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  • il y a 4 jours
Ingénieur, pilote et astronaute de l’Agence spatiale européenne, Thomas Pesquet est l’une des personnalités préférées des Français et un héros des temps modernes.
Au cœur d’une journée marathon à Monaco, initiée par le président d’honneur de la French-American Foundation, Jean-Luc Allavena, et conclue par une conférence pour la Monaco Méditerranée Foundation, le commandant Thomas Pesquet a livré un témoignage passionnant devant les caméras de Monaco-Matin dans le cadre de l’Interview à la Une, l’émission d’entretien du groupe Nice-Matin .
Est-ce le Far West dans l’espace ? Que répondre aux complotistes ? Quelle place pour Monaco dans la stratégie européenne d’exploration spatiale ? Autant de questions auxquelles Thomas Pesquet répond sans filtre. L’astronaute évoque également sa prochaine mission à bord de la Station spatiale internationale, en 2027, en tant que commandant, ainsi que son rêve ultime, aussi fascinant qu’« effrayant » : poser le pied sur la Lune.

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Transcription
00:12Bonjour et bienvenue dans l'interview à la Une, la grande émission du groupe Nice Matin,
00:17délocalisée exceptionnellement à Monaco pour un invité tout aussi exceptionnel.
00:21Il est une source d'inspiration et pour la jeunesse, c'est un héros des temps modernes,
00:25un ingénieur, un pilote, un astronaute, l'un des seuls hommes à avoir pris depuis un hublot une photo rassemblant
00:34les 8 milliards d'êtres humains.
00:36Il a habité 396 jours dans la Station Spatiale Internationale entre 2016 et 2021, à 400 km de la Terre,
00:44et aujourd'hui, il arrive de la Lune. Alors la Lune, c'est à 400 000 km de sa Normandie
00:49natale.
00:50En attendant, il sera en juillet 2027 le sixième commandant d'une mission spatiale privée vers l'ISS.
00:57Bonjour, commandant Thomas Pesquet.
01:00Bonjour.
01:01Comment allez-vous ?
01:02Ça va, ravi d'être ici.
01:04Alors, une journée marathon à Monaco aujourd'hui.
01:07Oui, je ne viens pas souvent à Monaco, donc là j'ai l'impression que les gens étaient ravis de
01:12ma cœur, ça me fait très plaisir.
01:13Et donc en une journée, on essaie de voir beaucoup de monde, et surtout des jeunes en fait, pour essayer
01:19de les inspirer peut-être pour le futur.
01:21Oui. Thomas, vous arrivez du premier sommet spatial international à Paris,
01:26où la France a plaidé pour une régulation de ce bien commun qui est l'espace pour l'humanité,
01:33l'espace qui est l'objet d'évidemment beaucoup de convoitises.
01:37Ces débats, on a bien vu que les Russes, les Américains ont appris un peu de distance.
01:41Concrètement, est-ce que c'est le Far West au-dessus de nos têtes ? Est-ce qu'il y
01:45a des risques de conflits ?
01:47Non, ce n'est pas le Far West au-dessus de nos têtes, mais c'est important qu'on soit
01:52autour de la table.
01:52Tous les gens qui ont accès à l'espace, au final, il n'y a pas tant de pays que
01:55ça,
01:56qui sont en capacité de lancer des choses dans l'espace et de les opérer.
02:01Et donc c'est important qu'on arrive quand même à continuer à discuter,
02:05malgré les situations géopolitiques qui sont difficiles de tous les côtés,
02:09qu'on arrive quand même à essayer d'anticiper le temps long et l'intérêt commun.
02:14Et c'était le sens de ce sommet spatial à Paris.
02:17C'est sûr qu'on a toujours eu des satellites militaires dans l'espace,
02:21mais ce ne sont pas des satellites militaires offensifs,
02:22c'est de la communication, c'est de l'observation, ça va continuer à exister.
02:27Mais nous, effectivement, on plaide pour une utilisation scientifique, recherche, exploration,
02:32et surtout mettre l'espace au chevet de la planète, c'est de l'espace,
02:35qu'on mesure les données qui nous servent à combattre le changement climatique.
02:38Ce sujet sera au cœur d'une conférence que vous donnez pour la Monaco Méditerranée Foundation,
02:43l'exploration spatiale aujourd'hui et demain.
02:46Demain, c'est la Lune, notamment comme objectif, vous espérez poser un pied un jour.
02:51On est près de 60 ans après Neil Armstrong, le grand pas pour l'humanité.
02:55Et pour autant, on a encore énormément de thèses complotistes.
02:59Il y a quelques jours encore, une élue américaine, Trumpienne, a balayé la question en disant que cette séquence avait
03:05été tournée dans un entrepôt Amazon, pour la citer.
03:08Qu'est-ce que vous répondez à ces gens, à ces complotistes en 2026 ?
03:12Déjà qu'Amazon, ça n'existait pas dans les années 60, je pense.
03:15Mais non, je ne sais pas.
03:17Moi, je pense que les gens, ils le savent bien, quelque part au fond d'eux, que tout ça, ce
03:22n'est pas faux.
03:23Parce qu'il y a plein de manières de le prouver.
