Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 heures
En deux décennies, les primaires ont bouleversé la vie politique française. Présentées comme un progrès démocratique destiné à redonner la parole aux militants et à légitimer les candidats, elles ont pourtant produit un paradoxe spectaculaire : en 2017, leurs deux vainqueurs, François Fillon et Benoît Hamon, ont été balayés dès le premier tour de l'élection présidentielle, ouvrant la voie à l'irruption d'Emmanuel Macron et à l'effondrement durable des partis traditionnels.
À travers un récit chronologique haletant, nourri par les archives INA des grands débats télévisés et les témoignages exclusifs d'acteurs clés - favoris, outsiders, petits candidats et sondeurs - Primaires : une machine à perdre ? raconte cette tragédie politique moderne, où chaque scrutin agit comme un révélateur des fractures internes. Des débats de la première primaire socialiste en 2006 organisés sur les chaînes parlementaires à la débâcle de 2017, le film interroge un système qui mobilise, divise, expose... mais peine à rassembler.
Avec la participation de François Hollande, Michel Barnier, Xavier Bertrand, Jean-François Copé, Benoît Hamon, Yannick Jadot, Alain Juppé, Valérie Pécresse, Sandrine Rousseau, Manuel Valls, Frédéric Dabi et Brice Teinturier.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:03Pour qu'une primaire soit réussie, il faut qu'elle porte l'idée d'une victoire.
00:07J'ai le caractère aujourd'hui pour accomplir cette tâche.
00:11Quand il n'y a pas de chef qui s'impose à la totalité des troupes, il faut bien en
00:15choisir un.
00:15C'est de là, de cette primaire, que va émerger le candidat qui peut demain rassembler la gauche.
00:21Une primaire est nécessaire quand il n'y a pas d'autre solution.
00:25Pour devenir président, il faut l'avoir été.
00:27Eh bien moi je pense exactement le contraire.
00:29Les débats, ils peuvent faire apparaître de nouvelles personnalités.
00:32C'est un peu comme dans la télé-réalité.
00:34Chaque personnage finit par incarner une ligne.
00:37Quand la droite est de droite, elle n'a pas besoin de laisser sa place à l'extrême droite.
00:42C'est des débats qu'on n'a jamais ailleurs.
00:44C'est des débats qu'on a très rarement dans d'autres instances.
00:46Il y a une démocratie, la compétition n'a jamais fait de mal à personne.
00:50Les débats, c'est des moments de vérité en fait.
00:52C'est fratricide, c'est forcément violent.
00:55Elle crée plus de divisions qu'elle n'assure de rassemblements.
00:59Mais la division est le produit d'une promesse électorale non tenue.
01:05Il ne m'enregistrait pas là, c'est dommage.
01:07Si.
01:08C'est qu'à part François Hollande qui l'a gagné parce qu'il a beaucoup surfé sur l'anti
01:12-sarkosisme,
01:13jamais un vainqueur de la primaire n'a remporté l'élection présidentielle.
01:17Donc primaire, machine à perdre, oui certainement on peut le dire.
01:48Musique
01:49Il est 20h.
01:53En tête, Jacques Chirac, 20% des voix.
01:55Énorme surprise, Jean-Marie Le Pen semble devoir être le second avec 17% des voix.
02:01C'est une douche froide, le mot est faible.
02:03C'est un véritable état de choc qui règne ici au quartier général de Lionel Jospin.
02:09Le premier tour des élections présidentielles délivre toujours dans notre pays un message très fort.
02:15Ce soir, il est tout à fait bouleversant et nous vivons là les conséquences de la dispersion évidente des voix
02:21de gauche.
02:22Pour son Jean-Pierre Chevènement, 5,3. Noël Mamère, 4,9.
02:25Pour 2002, des candidats n'auraient pas dû se présenter parce que Lionel Jospin avait gouverné avec les socialistes, les
02:36communistes, les écologistes.
02:38Et donc d'avoir voulu faire du premier tour de l'élection présidentielle une primaire, on a eu le résultat
02:43que l'on sait, c'est-à-dire Le Pen au second tour.
02:46Pour la première fois dans l'histoire politique française, le match présidentiel se joue entre la droite et l'extrême
02:56droite.
02:57Pour les socialistes, c'est la fin de la désignation naturelle du leader à l'élection présidentielle.
03:07Les logiques, longtemps, ont été fondées sur la prédominance des partis.
03:13C'était le parti qui faisait qu'il y avait une candidature qui s'imposait.
03:18Dans la famille de gauche, au sens large, il y a de toute façon une culture qu'il faut négocier
03:24en interne.
03:25La verticalité, elle est beaucoup plus propre à un leader désigné de droite qu'à un leader de gauche.
03:32Nous, on n'a pas ces cultures de... Il y a des courants dans le parti.
03:36Nous, on a la culture du chef.
03:38Donc pour nous, le chef, c'était le chef du parti, c'était le candidat naturel.
03:42Dès lors qu'on a douté de la capacité des partis à choisir les candidats, les primaires se sont imposées.
03:50Avec la primaire, pour la première fois, ce jeu est bouleversé.
03:54Ce sont les citoyens eux-mêmes qui peuvent influencer, qui dépossèdent les partis politiques de cette prérogative
03:59en désignant ce candidat directement, sans passer par le filtre traditionnel des partis politiques.
04:10Bonsoir, merci d'être en direct.
04:13Cette soirée est une première dans l'histoire politique de ce pays et c'est une première pour la télévision.
04:19Bienvenue à vous trois sur ce plateau. Laurent Fabius, bonsoir.
04:22Bonsoir.
04:23Dominique Troscan, bonsoir.
04:24Bonsoir.
04:24Et il y a Ségolène Royal qui casse les codes, un certain nombre de codes de gauche.
04:29Ségolène Royal, bonsoir.
04:31Bonsoir.
04:31Et le pays voulait ça.
04:33Et donc dans la primaire, Ségolène Royal a l'incarné, cette demande.
04:37Je voudrais savoir qu'est-ce qui vous différencie les uns les autres ?
04:41Ce qui fait ma différence, c'est déjà aux autres de le dire.
04:44On est parfois peut-être les plus mal placés.
04:48En tout cas, il y en a une qui est visible, sur laquelle je n'insisterai pas.
04:54Il y avait aussi une vraie effervescence avec elle, puisqu'elle était la favorite, non pas des sondages, mais la
05:01favorite des Français,
05:02parce qu'elle avait gagné une vraie légitimité depuis un moment très particulier, les régionales de 2004.
05:08Alors que DSK, Fabius, étaient beaucoup plus classiques.
05:12C'était des gens qui, évidemment, avaient une légitimité, avaient une stature présidentielle, mais ils étaient beaucoup plus classiques.
05:17Il y a toute une série de discussions techniques qu'on peut avoir.
05:20Et il est important de maîtriser la technique.
05:23Mais ce qui compte, c'est le projet politique.
05:25Mon projet, il est social.
05:27Avant tout social, je l'ai dit.
05:29J'avais assez tôt compris, au-delà du lien qui munissait à Ségolène Royal,
05:35qu'elle était portée par une part de l'opinion, et notamment par l'électorat socialiste.
05:41Là, elle était en concurrence avec deux personnalités très fortes,
05:47Laurent Fabius et Dominique Strauss-Kahn, et rien n'y a fait.
05:50Ce que je souhaite, c'est incarner un désir d'avenir.
05:53C'est que la France se dise qu'elle a plein de talents.
05:57Il faut reconnaître l'image de Ségolène Royal, à ce moment-là, est très positive.
06:02Elle change, c'est une femme.
06:04Elle parle directement, traite de la question de la sécurité à travers l'idée de l'ordre juste,
06:09qui est une formidable formule, qui aurait presque dû être totalement le slogan et le cœur de sa campagne.
06:15Oui, je revendique l'objectif d'ordre juste et de sécurité durable.
06:22Pour moi, c'est ça 2007, c'est vraiment 2006-2007,
06:25l'émergence d'une demande de plus grande radicalité, de candidats un peu différents.
06:30Sa victoire était celle, elle l'a appelée ainsi d'ailleurs, d'un désir de sa candidature.
06:36Et c'est pourquoi elle l'a emportée largement.
06:39Ségolène Royal l'emporte avec plus de 60% des voix.
06:43L'événement, c'est aussi le succès des débats organisés par les chaînes parlementaires,
06:48avec près de 700 000 téléspectateurs.
06:51Amel, dans son fief électoral, Ségolène Royal a le grand sourire des vainqueurs.
06:55Je veux la féliciter de son beau succès.
06:59Je lui souhaite bonne chance pour le grand combat contre la droite et l'extrême droite.
07:06C'est désormais à Ségolène Royal de ressouder le parti socialiste
07:09pour s'imposer comme vrai leader de la gauche face à Nicolas Sarkozy.
07:14Nous, on n'avait pas à ce moment-là de problème de leadership.
07:16Tout le monde était d'accord pour intégrer qu'après Jacques Chirac, ce serait Nicolas Sarkozy.
07:21Et donc, c'était un objet un peu non identifié pour nous.
07:26Je mesure l'immense responsabilité de ne pas décevoir toutes celles et ceux qui espèrent.
