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  • il y a 13 minutes
Après des appels au blocus de plusieurs lycées en France, Sébastien Lecornu fustige l'implication de La France insoumise et dénonce une "surenchère irresponsable". Des accusations qui n'ont pas plu au parti d'extrême gauche qui a aussitôt réagi.

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00:00Je vous le disais, ces affrontements prennent un tour politique, on va y venir dans quelques instants, mais d'abord
00:04Antoine Forestier sur place.
00:06Antoine, je crois qu'il faut commencer par expliquer tout simplement ce qui est à l'origine de ces incidents.
00:13C'est des manifestations qui ont déjà démarré ici dans ce lycée en Seine-Saint-Denis vendredi dernier.
00:17Il y avait déjà eu un blocage du lycée par une partie des élèves et ça a repris ce matin.
00:22Quand on discute avec ces élèves, on a eu l'occasion d'effectuer quelques interviews avec des lycéens tout à
00:27l'heure.
00:27Ils dénoncent globalement leurs conditions de travail, ils dénoncent la vétusté de leur établissement et c'est pour ça qu
00:32'ils se mobilisent.
00:32En tout cas, c'est ce qu'ils nous disent lorsqu'on les interroge et c'est la raison pour
00:36laquelle ce matin, ils ont repris leur mobilisation après celle qui avait déjà commencé vendredi.
00:40Ils sont assez nombreux devant ce lycée, plusieurs centaines d'un lycée qui compte plus de 2000 élèves.
00:45Et donc la conséquence, c'est que la plupart des cours à l'intérieur du lycée n'ont pas lieu
00:48ce matin et qu'il y a cette intervention de la part des policiers qui sont casqués.
00:53Vous le voyez ici sur ces images, on assiste désormais à un léger retour au calme par rapport à ce
00:57qu'on a pu connaître il y a maintenant une heure.
01:00Mais il y a une heure, on a donc assisté à des charges de la part de ces policiers et
01:03également à des interpellations.
01:05Impossible pour nous de vous dire ce qu'on reprochait clairement à ces élèves qui ont été interpellés, à qui
01:09on a mis des menottes.
01:10On n'a pas vu clairement ce que les policiers avaient vu.
01:14En tout cas, il y a eu plusieurs interpellations depuis qu'on est présents ici.
01:17Et puis on assiste aussi à la médiation de la part d'élus qui sont présents sur le terrain, notamment
01:21le maire Bali Bagayoko,
01:23qui depuis tout à l'heure ne cesse, vous le voyez ici à l'image, de faire des allers-retours
01:26entre les élèves, les représentants des élèves
01:28et également les policiers de l'autre côté pour tenter d'avoir un retour au calme ici devant le lycée.
01:33Ça semble être le cas pour le moment ici, mais à notre arrivée devant le lycée, c'était déjà le
01:37cas.
01:37Et ensuite, il y a eu des regains de tension avec parfois des jets de projectiles de la part d
01:41'élèves envers les forces de l'ordre.
01:43Et ensuite, avec les policiers qui ont répliqué en chargeant.
01:48Vous voyez ici le maire de la ville de Saint-Denis qui est en train de faire des selfies avec
01:53des élèves.
01:54Il a été porté par les lycéens tout à l'heure qui l'ont notamment applaudi.
01:59Monsieur le maire, bonjour. On est en direct sur BFM TV.
02:02Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu la situation et quel est votre rôle là désormais ?
02:06Moi, je suis maire de tous les Dionysiens et Pierre-Futoire.
02:10J'ai mes lycéens qui se mobilisent. Je suis à leur côté. Je leur porte d'intégralité de mon soutien.
02:15Leurs emmènent les cas sont légitimes, sont justes.
02:18Ils demandent des moyens au même titre que d'autres établissements de beaux quartiers.
02:23Ils demandent que la République les respecte.
02:25Ils demandent qu'ils aient des travaux conséquents dans leurs établissements.
02:27En fait, tout simplement, ils veulent vivre et travailler et éduquer dînement.
02:32Et donc, ils disent aussi qu'ils en ont marre que leur sort soit suspendu à Parcoursup.
02:39C'est aussi ce qu'ils disent.
02:41Et ils appellent à la suppression pure et simple de Parcoursup.
02:45Et donc, je leur apprends l'intérêt de mon soutien.
02:47Alors après, bien sûr qu'il y a certains qui sont plutôt intéressés par voir uniquement les petits faits divers.
02:53Mais la grande majorité de ceux qui sont mobilisés depuis maintenant quelques jours, ils ont un message qui est relativement
02:58clair.
02:58Et il y a quelque chose qui est insupportable.
03:01Pourquoi le message quand il vient des beaux quartiers, des lycéens, des beaux quartiers, pourquoi les respecter ?
03:05Et pourquoi les nôtres, quand ils donnent le même message, pourquoi on veut lui donner une autre signification ?
03:09C'est ça qui est insupportable.
03:11Et je suis là aussi à la fois pour dire, je suis à leur côté, mais je suis aussi là
03:14aussi pour dire
03:15que je ne veux pas qu'il y ait un de mes lycéens et un de mes habitants qui soit
03:18blessé.
03:19Et c'est là aussi pour ça que je suis là.
03:20Quand le Premier ministre parle de surenchère irresponsable, qu'est-ce que vous lui répondez ?
03:23Mais le Premier ministre a une attitude irresponsable qui vienne ici à ce moment-là.