03:24Il y a des miroirs sur la Lune que les astronautes ont déposés.
03:27Aujourd'hui, on tire un laser, la communication revient.
03:29On pouvait écouter les bandes, à l'époque, on pouvait pointer une parabole quasiment vers la Lune, entendre ce qui
03:37s'y passait.
03:39La meilleure preuve, quelque part, c'est celle que l'Union soviétique n'a jamais contesté ça.
03:43Jamais contesté ça, à l'époque, où les blocs s'opposaient de tous les côtés.
03:47Pourquoi ? Parce qu'eux aussi, ils essayaient de faire la même chose.
03:48Donc, s'ils contestaient ça, ils se décrédibilisaient eux-mêmes.
03:52Mais il suffit d'ouvrir son navigateur Internet pour se rendre compte qu'en fait, en cherchant un tout petit
03:59peu,
03:59évidemment que tout ça est documenté dans tous les sens.
04:01Mais je pense que les gens, ils n'ont pas envie d'avoir cette réponse-là.
04:05C'est surtout ça, en fait, moi qui m'inquiète.
04:07Que les gens... Moi, j'en ai jamais voulu à personne de ne pas savoir, ou de se tromper, ou
04:11d'avoir une opinion erronée.
04:12Ça, c'est pas grave.
04:13Par contre, les gens qui ne veulent pas changer d'opinion, alors même qui savent très bien qu'ils ont
04:19tort, quelque part,
04:19ou qu'on leur présente avec les preuves, ça, c'est compliqué.
04:23Parce que ça, je ne sais pas comment, en fait, on s'oppose à ça.
04:27Moi, je trouve que dans tous les platistes, les complotistes et tous ces trucs-là,
04:32c'est pas tellement les thèses qui défendent que ce que ces gens-là expriment, c'est un besoin d
04:37'exister.
04:37C'est de se dire, ben nous, voilà, on n'est pas allé dans l'espace, mais mon opinion, elle
04:42est aussi valable que celle de Thomas Pesquet.
04:44Je ne suis pas moins une personne, je ne suis pas moins...
04:46Et ils ont raison, en fait, quelque part.
04:48Enfin, ils n'ont pas raison dans la manière dont ils disent, mais un peu la raison de ressentir ça.
04:51Donc, je pense que de leur expliquer, moi, avec des équations au tableau, qu'on y est vraiment allé,
04:55c'est un peu bête parce que ça les remet dans cette position où moi, je suis supérieur parce que
04:58je sais mieux que toi.
04:59C'est ça qu'ils rejettent.
05:01Mais le meilleur remède reste tout de même l'éducation.
05:04Bien sûr.
05:04Dès le plus jeune âge.
05:05Exactement.
05:05C'est aussi le but de votre visite à Monaco, puisqu'elle est à l'initiative de M. Jean-Luc
05:09Alavena, que vous connaissez depuis 10 ans.
05:11Vous aviez intégré le programme des Young Leaders, dont il est président d'honneur, lui, de la French American Foundation.
05:17Tout à fait.
05:19C'est vraiment ça aussi, le but de ce programme, d'ailleurs, c'est de passer un message à la
05:24jeunesse en termes de goût du travail, d'effort, d'espoir.
05:27Alors, vous, dans votre Normandie natale, à Dieppe et ses environs, à quel âge s'est matérialisé ce rêve d
05:35'espace ?
05:36Et surtout, est-ce que des adultes vous ont mis des freins ?
05:40Je ne saurais pas.
05:41Il n'y a pas eu d'épiphanie ou d'événements vraiment fondateurs.
05:44Je l'ai cherché pourtant.
05:45Je pense que c'était plutôt que j'ai grandi dans une atmosphère qui était favorable à ça.
05:49Mes parents étaient tous les deux enseignants.
05:51J'ai eu de la chance.
05:51Eux, ils croyaient fermement en les bienfaits de l'école, évidemment.
05:54Donc, ils nous ont beaucoup encouragés avec mon frère.
05:57Mon frère s'intéressait à l'informatique.
05:59Mon père, qui était prof de maths, a essayé de lui ouvrir ces champs-là.
06:02Je sais que ça a été la même chose pour moi, pour la technique, la technologie.
06:05Mais c'est venu petit à petit, en fait.
06:07C'est plus tard, ensuite, en faisant mes études d'ingénieur, je me suis rapproché de ce milieu-là.
06:11Je suis devenu pilote privé, puis je me suis rapproché petit à petit.
06:15Mais effectivement, ce qu'il faut, c'est planter des graines.
06:18Je pense, dans la jeunesse, c'est difficile de changer.
06:20Quand on est adulte, plus on vieillit, plus c'est difficile de changer.
06:24Alors que quand on est jeune, on est une page blanche, on est une éponge.
06:27On absorbe énormément de connaissances.
06:29Et puis surtout, on a tous les possibles devant nous.
06:32Et puis parfois, il suffit d'une rencontre, il suffit d'un rêve, il suffit d'une expérience incroyable, d
06:37'un film, d'un livre.
06:40Et ça va tout changer et ça va nous lancer dans une direction.
