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  • il y a 3 minutes
À Lourdes, le pape a béni Marie-Garance, une petite fille polyhandicapée. L'image émouvante a fait le tour du monde. Sa mère, Clotilde, a témoigné de cette scène sur CNEWS.

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Transcription
00:00Clotilde Noël dit que la maman de Marie-Garance qui est à vos côtés.
00:04Marie-Garance dont désormais le visage est connu dans le monde entier
00:07parce qu'il y a cette photo magnifique qui a été prise par un photographe de l'AEP
00:11qui s'appelle Ludovic Marin, il faut lui rendre hommage,
00:14où on voit votre fille être approchée par des bénévoles du Saint-Père.
00:20On voit ici cette photo.
00:22Et le Saint-Père a un regard plein d'humanité sur votre fille.
00:26Il lui fait un signe de croix.
00:28Pendant qu'on le voit, lui, sortir en direct de la cathédrale.
00:30Racontez-nous comment ça s'est passé.
00:32Vous êtes venue avec plusieurs de vos enfants sur les Champs-Elysées samedi ?
00:37Oui, on était tous.
00:39Donc Marie-Garance a plusieurs frères et soeurs.
00:42Il manquait juste notre fils aîné parce qu'ils sont à Marseille et ils attendent le troisième
00:46et notre quatrième marin qui n'a pas pu venir parce qu'il travaillait ce jour-là.
00:50Donc on était quand même nombreux, puisque notre deuxième fils était avec sa femme.
00:54Donc on était quand même en deux voitures, en voiture PMR, etc.
00:58C'était une expédition.
00:59Alors on n'avait aucun...
01:00Ces gens nous ont posé la question si nous avions des passe-droits
01:04ou des possibilités de par notre situation et notre famille.
01:08Non, pas du tout.
01:09On est venus au même titre que tout le monde.
01:12Et puis après, ça a été une petite succession de petits miracles.
01:16Voilà, c'est ce que vous dites.
01:17Parce que vous étiez avec deux de vos filles, c'est ça ?
01:20Vous avez une autre fille qui a été prise dans les bouchons à le pape, c'est ça ?
01:24Oui, Peppa Thérésa.
01:26Peppa Thérésa.
01:27Et Marie-Garance.
01:27Et aussi en situation de polyhandicap.
01:29Absolument.
01:30Et Marie-Garance.
01:31Donc en fait, vous vous trouvez sur le parcours, à un endroit réservé aux personnes à mobilité réduite ?
01:35Encore pire que ça, parce que nous n'étions même pas.
01:37En fait, normalement, on était sur un autre endroit que là où sont les PMR.
01:44Et c'est grâce à l'Ordre de Malte qui nous ont énormément aidés pour arriver à passer les barrages,
01:48puisqu'à un moment donné, il fallait monter les QR codes.
01:50Et nous sommes arrivés à l'endroit PMR.
01:55Nous, on se disait que c'était surtout plus pratique, en fait, parce qu'on redoute un peu toujours les
01:59marches, etc.
02:00Parce que les fauteuils sont lourds.
02:01Et puis, en fait, après, on est arrivés assez tôt.
02:03On a commencé à pique-niquer.
02:04Et en fait, ce qui s'est passé de façon inconsciente, nous, on ne l'avait pas vu, en fait,
02:08mais les gens autour de nous ont commencé à se poser des questions, à regarder, ont commencé à voir leur
02:14cœur lié, en fait, à nos deux filles.
02:16Et du coup, quand on a vu qu'ils commençaient à prendre les Champs-Elysées, le pape, et qu'ils
02:22s'arrêtaient pour les enfants, je me suis dit pourquoi pas.
02:24Après, en rigolant avec les bénévoles, on se disait que ça attarde tellement qu'il va être récupéré dans la
02:28rillette et qu'il va foncer devant nous.
02:30Et donc, je me suis dit pourquoi pas.
02:32Mais il y a eu un moment donné, j'ai eu un hésitement, parce que vous voyez, quand j'entends
02:34cette femme pleurer, j'entends et je me disais à quel titre.
02:38Moi, je n'étais pas collée aux barrières.
02:40En arrivant avec mes enfants, j'avais peur d'écraser les autres dans tous les sens du terme.
02:44Il y avait des gens adultes, handicapés, qui avaient toute leur intelligence, qui attendaient le pape, voilà, comme cette mère
02:52qui attend aussi une guérison, un miracle.
