- il y a 3 heures
Yves Théard reçoit Ségolène Royal. L'ancienne présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes et ex-ministre de l'Enseignement scolaire puis de l'Environnement se présente à la primaire de socialiste qui doit désigner un candidat à l'élection présidentielle.
Ségolène Royal fait le constat d'une crise morale et d'un manque de repères dans la société, elle met en avant son concept d'« ordre juste ». Elle défend également le génie créatif français, la stabilité sociale et l'exemplarité des responsables politiques. Attachée à la fraternité, Ségolène Royal aspire à une France plus paisible et solidaire.
Embarquez Quai n°8. A bord du train, le paysage défile mais les mots, eux, prennent leur temps. Un journaliste, un invité et un trajet pour faire émerger ce qui ne se dit pas ailleurs. Dans un compartiment singulier, une conversation s'installe, explorant ce qui tisse un itinéraire, éclaire une pensée, porte un engagement. Chaque collection emprunte sa propre voie : Didier Varrod s'entretient avec des artistes pour qui la musique est aussi un acte citoyen. Yves Thréard fait revivre à des figures politiques le jour où leur vie a été bouleversée par un événement à résonnance nationale ou internationale. Laure Adler donne la parole aux féministes. Daphné Roulier interroge des personnalités du cinéma, reflet de notre société... Un format inédit, comme une invitation à penser autrement.
Ségolène Royal fait le constat d'une crise morale et d'un manque de repères dans la société, elle met en avant son concept d'« ordre juste ». Elle défend également le génie créatif français, la stabilité sociale et l'exemplarité des responsables politiques. Attachée à la fraternité, Ségolène Royal aspire à une France plus paisible et solidaire.
Embarquez Quai n°8. A bord du train, le paysage défile mais les mots, eux, prennent leur temps. Un journaliste, un invité et un trajet pour faire émerger ce qui ne se dit pas ailleurs. Dans un compartiment singulier, une conversation s'installe, explorant ce qui tisse un itinéraire, éclaire une pensée, porte un engagement. Chaque collection emprunte sa propre voie : Didier Varrod s'entretient avec des artistes pour qui la musique est aussi un acte citoyen. Yves Thréard fait revivre à des figures politiques le jour où leur vie a été bouleversée par un événement à résonnance nationale ou internationale. Laure Adler donne la parole aux féministes. Daphné Roulier interroge des personnalités du cinéma, reflet de notre société... Un format inédit, comme une invitation à penser autrement.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:07Musique
00:19Bonjour Cigolène Royal.
00:20Bonjour.
00:21Est-ce que vous partagez ce constat comme quoi la France dégringole,
00:25que ce soit la démographie, que ce soit le niveau scolaire,
00:28que ce soit évidemment son économie, sa place dans le monde ?
00:32Vous partagez déjà ce constat avant qu'on parte vers l'avenir ?
00:35Oui, bien sûr. C'est ça qui est triste d'ailleurs.
00:38Et notamment pour les jeunes générations,
00:40parce qu'elles se disent, mais nous, qu'est-ce qui va nous rester, en gros ?
00:44Et puis même les retraités, j'en entendais hier,
00:46qui répondaient en disant une phrase toute simple,
00:50qui disait, mais avant, on était heureux.
00:51Ça fait mal au cœur. Avant, on était heureux.
00:54Et maintenant, avec la hausse des prix,
00:56avec la dégradation de tout, le manque de repères,
00:59les guerres à nos portes, la crise climatique...
01:01Mais la faute à qui ? Aux responsables politiques aussi, non ?
01:03Bien sûr. Mais bien sûr.
01:04Vous vous mettez dedans ou pas ?
01:05Non.
01:06Non.
01:06Je ne me mets pas dedans, parce que dans les responsabilités politiques que j'ai eues,
01:10j'ai agi et j'ai la preuve de mes actions,
01:14que ce soit sur le réchauffement climatique,
01:16que ce soit sur la lutte contre les maltraitants sur les enfants,
01:19sur l'exigence scolaire,
01:21j'ai été ministre de l'enseignement scolaire,
01:22sur la présidence de Poitou-Charentes,
01:25avec l'excellence environnementale,
01:27la voiture électrique déjà, vous vous rendez compte ?
01:29Il y a 20 ans, la voiture électrique, si j'avais été suivie,
01:32mais ça aurait été extraordinaire.
01:34On aurait été les champions mondiaux du véhicule électrique.
01:37Vous êtes de ceux qui ont plutôt anticipé ?
01:39Je pense avoir anticipé et malheureusement,
01:42n'avoir pas été souvent suivie.
01:44Sauf quand j'avais la responsabilité des affaires publiques.
01:48C'est pour ça que vous avez toujours voulu être présidente de la République ?
01:53Je n'ai pas toujours voulu être présidente de la République.
01:55Ah bon ?
01:55Non, je crois que ce sont les circonstances.
01:57Ils font que...
01:58Ils font que je n'ai pas de dégo à ce point développé,
02:01de me dire je suis la meilleure, etc.
02:04Alors est-ce que, on a évoqué plusieurs crises,
02:08mais très très très rapidement,
02:09est-ce qu'à ces crises-là,
02:11il n'y a pas aussi une crise morale,
02:13en fait, qui traverse notre pays ?
02:15Si.
02:16C'est-à-dire qu'il n'y a plus d'autorité ?
02:17Comment ça se manifeste ?
02:18Il n'y a plus de repères.