06:42Et donc, ce qu'on essaie de faire ici à Monaco, ce que moi j'essaie de faire un peu
06:45quand j'ai le temps depuis le retour de mes missions,
06:48c'est de dire aux jeunes, tout le monde a été jeune à un moment, tout le monde s'est
06:53posé la question, tout le monde a eu des doutes, moi autant que les autres.
06:56Et ça n'empêche pas de se lancer sur la trajectoire et d'essayer de suivre ses rêves.
07:00Alors tout le monde ne devient pas astronaute, mais ce n'est pas grave.
07:02Moi, j'aurais pu faire autre chose.
07:03J'étais pilote avant, j'étais très heureux.
07:05J'étais ingénieur avant, j'étais très heureux.
07:06La vie, c'est ça.
07:07C'est des opportunités, c'est des choix, c'est des embranchements dans le chemin.
07:10C'est pas grave, mais il faut se déstresser un peu par rapport à ça, y aller.
07:14Et puis, moi, j'ai aujourd'hui, je commence à avoir à l'âge, 10 ans, ma première mission, de
07:19voir des jeunes qui ont été influencés par ça positivement.
07:23Et ça, ça me touche énormément.
07:25J'ai vu un jeune lieutenant de l'armée de l'espace qui sortait de l'école de l'air,
07:28qui m'a dit, moi, j'ai fait l'école de l'air parce que quand j'avais 14 ans,
07:33j'ai suivi votre première mission.
07:35Ça m'a fasciné.
07:36Je me suis dit, c'est absolument ça que je veux faire.
07:37Et ça, c'est bien. Si j'arrive à faire ça, c'est que j'aurai réussi quelque chose.
07:42D'autant que quand vous évoquez votre métier, votre passion, il y a un mot qui revient tout le temps
07:46dans votre propos, c'est utile.
07:48C'est ça, l'utilité.
07:49C'est utilité pour la terre-mer, l'humanité, et utilité, justement, pour passer un message auprès de la jeunesse.
07:57Oui, je pense que pour être heureux dans ce qu'on fait, il faut faire quelque chose qui nous plaise.
08:03Ça, c'est la partie un peu égoïste de tous les métiers.
08:06Et elle existe, et il ne faut pas non plus la nier.
08:09C'est important de faire quelque chose qui nous plaît à nous, mais il faut aussi faire quelque chose d
08:13'utile, qui soit utile aux autres.
08:14Je pense qu'on ne peut pas s'épanouir du tout si on se dit, mon métier, vraiment, il me
08:19sert juste à moi, il ne sert absolument à rien aux autres.
08:20C'est un truc 100% égoïste.
08:21Ça, ça ne marche pas.
08:23Donc, il faut trouver un petit peu les deux dans tous les métiers.
08:25Ça existe, je pense.
08:27Et moi, j'ai voulu vraiment faire ça.
08:29Si astronautes, c'était quelque chose qui ne servait à rien, je ne me serais pas senti heureux, finalement, dans
08:36cette carrière.
08:37Mais justement, quand je vois parfois le regard des gens, la manière dont ça les fait rêver, et puis aussi,
08:42tout bêtement, l'utilité de la recherche qu'on fait à bord de la station spatiale, ça, vraiment, ça me
08:48conforte dans ce choix-là et ça me donne de l'énergie.
08:51Mais c'est vrai que je crois fondamentalement au rôle du secteur spatial en général.
08:57C'est incontournable, c'est extrêmement utile et bénéfique pour le citoyen, tous les citoyens, ce qu'on fait dans
09:03l'espace, que ce soit pour les communications, navigation, évidemment, météo, mais surtout, essentiellement, pour l'observation de la Terre.
09:10La protection de l'environnement, c'est de l'espace qu'on mesure toutes ces variables, que ce soit la
09:15hauteur de l'eau, la température, la concentration en gaz à effet de serre, les glaciers.
09:21Tout ça, c'est mesuré uniquement depuis l'espace.
09:24On ne peut pas avoir des mesures in situ partout sur la planète.
09:26Par contre, on peut avoir des flottes de satellites qui observent la Terre.
09:29Donc, moi, je crois fondamentalement à cette utilité-là et ça m'aide et ça me permet de continuer, de
09:35rester motivé.
09:35Et être astronaute, c'est mener des études, forcément, complexe, mais c'est aussi avoir une condition physique irréprochable.
09:42On avait eu l'occasion de l'évoquer par le passé, d'ailleurs, ce fait qu'il y a des
09:45batteries de test permanentes et puis qu'il peut y avoir des petits détails.
09:48On ne part pas en vol avec un plombage, par exemple.
09:51Est-ce que tout cela, ça implique que votre vie privée soit monacale ?
09:55Est-ce que vous avez beaucoup d'interdictions dans votre contrat, en fait ?
09:59Non, on a assez peu d'interdictions.
10:01C'est drôle, d'ailleurs.
10:02Moi, je pensais qu'il y en aurait plus parce que les sportifs, eux, c'est vraiment écrit noir sur
10:06blanc, interdiction de faire du parachutisme.
10:11Par contre, moi, je n'ai jamais signé un contrat qui me disait que c'était interdit de faire du
10:13ski, des choses comme ça.
10:15Nous, on n'a pas vraiment ça.
