mon médecin,
00:36:14plutôt une posture plus japonaise
00:36:16de mon médecin prend les devants
00:36:18et me prévient
00:36:19et me demande de prendre rendez-vous.
00:36:22Donc, c'est plutôt la question
00:36:23de comment on imagine
00:36:25la prévention dans la santé
00:36:27et quels peuvent être les risques.
00:36:28Il y a quand même,
00:36:29les données sont très sensibles,
00:36:31il y a quand même un grand chantier.
00:36:32Et si moi, par exemple,
00:36:34je ne veux pas transmettre
00:36:35mes informations,
00:36:36quels risques je pourrais avoir ?
00:36:38Est-ce que je paierais plus cher
00:36:39ma prévention ?
00:36:40Donc, voilà.
00:36:41D'abord, je pense
00:36:42que c'est important
00:36:44que chacun entre nous
00:36:46prend ça au sérieux
00:36:47parce qu'attendre
00:36:49jusqu'à ce que le médecin
00:36:50vous rappelle de dire
00:36:51« Ah, Agathe,
00:36:53il est important de faire XY »,
00:36:55quelquefois,
00:36:55c'est presque peut-être trop tard.
00:36:57Et c'est pourquoi je trouve
00:36:59tous les objets connectés
00:37:01sont importants
00:37:02parce qu'ils vous donnent
00:37:03une indication sur quelque chose.
00:37:04Alors, est-ce que ça vous raconte
00:37:06toute la vérité sur votre santé ?
00:37:08Non.
00:37:09Si, par exemple,
00:37:10vous dormez chaque nuit
00:37:12bien 7 heures,
00:37:13mais vous buvez,
00:37:15je ne sais pas,
00:37:15deux bouteilles de vin
00:37:16pour le déjeuner,
00:37:18en balance,
00:37:19ce n'est pas bien.
00:37:20Et c'est pourquoi
00:37:21c'est toujours
00:37:21des informations spécifiques.
00:37:27Moi, je pense
00:37:28que c'est important
00:37:29qu'on se crée
00:37:30avec son médecin
00:37:31son programme
00:37:33de prévention.
00:37:35Moi, par exemple,
00:37:36j'ai fait,
00:37:37je suis religieusement
00:37:40et le meilleur indicateur
00:37:41pour votre santé,
00:37:43ce n'est pas votre bague
00:37:45ou monde connecté,
00:37:46c'est la prise de sang.
00:37:48Et aussi,
00:37:49la prise de sang
00:37:50en comparaison
00:37:50dans le temps.
00:37:51Parce que là,
00:37:52vous voyez
00:37:52comment vous êtes
00:37:53et comment vous êtes aussi
00:37:54en développement.
00:37:56Alors,
00:37:56il est clair
00:37:57que ces données
00:37:58appartiennent uniquement
00:37:59à une personne,
00:38:00c'est vous.
00:38:01Et bien sûr,
00:38:03avec les risques
00:38:04qu'on a aujourd'hui,
00:38:05il est de plus en plus
00:38:08difficile
00:38:08de ne pas faire face
00:38:11à une menace cyber,
00:38:12par exemple.
00:38:13Mais il faut bien garder
00:38:15ces données chez soi.
00:38:16Mais ces données
00:38:17appartiennent à vous.
00:38:19Le seul,
00:38:20la seule
00:38:20qui intéresse
00:38:21ces données,
00:38:22c'est vous
00:38:22pour votre propre intérêt
00:38:24à vivre une meilleure vie.
00:38:26Et si je montre
00:38:29à mon assureur
00:38:30que je vais voir
00:38:31mon médecin fréquemment
00:38:32et que mon sommeil
00:38:34est plutôt bon
00:38:35et que je demande
00:38:36que j'offre
00:38:37toutes ces données-là,
00:38:39est-ce qu'AXA
00:38:39serait prêt
00:38:40à diminuer
00:38:40mon assurance
00:38:41de santé ?
00:38:43D'abord,
00:38:44à qui vous devez
00:38:46montrer ces données,
00:38:47c'est à vous-même.
00:38:48Parce que
00:38:50la santé,
00:38:51c'est votre bien
00:38:53le plus important
00:38:54de votre vie.
00:38:56et malheureusement,
00:38:57une fois
00:38:57qu'on est en mauvaise santé,
00:38:59c'est très difficile
00:39:01de revenir à ça.
00:39:02C'est pourquoi
00:39:02le premier client
00:39:03de votre santé,
00:39:04c'est vous.
00:39:07Une petite réduction
00:39:07quand même.
00:39:08Pardon ?
00:39:08Une petite réduction
00:39:09quand même.
00:39:10J'y vais.
00:39:11Est-ce que,
00:39:13et c'est aujourd'hui
00:39:14le cas,
00:39:14si vous avez
00:39:14dans beaucoup de pays,
00:39:15vous devez
00:39:19renseigner
00:39:19l'assureur,
00:39:21est-ce que vous
00:39:21fumez ou pas,
00:39:23est-ce que,
00:39:23quel est votre BMI,
00:39:24et tout ça ?
00:39:25On voit déjà
00:39:26qu'un comportement
00:39:28qui est bien
00:39:29paye.
00:39:30Et je pense
00:39:31dans la durée,
00:39:32ça va être encore
00:39:33plus de cas.