03:27Ce n'est pas tout d'avoir des grands mots en fait devant les médias.
03:29Qui vienne ici puisque d'ailleurs, les lycéens l'ont invité.
03:33Lui et son ministre de l'éducation et le rectorat qui viennent.
03:36Et je suis prêt en tant que maire de l'accueillir.
03:39Il va bien qu'il sera très bien accueilli.
03:41Il n'y a pas de difficulté parce que nous sommes des gens conscientisés.
03:45D'accord ?
03:45Donc c'est bien beau d'avoir des qualificatifs, mais ce sont les qualificatifs qui le disqualifient définitivement.
03:49Parce qu'il n'a qu'à observer la situation de la promesse républicaine ici dans les quartiers populaires.
03:56Elle est aujourd'hui uniquement, c'est un souvenir.
03:58L'État met moins de moyens dans les quartiers populaires qu'il le met dans les beaux quartiers.
04:01C'est factuel.
04:02C'est factuel.
04:03C'est incontestable.
04:04Sur l'ensemble des progrégatifs de l'État, la promesse républicaine n'est pas au rendez-vous.
04:09C'est ça qu'ils viennent dire.
04:10Est-ce que c'est une démarche spontanée de la part de ces lycéens ou il y a de l
04:12'instrumentalisation politique ?
04:13Ils sont tous ici.
04:15Et vous voulez qu'on leur pose la question ?
04:16Vous êtes très sûrs.
04:17On leur posera la question si on se instrumentalisait.
04:20Ici, ce sont des jeunes qui sont parfaitement conscientisés.
04:22Ils n'ont pas besoin d'être instrumentalisés.
04:23En revanche, ce sont des jeunes lycéens.
04:25Et nous sommes là aussi pour leur dire attention.
04:27Ne vous mettez pas en danger.
04:29Prenez pas des risques inconsidérés.
04:30Parce que je suis maire d'une ville, mais je suis aussi père de famille.
04:32Et je suis un éducateur.
04:34Et je viens de voir une chose.
04:36Aujourd'hui, de manière factuelle, si ces jeunes veulent répondre à la police nationale, ils peuvent le faire.
04:43Ils peuvent le faire.
04:44La seule chose pour laquelle ils ne le font pas, c'est qu'il y a le respect entre nous.
04:47Vous voyez ce que je veux dire ?
04:48Ça change tout.
04:49Ça change tout.
04:50Donc j'invite vraiment tous celles et ceux qui se disent être les porteurs de la République,
04:55d'être respectueux à l'égard du message qui est envoyé.
04:57Ne pervertissez pas leur message.
04:58Et je compte aussi sur les médias.
05:00Ne pervertissez pas leur message.
05:01L'intégralité de leur message, c'est de dire
05:03« Nous vous voulons éduquer dans les bonnes conditions.
05:06Nous voulons travailler dans les bonnes conditions.
05:07Nous voulons que nos établissements soient bien entretenus.
05:10Nous ne voulons pas avoir de fuite.
05:10Nous ne voulons pas, en hiver, avoir froid.
05:12Nous ne voulons pas non plus quand il fait trop chaud dans l'établissement.
05:15Ce sont des choses assez simples. »
05:17Est-ce que c'est un mouvement qui est amené à durer, selon vous ?
05:18Moi, je n'en sais rien, parce que je ne suis pas le chef-d'oeuvre, en fin de compte,
05:22je veux dire, de ce mouvement.
05:23Ce sont les jeunes qui le décident.
05:24Ce sont les lycéens qui le décident.
05:25Mais j'ai envie de dire une chose.
05:32Si l'État est capable de répondre, il n'y a aucune difficulté pour concrètement avoir le lever du blocus.
05:38Mais si l'État n'est pas capable de répondre, comme il le fait depuis de nombreuses années,
05:42pourquoi vous allez demander des réponses à des jeunes lycéens, là où l'État est incapable d'avoir les réponses
05:48?
05:49C'est quand même paradoxal.
05:50Il ne faut pas se tromper, en fin de compte, d'adversaires.
05:54– Voilà pour le point de vue de M. le maire sur cette situation,
05:56qui, je vous le disais depuis tout à l'heure, joue les intermédiaires entre lycéens et policiers.
06:00– En fait, pour avoir toutes les clés en main pour bien comprendre Laurent Neumann,
06:05Sébastien Lecornu a dénoncé la surenchère irresponsable d'élus LFI,
06:08alors que les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation ont prévenu que les forces de l'ordre interviendraient
06:12en cas de violence et de blocage total des établissements.
06:16Ce à quoi Jean-Luc Mélenchon a répondu,
06:19Jean-Luc Mélenchon parle de répression du gouvernement avec un arrière-goût raciste.
06:24– Une répression d'une férocité irresponsable.
06:27Ce mot d'irresponsable, il revient d'ailleurs dans les deux camps.
06:30Vous avez d'un côté des lycéens.
06:31Il faut quand même rappeler, il y a une petite soixantaine d'établissements
06:36où il y a eu des tentatives de blocage,
06:40une dizaine à peine qui sont bloqués sur 3700 lycées.
06:44Donc c'est quand même extrêmement minoritaire.
06:46Mais ce qu'ils demandent, c'est des moyens, plus de profs,
06:48des classes qui ne sont pas surchargées.
06:51Ce à quoi le ministre de l'Éducation leur a répondu ce matin,
06:54je n'ai jamais vu un mortier recruter un professeur.
06:57Ferme les guillemets.

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