07:34Je me suis dit, tiens, un exercice intéressant au parti socialiste
07:38qui a fait exploser complètement les favoris et qui a permis l'émergence d'une femme.
07:45Je me suis dit, ça ne peut arriver qu'à gauche.
07:51Ségolène Royal, quand elle est sortie de cette primaire,
07:54a été plutôt considérée comme pouvant l'emporter.
07:57Ce n'est que dans la campagne que ça s'est inversé.
08:003, 2, 1, Nicolas Sarkozy est élu nouveau président de la République avec 53% de...
08:09Ségolène Royal échoue avec seulement 47% des suffrages.
08:14Ses concurrents de la primaire ne l'ont pas franchement soutenu.
08:18Et elle n'a pas vraiment réussi à resserrer les rangs.
08:30Pour la présidentielle de 2012, les socialistes choisissent 7 fois la primaire ouverte
08:35face à l'hyper-président Nicolas Sarkozy.
08:37La bataille interne sera rude.
08:40Dominique Strauss-Kahn était le favori de cette primaire
08:44et même de l'élection présidentielle, il ne faut jamais l'oublier.
08:47Tout bascule le 14 mai 2011
08:50avec le crash de Dominique Strauss-Kahn à New York.
08:54Et donc le jeu est de nouveau ouvert.
08:57Et la primaire s'impose plus que jamais.
09:05Le 15 septembre 2011, ces primaires s'installent sur France 2.
09:09Le succès est immédiat avec près de 5 millions de téléspectateurs.
09:14Bonsoir, merci d'être avec nous.
09:16C'est une soirée politique inédite que nous allons vivre ensemble.
09:19La primaire, comme les débats télévisés donc, qui sont organisés pour cela,
09:25marque un changement absolu de culture.
09:27C'est un formidable spectacle.
09:28Voir des personnalités qui appartiennent théoriquement à une même famille,
09:34plus ou moins large, se faire une dispute devant les Français,
09:39franchement, les chaînes d'information auraient tort de s'en priver.
09:42Ils sont réunis ici pour la première fois sur un plateau de télévision
09:47pour parler de leurs projets, de leurs priorités.
09:51Tous les électeurs peuvent participer à cette primaire ouverte.
09:55Il suffit de payer 2 euros et de signer la charte des valeurs de la gauche.
09:59Arnaud Montebourg.
10:00Bonsoir.
10:01Jean-Michel Baillet.
10:02Bonsoir.
10:03François Hollande.
10:04Bonsoir.
10:05Martine Aubry.
10:06Bonsoir.
10:07Manuel Valls.
10:08Bonsoir.
10:08Ségolène Royal.
10:09Bonsoir.
10:10Merci d'avoir...
10:11Tout le monde, quand je dis tout le monde, c'était dans les commentateurs,
10:13était persuadé que Ségolène Royal allait arriver en tête.
10:17Sur un plan politique, est-ce que vous diriez que vous êtes plus à droite,
10:21plus à gauche, plus libérale, plus dirigiste ?
10:24En 2007, elle avait un lien avec notamment le corps électoral le plus radical,
10:29le plus mobilisé.
10:30Mais ce qu'on ne voyait pas, c'était que ce lien,
10:32c'était considérablement distendu.
10:34D'abord, je ferais la République du respect,
10:36je ferais l'ordre social juste avec la participation.
10:39Et puis, de vague en vague, Ségolène Royal reculait.
10:42La finalité de la participation du peuple de gauche,
10:46des électrons de gauche, à la primaire et à la pré-en-saise,
10:49c'était, et je l'ai dit de manière presque triviale,
10:51mais c'est comme ça que c'était dit,
10:52désigner celui qui va nous débarrasser de Nicolas Sarkozy.
10:56Il y a beaucoup de bons profils autour de la table, François Hollande.
10:59Oui, vous savez, nous allons sortir en 2012 d'une présidence éprouvante.
11:05Alors j'allais dire, le président ou la présidente que les Français attendent pour 2012,
11:10c'est celui ou celle qui aura cette constance, cette cohérence, cette stabilité.
11:17On se souvient surtout d'une Martine Aubry en contrôle,
11:21d'un François Hollande extrêmement prudent.
11:23Il voulait surtout assurer leur place au premier,
11:25plutôt leur qualification pour le second tour.
11:27Le bon profil, il y en a beaucoup autour de la table,
11:31mais le bon profil, c'est celui qui incarnera le mieux les valeurs de la France
11:34en lui apportant, bien sûr, les réponses d'aujourd'hui.
11:37Moi, je suis un peu en marge du Parti Socialiste.
11:39Je suis très critique sur la direction incarnée par Martine Aubry.
11:44Elle a voulu même un moment m'éjecter, m'exclure du Parti Socialiste.
11:50Donc oui, c'est l'occasion d'affirmer une ligne sociale libérale.
11:55Oui, mais vous, Mélanie Aubry, vous dites priorité numéro un,
11:57on arrive au pouvoir, le rétablissement des finances publiques,
12:00c'est-à-dire qu'il faut augmenter les recettes et diminuer les dépenses.
12:02En tout cas, il faut aller vers l'équilibre de nos finances publiques.
12:05Et la deuxième priorité, elle est liée,
12:07parce que sans croissance, il n'y aura pas de recettes,
12:09c'est le soutien à la compétitivité.
12:11Il y a bien sûr, dans un processus de primaire,
12:13de primaire, toujours des candidats qui savent bien qu'ils ne vont pas être le gagnant,
12:18mais qui se positionnent pour la suite,
12:20qui se positionnent pour être quelqu'un qui pèse
12:24et qui donc pourra ensuite rentrer dans le gouvernement,
12:27voire occuper des fonctions éminentes, comme Manuel Valls.
12:29Les débats, ils peuvent faire apparaître de nouvelles personnalités,
12:33ça a été le cas pour Arnaud Montebourg et moi,
12:35mais aussi les différences qui peuvent exister,
12:37puisque pour gagner une élection, vous êtes obligés de marquer la différence.
12:42Sachez bien qu'il y a 150 000 jeunes, 150 000,
12:46sur une génération qui fait à peu près 650 000,
12:49qui sortent sans diplôme, sans qualification, sans formation.
12:52Et pour un candidat à la présidence de la République,
12:54pour celui qui veut changer son pays,
12:56même dans ce contexte de crise, surtout dans ce contexte de crise,
12:58il faudrait rien dire.
12:59J'avais trouvé, je pense, la bonne façon d'être en relation
13:04avec les Français sur ce scrutin-là.
13:06C'est vraiment à ce moment-là que le vote utile s'est imposé
13:10dans cette primaire de manière massive.
13:12Ça ne veut pas dire qu'il n'y avait pas d'adhésion à François Hollande,
13:14mais l'objectif de ce corps électoral, prioritaire,
13:18et on le mesurait aussi, c'était vraiment un vote utile anti-Nicolas Sarkozy.
13:23Je n'aime pas les riches. Est-ce que vous regrettez,
13:24d'abord, cette petite phrase ?
13:25Je regrette d'avoir peut-être utilisé une formule trop rapide.
13:27Qu'est-ce que je voulais dire ?
13:29Je n'aime pas la richesse insolente.
13:30Je n'aime pas les rémunérations indécentes.
13:32C'est un homme proche des gens, qui s'était une proximité identificatoire.
13:37Il nous ressemble, il est comme nous.
13:40Il va se distinguer de la présidence exceptionnelle de Nicolas Sarkozy
13:44avec sa présidence normale.
13:46François Hollande !
13:50Le 16 octobre 2011,
13:53François Hollande l'emporte largement face à Martine Aubry.
13:57Mais les débats ont mis en lumière de nombreuses divergences.
14:01Martine Aubry et François Hollande s'embrassent
14:04et le candidat désigné prend la main de sa rivale
14:06comme pour mieux faire oublier les dernières piques de l'entre-deux-tours.
14:09Autant je trouvais que l'engouement par la participation était encourageant,
14:15autant je pouvais m'inquiéter du succès médiatique de ces débats.
14:21Parce que, même s'ils auraient été plutôt maîtrisés, encadrés,
14:27et que ça n'a pas eu de débordement,
14:29néanmoins, ça donne l'image d'une fracture.
14:33Ça donne l'image d'une division.
14:35Cette embrassade n'est-elle que de circonstances ?
14:38Les bons sentiments et les sourires de façade.
14:41On n'a plus rien à perdre.
14:43J'ai trouvé qu'il y avait des points de flou.
14:45J'ai bien compris qu'il essayait de passer entre les gouttes
14:47quand je lui posais un certain nombre de questions.
14:49Ma grand-mère disait « quand c'est flou, c'est qu'il y a un loup ».
14:52Des expressions comme celle de Martine Aubry,
14:54« quand c'est flou, il y a un loup »,
14:55ou même une expression sur la gauche molle.
14:58Un candidat flou, une gauche molle,
15:01son rival préfère sourire de ses attaques.
15:03Je vous serai la main pour voir si vous êtes mou.
15:06Vous traînez ça pendant des semaines et des semaines,
15:10mais vous ne le traînez pas simplement pendant la campagne.