00:39:34Mais il ne faut
00:39:35pas oublier
00:39:37les gens
00:39:38qui vont de loin,
00:39:40les gens
00:39:40qui ont une bonne raison
00:39:42pour être malade
00:39:43et pour avoir
00:39:44des problèmes
00:39:45de santé.
00:39:46C'est pourquoi
00:39:47ce mécanisme
00:39:48de cohésion sociale
00:39:50et diversification sociale
00:39:52est absolument clé.
00:39:54Et moi,
00:39:54je n'ai aucun problème
00:39:56si j'étais en bonne santé
00:39:58de payer pour quelqu'un d'autre
00:40:00un peu plus
00:40:01qui a un malheur
00:40:03qui lui est arrivé
00:40:04sans que ça soit
00:40:05sa faute.
00:40:12Vous avez des enfants
00:40:14qui ont à peu près
00:40:14notre âge.
00:40:16Un peu plus jeune,
00:40:18oui.
00:40:18un peu plus jeune.
00:40:19Mais quel conseil
00:40:20leur donnez-vous
00:40:21pour leur future entrée
00:40:23sur le marché du travail ?
00:40:24J'ai donné
00:40:25le conseil suivant.
00:40:28Lancez-vous.
00:40:30Ils ont toujours peur
00:40:32de ne pas choisir
00:40:34le bon boulot.
00:40:36Moi, je veux dire,
00:40:36lancez-vous.
00:40:37Vous faites
00:40:39nécessairement
00:40:40une erreur
00:40:41au début,
00:40:42mais c'est facilement
00:40:43corrigeable.
00:40:44Et de trouver
00:40:46son chemin
00:40:46dans la vie
00:40:48il faut
00:40:50certainement
00:40:50passer par des erreurs
00:40:52et faire des fautes.
00:40:54Moi, j'ai fait
00:40:55la même chose.
00:40:55Je veux dire,
00:40:56jusqu'à ce que j'ai trouvé
00:40:58là où je veux être,
00:41:00ça m'a pris du temps.
00:41:01Il n'y a pas de problème.
00:41:03La vie est lente
00:41:03et une année,
00:41:04c'est quoi ?
00:41:05Rien.
00:41:05Donc, vous avez parlé
00:41:07à raison.
00:41:08On est une génération
00:41:09avec l'angoisse
00:41:10du choix de carrière,
00:41:11mais on a aussi
00:41:12d'autres angoisses
00:41:13liées à l'ensemble
00:41:14des crises qui nous entourent.
00:41:15On est né
00:41:16avec une crise climatique,
00:41:17une crise géopolitique
00:41:18et une sorte
00:41:19de révolution.
00:41:21Et en fait,
00:41:21est-ce qu'on est,
00:41:22avec AXA,
00:41:23vous avez quand même
00:41:23un recul,
00:41:24vous avez quand même
00:41:2440 ans d'une connaissance
00:41:25précise du risque.
00:41:26Est-ce qu'on a raison
00:41:28d'avoir peur ?
00:41:30Est-ce qu'en fait,
00:41:30on est juste une génération
00:41:31plus sensible
00:41:32à ces risques,
00:41:33à ces raisons
00:41:34et à ces causes
00:41:35ou on a juste
00:41:37plus d'informations,
00:41:38plus connaissances
00:41:39grâce aux nouvelles technologies
00:41:40et tout ce qui suit ?
00:41:43Il ne faut pas avoir peur.
00:41:45Et en plus,
00:41:46vous n'avez pas le choix.
00:41:47C'est vrai.
00:41:48Vous devez faire votre vie
00:41:49dans ce monde-là.
00:41:51Je pense,
00:41:52moi,
00:41:53j'ai eu de la chance,
00:41:54mais peut-être aussi pas,
00:41:55d'avoir grandi
00:41:56dans une période
00:41:59extrêmement calme.
00:42:00si je parle
00:42:02avec mes parents,
00:42:03avec mes grands-parents
00:42:05qui ne sont malheureusement
00:42:06plus parmi nous,
00:42:08mais leur vie
00:42:09était beaucoup
00:42:10plus différente,
00:42:12beaucoup plus marquée
00:42:13par le conflit.
00:42:16Et je pense,
00:42:16on va peut-être juste
00:42:17revenir à une normalité
00:42:20que moi,
00:42:21je n'ai malheureusement
00:42:21pas ou très peu vécu.
00:42:24Mais néanmoins,
00:42:25c'est ce que vous avez raconté
00:42:27en termes de défis.
00:42:28Moi, je tournais
00:42:29en opportunité.
00:42:31C'est des très beaux défis
00:42:36sur lesquels
00:42:37vous pouvez travailler.
00:42:38Je veux dire,
00:42:38vous êtes spécialisé
00:42:39en l'IA,
00:42:40mais parfait.
00:42:42Tout ce que vous avez dit
00:42:44sur la santé,
00:42:45tout ça,
00:42:45il y a énormément
00:42:46de potentiel.
00:42:47Et au lieu d'avoir peur,
00:42:49il faut se dire,
00:42:50OK,
00:42:50je me lance.
00:42:52Ce n'est peut-être pas
00:42:53l'endroit final
00:42:55où je commence,
00:42:56mais ce n'est pas grave.