02:55Mais c'est, en fait, les gens qui étaient à côté de nous, dont une femme, je me souviendrai toute
02:59ma vie, qui avait un certain âge, qui m'a regardée droit dans les yeux.
03:02Et qui m'a donné la force de me dire, elle a compris qu'en fait, j'étais légitime de
03:06le faire.
03:06Et ce n'était pas une démarche pour nous, pour notre enfant.
03:10Je n'ai même pas pensé, je ne veux pas que Marie-Garance soit guérée.
03:14Et en fait, c'était un acte pour toute l'humanité.
03:17J'ai envie de dire à cette femme, évidemment, combien le pape a béni son fils à travers Marie-Garance.
03:23C'est collectif, en fait.
03:24C'est un geste pour les enfants malades dont vous parlez, en vrai.
03:28Tous les enfants malades, ceux qui sont dans les hôpitaux, on aura tout à l'heure une maman dont le
03:31fils est hospitalisé.
03:32Et pour les mères aussi.
03:33Et pour les mères des familles, évidemment.
03:35Et les pères, parce que vous avez aussi un mari formidable.
03:37Et pour les pères.
03:38Et puis, moi, c'est ce que j'ai pensé au creux de la nuit.
03:40Ça m'a réveillée.
03:41Je me suis dit, je veux que ça a vraiment été un faisceau de lumière mis sur des ténèbres.
03:45Soit ces enfants qui sont invisibles, etc.
03:47Et surtout, un faisceau de lumière, un projecteur mis sur la mère biologique de Marie-Garance qui lui a donné
03:53la vie.
03:53Si elle n'avait pas fait ça, si elle n'avait pas eu l'abandon, l'espérance de la déposer
04:00à l'adoption,
04:01en fait, 11 ans plus tard, on ne serait pas tous là, le monde, en train de vivre un miracle,
04:05en fait.
04:05Donc, le miracle, il a commencé déjà.
04:07Et on ne parle pas de ces femmes.
04:09Et même souvent, il y a beaucoup de jugements douloureux.
04:13Et le papa aussi, biologique, de Marie-Garance, qui ne connaît peut-être même pas son existence.
04:18Voilà, c'est toute cette chaîne humaine.
04:22En fait, ce que j'expliquais, c'est que l'histoire de Marie-Garance, c'est que toute l'histoire
04:25est un maillon
04:26où c'est des bras qu'on porte.
04:27L'amour ne nous appartient pas.
04:29Marie-Garance, il nous a été donné de la donner.
04:31Et ses bras ont continué vers le pape.
04:34Alors moi, en tant que maman, j'ai été fébrile parce que j'ai eu très peur qu'on la
04:36fasse tomber.
04:37Mais voilà, on a vu en fait cette chaîne d'amour.
04:40Nous ne sommes rien, nous recevons l'amour du Très-Haut et nous sommes des passeurs.
04:44Clotilde, il faut quand même expliquer que vous avez une famille, vous avez eu six enfants biologiques
04:49et après, vous avez adopté quatre enfants handicapés.
04:52Marie-Garance est la seconde, je crois.
04:54De l'adoption, oui.
04:55De l'adoption, voilà.
04:56De la huitième de la fratrie.
04:57Elle a aujourd'hui 11 ans.
04:58Oui.
04:58Et elle est habillée de la même façon d'ailleurs que le samedi.
05:03Vous lui avez remis sa robe, son petit nœud dans les cheveux.
05:06Elle est polyhandicapée, comme vous l'avez expliqué.
05:11Et donc, ce moment où vous la voyez partir dans les mains des bénévoles pour être transportée jusqu'au pape.
05:18Vous nous avez envoyé justement une idée.
05:19Les mains des bénévoles, c'est les mains des gardes suisses, en fait.
05:22Des gardes suisses.
05:22Il lui a fallu des...
05:23Alors, rendons hommage, là aussi.
05:24Et on voit comment le pape porte un regard qui est bouleversant.
05:29C'est une élévation, en fait.
05:31C'est une élévation.
05:32C'est trop beau.
05:33C'est une élévation pour le monde.
05:35Vous l'avez vécu, vous.
05:37Et est-ce qu'elle, elle a pu échanger ?
05:40Elle a ressenti quelque chose, évidemment ?
05:42En fait, ce qui est beau dans tout ce qu'on voit, mais nous, on le vit au quotidien,
05:46c'est cette question de l'abandon total.
05:48Marie-Garance, elle est totalement abandonnée.
05:53Elle déverse, en fait, de sa vie n'est que amour, en fait, pour nous tous.
