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  • il y a 2 minutes
« Condamner une victime pour protéger l’homme qui l’insulte en 72 h, je ne peux pas l’entendre ».

Dans une vidéo publiée son compte Instagram, Salomé Saqué réagit à l’affaire de Tara Heuzé-Sarmini, entrepreneuse engagée contre la précarité menstruelle.

Après avoir rendu publique l’insulte misogyne qu’elle dit avoir reçue en privé d’un homme, Tara Heuzé-Sarmini a été condamnée à retirer sa publication et à lui verser 1 500 euros, raconte la journaliste.

Une situation qui fait écho à sa propre expérience du cyberharcèlement : Salomé Saqué explique recevoir quotidiennement insultes et menaces, tandis qu’une procédure judiciaire qu’elle a engagée il y a un an est toujours en cours.

Crédit : @salomesaque

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Transcription
00:00On dépasse les limites de tout ce que j'ai pu imaginer sur le sujet que je m'apprête à
00:04vous évoquer.
00:04Je suis au milieu de la forêt, dans une cabane, je ne suis pas du tout censée faire une vidéo,
00:08mais là vraiment, je ne peux plus en fait.
00:10Il y a une entrepreneuse qui s'appelle Tara Eusey-Sarmini,
00:13qui a fondé une association de lutte contre la précarité menstruelle,
00:18et qui publie des choses sur LinkedIn.
00:20Récemment, cette femme s'est faite insulter de connasse par un homme,
00:26pour aucune raison, en privé.
00:29Il est très important de préciser que cet homme est un homme public.
00:32C'est-à-dire qu'il va très tranquillement faire ça,
00:35avec son nom, son prénom, un gros profil, où il y a tout son réseau professionnel.
00:39Que fait donc cette dame ?
00:40Eh bien, elle prend une capture d'écran de l'insulte qu'elle a reçue,
00:43elle la poste publiquement, et elle déplore la misogynie générale des réseaux sociaux,
00:48et de ce que c'est que d'être une femme, encore aujourd'hui, dans cet espace public.
00:52Devinez ce que fait cet homme.
00:54Devinez parce que vraiment, le culot est stratosphérique.
00:57Cet homme, l'attaque, elle, que lui a insulté, l'attaque, elle, en justice.
01:03Et il obtient une décision de justice en 72 heures.
01:09Et cette dame est donc actuellement condamnée à lui verser 1 500 euros,
01:14et à retirer son poste.
01:17Je dois dire que tout ça touche un truc un petit peu personnel en moi.
01:20Je suis une femme dont le métier implique aujourd'hui de se faire insulter tous les jours.
01:26Tu as à peu près toutes les campagnes de cyberharcèlement possibles,
01:29d'insultes, d'injures, de dénigrement, de menaces de mort, de menaces de viol.
01:34J'ai décidé d'en parler publiquement, aussi de ne pas en parler publiquement pour voir si ça allait s
01:39'arrêter.
01:39J'ai aussi porté plainte.
01:41À ce jour, ça continue et c'est tout le temps.
01:44Pour vous donner une idée des temporalités,
01:46moi j'ai une procédure de justice en cours
01:48contre des personnes qui ont proféré des insultes et des menaces
01:51qui sont actuellement publiquement en ligne.
01:53Moi, ce n'est même pas des messages privés.
01:54Et ces personnes-là vivent leur meilleure vie.
01:57Ces insultes sont toujours en ligne au moment où on parle.
01:59La procédure a commencé il y a un an
02:01et le prochain rendez-vous, qui est une petite étape, est dans 8 mois.
02:05Donc j'entends que la police, la justice, manque de moyens.
02:08C'est vrai, c'est réel, je le vois bien.
02:10Moi, je ne suis même pas à me plaindre.
02:11Je suis déjà contente qu'il y ait des plaintes pas classées sans suite.
02:14Par contre, condamner une victime pour protéger l'homme qui l'insulte en 72 heures,
02:22je ne peux pas l'entendre en fait.
02:23Et alors, qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
02:24Attendez parce que c'est encore plus fou.
02:26Comme elle a décidé de ne pas se taire et de dénoncer tout ce que je viens de vous dire
02:30publiquement,
02:31chaque jour qui passe, elle a une astreinte.
02:34Donc elle va devoir payer potentiellement, je crois que c'est 150 euros, je ne sais plus combien c'est,
02:39mais une somme d'argent par jour de plus où elle laisse l'insulte qu'elle, elle a reçue.
02:45Donc déjà, elle a ouvert une cagnotte.
02:46Je pense qu'on peut aller la soutenir.
02:48Mais surtout, surtout, cet homme-là qui a essayé de la baillonner après l'avoir, lui, insulté,
02:55moi j'aimerais qu'on ne l'oublie vraiment pas.
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