02:19Il n'y a plus de repères.
02:20Il n'y a plus de repères.
02:20Oui.
02:21Où est le bien ?
02:21Où est le mal ?
02:23Quels sont les objectifs à atteindre ?
02:26Où est la récompense des efforts ?
02:27Où est la justice sociale ?
02:29Bien sûr qu'il n'y a plus de morale.
02:31Et donc les gens se demandent
02:32qui va remettre cette morale, ces repères ?
02:34C'est ce que j'appelle l'ordre juste.
02:36C'est quoi exactement l'ordre juste ?
02:37L'ordre juste, c'est une morale publique, justement.
02:39C'est la morale publique.
02:40Oui, là aujourd'hui, les gens sont confrontés
02:43à la hausse des prix des carburants
02:44et des prix de l'énergie.
02:46Donc c'est quoi l'ordre juste ?
02:48C'est d'empêcher que certains,
02:49à cause de cette crise des carburants,
02:51s'en mettent plein les poches.
02:52C'est très injuste.
02:54Et c'est le chaos, c'est très désordonné.
02:56Alors qu'est-ce qui se passe ?
02:58C'est qu'il y a une spéculation
02:59sur le prix du baril de pétrole.
03:01Les raffineries n'ont jamais gagné autant d'argent.
03:03Les transporteurs de pétrole
03:04n'ont jamais gagné autant d'argent.
03:05Les distributeurs n'ont jamais gagné autant d'argent.
03:07Puisqu'ils se payent en pourcentage
03:09sur l'augmentation du prix du brut
03:11qui lui-même est la conséquence d'une spéculation.
03:14Et à la fin, c'est le consommateur qui paye,
03:16c'est nos usines, nos entreprises, nos artisans
03:18qui sont en faillite.
03:20Et des gens qui ne se déplacent plus
03:22pour aller travailler parfois.
03:23Donc un effondrement économique
03:24qui menace aujourd'hui toute l'Europe.
03:27On a une devise,
03:29liberté, égalité, fraternité.
03:32Quel est pour vous le mot le plus important des trois ?
03:35C'est fraternité.
03:37Ah bon ?
03:37Oui, je l'ai toujours dit.
03:39L'ordre juste, ça fait partie de la fraternité.
03:41Bien sûr.
03:42Oui.
03:42Et pourtant, c'est celui qui est le moins considéré finalement.
03:44Oui, mais c'est le plus important.
03:45Celui dont on parle le moins.
03:46C'est le plus important.
03:48Oui.
03:48La fraternité, d'abord, c'est la cohésion nationale.
03:51C'est le fait de prendre soin les uns des autres.
03:53Oui.
03:53C'est le fait qu'un pouvoir en place ne doit pas s'aimer lui-même,
03:58mais d'abord aimer le peuple qui lui a confié provisoirement le pouvoir.
04:02C'est le sentiment que parce que, en effet, les efforts seront équitablement répartis,
04:07qu'on peut donner le meilleur de soi-même et qu'il faut refuser le repli sur soi.
04:11Et c'est surtout de renoncer à la gouvernance par la peur que l'on subit maintenant depuis des années.
04:18Les responsables politiques ou ceux qui dirigent ce pays n'ont pas un discours suffisamment positif,
04:26suffisamment allant, enthousiasmant pour l'avenir ?
04:29C'est pas seulement le discours, c'est leur posture.
04:32Et c'est les raisons au nom desquelles ils agissent.
04:35Parce qu'une vraie démocratie, c'est d'expliquer au peuple au nom de quelles raisons on prend telle ou
04:40telle décision.
04:41Et là, quand même, avec le Macronisme, on a subi des décisions autoritaires, inexpliquées, arrogantes.
04:49Quand le peuple souffre, par exemple les Gilets jaunes, les pouvoirs ne se remettent pas en cause.
04:55Et pourtant, il y en a un qui avait dit, il faut se réinventer, et moi le premier.
04:58– Oui, pourtant. – La promesse n'est pas…
05:02– Je pense que c'est le pouvoir qui rend fou, en fait.
05:04– Alors, c'est le pouvoir qui rend fou. Mais vous êtes une femme de pouvoir.
05:07– Oui, mais moi, je n'ai jamais considéré, si vous voulez, que j'étais une femme de pouvoir
05:13parce que je suis meilleure que les autres. J'ai jamais pensé ça.
05:16D'ailleurs, j'ai inventé la démocratie participative.
05:19– Oui.
05:19– Le problème, c'est qu'un président qui est élu, il va penser que c'est grâce à lui,
05:22qu'il est le meilleur que les autres, et donc qu'il a tous les pouvoirs,
05:26et qu'il peut décider de tout tout seul.
05:28Mais c'est dramatique.
05:29– Alors, justement, précisément, vous mettez le doigt sur quelque chose de très important.
05:33Est-ce que pour réinventer notre pays, pour que ce pays aille mieux,
05:38est-ce qu'il faut aussi changer les institutions,
05:41pour arrêter qu'il y ait une espèce de personnalité,
05:44un démiurge ou un thomaturge qui gouverne ce pays ?
05:48– Il y a beaucoup de propositions sur le changement des institutions.
05:51– Oui.
05:52– Mais c'est assez pervers, parce que c'est faire porter aux institutions
05:57la responsabilité des abus de pouvoir.
05:59– Oui.
05:59– Les institutions ne sont pas responsables des abus de pouvoir.
06:02– Oui.