00:42:57un entrepreneur
00:42:58qui se lance
00:43:00dans un business,
00:43:01l'idée initiale
00:43:03et je veux dire,
00:43:05l'idée avec
00:43:06laquelle
00:43:07il ou elle
00:43:07fait un succès,
00:43:10corrélation zéro.
00:43:12Parce que
00:43:12il ou elle
00:43:14adapte son idée
00:43:15dans le temps.
00:43:16Faites exactement
00:43:17la même chose.
00:43:19Ça donne envie.
00:43:20Je vais monter
00:43:21ma boîte en sortant.
00:43:22Il ne faut pas
00:43:23avoir peur,
00:43:24au contraire.
00:43:25Il faut plutôt
00:43:25avoir une opportunité.
00:43:26Il faut se lancer
00:43:29en assumant
00:43:30qu'on va faire
00:43:32des erreurs.
00:43:33Ce n'est pas grave
00:43:34si vous avez
00:43:35la capacité
00:43:36de vous interroger,
00:43:38de vous questionner
00:43:38et de corriger vite.
00:43:40Moi,
00:43:40j'ai fait plein d'erreurs
00:43:41dans ma vie.
00:43:42Vous n'en avez pas
00:43:43raconté beaucoup.
00:43:44Oui, vous n'avez pas
00:43:44beaucoup raconté.
00:43:45J'en ai fait plein.
00:43:47Peut-être encore
00:43:47un ou deux exemples.
00:43:50Par exemple,
00:43:51sur des choix
00:43:52des gens,
00:43:53j'ai mal choisi
00:43:55quelquefois
00:43:55des gens,
00:43:56des candidats externes.
00:43:58Et quand j'ai réalisé,
00:44:00je n'ai pas procrastiné.
00:44:01J'ai essayé
00:44:02au plus vite
00:44:03de régler le problème.
00:44:04Pour nous deux,
00:44:05pour la personne
00:44:05que j'ai mal choisi
00:44:06et pour moi.
00:44:07Des investissements
00:44:08dans la tech
00:44:09qui n'ont pas marché,
00:44:11par exemple,
00:44:11des grands rêves
00:44:13sur des plateformes
00:44:14communes,
00:44:15qui n'ont pas marché.
00:44:17Oui,
00:44:17on dépense de l'argent,
00:44:19mais on apprend
00:44:20quelque chose.
00:44:21Je pense que
00:44:21c'est des investissements
00:44:23dans des startups
00:44:24qui n'ont pas tenu.
00:44:26Il faut faire des erreurs.
00:44:28Essayons de faire
00:44:29des petites erreurs,
00:44:30mais essayons
00:44:31d'apprendre
00:44:32au plus vite possible
00:44:33de ces erreurs
00:44:34et de ne pas les répéter
00:44:35après.
00:44:35Je pense aussi
00:44:36que ce qui est
00:44:37très inquiétant,
00:44:38c'est la crise climatique
00:44:39et environnementale.
00:44:40Là, on a un peu
00:44:41l'impression
00:44:42d'avoir une chape
00:44:43de plomb
00:44:43autour de notre tête
00:44:44sans vraiment
00:44:46voir les actions
00:44:48politiques
00:44:48qui sont faites
00:44:49ou justement
00:44:50beaucoup prôner
00:44:51la prévention.
00:44:53Et du coup,
00:44:54on a un peu
00:44:55des fois du mal
00:44:55à se positionner
00:44:56aussi,
00:44:58nous,
00:44:58dans notre génération,
00:44:59en tant que
00:45:01futur jeune
00:45:02actif
00:45:02dans un monde
00:45:03où en fait,
00:45:03on ne sait pas
00:45:03exactement.
00:45:05Je ne sais pas
00:45:06comment vous voyez
00:45:07vraiment
00:45:07cette crise climatique
00:45:09que nous,
00:45:10on ressent vraiment,
00:45:11encore plus
00:45:11avec cet été
00:45:12qui a été
00:45:12assez intense.
00:45:14Je ressens
00:45:15absolument
00:45:15cette crise
00:45:16climatique
00:45:17et je la vis
00:45:19tous les jours
00:45:20comme vous aussi
00:45:22et certainement
00:45:23les images,
00:45:25les histoires
00:45:26tragiques liées
00:45:27à ça
00:45:27sont terribles
00:45:28et c'est quelquefois
00:45:31difficile
00:45:31de rester
00:45:34et de ne pas
00:45:35devenir émotionnel.
00:45:37néanmoins,
00:45:39il faut se dire
00:45:40OK,
00:45:41vous n'avez pas
00:45:42le choix
00:45:43que de contribuer
00:45:45à ça
00:45:45et je pense,
00:45:47si je peux me
00:45:48permettre,
00:45:49Juliette,
00:45:50vous m'avez mentionné
00:45:51un peu trop
00:45:52le mot
00:45:53État
00:45:53dans votre
00:45:55question.
00:45:56La période
00:45:57dans laquelle
00:45:58l'État
00:45:59vous organisez
00:46:00tout
00:46:00est terminée.
00:46:02Les poches
00:46:03de l'État
00:46:03sont vides.
00:46:04C'est pourquoi
00:46:05on a ce problème
00:46:06budgété
00:46:07partout.
