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Le maquereau se fait rare, file vers le nord et devient de plus en plus cher. Raphaëlle Baillot part à la pêche aux explications et découvre qu’en attendant son retour, les industriels ont déjà trouvé la parade : nous vendre ses cousins à sa place.

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Transcription
00:00La conférence commence, je me tourne vers Raphaëlle, une madame qui nous parle de société.
00:04C'est Madame Société.
00:06C'est très très bon lancement ça.
00:09C'est excellent, moi je mets 10 sur 10.
00:11Mais bien cher frère, cet été j'ai pêché, par deux fois, avec joie.
00:16Et je ne parle pas de mes aventures sensuelles interlopes, non.
00:19J'ai pêché deux fois des poissons dans la mer.
00:23Alors ok, ça peut prêter à confusion parce que la première fois c'était de la pêche à la turlute.
00:27En vrai c'est avec ces appâts mous et brillants qu'on attrape des sèches.
00:31Mais c'est de ma deuxième partie de pêche dont je voudrais parler.
00:34Cette fois je voulais attraper des macros à la ligne.
00:35Alors ça, ça se pêche plutôt marée montante en garnissant son bas de ligne d'une mitraillette de 4 à
00:406 ans.
00:41Raphaël, excuse-moi, on s'en fout de ta vie.
00:43Fais le sujet plutôt là.
00:44Ah bah oui, j'y viens !
00:46Parce que des macros, il n'y en avait pas cet été à Saint-Jacques-de-la-Mer dans les
00:50Côtes-d'Armor.
00:50Que quand j'étais petite suffisait de mettre sa ligne à l'eau avec un jagouin ou une jagouine.
00:54Ça c'est le nom des habitants de Saint-Jacques-de-la-Mer, on faisait une pêche miraculeuse.
00:58Alors que s'est-il passé ?
01:00J'ai enfin compris hier en lisant les éco-entreprises.
01:04Appu de macros.
01:05Appu de macros.
01:07Les scientifiques du CIEM, le Conseil international pour l'exploration de la mer, sont formels.
01:13La ressource il y a 10 ans c'était 7 millions de tonnes.
01:16Aujourd'hui c'est 3 millions, un niveau proche du seuil critique en deçà duquel la survie de l'espèce
01:21est compromise.
01:22Et de plus, sous l'effet du changement climatique, les macros bretons, ils ne sont pas bêtes, ils filent au
01:26nord.
01:26Royaume-Uni, Groenland, Île-Ferroé, etc.
01:30Alors je suis évidemment complètement solidaire avec les pêcheurs à la ligne de Saint-Jacques-de-la-Mer,
01:34mais le problème de pénurie de macros ne se résout pas à eux simplement, ne résume pas à eux simplement.
01:40Et bien sûr que non, c'est la cata dans les rayons de nos supermarchés,
01:43surtout pour toutes les vieilles personnes comme nous,
01:45qui ont une passion pour le macros en boîte, à la moutarde, au muscadé, ou à la catalane.
01:52Il y a encore 4 ans, c'était environ du 9 euros le kilo.
01:55Désormais on tourne autour de 13 à 14 euros.
01:58Je ne parle même pas des produits Labelle Rouge, la petite boîte de conserve,
02:01là ça tourne autour de 30 euros le kilo.
02:03Du coup en même temps, en t'écoutant, avec le prix, etc.
02:06on se dit, il y a une bonne solution, on arrête le macro.
02:08Oui, ça fait toujours bizarre d'arrêter le macro.
02:10Vous pouvez en parler à Daniel, depuis que Dodo, la saumure, nous a quitté le 25 août, c'est plus
02:13le même homme.
02:14Arrêter le macro, oui, il le faut.
02:16C'est d'ailleurs ce que font d'elles-mêmes certaines petites et moyennes conserveries artisanales
02:20qui se tournent de plus en plus vers le harang et vers des produits végétaux.
02:25Mais sachez quand même qu'il y a un truc qui m'a scotché en lisant l'excellent papier de
02:29Guillaume Roussange, des échos,
02:30les géants du secteur et les marques distributeurs ont trouvé une parade assez moche
02:36pour nous vendre du macro sans nous vendre du macro.
02:39Je m'explique, attention, instant fumée de culture, la déclinaison poissonneuse de bouillons de culture, évidemment.
02:49Le beau macro commun à peau bleutée, celui qu'on bouffe depuis toujours, a pour nom scientifique le scombeur scombrus.
02:54Il est comme Xavier, la chair ferme, bourré d'oméga-3 et de bons lipides.
02:59Mais il a des cousins, le scombeur colias qu'on croise dans l'Atlantique Est et le scombeur japonicus qu
03:05'on croise au Japon.
03:06Des cousins comme toutes sympathiques mais des cousins moins qualitatifs que lui.
03:11Les Indus ont obtenu le droit de vendre les cousins à la place de l'original sous l'appellation un
03:17peu trompeuse de macro blanc.
03:20Alors qu'ils n'ont ni la même texture, ni le même goût, ni les mêmes qualités nutritionnelles.
03:24Vous me direz, monde de brut, je vous répondrai, c'est pas si grave de manger autre chose.
03:28Voilà, mais c'est comme ça.
03:29Promis demain, Maïténa, je pars à la pêche, à un meilleur sujet.
03:32Merci.

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