15:13Ça, c'est une chose, mais vous le traînez même
15:15une fois que vous avez été élu,
15:16puisque c'est finalement au sein de votre propre famille
15:19que ces arguments sont utilisés.
15:21C'est qu'ils doivent être vrais.
15:23Les polémiques, elles sont inéluctables, si je puis dire.
15:27Mais d'où l'importance, pour le vainqueur,
15:30d'arriver à cautériser les plaies,
15:32à rassembler la famille,
15:34à le faire immédiatement,
15:35pour que ceux qui ont porté ces polémiques
15:38envoient un signal fort et clair
15:40que maintenant, ils sont derrière le candidat désigné.
15:42Sinon, ça vous affaiblit.
15:44La logique aurait voulu
15:45que vainqueur de la primaire
15:49devienne même chef du parti
15:52pendant le temps de la campagne.
15:54La question même se pose,
15:55est-ce que Martine Aubry doit rester
15:56première secrétaire du PS ?
15:59Il y avait Martine Aubry,
16:02et comme Martine Aubry en plus avait été
16:03une concurrente,
16:05ce n'était pas simplement désagréable,
16:09mais un signe de division supplémentaire
16:12que de revendiquer de lui prendre
16:14en plus sa place de premier secrétaire.
16:16Il ne veut pas provoquer une crise
16:18avec Martine Aubry
16:19parce qu'il pense que ça va affaiblir
16:21notre campagne.
16:26Le 6 mai 2012,
16:27sept mois après sa victoire aux primaires,
16:30François Hollande est élu président de la République.
16:35Mais ce succès
16:37n'efface pas les divisions internes.
16:40La synthèse s'est révélée difficile.
16:44On voit déjà apparaître
16:46ceux qui deviendront
16:47deux ans plus tard
16:48les frondeurs.
16:52Donc c'est pour ça que
16:54chaque fois qu'il y a une primaire,
16:55elle crée plus de divisions
16:58qu'elle n'assure de rassemblements.
16:59Et donc elle va avoir
17:01des conséquences à la fois
17:03de division à l'intérieur
17:05et d'utilisation
17:07de ce qui s'est passé
17:08dans la primaire
17:09par les concurrents extérieurs.
17:18En 2017,
17:20la droite organisation
17:21tour une primaire ouverte.
17:23Sept candidats,
17:2410 000 bureaux de vote.
17:27Elle espère ainsi
17:28susciter un élan
17:29auprès des électeurs
17:30et départager les ténors.
17:34La campagne
17:35sera vigoureuse.
17:37Bonsoir à tous.
17:38On a dit
17:38les bienvenus
17:39dans cette salle
17:40Vagram qui a déjà
17:41accueilli des matchs de boxe.
17:42Mais là,
17:43on est dans un débat républicain.
17:44Vous connaissez les règles.
17:46Vous avez le même temps
17:46de parole.
17:47Tous les sept,
17:48des réponses
17:48qui feront une minute.
17:49On avait quand même
17:51tous les éléphants
17:51de la politique française
17:52à droite de l'époque.
17:53Vous avez quand même
17:54parmi les candidats
17:56un ancien président
17:57de la République
17:57qui essaie de faire son retour
17:58et notamment
18:00deux premiers ministres.
18:02Quand il n'y a pas de chef
18:03qui s'impose
18:06de façon consensuelle
18:08à la totalité des troupes,
18:09il faut bien en choisir un.
18:10J'ai annoncé ma candidature
18:11déjà dès 2015,
18:13en tant que je me souvienne.
18:14Ça avait surpris
18:15un petit peu
18:16à l'époque d'ailleurs.
18:17Mes propres amis
18:18ne s'y attendaient
18:20peut-être pas.
18:20Nous, on pensait
18:22au démarrage
18:22de cette primaire de 2016
18:23que c'était
18:24le grand retour de Sarkozy
18:25et que Sarkozy
18:26allait faire
18:27ce qu'on appelait
18:28l'effet blast
18:29et que finalement
18:30nous allions tous
18:31devoir nous ranger
18:31derrière lui.
18:33Très vite,
18:34le débat se concentre
18:35sur le bilan
18:35de la présidence Sarkozy.
18:37Nicolas Sarkozy,
18:38comment expliquez-vous
18:39que tous ces candidats
18:41soient là
18:42contre vous ?
18:43D'abord,
18:44ils ont le droit
18:44d'être candidats
18:45de même qu'ils avaient
18:46le droit d'accepter
18:47les responsabilités
18:48que je leur ai confiées.
18:49Il y a une démocratie,
18:51la compétition
18:52n'a jamais fait de mal
18:52à personne.
18:53Nicolas Sarkozy
18:55est arrivé
18:55et n'avait pas renouvelé
18:57son offre politique.
18:58C'est-à-dire qu'il refait
18:59quelque chose
19:00autour de la critique,
19:01du manque d'autorité,
19:03etc.
19:04Mais on a l'impression
19:05qu'il n'y a pas de nouveauté
19:05et la société,
19:07elle a changé.
19:07Au fil des débats
19:08de la primaire,
19:09on s'est rendu compte
19:10que finalement,
19:12Sarkozy n'a porté
19:13d'idées neuves
19:14dans le débat.
19:15Alain Juppé,
19:16pourquoi vous ?
19:18Nous vivons
19:20dans un monde
19:20instable et dangereux,
19:21nous en avons parlé.
19:22L'avenir est à la fois
19:24lourd de menaces
19:25et riche de promesses.
19:27Face au bilan
19:27du couple Sarkozy-Fillon,
19:29Alain Juppé apparaît
19:30dans les sondages
19:31comme le grand favori.
19:33Lorsqu'on commence
19:34nos enquêtes,
19:35Juppé culmine
19:36à 44%
19:37pour le premier tour
19:38et François Fillon
19:40est dans la zone
19:41des 9%.
19:42Les sondages,
19:43qui sont pendant
19:43des mois et des mois
19:44tous convergents
19:45et qui me donnaient
19:46une très large avance,
19:47ça finit par vous donner
19:49une certaine confiance
19:50dans les choses.
19:52Et du côté de l'équipe,
19:53pour trahir de sucré,
19:54mais du côté de l'équipe
19:55de François Fillon,
19:57certains commençaient
19:58à prendre contact
19:59avec mon équipe
19:59pour rejoindre
20:01le camp majoritaire,
20:02c'est-à-dire le mien.
20:03Je voudrais faire remarquer,
20:04c'est ça l'intérêt
20:04de ce débat,
20:05il n'y a pas d'un côté
20:05ceux qui savent
20:06et puis de l'autre
20:06ceux qui sont juste là
20:07pour prendre des cours.
20:08Je ne m'attendais pas
20:09à gagner
20:09et d'ailleurs,
20:12ça me donnait
20:12une grande liberté
20:13dans les débats.
20:14Il y a des millions
20:14de Françaises et de Français
20:15qui n'ont rien demandé
20:16à personne,
20:16qui travaillent
20:17ou qui ont travaillé
20:18sur leur retraite aujourd'hui
20:19et qui sont pointés du doigt.
20:21Donc, il faut leur répondre.
20:22François Fillon, honnêtement,
20:24me regardait de haut en bas
20:25parce que c'était
20:26une manière pour lui,
20:26et on peut le comprendre,
20:28de régler son compte.
20:29Le chômage a augmenté
20:31les deux fois.
20:31La délinquance,
20:33l'immigration.
20:34Donc, je ne vois
20:34qu'une solution
20:35par rapport à ça.
20:36Nicolas Sarkozy
20:37ne me regardait pas du tout.
20:38Et la droite décomplexée,
20:39je termine là-dessus,
20:40la droite décomplexée,
20:41c'est de dire
20:41on change les règles.
20:42C'est vous dire
20:43que la tension était forte
20:44et c'est normal
20:45parce que c'est un combat d'hommes
20:46et que la primaire,
20:48qu'on le veuille ou non,
20:49c'est un combat d'hommes.
20:50Une question simplement peut-être.
20:52Vous en avez vous-même
20:52parlé hier soir,
20:54Nicolas Sarkozy.
20:55Avez-vous,
20:55oui ou non,
20:56reçu de l'argent liquide
20:58de l'Ini
20:59pour financer
21:00votre campagne de 2007
21:01comme l'a affirmé
21:02l'intermédiaire
21:03Ziad Taqeddin ?
21:04Alors pas seulement dans les médias
21:05mais à la justice française
21:06hier aussi.
21:08Quelle indignité.
21:11Nous sommes sur le service public.
21:13Vous en avez parlé
21:14vous-même hier soir.
21:15Vous n'avez pas honte
21:16de donner écho
21:18à un homme
21:18qui a fait de la prison,
21:20qui a été condamné...
21:21Les affaires financières
21:22vont s'inviter dans le débat.
21:24François Fillon
21:25est très offensif.
21:26Il prend pour cible
21:27Nicolas Sarkozy.
21:29Il incarnait
21:30une morale
21:31en politique,
21:32vous savez,
21:32le coup de poignard
21:35efficace
21:35qu'il avait fait
21:36contre Sarkozy
21:37en disant
21:37le général de Gaulle
21:38mis en examen.
