00:00Est-ce que vous avez compris quelque chose ? Vous, oui.
00:03C'est-à-dire que...
00:04Ok, non, vous n'avez pas.
00:06J'essaye de trouver les meilleurs mots.
00:09Non, mais honnêtement...
00:10Il y a une urgence, il y a une peur économique.
00:12C'est-à-dire que la réalité, c'est qu'aujourd'hui,
00:14on ne peut plus faire des décisions de politique économique
00:16parce qu'elles sont extrêmement polémiques
00:18et qu'il y a beaucoup d'instabilité gouvernementale.
00:22Donc on réagit, on réagit, on a peur, on réagit.
00:25Et la première réaction, c'est effectivement de distribuer des chèques.
00:29Voilà, parce que ça contente un petit peu tout le monde sur le terrain politique
00:31parce que ça coûte moins cher qu'un abaissement de la TVA
00:36et qu'il faut protéger aussi les Français les plus modestes
00:38parce qu'effectivement, si on le fait rien, c'est encore plus grave.
00:41C'est ça que je crois comprendre en deux mots.
00:42Mais c'est ce que vous croyez comprendre.
00:44Mais est-ce qu'effectivement, les aides qui ont été annoncées
00:48protègent les Français les plus modestes, selon vous, concrètement ?
00:51Mais concrètement, c'est compliqué.
00:52Les critères, de toute façon, vous pouvez faire de la justice
00:55en disant que vous aidez les plus Français.
00:58Les plus modestes, pardon, excusez-moi, mais si vous regardez les critères,
01:01être salarié ou indépendant, utiliser son véhicule personnel pour travailler,
01:06on les a là tous, effectuer plus de 15 kilomètres par trajet.
01:10Ça veut dire quoi ?
01:11C'est-à-dire que si vous faites 16 kilomètres, donc vous n'êtes plus éligible.
01:13Si vous êtes chômeur, jeune, senior, sans emploi, vous n'êtes pas éligible.
01:18Vous voyez, c'est quoi la justice ? Vous voyez ce que je veux dire ?
01:19Et on utilise aussi la voiture.
01:21Ne pas avoir payé l'IFI, bon, heureusement, en 2024 quand même.
01:26Utiliser une voiture ou un deux-roues thermique ou hybride.
01:29Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:31En fait, quand on utilise des critères pour aider,
01:34automatiquement, on exclut un certain nombre de personnes.
01:38Et on dresse les Français les uns contre les autres aussi.
01:40Voilà, vous avez tout compris.
01:41On se dit un pêcheur à ceci, un agriculteur à cela,
01:44une infirmière à ceci, et pourquoi pas moi ?
01:47Et finalement, on ne contente personne.
01:49On ne contente personne, c'est ce que j'appelle des petites frappes chirurgicales
01:53qui ne sont pas de vraies politiques économiques
01:55et qui mettent les uns contre les autres.
01:57C'est une espèce de clientélisme aujourd'hui
02:00qui, effectivement, ne va pas faire dépenser 7 milliards
02:02comme c'était le cas en 2022,
02:03parce qu'on avait fait des ristournes unilatérales pour tout le monde à l'époque.
02:07Ça avait coûté 7 milliards, là ça a coûté 500 millions.
02:09Il m'a sur Europe 1.
02:12Mais, on n'a rien anticipé en fait.
02:14On n'a rien anticipé.
02:15On n'a rien anticipé, on est dans la peur, dans la panique.
02:18Et moi je pense par exemple à une auditrice qui nous a appelé hier,
02:20parce qu'on a passé une heure à écouter les auditeurs d'Europe 1
02:23de 11h à midi hier, comme ce matin,
02:25et qui nous expliquait qu'elle était infirmière,
02:27qu'elle faisait 80 km par jour,
02:29que ça lui coûtait 300 à 400 euros.
02:31Et moi j'ai écouté les aides hier,
02:33quand j'ai écouté le gouvernement,
02:34je me suis mise à sa place, à cette femme.
02:36Et je me suis dit que l'État m'offre 80 euros,
02:39sur les 300 à 400 euros par mois.
02:41Et là je me suis dit, wow, c'est bien,
02:44mais c'est largement insuffisant.
02:46C'est largement insuffisant,
02:47il y a des très grands rouleurs aussi,
02:49qui ont besoin de beaucoup plus,
02:51les montants sont toujours très faibles.
02:54On essaie de soulager un petit peu,
02:57sans faire de politique économique,
02:59sans travailler en amont.
03:00Voilà, le pouvoir d'achat, c'est ça le vrai sujet en fait.
03:03C'est le pouvoir d'achat en fait.
03:04Et les marchés du travail, comme vous le disiez.
03:06Bien sûr, et le marché du travail.
03:07Au revoir.