00:46:07La seule manière
00:46:09de résoudre
00:46:10des problèmes
00:46:10si vous,
00:46:12vous vous mettez
00:46:13en route
00:46:14ensemble,
00:46:15seul,
00:46:15en groupe
00:46:16et vous devenez
00:46:18actif
00:46:19vous-même.
00:46:20Attendre
00:46:21que les politiques
00:46:21résoudent
00:46:22les problèmes
00:46:23ce n'est plus
00:46:24le cas
00:46:25et je veux dire
00:46:25ce n'était jamais
00:46:26le cas.
00:46:26Une société
00:46:27vit par la
00:46:29contribution
00:46:29de tout le monde
00:46:30et pas
00:46:32on va attendre
00:46:33jusqu'à une partie
00:46:34de la population
00:46:35nous règle
00:46:36les problèmes.
00:46:38Si vous ne
00:46:39ne réglez pas
00:46:39les problèmes
00:46:40vous-même,
00:46:41idéalement en groupe,
00:46:42ils ne vont pas
00:46:43être réglés.
00:46:44Et le changement
00:46:45climatique,
00:46:46on peut faire
00:46:47beaucoup.
00:46:48Je veux dire,
00:46:48moi je vois
00:46:49chez nous,
00:46:50on était un des
00:46:51pionniers
00:46:52dans cette question.
00:46:54En 2015,
00:46:55on a arrêté
00:46:56l'investissement
00:46:57dans le charbon.
00:46:58À l'époque,
00:46:58les gens disent
00:46:59qu'est-ce que tu fais là ?
00:47:00Tu détruis le rendement
00:47:01d'AXA ?
00:47:02Je dis non.
00:47:03Et on a
00:47:04continué
00:47:05mais avec
00:47:06une direction
00:47:08claire
00:47:09de dire
00:47:09il faut
00:47:10essayer
00:47:11de travailler
00:47:12chaque dimension
00:47:13du climat
00:47:13du point de vue
00:47:15investissement,
00:47:16du point de vue
00:47:16souscription,
00:47:17du point de vue
00:47:17de notre propre
00:47:18consommation
00:47:19pour contribuer
00:47:21le maximum possible.
00:47:22Et chacun
00:47:23et chacune
00:47:24doit contribuer
00:47:25à ça.
00:47:25Je vous en prends
00:47:2630 secondes
00:47:27si vous voulez bien
00:47:27mesdames,
00:47:28parce que vous avez
00:47:29parlé des élections
00:47:30à l'instant
00:47:30de ces échéances
00:47:31électorales
00:47:31en répondant à Juliette.
00:47:32Vous en parliez
00:47:32à Lucie Robquin
00:47:33dans le deuxième épisode
00:47:35de ce podcast.
00:47:36Est-ce que d'autres
00:47:37formes de mobilisation,
00:47:38les conventions citoyennes
00:47:39notamment,
00:47:40qui parlent pas mal
00:47:41aux jeunes,
00:47:41je me permets de parler
00:47:43en votre nom,
00:47:43ce sont des choses
00:47:44qui vous semblent convaincantes.
00:47:45Est-ce qu'il ne faudrait
00:47:45pas multiplier ces formes
00:47:47justement,
00:47:47puisque vous le dites,
00:47:49à la fois de prise
00:47:49de conscience
00:47:49et de propositions
00:47:50collectives ?
00:47:51Alors,
00:47:52j'ai l'honneur
00:47:53d'avoir aussi
00:47:54un passeport suisse
00:47:55et je vote
00:47:57tous les trois mois
00:47:59quand le bulletin arrive
00:48:00et moi je suis très fier
00:48:02de voter
00:48:02et c'est aussi
00:48:03très intéressant
00:48:04de participer
00:48:05à la vie politique
00:48:07suisse.
00:48:08Mais,
00:48:08c'est aussi
00:48:09un élément culturel,
00:48:10on ne peut pas faire ça
00:48:12de jour au lendemain.
00:48:14Et c'est pourquoi
00:48:14il faut bien sûr
00:48:16commencer
00:48:17sur quelque chose.
00:48:18Et aujourd'hui,
00:48:19le débat qu'on a
00:48:20malheureusement,
00:48:21c'est toujours
00:48:21un débat 0-1,
00:48:23référendum
00:48:24ou pas de référendum.
00:48:24Ce n'est pas la question.
00:48:26La question est
00:48:27comment on peut faire
00:48:28participer
00:48:29la population
00:48:30plus
00:48:31dans des décisions
00:48:32politiques
00:48:33et il y a
00:48:34des sondages,
00:48:35il y a des
00:48:35conventions citoyennes,
00:48:37mais
00:48:37une fois
00:48:39qu'on a
00:48:40cité,
00:48:41qu'on a
00:48:41sondé le peuple,
00:48:43il faut aussi
00:48:43faire quelque chose
00:48:44avec ça.
00:48:45Je veux dire,
00:48:46le format à l'époque
00:48:47du grand débat
00:48:48était formidable.
00:48:50Les gens
00:48:51se sont
00:48:52impliqués,
00:48:52se sont
00:48:54respectés,
00:48:55mais je prends
00:48:56ce cahier
00:48:57de dolérance
00:48:58et je dis,
00:48:59moi,
00:48:59qu'est-ce qui était
00:49:00implémenté ?
00:49:02Malheureusement,
00:49:03très peu.