06:02– Donc l'enjeu, c'est d'habiter autrement les institutions.
06:05– C'est ça.
06:06– D'habiter autrement les institutions.
06:07– Ce sont les hommes et les femmes qui font les institutions.
06:09– Absolument. Dans leur état d'esprit, dans leur posture,
06:14dans leur conception du pouvoir, comme disait Marc Bloch,
06:18vous savez, il y a un fondamental, essentiel, en tout cas pour moi en politique,
06:22c'est notre peuple mérite d'être mis dans la confidence.
06:26C'est la démocratie participative, au fond.
06:29– Oui.
06:29– Et pas qu'avec des mots…
06:30– Comment vous la traduisez, cette démocratie participative ?
06:32– C'est ça, notre peuple mérite d'être mis dans la confidence.
06:35C'est de considérer que tout citoyen est votre égal.
06:38Un citoyen est l'égal du président de la République.
06:41Quel que soit son vote, il a une légitimité à s'exprimer.
06:44Et par conséquent, le peuple en général a la même légitimité que les dirigeants,
06:49puisque c'est le peuple qui vous donne ce pouvoir, qui vous le confie provisoirement.
06:54Donc vous avez la responsabilité, comme disait Anna Arendt d'ailleurs, merveilleusement,
06:59chaque fois que vous prenez une décision, c'est d'expliquer au nom de quel principe vous la prenez.
07:03Vous voyez, quand on nous fait, sur la gestion du Covid, par exemple,
07:07nous avons été pris pour des enfants, pour des immatures,
07:10cette bande d'hommes là, tous les matins, qui nous donnaient le nombre de morts,
07:13pour bien nous faire peur.
07:14– Oui.
07:14– Et des jeunes qui ne s'en sont pas remis d'ailleurs, de l'isolement pendant le Covid,
07:18c'est grave, ils n'ont jamais été soignés ensuite, contrairement aux promesses qui avaient été faites.
07:22Alors qu'il aurait fallu utiliser l'intelligence collective, dire au maire,
07:26qu'est-ce que vous pensez, quelle configuration vous avez,
07:29alors que là, la règle a été imposée partout,
07:32un bistrot de campagne comme un endroit où il y avait 200 personnes.
07:36– Il faut gouverner en ayant recours beaucoup au référendum,
07:41justement, pour donner la parole aux citoyens ?
07:43– Je ne crois pas.
07:44– Ah bon ? C'est contradictoire alors, non ?
07:47– Non, parce que le référendum, c'est très artificiel.
07:49– Ah.
07:50– Parce que la question va être schématique,
07:52parce qu'il va y avoir une campagne électorale qui va encore épuiser les gens,
07:56faire des disputes, coûter cher, alors que, vous savez,
08:00si vous interrogez les gens, si vous faites des sondages plus élargis que ceux qui existent,
08:04vous avez ce que les gens pensent, il faut partir du principe
08:07que les citoyens sont intelligents.
08:10Macron nous a fait croire le contraire, et souvent les dirigeants en général,
08:13vous êtes des idiots, donc on va décider à votre place,
08:15ou vous votez contre la réforme des institutions européennes,
08:18mais ce n'est pas grave, on va quand même vous taper sur la figure
08:21et puis faire le contraire.
08:22Mais non, les gens sont très réfléchis.
08:25– C'est des conférences citoyennes ? Comment ça se passe ?
08:27– Et c'est déjà quand il y a un mouvement social, de se dire,
08:31« Mais pourquoi il y a ce mouvement social et comment je réponds aux préoccupations ? »
08:35– Oui.
08:35– Je vous dis une chose, si moi j'arrive aux responsabilités,
08:38je ne sais pas, je ne sais pas si je le disais,
08:40il n'y aura pas de mouvement social.
08:42Il y aura une France en paix, il y aura une France paisible.
08:45Car comment imaginer avec les problèmes que nous avons,
08:49les défis à relever entre la crise climatique, les guerres,
08:53le problème de la compétitivité de la France,
08:55la dégradation de l'éducation, les problèmes sur la santé, etc.,
08:58la souffrance psychologique des jeunes,
09:01on puisse encore se permettre d'avoir des mouvements sociaux ?
09:03Le coût économique, social et diplomatique même,
09:08des gilets jaunes, des manifestations pour les retraites,
09:12tout ce monde-là ayant été d'ailleurs matraqué,
09:14on matraque les gilets jaunes, on matraque les manifestations pour les retraites,
09:17ils ont envoyé les matraques sur les infirmières,
09:19ils ont envoyé les matraques contre les pompiers,
09:21ils ont envoyé les matraques contre les agriculteurs,
09:23mais c'est…
09:23– Certes, mais le monde que vous nous décrivez…
09:26– Le coût économique, les gilets jaunes, il fallait retirer la taxe carbone,
09:28en 24 heures, c'était fini, les retraites, il fallait arrêter d'y toucher.
09:31– Le monde que vous nous décrivez, c'est un peu le monde des bisounours,
09:33il y a toujours… en plus, la France n'est pas seule au monde,
09:36elle vit dans un environnement compliqué,
09:39il y a de plus en plus de conflits,
09:41elle a moins de partenaires,
09:44les Américains,
09:45il y a de grosses menaces un peu partout dans le monde.
09:48– Oui, récent plus pour que ce soit la paix à la maison.
09:50– Si en plus de tous ces problèmes que vous évoquez,
09:53c'est le bazar dans la maison en France,
09:56les gens sont fatigués de ces remous permanents.