10:17On se rend compte qu'en fait, ça se fait plutôt intelligemment.
10:19On n'est pas beaucoup.
10:20Quand moi, j'étais embauché, on était six.
10:22Donc, on a six personnes.
10:23Ce n'est pas la peine d'écrire un règlement intérieur de 800 pages pour six personnes.
10:26Il suffit de se parler et on se censure assez nous-mêmes.
10:32Mais non, dans la vie de tous les jours, moi, je pense qu'il faut distinguer la partie.
10:37On est désigné sur une mission, c'est-à-dire dans un an, on décolle.
10:41Mais là, à partir de ce moment-là, quand même, oui, il faut se restreindre un petit peu.
10:45On ne fait pas la fête.
10:45On ne fait pas trop la fête.
10:48On fait du sport.
10:51On n'aura plus le temps de façon de faire tellement des vacances.
10:53Des choses comme ça.
10:54Là, oui, OK, il y a un petit moment un peu dédié à l'effort.
10:57Mais entre deux missions, ça peut durer dix ans.
11:00Et quand ça dure dix ans, ça ne sert à rien de maintenir un niveau de performance et d'ascétisme
11:05qui soit dingue.
11:07Ce n'est même pas bon pour le moral, en fait.
11:09Je ne dis pas qu'on se laisse complètement aller non plus.
11:10Mais on va dire qu'on n'a peut-être pas la même exigence.
11:12Donc, c'est un peu l'alternance entre ces deux phases qui fait qu'en plus, ça fait une respiration
11:16qui permet au final,
11:17de rester relax par rapport à ça.
11:19Et ce n'est pas un fardeau ?
11:20Non, ce n'est pas un fardeau.
11:21Je pense qu'il fallait vraiment avoir la...
11:24C'est comme les sportifs.
11:25Je pense qu'il fallait qu'ils soient à la forme des Jeux Olympiques toute leur vie 24-24.
11:29Là, ça commence à devenir difficile dans la tête, je pense.
11:32Mais au contraire, d'avoir ce but, de progresser vers ce but, c'est même presque motivant.
11:37Et puis ensuite, on peut se relaxer un petit peu.
11:39Cumulé, vous avez passé plus d'une année dans l'espace.
11:41On dit souvent dans nos sociétés modernes qu'on ne sait plus premièrement s'ennuyer et deuxièmement contempler.
11:47Vous, vous êtes quand même un hyperactif.
11:49Est-ce que vous vous êtes retrouvé d'une certaine manière lors de ces séjours dans l'espace ?
11:53Et que vous avez peut-être plus de moments d'introspection, par exemple ?
11:56Oui, c'est possible.
11:57Après, malheureusement, ce que font comme tout bon hyperactif,
12:01ce que je fais, c'est que je remplis mon emploi du temps jusqu'à ce que ça déborde.
12:05Comme ça, je n'ai absolument jamais le temps de faire quoi que ce soit d'autre.
12:08Donc, pas d'ennui.
12:09Donc, pas d'ennui, mais j'ai quand même vraiment apprécié un peu cette simplification sur Terre
12:19pour avoir fait l'expérience de la manière un peu différente.
12:22Je vous expliquerai ensuite comment ça se passe dans la station.
12:24Sur Terre, il y a des sollicitations qui sont de nature très différentes.
12:27Il y a le côté personnel, il y a le contrôle technique de la voiture,
12:31il y a des choses qui sont au domaine du boulot.
12:33Moi, je me retrouve avec une partie, il faut aussi parler, essayer d'inspirer les enfants.
12:39Et donc, beaucoup de sollicitations, de choses à faire, mais de nature très différente
12:44qu'il faut arbitrer en permanence, essayer de trier des choses qui ne sont pas de la même nature,
12:49des poires et des carottes.
12:51Et tout le monde a mon numéro de téléphone.
12:53Enfin, pas tout le monde, heureusement, mais beaucoup de gens.
12:55On en reparle, on en change après.
12:59Et donc, c'est un peu compliqué de faire tout ça.
13:02Dans l'espace, on a un travail très intense, on travaille beaucoup, mais c'est simple.
13:09C'est clair, c'est limpide.
13:10Les priorités, c'est exécuter la mission.
13:13Tous les jours, on a un plan.
13:15Tous les jours, le but, c'est d'exécuter le plan.
13:17On a un seul interlocuteur.
13:18C'est le centre de contrôle qui nous appelle sur la fréquence.
13:21C'est tout.
13:22Le reste, ça ne compte pas.
13:23On est isolé un peu des turbulences du monde.
13:28Et ça, c'est le principe d'être en expédition.
13:30C'est-à-dire, on est tous ensemble tendus vers un but, il n'y a que ça qui compte.
13:33On retrouve ça dans les équipes de sport qui partent faire la coupe d'Europe ou du monde, d'autres.
13:38Expédition militaire, expédition bateau, j'en passe les meilleurs en montagne.
13:42Et donc, ce côté expédition, moi, j'ai vraiment apprécié parce que ça a beaucoup simplifié cette espèce de cacophonie
13:47permanente de la vie.
13:50Sur la contemplation, on n'a pas tellement...
13:52Je m'étais promis ma deuxième mission de prendre le temps de le faire et de ne pas forcément prendre
13:56les photos, mais juste de regarder.
