00:00Ici Nord, un réveil 100% local.
00:05Ici Matin.
00:06A 7h44, c'est l'invité d'ici Matin et entre contraintes budgétaires et nouveautés pour ses 75 000 étudiants,
00:12c'est au tour de l'université de Lille de faire sa rentrée.
00:15Son président, Régis Bordet, répond à nos questions, Thomas.
00:18Bonjour Régis Bordet.
00:19Bonjour.
00:19Hier matin, dans le cadre d'un appel qui était national,
00:22quelques étudiants ont manifesté à Villeneuve-DAS qu'il était notamment en question des frais d'inscription
00:26que certains parlementaires souhaitent augmenter.
00:29Ce n'est pas encore le cas, qu'en pensez-vous ?
00:31Vous n'êtes pas favorable, je pense, à cette augmentation ?
00:33Non, nous ne sommes pas favorables, nous l'avons exprimé.
00:35En tout cas, moi je l'ai exprimé à deux reprises dans le cadre des auditions devant le Sénat.
00:42On voit bien avec l'exemple des universités américaines et britanniques
00:48que finalement, sur le long terme, les droits d'inscription ne règlent pas le problème du financement des universités
00:57puisque certaines sont en faillite dans ces pays.
01:01Nous, on pense qu'il faut garder un investissement public important.
01:06C'est un choix de société.
01:08Après, c'est bien sûr à la représentation nationale,
01:11puis peut-être aux Françaises et aux Français,
01:13de décider ce qu'ils veulent pour leur université.
01:17Pour le coup, les frais d'inscription ont déjà commencé à augmenter depuis quelques années
01:20pour les étudiants étrangers, extra-européens.
01:23Est-ce que vous l'avez ressenti, déjà sur les inscriptions ?
01:26Est-ce que vous avez moins, désormais, d'étudiants étrangers
01:28qui viennent dans les universités, celles de Lille en particulier ?
01:30Non, nous l'avons appliqué, nous, dès 2019,
01:33mais avec des exonérations sur critères sociaux de manière importante.
01:38Les possibilités d'exonération se réduisent aussi ?
01:40Alors maintenant, pour l'instant, nous avons décidé de ne pas appliquer la mesure,
01:45mais ça n'a pas empêché les étudiantes et étudiants de venir
01:51parce qu'il y avait les exonérations sur critères sociaux.
01:54Demain, si nous ne l'avons pas, effectivement,
01:57et on commence à avoir un peu des prémices de cet effet,
02:01on risque d'avoir une moindre attractivité de la France.
02:05Et c'est embêtant parce que c'est aussi obéirait notre capacité de diplomatie scientifique.
02:12Ce débat sur les frais d'inscription existe aujourd'hui
02:14car les universités françaises ont besoin d'argent.
02:16En fin d'année 2025, vous aviez atteint à Lille un déficit de 45 millions d'euros.
02:20Êtes-vous parvenu à la résorber ?
02:22Vous l'avez ramené à 35 millions d'euros.
02:24Comment est-ce que vous avez fait ?
02:25Qu'est-ce que vous pouvez encore faire lors des prochaines semaines ?
02:28Aujourd'hui, on a beaucoup réduit sur nos frais de fonctionnement.
02:33On veut garder un investissement patrimonial important
02:35parce qu'on a une dette bâtimentaire sérieuse à l'université de Lille.
02:42On essaie de travailler sur la masse salariale
02:45mais sans casser la dynamique de notre université
02:48puisqu'elle est en dynamique grâce aux fusions, au regroupement
02:53et à l'investissement que nous faisons sur l'interdisciplinarité.
02:57D'abord au service des étudiantes et des étudiants
03:00mais aussi dans nos activités de recherche
03:02qui servent la société et l'innovation.
03:04Vous êtes confiant pour la suite quant à la participation de l'État ?
03:07C'est compliqué, tous les ans vous avez alerté encore récemment
03:11l'État sur les difficultés que vous pouviez rencontrer.
03:13Est-ce que l'investissement de l'État aux côtés des universités
03:16va se maintenir ?
03:17Est-ce que vous êtes confiant sur ce point-là ?
03:18Moi je reste confiant
03:20puisque l'État s'est lancé dans un processus de contractualisation
03:25qu'on nous dit qu'il va y avoir des abondements
03:28et éventuellement un bonus pour les universités en difficulté
03:33historiquement sous-dotées et bien gérées.
03:36Et moi je dis qu'à Lille, nous cochons les deux cases.
03:40Donc j'attends, notre document est finalisé.
03:44On va rentrer dans la phase de négociation avec le rectorat, avec l'État.