00:49:03Et ça,
00:49:04ça ne va pas.
00:49:04Le contrat
00:49:05avec le peuple
00:49:06est,
00:49:07si je sens
00:49:07le peuple,
00:49:08je dois aussi
00:49:09décider
00:49:10qu'est-ce que je
00:49:11mets en route
00:49:12ou pas.
00:49:13Donc,
00:49:13c'est bien
00:49:14l'articulation des deux.
00:49:15Ce n'est pas la forme
00:49:15de la convention citoyenne
00:49:16que vous critiquez,
00:49:17c'est la promesse
00:49:18non tenue.
00:49:18Agathe,
00:49:19et ce sera la dernière question.
00:49:20Oui, bien sûr.
00:49:21On a beaucoup parlé
00:49:21de prévention
00:49:22et on a l'impression
00:49:23que l'assurance
00:49:25telle qu'on la connaît
00:49:26va changer.
00:49:27Et on a parlé
00:49:28avec les enjeux cyber
00:49:29et il y a
00:49:30d'une éducation.
00:49:31Donc,
00:49:32est-ce qu'on pourrait
00:49:32voir AXA Education
00:49:33plus tard ?
00:49:34Est-ce que AXA
00:49:35va peut-être
00:49:36dans les primaires
00:49:37parler déjà
00:49:38de ces enjeux
00:49:43dès le plus jeune âge ?
00:49:45Qu'est-ce que va être
00:49:46l'assureur de demain,
00:49:47tout simplement ?
00:49:47Qu'est-ce qu'on doit attendre
00:49:48de notre assureur
00:49:49dans dix ans ?
00:49:50Je suis heureux
00:49:50que je ne suis pas
00:49:51le seul
00:49:51qui a du mal
00:49:52avec les Français.
00:49:53Non,
00:49:54le rôle de l'assureur
00:49:56va fondamentalement changer.
00:49:59Hier,
00:50:00on était
00:50:00l'institution
00:50:01de paiement
00:50:02de sinistre.
00:50:03Aujourd'hui,
00:50:04on devient
00:50:04de plus en plus
00:50:06l'institution
00:50:07de prévention,
00:50:08aider les gens
00:50:09de vivre
00:50:09une meilleure vie.
00:50:10Je pense
00:50:11dans dix,
00:50:12dans quinze,
00:50:13dans vingt ans,
00:50:14l'assureur
00:50:15devient beaucoup plus
00:50:16un orchestrateur
00:50:18d'une communauté,
00:50:19comme un peu,
00:50:19comme Facebook,
00:50:21des gens
00:50:22qui veulent vivre
00:50:23une meilleure vie,
00:50:24qui veulent se protéger
00:50:25dans leur vie.
00:50:27Et AXA peut aider
00:50:28en one-on-one,
00:50:29mais peut aussi aider
00:50:31avec la communauté.
00:50:34Et c'est ça,
00:50:35la grande puissance,
00:50:37aider avec l'exemple
00:50:39et la bonne pratique
00:50:40de l'autre.
00:50:48C'est le questionnaire
00:50:49Retour vers le futur
00:50:50du monde d'avance.
00:50:50On l'inaugure avec vous.
00:50:52Dix minutes,
00:50:53dix questions possibles.
00:50:55Thomas Buberle,
00:50:56comme le futur
00:50:56est aussi fait de hasard,
00:50:57vous allez tirer au sort
00:50:58les questions
00:50:59que je vais vous poser
00:50:59si vous voulez bien.
00:51:00Il y a des cartes devant vous.
00:51:01Je vous laisse retourner
00:51:02la première.
00:51:03On va au milieu.
00:51:04Au milieu.
00:51:05C'est la première.
00:51:06Eh bien, écoutez,
00:51:06c'est simple.
00:51:06Que vouliez-vous faire
00:51:08à vingt ans ?
00:51:10J'ai voulu être organiste.
00:51:13C'est raté.
00:51:14Oui, j'étais sur une bonne voie.
00:51:18mais à l'époque,
00:51:19j'étais au courant
00:51:21qu'il faut aussi être capable
00:51:22de chanter.
00:51:23Je ne peux pas chanter.
00:51:24j'ai procrastiné
00:51:25jusqu'au dernier examen
00:51:27où c'était fini.
00:51:28Il fallait être capable
00:51:29de chanter.
00:51:29Pourquoi ?
00:51:30Parce que les emplois
00:51:30étaient dans les temples
00:51:31ou dans les églises.
00:51:33Dans les églises,
00:51:34il faut être capable
00:51:35de jouer
00:51:35et aussi jouer
00:51:39avec les gens
00:51:40qui sont là
00:51:40et être capable
00:51:42de chanter.
00:51:42Puisqu'on est quand même
00:51:43sur vos vingt ans,
00:51:44je me permets de rajouter
00:51:44une question dans la question.
00:51:46On est quelques années
00:51:47après la chute du mur
00:51:49et vous êtes né
00:51:50en Allemagne.
00:51:51Le monde tel qu'il s'annonce
00:51:52à ce moment-là,
00:51:53vous le voyez comment ?
00:51:55Excitant.