09:59La paix dans la maison en France.
10:00– Pour réinventer la France,
10:02et justement pour faire que ça aille mieux,
10:03pour sortir de toutes les crises qu'on a évoquées,
10:06il faut quand même prendre des décisions.
10:08– Oui.
10:09– Ces décisions, il faut qu'elles soient acceptées par les Français.
10:11– Oui.
10:12– Et comment vous faites ?
10:13C'est quoi votre méthode ?
10:14– Je fais des bonnes décisions.
10:16– Par exemple, si on prend la natalité.
10:17– Oui.
10:18– La natalité qui est vraiment, alors là, un problème majeur,
10:21puisque aujourd'hui en France, il y a plus de morts que de naissances par an.
10:25– Au mois d'août, oui, ça s'est renversé.
10:27– C'est tout à fait nouveau.
10:28Comment vous faites pour régler ce problème-là ?
10:30– D'abord, c'est un problème que je connais bien,
10:32parce que j'étais ministre de la Famille et de l'enfance.
10:35– Et j'étais conseillère de François-Médéran pendant 10 ans,
10:37sur les questions de démographie aussi.
10:39C'était une spécialité universitaire.
10:42Et je me souviens à l'époque,
10:44quand je suivais trimestriellement le nombre de naissances.
10:48Et ce que j'observais, c'est que souvent,
10:50quand il y avait des chutes démographiques dans certaines régions,
10:53c'est quand il y avait eu un grave problème économique.
10:55Une fermeture d'usines.
10:57Et donc, il y avait un lien direct.
10:59– Perte de confiance.
11:00– Une perte de confiance, une peur pour l'avenir, etc.
11:03Aujourd'hui, plus personne ne s'occupe de cela.
11:06C'est devenu un sujet secondaire.
11:08– Est-ce que c'est un problème financier,
11:10parce que les jeunes ménages estiment qu'ils ne sont pas assez aidés ?
11:14Est-ce que c'est un problème de peur de l'avenir, justement,
11:17avec la pollution ?
11:18– Il y a un problème de confiance dans l'avenir.
11:20– Et comment vous restaurez ça ?
11:22– D'abord, j'arrête d'attaquer le service public,
11:25même de la retraite, paradoxalement.
11:27Ils ont essayé, vous avez vu, vous pouvez voir les discours.
11:30Oui, la génération des boomers qui projone,
11:33mais c'est catastrophique ce discours.
11:35– Il y a un peu un conflit générationnel aujourd'hui.
11:37– C'est honteux que des dirigeants alimentent le conflit générationnel.
11:42C'est honteux.
11:43En plus, je voyais l'ancien gouverneur de la Banque de France
11:45qui part à la retraite et qui tape sur les boomers.
11:47Combien il va y avoir de retraite, lui ?
11:49Ses retraites surcomplémentaires, le patrimoine qu'il a accumulé.
11:52Et il se permet de dire qu'il faut retoucher la retraite des Français.
11:56Et donc, un discours politique qui oppose les générations,
12:00ça m'a tellement choquée parce que les jeunes générations sont touchées aussi.
12:05Aujourd'hui, tous les jeunes se disent,
12:06bon, c'est bon, vu le matraquage qu'ils nous font tous les jours,
12:09matin, midi, soir, sur les retraites, on n'aura pas de retraite.
12:12Et donc, la peur de mettre au monde des enfants à la charge desquels on sera,
12:18ça, premièrement, ça c'est un frein parce que c'est un manque de confiance.
12:22Et moi, je considère que le modèle social français
12:24qui est attaqué de toute part, comme d'habitude.
12:26Il faut le préserver ?
12:28Mais c'est indispensable.
12:29Et on nous a dit pendant des années, il faut ressembler à l'Allemagne,
12:32il faut détruire notre modèle social.
12:34Vous avez vu la situation de l'Allemagne aujourd'hui ?
12:35Oui.
12:36Il faut ressembler aux autres, donc on est au-dessus des autres.
12:39Mais on est très, très endettés.
12:40On est plus endettés que tout le monde.
12:42Ce n'est pas à cause du système social.
12:43Mais il contient ce modèle social.
12:45Il rapporte.
12:47Il rapporte le modèle social, je vais vous dire.
12:49Moi, ma conviction profonde, c'est que le génie français,
12:52dans la créativité, dans l'imagination, dans les inventions,
12:56il y a un génie français.
12:57Alors, tous les pays peuvent dire ça,
12:58mais moi, je pense fondamentalement qu'il y a quand même un génie créatif français
13:02qui est en train de disparaître, hélas, malheureusement.
13:05Et ce génie créatif français,
13:07je suis convaincue qu'il tire une partie de son existence
13:10dans la sécurité sociale.
13:13Parce que les gens qui sont en sécurité,
13:15ils peuvent prendre des risques.
13:16Ils peuvent inventer.
13:18On prend des risques, ce n'est pas grave,
13:19on va se faire soigner, nos enfants seront soignés,
13:21il y aura une retraite.
13:22Donc, cette stabilité sociale a fait une partie du génie français.
13:27On a inventé aujourd'hui des transitions.
13:30Et donc, au lieu de nous dire,
13:31pour inventer ces transitions, il y a du déficit,
13:34donc on va casser le modèle social.
13:36Au contraire, c'est le contraire qu'il faut penser.