13:59Parce que quand on prend les photos à travers un appareil, malheureusement, souvent, on manque un petit peu de...
14:03Il y a une étape de concentration aussi qui fait qu'on n'est pas totalement focalisé sur la...
14:07Et puis, on manque à travers son téléphone, ce que font tous les gens aujourd'hui.
14:13Et je ne l'ai pas complètement fait. Je l'ai fait un peu. Je l'ai fait un peu
14:15plus.
14:16Mais je ne l'ai pas complètement fait parce que je me suis dit, mince, il faut quand même que
14:18je fasse ces photos-là.
14:19Il faudra que je refasse une troisième mission. C'est ça qu'on est en train de dire.
14:22Et là, peut-être qu'on en viendrait à la contemplation.
14:24Qui va venir très vite, oui, puisque ce sera juillet 2027.
14:29Mission, alors en plus, à bord d'une navette américaine.
14:32Donc, ce sera une première, que ce ne soit pas un Etats-unien qui soit aux commandes.
14:36Donc, vous serez avec un Grec pour la première fois, notamment.
14:39Qu'est-ce que vous en attendez de cette troisième mission ?
14:42Alors, vous arrivez au classement comme Jean-François Clairvoy, par exemple.
14:44Sauf que lui n'a pas les sorties extravéhiculaires aussi, mais vous rentrez dans le top.
14:49Oui, c'est vrai, du nombre de missions des Européens.
14:51Mais bon, il faut faire attention avec ça parce que ça n'a jamais de fin, en fait.
14:56Les sorties extravéhiculaires, les joueurs dans l'espace, le nombre de missions, le nombre de véhicules différents.
15:00On peut toujours s'inventer des trucs.
15:04Ça n'a pas de fin, donc il faut faire un petit peu attention à ça.
15:07Je ne dis pas que je ne le fais pas autant que les autres, mais du moins, parfois, j'essaie
15:10de moins le faire.
15:12Cette troisième mission, ce que moi, je trouve vraiment super sympa, c'est qu'en tant que commandant d'équipage,
15:17je vais partir avec a priori trois personnes.
15:19Alors, il nous manque encore un nom aujourd'hui, mais on en a deux qui sont nommées.
15:21Troisième, on espère, va être nommée bientôt.
15:24A priori, que des Européens, donc ça, c'est super.
15:26À moins qu'on ait une surprise sur la quatrième personne, mais on pense que des Européens.
15:30Première dans l'histoire, très bien.
15:31C'est bien pour l'Europe, on essaie de la renforcer.
15:34Et puis, que des personnes qui ne sont jamais allées dans l'espace.
15:37Donc, moi, je suis passé assez rapidement du plus jeune.
15:40Ma première mission, j'étais le plus jeune.
15:41Enfin, ma sélection d'astronome, j'étais le plus jeune.
15:43Ma première mission, j'étais le plus jeune de l'équipage.
15:45Ma deuxième mission, j'étais encore le plus jeune de l'équipage.
15:48Là, cette mission-là, je suis le plus vieux de l'équipage.
15:51Donc, ça arrive vite.
15:53Et c'est une responsabilité supplémentaire.
15:55Exactement.
15:55Mais cette transmission, en fait, là, ça me plaît beaucoup.
15:57Parce que moi, je n'ai rien à gagner.
15:59Je ne cours pas après les records.
16:01Par contre, je trouve ça super que ces gars-là, il n'y a jamais eu de grec dans l
16:05'espace.
16:05Donc, c'est un truc important pour le pays, pour lui.
16:07Il y a eu un cœur de bien faire, etc.
16:09Et de pouvoir l'aider, je trouve ça super sympa.
16:14Et en fait, je trouve que cette mission, moi, je vais me réaliser plus
16:17dans ce qu'eux vont arriver à faire que dans ce que moi, je vais arriver à faire.
16:19Moi, je n'ai pas de grand but, des photos que je n'ai pas prises ou des choses comme
16:22ça.
16:23Je n'ai pas vraiment ça en partant.
16:24J'ai juste envie que la mission marche, que l'équipage soit content,
16:26qu'eux réalisent leur but.
16:27Et ça, ce sera ma satisfaction.
16:28Avec un rôle de tuteur, en fait, plus ou moins.
16:29Voilà, c'est ça.
16:31On trouve beaucoup de plaisir là-dedans, moi, je trouve, dans la transmission.
16:35Bon, c'est peut-être le fils de prof qui parle, mais dans la transmission.
16:38Et puis, ça oblige aussi soi-même à quand même, je veux dire,
16:42entre comprendre une chose et être capable de l'expliquer clairement,
16:45il y a un petit niveau quand même.
16:47C'est difficile.
16:49Donc là, ça me...
16:54...de pédagogie, etc.
16:56Donc, c'est bien.
16:56Vous parlez de l'humain, mais un mot quand même sur l'intelligence artificielle.
16:59Parce qu'il y a beaucoup de critiques, dernièrement,
17:01sur le fait qu'elle pourrait s'émanciper, devenir un danger.
17:04J'imagine qu'elle est primordiale dans l'exploration spatiale,
17:07l'industrie spatiale.