00:51:55Je me rappelle encore
00:51:56très bien,
00:51:56j'étais à l'école
00:51:58quand le mur est tombé
00:52:00et le soir,
00:52:02dans n'importe quelle ville
00:52:03allemande,
00:52:04ils ont improvisé
00:52:06une grande fête
00:52:07et on était
00:52:08toute la soirée là
00:52:09et c'était vraiment
00:52:10le début
00:52:11d'une phase excitante.
00:52:13Je me rappelle encore
00:52:14très très bien de ça.
00:52:15Un monde dans lequel
00:52:15on avait envie de vivre
00:52:16et de grandir.
00:52:17ma première grande tour
00:52:19en auto,
00:52:20parce que je viens
00:52:21d'avoir 18 ans
00:52:22à l'époque,
00:52:22j'ai pris avec mon frère
00:52:24la voiture de ma mère
00:52:26et on a visité
00:52:28l'Est de l'Allemagne.
00:52:30Vous aviez prévenu
00:52:30votre mère quand même ?
00:52:31Bien sûr.
00:52:32Bien sûr.
00:52:33C'était quoi comme voiture ?
00:52:35C'était un Opel Corsa.
00:52:38Deuxième question ?
00:52:39Oui ?
00:52:39Je vous laisse la...
00:52:40On reste au milieu.
00:52:42On reste au milieu.
00:52:42Donc, c'est la numéro 7.
00:52:44Quel a été le plus heureux hasard
00:52:46de votre carrière ?
00:52:48J'en ai eu plein,
00:52:50mais le plus heureux,
00:52:53c'était le rencontre
00:52:55avec mon premier cheval.
00:52:57Parce qu'à l'époque,
00:52:59j'ai commencé l'équitation
00:53:00et j'ai sous-estimé
00:53:04l'effet extrêmement calmant
00:53:10et caring d'un cheval.
00:53:12Le soin ?
00:53:13Le soin, exactement.
00:53:14Vous aviez quel âge ?
00:53:15À l'époque, j'ai eu 6-7 ans.
00:53:176-7 ans ?
00:53:17Et ça, c'est un souvenir heureux
00:53:19de votre carrière ?
00:53:20Oui, oui.
00:53:20Parce que je l'ai...
00:53:21Alors, après,
00:53:22je me suis arrêté
00:53:23et j'ai recommencé en 2020,
00:53:26juste avant le Covid,
00:53:29et j'ai révécu
00:53:31la même sensation.
00:53:34De soin avec le cheval,
00:53:35prendre soin de l'animal ?
00:53:36Non, non, aussi,
00:53:37le cheval prend soin de vous.
00:53:39C'est ça, là.
00:53:40Non, pas moi,
00:53:41prendre soin du cheval,
00:53:43mais le cheval prend soin de vous.
00:53:45Et ça, c'est une leçon ?
00:53:46Oui.
00:53:47Question suivante.
00:53:496.
00:53:50La 6.
00:53:51Est-ce qu'on vous a imposé
00:53:53des choix de carrière ?
00:53:54Alors, ça, c'est une blague
00:53:55entre ma mère et moi
00:53:57qu'on a encore aujourd'hui.
00:53:59Parce qu'à l'époque,
00:54:00elle m'a dit,
00:54:01bon, avant que tu te lances
00:54:03dans tes études,
00:54:04fais quelque chose
00:54:05de sérieux
00:54:06et de solide.
00:54:08Et elle m'a proposé,
00:54:09à l'époque,
00:54:09un apprentissage
00:54:11dans une banque.
00:54:13Et toutes mes deux parents
00:54:14m'ont convaincu
00:54:15de le faire.
00:54:16À l'époque,
00:54:17je me suis dit,
00:54:17est-ce que c'est une perte de temps ?
00:54:19Aujourd'hui, je dis,
00:54:20heureusement que je l'ai fait.
00:54:21Parce que ?
00:54:22Oui, parce que j'ai appris
00:54:23beaucoup de sujets de base.
00:54:25J'ai appris comment
00:54:26les gens travaillent ensemble,
00:54:28quels sont les sujets
00:54:29difficiles aussi au travail.
00:54:31Et j'en profite
00:54:32encore aujourd'hui.
00:54:33Je reviens d'ailleurs en arrière.
00:54:34Vous décidez de ne pas
00:54:35devenir organiste.
00:54:37Comment choisissez-vous
00:54:38vos études
00:54:38qui, en plus,
00:54:39vont vous faire voyager ?
00:54:40Alors oui,
00:54:41c'était vraiment
00:54:42par la banque.
00:54:43Quand j'étais dans la banque,
00:54:44j'ai découvert un peu
00:54:45le monde économique,
00:54:47le monde des marchés.
00:54:48Et là,
00:54:49parce que mon père,
00:54:51il a énormément voyagé.
00:54:52Je me rappelle encore très bien,
00:54:53on a,
00:54:53mon frère et moi,
00:54:55toujours une collection
00:54:57de ses passeports.
00:54:58Parce qu'il y a beaucoup
00:54:58de visas
00:54:59et ils ont été
00:55:00très vite remplis.
00:55:01Et quand il a parlé
00:55:02de ses voyages,
00:55:04quand il a invité des gens,
00:55:05des clients,
00:55:06des amis à la maison,
00:55:08on était quasiment
00:55:09tout le temps confrontés
00:55:10à l'international.
00:55:11Et je me suis dit,
00:55:11OK,
00:55:12il faut absolument
00:55:14que je vive aussi ça.