13:38Il faut sécuriser le modèle social, sans gaspillage, bien évidemment,
13:42mais de toute façon, la capitalisation
13:44ou le détournement vers le privé
13:47va coûter beaucoup plus cher aux gens
13:48parce qu'il faut payer les actionnaires des compagnies d'assurance.
13:50Il faut bien un tarif de sécurité sociale
13:52qu'un tarif de compagnie d'assurance.
13:53C'est comme la parenthèse.
13:55Mais ça, c'est une grosse arnaque de dire aux gens,
13:57mais non, on va recevoir votre retraite,
13:58vous allez vous capitaliser.
13:59Ça fait 20 ans qu'on entend ça, voire 40 ans.
14:02Toujours les mêmes systèmes.
14:03Les banques, les assurances qui sont à l'affût
14:06du système de retraite.
14:07Mais il faut arrêter.
14:08Si elles sont à l'affût du système de retraite,
14:10alors c'est qu'il est rentable.
14:12Et s'il est rentable, pourquoi on ne le laisse pas
14:13aux services publics ?
14:14Vous voyez ce que je veux dire ?
14:16Il y a un paradoxe.
14:18Où vous situez-vous entre ceux qui disent
14:20que, justement, on dépense trop,
14:23on dépense beaucoup trop
14:24et que c'est une des raisons
14:25pour lesquelles la France est en train de s'effondrer,
14:28et ceux qui disent au contraire
14:29qu'il faut beaucoup plus dépenser,
14:31il faut que tout relève de l'État,
14:34de la compétence de l'État,
14:35ou davantage de la compétence de l'État ?
14:37Où est-ce que vous vous situez-vous ?
14:39Vous êtes socialiste ?
14:40Oui, je suis socialiste, oui.
14:42Donc foncièrement antilibérale ?
14:44Au sens où je pense
14:45qu'une solidarité interne dans une société
14:50est productrice de valeurs économiques.
14:54Et que l'économie ne marche pas sans le social.
14:57Ceux qui pensent qu'on peut faire du développement économique
14:59en piétinant le social,
15:00un jour ou l'autre,
15:01ils vont le payer très cher.
15:01Mais dans une société ouverte, néanmoins ?
15:04Dans une société ouverte, ça n'empêche pas.
15:06Pourquoi est-ce que les artisans,
15:07toutes les artisans,
15:08je prends un exemple de la filière chaussure,
15:10de la filière cuir,
15:11où des artisans de qualité ont disparu en France
15:14et sont maintenus en Italie ?
15:15Pourquoi ?
15:16Ce n'est pas logique ça.
15:19Il y a plein d'exemples comme ça qui pourraient être pris.
15:21Pourquoi est-ce qu'on ne valorise pas suffisamment
15:23nos filières d'excellence,
15:25comme l'aéronautique ?
15:26Pourquoi il n'y a pas eu d'avion
15:27pour éteindre les incendies ?
15:29C'est incompréhensible.
15:31Ça l'État est responsable.
15:33Il y a eu des prototypes qui ont été faits par Airbus,
15:35il n'y a même pas eu de commande publique.
15:36Ça, je peux vous dire que j'aurais été au pouvoir
15:38il y a 4-5 ans,
15:39ils auraient eu les commandes publiques.
15:40Comment on anticipe quand on est justement aux affaires ?
15:43Comment vous faites pour anticiper l'avenir ?
15:46Par exemple, là, il y a un défi majeur
15:47qui est celui de l'intelligence artificielle
15:49dont on dit qu'il pourrait détruire
15:52par millions des emplois.
15:55Comment vous anticipez ?
15:56Comment vous vous entourez
15:57pour essayer de prévenir tout ça ?
16:00D'abord, je pense que le principal défi,
16:02c'est celui du dérèglement climatique.
16:04Et que la France était merveilleusement bien placée
16:06puisqu'on a fait l'accord de Paris
16:08sur le climat que j'ai eu.
16:09Oui, c'est parce que vous en êtes un des auteurs.
16:11Et c'est ça.
16:12Et donc, j'ai vu les filières industrielles
16:13qu'on pouvait développer.
16:14Je les ai mis en place, d'ailleurs.
16:16Que ce soit dans l'isolation des bâtiments,
16:18tout a été cassé.
16:18Que ce soit dans les filières aéronautiques,
16:21dans les filières énergétiques,
16:23dans les filières agricoles,
16:24dans la qualité alimentaire,
16:25il y a un potentiel énorme
16:27sur lequel la France
16:28aurait pu être très en avance.
16:30Là, il y a dix ans,
16:31dix ans a été perdu, en fait.
16:33Parce que tout a été cassé.
16:34C'est de l'improvisation.
16:36C'est du grand n'importe quoi.
16:37Les crédits d'impôt ont été supprimés.
16:39Les gens ont dû arrêter
16:39de faire les travaux d'isolation énergétique.
16:41Ils ont remplacé ça
16:42par des chèques énergiques
16:46qui sont fraudés.
16:48cette frénésie
16:49de changements permanents
16:51alors que l'économie...
16:52C'est la stabilité qui...
16:53C'est ça, l'économie.
16:55Les chefs d'entreprise,
16:55ils ont besoin de stabilité.
16:57Je vais vous donner un autre exemple.
16:58J'avais interdit
16:59les sacs plastiques
17:01à usage unique
17:01à cause de la pollution de l'océan.
17:03C'est un vrai fléau.
17:04Et il y avait plusieurs entreprises françaises
17:06qui s'étaient positionnées
17:07sur un marché d'avenir
17:10prodigieux
17:10qui est celui de la production
17:12de plastiques biodégradables.
