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Philippe Caverivière est l'humoriste qui réveille chaque matin les Français sur RTL et qui sillonne la France avec son spectacle. Mais derrière les blagues et la provocation, il y a aussi un homme marqué par les épreuves et profondément engagé. Il sera lundi soir au Casino de Paris avec plusieurs artistes pour une soirée au profit des enfants atteints de cancer. Qui est vraiment Philippe Caverivière ?
Regardez Face à Fogiel du 28 septembre 2026.
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00:01RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:07Et avec Marc-Olivier Fogiel à 8h17, il vous accompagne, vous fait sourire, rire même parfois quand c'est réussi.
00:15Son one-man show, tu crois que c'est une bonne idée, cartonne dans toute la France et ce soir
00:19il monte sur scène pour une cause qui lui tient particulièrement à cœur.
00:22Ce matin, face à vous, Marc-Olivier, c'est donc Philippe Cavrivière.
00:25Pourquoi vous avez accepté cette invitation ?
00:27C'est bien la question.
00:29Merci d'être là Philippe pour le spectacle de ce soir, L'homme au grand cœur.
00:34On va rentrer directement dans le vif du sujet, vous nous faites marrer tous les matins.
00:37Mais pour vous, le rire c'est une arme contre les blessures de l'âme, le rire c'est la
00:41politesse face au malheur.
00:42Vous nous racontez votre vie ce matin ?
00:44Oui, alors moi c'est vrai que je suis sensible à cette cause parce que c'est l'histoire de
00:48ma vie, c'est l'histoire de ma sœur et de ma maman.
00:51Je perds ma sœur en 75 d'un sympathoblastome.
00:55Elle a 7 ans.
00:567 ans.
00:56Vous en avez 4.
00:574 et mon frère 15 et ma maman part en 2007, voilà, d'une récidive de cancer.
01:04Et vous dites, vous en fait, qu'enfant, votre rire c'était le super pouvoir pour faire rire votre maman.
01:10Je pense que c'est une mécanique de défense.
01:15J'ai senti une chape de plomb à la maison, une tristesse et que j'ai fait le clown parce
01:19que je sentais ma maman triste.
01:21Tout ça n'est pas intellectualisé.
01:23Il y avait une place pour le chagrin pour vous ?
01:24C'est très mystérieux parce que quand on en reparle avec mon frère, on se dit, là il y a
01:28des associations merveilleuses comme Princesse Margot, comme l'association Léo, qui font, qui accompagnent.
01:34Il y a des psys et nous, les années 70-80, rien.
01:38Pas d'accompagnement, pas d'assaut, on était perdus, quoi.
01:41Parce que c'est quoi le milieu de... Vous venez de quel milieu, Philippe, en gros ?
01:44Je viens d'un milieu modeste, ouvrier. J'ai grandi en HLM dans l'Est de la France et c
01:51'est vrai que...
01:52Et c'est pour ça que les associations font un travail essentiel, c'est que quand il y a un
01:56enfant qui est malade, il y a un des deux parents qui arrête de travailler.
01:59Souvent, il y a des difficultés financières qui s'ajoutent au malheur et au plus grand stress du monde qui
02:05est la maladie d'un enfant.
02:06Votre papa était ouvrier, spécialisé. Votre maman, qui était italo-alsacienne, travaillait dans la pâtisserie.
02:12Oui, elle était chocolatière un temps.
02:14Il y en a un des deux qui a dû arrêter de bosser, qui était de votre grande-sœur ?
02:17Alors, ma mère s'occupait en plus de sa maman qui avait une tumeur au cerveau. Quelle famille ?
02:23C'est gai ce matin, 8 ans, pour ceux qui se disent écouter Cave-Rivière.
02:27Oui, mais il y a des tas de familles qui nous écoutent, que je salue, qui sont en plein combat
02:31et que le combat s'appelle le cancer, Parkinson, Charcot.