00:55:16Et c'est pourquoi
00:55:16j'ai choisi des études
00:55:17qui m'ont amené
00:55:18vers l'étranger.
00:55:19Et par ailleurs,
00:55:20mon frère a fait
00:55:20la même chose.
00:55:22Question suivante.
00:55:24Deux.
00:55:24On est obligé
00:55:25de s'éloigner du centre
00:55:26à un moment,
00:55:26vous en êtes conscient.
00:55:27Quelle est la décision
00:55:29la plus importante
00:55:30de votre vie ?
00:55:30Et vous pouvez répondre
00:55:31aussi bien sur votre vie
00:55:32professionnelle
00:55:32que sur votre vie personnelle.
00:55:34C'était à l'époque
00:55:35de prendre le latin
00:55:37comme première langue.
00:55:40C'était à quel âge
00:55:40en Allemagne ?
00:55:41Je n'ai pas idée d'ailleurs.
00:55:42C'était à l'âge
00:55:43de 11 ans,
00:55:45quelque chose comme ça.
00:55:47Non, 10 ans.
00:55:4811-10 ans,
00:55:49quelque chose comme ça.
00:55:50Parce que c'était
00:55:50pour moi
00:55:51un choix très structurant
00:55:53dans le sens
00:55:54que j'ai appris
00:55:54une langue
00:55:55avec beaucoup d'histoires.
00:55:56mais j'ai aussi
00:55:57appris une langue
00:55:58qui m'a appris
00:55:59la pensée systématique
00:56:01et systémique
00:56:03et aussi une langue
00:56:04qui a nécessité
00:56:05beaucoup,
00:56:05beaucoup de discipline.
00:56:06Et aujourd'hui,
00:56:08ça m'aide encore aujourd'hui.
00:56:09Et le secret
00:56:10de votre excellente maîtrise
00:56:11du français,
00:56:12c'est d'avoir fait du latin ?
00:56:13C'est peut-être le latin.
00:56:14Non.
00:56:14C'est peut-être le latin ?
00:56:18Vous avez commencé
00:56:19à quel âge ?
00:56:19D'ailleurs,
00:56:19je me permets,
00:56:20parce que vous avez une langue.
00:56:21Ça, c'était à l'âge
00:56:22de 16,
00:56:23mais quand je suis arrivé
00:56:25en France,
00:56:26il y a 10 ans,
00:56:27mon français
00:56:28était plutôt rouillé.
00:56:30Et j'ai connu
00:56:31quelques phrases
00:56:32et quelques mots,
00:56:33mais ce n'était pas
00:56:34au même niveau
00:56:35qu'aujourd'hui.
00:56:36Et heureusement,
00:56:38mes collègues
00:56:39chez AXA
00:56:39m'ont donné
00:56:40beaucoup de cours
00:56:42de langue
00:56:42dans les réunions,
00:56:44parce que j'ai
00:56:44très vite compris,
00:56:46sans le français,
00:56:46ça va devenir difficile
00:56:47en France.
00:56:48Même si AXA
00:56:49est un groupe international ?
00:56:50Oui, mais quand même,
00:56:51avec des racines françaises.
00:56:53Oui.
00:56:54Quel est votre
00:56:55plus rude échec
00:56:57ou votre plus rude renoncement ?
00:56:58Je n'ai jamais
00:56:59renoncé à quelque chose.
00:57:02Alors,
00:57:02je vous donne
00:57:03des rudes échecs récents,
00:57:05c'est les chutes
00:57:06de cheval.
00:57:08Et chaque fois,
00:57:09on se dit
00:57:09oulala,
00:57:10est-ce qu'il faut s'arrêter
00:57:11ou est-ce qu'il faut recommencer ?
00:57:13On remonte,
00:57:13non, c'est ça.
00:57:14Et chaque fois,
00:57:15c'est comme après un accident,
00:57:16il faut conduire.
00:57:18Et oui,
00:57:19j'ai eu plein d'échecs
00:57:19dans ma vie,
00:57:21mais je n'ai jamais renoncé.
00:57:23J'ai toujours essayé
00:57:24de faire mieux
00:57:25et d'essayer d'apprendre
00:57:27aussi de mes erreurs
00:57:28que j'ai faites.
00:57:30Vous auriez des conseils
00:57:31à donner ?
00:57:31Celles et ceux
00:57:32qui n'ont pas
00:57:33ce tempérament
00:57:34ou cette résilience,
00:57:35ça s'apprend ?
00:57:36C'est une affaire de caractère ?
00:57:37Ça se travaille ?
00:57:38Non,
00:57:39il ne faut jamais s'arrêter.
00:57:41Je veux dire,
00:57:42il n'y a pas
00:57:42une mauvaise solution.
00:57:44quand il y a peut-être
00:57:45une mauvaise solution,
00:57:46ça veut dire
00:57:46qu'on n'a pas encore
00:57:47bien travaillé
00:57:48pour trouver
00:57:48la bonne solution.
00:57:50Et dans la vie,
00:57:51il faut toujours essayer,
00:57:52il ne faut jamais renoncer.
00:57:53Donc,
00:57:53il y a une morale
00:57:54du travail derrière.
00:57:55C'est le latin.
00:57:56C'est le latin qui revient.