17:14Et en plus,
17:15c'était imposé au monde entier.
17:16Donc, on aurait pu être
17:17les champions du monde
17:18du plastique biodégradable.
17:21Les gens qui m'ont succédé
17:22ont supprimé.
17:24C'est-à-dire,
17:24vous avez eu des entreprises
17:25qui ont investi dans l'avenir
17:26et du jour au lendemain,
17:28la réglementation a changé
17:29et les sacs plastiques
17:30ont été réutilisés.
17:31Donc, elles ont ruiné
17:32les entreprises
17:33qui se sont engagées
17:34sur ce secteur.
17:35Et dans tous les domaines
17:37d'activité, vous avez ça.
17:38Et ça, c'est des emplois
17:39qui sont non délocalisables.
17:41Il faut commencer par quoi ?
17:42C'est révoltant à la fin.
17:43Il faut commencer par quoi ?
17:44Pour réinventer justement
17:45notre pays.
17:46Par la confiance.
17:48Par la confiance.
17:48Par la confiance.
17:49Et ça, ça passe par des actes
17:51et des discours.
17:52Par une incarnation aussi.
17:53Oui.
17:53Quelqu'un qui y croit,
17:55qui écoute les gens, vous voyez ?
17:56Oui.
17:56C'est l'incarnation de dire
17:57on va y arriver.
17:59Il faut des gens d'expérience.
18:00Il faut des gens d'expérience.
18:01Je pense.
18:02D'expérience et qui ont déjà
18:03réalisé des choses.
18:04C'est ça.
18:04Qu'on peut juger sur leurs actes.
18:06À partir de quel âge
18:07on commence à être expérimenté ?
18:09Ha ha, bonne question.
18:10Mais oui.
18:12Ça dépend.
18:13En tout cas, en politique,
18:14je pense qu'il faut avoir
18:15exercé des mandats.
18:16Oui.
18:16Il faut avoir été élu.
18:17Il faut avoir géré.
18:18Il faut avoir dirigé quelque chose.
18:19Il faut avoir géré
18:20une collectivité locale.
18:21Oui.
18:21On peut venir aussi
18:22d'une entreprise.
18:23Pourquoi pas ?
18:23Ensuite, faire de la politique.
18:25Pourquoi pas ?
18:25Il faut quand même
18:26avoir une expérience
18:27de gérer les gens.
18:29Enfin, d'avoir pris des coups,
18:32de rabaisser son caquet,
18:34de réaliser des choses,
18:36de se dire
18:36« Tiens, il y a des choses astucieuses.
18:37Il faut les soutenir. »
18:38Est-ce que vous avez un modèle
18:39en tête, justement,
18:40d'un homme ou d'une femme
18:41qui ont relancé un pays ?
18:42Par exemple, si je vous dis,
18:44en 1958,
18:46le général de Gaulle ?
18:47Oui, tout le monde
18:48se réfère au général de Gaulle maintenant.
18:49Bien sûr.
18:50Même les moins gaullistes.
18:51Oui, mais avec le général de Gaulle,
18:53il y a quand même eu
18:53sur le plan industriel,
18:54sur le plan financier,
18:55sur le plan économique.
18:56Oui, avec Pompidou aussi.
18:57Et avec Pompidou.
18:58Après, ils n'étaient pas
18:59de votre bord politique, eux ?
19:00Non, mais ils étaient imaginatifs,
19:01ils étaient inventifs.
19:02Et ça, c'est ce que vous revendiquez ?
19:04Bien, oui, oui.
19:05C'est ça qu'il faut faire.
19:06Mais moi, je l'ai prouvé, en plus.
19:07J'entends parler
19:08de la voiture électrique,
19:09vous m'en rendez compte.
19:10Oui.
19:10J'ai créé une usine
19:11de voitures électriques,
19:12avec Euliaise,
19:13avec des...
19:13C'est Peugeot,
19:14c'est les Français
19:15qui ont inventé
19:15la voiture électrique.
19:16Et aujourd'hui,
19:17on est quand même...
19:18Il y a 10 ans,
19:18loin derrière les Chinois.
19:19J'ai produit la bière électrique.
19:21Et maintenant,
19:22on nous dit,
19:22il faut relancer
19:23une voiture électrique.
19:24Mais attendez...
19:25Oui, tout était là, en fait.
19:28Et comment vous faites
19:29face à la concurrence internationale ?
19:31Parce que la concurrence,
19:32on le sait très bien,
19:33va être de plus en plus féroce,
19:35notamment vis-à-vis de la Chine,
19:36des États-Unis, évidemment,
19:38le retour des empires.
19:39Comment vous faites ?
19:40Est-ce que vous prenez
19:41la tête de l'Europe ?
19:43Il faut arrêter
19:44de les sous-estimer.
19:45On a sous-estimé la Chine,
19:46on les a prises
19:47pour des paillassons
19:49avec des leurs bas salaires.
19:51Tout d'un coup,
19:52on s'est rendu compte
19:52qu'ils nous dépassaient.
19:53Et moi, je le voyais.
19:54On le voyait partout.
19:55On est trop sûr de...
19:56Je vais vous dire,
19:56même sur la voiture électrique.
19:57Quand l'usine a fermé,
19:58parce que les industriels français
20:00n'ont pas voulu se coaliser
20:01pour construire
20:02une voiture française électrique
20:03à 10 000 euros,
20:05un peu moins même,
20:06j'étais au côté des ouvriers
20:07le jour où l'usine a fermé.