02:36Ils ont cette politesse de sourire comme Olivier Goua. J'admire, moi, les gens qui sourient en traversant la tempête.
02:42Donc, vous avez grandi dans cette tempête. Je disais que vous disiez, on doit être heureux, on leur doit ça.
02:48Quand vous parlez de votre mère et de votre sœur, pourquoi on leur doit ça ? Il y a encore
02:52une culpabilité, d'une certaine manière ?
02:54Non, du tout. C'est un réflexe de se dire... Parce que moi, je vois des enfants, je pense au
02:59petit Luciano, au petit Léo, au petit El Mehdi.
03:01Je les vois partir avec l'association dont je suis le parrain. Et on se dit, si on reste, il
03:06faut faire quelque chose.
03:07C'est tellement absurde, une vie qui s'arrête à 15 ans ou à 18 ans, comme la petite Margot
03:12de l'Asso,
03:13qu'on se dit, mais je dois faire quelque chose de ce cadeau absurde qu'est la santé et la
03:19vie.
03:19Si je suis là, si par hasard, on en a beaucoup parlé deux fois ce week-end, si par hasard
03:24il nous voit, il nous écoute,
03:26j'ai intérêt d'être heureux. Je ne vais pas être malheureux du cadeau qu'on me fait de cette
03:30journée.
03:31Vous auriez pu transformer ça en devenant papa, par exemple ?
03:34Oui, je pense que je vais aller voir un psy un jour. Je vais m'allonger. Je pense que je
03:40me suis dit, je serais incapable de vivre ça.
03:43De vivre cette peine, cette amputation. Je crois que j'en suis incapable.
03:48Vous avez peur que donner la vie, vous avez peur qu'on vous la retire, en fait, c'est ça
03:51?
03:52J'ai travaillé avec les enfants pendant des années au Club Méditerranée. Je pense que j'étais excellent.
03:57Il y a peu de métiers où je dis que j'étais très bon, j'étais très bon avec les
03:59enfants.
03:59Parce que j'étais zinzin et je me disais, ce gamin-là, il sera peut-être malade un jour, il
04:03faut qu'il passe les meilleures vacances de sa vie.
04:05Mais moi, je pense qu'avoir eu cette peur.
04:08C'était quoi votre parcours, finalement ?
04:10Donc, on comprend, élevé dans cette fragilité, je peux dire ça, ou dans cette...
04:15Oui, qui rend fort aussi. Vous savez, c'est comme l'art japonais du Kintsugi, là, quand on peint les
04:24vases fêlés avec de l'or au Japon.
04:26Et on se dit, on est plus fort à l'arrivée, c'est plus joli et plus solide.
04:34Après, avant le Club Méd, il s'est passé quoi ? Un restaurant ?
04:37Oui, j'ai coulé un restaurant, j'ai coulé une agence immobilière.
04:40Donc, ma famille m'a dit, est-ce que tu ne veux pas essayer de faire quelque chose tout seul,
04:44sans couler des entreprises ?
04:45Vraiment ?
04:46Oh, j'étais mauvais. J'ai réinventé les restos du cœur, donc je faisais des offerts, donc le restaurant a
04:51coulé, et ça ne marchait pas.
04:53Et après, je suis parti au Club Méditerranée, et j'ai rencontré Nicolas Canteloup.
04:56Et là, la vie a changé à ce moment-là ?
04:58Oui, parce que je me suis dit, en fait, dans ma tête, intuitivement, je me disais, je veux faire un
05:02métier où je rends les gens heureux.
05:04Et le Club Méd répondait à ce souhait.
05:08Et donc, vous écriviez les vannes de Nicolas Canteloup.
05:10Après, quand ça a commencé à marcher pour vous, c'est là où on s'est rencontrés.
05:14Vous étiez dans l'ombre.
05:16Derrière, oui.
05:17L'envie d'être premier.
