00:00Je m'appelle Pierre Demare, pas Demare, Demare, parce qu'on écrit A-E-R-E.
00:03J'ai 21 ans et je suis auteur, compositeur, interprète.
00:05Je chante des chansons en français, qui parlent beaucoup d'amour, mais pas que.
00:16Ce qui m'a animé le plus tôt, c'était la musique.
00:17Maintenant, j'ai eu une passe qui a duré 4 ans quand même,
00:20qui a fait toute mon adolescence, qui est concerné la photographie.
00:22Je me suis mis à faire des photos et je me suis un petit peu éloigné de la musique.
00:25Peut-être parce que de 14 à 10 ans, on est assez moche,
00:27donc il était question de ne pas s'exposer et de se cacher derrière l'objectif.
00:30J'ai commencé en prenant les photos de ma sœur, c'était des portraits,
00:33plus de mannequins, et donc la mode est arrivée comme ça dans ma vie.
00:35Et les jours où je me suis remis à faire de la musique,
00:37j'avais ce bagage de photos, d'images, de modes sur le dos.
00:40Et je suis arrivé avec un projet très global, dans lequel chaque aspect est travaillé.
00:44Puis en fait, il y a Vagram, ma maison de disque, qui a repéré mon travail
00:47parce que j'ai publié un morceau et Théo Otuki, qui est mon directeur artistique,
00:50tombe sur ce morceau-là, s'il lui plaît, me contacte sur Instagram.
00:53Et à partir de là, on signe un deal pour plusieurs albums.
00:56L'école de photos ne me passionnait pas plus que ça,
00:59et donc je me suis dit, vas-y, allons-y.
01:03Très peu de cours, pas de cours de chant, pas de cours de solfège.
01:05J'ai joué d'un instrument, c'était la batterie.
01:06Moi, je suis toujours frustré de ma voix.
01:07Parfois, je me dis que je ne suis pas vocaliste et que j'aimerais être meilleur que ça,
01:10et faire une Céline Dion, tu vois.
01:11Entre Potins Absurd, qui est le premier titre que j'ai sorti il y a deux ans, trois ans,
01:14et le dernier, Enfant d'œil, qui est sorti la plus récemment, l'album,
01:17il y a déjà un fossé de progrès entre les deux, vocalement,
01:22et j'en suis très fier, c'est bien.
01:23Je pense que c'est sur le tas, et c'est en faisant qu'on apprend,
01:26c'est en produisant, en composant, en chantant.
01:28Il y a une marge de progression gigantesque encore.
01:32Les premiers artistes qui m'ont fasciné, je les répète partout où je vais,
01:36donc c'est une évidence, c'est Stromae et Lady Gaga à l'inter.
01:39Lady Gaga d'abord, parce que j'en suis tombé amoureux.
01:42J'ai vu ce personnage merveilleux, une femme qui a de l'audace,
01:45qui est créative, qui n'a peur de rien.
01:48Puis Stromae, ça m'a un petit peu donné l'envie, pour la première fois,
01:51d'écouter vraiment de la chanson en français.
01:53Et j'ai l'impression qu'il a révolutionné un petit peu à sa façon,
01:55qu'il a élevé le niveau de la chanson francophone en France, en Belgique, partout d'ailleurs.
02:02J'ai pas pensé à la chanson comme un tube,
02:04où je me suis jamais dit, tiens, là je tiens un truc radio, TikTok, n'importe quoi.
02:07Mais par contre, quand je l'ai écrite, je me suis rendu compte d'une chose,
02:10c'est qu'elle me ressemblait très très fort.
02:11Ce que je racontais, c'était vraiment le fond de ma pensée sur le moment,
02:14cette quête de tendresse, d'un amour fictif impossible,
02:16qui rend triste en fait une fille de née, parce qu'il n'existe pas.
02:19Je me rendais compte qu'il y avait un truc,
02:20et quand je l'ai fait écouter à des copains, je me suis juste rendu compte
02:23que c'était ce qui ressortait, c'était le morceau qui se distinguait des autres.
02:26Je comptais sur lui pour me faire avancer,
02:28et il a bien joué ce rôle-là, donc j'en suis ravi.
02:33L'image est tellement importante, ou le lien avec le public est si important,
02:36on ne peut pas se permettre de se passer des réseaux,
02:38y compris Instagram et TikTok,
02:39qui permettent de créer véritablement une espèce de lien avec une communauté.
02:43Je me suis rendu compte de la marque de TikTok,
02:44quand j'ai vu que mon titre, il avait 8 mois derrière lui,
02:47il avait 6 mois d'airplay, donc de radio,
02:49on parle de chiffres, mais c'est intéressant de voir le déclic,
02:51mais 7 millions de streams au bout de 6-7 mois,
02:52et puis il y a TikTok, et sur 3 mois, on en gagne 30 millions de plus.
02:55C'est un alignement d'étoiles et de planètes,
02:56mais je pense que les réseaux sociaux en font partie,
02:58c'est une planète importante de ce système.
03:03Je suis impliqué à 100% dans la création de mes visuels,
03:07c'est-à-dire qu'on va prendre comme exemple la pochette d'album,
03:09cette espèce de collet rouge qui monte jusqu'au menton,
03:12sur un fond violet, tout ça, ce sont mes envies, mes idées,
03:14je suis le moteur du projet,
03:15après j'ai des clips qui sont formidables
03:16et qui permettent de tout mettre en place.
03:18Dans les clips, c'est un peu différent,
03:19dans les clips, je me laisse plus guider.