05:58Et on voit qu'elle a cette posture d'abandon et elle se laisse aller.
06:03Et ce qui est très beau, c'est qu'il y a des gens qui m'ont dit
06:05« Mais ils se connaissent, ils se sont parlés, c'est pas possible. »
06:07Et en fait, évidemment, ils se sont reconnus dans une humanité
06:11puisque ce pape travaille dans son invisible, l'évangile.
06:15Ce qui s'est passé, ce n'est que la crèche, en fait.
06:18Il s'est repassé, la crèche, le diamètre des millions d'années,
06:21où l'étoile est arrivée devant Marie-Garance.
06:23Et nous avons tous été les rois mages.
06:25Et c'est une scène qui s'est passée, c'est un tableau.
06:28Vous voyez, maintenant, ça devient la piéta.
06:30C'est beau, en fait, c'est quelque chose de très beau.
06:33C'est une comparaison, parce qu'on va voir les deux images
06:35où il y a la piéta et la scène où le pape a voté dans les bras.
06:39C'est flagrant, en fait.
06:40Ça, c'est la première fois que je dis.
06:42C'est la même humanité, c'est la même bonté.
06:46C'est une comparaison qui fait...
06:49Ah, ben, quand on a compris la dévotion mariale
06:54et l'amour immense de cette mère
06:58qui nous a donné son fils pour nous sauver,
07:00ben, en fait, évidemment, ça redonne tout sens, en fait.
07:04En fait, c'est là où on voit que rien n'était hasard.
07:08Tout était rendez-vous, tout était prévu depuis toute éternité.
07:12Et puis, voilà, ça a été des successions de petits barrages
07:14qui ont permis de permettre ça.
07:16Mais quand on réfléchit aussi, elle aurait pu être portée d'une autre façon
07:19où les photos n'auraient pas pu être faites, en fait.
07:23Il a porté aussi plein d'autres enfants qui étaient magnifiques.
07:26Et votre autre fille, d'ailleurs, aussi.
07:29Peppa.
07:30Peppa Teresa, oui.
07:31Qui n'est pas encore baptisée.
07:32Donc, en fait, pour nous aussi, ça a été quelque chose de très important.
07:34C'est une question un peu basique,
07:36mais on doit se poser forcément la question
07:37pourquoi est-ce qu'il a choisi ?
07:38Pourquoi ça s'est passé avec ma fille ou avec mes deux filles
07:41et pas d'autres ?
07:42Forcément, ça doit être quelque chose qui doit vous...
07:45Non, parce qu'en fait, je comprends complètement votre question,
07:48mais moi, je ne m'arrête plus.
07:49Pourquoi ?
07:49Parce qu'en fait, je comprends le mystère, en fait.
07:53Et on essaye toujours...
07:54Souvent, on nous dit,
07:55pourquoi vous avez adopté ces enfants ?
07:57Pourquoi ?
07:58Je n'avais pas...
07:59C'est ça, en fait, la force du mystère.
08:02Et c'est cette force de mystère
08:04qui permet, après le miracle, en fait,
08:05si on réfléchit tout et si on prévoit,
08:09en fait, la vie, si on a tout prévu
08:11et qu'on a tout bien cadré,
08:12la vie, elle ne peut pas couler en abondance.
08:14Et là, c'est l'étoile.
08:17C'est l'étoile, comme il y a des millions d'années
08:19qui s'est arrêtée sur ma régarance.
08:21Ce qui est très beau, c'est que vous dites
08:22que ce moment-là, qui est extrêmement personnel
08:25entre le pape et votre vie,
08:26vous dit, un peu, il ne m'appartient pas.
08:28Il appartient à tous les parents
08:29qui ont des enfants handicapés.
08:31Et il appartient à ses enfants d'abord.
08:33Voilà, alors j'espère, bien sûr.
08:35Moi, je suis bien et mal placée pour dire ça
08:38parce que j'ai quand même eu...
08:39C'est quand même une grâce énorme.
08:40Alors, ça a été quand même un très, très beau cadeau
08:42pour nos enfants
08:42parce que nos six enfants biologiques
08:45ont quand même ouvert leur cœur,
08:48donné leur place.
08:50Leur vie a changé après.
08:51Donc, c'est quand même aussi
08:53un très, très beau cadeau pour eux.
08:54Mais c'est vrai que nous,
08:55on a ce cadeau incroyable de Marie Garance
08:58où on touche l'invisible à chaque instant.
09:01Donc, presque, en fait, on n'avait pas...