17:08Est-ce que vous, en tant qu'astronaute,
17:11il y a une crainte que la machine se rebelle, en fait,
17:14est un jour dans un milieu qui, on le rappelle quand même,
17:16est un milieu d'isolement et hostile ?
17:18Pour l'instant, non, on n'a pas cette crainte parce que...
17:22Alors, la nature de l'intelligence artificielle,
17:25c'est que le progrès, il n'est pas linéaire, justement.
17:28Il fait une exponentielle.
17:30Donc, ce qu'on voit au début, on se dit,
17:31ah oui, finalement, tout ça, c'est pas grand-chose.
17:33Puis, en fait, ça fait comme ça.
17:34Donc, il faut se méfier un petit peu.
17:35Mais pour l'instant, ce qu'on voit, c'est que c'est une capacité incroyable
17:39à traiter des masses de données énormes
17:42et à en extraire de la signification du sens.
17:45Du sens, ça veut dire des patterns, des choses qui se répètent,
17:48que ce soit dans le langage.
17:49Et c'est comme ça que l'intelligence artificielle,
17:52les large language models, les chat-GPT et autres,
17:55retrouvent un peu de la signification dans des masses de données immenses,
17:59de langage.
18:00Nous, ce qu'on voit beaucoup, c'est sur les images.
18:02Sur l'analyse d'images, ce qu'on veut faire aujourd'hui,
18:04c'est pas tellement dans le domaine de l'exploration,
18:07donc découverte de nouveaux mondes, on va dire,
18:10que ce soit robotique ou humaine,
18:12mais c'est dans l'analyse de données.
18:14En fait, on veut mettre l'analyse à bord du satellite
18:17pour que plutôt que de cracher des masses de données vers la Terre
18:20et que quelqu'un, pendant huit jours, trouve l'information,
18:24on veut que ça soit analysé tout seul, à bord,
18:27et que le satellite trouve sa conclusion lui-même.
18:31Pour nous, dans l'exploration,
18:32on n'a pas encore trop impacté par ça.
18:34On a eu de la robotique,
18:35mais c'est quand même de la robotique qui est automatisée
18:37et contrôlée du sol plutôt que vraiment
18:40avec de l'intelligence à bord.
18:42Mais ça va arriver.
18:43Les étapes prochaines, c'est sûr que ça va nous impacter.
18:46Pour l'instant, on pense que pour l'exploration,
18:47il n'y a rien qui remplace un peu
18:50cette adaptabilité humaine,
18:52cette prise de décision, cette expérience.
18:54c'est dur de recréer ça quand même,
18:56mais peut-être qu'un jour, ça va arriver.
18:58À Monaco, à quelques mètres seulement de nous,
19:00il y a une société qui fait beaucoup,
19:02c'est Venturi Space, le bébé de Gilles Doppastor,
19:05qui fait beaucoup pour l'industrie spatiale
19:07en développant des solutions de mobilité électrique
19:09et notamment pour les rovers lunaires.
19:12Quel regard, quelle attention vous portez à ces innovations ?
19:15Une attention assez directe
19:17parce que moi, mon ambition future,
19:19enfin mon rêve,
19:20je ne sais pas si on peut dire ambition,
19:21mais ce serait d'aller sur la Lune.
19:23Il n'y a jamais eu d'Européens, évidemment.
19:25C'est la nouvelle frontière.
19:28Pas nouvelle parce qu'on y est allé,
19:29mais on veut y retourner d'une manière un peu différente
19:31pour s'y établir.
19:31Puis de toute façon, c'est un passage obligé
19:33pour ensuite pouvoir aller sur Mars.
19:35C'est la traversée de la Manche
19:37avant de pouvoir faire la traversée de l'Atlantique.
19:39Donc ça, c'est notre horizon.
19:41Et puis c'est aussi l'horizon de Gilles Dau et de Venturi.
19:44Donc on a un peu le même but.
19:46On a les mêmes rêves.
19:48Et puis on a le même ancrage un peu local,
19:52un peu européen.
19:53Alors tout se passe beaucoup au niveau européen,
19:54mais l'entreprise française,
19:56monégasque, italienne, allemande
19:57se retrouvent tous un peu dans ce creuset-là.
19:59Et moi, ça me ferait rêver, c'est sûr,
20:01d'un jour fouler la surface de la Lune
20:03avec de la technologie qui vient d'ici.
20:06Et ça, avec ce qu'il réalise en ce moment chez Venturi,
20:09ce n'est pas très loin d'arriver.
20:10Et c'est essentiel parce que ici à Monaco,
20:12le prince Albert II aime à dire,
20:13ce n'est pas parce qu'on est un petit pays
20:15qu'on ne peut pas avoir de grands projets.
20:16Là, il y avait le sommet international sur l'espace
20:19où il y a eu ce propos du président Macron
20:20« redevenons une puissance européenne ».
20:23Il y a vraiment quelque chose à faire
20:26face à la concurrence américaine, chinoise.
20:29Monaco peut avoir une carte à jouer
20:31dans cette stratégie européenne.