05:19Et aujourd'hui, sans faire offense à Nicolas Canteloup, finalement, de l'avoir un peu éclipsé.
05:26Totalement !
05:27Je l'ai souvent au téléphone, il est adorable à me voir.
05:29Moi aussi, oui.
05:30Non, non, je n'ai aucun plan de carrière.
05:32J'ai fait un spectacle caritatif dans le sud de la France.
05:35Thomas Soto m'a dit deux jours avant, est-ce que tu veux que je vienne ?
05:38Je lui ai dit, Thomas, tu n'es pas drôle, tu ne chantes pas et tu ne danses pas, qu
05:41'est-ce que tu vas faire dans un gala ?
05:42Il m'a dit, je viens quand même parler du cancer pédiatrique.
05:44Et à la sortie, il m'a dit, mais tu n'es pas nul, au micro, viens à RTL.
05:48C'est comme ça que ça a démarré.
05:49Le soir, dans RTL Soir, c'est comme ça que ça a démarré.
05:51Mais aujourd'hui, occuper cette place-là, ça remplit quoi chez vous ?
05:53Puisqu'aujourd'hui, on sent bien que vous kiffez, comme dirait l'autre.
05:56Vous prenez chaque seconde et vous profitez de cette...
05:59Parce que je reçois des messages de gens et que ce qui me bouleverse, c'est les messages de gens
06:03qui me disent,
06:04je suis dans une galère, j'accompagne ma maman qui est en soin.
06:08Et je sais que parmi les gens qui écoutent, il y a des divorces, du chômage, des galères.
06:15Et faire sourire des gens pendant quatre minutes...
06:18C'est ça le moteur.
06:19Ah, le moteur, c'est ça, ouais.
06:20Mais quand, par exemple, ce matin, vous dites à ces gens qui souffrent que la petite handicapée qui était dans
06:25les bras du pape,
06:27elle reste handicapée derrière.
06:29Oui, vous savez pourquoi ?
06:30Parce que là, sur cette vannes-là, c'est la mienne, je l'assume, j'ai des auteurs excellents que
06:34je salue et que je remercie.
06:36Clément, Jonas, Romain et Greg.
06:38Ils sont fabuleux, ils travaillent avec moi tous les jours.
06:41Celle-là, c'est la mienne.
06:42Je me dis, t'y vas ou t'y vas pas ?
06:44Et j'ai été bouleversé par cette image.
06:45Moi aussi, ouais.
06:46Et elle m'émeut et j'ai envie d'en parler.
06:48Et en fait, Guy Bedos disait, l'humour, c'est une langue.
06:52Et les gens la parlent ou pas ?
06:53C'est comme le portugais, l'allemand ou autre.
06:55Et je me suis dit, non, je veux parler de cette gamine qui perçoit ou pas ce qui s'est
07:01passé.
07:01Je sais que pour ses parents, ça a été bouleversant.
07:03Donc, ma façon d'en parler, de dire, est-ce que la religion, ça marche ?
07:06Est-ce que les miracles, ça marche ?
07:07Est-ce que tout ça est vrai ?
07:08C'est de le faire dans ma langue, la blague.
07:11Vous la refaites pour ceux qui n'étaient pas là à 7h50 ?
07:13Vous disiez quoi à 7h50, en gros ?
07:14Non, j'ai dit que j'étais bouleversé.
07:15On a tous été bouleversé émue par cette gamine.
07:18Mais en gros, elle était dans les bras du pape.
07:19J'ai dit, il l'a rend handicapée, puis il l'a rend handicapée juste derrière.
07:22Parce que le niveau, c'est comme le classement Pisa, le niveau des prophètes a baissé entre Jésus et le
07:27pape.
07:27Et ça dit quelque chose derrière.
07:29Donc, et là, vous vous posez la question avant de la faire, cette vanne-là.
07:32Est-ce que l'auditeur de RTL à 7h50, il va comprendre ?
07:37Ou est-ce que je vais le choquer ?