21:39Vous vous souvenez
21:39de cette célèbre phrase ?
21:40Qui imagine
21:41un seul instant
21:42le général de Gaulle
21:43mis en examen ?
21:44Fillon a déclenché
21:45les hostilités
21:46et donc les affaires
21:48se sont invitées
21:48dans la primaire.
21:49Il ne sert à rien
21:50de parler d'autorité
21:52quand on n'est pas
21:53soi-même
21:55irréprochable.
21:56Et il est apparu,
21:57j'allais dire,
21:57exempt des affaires
21:59contrairement
21:59à Nicolas Sarkozy.
22:00Et François Fillon,
22:02il est probablement
22:02le plus à droite
22:03mais il est surtout
22:04le plus libéral.
22:05Et il y avait
22:06un créneau
22:07sur le plan économique
22:08auprès des électeurs
22:09de la primaire
22:11effectivement
22:11autour d'un programme
22:13de diminution forte
22:14du nombre de fonctionnaires.
22:15Il ne s'agit pas
22:16de supprimer
22:16des postes de fonctionnaires
22:17pour le plaisir.
22:18On sait bien
22:19qu'il y a besoin
22:19de fonctionnaires.
22:20Mais il s'agit de regarder
22:21si c'est possible
22:22de continuer
22:23avec une fonction publique
22:25grosso modo
22:25à 5,5 millions de personnes
22:28alors que nous empruntons
22:29tous les jours
22:31pour payer
22:31les salaires d'aujourd'hui.
22:32Pourquoi je propose
22:33500 000 ?
22:34Parce que j'augmente
22:34le temps de travail.
22:35Je ne sais pas si vous vous souvenez,
22:36c'était une surenchère
22:37pour savoir combien
22:38de postes de fonctionnaires
22:39on allait supprimer.
22:40Oui, c'est ça.
22:41Certains 500 000, etc.
22:43Donc j'ai évité
22:44de me lancer
22:45dans ce genre d'enchères.
22:46Je pense que 500 000,
22:47ça n'est pas possible.
22:48François a annoncé
22:49d'abord 600 000,
22:50puis 500 000,
22:51d'abord 500 000 fonctionnaires,
22:53maintenant c'est 500 000 fonctionnaires
22:54et emplois publics.
22:56Pour moi,
22:57celui qui correspondait
22:57le plus
22:58à mes convictions politiques,
23:01à mon ADN politique,
23:03c'était Alain Juppé.
23:04Il avait raison sur le fond,
23:05mais cette proposition
23:06de François Fillon,
23:07elle avait de l'impact,
23:09elle était lisible
23:09et elle a joué
23:10auprès d'un corps électoral
23:11qui était libéral.
23:13Et très clairement,
23:15se fait l'idée,
23:16l'idée qui fait son chemin,
23:17c'est qu'Alain Juppé
23:18pourrait être un bon président,
23:20mais ne sera peut-être
23:21pas un bon candidat.
23:22Le sujet est beaucoup plus important
23:24qu'on ne le dit
23:25et il a été ouvert,
23:27Alain, par toile.
23:28Je me demande encore
23:29quel est le programme
23:31que nous pouvons bâtir
23:32avec François Bayrou
23:33qui n'a cessé
23:35depuis trois mandats
23:36de voter avec la gauche,
23:38contre Jacques Chirac
23:39et contre nous.
23:41François Bayrou
23:41suscitait dans les troupes
23:43militantes du Parti Gaulliste
23:45une sorte de rejet
23:47quasi passionnel.
23:49Alors ça m'a apporté
23:50des choses d'un côté,
23:50ça m'a redranché de l'autre.
23:52Et pendant ce temps-là,
23:53eh bien François Fillon
23:54déroule son projet,
23:56déroule dans sa campagne
23:59et dans les débats
23:59un discours
24:00en s'adressant aux Français.
24:01Le résultat du premier tour
24:03de la primaire,
24:04j'étais au restaurant
24:04avec ma femme
24:05et mes enfants
24:07et je ne vous cache pas
24:07que...
24:09Alors dans la journée,
24:10on avait commencé à dire
24:11les deux jours précédents,
24:12bon, ça bouge un petit peu,
24:14mais enfin,
24:14personne ne s'attendait
24:16à un tel écart.
24:16François Fillon,
24:1742,8%.
24:21Alain Juppé,
24:2326%.
24:24Accueilli en vainqueur,
24:26François Fillon
24:27remporte haut la main
24:28ce premier tour
24:29des primaires à droite.
24:30L'ancien Premier ministre
24:31est arrivé en tête
24:32avec plus de 44%
24:34des voix,
24:35très loin devant
24:36ses adversaires.
24:37Donc là,
24:38l'outil a été
24:40semi-performant
24:41parce qu'on est très loin
24:43quand même
24:43du résultat final.
24:44on l'a à 30%,
24:45il fait un résultat
24:46bien plus élevé.
24:47C'est la surprise
24:49de cette soirée.
24:50Nicolas Sarkozy
24:51éliminé,
24:52c'est le grand perdant
24:53de la primaire
24:54avec un peu plus
24:55de 20% des votes.
24:58Avec 1,4%,
25:00Jean-Frédéric Poisson
25:01devance
25:02Jean-François Copé.
25:03Je pense que
25:04dans toute l'histoire
25:05de l'univers,
25:06c'est le plus mauvais
25:08résultat électoral
25:09jamais réalisé.
25:10Vraiment,
25:10là, je me suis débrouillé
25:11pour me distinguer
25:12en faisant le plus mauvais
25:13de tous les scores.
25:14Je crois que c'était 0,3%.
25:15Soit un score équivalent
25:17à celui des bulletins
25:18nuls et blancs
25:19enregistrés
25:20pour ce premier tour
25:21de la primaire.
25:22J'ai souvent dit
25:23à cette époque,
25:24ce ne sont pas les sondages
25:25qui font le résultat,
25:26ce sont les débats
25:26qui font les sondages.
25:28Dans l'entre-deux-tours,
25:30deux visions politiques
25:31s'opposent.
25:32Une droite très ferme
25:33sur l'immigration,
25:35face à une identité
25:36heureuse.
25:37Une idée sans doute
25:38bien trop à gauche
25:39pour un candidat
25:40à une primaire de droite.
25:42Pour moi,
25:43l'identité de la France,
25:45c'est d'abord
25:46sa diversité.
25:47Et j'ai peut-être là
25:48une divergence
25:48avec François
25:49parce que nous ne sommes
25:50pas tous pareils.
25:51Nous avons des origines
25:52différentes,
25:53nous avons des religions
25:54différentes,
25:55certains n'en ont pas.
25:56Nous avons aussi
25:57des idées politiques
25:58différentes
25:59et c'est une richesse,
26:00c'est une force.
26:01Je considère pour ma part
26:02qu'il y a une forme
26:04de religion musulmane
26:06qui est compatible
26:06avec la République.
26:07Si on part du principe
26:09que ce n'est pas compatible,
26:10ça veut dire
26:11qu'il faut mettre dehors
26:115 millions de Français.
26:13Ça me semble
26:13une aberration.
26:14Et François Fillon,
26:15lui, à l'inverse,
26:16avait compris de manière
26:18très très très très forte
26:20que la question
26:20de l'immigration
26:21et de la montée
26:22de l'islamisme
26:23serait un élément clé.
26:25Pour vous,
26:26l'avenir de la France,
26:27c'est d'être une société
26:29multiculturelle ?
26:29La réponse est non.
26:30parce que c'est
26:32une revendication
26:34extrêmement forte
26:35qui monte du plus profond
26:36au fond de l'âme française
26:37que de conserver
26:40nos repères,
26:41nos valeurs,
26:42une forme d'identité.
26:43En fait,
26:45il a montré
26:46une puissance régalienne
26:47plus grande
26:47et sur ces sujets
26:48d'immigration d'islam,
26:49il est apparu
26:50comme plus ferme
26:52qu'Alain Juppé.
26:54Moi, je défends
26:55depuis toujours
26:55que la modération
26:57est une discipline
26:58beaucoup plus exigeante
26:59que la montée
27:01aux extrêmes.
27:02Alors, peut-être
27:02ai-je donné l'impression
27:03d'être trop modéré,
27:04mais je ne le regrette pas.
27:10François Fillon
27:10est de loin
27:11le grand gagnant
27:11de la primaire,
27:13plus de 66% des voix.
27:20Compte tenu
27:21d'où je venais,
27:22c'est-à-dire du RPR,
27:23et du RPR chiracien,
27:25qui n'avait pas
27:25la réputation
27:26d'être d'une modération
27:27ou d'une mollesse particulière,
27:29j'étais fort
27:30sur ma droite,
27:31sur ma droite,
27:33et que donc
27:34j'ouvrais au centre.
27:35Je me suis trompé,
27:36c'est ma droite
27:36qui m'a lâché.
27:38Peut-être le tort
27:38d'Alain Juppé
27:39dans cette primaire,
27:40ça a été peut-être
27:41de jouer le deuxième tour
27:42avant le premier,
27:44parce qu'il se sentait
27:45fort,
27:46fort sur cette primaire,
27:47peut-être d'avoir
27:48un peu surestimé
27:49son avantage.