20:33Aujourd'hui, je pense que sur le spatial,
20:36l'exploration spatiale,
20:37c'est devenu tellement complexe
20:38ou que c'est quelque chose qui se fait en coopération
20:40à l'échelle, au moins, à minima européenne.
20:43Mais ça, ça ne veut pas dire que tout le monde n'y a pas sa place.
20:45Pourquoi ? Parce qu'en fait, ce qui marche le mieux,
20:47c'est si chaque acteur se dédie en fait à une spécialité.
20:52La fusée ou la capsule ou les satellites d'observation
20:55ou le rover sur la Lune.
20:57Et si chaque acteur se dédie à une spécialité
21:00et le fait à un super haut niveau,
21:02la globalité devient à très haut niveau.
21:05Ce qu'il ne faut pas, c'est dupliquer
21:06les mêmes capacités partout.
21:07Un rover français, italien, allemand,
21:08on perd de l'argent, on perd du temps,
21:10ça n'a pas de sens.
21:12Mais qu'un acteur comme Monaco se dise
21:14« Moi, je vais prendre cette partie-là
21:17et puis je vais le faire à fond. »
21:18Et c'est ça que je vais réaliser.
21:20Ce sera ça, ma contribution.
21:21C'est sûr que ça a la place dans le package global.
21:25La Lune, votre objectif ultime,
21:27comment vous l'envisagez ?
21:30Quel sentiment ça vous inspire
21:32d'un jour pouvoir potentiellement
21:34mettre le pied dessus ?
21:35Ça fera l'objet d'une sélection,
21:36bien entendu, d'ici là.
21:38Oui, bien sûr.
21:38Je pense que les gens ne se rendent pas compte
21:42et moi, je ne me rendais pas compte
21:43jusqu'à ce que les missions Artemis reprennent,
21:46Artemis 1, Artemis 2.
21:47À quel point c'est un côté complètement effrayant
21:51et à quel point on se confronte
21:52à des choses qui nous dépassent.
21:54Pourquoi ?
21:54Parce que dans la station spatiale,
21:56à 400 km de la Terre,
21:58on voit la rotondité de la Terre,
22:00c'est sûr,
22:00mais on reste assez près.
22:03Il faut extrapoler un peu
22:04quand on est en avion,
22:05vous vous en voyez beaucoup plus haut,
22:06hors de l'atmosphère,
22:07vous voyez la Terre plus ronde.
22:08Quand même, globalement,
22:09si on a un problème,
22:09on redescend,
22:10on se pose,
22:11ce n'est pas si facile que ça.
22:12Mais on n'est pas à 400 000 km.
22:14On n'est pas à 400 000 km.
22:15Sur la Lune,
22:16moi j'ai vu une photo
22:17d'Artemis 1,
22:19donc la répétition inhabitée
22:20d'Artemis 2,
22:21qui était donc passée derrière la Lune.
22:23Et sur cette photo,
22:24qui était prise en mode automatique,
22:25on voyait le véhicule,
22:27on voyait au second plan la Lune,
22:29qui déjà était petite comme ça,
22:31sur la photo,
22:32et on voyait au troisième plan,
22:34la Terre,
22:34parce que l'Artemis 1 était peut-être
22:36presque 100 000 km derrière la Lune,
22:38je ne me rappelle plus,
22:38mais quand même très loin.
22:39Et donc à 400 000 km,
22:40la Terre qui était,
22:41on voyait très bien que c'était la Terre,
22:43on voyait les couleurs,
22:43etc.,
22:44et qui était comme ça.
22:45Et quand on voit ça,
22:46moi je me suis dit,
22:48s'il y a le moindre problème
22:49sur la précision de navigation,
22:52et bien c'est terminé.
22:53s'il y a le moindre problème sur la propulsion,
22:55la capacité à se mouvoir,
22:57c'est terminé,
22:59on prend vraiment un risque qui est supérieur.
23:01Nous, dans la station spatiale,
23:03on ne peut pas la rater la Terre,
23:04il suffit de descendre.
23:06C'est plus facile de descendre,
23:08mais là je me suis dit,
23:09mince, quand même,
23:10on est très très loin.
23:11Si on a un feu qui se déclenche,
23:12parfois on met 5 jours à revenir,
23:14ça veut dire quoi ?
23:14Ça veut dire qu'on vit 5 jours avec la fumée,
23:16ou alors qu'on fait sortir la fumée
23:17en dépressurisant la capsule,
23:19et qu'on vit 5 jours dans son scaphandre
23:20avec une capsule dépressurisée.
23:22Enfin, c'est quand même un niveau de risque
23:24qui augmente.
23:25Et Mars,
23:26ce sera encore un niveau de risque supérieur.
23:28Donc, ça me fait rêver,
23:30mais ça a commencé à me poser des questions
23:32très réelles,
23:33en me disant,
23:33attention, il faudrait être prêt
23:34à faire ce truc-là.
23:35Je vous propose de conclure
23:36avec une série très brève de questions
23:37en 2-3 mots, pas plus.
23:39Quelle est votre planète préférée, Thomas ?
23:41La Terre, je réponds ça sans hésitation,
23:44parce qu'il n'y a aucun autre exemplaire
23:46à notre portée,
23:48exoplanète peut-être,
23:49mais qu'à cette diversité,
23:50cette variété, cette beauté,
23:51puis qu'il y a quand même le bon goût
23:52d'être l'endroit où on vit.