20:08Je vois arriver un bus,
20:10c'était des Asiètes,
20:11c'était des Chinois
20:12qui ont tout photographié,
20:13qui ont tout vu.
20:14Vous voyez,
20:14ils ont observé,
20:15ils ont travaillé,
20:16ils ont fait ça dans le silence,
20:18dans l'humilité,
20:18et pouf !
20:19Maintenant,
20:19ils nous dépassent.
20:21Quel est votre rapport charnel
20:22à la France ?
20:24Ça passe par quoi ?
20:25C'est un amour de la France,
20:27je pense.
20:27C'est une enfance.
20:29C'est une enfance en Lorraine.
20:32Ensuite, Dakar.
20:33Ensuite, mon père militaire.
20:34La famille,
20:35d'une famille de 8 enfants.
20:37Cette expérience,
20:39cette...
20:39Voilà.
20:40Les enfants moi-même
20:41que j'ai mis au monde,
20:42c'est une continuité.
20:44La famille,
20:44c'est le...
20:45C'est le tronc important.
20:47C'est le tronc important.
20:48Bien sûr.
20:49Bien sûr.
20:49Vous vous souvenez
20:51comment les gens
20:51s'étaient moqués de moi
20:53dans le fameux meeting
20:54de Villepinte
20:55où je disais
20:55que je voudrais
20:58pour les enfants de France
20:59ce que j'ai voulu
20:59pour mes propres enfants.
21:01Et c'est pour ça
21:01que j'ai écrit un livre
21:02qui va garder les enfants,
21:03sous-entendu
21:04les enfants de la patrie.
21:05C'était aussi
21:06une réflexion
21:07qu'on vous avait faite
21:08assez désagréable
21:09de la part d'un de vos concurrents.
21:11Il s'appelle Laurent Fabius.
21:12Mais c'est l'essentiel.
21:13On est en responsabilité politique,
21:15surtout venant de ma génération.
21:17C'est bien pour se dire
21:18peut-être qu'on peut être utile
21:19pour que les nouvelles générations,
21:21on s'en occupe,
21:23on soit bienveillante avec elles,
21:26on identifie leur potentiel,
21:28on leur donne envie d'avancer,
21:29on va leur dire
21:30qu'on va y arriver,
21:31qu'on va se redresser.
21:32Vous êtes d'un naturel optimiste.
21:34Oui.
21:35Oui.
21:36Donc là,
21:36vous êtes plutôt optimiste
21:37pour notre pays.
21:38Oui.
21:39Je suis toujours optimiste.
21:40Moi, je pense que la France
21:40peut se redresser assez vite.
21:42Oui.
21:42Mais elle peut aussi s'effondrer
21:44et devenir sous-développée.
21:47Oui.
21:47Très vite.
21:48Ah ben,
21:48ça peut aller très vite.
21:50Est-ce que vous estimez
21:51que ceux qui gouvernent aujourd'hui
21:53l'ont mis sous terre ?
21:54Ils l'ont mis sous terre.
21:56Oui.
21:56Ça a un peu commencé avant,
21:58il faut être honnête,
21:58parce qu'à la fin du quinquennat précédent,
22:00il y avait aussi
22:02des manifestations
22:03sur la loi travail,
22:05le CICE.
22:06Enfin,
22:06il y a eu aussi des choses
22:07qui ont...
22:08La répression,
22:10les premiers mutilés
22:11dans les manifestations,
22:12c'était,
22:12je me souviens,
22:12à Rennes.
22:13C'est la politique
22:14qui peut...
22:15Tout vient.
22:16La politique peut beaucoup.
22:17Oui.
22:18Je pense.
22:19Parce que c'est une façon
22:21de cristalliser,
22:22ou cristalliser les énergies.
22:24Oui.
22:24Et vous leur dites,
22:25ça va être difficile,
22:26mais il y a tellement
22:26de choses positives
22:28qui peuvent reprendre le dessus.
22:31avec une autorité,
22:32notamment sur le contrôle des prix.
22:33Ça, je pense que c'est crucial.
22:35Parce que si les gens
22:36pétochent sur le...
22:37ont peur sur leur pouvoir d'achat,
22:41c'est...
22:43ils sont fragilisés,
22:45si vous voulez.
22:45C'est très compliqué.
22:47Mais les Français
22:48sont aussi difficiles
22:49à gouverner.
22:50C'est ce que disait
22:50le général de Gaulle.
22:52C'est ce que disait
22:53Emmanuel Macron.
22:54C'est compliqué
22:55de réformer ce pays aussi.
22:57Je ne crois pas, moi.
22:58Non ?
22:58Non, ce n'est pas compliqué.
22:59Ils ne sont pas réfractaires,
23:00les Français.
23:01Non, ce n'est pas compliqué.
23:02Il faut leur expliquer.
23:03Donc, il faut avoir du courage.
23:04Il faut que les décideurs politiques
23:06aient du courage.
23:07Non, et ce n'est pas le courage.
23:08Parce que le problème,
23:09ce n'est pas de réformer
23:10pour réformer.
23:11La thématique de la réforme...
23:13C'est pour que ça aille mieux.
23:14Voilà, c'est pour faire
23:15de bonnes réformes.
23:15Ce n'est pas pareil.