27:51À partir du moment
27:52où François Fillon
27:52est élu,
27:53ce n'est plus le problème
27:53de Nicolas Sarkozy,
27:54d'Alain Juppé
27:55ou de qui que ce soit,
27:56c'est que tout le monde
27:57se jette dans les bras
27:58du gagnant.
27:59François Fillon
28:00me paraît avoir
28:01le mieux compris
28:02les défis
28:03qui se présentent
28:04à la France.
28:05Je voterai donc
28:06pour lui
28:07au second tour
28:08de la primaire.
28:08Et au mois de décembre 2016,
28:10François Fillon
28:11était sur un boulevard.
28:12J'ai besoin de vous,
28:14j'ai besoin de votre force,
28:16j'ai besoin de votre courage,
28:17vive la République
28:18et vive la France.
28:23Au même moment,
28:24Hollande est dans la tourmente.
28:26Il est fortement contesté,
28:29y compris dans son propre camp.
28:31Les frondeurs réclament
28:32l'organisation d'une primaire.
28:34Et cela au moment
28:35où il atteint
28:36une impopularité record.
28:41La publication d'un livre politique
28:43nourrit de nombreuses confidences
28:45du président,
28:46aggrave la situation.
28:51Je trouve que ce n'est pas normal
28:53que le président de la République
28:54s'épanche ainsi,
28:55y compris sur
28:56des secrets
28:59d'État.
29:00Je vois la colère monter
29:02contre François Hollande.
29:04Il y avait là
29:05une déconnexion
29:07entre une partie du peuple
29:09de gauche
29:11et le président de la République
29:12qui était vertigineuse
29:15au moment où ça s'est passé.
29:18Bon.
29:18Mes chers compatriotes,
29:20je m'adresse à vous.
29:21Ce soir,
29:22j'ai décidé
29:23de ne pas être candidat
29:25à l'élection présidentielle.
29:27Pourquoi je n'ai pas été candidat
29:29en 2017 ?
29:31C'est parce qu'on me proposait
29:32de l'aide
29:32dans le cadre d'une primaire.
29:33Ça n'avait pas de sens.
29:34Que le président sortant
29:37puisse s'exposer
29:39devant tous les Français
29:40aux critiques
29:41de ses propres amis,
29:43puisque c'était de ça
29:45impossible et impensable.
29:47Bonsoir à toutes et à tous.
29:50Bienvenue à vous sept.
29:52Quelques mots
29:52des règles d'abord.
29:54Manuel Valls
29:54est notamment confronté
29:55à deux frondeurs,
29:57Benoît Hamon
29:58et Arnaud Montebourg.
30:00L'ancien Premier ministre
30:02va devoir porter seul
30:03le bilan du président sortant.
30:05La carte blanche,
30:06c'est une minute
30:06en milieu de débat.
30:08Une minute pour vous.
30:08La primaire de la gauche,
30:10c'est la première étape
30:11pour discréditer
30:13pour un certain temps
30:14la gauche du gouvernement.
30:16Et moi,
30:16je prends
30:17pour l'ensemble de l'œuvre.
30:18François Hollande
30:19n'est pas candidat,
30:20donc la foudre,
30:20ça bat sur moi
30:21et je deviens le symbole
30:23de la gauche du gouvernement.
30:24J'abrogerais
30:25la loi El Khomri.
30:26Elle pose d'énormes problèmes
30:28d'abord.
30:29Elle n'a pas été discutée
30:30par le Parlement
30:31puisqu'il y a eu
30:32une sorte de coup de force
30:34à travers l'usage
30:35du 49-3.
30:36Arnaud Montebourg
30:37était une figure
30:38plus emblématique
30:39d'un face-à-face
30:40avec François Hollande.
30:41Là où,
30:42quand François Hollande
30:43a renoncé à être candidat,
30:47il est apparu
30:48que le face-à-face
30:49est davantage organisé
30:50entre Manuel Valls
30:51et moi.
30:51Et les débats
30:52sont évidemment
30:53tous contre moi.
30:55J'ai même un moment,
30:56Brice Tinturier,
30:58qui m'appelle
30:59et qui me dit
31:01« Tu risques
31:01de ne pas être
31:02aux entours
31:03de cette primaire
31:05parce qu'on voit bien
31:06qu'il y a une dégradation
31:07de ton image. »
31:10Manuel Valls
31:11a pourtant bien essayé
31:13avant les débats télévisés
31:14de se détacher
31:15de son action
31:16de chef de gouvernement.
31:20Hors texte budgétaire,
31:22parce que la nation
31:23a besoin de budget,
31:24je proposerais
31:25de supprimer
31:26purement
31:27et simplement
31:28le 49-3.
31:29Indiscutablement,
31:30à ce moment-là,
31:31je pense que
31:33Manuel Valls
31:35cherche un moyen
31:36de se déprendre
31:38de l'image
31:39d'un Premier ministre
31:41un peu autoritaire,
31:43peu respectueux
31:45de la démocratie parlementaire.
31:47Oui,
31:48et puis
31:49ça sent l'improvisation,
31:50surtout si je peux me permettre.
31:51On est sur une rupture
31:53de cohérence
31:53très très forte.
31:54Et vous ne pouvez pas
31:55aller à une primaire
31:56quand vous avez été
31:57Premier ministre
31:57si vous ne pouvez pas
31:59ou ne voulez pas
31:59vous appuyer
32:00au moins sur le bilan
32:01de votre action.
32:03Malgré les attaques,
32:04l'ancien Premier ministre
32:05tient bon
32:06sur des principes
32:06d'autorité
32:07qui ont fait son style.
32:09Fort de son expérience,
32:10il est le favori
32:11dans les sondages.
32:13Ne retombons pas
32:14dans l'idée
32:15que le monde
32:16ne change pas,
32:17il est périlleux,
32:18il est dangereux,
32:18les Français le voient
32:19et l'Europe
32:20et la France
32:21doivent protéger
32:22aujourd'hui
32:22ce qu'ils disent
32:23mais dans quel monde
32:24sommes-nous ?
32:26Au fil des débats télévisés,
32:28c'est Benoît Hamon
32:29qui devient,
32:30en portant une idée nouvelle,
32:31le principal challenger
32:33de Manuel Valls.
32:34Je n'ai pas caché
32:35le fait que je mettais
32:36sur la table
32:37des outils
32:37totalement nouveaux.
32:38Je veux proposer
32:39un chemin
32:40et sur ce chemin,
32:41il y aura
32:42un nouveau pilier
32:43pour notre protection sociale,
32:44le revenu universel
32:46d'existence
32:46qui permettra
32:47aux nouvelles générations
32:48de maîtriser
32:49leur rapport au travail.
32:51C'est un message
32:52de découragement
32:54et pardon du mot,
32:55il est fort,
32:56d'application
32:57par rapport
32:57aux changements
32:58et aux mutations.
32:59Les économistes
33:00autour d'Emmanuel Macron
33:01disaient
33:01avec Hamon,
33:02si on fait
33:02le revenu universel,
33:03on aura 1000 milliards
33:04d'euros
33:04de dettes supplémentaires.
33:07Bon,
33:08on a 1000 milliards
33:08d'euros
33:09de dettes supplémentaires
33:10grâce à Emmanuel Macron.
33:11Vous l'avez vu,
33:11le revenu universel ?
33:12Est-ce qu'on peut voir
33:13Benoît Hamon
33:14qui est en direct ?
33:14Merci de me montrer l'image,
33:15la voyez du coin de l'œil,
33:16c'est bien de la mettre
33:17en direct.
33:18Effectivement,
33:19vous voyez
33:19Manuel Valls
33:21en ce moment même
33:21qui salue
33:22Benoît Hamon
33:23et on sent maintenant
33:25la concentration
33:26extrême
33:27qui les unit.
33:29Le match
33:29va finalement se jouer
33:30entre le candidat
33:31le plus social-démocrate
33:33et le candidat
33:34le plus radical.
33:36Un duel
33:37qui illustre parfaitement
33:38la fracture
33:39entre deux gauches
33:40irréconciliables.
33:41Les rêves
33:42que vous avez financés
33:44sont ceux
33:45de ceux
33:46qui avaient déjà
33:46beaucoup.
33:47Il y a une différence
33:48entre le rêve
33:49et l'illusion
33:50et la crédibilité
33:51d'un projet.
33:52Moi,
33:52je suis le candidat
33:54de la feuille de paie
33:55et je ne veux pas
33:56et je ne voudrais pas
33:57que mon ami Benoît Hamon
33:58se retrouve
33:59être le candidat
33:59de la feuille d'impôt.
34:00La primaire
34:01marque bien
34:04les divergences
34:07quasi mortelles
34:08vitales
34:09en tout cas
34:09si je veux être positif
34:10qui existent
34:11entre les deux gauches.
34:12Il y a toujours eu
34:13des gauches.
34:14Non,
34:14là,
34:15on sent bien
34:15pendant cette
34:19primaire
34:19qu'il ne peut pas
34:20y avoir de synthèse
34:22comme aurait dit
34:23François Hollande.