09:04Voilà, c'est une consolation pour les mères,
09:07c'est une consolation pour ses enfants.
09:09C'est tout ça qui est beau
09:11et c'est notre force, en fait, de notre foi
09:12quand on parle de la communion des saints,
09:14de cette communion, en fait, qu'on a palpée.
09:16Il faut comprendre qu'en fait,
09:18ce qui s'est passé, c'est un réel miracle
09:19parce que ça s'est passé en trois temps.
09:21Il y a d'abord eu un frémissement.
09:24Tout le monde m'a dit ce terme.
09:25Moi, je ne l'ai pas senti
09:26parce que j'avais peur qu'elle tombe.
09:28Donc, moi, j'étais la mère.
09:29Je n'avais pas le temps d'être dans le mystique.
09:31J'ai dit pour vous qui la calme bien.
09:32Il y a un moment donné, c'est ma place, c'est mon rôle.
09:35Le Seigneur m'a demandé d'être sa mère.
09:37Et il y a eu un frémissement.
09:39Et après ce frémissement,
09:42ça a été un temps suspendu dans un monde
09:44où jamais rien n'est suspendu, en fait.
09:46Tout le monde a cru que ça allait durer longtemps,
09:48en fait, des milliers de secondes.
09:49Après ce frémissement, il y a eu un silence.
09:52Et il y a eu des applaudissements.
09:54Il y a eu la célébration.
09:57Il y a eu une acclamation.
09:58Mais il a fallu d'abord,
09:59c'est là où on voit la force du miracle,
10:01il a fallu d'abord le frémissement
10:03pour ouvrir les cœurs
10:05et célébrer ce qu'on ne célèbre plus,
10:07ce qu'on cache.
10:08Donc, c'est là la force du miracle.
10:10On espère que ce frémissement,
10:12que les cœurs ne vont pas se rendurcir.
10:14Et en plus, ça a été universel.
10:16C'est-à-dire qu'on a tous nos histoires,
10:17on a tous nos peurs,
10:19on a tous nos visions du handicap
10:20qui peut être effrayante, douloureuse,
10:22dans notre histoire personnelle, etc.
10:24Il nous voit maintenant sur les réseaux.
10:26Absolument.
10:27Et on a ces images du pape
10:29qui est en train de sortir sur le parvis.
10:31Peut-être qu'on va écouter
10:32s'il est applaudi, acclamé.
10:34Mettez-moi un peu le son qu'on entende.
10:36On vit ça en direct sur ces moules.
10:44Voilà le pape qui salue les fidèles
10:47qui sont sur les parvis
10:49de cette cathédrale de Metz.
10:53Il vient de célébrer la dernière de ces Metz.
10:55Et là, c'est terminé.
10:57Le rêve se termine.
10:58Il rentre dans sa voiture
10:59et il va prendre la direction, mon cher Louis,
11:02de l'aéroport pour entrer à Rome.
11:04C'est vrai que vous l'avez dit,
11:05je crois qu'il y a beaucoup...
11:06Moi, je suis très triste.
11:06Voilà, que ça termine.
11:07Tout le monde aurait aimé que ça continue encore un peu.
11:10Mais effectivement, à 18h30,
11:11donc il va être accompagné
11:12par le président de la République à l'aéroport.
11:14Et puis à 19h, son avion va décoller
11:16pour rejoindre Rome.
11:18Laissez-nous bien le son,
11:19qu'on entende bien les cris de joie
11:20de ces habitants de Metz
11:22et d'ailleurs du monde entier.
11:23Je crois qu'il y a des Espagnols,
11:24des Italiens, des Allemands
11:25qui sont venus pour assister à cette célébration
11:28qui est la dernière de ces 4 jours
11:29du voyage-mastoral.
11:30On écoute.
11:36Ce n'est qu'un au revoir,
11:38chante la foule.
11:39Là encore, c'est très, très beau.
11:54Voilà, ce n'est qu'un au revoir,
11:56chante la foule rassemblée sur cette parvis
11:59de la cathédrale de Metz.
12:02Et l'acclamation, évidemment,
12:06puisque je ne sais pas si c'est le pape
12:07que l'on voit faire un petit coucou
12:10de la fenêtre de son papa.
12:12Je crois que ce n'est pas la pape,
12:13on dit que c'est une voiture, évidemment.
12:15Et on l'imagine quand même bien fatigué
12:17après ces 4 jours où il n'a pas arrêté
12:19entre Lourdes, Paris.
12:19C'était au passe-course.
12:20Oui, mais il a pris le temps à chaque fois.