03:48Bon, j'espère que l'État sera au rendez-vous.
03:51On a déjà un petit frémissement sur notre subvention
03:54qui a augmenté plus que ce que nous espérions.
03:59Il faut que ça continue
04:00parce que sinon la situation sera vraiment très difficile à gérer
04:05dans les mois qui viennent.
04:06Ici Nord, il est 7h48, nous sommes en direct avec Régis Bordet,
04:09le président de l'Université de Lille.
04:11Régis Bordet, vous parliez des bâtiments de l'université
04:14il y a quelques instants, cette rentrée, vous en avez un nouveau
04:16après trois ans de travaux.
04:17L'Agora, sur le campus de Pont-de-Bois,
04:20qui est à Villeneuve-d'Az,
04:22ce bâtiment qui a été réhabilité ces trois dernières années,
04:24je disais que c'était désormais au nord de Paris
04:25la plus grande et la plus riche bibliothèque
04:27en sciences humaines et sociales.
04:28C'est les parties des investissements
04:29que vous devez mener tous les ans,
04:30réhabiliter ces bâtiments.
04:31Oui, alors l'Agora c'est un joyau,
04:35c'est la preuve aussi que quand on veut, on peut.
04:37L'État, le Conseil régional,
04:39la métropole européenne de Lille
04:42se sont groupés pour un investissement
04:44de 45 millions d'euros
04:45et le résultat est vraiment magnifique.
04:49C'est-à-dire que les étudiantes et les étudiants
04:51sont rayonnants dans cette bibliothèque,
04:53ça va devenir un cœur intellectuel
04:56de la métropole européenne de Lille.
04:59C'est aussi pour nous la manière
05:02d'asseoir notre signature autour des transitions
05:05parce que les sciences humaines et sociales
05:07sont le fer de lance
05:09de notre réflexion sur ces enjeux.
05:12Et alors, d'un point de vue architectural,
05:15on a fait l'ouverture vers l'extérieur,
05:18ce qui est bien aussi l'ADN de l'Université de Lille.
05:22C'est une nouveauté que vous mettez en place également
05:23en cette rentrée, Régis Bordet,
05:25un système d'absence auto-justifiée
05:27pour les étudiants.
05:28C'est-à-dire que chaque étudiant et étudiante
05:29dispose désormais de 14 jours par an
05:31à utiliser en cas de règles douloureuses,
05:34par exemple, une migraine chronique,
05:35d'événements familiaux comme des deuils.
05:37Pourquoi avoir mis en place ce système
05:39alors qu'on est dans une période
05:39où on est plutôt, en tout cas,
05:41du point de vue de certains élus,
05:43encore une fois, certains parlementaires,
05:44de limiter le nombre d'arrêts maladie
05:45ou en tout cas de décontrôler ?
05:46Vous faites l'inverse avec un système auto-justifié,
05:49c'est-à-dire qu'il n'y a même pas besoin
05:49d'aller chez le médecin ?
05:50Alors, sur beaucoup de points,
05:51on fait souvent l'inverse
05:52de ce qui est dit partout,
05:53mais parce que peut-être que
05:55les parlementaires ou le gouvernement
05:58ne voient pas la réalité du terrain.
06:01On a des jeunes qui peuvent être en difficulté.
06:04Les règles douloureuses sont devenues un problème,
06:07mais bien d'autres sujets.
06:09Nous, on n'a d'abord pas voulu stigmatiser
06:10les règles douloureuses
06:12et ramener les femmes à leur biologie.
06:15Donc, on a élargi le dispositif.
06:17Il faut un peu de souplesse dans la vie
06:20et ça rend responsables aussi
06:22les étudiantes et les étudiants
06:23qui ont 14 jours.
06:25Mais on l'a bien dit,
06:27c'est pour des raisons impérieuses,
06:28ce n'est pas pour faire la grâce matinée.
06:30Ces 14 jours par an
06:31et limités à 2 jours par mois,
06:32cela fait partie des nouveautés en cette rentrée.
06:34Il y en a beaucoup d'autres,
06:35je renvoie pour cela
06:35sur le site de l'Université de Lille.
06:37Merci beaucoup, Régis Bordet,
06:39président de l'Université de Lille,
06:40d'avoir accepté notre invitation ce matin.
06:42Bonne rentrée à vous.
06:43Merci.
06:43Bonne rentrée à tous les ici.
06:44On a déjà commencé depuis longtemps.
06:45Bien évidemment,
06:46mais il y en a encore qui arrivent.
06:47Donc, bonne rentrée à tous ceux qui rentrent.
06:49Merci.
Commentaires