23:17Parce que quand vous avez
23:18tout le discours
23:18d'un mais il faut dégraisser
23:19la fonction publique,
23:20il faut être courageux,
23:21il faut baisser les retraites,
23:22soyez courageux...
23:23C'est idiot.
23:25Ah oui.
23:25C'est complètement idiot.
23:26C'est totalement idéologique.
23:28Pourquoi est-ce qu'on va faire peur
23:29aux gens ?
23:29Mais puis c'est la retraite.
23:30Déjà, si on faisait
23:31l'égalité salariale
23:32homme-femme,
23:33les cotisations sociales
23:34permettraient de l'équilibrer
23:36le régime de retraite.
23:37Donc il faut arrêter
23:38de faire peur aux gens
23:38avec les retraites.
23:39D'accord.
23:39Franchement.
23:40C'est n'importe quoi ça.
23:42Il faut faire des économies ailleurs.
23:44Et où est-ce que vous voulez faire ?
23:45Mais partout.
23:46Sur le fonctionnement de l'État,
23:47sur les structures,
23:48sur les bidules
23:50qu'il y a à l'intérieur
23:51des ministères.
23:51Mais partout,
23:52on peut faire des économies.
23:53Ce n'est pas forcément
23:54des milliards,
23:55mais c'est donner l'exemple.
23:56Et vous voyez par exemple
23:57ceux qui ne se rendent pas compte
23:59de la cherté
24:00du prix de l'essence,
24:02à l'Émini.
24:03Ils ne payent pas leur essence.
24:05Ils ne se rendent même pas compte.
24:06Ce n'est pas pareil
24:07d'aller à la pompe
24:08et puis de sortir son argent
24:09que de véhiculer
24:10dans les voitures officielles
24:12où on ne paye même pas
24:12son essence
24:13pour les déplacements privés.
24:15Ce n'est pas possible ça.
24:16Je vous trouve assez scandinave
24:17dans votre état d'esprit.
24:18Je suis assez scandinave.
24:19Moi je suis pour la sobriété.
24:21C'est la sobriété
24:22qui sauvera la France ?
24:23Non, mais c'est la sobriété
24:24qui donnera l'exemple
24:26d'un pays qui ne gaspille pas.
24:27Parce qu'il faut
24:28le consentement à l'impôt.
24:30Tous les jours,
24:30on entend parler de taxes nouvelles.
24:32Mais c'est d'extravagant
24:32cette histoire.
24:33Est-ce que vous diriez
24:33que notre personnel politique
24:35n'est pas suffisamment exemplaire
24:37justement ?
24:38Et c'est ça qu'il faut réhabiliter ?
24:40Oui, bien sûr.
24:40Il n'est pas exemplaire.
24:42Ça met du temps
24:42à réformer un pays comme ça ?
24:44Non, ça ne met pas de temps.
24:45C'est des règles.
24:46Vous faites ça et puis c'est tout.
24:48Voilà comment vous allez
24:49vous comporter.
24:49Vous êtes exemplaire.
24:50Vous êtes au service du pays.
24:52Vous n'êtes pas là
24:52pour bagnoder
24:53ou je ne sais quoi.
24:55Non, il faut être exemplaire
24:56mais bien sûr.
24:58Et vous avez l'espoir
24:59de pouvoir le faire,
25:00ce pari de changer la France ?
25:02Mais c'est les électeurs
25:03qui vont en décider.
25:04Oui.
25:05Bien sûr.
25:05C'est toujours les électeurs
25:06qui en décident.
25:06Toujours les électeurs
25:07qui en décident.
25:08D'accord.
25:08Ceux qui ont raison.
25:08Si vous étiez aux affaires,
25:10qu'est-ce que vous diriez
25:11aux Français ?
25:12Quelle formule vous auriez
25:13pour eux ?
25:14N'ayez pas peur.
25:15On va y arriver.
25:17Comme le pape.
25:17On a du potentiel.
25:19Et je vais vous dire
25:20dans quel domaine
25:21on a du potentiel.
25:22Donc vous voulez réconcilier
25:23les Français avec eux-mêmes ?
25:25Leur redonner l'estime
25:26d'eux-mêmes
25:27parce qu'à force
25:27de les dénigrer,
25:29de leur taper sur la figure,
25:31ils se demandent encore
25:32quel peuple ils sont.
25:34C'est comme quand
25:35vous élevez un enfant.
25:36Si vous lui tapez sur la figure
25:37ou si vous le critiquez
25:38tous les jours,
25:39l'enfant va échouer.
25:41Il va être malade.
25:42Et ça sera un adulte fragilisé.
25:44Si vous lui dites tous les jours
25:45que ce n'est pas terrible,
25:46mais tu vas y arriver,
25:47tu es le meilleur.
25:48Tu n'es pas le meilleur,
25:48mais tu vas y arriver.
25:49C'est bien.
25:50Regarde ce que tu aurais
25:51déjà réussi à faire.
25:52On va avancer.
25:54L'enfant, ça y est,
25:56il se déploie.
25:57Il donne le meilleur
25:58de lui-même.
25:59Mais si vous le critiquez
26:00tous les jours,
26:00c'est fini.
26:01C'est pareil pour la France.
26:02Et c'est pareil pour un peuple.
26:03Merci, Ségolène Royal.
26:05Merci.
26:08Sous-titrage Société Radio-Canada
26:08Sous-titrage Société Radio-Canada
26:14Sous-titrage Société Radio-Canada
26:15Sous-titrage Société Radio-Canada