12:23C'est vrai.
12:23Et de 9h à 23h tous les jours.
12:259h à 23h.
12:25Non, mais quand vous regardez le programme...
12:27Ça a été un problème.
12:28De chef d'État, en même temps.
12:29Même physiquement, je ne sais pas
12:30comment il a fait pour tenir.
12:31Ce qui est très frappant aussi,
12:33c'est qu'avant l'avenue du pape,
12:35on parlait quand même régulièrement
12:36d'une société française très divisée.
12:38Et ce qui est frappant,
12:39c'est qu'il a réussi à unir les Français.
12:41Il n'y a que des images
12:42d'unités des Français partout où ils passent,
12:44que ce soit à Paris, que ce soit à Lourdes,
12:46que ce soit aujourd'hui à Metz.
12:49Il a réussi à faire tomber
12:50tous les clivages du quotidien
12:52et les divisions de la société.
12:54Et ça nous change les fractures françaises.
12:56On a eu ce moment d'espoir d'union.
12:58La maman d'Octave nous a rejoint.
13:00Bonsoir à vous.
13:01Vous êtes Sophie.
13:03Votre enfant, lui aussi,
13:04a été béni par le pape.
13:05C'est un petit garçon de 2 ans.
13:07Il a eu une histoire très particulière
13:09parce qu'il est hospitalisé
13:10depuis sa naissance à l'hôpital Necker
13:11à Paris pour enfants malades.
13:13Et vous aviez demandé aux soignants,
13:15il souffre d'une malformation grave,
13:18vous avez demandé aux soignants
13:19de faire en sorte qu'ils puissent sortir.
13:20C'est sa deuxième sortie, je crois,
13:22pour aller voir le pape.
13:24C'est bien ça ?
13:24Exactement.
13:25C'était mon souhait le plus cher.
13:28Il a exprimé dès que j'ai su que le pape venait en France
13:31et surtout dès qu'a été révélé ce thème qu'il a choisi
13:36pour que le monde ait la vie,
13:38je me suis dit qu'en fait,
13:39il faut qu'Octave soit béni par ce pape,
13:42le combat de mon fils,
13:43et finalement ce que le pape représente,
13:46ce que le pape est venu voir aussi en France
13:48et qu'il ne voit pas
13:49puisqu'en fait, dans son programme,
13:51il n'était pas prévu qu'il aille dans un hospital.
13:54Dans les hôpitaux.
13:54Vous savez pourquoi il n'est pas allé dans les hôpitaux ?
13:57Non, je n'en ai aucune idée,
13:58mais tout de suite, je me suis dit
14:01mon fils, si j'arrive à le faire,
14:03et une maman qui veut quelque chose,
14:05elle peut sauver des montagnes.
14:07Je me suis dit au moins,
14:07il pourra représenter tous ses enfants hospitalisés.
14:10C'est le bout de sou que l'on voit là-haut,
14:12à droite de notre écran,
14:14qui justicule.
14:15En fait, il a le soleil dans les yeux.
14:16Il a le soleil dans les yeux.
14:17Ça décharge.
14:19C'était pour lui difficile
14:20d'avoir le soleil d'un seul coup,
14:22parce qu'en fait, on a eu un moment extraordinaire.
14:25Le parvis de Notre-Dame,
14:27devant Notre-Dame,
14:28avec un soleil incroyable
14:30pour cette bénédiction papale.
14:34Et en fait, effectivement,
14:37les équipes médicales nous ont aidés
14:39à concrétiser ce projet
14:41qui était vraiment un projet important
14:43pour notre famille.
14:44Bien sûr, pour toute la famille.
14:45Pour toute la famille.
14:46On a en face de vous Clotilde,
14:49qui est la maman de Marie-Garand.
14:50Ce qui est intéressant,
14:51c'est que vous avez vécu la même chose
14:52avec deux de vos enfants.
14:55Et en même temps,
14:55c'est un moment que vous voulez partager,
14:56que vous ne voulez absolument pas garder
14:57de façon égoïste toutes les deux.
14:58Vous dites que c'est pour tous les enfants.
15:00Oui, je trouve que c'est important, en fait,
15:02de ne pas oublier ces enfants
15:03qui, au sein de l'hôpital,
15:05parce que le combat pour la vie,
15:06il est d'abord à l'hôpital.
15:08Il est pour tous ces enfants,
15:10de nénates à la naissance,
15:11qui mènent ce combat pour la vie
15:13et dont on ne parle jamais.