34:24Je considère aujourd'hui
34:25que la gauche
34:26elle commence
34:27avec ceux
34:27qui se disent
34:28de gauche.
34:29Le cœur de Benoît Hamon
34:30penche donc
34:31un peu plus
34:31du côté de Jean-Luc Mélenchon.
34:33Manuel Valls,
34:34de quel côté
34:35penche votre cœur ?
34:36Clairement
34:37au cœur
34:37des progressistes
34:39de Benoît Hamon,
34:40Arnaud Montebourg
34:41jusqu'à Emmanuel Macron.
34:43Pour Benoît Hamon,
34:4658,65%
34:47des suffrages.
34:48L'explosion
34:49de joie
34:49hier soir
34:50à l'annonce
34:50de la victoire.
34:51Benoît Hamon
34:52a déjoué
34:52tous les pronostics.
34:54Lui,
34:54le frondeur,
34:55devient le candidat
34:56du Parti Socialiste
34:57à la présidentielle.
35:01Honnêtement,
35:02je suis assez lucide
35:03sur moi-même.
35:05Ce n'est pas
35:06le charisme
35:07absolument éclatant
35:09que je mets
35:09dans le débat
35:10qui tue le match.
35:12Donc,
35:12c'est bien
35:13qu'à un moment,
35:17ce que j'ai dit
35:18plutôt que la manière
35:19dont je l'ai dit
35:20a compté plus.
35:21le succès
35:23de Benoît Hamon
35:24m'a en partie
35:25étonné
35:26et il est révélateur,
35:28sans remettre en cause
35:28les personnalités,
35:29que cette primaire
35:30n'est pas faite
35:31pour désigner
35:32le candidat
35:34à l'élection présidentielle
35:35qui pourrait éventuellement
35:36l'emporter.
35:36C'est un congrès
35:38avec plus de gens
35:39qui participent.
35:40Mais au fond,
35:41c'est un congrès
35:42sur la ligne
35:43du Parti Socialiste.
35:47Pendant ce temps-là,
35:48deux candidats
35:49choisissent
35:50de faire cavalier seuls.
35:52Jean-Luc Mélenchon
35:53qui a créé
35:54à l'extrême gauche
35:55la France insoumise
35:56et Emmanuel Macron
35:58qui,
35:59avec le soutien décisif
36:00de François Bayrou,
36:01progresse dans les sondages
36:03avec son programme
36:03ni de droite
36:04ni de gauche.
36:06Cela m'amène
36:07à soutenir
36:09Emmanuel Macron
36:10parce que je veux
36:11à tout prix
36:11éviter
36:12un deuxième tour
36:13Fillon-Le Pen
36:14parce que je pense
36:16qu'il faut régénérer
36:16totalement la gauche.
36:18Lui prend la responsabilité
36:20non pas de me trahir moi
36:22mais de trahir
36:23le serment
36:24qu'il a fait lui-même.
36:25Je n'ai fait que suivre
36:26ce que Le Drian,
36:28Collomb et d'autres feront
36:28et surtout
36:29des millions
36:30d'électeurs socialistes
36:31qui voteront Macron
36:32dès le premier tour.
36:33Mais j'avais signé
36:34un engagement,
36:35c'est vrai,
36:35de soutenir celui
36:36qui allait être désigné
36:37par la primaire.
36:38Donc incontestablement,
36:39ma candidature
36:40à cette primaire
36:42a été une mauvaise chose.
36:44Une fois que je suis élu,
36:45les 15 premiers jours
36:46sont une catastrophe.
36:47Il faut que j'aille
36:47mendier le soutien
36:49du gouvernement
36:50là où j'aurais sans doute
36:51dû dire
36:52basta,
36:53vous n'êtes pas d'accord
36:54avec ce programme,
36:55peu importe,
36:56oublions-le.
36:57Quand on regarde
36:59la composition
37:00de cette primaire,
37:01presque aucun
37:02n'est resté
37:02au Parti Socialiste
37:03après.
37:05Pas plus le vainqueur
37:06que les vaincus.
37:07Franchement,
37:08qu'un parti
37:09puisse organiser
37:10une primaire
37:10au terme de laquelle
37:11plus personne
37:12d'être au Parti Socialiste,
37:14ça n'avait aucun sens.
37:15Ça n'a donc aucun sens.
37:16On est dans un moment
37:18quand même,
37:19j'ai envie de dire,
37:19de quasi-décomposition
37:20du bloc de gauche.
37:22Personne n'imagine
37:23une seconde
37:24qu'Amont
37:26va pouvoir
37:27devenir
37:28président de la République
37:29lors de la suite.
37:31Il est 20h,
37:33vous découvrez
37:33ces deux visages
37:34sur votre écran.
37:36Emmanuel Macron,
37:37crédité de 23,7%,
37:39suivi par Marine Le Pen,
37:41la candidate
37:42du Front National.
37:43François Fillon,
37:4319,5%,
37:45à égalité
37:46avec Jean-Luc Mélenchon.
37:476,2%
37:49pour Benoît Hamon,
37:49qui enregistre
37:50en tout cas
37:51dans ses estimations
37:52un mauvais score.
37:53C'est le point final.
37:56C'est un moment
38:00triste,
38:01profondément triste,
38:05solitaire.
38:08Je n'ai aucun message,
38:10mais aucun,
38:11quand je dis aucun,
38:12c'est aucun,
38:13avec un A majuscule,
38:14aucun message
38:14de dirigeant socialiste.
38:23François Fillon,
38:2419,5%,
38:26à égalité
38:26avec Jean-Luc Mélenchon.
38:30François Fillon
38:30a échoué de peu.
38:33Ce n'est pas
38:33le processus
38:34de la priberre
38:35qui explique
38:36son échec,
38:37absolument pas.
38:40La priberre
38:41a abouti
38:42à un résultat
38:43qui a fait
38:43que le candidat Fillon
38:44a reçu le soutien
38:45de tous les autres candidats.
38:46Le mien,
38:47c'est celui
38:48de Nicolas Sarkozy,
38:49sans aucune espèce
38:50d'ambiguïté.
38:50Et en réalité,
38:51s'il perd,
38:52la présidentielle,
38:53c'est pour de tout
38:53autres raisons
38:54qui sont liées
38:55au décalage
38:56entre la campagne
38:57très moralisatrice
38:59qu'il avait faite
38:59et les affaires
39:00qui lui ont été
39:02imputées.
39:03Pénélope Fillon,
39:04qui aurait perçu
39:05en tant qu'attaché
39:06parlementaire
39:06plus de 500 000 euros
39:08en 8 ans,
39:09a-t-elle occupé
39:10un emploi fictif ?
39:12François Fillon,
39:13jusqu'au bout,
39:14il a été en situation
39:15de gagner
39:15malgré tous les déboires
39:17qu'il a connus
39:18dans sa campagne.
39:19C'est ça
39:19qui a complètement
39:20faussé le jeu
39:21de la primaire
39:22et absolument pas
39:23le dysfonctionnement
39:24de la primaire elle-même.
39:26Mais Emmanuel Macron,
39:26voilà,
39:27va intervenir,
39:27le président élu
39:28intervient.
39:31Alors pour l'instant,
39:32dernier calage,
39:33technique visiblement.
39:38Emmanuel Macron
39:39a fait ce qu'on appelle
39:40au jeu d'échec
39:41un coup génial,
39:43c'est-à-dire
39:43qu'il est allé au centre.
39:46Et en fait,
39:46personne ne pensait
39:48que ça pouvait marcher.
39:49Il a bien compris
39:50la lassitude des Français
39:51sur ce qu'il avait appelé,
39:52et je trouve que l'expression
39:54était bonne à l'époque,
39:54le tic-tac des alternances.
39:56Gauche, droite,
39:57tic-tac, tic-tac.
39:58Macron révèle,
40:00à travers sa candidature,
40:02qui vient donc,
40:03en théorie,
40:04d'un gouvernement de gauche,
40:05que le clivage
40:06entre la droite
40:07et la gauche
40:08n'est pas à la frontière
40:09entre le Parti Socialiste
40:11et l'UMP
40:12ou les Républicains,
40:13déjà, je ne sais plus,
40:14mais que cette frontière-là
40:15se situe
40:16au milieu du Parti Socialiste.
40:18S'il était rentré
40:19dans le processus
40:19de la primaire,
40:20il n'aurait jamais été désigné.
40:22Son principe
40:23de gauche et de droite
40:25dans une primaire de gauche
40:26n'aurait pas pu être applicable.
40:28Donc, il a senti le piège,
40:30lui aussi,
40:30je crois, très vite,
40:31de la primaire
40:32pour son positionnement,
40:34et il a joué
40:35son propre jeu.
40:41C'est la fin,
40:42mais logique,
40:44écrite,
40:45de ce que
40:45étaient les partis,
40:47c'est-à-dire
40:48qu'une organisation
40:48de fer,
40:49même si le Parti Socialiste
40:50était relativement ouvert,
40:52et au fond,
40:53l'acceptation
40:54d'un leader naturel.
40:55Là, non,
40:55là, tout le monde
40:56peut être candidat.