23:54Votre secret pour garder les pieds sur Terre ?
23:56C'est ma famille, mes proches,
23:58qui eux me connaissaient,
24:00énormément d'amis d'avant,
24:02d'être astronaute.
24:03Ça ne les impressionne absolument pas,
24:05ou du moins,
24:06ils arrivent à bien le cacher,
24:07et ça me permet de rester normal.
24:09Quel est l'être humain
24:11qui, selon Thomas Pesquet,
24:12est un extraterrestre de par son talent ?
24:17Il y a dû y en avoir quelques-uns,
24:18j'ai envie de dire Michael Jordan,
24:19parce que j'ai grandi en regardant le basket
24:21dans les années 90,
24:22donc c'est ça qui me vient à l'esprit,
24:23mais je suis sûr qu'il y en a d'autres.
24:25Qui est le plus lunaire ?
24:26Donald Trump ou Elon Musk ?
24:29C'est un match de haut niveau.
24:33Allez, je vais dire Elon Musk,
24:34pour le côté vraiment lunaire
24:36au sens propre.
24:37Je vais m'échapper de la question comme ça.
24:39Quel est l'acte le plus intrusif
24:41et donc désagréable
24:42que vous ayez subi
24:43en tant que cobaye dans l'espace ?
24:45C'est une biopsie.
24:49C'est-à-dire un prélèvement musculaire.
24:50Un prélèvement musculaire.
24:52C'est absolument pas agréable du tout.
24:54Et ce qui est drôle,
24:55c'est qu'il y a toujours,
24:56pour tous ces trucs-là,
24:56la phrase est toujours la même,
24:57ce que nous disent les médecins
24:58de la NASA et de l'ESAS,
24:59ils disent
25:00« uncomfortable but not painful ».
25:02Donc ça va être pas confortable,
25:04mais ça fait pas mal.
25:04Quand on vous dit ça,
25:06vous savez que ça va faire mal.
25:08Vous êtes d'ailleurs absolument bluffant
25:10dans la gestion de vos émotions.
25:13Quand est-ce que vous avez pleuré
25:14pour la dernière fois ?
25:15Je pleure pas beaucoup en fait.
25:17Ça veut pas dire
25:17que je suis pas triste,
25:18mais j'ai pas le...
25:19J'ai même essayé de vous faire pleurer
25:20dans l'émission
25:21« Rendez-vous en terre inconnue ».
25:22Vous n'avez pas réussi à marcher
25:23qu'au guise.
25:24Non, non, il était très déçu.
25:27Très déçu, Fred Lopez.
25:29Mais non, non, si,
25:30quand il y a des trucs tristes
25:32qui se passent,
25:33je me rappelle quand j'étais plus petit,
25:34j'ai eu l'enterrement
25:35de mes grands-parents,
25:36des choses comme ça.
25:37Mais globalement,
25:39non, non,
25:40j'ai des émotions comme tout le monde,
25:41je suis pas un psychopathe,
25:42mais j'ai pas la larme facile.
25:44C'est le côté un peu normand,
25:45je pense,
25:46un peu réservé,
25:47mais je sais pas.
25:48Ça me parle.
25:50Si vous pouviez contribuer
25:51à résoudre un mystère dans l'espace,
25:54lequel choisiriez-vous ?
25:55Un mystère dans l'espace,
25:57je pense,
25:57sans trop hésiter,
25:59c'est le mystère de la vie sur Terre.
26:03Comment tout ça a vraiment commencé,
26:04en fait ?
26:05On se rend compte,
26:06on sait à peu près
26:07qu'il fallait une soupe
26:08d'acide aminé dans de l'eau
26:10et que tout ça,
26:10ça a pu se combiner
26:11et commencer à faire des êtres
26:14d'abord très basiques
26:15puis ensuite plus compliqués.
26:16Mais on sait même pas
26:17comment tout ça est arrivé là,
26:19en fait.
26:19Il faut s'imaginer que
26:20ex nihilo nihil,
26:21donc l'eau qui est sur Terre,
26:23elle a pas jaillit de la Terre.
26:25Elle est venue de quelque part.
26:26Donc les gens se disent
26:27c'est avec des milliers,
26:29des millions d'années,
26:30le bombardement de comètes
26:31qui ont eu un peu de glace,
26:32qui ont donné lieu
26:33à l'eau du Pacifique.
26:34Enfin,
26:34on sait pas trop
26:35comment tout ça s'est passé
26:37et c'est quand même
26:38un sacré mystère.
26:39C'est pour ça qu'on va sur Mars,
26:40on espère trouver
26:41des indications pour ça.
26:42Et qu'on viendra
26:43aux générations futures
26:44de répondre à ces questions.
26:47Merci mille fois,
26:47Thomas Pesquet,
26:48pour ce moment passionnant
26:49encore une fois à Monaco.
26:52Quant à vous,
26:53nous vous donnons rendez-vous
26:54la semaine prochaine
26:55pour un nouveau grand entretien
26:57sur la chaîne du groupe Nice Matin.
27:00A bientôt.
27:02A bientôt.
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