15:14et qui n'existent pas,
15:15puisque personne ne les a jamais vus.
15:18C'est vrai.
15:19Et donc, je me disais,
15:19ce que cette bénédiction du pape,
15:21moi, en tout cas, m'a apportée,
15:22c'est qu'aujourd'hui, mon fils, il existe.
15:26Il existe au lieu du monde,
15:27alors qu'il n'existait pas depuis deux ans,
15:28même si on en voit des photos,
15:29même si on en parle.
15:31Le fait de ne pas être vu et présent
15:34aux événements familiaux, etc.,
15:37fait que mon fils n'avait pas d'existence.
15:40Et aujourd'hui, il existe,
15:41et c'est important.
15:43Enfin, en tout cas, moi,
15:44c'est ça qui m'a bouleversée
15:46dans cette bénédiction.
15:47Ça vous parle, Clotilde, d'entendre ?
15:49Oui, oui, immensément,
15:50parce qu'en fait,
15:51on ne peut pas vivre au-delà
15:53de ces souffrances d'isolement en plus.
15:55Et puis, on a envie, en effet,
15:56comme toute mère à un enfant,
15:58on a envie de le montrer.
15:59On a envie de montrer qu'il est beau.
16:02On a envie de partager.
16:04On est des humains.
16:05Et c'est dur, cet isolement.
16:07Et puis, de se dire qu'en effet,
16:09lui aussi, les autres sont privés de lui,
16:11mais nos enfants sont privés.
16:13Moi, quelquefois, je me dis,
16:14là où on habite,
16:15c'est pratiquement un village.
16:16Je me dis,
16:17ils ne connaissent pas Marie-Garange,
16:18je ne peux pas aller chercher le pain avec elle.
16:20Il faudrait que tout un village la connaisse.
16:22Tout un village aurait dû être fou
16:25de ce qui se passe encore plus.
16:27C'est ses plus grands supporters.
16:29Octave est retourné à l'hôpital depuis ?
16:31Ah oui, oui, le jour même.
16:32Le jour même.
16:33Et effectivement,
16:34tout l'hôpital avait regardé Octave se faire venir.
16:37Parce qu'en fait, au départ,
16:38il n'était pas du tout prévu
16:39que le pape descende de la pape immobile.
16:41C'était un garde-suisse
16:42qui devait présenter Octave.
16:44Et ça s'est vraiment fait deux minutes
16:46avant l'arrivée du pape.
16:47On nous a dit,
16:47le pape arrive dans deux minutes
16:49et il va descendre.
16:50Et donc là, c'était une émotion...
16:53Donc, rien n'était prévu.
16:54C'était une émotion extrêmement forte.
16:57Et effectivement,
16:58ce pape est arrivé
17:00et avec des gestes
17:01que j'ai trouvés d'une extrême douceur
17:04et d'une extrême lenteur.
17:05Il vous fait ralentir.
17:06C'est-à-dire qu'il y a beaucoup de bruit,
17:08il y a beaucoup de monde.
17:10Et il vous donne l'impression
17:11d'être seul avec lui.
17:13Et c'est ça qui m'a le plus bouleversée.
17:15Et la première chose qu'il a dit,
17:16en français d'ailleurs,
17:17c'est « c'est toi, Octave ».
17:19Et donc, pour moi, ça a été,
17:20pour moi, maman d'Octave,
17:22une vraie reconnaissance
17:23de l'existence de mon fils.
17:25Et puis, il a pris le temps
17:26de nous saluer.
17:27Et on avait notre aîné avec nous
17:28qu'on voit un peu sur le côté
17:30parce qu'on lui avait dit
17:30« c'est pas ton jour,
17:31c'est le jour de ton frère ».
17:34Et il l'a compris.
17:35Et elle l'a compris.
17:36Mais lui, il est allé vers elle.
17:38Il lui a dit
17:39« comment t'abelles-tu ? »
17:40En français, toujours.
17:41Et il a béni aussi notre aîné
17:43qui n'était pas du tout prévu.
17:44Et c'est là où il a un programme
17:46et puis il est capable,
17:47enfin moi, c'est ça
17:48qui m'a le plus impressionnée,
17:49de comprendre la situation,
17:53de mettre beaucoup de douceur
17:55dans des situations
17:56qui sont quand même compliquées.
17:58Et après, une déambulation,
18:00franchement, le bruit de la foule,
18:01je ne sais pas comment il a fait
18:02pour supporter une heure
18:04de déambulation à son âge.
18:05Il est arrivé.
