00:00Elle était un peu soumise comme toutes les femmes de cette génération-là.
00:06Et à la fois, c'est elle qui m'a donné l'envie d'être indépendante, d'être autonome, de
00:12vivre ma vie, de vivre mes rêves.
00:15Elle voulait me pousser vers un au-delà autre que celui qu'elle avait vécu.
00:22Vous-même, à quel âge vous aviez conscience que vous ne vouliez pas avoir son destin ?
00:27Très vite. Chaque semaine, mon père lui demandait des comptes.
00:30Donc, elle devait dire qu'elle avait acheté lundi du pain, mercredi qu'elle avait pris le bus pour aller
00:40dans le centre de Rennes faire des courses, tout à l'avenant.
00:44Et il lui donnait une enveloppe pour la semaine.
00:47Et j'ai trouvé que...
00:48Vous ressentiez quoi quand vous voyiez ça ?
00:50L'humiliation. L'humiliation pour ma mère. Et ça, ça m'a beaucoup troublée.
00:54Ça m'a donné envie de faire tout le contraire.
00:57Dans la tête de cette petite-fille, c'était quoi tout le contraire ?
00:59C'était quitter mon milieu.
01:03C'était...
01:05J'ai fait un bac G, c'est-à-dire donc secrétariat.
01:10Et je commençais... J'avais une sœur qui commençait à faire du théâtre.
01:14Moi, je donnais la réplique à ma sœur, notamment d'une pièce qui s'appelle « La Pologne de Belle
01:19Lac ».
01:20Je crois que c'est là.
01:22Et d'ailleurs, quand je vous dis que j'ai changé de nom,
01:25et j'ai voulu enfin prendre le Belle Lac,
01:29mais je l'ai transformé en Célac pour garder le C, Catherine Célac,
01:34c'est-à-dire les deux initiales porte-bonheur,
01:36et j'ai transformé le Belle Lac en Célac.
01:38J'ai juste rajouté une petite ferrouture, j'ai mis un Y.
01:41Bon, mais ça vient.
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