07:38Mais au bout d'années, ils savent, je pense.
07:40Ils ont compris ce code-là de dire, on parle de ce qu'on a vécu de fort dans le
07:45week-end.
07:45Et puis, on sait que derrière, je le vis encore plus avec le spectacle.
07:51Parce que les gens m'autorisent ça, d'aller très très loin sur des sujets horribles.
07:55Et puis, vous connaissez la phrase de Romain Garry,
07:57l'humour est une déclaration de dignité, l'affirmation de la supériorité de l'homme sur ce qui lui arrive.
08:02C'est passé au-dessus du malheur.
08:03Alors, quand on rit avec Olivier Goua, de Charcot, que je lui dis,
08:07quel bonheur de ne pas être interrompu par l'invité alors qu'il ne parle plus,
08:11et que je l'entends se marrer et faire un son,
08:14le seul son qui sort, c'est un rire, je suis ému.
08:17Et on dit, merde à la maladie, à ce moment-là, quand on fait la blague ensemble.
08:21Et aujourd'hui, vous avez quoi, Philippe ? 55 ans ?
08:23Oui, intellectuellement, 14.
08:25Oui, ça s'en parle.
08:26Mais vous diriez que vous allez bien ?
08:29Ah ouais, je dirais que je suis incroyablement heureux.
08:31Quand j'ai dormi 3-4 heures, je sais que cette nuit, je ne vais pas beaucoup dormir, je vais
08:34être au gala.
08:35Quand le réveil va sonner, je dis, je vais être heureux de me lever et de me dire,
08:40tu es payé pour faire des blagues et rendre les gens heureux.
08:44C'est tout ce que je souhaitais.
08:45Quand vous montez sur scène, vous pensez à qui ?
08:49Je retrouve ma mère et ma sœur, parce que j'en parle dans le spectacle.
08:51C'est un spectacle entre autres sur ma vie, mais pas que,
08:56et où il y a plein de choses très intimes.
08:58Et je suis bien, parce que j'ai l'impression qu'elles ne sont pas loin.
09:02Merci, Philippe Cavrières, ce soir, sur scène.
09:04Merci.
09:05Alors, il reste des places, Casino de Paris, ce soir, 20h.
09:08Il y a Nino Ariel, il y a Tony Saint-Laurent,
09:11Jeff Panacloc, Franck Dubossan, Romanov, Philippe Lachaud,
09:14Ariel Malet, Daniel Alambroso, on sera tous sur scène.
09:16Les Twins, les Magiciens, les Frères Twins.
09:18Ça va être génial.
09:19Il reste des places, 20h, ce soir.
09:20Pour l'association, donc, Princesse Margot.
09:22Margot, merci, Philippe.
09:23Merci, mon frère Margot.
09:24Et à demain, 7h50.
09:26Et dès 6h50 pour les Léfto, Jérôme Florin.
09:29On a beaucoup de messages, Philippe, d'auditeurs,
09:31sur l'appli qui réagissent à cet entretien.
09:34Et je voulais juste vous lire celui de Marie Dévreux,
09:36qui était au spectacle, samedi soir,
09:39qui dit merci pour cet excellent spectacle.
09:41Ces deux ados de 16 et 17 ans ont adoré vous retrouver en vrai,
09:45même si, depuis leur place au premier an, je le cite,
09:47ils ont trouvé que vous faisiez vachement plus vieux, en vrai.
09:51Mais, quand même, ce message se conclut, pardon, pour la vulgarité.
09:54J'en fais plaisir, quand même.
09:55Putain, ça valait bien nos 40 balles.
09:57Ah, ben c'est vrai.
09:58Ils ont vu les tatouages.
09:59Ils ont vu les tatouages, j'espère.
10:01Merci beaucoup.
10:02Merci, Philippe.
10:03Merci, Marc-Olivier.
10:03À demain.
10:04À demain.
10:04Avec Lilian Thuram.