18:06Et on avait l'impression
18:07qu'il n'y avait aucun impact
18:09sur son sourire.
18:12Et c'était un très beau moment.
18:15Et après, on a pu suivre les Vêpres.
18:17On a été invités aux Vêpres.
18:18Ça, ça a été aussi un grand moment
18:20parce que c'est réservé aux clergés.
18:21Donc, on est rentré
18:22dans cette cathédrale.
18:24Avec Octave ?
18:25Avec Octave.
18:26Formidable.
18:27Qui a pu assister aux Vêpres
18:28à Notre-Dame.
18:29Avec tous les religieux.
18:30Il y en avait 8000.
18:31Donc, c'était le seul enfant.
18:33Donc, c'est vrai que
18:33quand il a animé un peu
18:35les Vêpres à sa manière,
18:37je ne pouvais pas me cacher
18:38derrière un autre enfant
18:40qui aurait fait du bruit
18:41et faire semblant
18:41que c'était pas tout.
18:42Mais c'est beau ce dialogue
18:43entre mamans,
18:44entre mères de famille.
18:45Je voulais l'installer ce soir
18:46parce que c'est vraiment,
18:48je pense,
18:48le cœur du voyage pastoral
18:49de Léon XIV.
18:51Et qu'au fond,
18:52ces scènes-là,
18:53on ne les avait pas vues
18:53depuis Jean-Paul II.
18:54En réalité,
18:55c'est ce où les mamans
18:57présentent leurs enfants au pape.
18:58Vous avez,
18:59Clotilde,
19:00créé une association
19:00qui s'appelle
19:01Le Cœur du Nid.
19:02Enfin, une application
19:03qui permet justement
19:04aux parents
19:04qui ont des enfants
19:05en situation de handicap
19:06de ne pas être seuls,
19:07de pouvoir être aidés,
19:08de pouvoir échanger,
19:10de pouvoir...
19:10quand il y a des moments de blues,
19:12quand il y a des moments
19:13de solitude,
19:13de se dire
19:14que vous n'êtes pas seuls.
19:15Oui, voilà.
19:16C'est des bénévoles
19:17que nous formons
19:18qui ont...
19:19Donc, c'est dans
19:20différentes villes de France.
19:21Le souhait,
19:22c'est vraiment la transmission
19:23de recréer des réseaux
19:24parce qu'on est extrêmement isolés.
19:26On est fatigués.
19:27On a besoin d'avoir
19:28des personnes
19:29qui sont passées
19:29par ces moments-là
19:31et qui peuvent apporter
19:32quelquefois
19:32des réponses aussi
19:33très concrètes
19:34parce que les soignants
19:35apportent aussi
19:37des...
19:37Mais il y a quelquefois
19:38des choses plus pratiques
19:40qu'aux pratiques
19:40qu'on peut mettre
19:40en lien avec nos enfants.
19:42Et il y a aussi
19:42des bénévoles
19:43qui accompagnent
19:44les familles
19:44qui se mettent en route
19:44pour l'adoption
19:45d'enfants porteurs
19:46d'handicap en France.
19:47Oui, parce que je rappelle
19:48encore une fois
19:48que vous avez adopté
19:49Marée Carence.
19:50Voilà.
19:51Et que c'est un geste
19:53absolument magnifique.
19:53Et d'ailleurs,
19:54que personne ne comprenait
19:55à l'adoption.
19:56Ils vous disent
19:56mais enfin,
19:57vous avez eu six enfants,
19:58pourquoi voulez-vous adopter ?
19:59Et c'est ça
20:00qui est incroyable
20:01dans ce système
20:01où l'adoption
20:02vraiment est très compliquée
20:03dans notre pays.
20:05Il est compliqué.
20:05Il faut aussi comprendre
20:06que l'adoption,
20:08ce n'est pas un rêve doré.
20:10Et il y a aussi,
20:11j'ai appris,
20:11des familles
20:12qui rendent l'enfant.
20:13Donc, c'est extrêmement compliqué.
20:16Et en fait,
20:16ce n'est pas,
20:17je dirais fréquent,
20:18mais ça arrive en fait.
20:18Ce n'est pas une histoire
20:19parmi tant d'autres.
20:20Ils sont aussi pris
20:21dans un système
20:21qui est compliqué.
20:23Et voilà.
20:23Après, il y a des soignants
20:24comme tout,
20:25des personnes qui nous auditionnent
20:27comme tout
20:27qui sont incroyables
20:28et d'autres
20:28qui ne sont pas non plus formés
20:29pour accueillir
20:30et pour suivre des familles
20:32qui ont déjà une fratrie
20:35et qui veulent adopter
20:36un enfant portant de handicap.