03:20J'ai une grande copine, qui s'appelle Edi Blanchard,
03:22et qui a fait mon premier clip, Regrets,
03:24ensuite elle a fait Un jour je met rien à l'ange,
03:25et elle a fait le dernier, Enfant 2.
03:26Très souvent, les pitchs viennent d'elle,
03:28et ensuite on l'agrémente ensemble, on s'en parle,
03:30pour le coup, je me laisse plus porter,
03:31parce que par rapport à mes morceaux,
03:33je me dis que je n'ai pas tellement de recul,
03:34et j'aime bien avoir quelqu'un qui arrive
03:35avec un deuil frais sur mon travail.
03:39Ce premier album, il a encore été créé
03:42avec une vision très spontanée, un peu naïve,
03:45tu vois, c'est les débuts, j'expérimente,
03:47je n'ai pas d'automatisme,
03:48je pense que c'est bien de ne pas en avoir,
03:49parce que c'est à partir du moment
03:50où on exécute des automatismes
03:52qu'on se retrouve à ne plus rien inventer,
03:54créer de frais, de nouveaux.
03:55Sur chaque titre, je me découvrais un peu, en fait.
03:57Je n'ai pas pensé, je vais faire un album,
03:58j'ai pensé, je vais faire les titres les uns après les autres,
04:00et ensuite on voit ce qu'on en fait,
04:02et au final, il y a un liant qui est la signature vocale,
04:04qui est la couleur de prod.
04:05Je pense que tout ça se maintient, tout ça est cohérent,
04:06du fait que ce soit resté en famille,
04:08c'est que je l'ai fait avec mon frère.
04:08On ne s'est pas perdu en travaillant avec des externes,
04:10des producteurs, en fait,
04:12qui auraient ajouté une pâte qui n'était pas la mienne.
04:13On a essayé, mais c'était sans succès.
04:18Le côté papier glacé,
04:20ça me parle des peaux un peu presque parfaites,
04:22et ce truc-là, c'est marrant.
04:23Les peaux parfaites, c'est une raison très simple.
04:25Moi, j'ai eu beaucoup d'acné étant adolescent,
04:27ça m'a frustré toute ma vie,
04:28et donc maintenant, je ne tolère plus un sous le bouton sur les photos.
04:31Au-delà de ça, c'est vrai qu'il y avait un côté très poupée de cire
04:34sur les premiers clips,
04:35j'essaie de m'en défaire un petit peu avec le temps,
04:37parce que je pense que ça peut être déshumanisant,
04:38que je suis en main,
04:40et que j'ai beaucoup de chancement,
04:41donc voilà, il faut qu'on s'en rende compte.
04:42Ça ne définit pas qui je suis, quoi.
04:44Non, plus que ça.
04:47Moi, je ne me protège pas du tout.
04:48C'est marrant, je devrais peut-être être trop tôt.
04:50Pour le moment, tout va bien,
04:51et les insultes se font rares.
04:53Je suis assez ouvert quand même,
04:54j'exprime beaucoup mes sentiments,
04:56dans les chansons aussi.
04:57Je désamorce un petit peu les attaques,
04:58dans le sens où une fois que je les expose,
05:00il est difficile de m'attaquer là-dessus, quoi.
05:01D'ailleurs, maintenant, je regarde un petit peu trop
05:03« tu t'auras accompagné, il faut que j'arrête »,
05:05parce que ça devient méchant, forcément.
05:06Plus ça monte, plus c'est virulent.
05:08Donc, il faudrait que je me calme un peu là-dessus.
05:12S'il y a un combat que je mène,
05:13c'est que je normalise le truc.
05:14S'il y a une histoire avec un garçon,
05:15j'en parlerai, il n'y a aucun stress.
05:16Et ça, je pense que c'est une bonne façon
05:17juste de rendre la chose normale
05:18aux yeux de tout le monde,
05:19et c'est très bien.
05:20Mais moi, je n'ai pas souffert de ça.
05:22Enfin, ça serait opportuniste et arriviste
05:23d'en faire des tendards,
05:25alors que je n'ai pas pris cher.
05:26C'est ce que je me dis.
05:27C'est juste être soi, c'est ça le message.
05:29C'est universel, ça va au-delà
05:30d'être cuir ou non, tu vois.
05:31Chaque artiste qui réussit,
05:33je pense qu'il représente un peu ça,
05:34parce que pour réussir,
05:36il me semble qu'il faut être unique et authentique.
05:38Et donc, ce n'est pas un combat,
05:40c'est un apport.
05:41Je pense que c'est quelque chose qu'on apporte.
05:44Je pense qu'il ne faut pas y penser
05:45et qu'il faut se concentrer sur ce qui est important,
05:47c'est-à-dire la musique, d'abord,
05:49et le travail,
05:50et le live, les concerts et compagnie.
05:51Je suis plutôt heureux et flatté
05:52d'être nommé à sa victoire
05:54et je me dis que je vais profiter de tout ça.
05:56Ça va être un tunnel de visibilité,
05:58c'est génial d'avoir tout ça.
06:00Plutôt que d'avoir peur,
06:01je me dis plutôt,
06:01mais quelle chance, tout ça ligne.
06:03Je sors mon album
06:03et deux semaines plus tard,
06:04il y a la victoire.
06:05C'est génial.
06:08On va parler du duo rêvé.
06:09Je pense qu'il y a une femme
06:10qui musicalement,
06:11aujourd'hui,
06:12m'intéresse plus que quiconque.
06:13C'est Rosalia.
06:14Si le premier, le deuxième, le troisième album,
06:15j'en sais rien,
06:16cartonne et qu'elle finit par me connaître,
06:18ça serait merveilleux.