00:57:58Neuf.
00:57:59Neuf.
00:57:59Comment réagissez-vous
00:58:01quand on vous dit non ?
00:58:02Très difficile.
00:58:03Vous avez dit
00:58:04je ne renonce à rien
00:58:05et quand quelqu'un
00:58:05me dit non,
00:58:07vous êtes relancé
00:58:08après,
00:58:08tout de suite.
00:58:10Question suivante,
00:58:11je crois que vous voulez
00:58:12préciser une autre chose.
00:58:13Non,
00:58:13pour moi,
00:58:14un non,
00:58:14c'est une invitation
00:58:15d'essayer encore une fois.
00:58:17D'accord.
00:58:18Et votre rapport
00:58:18à l'autorité
00:58:19plus généralement ?
00:58:19Parce que parfois,
00:58:20il y a des...
00:58:21Y compris,
00:58:22ça s'est construit comment
00:58:22quand vous étiez enfant
00:58:23à la maison
00:58:24ou à l'école ?
00:58:25Avec vos maîtres ?
00:58:26Bien sûr,
00:58:27j'ai grandi
00:58:28dans une période
00:58:30dans laquelle
00:58:30les autorités
00:58:32ont été très respectées,
00:58:34très acceptées.
00:58:35Mais j'ai aussi
00:58:36appris
00:58:37dans le temps
00:58:37que ces autorités
00:58:40sont des humains
00:58:42et des gens normaux
00:58:43comme vous et moi.
00:58:45Et je pense
00:58:46aujourd'hui,
00:58:48j'ai un rapport
00:58:50assez normal
00:58:51aux autorités.
00:58:52Ce n'est pas des dieux
00:58:53ou des gens
00:58:55où il faut avoir peur.
00:58:57Et deuxièmement,
00:58:57il ne faut pas
00:58:58soi-même
00:58:59ne se prendre pas
00:59:00trop important
00:59:02et trop sérieux.
00:59:03On a le temps
00:59:04d'une dernière carte.
00:59:05Oh là là,
00:59:06que d'un,
00:59:06ok.
00:59:07Extrême-gauche.
00:59:08Et c'est la 3.
00:59:09Je ne commenterai pas.
00:59:11Quel est le conseil
00:59:11le plus précieux
00:59:12qu'on vous a donné ?
00:59:13Alors,
00:59:14le conseil
00:59:15le plus précieux
00:59:16était le suivant.
00:59:18C'était pendant
00:59:19le processus
00:59:20de succession
00:59:21pour mon poste actuel.
00:59:23Donc,
00:59:23succession
00:59:23d'Henri De Castro
00:59:24qui lui-même
00:59:25avait succédé
00:59:26à Claude Bébéard.
00:59:27Voilà,
00:59:27exactement.
00:59:27Je ne vous cache pas
00:59:28qu'on se disait
00:59:28avec Lucie Ropquin
00:59:29qui va vous interroger
00:59:30dans quelques instants.
00:59:31Dans l'absolu,
00:59:32c'était une rude succession
00:59:33quand même.
00:59:34Oui,
00:59:35on va en parler après.
00:59:36Le conseil
00:59:37était,
00:59:38à l'époque,
00:59:39on a étudié
00:59:40avec celui
00:59:40qui m'a accompagné
00:59:41les règles
00:59:42de son Benoît.
00:59:43Et dans ces règles,
00:59:45j'ai trouvé une
00:59:46qui m'a énormément
00:59:48impressionné.
00:59:49dirigez-vous vers des gens
00:59:53desquels vous
00:59:54n'attendez rien.
00:59:57Ça veut dire
00:59:58qu'il faut être ouvert
00:59:59aux rencontres
01:00:00avec les gens.
01:00:01Il ne faut pas toujours
01:00:01avoir un agenda.
01:00:03Et quand vous arrivez
01:00:04à un rendez-vous
01:00:05et vous ne savez pas
01:00:06quoi discuter,
01:00:08vous découvrez
01:00:09des choses
01:00:10incroyables.
01:00:12Thomas Mueberl,
01:00:13merci beaucoup.
01:00:14Merci de nous avoir
01:00:14accompagnés dans ce premier épisode
01:00:16d'Un Monde d'Avance.
01:00:16Il y avait une forme de risque
01:00:17à accepter de tester
01:00:18un format inédit.
01:00:19Apparemment,
01:00:19vous avez un bon assureur.
01:00:20Merci aussi à celles
01:00:21et ceux qui ont contribué
01:00:22à la réalisation
01:00:23de ce podcast
01:00:24dans les différents
01:00:25services du monde,
01:00:26notamment au service
01:00:26d'économie,
01:00:27représenté dans cet épisode
01:00:28par Lucie Robkin.
01:00:29Merci aussi à Judith
01:00:30Jakubowicz,
01:00:31tête chercheuse
01:00:32et coach
01:00:32de nos étudiantes
01:00:33et jeunes diplômés,
01:00:35Juliette Caro
01:00:35et Agathe Munier,
01:00:36que je remercie également.
01:00:38Chaleureusement,
01:00:39le prochain Monde d'Avance,
01:00:40ce sera avec
01:00:41Christelle Edman,
01:00:42la directrice générale
01:00:42du groupe Orange.
01:00:54Sous-titrage Société Radio-Canada