40:56Et l'élection présidentielle
40:58de 2017
40:58a, d'une certaine manière,
41:01accéléré le mouvement
41:03où, maintenant,
41:04tout le monde considère
41:05qu'on peut être
41:05président de la République
41:07à moins de 40 ans.
41:16Cinq ans plus tard,
41:17l'apparition à gauche
41:18et à droite
41:19de figures
41:19beaucoup plus radicales
41:21polarise le paysage politique.
41:27Chez les Verts,
41:28notamment,
41:29la radicalisation
41:30domine les débats.
41:35Sandrine Rousseau,
41:3649 ans,
41:37où vous définissez
41:38comme éco-féministe.
41:40Votre slogan,
41:41« Oui, les temps changent ».
41:42Je suis arrivée,
41:43j'ai dit,
41:43« Ben voilà,
41:44je suis candidata
41:44à la primaire.
41:44Coucou, c'est moi ».
41:45Et personne dans le parti
41:46n'était au courant,
41:47d'où la surprise,
41:48je pense.
41:48Comme tous les écologistes,
41:50nous prévoyons
41:51le retour de l'ISF,
41:53la suppression
41:53de la flat tax,
41:55la mise en place
41:55d'une nouvelle tranche
41:56d'impôts sur le revenu.
41:58Et ça,
41:58c'est le programme
41:59des écologistes.
42:00Et c'est dans mon programme aussi.
42:02Ben,
42:02ça n'est pas noté.
42:04Sandrine Rousseau
42:05est arrivée
42:06avec sa capacité
42:07à créer le buzz,
42:08à bousculer
42:10les esprits.
42:11Je suis très heureuse
42:12de t'entendre
42:13pour la première fois
42:14le dire
42:14et de t'entendre
42:15pour la première fois
42:16le lire.
42:16Ce n'est pas bien
42:17de caricaturer comme ça,
42:18ce n'est pas grave.
42:20Je vous invite à aller
42:21sur son site.
42:22Moi,
42:22je suis arrivée
42:23avec un projet
42:25qui était un projet
42:26beaucoup plus frontal,
42:28en fait,
42:28d'affrontement.
42:29À la fois,
42:30il y avait des gens
42:30qui me haïssaient,
42:32mais il y a aussi
42:32des gens qui venaient
42:33me voir et qui me disaient
42:34« Mais enfin, quoi,
42:35enfin,
42:36quelque chose se passe,
42:36à gauche ».
42:37Eh bien,
42:38moi, par exemple,
42:38je dis aux agriculteurs
42:39qu'il va falloir
42:40un bonus-malus
42:41sur la qualité de la terre
42:42et la qualité de la biodiversité
42:44au moment de la vente
42:45et que ça,
42:46c'est une incitation
42:47extrêmement forte
42:48pour les agriculteurs
42:49pour rendre une terre
42:50avec une biodiversité améliorée.
42:52Beaucoup de gens
42:53se sont intéressés
42:54à notre débat,
42:55mais ils se sont dit
42:56« Ah, si l'écologie,
42:57c'est aussi la posture radicale
42:59de Sandrine Rousseau
43:00ou la décroissance
43:01de Delphine Bateau,
43:03sont-ils vraiment prêts
43:05à gouverner ? »
43:06Moi, je veux aussi gouverner.
43:08Oui, non, mais...
43:10Je le précise
43:11parce que je pense
43:13que c'est l'objet
43:14de toute action politique.
43:16C'est-à-dire que moi,
43:16je ne suis pas une activiste,
43:17je suis une femme politique
43:18et cette position
43:22est faite
43:23pour gagner des élections
43:24et ensuite gouverner.
43:25Quand vous suivez
43:26le débat politique,
43:26vous avez l'impression
43:27qu'en fait,
43:28il n'y a que les extrêmes
43:29qui intéressent
43:30les électrices
43:31et les électeurs.
43:32Dans la réalité,
43:33il y a quand même
43:33encore une majorité
43:34de Français
43:35qui veulent qu'on travaille,
43:37qu'on soit prêts
43:37à faire des compromis.
43:39Yannick Jadot,
43:40tout sourire,
43:41presque soulagé.
43:42Mais que ce fut serré.
43:4451,03% des suffrages,
43:47à peine 2000 voix d'avance
43:48sur la révélation
43:49de cette élection,
43:51Sandrine Rousseau.
43:52Moi, je rentre
43:53dans la primaire,
43:54je suis à égalité
43:55avec Jean-Luc Mélenchon
43:57à 10-11
43:57dans tous les sondages.
43:59Je sors de la primaire,
44:00je suis à 7.
44:01ça raconte
44:02une histoire
44:04des primaires
44:04qui montre,
44:05et ce n'est pas
44:05le seul exemple,
44:06que même au sein
44:09d'une même formation politique,
44:12la question
44:13de la loyauté
44:14et de la dynamique
44:16de campagne
44:17que peut apporter
44:18une primaire
44:18est carrément
44:20à questionner.
44:24Chez les Républicains,
44:26au soir du premier tour,
44:27les candidats
44:28se retrouvent
44:28au coude à coude.
44:30Éric Ciotti
44:31a bouleversé
44:32la donne
44:32face aux Chirakiens
44:33qui font rempart
44:34contre le Rassemblement National.
44:38On a vu à la fin
44:39qu'on était tous
44:40dans un mouchoir de poche,
44:41puisqu'on était
44:41à quelques centaines
44:43ou quelques milliers de voix
44:44les uns à côté des autres.
44:45Moi, j'étais sur une ligne
44:46qui était au barricentre
44:48en réalité
44:48de ce qui est la droite,
44:49c'est-à-dire
44:50à la fois
44:52moderne
44:53et en même temps
44:54forte sur le régalien.
44:55Mais Éric,
44:56lui, est arrivé
44:57sur la droite
44:58et a dit
44:59« Moi, j'irai plus fort,
45:00plus loin. »
45:01Il y a un phénomène
45:02qui est très important,
45:03c'est qu'à partir
45:03de la rentrée,
45:04il y a l'émergence
45:05du phénomène Zemmour,
45:07Éric Zemmour,
45:07la comète Éric Zemmour
45:08qui passe de 7,
45:09je crois,
45:10à 15%
45:12et du coup
45:12fait baisser Marine Le Pen
45:13de façon très importante
45:15mais me fait baisser aussi
45:16un peu beaucoup moins
45:17que Mme Le Pen.
45:18Et nous nous tenons,
45:19moi, je crois,
45:19à 14%,
45:20Éric Zemmour
45:20à 15%,
45:21Mme Le Pen
45:22à 16%.
45:23Éric Zemmour
45:24s'est déclaré candidat
45:25parce que les LR
45:26n'ont pas été capables
45:27de mettre en place
45:27une primaire
45:28en juin ou en juillet.
45:30Donc en septembre
45:30arrive cette candidature
45:31qui fracture
45:33complètement la droite.
45:35Éric Ciotti,
45:35première question.
45:36Est-ce que
45:37vous feriez vôtre
45:38l'expression
45:38« grand remplacement »
45:40qui est utilisée
45:41par Éric Zemmour ?
45:42Moi, je souhaite
45:43que la France
45:44reste la France.
45:45Nous sommes les héritiers
45:46d'une magnifique histoire,
45:47celle des Lumières,
45:48mais aussi celle
45:50d'une civilisation judéo-chrétienne.
45:52Pour reprendre
45:53le mot
45:53du président
45:54Giscard d'Estaing,
45:55c'était à la une
45:56du Figaro
45:57en 1991
45:58qui parlait
45:59d'invasion migratoire.
46:01Aujourd'hui,
46:02nous sommes
46:02dans cette situation.
46:03Il était un peu
46:04l'aiguillon
46:06droitier
46:07de cette campagne
46:08et ça lui a permis
46:10effectivement
46:11de faire
46:11un beau score
46:13au premier tour.
46:13Je ne crois pas
46:14qu'Éric Ciotti
46:15ait eu beaucoup
46:16à se forcer
46:18pour affirmer
46:19ses principes,
46:20cette ligne
46:21très à droite
46:22comme vous dites
46:22puisque
46:23quelques temps plus tard,
46:24il a trahi
46:25cette famille politique
46:26dont il était
46:27le président
46:27avec armes et bagages
46:29pour passer
46:30dans le camp
46:30de l'extrême droite.
46:31Nous sommes
46:31à un carrefour
46:32de l'histoire
46:33où nous reprenons
46:34le cours
46:35de notre destin
46:36en faisant tomber
46:37les tabous
46:38du politiquement correct.
46:39Moi, je n'ai pas peur
46:40des mots
46:41s'il faut parler
46:43de grands remplacements,
46:44je parle
46:45de remplacement.
46:46C'est Éric Ciotti
46:47qui parle
46:47d'un traitement
46:48à la Guantanamo
46:49pour les radicaliser,
46:50qui dit que
46:51les impôts
46:52sur la succession
46:53c'est un impôt
46:53sur la mort
46:54et avec ça
46:55très clairement
46:56c'est en résonance
46:57avec ce que pensent
46:57un certain nombre
46:58d'électeurs.