20:37C'est ça aussi le problème.
20:38C'est qu'on s'est retrouvés
20:38face à des soignants
20:39qui ne connaissent pas
20:40le handicap
20:40et qui ne connaissent pas
20:41de la réalité de ces enfants
20:42dans les pouponnières
20:44ou dans les familles d'accueil.
20:45Donc, on parle
20:46de langages différents.
20:47Vous allez encadrer
20:47la photo de Marie-Garance
20:49et du pape ?
20:49On va plus que l'encadrer.
20:51On ne sait pas laquelle prendre.
20:52On va y en avoir plein.
20:53Peppa aussi.
20:54Oui, Peppa aussi.
20:55Alors, je crois qu'on a
20:56la photo de Peppa.
20:57Je veux bien qu'on la montre
20:57parce qu'il n'y a pas
21:01à mourir de rire.
21:02Peppa, Teresa,
21:03je t'en supplie,
21:04elle n'est pas encore connue
21:05parce qu'on a quitté
21:05ton bienvenu.
21:06On compte sur toi
21:07pour parler de Peppa.
21:08Donc, elle m'entend
21:09d'aujourd'hui.
21:10Peppa, c'est Peppa.
21:12Et puis, le pape
21:13a le même regard
21:14sur vos deux filles
21:15que sur Octave.
21:16Peut-être que vous allez
21:17aussi encadrer la photo.
21:18Ah oui.
21:20Ma chère Sophie,
21:22avec ces moments
21:24incroyables que vous avez vécu,
21:25vous ressortez
21:25toutes les deux plus fortes
21:26de ce voyage.
21:28Alors, allez-y, Sophie.
21:29Il m'a donné une énergie
21:31pour repartir au combat.
21:32C'est vraiment
21:32ce que je retire
21:34de cette bénédiction.
21:36Je me sens beaucoup plus forte.
21:38On a des hauts et des bas
21:39et c'est vrai que
21:4022 mois d'hospitalisation,
21:41c'est long.
21:43Et là, j'ai une vraie énergie.
21:46Et puis, autre chose,
21:48c'est que pour la première fois,
21:49en tout cas,
21:49ça faisait longtemps
21:49que je ne l'avais pas entendu,
21:51la maison a résonné
21:53avec des
21:53« c'est grâce à Octave
21:55si j'ai rencontré le pape »,
21:56« c'est grâce à Octave si ».
21:58Et ce « c'est grâce à Octave »,
22:01jamais je ne pourrai
22:02remercier le pape
22:03de me l'avoir offert.
22:04– Écoutez, et vous,
22:05en un mot, Cotine ?
22:06– Moi, je repars
22:09pleine d'espérance
22:10et je veux croire
22:11que tout ce qu'on a ressenti là,
22:14c'est le début de quelque chose.
22:15Quand vous disiez
22:15« c'est la fin du voyage »,
22:16non, c'est le début pour nous.
22:18Il nous a déposé tellement de choses,
22:19il nous a donné tellement de choses
22:20et nous, il faut qu'on se mette en marche.
22:22Je me dis peut-être que
22:23Octave, Marie-Garance
22:24sont les fondations
22:25d'une cathédrale
22:26qu'on doit construire
22:27sur cette fragilité.
22:28J'aime quand on entend
22:30les évangiles
22:31et on dit qu'on doit
22:32être des bâtisseurs
22:32de cathédrales.
22:33Est-ce qu'on sera fidèles
22:35à cette promesse
22:36que le pape nous a déposée ?
22:38Est-ce qu'on a eu un miracle ?
22:39Avec Octave,
22:40avec Marie-Garance,
22:41avec plein d'autres
22:42qui sont inconnus.
22:43Il y a eu plein de miracles.
22:44Est-ce qu'on va être fidèles à ça ?
22:46Et je crois,
22:47et j'ai l'espérance,
22:47je crois profondément
22:48et j'ai l'espérance
22:49de me dire
22:49que si ça a eu lieu en France,
22:51Dieu nous fait confiance
22:52et sait qu'on est capables
22:54de se tourner vers la fragilité
22:56et en faire les socles
22:57de notre civilisation.
22:58Et des forces.
22:59Merci à toutes les deux
23:00de ces deux témoignages
23:01absolument magnifiques.
23:02Merci.
23:02Clôture en beauté.
23:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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