46:58Les débats
46:59ont été tirés
47:02vers des positions
47:03qui touchaient
47:04toute la sécurité
47:05à l'immigration
47:06aux sujets régaliens
47:07qui sont très importants.
47:09J'ai moi-même
47:09à cette époque
47:09fait des propositions
47:10fortes
47:11en proposant
47:12un moratoire
47:13sur l'immigration.
47:14Et j'ai essayé
47:15sérieusement
47:16de proposer
47:18une méthode globale
47:19pour traiter
47:20cette question
47:20enfin sérieusement
47:22juridiquement
47:23globalement
47:24à travers
47:24l'idée
47:25d'un moratoire
47:26qui sera immédiatement
47:27déclenché
47:28au lendemain
47:28de l'élection présidentielle
47:29pendant 3 à 5 ans.
47:31La difficulté
47:32que nous avions
47:32dans cette campagne
47:33c'était de convaincre
47:33les militants
47:34tels qu'ils sont
47:35tels qu'ils étaient
47:36à cette époque
47:36tels qu'ils sont encore
47:37nombreux
47:39et puis de parler
47:40aux autres
47:41et que j'aurais dû
47:42marquer
47:42plus ma différence
47:45ou ma ligne politique
47:46était un peu différente.
47:47Et dans cette campagne
47:48très clairement
47:49l'influence
47:50d'Éric Ciotti
47:51ou du moins
47:51pour avoir
47:52Éric Ciotti
47:52dans la campagne
47:53a été chèrement payée.
47:56Les républicains
47:58ont choisi
47:58une primaire fermée
48:00réservée aux militants.
48:02Le nombre de votants
48:03est tombé
48:04à 140 000.
48:06On est loin
48:07des 4 millions
48:08d'électeurs
48:09de la primaire
48:09ouverte de 2017.
48:11Dans une primaire fermée
48:13c'est évident
48:13que c'est souvent
48:17le plus radical
48:18qui a un bonus.
48:20Dans les primaires
48:21il y a un effet
48:21déformant
48:22parce qu'on parle
48:23à qui ?
48:24On ne parle pas
48:24à l'ensemble
48:24des Français.
48:25On parle
48:26à une frange
48:27réduite
48:28de l'électorat.
48:29Et il faut
48:29d'autant plus
48:30être vigilant
48:31que vous êtes
48:32encore plus décalé
48:33du reste de la société
48:34mais y compris
48:35du corps électoral
48:35en l'occurrence
48:36de droite.
48:39L'enthousiasme retrouvait
48:40des militants
48:41les républicains.
48:41Après deux mois
48:43de campagne
48:43ils ont enfin
48:45leur candidat
48:45à la présidentielle.
48:47Une candidature
48:48inédite
48:49dans l'histoire
48:50du parti.
48:53Pour la première fois
48:54de son histoire
48:55le parti
48:55du général
48:56de Gaulle
48:56de Georges Pompidou
48:58de Jacques Chirac
49:00de Nicolas Sarkozy
49:01notre famille politique
49:04va se doter
49:05d'une candidate
49:06à l'élection
49:07présidentielle.
49:09Dès le premier soir
49:11de ma désignation
49:12comme candidate
49:12j'ai rappelé fermement
49:15que c'était ma ligne
49:15qui avait gagné
49:16que le Guantanamo
49:17à la française
49:18de Eric Ciotti
49:19ne serait pas
49:20dans mon programme
49:21et qu'il ne fallait pas
49:22croire que la primaire
49:23c'était la fusion
49:24des programmes
49:24des candidats.
49:25C'était une ligne
49:25qui avait été choisie.
49:29Mais Valérie Pécresse
49:30n'a que trois mois
49:31pour convaincre
49:32avant le premier tour.
49:34Elle a du mal
49:35à cicatriser les plaies
49:36apparues
49:37pendant les primaires.
49:40Alors j'ajoute
49:41que je n'ai pas été aidée
49:42par la conjoncture
49:43des événements
49:43parce que fin décembre
49:45et janvier
49:45nous avons eu le Covid
49:46qui m'a empêchée
49:46de faire mon premier meeting.
49:48En février
49:48la guerre en Ukraine
49:49qui évidemment
49:50a posé Emmanuel Macron
49:52en chef de guerre
49:53et qui a finalement
49:54éteint complètement
49:55la campagne
49:56parce qu'on ne remet pas
49:57en cause
49:57le pilote d'un avion
49:59au milieu de la tornade.
50:01Vous voyez donc...
50:02Emmanuel Macron
50:0328,6%
50:04Marine Le Pen
50:0524,4%
50:07Troisième position
50:08Jean-Luc Mélenchon
50:0820,2%
50:09Éric Zemmour
50:10à 6,8%
50:11Yannick Jadot
50:114,6%
50:12Valérie Pécresse
50:134,6%
50:14également.
50:15J'ai dû batailler
50:16sur deux fronts
50:16contre le camp
50:18du président sortant
50:19et contre celui
50:21des extrêmes
50:21alliés en la circonstance
50:23pour diviser
50:24et battre
50:25la droite républicaine.
50:27Ça nous ramène
50:28à cette communauté
50:29de destin
50:29pour les deux partis
50:30qui ont structuré
50:31la 5ème République.
50:32Je rappellerai
50:33qu'en 2012
50:34l'addition
50:35des voix
50:36Sarkozy
50:38François Hollande
50:39faisait 55,
50:4056%.
50:41En 2017
50:42Hamon
50:43Fillon
50:44ça faisait 26%.
50:46En 2022
50:47Hidalgo
50:48Pécresse
50:49ça faisait à peine
50:496,6 et demi%.
50:51C'est absolument
50:52tragique.
50:53Là aussi
50:53problème d'espace
50:54problème d'incarnation
50:55et qu'il y ait eu
50:56une primaire ou pas
50:57ça n'a rien changé.
51:05Force de l'incarnation
51:06présidentielle
51:08Puissance des grands partis
51:11Frontières avec les extrêmes
51:15Ces grands repères
51:16s'effacent
51:17L'heure est à la radicalisation
51:19et à la désintégration
51:21du jeu politique
51:22traditionnel
51:22Les primaires
51:24ont-elles contribué
51:25à ce bouleversement ?
51:28En 20 ans
51:28les primaires
51:29ont fait exploser
51:30les partis politiques
51:32ont mis à mal
51:33les institutions
51:35de la 5ème république
51:37donc je pense
51:38qu'il faut en sortir.
51:39Moi je suis toujours
51:40pensé que les primaires
51:41c'était
51:42le plus mauvais
51:43des systèmes
51:44sauf tous les autres
51:45pour paraphraser Churchill
51:47parce que finalement
51:48un homme politique
51:49doit dire aux français
51:50c'est vous qui voyez.
51:52Les français ont besoin
51:52d'un espoir
51:53d'un horizon
51:54qui soit au-dessus
51:55et donc peut-être
51:56qu'on n'a pas su faire ça.
51:57Si la société civile
51:58n'a pas l'impression
51:59d'être représentée
52:00dans une élection
52:01on court à la catastrophe.
52:03Et après
52:03évidemment
52:04si personne ne veut
52:04se soumettre
52:05à une primaire
52:06le sujet
52:07ce sera
52:07les sondages.
52:09Nous avons une responsabilité
52:10dans le débat public
52:10mais c'est pour ça aussi
52:12qu'il ne faut pas démarrer
52:13ces enquêtes
52:14de second tour
52:15trop tôt.
52:16On dit souvent
52:16qu'en politique
52:17la politique est un concours
52:18oui mais pas
52:19la présidentielle.
52:20La présidentielle
52:21ça commence par
52:22un examen
52:23un examen
52:23avec le jury
52:24le plus exigeant
52:25qui soit
52:25les français.
52:26Moi je crois
52:27qu'il faut faire
52:27très attention
52:28à l'idée
52:29que celui
52:30qui sera sélectionné
52:31au deuxième tour
52:32gagnera forcément
52:34parce que
52:35face aux extrêmes
52:36il y aura
52:36un front commun
52:37etc.
52:37C'est faux.
52:38Les français
52:40veulent voter
52:41utile
52:42dès le premier tour.
52:43Maintenant
52:44c'est pas un candidat
52:45de dire
52:46écartez-vous
52:46c'est aux français
52:47c'est ce qu'ils ont compris
52:49d'ailleurs
52:49d'écarter
52:50tous les candidats
52:51qui n'ont aucune vocation
52:52à être président
52:53de la république.
52:55Merci beaucoup.
52:57Bon
52:57voilà
52:58il n'y a plus qu'à faire.
53:02Voilà
53:03merci beaucoup.
53:05On ne peut plus
53:07libère-moi.
53:08Vous ne m'avez pas parlé
53:08de Sarkozy
53:09je suis surpris.
53:10Non mais je commence
53:10à être bon
53:11je commence à être
53:12bon maintenant.
53:14Parfait.
53:14Parfait
53:14je ne sais pas
53:15mais
53:15si vous voulez
53:16couper mes commentaires
53:17et laisser les questions
53:19on peut faire
53:19on peut faire
53:20un plan maintenant
53:21et je peux partir.
53:22Pas du temps.

Recommandations